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 Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]

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HermioneMulder
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MessageSujet: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:15

Vivre ensemble ou mourir seul




Un chemin droit ou tortueux 2/3


Résumé : Dean et Sam se remettent lentement mais sûrement de leurs blessures physiques et morales suite à la mort de leur père. Dean ne veut pas révéler à Sam qu'il a un pouvoir mais reprenant le cours de leur vie mais aussi leurs enquêtes, Sam va s'apercevoir du pouvoir de son frère avec surprise. A cause de l'enquête sur laquelle ils sont, va s'entamer une descente aux enfers pour chacun d'entre eux où ils devront affronter de dures épreuves physiques et morales...
Beaucoup de Hurt/Dean dans cette fic.

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Dernière édition par HermioneMulder le Ven 21 Mai - 22:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:16

Chapitre 1 : Remise en question


Cela faisait maintenant deux mois que leur père était mort. Dean et Sam Winchester évitaient de parler de ce qui s’était réellement passé, comme si une révélation allait ébranler leur relation fraternelle. Depuis tout ce temps, Dean avait réussi à remettre l’Impala presque comme avant et ils avaient fait la connaissance d’Ellen, une ancienne amie de leur père, de Jo, la fille de cette dernière et d’Ash. Bien sûr, même si ces connaissances étaient utiles et renforçaient leur cercle d’amis avec Bobby, il n’en demeurait pas moins que les deux frères se sentaient seuls et ne comptaient que sur l’un et l’autre.

Sam pensait que son frère aîné ne voulait pas parler de leur père à cause d’une culpabilité qu’il trouvait ridicule mais intérieurement, il se disait qu’il était normal que Dean se sente responsable de la mort de leur père et du pacte probable qu’il avait fait. Lui-même aurait été accablé de culpabilité si son père avait fait cela pour lui. Mais il n’en voulait pas pour autant à son frère aîné, sachant très bien que ce n’était pas de sa faute. Ainsi, il laissait son frère à ses pensées mais il s’étonnait parfois, lors de leurs enquêtes, de le voir éveillé la nuit dans leur chambre de motel, à fixer le plafond en silence. Dean avait changé mais Sam se demandait à quel point. Il se rendait compte que son frère restait inaccessible et hors d’atteinte, ce qui l’effrayait. Il retardait le moment de lui parler, car il avait d’abord cru que Dean lui parlerait de lui-même mais plus il attendait, plus Sam se rendait compte que son frère resterait silencieux sur ce qu’il lui était vraiment arrivé.

Dean, quant à lui, avait toujours du mal à digérer que leur père se soit sacrifié pour lui. Il en comprenait les raisons mais ne voulait pas les accepter. Il ne voulait pas raconter à Sam ce qui s’était passé entre lui et leur père dans cet espace entre la vie et la mort car il culpabilisait de n’avoir pas pu ramener leur père à la raison et de n’avoir pu l’empêcher de mourir à sa place. Bien sûr, au moment où il était apparu près de lui, le pacte avait déjà été scellé mais tout de même, Dean s’évertuait à se dire qu’il aurait pu faire quelque chose pour le sauver. Mais il n’y avait pas que cela : les pouvoirs qui étaient apparus chez lui, Dean ne pouvait se les expliquer. En fait, chaque fois qu’il y repensait, il avait presque un malaise tellement il craignait une suite de problèmes démoniaques tels qu’en avait enduré Sam avec le sien. Il ne voulait surtout pas faire endurer à Sam ce que lui avait subi et craint concernant le pouvoir de Sam, toujours présent. Mais ce qu’il ne comprenait pas est pourquoi aucun démon ne s’était enquis de ses pouvoirs comme le démon aux yeux jaunes l’avait fait envers Sam. Est-ce qu’une personne ou une créature au monde savait que Dean possédait ces deux pouvoirs ? Parfois, Dean essayait la nuit de se souvenir de quelle manière il avait canalisé chacun des pouvoirs mais il ne reconnaissait rien d’anormal dans ses pensées ou dans ses gestes. Il était arrivé que, les rares fois où il était seul, il ait essayé de refaire ce qu’il avait fait. Il pensait à un lieu tout proche, à une centaine de mètres et essayait de s’y projeter par la pensée ou alors, surtout lorsqu’il avait réparé l’Impala, il avait essayé de faire apparaître dans sa main en se concentrant une clé dont il avait besoin mais toutes ses tentatives avaient échoué lamentablement. Dean commençait donc à sérieusement douter de ce qui s’était véritablement passé à l’hôpital et à attribuer ces deux phénomènes plutôt à la logique : il avait été très perturbé et avait sûrement imaginé ces deux choses comme compensateur de la douleur ressentie par la mort soudaine de leur père. Ainsi, depuis environ deux semaines, il avait cessé toute expérience, ne croyant plus à ses pouvoirs mais continuait par contre à s’enfermer dans un mutisme face à son frère. Cependant, à chaque fois que Dean regardait son frère, il ne pouvait s’empêcher de penser aux dernières paroles de leur père : sauver Sam ou l’affronter dans un combat mortel pour l’un d’eux. Il ne pouvait pas digérer ces paroles et il se dit qu’il préférerait mourir plutôt que de tuer son propre frère qu’il avait protégé tant d’années : et puis, qu’importe, après tout, l’ordre des choses serait rétabli, il serait mort, comme il aurait du l’être.

Mais un soir, alors qu’ils venaient de finir une enquête et rentraient à leur motel, Sam ne put s’empêcher d’éclater dans la voiture :
« Dean, quand est-ce que tu te décideras à me parler de ce qui s’est passé ? Tu ne dis pas un mot de cette journée-là et je n’accepte plus ce silence, il faut que tu me parles, Dean. Je sais qu’il est très possible que Papa ait fait un pacte mais tu ne dois pas te sentir responsable pour autant, tu n’y pouvais rien. Alors, je t’en prie, essaie de ne plus y penser.
-Et tu crois que c’est facile, hein ? Comme ça, d’un claquement de doigts ! Ce n’était pas un étranger qui est parti, Sammy et jamais je ne pourrai accepter les raisons de son départ, non, jamais…
-Il t’a dit quelque chose avant de nous quitter ? Quelque chose que je ne saurai pas ? »
Mais Dean ne répondit pas et se contenta de mettre la radio à fond. Sam comprit facilement que Dean lui cachait certainement quelque chose d’important et ne put s’empêcher d’appréhender ce que ça pouvait être.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:16

Chapitre 2 : Rendez-vous


Alors qu’ils s’apprêtaient à quitter leur motel pour aller enquêter ailleurs, les frères Winchester reçurent un appel sur le portable de Dean.
« Oui, allô.
-Salut Dean, c’est Bobby.
-Oh salut Bobby, ça va ?
-En fait, il faudrait que je vous vois toi et Sam, c’est très urgent. C’est à propos du démon aux yeux jaunes, j’ai trouvé des informations.
-Des informations ? Mais quoi, précisément ? Comment as-tu fait ?
-Je ne peux pas en dire plus au téléphone. Venez me retrouver au plus vite au 67 Vermont Street, à Louisville dans le Kentucky. Vous saurez tout. »
Dean raccrocha, surpris et communiqua ces paroles à Sam.
« Alors, vite, on doit y aller tout de suite, j’ai hâte de savoir ce qu’il peut nous dire exactement. Si ça nous permettait de le tuer définitivement, ça serait formidable, dit Sam, excité. Mais…Dean…qu’est-ce qu’il y a ?
-Je ne sais pas, c’est bizarre voilà tout que Bobby ait des informations sur ce démon alors que Papa avait eu tant de mal à en trouver. J’espère qu’on n’y va pas pour rien et que Bobby a eu des infos sérieuses et qui ne nous mèneront pas à une fausse piste.
-Oui, je te comprends mais Bobby a des contacts et des compétences que Papa n’avait pas, alors peut-être a-t-il eu plus de chance que lui, voilà tout. Mais allons-y, ne le faisons pas attendre, il est sûrement en danger avec de telles infos. »
Et sans un mot de plus, ils se dépêchèrent de prendre la route vers le Kentucky.

Quand ils arrivèrent au 67 Vermont Street, ils découvrirent que cet endroit était en fait une vieille bâtisse abandonnée et qui semblait ne contenir aucun signe de vie.
« Tu ne crois pas que Bobby s’est trompé d’adresse ?demanda Dean, surpris.
-Ca m’étonnerait ou alors c’est toi qui as mal compris.
-Comment ça, j’ai mal compris ? Je sais quand même comprendre et retenir une adresse !
-Oh ça, pas certain… »
Dean s’apprêtait à répliquer quand ils aperçurent de la lumière à l’une des fenêtres de cette maison.
« Bobby doit sûrement venir d’arriver. Allez, on y va. »
Ils n’eurent même pas besoin de frapper à la porte car celle-ci était à moitié démolie et était fendue en deux. Méfiants, ils hésitaient à entrer mais ils entendirent la voix de Bobby :
« Montez, je vous attends là-haut.
-Il est drôle, lui, à vouloir nous faire monter un escalier délabré, murmura Dean en soupirant et faisant une moue caractéristique. »
Sam sourit en voyant l’air ennuyé de son frère mais lui-même ne fut pas plus rassuré en examinant l’escalier qui semblait vouloir s’écrouler sous le poids d’une plume. Mais apparemment, alors que Dean posait le pied sur la première marche, l’escalier sembla plus solide qu’il n’y paraissait et se contenta de grincer. Et puis, ils se rassurèrent en pensant qu’après tout, Bobby avait monté ces mêmes marches, alors qu’il était plus lourd qu’eux. Ils montèrent quand même à tour de rôle pour que l’escalier ne supporte pas deux personnes à la fois. Une fois les deux frères arrivés en haut de l’escalier, ils ne purent s’empêcher de soupirer de soulagement :
« Bobby va avoir intérêt à s’expliquer car il aurait pu nous voir au rez-de-chaussée au lieu de nous faire endurer mille peurs bleues.
-C’est vrai que je ne vois pas pourquoi Bobby nous a fait venir ici, mais il va nous le dire à l’instant. »

Ils pénétrèrent alors dans la plus grande des deux pièces qui composaient le premier étage. Mais la pièce était vide. Surpris, ils s’apprêtaient à passer dans l’autre pièce mais une ombre leur indiqua que c’était inutile.
« Alors, Bobby, viens là que je te botte les fesses pour nous avoir fait monter ici exprès, commença Dean mécontent. »
Mais un rire inconnu et étrange lui répondit. Les deux frères, autant affolés qu’interloqués, se regardèrent. Ils virent alors un homme possédé par un démon s’avancer vers eux, accompagnés de deux autres.
« Qu’as-tu fait de Bobby, ordure ?rugit Dean, inquiet.
-Oh ne t’inquiète pas pour ça, Bobby doit sûrement être chez lui à l’heure qu’il est et je ne l’ai d’ailleurs jamais vu réellement.
-Alors, comment…commença Sam.
-Comment je vous ai attiré ici ? Tout simplement parce que je peux prendre la voix de n’importe qui, sur simple photo… »
Et il finit sa phrase en prenant effectivement la voix exacte de Bobby devant les deux frères.
« Comment as-tu su pour le démon aux yeux jaunes ?demanda Sam.
-Oh, tout simplement, à cause des rumeurs qui sont le plus souvent sérieuses sur ton pouvoir, Sammy, mais personnellement, je m’en moque.
-Qu’est-ce que tu nous veux ?
-En fait, vous les garçons Winchester, vous m’intéressez et m’agacez depuis longtemps. Bien sûr, avant la mort de votre père, c’était surtout lui qui m’horripilait mais depuis que vous êtes tous les deux seulement, j’en ai assez et je veux mettre un terme à cet agacement.
-Ah oui, et tu comptes t’y prendre comment pour ça ?sourit Dean. En nous chantant une berceuse pour nous endormir ou en nous demandant gentiment de ne plus chasser des êtres comme toi ?
-Non, Dean. Je compte simplement vous tuer. J’ai remarqué que vous n’aviez pris aucune arme avec vous avant d’entrer ici et je dois dire que ça m’arrange beaucoup que le combat ne soit pas long. »

Alors les trois démons s’approchèrent dangereusement des deux frères.
« Eh, quoi, c’est tout ?s’étonna Dean. Vous comptez seulement nous tuer comme ça.
-Oh mais je n’aime pas faire traîner les choses en longueur car je trouve que la torture est trop superficielle.
-Ah, je vois mais de toute façon, Sam et moi, on ne se rendra pas sans combattre, tu sais car les apparences sont souvent trompeuses… »
Alors Dean prit un long couteau dans une poche intérieure de sa veste alors que Sam faisait de même avec un revolver. Le combat s’engagea aussitôt. Sam avait aussitôt tiré sur l’un des deux acolytes du démon principal qui fut projeté par la fenêtre. Alors l’autre démon s’en prit à Sam en lui donnant des coups de poings puissants au visage et Sam en lâcha son arme par la puissance des coups. Pendant ce temps le démon qui leur avait parlé attaqua Dean : celui-ci essayait de lui donner des coups de couteau mais le démon avait soin de les éviter et alors que Dean arrivait presque à lui enfoncer le couteau dans la poitrine, le démon cassa la lame du couteau au pied du manche et prit Dean à la gorge. Il le plaqua au mur et Dean, étouffé par la force du démon, commençait à avoir beaucoup de mal à respirer. Il voyait que Sam n’était pas du tout en posture de l’aider car il semblait totalement ko par les coups de l’autre démon. Fermant les yeux, Dean essaya de se concentrer pour résister à la violence du démon et pensa surtout à Sam qu’il devait sauver. Alors, pris d’un soudain mal de tête, Dean se volatilisa et reparut, le souffle court, juste derrière le démon qui tenait Sam. Etonné, tout comme le démon qui le menaçait l’instant d’avant, il ne fallut quand même qu’une seconde pour que Dean sorte un couteau de sa cheville et l’enfonce dans le démon qui malmenait son frère, ce qui le fit disparaître avec un cri. L’autre démon, encore surpris du tour de Dean, et se voyant en situation inférieure, disparut, les yeux exorbités par la rage.

Dean s’empressa de relever Sam qui avait de nombreux hématomes et saignait pas mal du nez :
« Sam, comment vas-tu ?s’inquiéta Dean.
-Ce n’est pas terrible, je dois l’avouer mais comment as-tu fait pour apparaître derrière le démon alors que tu étais en mauvaise posture, toi aussi ?s’étonna Sam.
-Moi, je me suis juste dégagé et j’ai accouru vers toi, c’est toi, c’est tout.
-Arrête Dean, je t’ai vu apparaître d’un coup derrière lui, comme si tu t’étais téléporté ou quelque chose comme ça.
-Mais non, le démon a du te donner plus de coups que tu ne crois, tu dérailles complètement là, ironisa Dean en essayant de cacher la vérité du mieux qu’il pouvait.
-Je sais ce que j’ai vu, Dean, assura Sam sérieusement. »
Dean n’ajouta pas un mot et se contenta de soutenir son frère et ils sortirent de la vieille maison, faisant attention à ce que l’escalier ne s’écroule pas avant, sous leur poids commun.
Arrivés dans une chambre de motel prise au hasard sur la route, au plus près de la maison qu’ils avaient fui, Dean s’empressa de soigner Sam avec les moyens du bord et quelques compresses prises à la pharmacie du coin. Heureusement l’état de Sam n’était pas grave et seul son visage était douloureux à cause des hématomes qui se voyaient de plus en plus. Une fois soigné et installé sur l’un des lits jumeaux, Sam se tourna, malgré son violent mal de tête, vers son frère :
« Bon, alors, tu sais que je ne suis pas idiot. Alors tu vas me dire ce qui s’est passé tout à l’heure, oui ou non ?
-Ne te tracasse pas pour ça, Sammy, ça n’en vaut pas la peine.
-Ah non ? C’est bizarre, vois-tu car j’ai l’impression que c’est à cause de ça en partie que tu fais une tête d’enterrement depuis deux mois.
-Qu’est-ce qui te fait dire une chose pareille ? Et puis, je ne fais jamais une tête d’enterrement !
-Je dis ça parce que lorsqu’à chaque fois que je t’ai demandé des détails sur ce qui s’était passé à l’hôpital, tu avais une drôle d’expression sur le visage et bizarrement, tu as exactement la même expression en ce moment même.
-Et ben, laisse mon visage en paix, s’il-te-plaît, soupira Dean.
-Non, ne compte pas sur moi. Ca fait deux mois que je te laisse tranquille mais ça ne peut plus durer, Dean. Tu dois me dire ce qui ne va pas chez toi. Je suis sûr qu’il y a en partie le deuil de Papa mais il n’y a pas que cela. Explique-moi car tu sais que je ne te lâcherai pas avant que tu ne m’aies tout raconté. »

Dean, exaspéré, regarda son frère en faisant une petite moue mais il voyait bien que Sam ne voudrait pas le lâcher et qu’il allait bien falloir tout lui raconter. Mais après tout, peut-être serait-ce une délivrance de tout lui dire, que ce soit le message de leur père ou son pouvoir. Il en avait assez de ne jamais rien montrer et de faire semblant que tout allait bien alors que depuis ces deux mois, pas un seul jour ne passait sans qu’il ait des maux de ventre et des migraines rien que de penser à ce que lui avait demandé leur père et aux origines comme aux conséquences de son pouvoir. Malgré lui, il avait envie depuis le début de se confier à Sam pour lui faire part de ses pires angoisses et apparemment c’était le moment de le faire, sinon Sam n’aurait plus confiance en lui et pourrait découvrir les choses d’un mauvais côté.
« Très bien, p’tit frère, je vais tout te dire, jusqu’aux moindres détails mais ça m’étonnerait que tu sois plus rassuré et serein que maintenant, ça sera d’ailleurs l’exact contraire.
-Tant pis, vas-y, je veux savoir la vérité, dit Sam, impatient et regardant Dean dans les yeux. » Dean pouvait voir dans son regard de l’impatience et une certaine excitation et il se rappela alors avec tendresse que lorsqu’il lui racontait des histoires quand ils étaient petits, Sam avait cette même lueur dans les yeux. Il avait toujours adoré cette expression dans le visage de son petit frère mais là, il aurait préféré ne rien lui dire.
Alors il commença son récit par le début, c’est-à-dire au moment où il était tombé dans le coma face à Sam et leur père. Il lui raconta tout, que ce soir l’apparition soudaine de leur père à ses côtés dans cet espace entre la vie et la mort, les paroles de leur père avant de partir mais aussi comment Dean, une fois éveillé de son coma, avait trouvé aussi rapidement son frère près du démon aux yeux jaunes et l’arme qu’il avait utilisé. A la fin de son récit, Dean se tut et Sam resta bouche bée.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:17

Chapitre 3 : Mise au point


Finalement, au bout de plusieurs minutes, Sam prit la parole en réfléchissant :
« Alors, si j’ai bien compris tes explications, tu aurais un pouvoir qui serait apparu comme ça, sans prévenir ?
-Ben oui mais arrête de prendre cet air étonné et douteux. Si ce pouvoir s’était annoncé plus tôt, il m’aurait envoyé une carte de visite mais même pas. Il est arrivé d’un seul coup, sans que je m’y attende.
-Peut-être alors es-tu comme moi… commença Sam.
-Non !l’interrompit Dean en se levant soudainement. Je ne suis pas comme toi !
-Merci du compliment, maugréa Sam. Mais ce n’est tout de même pas un déshonneur…Et dis-moi sur quoi tu te fondes pour dire ça.
-On n’est pas jumeaux, que je sache ? On n’a rencontré personne de mon âge qui ait un pouvoir. Et ça m’étonnerait que ce soit le démon aux yeux jaunes qui en soit à l’origine car d’abord Maman serait décédée à mes six mois et donc tu ne serais jamais arrivé et ensuite il ne m’a jamais parlé comme il te parle à toi. Il veut plutôt ma peau qu’autre chose, alors ça m’étonnerait que je sois comme toi, voilà tout.
-Mais alors d’où te vient ce pouvoir ?
-Aucune idée mais j’ai peur d’en trouver la réponse franchement.
-Je comprends. Bon, passons sur un autre point. Avec ce pouvoir, tu peux donc soit te matérialiser où tu le veux sur terre soit matérialiser quelque chose auquel tu penses, n’est-ce pas ?
-C’est ça en gros. Mais je ne peux pas me matérialiser n’importe où ou faire apparaître n’importe quoi : je dois connaître l’endroit où je veux aller ou la chose que je veux faire apparaître. Si tu me demandais par exemple de faire apparaître un gâteau de la pâtisserie la plus proche, je ne pourrai pas parce que je ne l’ai jamais vu ou si je voulais aller aux îles Fidji, je ne pourrai pas non plus, ce qui est bien dommage entre nous.
-Donc, ton pouvoir agit selon ton vécu et tes souvenirs, si je comprends bien.
-Exactement, approuva Dean d’un air satisfait. »

Mais Sam n’était pas dupe. Il voyait bien que sous l’apparence réjouie de son frère, Dean était complètement perdu et inquiet par ce pouvoir totalement nouveau pour lui.
« Mais attends, dis-moi alors pourquoi n’as-tu pas essayé de faire apparaître le Colt ?
-Je me doutais que tu me poserais cette question, sourit Dean. Mais j’ai essayé figure-toi et je n’arrive pas à contrôler mon pouvoir. A part tout à l’heure, je n’avais pas réussi depuis deux mois à le refaire marcher. Les batteries devaient être à plat, je ne sais pas…
-Mais non, il te suffit d’un peu d’entraînement car apparemment l’adrénaline te fait réussir.
-Oui mais depuis que ça m’a procuré une violente migraine, je n’ai pas trop envie de recommencer, vois-tu.
-Il faut quand même que tu réessaies et je serai là pour t’aider. Peut-être que ce pouvoir est bénéfique et fait pour nous aider dans nos chasses…
-Sam, tu sembles oublier un point important : les dernières paroles de Papa.
-Ah oui ? Et comment crois-tu que je peux oublier des mots aussi durs à entendre ?commença-t-il à s’énerver. Je n’ose même pas penser à ce que ça impliquerait pour toi et moi : on pourrait devenir des frères ennemis, c’est ça ? Alors lequel de nous basculerait du côté obscur, toi ou moi ? Franchement, je pencherais plutôt pour moi puisqu’il y a un démon qui s’intéresse à moi depuis l’enfance. Comment Papa a-t-il a pu te dire de telles choses ?
-Je ne sais pas, Sammy et sache que je suis aussi énervé contre lui à propos de ça, je n’arrive pas à comprendre. En plus j’ignore de quelle manière il a su que j’avais un pouvoir alors que je n’en savais rien. Il aurait au moins pu me donner des indices, au moins sur son origine. Mais sache une chose, Sam : je te protégerai toujours, quoi qu’il en coûte et jamais je ne pourrai te combattre, non ça jamais, assura Dean.
-Tu changeras peut-être d’avis si je bascule de l’autre côté.
-Ca n’arrivera jamais tant que je serai en vie. »
Sur ces paroles, les deux frères se turent, ne sachant plus très bien ce qu’ils devaient faire ni où aller pour se remettre de ces chocs.
Mais à présent, Dean se sentait soulagé. Il est vrai qu’il n’aimait pas voir de l’inquiétude et de la colère sur le visage de Sam mais un peu égoïstement, il se sentait apaisé, car maintenant il n’aurait plus à porter ce lourd fardeau pour lui tout seul et pourrait partager ses craintes avec son frère. Jamais il n’aurait pu dévoiler ce secret à quelqu’un d’autre car Sam était le seul en qui il avait confiance mais en même temps, il pensa que s’il lui arrivait de le perdre, d’une manière ou d’une autre, jamais il ne pourrait s’en remettre. Sam était tout ce qu’il lui restait.

Toujours assis dans le silence, chacun dans ses pensées, le soir finit par arriver et Sam, sans trop s’en rendre compte, s’endormit sur le lit sur lequel il était installé, épuisé par ses hématomes. Dean le regardait dormir, heureux que son frère puisse prendre un peu de repos malgré tous ces nouveaux ennuis. Lui-même, malgré son mal de tête, ne pouvait fermer l’œil, il avait toujours l’impression qu’il devait chercher d’où lui venait son pouvoir et s’il pouvait y avoir un manuel d’utilisation qui l’aiderait. Alors, épuisé de chercher, il prit l’ordinateur portable de Sam pour chercher des indications sur ce genre de pouvoir. Il savait que Sam ne lui en voudrait pas de toucher son portable pour cette raison, il l’aurait peut-être même encouragé à le faire. Cependant, au bout de deux longues heures de vaines recherches, Dean ne put tenir plus longtemps et s’écroula de fatigue sur la table, près de l’ordinateur.


Ce fut le claquement de la porte qui réveilla Dean. Il se leva en sursaut et vit alors Sam, gêné d’avoir réveillé son frère, encore debout près de la porte fermée, tenant deux cafés et un sachet de croissants.

« Désolé Dean, il y a eu un courant d’air, je ne voulais pas te réveiller.
-Je sais, ne t’en fais pas, répondit-il en soupirant. »
Dean prit l’un des deux cafés mais alors que Sam lui tendait l’un des croissants, Dean eut un geste de dégoût et le refusa. Sam fut le premier surpris de ce geste car jamais son frère n’avait laissé quelque chose à manger sans même y avoir goûté.
« Tout va bien ?demanda Sam en s’inquiétant.
-Oui, ça va, juste une migraine et des nausées, c’est tout. Et toi, tu vas mieux qu’hier ?
-Oui, j’ai le visage moins douloureux grâce aux compresses et aux glaçons que tu m’avais apporté. Mais tu es sûr que tout va bien ? C’est bizarre que tu aies encore une migraine aujourd’hui…
-Non, ce n’est pas bizarre du tout, ça m’arrive souvent. »

A cet instant, Sam tomba des nues. Il avait du mal à réaliser que son frère lui ait caché pendant tout ce temps ses maux de tête. Il avait pensé que tout s’arrangerait après ces révélations mais apparemment, Dean recommençait à se renfermer. Il lui fallait vraiment être secoué par quelqu’un d’autre que lui, sinon sa situation pourrait empirer.
« Allez, dit-il à son frère aîné, on va voir Bobby. Il nous apportera peut-être des réponses à nos questions. Il est possible que Papa lui ait dit des choses sur ça.
-Ok, comme tu veux mais tu conduis. Je ne me sens vraiment pas en forme pour ça, répondit Dean, en réprimant un frisson, vu par Sam.
-Tu as de la fièvre, on dirait, s’inquiéta Sam en mettant sans hésitation la main sur le front de Dean, qui se révéla brûlant.
-Ce n’est rien, je me soignerai quand on arrivera chez lui, dit-il en se dégageant.
-Non, d’abord on prend les médocs qu’il te faut en passant à la pharmacie, dit Sam d’une voix autoritaire. »
Sam fut une fois de plus étonné car Dean ne répondit rien et se contenta de prendre son sac.
Ils partirent aussitôt chez Bobby, faisant un crochet à une pharmacie sur la route. Dean prit sans broncher dans la voiture ses médicaments contre les maux de tête et la fièvre et s’endormit rapidement, sous le regard inquiet de Sam.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:18

Chapitre 4 : Cauchemars


En fait, Dean ne se sentait pas bien si bien qu’il voulait le faire croire à son frère. Depuis qu’il s’était réveillé en sursaut, il avait sans arrêt des malaises, des nausées et une migraine très intense qui lui faisait facilement fermer les yeux. Jamais il ne s’était senti aussi mal dans sa peau et il ne comprenait pas pourquoi l’utilisation de son pouvoir la veille avait provoqué autant de maux physiques. Il ne s’était pas attendu à ce brusque revirement des choses et dans un sens, il était heureux d’avoir pu raconter à Sam ce qu’il lui était arrivé sinon il n’aurait plus eu la force de le faire et en plus Sam se serait demandé ce qui arrivait à son grand frère. Mais Dean ne voulait surtout pas que Sam s’inquiète pour lui autant que lui-même s’était inquiété pour Sam lorsque celui-ci avait eu ses visions. Pourtant, il lui semblait ne rien contrôler du tout, que ce soit son état physique comme son esprit qui voulait, selon lui, aller vagabonder plutôt qu’autre chose. Il avait sans arrêt l’impression que son esprit voulait le téléporter ailleurs, alors que lui-même n’en avait pas la moindre envie. C’était comme s’il n’avait plus le contrôle d’une partie de son esprit qui semblait faire cavalier seul.

Quand il s’endormit dans la voiture sans bien s’en rendre compte, il fit un mélange de différents cauchemars dont il ne se souvint pas à son réveil mais qui semblaient vouloir s’intensifier plus il dormait. Mais alors qu’il se réveillait, la tête complètement engourdie, il vit apparaître dans sa main un ventilateur. Alors, même si son réveil s’était fait en quelque sorte en douceur, il ne put s’empêcher d’avoir un sursaut en voyant cet objet apparaître.
En voyant son frère sursauter, Sam se tourna, inquiet vers son frère et ne put s’empêcher, lui non plus, de tressaillir à la vie du ventilateur, ce qui lui fit faire une légère embardée sur la route. Il reprit rapidement le contrôle et regarda Dean, qui n’avait pas quitté l’objet des yeux, même pendant l’embardée.

« Mais bon, sang, Dean, qu’est-ce que tu fais avec ce ventilateur dans les mains ?
-Aucune idée…
-Comment ça, aucune idée ? Tu dois bien savoir comment tu l’as fait apparaître, je pense ?demanda Sam, incrédule.
-Non, pas du tout. J’avais chaud alors que je dormais et hop, il est apparu, sans que j’y pense le moins du monde.
-Mais je croyais que tu devais connaître les objets, les avoir vu au moins une fois pour les matérialiser dans ta main !
-Ben oui…Je me souviens maintenant que pendant que tu étais dans la pharmacie, j’ai vu ce ventilateur sur l’une des étagères et j’ai envié la fraîcheur qu’il devait apporter, dit simplement Dean, toujours éberlué.
-Tu es incroyable, toi !se contenta de dire Sam en hochant la tête. Mais je te signale qu’on n’a ni prise électrique ni piles adéquates dans notre modeste voiture. »
Pour une fois, cette dernière parole arracha un sourire à Dean, qui balança sans vergogne le ventilateur sur le siège arrière. Cette fois-ci, il décida de garder les yeux ouverts pour ne pas s’endormir, sinon leur voiture ne serait jamais assez grande pour tout ce qu’il pourrait faire apparaître.


Plusieurs heures plus tard, ils arrivèrent enfin chez Bobby. Dean n’avait pas pu s’empêcher de se rendormir, tellement la fatigue prenait le contrôle sur lui. Il ne se réveilla même pas quand Sam arrêta la voiture devant la maison et celui-ci n’eut donc pas le courage de réveiller son frère car dormir semblait lui apporter du bien. C’est donc seul qu’il entra :
« Hé, salut Sam. Je t’ai entendu arriver mais où est Dean, je l’ai aperçu par la fenêtre dans votre voiture.
-En fait, Bobby, c’est une longue histoire et tu ferais bien de t’asseoir. Dean a simplement besoin de beaucoup de repos voilà tout. Il nous rejoindra s’il se réveille.
-Eh bien, vas-y, je t’écoute. »
Alors Sam raconta à peu près le même récit que celui que Dean lui avait raconté la veille, récit auquel il rajouta les derniers événements. Quand il eut fini, il attendit la réaction de Bobby mais celui-ci resta silencieux et pensif.
« Alors, Bobby, que penses-tu de ce qu’il lui arrive ?
-En fait…j’ai peut-être une petite idée de ce qui se passe mais je ne suis sûr de rien, il faudrait que je vérifie plusieurs choses par moi-même.
-Vérifier quoi ? »

Mais ils furent interrompus par le claquement de la porte. Dean était entré et malgré son sourire qu’il voulait gai, Sam comme Bobby aperçurent sa pâleur et ses nombreux tremblements. On aurait dit, malgré le fait qu’il venait de dormir, qu’il allait s’écrouler sur place. Alors Bobby se précipita et lui avança un fauteuil mais Dean, même s’il s’assit, ricana :
« Dis donc, Bobby, je ne suis pas encore mourant, il ne faut pas exagérer. Mais on dirait que Sam t’a déjà tout raconté pour que tu réagisses comme ça.
-Ecoute, Dean, je ne voulais pas attendre plus longtemps, ça ne servait à rien et…
-Ce n’est pas grave, Sam mais tu aurais du me réveiller avant, j’aurais été en meilleure forme, dit-il en réprimant un frisson.
-Attends…Euh, Bobby, tu pourrais apporter une couverture, dit Sam en se levant.
-Mais non pas la peine, arrête…
-J’insiste, Dean, tu es malade et il faut…
-Non, Sammy, je ne suis pas encore ni malade mental ni invalide, alors laisse-moi tranquille !
-Je vais aller chercher une couverture là-haut, au cas où, dit quand même Bobby.
-Non, ce n’est pas la peine, ne te dérange pas, Bobby, il y a une dans notre coffre… »
Et en disant ces mots, Dean fit apparaître une couverture qu’il installa sur ses épaules, comme si de rien n’était. Sam, une fois de plus, hocha la tête en ne comprenant pas le changement d’attitude de son frère alors que Bobby restait tout simplement bouche bée.
« Arrête de faire cette tête, Bobby, j’ai l’impression d’être un numéro de cirque. Mais si c’était le cas, tu me devrais du pognon : après tout, je pourrais me faire pas mal de fric à faire ça devant les gens, finit-il en souriant malicieusement, ce qui lui valut un coup de poing sur l’épaule de la part de Sam qui prit un air indigné et incompréhensif.
-Excuse-moi, Dean, je ne m’attendais pas à ça, voilà tout… Mais tu es sûr qu’avant il y a deux mois, ça ne t’était jamais arrivé, même pour une bricole ?
-Oui, absolument certain, Bobby.
-Bon, très bien, je vais aller vérifier quelques trucs dans mes bouquins. Repose-toi dans ce fauteuil pendant ce temps. Sam, viens m’aider, il y a pas mal de choses à parcourir dans certains livres.
-Oui, je te suis.
-C’est ça mais vous n’avez pas intérêt à parler dans mon dos, sinon gare à vous, prévint Dean en s’enfonçant confortablement dans le fauteuil qui lui parut très moelleux, à côté des sièges de sa voiture. »
Sam suivit Bobby dans une pièce où il n’avait jamais encore pénétré et qui était remplie, bien plus encore que dans la pièce principale, de livres, et même de différentes herbes et potions.
Bobby prit deux livres parmi un chantier incommensurable de bouquins et d’ailleurs Sam se demanda en souriant intérieurement, comment il pouvait s’y retrouver dans tout ce bazar puis il se tourna vers le jeune homme.
« J’ai ma petite idée sur ce qui arrive à Dean mais c’est très ancien et dangereux. Je ne pensais jamais voir ça de ma vie, en fait.
-Eh bien, vas-y, je t’écoute, dit Sam, impatient de connaître la vérité. »

Pendant ce temps, Dean, malgré sa promesse à lui-même de ne pas s’endormir encore une fois, fut trompé par le moelleux du fauteuil qui semblait ne demander que le sommeil de l’occupant. Ainsi, quelques minutes à peine après la sortie de son frère et de Bobby, Dean tomba de nouveau dans les bras de Morphée. Mais cette fois-ci, Dean fit d’horribles cauchemars très différents des précédents et dont il put se souvenir facilement à son réveil. Dans l’un de ses cauchemars, il se vit distinctement au milieu d’un pont qui donnait sur le vide total. Il aperçut d’un côté du pont Sam, souriant et lui tendant la main, comme lorsqu’ils étaient enfants et demandant sa protection mais derrière lequel il y avait de la fumée noire mêlée de sang et de cris dont il ressentait une terreur atroce ; mais quand il regarda de l’autre côté du pont, il vit une prairie d’un vert éclatant d’où émanait une pure impression de bonheur et dans laquelle des cris joyeux d’enfants se faisaient entendre. Malgré ce côté plus rassurant et vers lequel il aurait souhaité allé sans hésitation, il regarda tout de même Sam qui semblait le supplier de venir le voir pour le secourir. Mais alors que Dean commençait à avoir des doutes sur sa présence de ce côté si sombre et le regardait avec légèrement plus de méfiance, il aperçut une lueur noire et démoniaque dans ses yeux et un sourire ironique sur ses lèvres.
Un second cauchemar enchaîna alors le premier : il se vit allongé par terre, ensanglanté sur tout le corps dans un lieu sans nom. Il distingua soudain Sam face à lui qui tenait un couteau et qui se faisait un plaisir de le torturer en ricanant. Il lui lançait toutes sortes d’insultes et lui reprochait de ne pas l’avoir tué quand il était encore temps et que Dean aurait du faire face à son pouvoir et l’assumer car maintenant il en payait les pots cassés. Dean essayait de résister à ses coups de poings et de ses coups de couteau mais Sam était le plus fort et le tailladait, le cognait sans relâche jusqu’à ce que Dean n’eut plus la force de résister.

C’est alors que Dean sentit qu’il se réveillait et qu’il était secoué par deux mains inquiètes mais énergiques. Lorsqu’il ouvrit ses yeux humides de sueur et de pleurs, il vit Sam juste au-dessus de lui qui lui passait de l’eau froide sur le front. Dean, encore à moitié dans son cauchemar, se dégageant des mains de son frère, recula jusqu’au mur et le regarda avec peur et appréhension. Il réussit à balbutier en regardant Sam :
« Ne t’approche pas de moi, arrête de me faire autant de mal…Pourquoi me détestes-tu autant ? »
Puis il s’évanouit aussitôt, le corps agité de tremblements malgré l’intense chaleur qui émanait de son corps. Mais lorsque Bobby et Sam, encore un peu sous le choc de ces paroles, l’installèrent dans l’une des chambres de premier, ils remarquèrent avec inquiétude que Dean avait la poitrine en sang. Avec de légers tremblements, Sam releva le tee-shirt de son frère aîné et découvrit avec horreur les marques de nombreux coups de couteau qui paraissaient s’enfoncer assez profondément dans sa poitrine.
« Mais Bobby…qu’est-ce que ça veut dire exactement ?balbutia Sam, ne comprenant rien.
-En fait, je ne suis pas sûr…commença-t-il, inquiet.
-Pas sûr ? Pas sûr de quoi, Bobby ? On a du quitter Dean maximum cinq minutes. On aurait vu son agresseur ou au moins on l’aurait entendu. Mais tout ce qu’on a entendu ce sont les cris et gémissements de mon frère. Alors, je t’en prie, dis-moi à quoi tu penses, car là, ça devient grave, voire dramatique…
-Soignons-le d’abord, je te dirai tout après. »
Sam, avec un simple hochement de tête, accepta et laissa Bobby aller chercher les bandages et tout le nécessaire pour ce genre de blessures. Pendant ce temps, Dean, malgré son évanouissement, ne cessait de bouger et de geindre contre quelque chose ou quelqu’un. Sam resta près de son frère aîné, soucieux et affolé comme il ne l’avait jamais été et craignit que la situation ne fasse que de commencer à empirer.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:19

Chapitre 5 : Révélations


Plusieurs heures avaient passé depuis l’évanouissement de Dean. Sam et Bobby s’étaient relayés pour le veiller tellement l’aîné des Winchesters semblait se sentir mal. Ils avaient quand même réussi à ce que ses blessures ne saignent plus mais Dean restait toujours évanoui, en proie à une grande fièvre. Ainsi les deux hommes n’avaient pas pu encore continuer leur conversation que Dean avait interrompue par ses cris. Sam regardait souvent Bobby, se demandant quel pouvait être ce secret qu’il gardait et qu’il allait lui révéler. Il avait hâte de savoir mais en même temps pas vraiment car il craignait que cette révélation ne creuse un fossé très large entre lui et son frère et ça, il n’arriverait jamais à le supporter, surtout s’ils devraient se livrer un combat. Alors que Sam était en train d’imaginer la pire situation qui soit avec Dean, celui-ci commença à s’agiter et à vouloir se réveiller. Bobby se tourna rapidement vers Sam et lui dit :
« Ecoute, Sam, je ne crois pas que Dean soit prêt à te voir tout de suite. Il peut te rejeter comme tout à l’heure. Attends dans la pièce d’à-côté, je t’appellerai s’il accepte de te voir. »
Bobby le regarda d’un air compréhensif quand il vit la déception et le désarroi se peindre sur le visage du cadet des Winchesters.
Sam sortit alors de la pièce juste à temps car Dean ouvrit les yeux juste après sa sortie. Dean fut repris de légers tremblements quand il se réveilla malgré les nombreuses couvertures qu’il avait sur lui. Il avait un teint très pâle et maladif. Il tourna lentement la tête vers Bobby, mais grimaça de douleur car ce seul mouvement suffisait à le faire souffrir, surtout d’une atroce migraine. Il esquissa quand même un sourire en coin et murmura, n’ayant pas la force de parler plus fort :

« Hé, salut Bobby…
-Content de te revoir parmi nous, fiston.
-Où est Sam ? Il va bien ?demanda Dean aussitôt.
-Oui, ça va mais pourquoi tu t’inquiètes ?
-Ben, je pensais qu’il serait assis à ta place en train de se tordre les doigts d’inquiétude ou en train de faire les cent pas dans la pièce, voilà tout.
-Alors, tu n’as pas peur de lui ?risqua Bobby pour être certain.
-Non, pourquoi aurais-je peur d’une mauviette pareille ?
-Je ne suis pas une mauviette, dit Sam en entrant dans la pièce, avec un large sourire.
-Alors, pourquoi écouter aux portes au lieu d’être à côté de ton pauvre frère mourant ?
-On t’expliquera plus tard, d’accord ?
-Pas la peine, Sammy…Je plaisantais mais je sais tout à fait pourquoi vous faites des têtes pareilles tous les deux, soupira Dean.
-Ah oui ?dit Sam.
-Je me souviens parfaitement de mes cauchemars et qu’à mon réveil, je ne distinguais plus la réalité du rêve, voilà tout. Excuse-moi, Sammy, finit Dean en baissant les yeux.
-Ce n’est rien, voyons, je connais l’expérience des cauchemars, tu le sais... Il faudrait maintenant que tu te reposes mais d’un bon sommeil réparateur cette fois-ci.
-Ah oui ? Et tu as une solution miracle ?demanda Dean avec un doute.
-C’est moi qui ait la solution miracle, dit Bobby en lui montrant un petit flacon.
-Je vois. Tu veux m’empoisonner avec cette drôle de substance et comme ça, je serai mort et il n’y aura plus de cauchemars, hein ?
-Arrête ta comédie, voyons. C’est une petite potion dont j’avais trouvé la recette il y a plusieurs années et qui te procure un sommeil quasi parfait. Tu n’as aucun cauchemar, tu dors même d’un sommeil sans rêve et ça réussit à complètement te relaxer pour évacuer les douleurs et le stress...
-Donne m’en deux litres, alors, dit soudain Dean. Mais fais gaffe à toi si je me sens plus mal à mon réveil.
-Une petite dose te suffira. »

Dean but alors le liquide brun et s’endormit presqu’instantanément. En le voyant s’effondrer de sommeil avec un sourire satisfait, Sam sourit à son tour, ravi de voir son frère se reposer enfin. Bobby, satisfait lui aussi, regarda Sam :
« Allez, maintenant, on n’a plus à le veiller. Je veux pouvoir te dire tout ce que je pense de cette histoire. »
Sam, avec un hochement de tête, suivit alors Bobby, mais non sans avoir jeté un dernier coup d’œil à son frère avant de quitter la chambre. Par mesure de précaution, ils avaient mis du sel devant les portes et les fenêtres pour qu’aucun démon ne puisse venir attaquer Dean dans son état de faiblesse. Ils revinrent ensuite dans la pièce principale de la maison où Sam s’installa dans le fauteuil auparavant occupé par Dean. Il attendit que Bobby commence mais celui-ci, mis au pied du mur, semblait un peu embarrassé et ne cessait de marcher de long en marche.

« C’est difficile, Sam. Je ne suis pas sûr de moi et je ne veux pas te faire croire certaines choses si elles sont fausses…
-J’ai confiance en toi, Bobby, je sais que tu ne penses pas à des choses sans fondement.
-Ok, bon, j’y vais alors, dit-il en s’asseyant en face du jeune homme et en lui montrant un vieux livre. Il y a pas mal d’années, j’ai lu dans ce livre plusieurs légendes. La plupart ne sont que de pures légendes, ça se voit au premier coup d’œil mais l’une d’elles m’avait particulièrement frappé par son caractère réaliste et détaillé. Elle se nomme la « légende du chemin droit ou tortueux ». Oui, je sais, dit-il en voyant l’air étonné et dubitatif de Sam à la mention du titre, ce n’est pas un nom qui fait croire à cette légende. Mais justement Sam, c’est souvent les titres les plus simples qui n’ont aucune réalité. Ce titre m’avait frappé par son alternative. Je ne veux pas te la lire car elle mélange différents dialectes comme le latin, le grec, l’araméen et même le turc. J’ai mis pas mal de mois à déchiffrer tout ça, mais heureusement, j’avais un précieux ami qui parlait ces différentes langues et qui m’a été d’une grande aide. Je vais te résumer cette histoire. On y raconte qu’un jour, un humain se verra accorder des pouvoirs qui dépassent tous ses rêves. Il aura ces pouvoirs pour contrer un mal qui n’aura eu aucun précédent dans l’histoire de l’humanité. Mais cet humain sera choisi selon des critères bien distincts et en relation avec son être intérieur. Il devra être droit, juste, connaissant parfaitement la distinction entre le bien et le mal et ayant un cœur pur, non pur à l’apparence extérieure mais intérieurement, une chose que seuls les êtres supérieurs pourraient voir. Cet humain aurait un pouvoir principal qui serait de pouvoir matérialiser n’importe quoi ou n’importe qui à n’importe quel endroit. Il aurait ainsi un pouvoir sur l’espace mais aussi sur l’essence des choses et des êtres. Il devrait apprendre à contrôler ce don avant que la grande menace n’arrive. Un guide lui serait d’ailleurs octroyé à un moment précis pour lui apporter ces connaissances. Mais au moment de l’arrivée de la menace, un choix lui serait offert, un choix qui lui sera presqu’impossible à faire mais qu’il devra pourtant accomplir. Il devra choisir entre servir le Bien et représenter le salut pour l’humanité ou bien alors servir le Mal et devenir alors le bras droit de celui qui représenterait cette menace. C’est ainsi que la métaphore du chemin droit ou tortueux s’éclaire car elle illustre le choix final de cet humain qui choisirait un type de chemin différent. Mais ce faisant, il pourrait aussi se découvrir deux autres pouvoirs qui ne seraient par contre présents que selon ses actions.
Personne ne sait à quelle époque c’est censé se passer, c’est pour ça que c’est devenu une légende plus qu’autre chose.»

Bobby se tut et regarda Sam, attendant sa réaction. Sam, au fur et à mesure du récit de Bobby, avait de plus en plus crispé les mains sur les accoudoirs du fauteuil et il avait détourné les yeux, qui s’étaient emplis de désarroi et de colère. Bobby remarqua alors l’expression du regard de Sam :
« Sam, je t’en prie, dis quelque chose. Que se passe-t-il ?
-Est-ce que Papa connaissait cette dite légende ?demanda Sam d’un ton monocorde.
-Je l’ignore, il ne m’en a jamais parlé mais c’est possible. Il a lu à de nombreuses reprises plusieurs de mes livres et il est possible qu’il ait consulté celui-là, je n’ai jamais fait attention. Pourquoi ?
-Tu veux savoir pourquoi ?dit Sam en s’agitant de plus en plus puis se levant. Je suis sûr que c’est de ça dont il parlait quand il demandait à Dean avant de mourir de me sauver ou bien de livrer un combat mortel contre moi, voilà tout. Je dois sûrement être l’incarnation du mal, après tout, non ? Qu’en dis-tu, Bobby ? Beaucoup de choses correspondent, je pense, surtout le fait que Dean m’ait sûrement vu démoniaque dans ses cauchemars, qui sont sûrement des prémonitions, pourquoi pas ?
-Tu veux bien arrêter ton char ?dit Bobby, commençant à s’énerver puis en se levant à son tour. Franchement tu es aussi incroyable que ton frère à tirer des conclusions de deux fois rien.
-Comment ça, de deux fois rien ? Ce n’est pas pour rien que tu me racontes cette histoire puisque tu crois que Dean est cet humain choisi, cet Elu…
-Non, Sam, je n’ai jamais dit ça et je te ferai remarquer que cet humain ne sera pas un « Elu » comme tu dis mais plutôt un représentant de l’humanité auprès des forces du Bien ou du Mal. Il pourrait se tourner du côté du Mal et non du Bien.
-Arrête Bobby, tu sais bien que si on parle vraiment de Dean, jamais il n’accepterait de se tourner du côté du Mal, tu le connais, voyons : ce qui fait de lui un sauveur de l’humanité plus qu’autre chose. C’est ce qu’insinuait Papa quand il lui demandait d’abord de me sauver, je suppose. Il connaissait nos destins respectifs.
-Ecoute Sam, on n’est même pas certain que cette histoire est vraie, alors je t’en prie, arrête de croire tout ça, je n’aurai jamais du t’en parler. Et puis, quand on y pense, ton père ne connaissait pas toutes ces langues, alors comment aurait-il pu comprendre la totalité de cette légende, hein ?
-Je…je n’en sais rien, se calma Sam en réfléchissant à cela. Mais il a du trouver un moyen.
-Ca m’étonnerait. Ton père ne connaissait personne pouvant lui traduire le texte entier. »

Les deux hommes restèrent alors silencieux, ne sachant pas quoi dire. Pendant environ quatre heures, ils allèrent et vinrent dans la maison, ne faisant plus aucun bruit et ne parlant plus du tout, Bobby s’occupant à lire des bouquins même si son esprit était un peu ailleurs et Sam réfléchissant, même si le sommeil voulait parfois le prendre d’assaut.
Finalement, alors que les deux hommes venaient de s’assoupir tour à tour, un craquement de plancher réveilla Sam en sursaut. Il se précipita dans la chambre qu’occupait provisoirement Dean, craignant le pire. Il ouvrit la porte à la volée, ne se souciant plus désormais s’il réveillerait son frère ou non et découvrit un homme en face de Dean, celui-ci s’étant réveillé et ayant tombé ensuite à terre à l’apparition de cet étranger. Sam sortit en une fraction de seconde son pistolet et le pointa sur l’homme qui ne semblait nullement affolé par la situation. Cet homme était vêtu d’un costume gris clair, avait de courts cheveux blonds et ses yeux étaient étrangement lumineux, la pupille presque d’une couleur dorée.
« Bonjour Sam, dit l’homme en ne tournant même pas la tête et en fixant toujours Dean. Je me doutais bien que tu accourrais si tu sentais ton frère menacé.
-Qui êtes-vous ?demanda Sam, en colère.
-En fait, ce serait davantage à ton frère de me demander qui je suis, tu ne crois pas ?
-Ben oui, évidemment que c’est à moi de demander, dit alors Dean, essayant de se redresser avec quelques gémissements. Mais il va plus vite que moi sur ce coup-là, je n’y peux rien…Bon, alors, qui êtes-vous, nom d’un chien ?
-Dean, je suis ton ange gardien, présent pour te guider dans ta mission. »
Les deux frères se regardèrent, bouche bée de cette révélation.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:24

Chapitre 6 : Protections


Les deux frères essayèrent alors de se ressaisir :
« Oui, c’est ça, répondit Dean en réussissant à s’asseoir sur le lit grâce à l’aide de Sam qui pointait toujours de son autre main son arme sur l’inconnu, et moi, je suis le président des EU. Non mais vous délirez ou quoi ? Les anges n’existent pas et encore moins les anges gardiens.
-Et pourquoi ?demanda-t-il calmement.
-Tout simplement parce qu’on aurait vu la trace de leur existence avant aujourd’hui et notre père ne serait pas mort, voilà pourquoi.
-Je vois. Mais pourquoi à ton avis devrait-il n’y avoir seulement des démons sur terre et non des êtres contraires à eux comme les anges ? Cela ne t’a jamais traversé l’esprit qu’il pouvait exister des êtes supérieurs capables de faire le bien et non le mal ?
-Non, la vie est trop injuste à cause de ça. Et puis de toute façon pourquoi alors les anges n’arrêteraient-ils pas eux-mêmes les démons, ce serait davantage leur job qu’à nous.
-J’aurai du me douter que tu serais aussi sceptique. Mais au moins, ton frère me croit, n’est-ce pas, Sam ?
-Euh…c’est-à-dire que je n’ai pas encore…dit Sam, surpris de se voir interpellé.
-Je sais que tu crois ce que je dis puisqu’il y a un an encore, tu affirmais à Dean que tu croyais aux anges, alors pourquoi est-ce que ça aurait changé ?
-Peut-être parce que j’ai changé depuis lors, voilà tout, je ne suis plus aussi sûr de ça.
-Alors les garçons, regardez-moi et ensuite j’ose espérer que vous me croirez. »

Les deux frères n’osèrent pas tout d’abord regarder le soi-disant ange, ayant peur d’un piège, mais finalement ils le regardèrent et plongèrent alors au fond de son regard si profond et attirant. Ils sentaient dans ce regard un monde empli de douceur, de paix, d’harmonie, de voluptés, un monde où ils auraient aimé rester plus que tout car ils s’y sentaient si bien et tellement en sécurité que l’ange dut les forcer à partir en détournant les yeux des leurs. Ce fut Dean qui eut le plus de mal à partir et qui fut le plus choqué car cet ange gardien étant le sien, il y avait un lien plus étroit entre lui et Dean qu’avec Sam.
« Alors les garçons, convaincus ?demanda l’ange gardien en souriant avec douceur. »
Il n’y eut besoin d’aucune réponse car leurs expressions étaient assez révélatrices de leurs pensées. Sam avait même inconsciemment ramassé son arme.
« Nous sommes désolés, vraiment, se contenta de dire Dean, encore sous le choc.
-Ce n’est rien, voyons, car te connaissant, je ne pouvais pas moins en attendre de toi.
-Mais où est Bobby ?s’inquiéta Sam. Il voudrait peut-être…
-Bobby ne peut être qu’un informateur et un ami pour vous, c’est tout. Il est juste resté dans son sommeil bienfaisant. Mais toi, Sam, tu es essentiel à ton frère, c’est pour cette raison que je te permets d’être présent.
-Mais vous êtes mon ange gardien depuis combien de temps ? Depuis quelques mois, deux ans ? Car j’ai souvent été en danger mortel et jamais je ne me suis aperçu de votre présence, dit l’aîné en se rebiffant tout de même un peu, n’étant plus sous l’influence de ce qu’il avait vu.
-Je te protège depuis ta naissance, Dean. Un ange gardien est accordé à chaque nouveau-né.
-Pourquoi ne m’avez-vous alors pas protégé quand mon cœur endommagé ne me donnait plus qu’un mois à vivre, par exemple ?
-Les anges gardiens veillent sur leurs protégés mais ne les sauvent pas de la manière que tu croies. Ils inspirent par contre certaines idées à ceux qui sont susceptibles de secourir leur protégé et c’est ce que j’avais fait en inspirant Sam.
-Oui, ok, mais ce faisant, vous avez fait tuer un innocent, seulement pour me sauver alors que vous connaissiez l’affaire, s’insurgea Dean.
-Je ne m’occupe pas des conséquences mais seulement de la protection. »

Les deux frères restèrent tout de même dubitatifs et un peu gênés par la présence de l’ange car ils ne pouvaient pas discuter tranquillement. De plus, Dean ne savait plus où se mettre car l’ange gardien ne cessait de le fixer depuis son apparition et il se sentait vraiment nu devant ce regard qui semblait le passer aux rayons X. Dean préféra entamer de nouveau la conversation où il se sentirait davantage maître de la situation :
« Et alors…vous avez un nom qu’on ne vous appelle pas sans arrêt l’ange ou l’ange gardien ?
-Non, pas vraiment mais tu es libre de m’appeler comme tu le souhaites.
-Vraiment ?sourit Dean, ravi, qui réfléchit ensuite à vitesse grand V pour donner un nom approprié. Alors…Seth, ça vous convient ? C’est dans un film avec Nicolas Cage et la belle Meg Ryan où…
-Je sais quelle est l’histoire, merci, Dean. Si ça te convient, c’est le principal. »
Dean, malgré la situation inhabituelle, avait une furieuse envie de rire par le fait d’avoir donné un prénom à son ange gardien. Ca lui semblait tellement bizarre et exagéré de sa part qu’il se demanda vraiment comment il avait fait pour demander une telle chose.
« Mais comment ça se fait que vous connaissez ce film ?demanda Dean après réflexion. Vous avez la télé là-haut ?
-Non, Dean mais j’ai connaissance de tous les films ou séries portant sur les anges, c’est presqu’inné. De plus, je t’ai suivi depuis que tu es né, alors je suis aussi au courant de ce que tu as vu ou fait, dont les très nombreux films que tu as regardé…
-Wouah !ne put-il s’empêcher de s’exclamer. Ca pourrait nous faire de jolis sujets de conversation tout ça, dites donc…
-Dean, je t’en prie, chuchota Sam en regardant son frère. Arrête un peu, ce n’est pas ça le plus important.
-Mais si, voyons, je n’ai jamais pu discuter de tout ça avec toi, inculte. Voilà, dit-il en montrant l’ange gardien, quelqu’un qui s’y connaît.
-Sache Dean, dit l’ange, que je ne porte aucun jugement sur quoique ce soit, que ce soit dans la réalité ou dans la fiction.
-Et toc, répliqua Sam avec un petit sourire satisfait.
-Et c’est là, Seth, que vous gâchez absolument tout, répondit Dean en faisant une moue caractéristique et en faisant la tête.
-Pourriez-vous nous dire, s’il-vous-plaît, demanda Sam d’un air respectueux, pourquoi Dean est autant malade ? Est-ce que ça vient de son pouvoir ou d’autre chose ?
-Je suis satisfait qu’enfin l’un de vous deux pose la question. En fait, le problème, Dean, c’est que tu n’acceptes pas ton pouvoir comme tu le devrais.
-Ben si, je l’accepte, j’ai même eu droit à un ventilo gratuit, ironisa-t-il.
-Oui, en effet et en prime, tu as eu droit aussi à des souffrances et des cauchemars, eux aussi, gratuits. Là, tu as gagné le gros lot.
-Vous vous fichez de moi, j’ai l’impression, répondit Dean, choqué par la réponse elle aussi ironique de Seth.
-N’oublie pas, Dean, qu’étant ton ange gardien, je dois aussi faire preuve d’un certain sens de l’humour. Car chaque ange gardien doit avoir le trait de caractère dominant de son protégé, voilà tout.
-Ouais, ok…se contenta de répondre Dean en s’inquiétant du probable échec de ses prochaines blagues. Alors…comment faire pour que je ne sois plus malade comme un chien ?
-Accepter et assumer ton pouvoir en totalité.
-Quoi ? Mais si je l’accepte totalement en moi, ce pouvoir risque de me contrôler et je risque de me retrouver au Texas ou avec je ne sais quoi entre les mains !
-Ton pouvoir ne se limite pas seulement à ça, Dean, ce n’est que la partie visible de l’iceberg.
-Mais comment pourra-t-il contrôler son pouvoir de lui-même, alors ?demanda Sam, en voyant son frère s’affoler légèrement en pensant à la partie invisible.
-Ton pouvoir, Dean, te rejette car toi-même, tu le rejettes et ainsi ton esprit, en rejetant ton corps, le rend de ce fait, maladif : il veut également te contrôler car tu ne lui as donné aucune instruction.
-Ouais, d’accord. En résumé, c’est comme une voiture sauvage qu’on n’aurait pas encore dressée et fait sienne, simplifia Dean en employant son propre vocabulaire.
-Oui, si tu veux. Alors si on continue à employer cette métaphore automobile, disons que ton pouvoir représente la voiture et que tu en es le nouveau conducteur. Il faut que tu la fasses obéir, voilà tout. La clé est la concentration car sans cet outil, tu ne pourras pas la faire avancer.
-Bravo pour la métaphore filée, remarqua Sam.
-La quoi ?interrogea Dean, ne comprenant pas la remarque de son frère.
-Ce n’est rien, laisse tomber.
-Donc il faut que je m’entraîne assez souvent pour contrôler mon pouvoir, c’est ça ?
-Exactement mais tu dois le faire sans arrêt, ça requiert une vigilance constante.
-Eh bien, fini les pauses café-beignets…
-Je n’apprécie guère, Seth montant le ton d’un degré, que tu prennes avec autant de légère ton pouvoir. Il en va du destin d’une bonne partie de l’humanité et toi, tu sembles t’en moquer ! »

A cet instant, Dean fut complètement dépassé par ces paroles, il ne comprenait rien du tout. Pourquoi Seth disait que destin de l’humanité le concernait tout ça parce qu’il avait un pouvoir assez chouette ? Mais il délirait totalement, franchement. Sam eut l’air vraiment gêné lorsque Dean, surpris, le regarda. L’aîné comprit alors qu’il était le seul à ignorer la vérité.
« Mais de quoi vous parlez ?demanda-t-il alors à Seth. J’ignore de toute cette histoire, moi !
-Mais je devais venir seulement quand la vérité aurait été révélée et que tu serais préparé…Oh, je vois, dit-il en regardant Sam pour la première fois. Pourquoi lui as-tu caché la vérité, Sam ?
-Mais je ne…je n’ai pas eu le temps, d’accord ? Je ne savais pas comment raconter à Dean tout ce que Bobby m’avait dit, je pensais qu’il le prendrait mal.
-Prendre mal quoi ?demanda Dean, agacé de ces cachotteries.
-Je te laisse le soin de tout lui dire, Sam. Je reviendrai quand tu auras fini. »
Alors dans un léger bruissement de feuilles, l’ange gardien de Dean disparut. Dean regarda Sam, contrarié de n’avoir rien su plus tôt mais garda le silence. Sam, toujours embarrassé, entreprit alors de lui raconter la légende qu’il avait entendue plus tôt, le plus fidèlement possible.


Quand Sam eut fini de raconter, Dean n’avait pas bougé d’un millimètre mais alors qu’un étranger aurait pu croire que cette légende ne le touchait pas, Sam décela dans son regard beaucoup de surprise et de craintes. Il semblait vraiment abasourdi par cette histoire et ne put dire le moindre mot. Après quelques minutes, Sam osa lui adresser quelques paroles :
« Alors, ça va, Dean ?
-…
-Dean, dis-moi quelque chose.
-Que veux-tu que je te dise, Sam ?soupira Dean en baissant les yeux.
-Mais…ce que tu penses de tout ça, voyons.
-Franchement je pense qu’on s’est trompé de personne, je ne suis pas ce prétendu humain qui doit soit sauver l’humanité, soit coopérer avec les forces de mal.
-Alors comment expliques-tu que ton ange gardien soit apparu en vue de te guider précisément pour ça ?
-Je n’en sais rien, il doit sûrement avoir un mauvais indic, voilà tout.
-Je t’en prie, Dean, dit Sam en souriant après cette parole qui l’amusait assez. Je ne pense pas que les anges gardiens soient mal informés.
-Je n’ai pas d’explication mais je ne suis pas cette personne…
-Non, tu ne veux pas l’être plutôt, rectifia Sam. »

Alors Dean, n’en pouvant plus, rejeta avec agacement ses couvertures puis se leva avec difficultés. Il trébucha légèrement, étant encore assez faible et parcourut quelques pas dans la chambre. Les mains sur les hanches, il regarda alors Sam et lui dit, agacé :
« Si toute cette histoire est vraie, si je suis vraiment cet humain capable de faire beaucoup de choses, alors tu as sans doute pensé à celui qui représenterait le Mal et avec lequel je pourrai collaborer, je suppose ?
-Arrête, Dean, je préfère ne pas penser à cet aspect, répondit Sam, soudain perturbé.
-Mais je te connais, je suis sûr que tu as pensé que ça devait être toi. Tu as tellement peur de devenir mauvais que tu en deviens paranoïaque et à chaque fois qu’on parle d’histoire du Bien et du Mal, tu penses à nous deux.
-Bien sûr que je pense que ça pourrait être moi, se monta Sam à son tour. Tu te souviens de ce qu’a dit Papa à ce sujet, tu le sais aussi bien que moi, Dean ! Il a bien parlé d’un sauvetage ou d’un combat mortel entre nous, non ? Il devait connaître la vérité et c’est de ça précisément qu’il parlait, tout simplement.
-Tu délires complètement…Tu ne deviendras jamais mauvais, non, jamais tant que je serai en vie, Sammy, non, jamais… »

Cependant, tandis qu’il disait ces mots, Dean fut pris d’un malaise particulièrement fort et tomba à terre. Il fut pris d’un violent mal de tête et eut l’impression de tomber dans un vide immense, dans le néant total. Ses yeux ne parvenaient plus à voir le décor de la chambre, il ne voyait que du vide autour de lui. Pourtant il perçut la voix lointaine de Sam qui lui demandait de revenir près de lui et qu’il pouvait contrôler son pouvoir, que tout irait bien s’il s’accrochait. Mais alors qu’il tentait de suivre les paroles de Sam, le vide dans lequel il tombait lui sembla merveilleusement attirant. C’était comme si un aimant très puissant l’attirait au fond, si fond il y avait. Ce n’est pas que cette attirance paraissait bienfaisante mais plutôt soulageante, dénuée de tout souci. Souhaitant plus que tout en finir avec tous les soucis qui le rongeaient, Dean commença à suivre cette voie, ne tenant plus compte des paroles de Sam. Cependant, comme si Sam avait ressenti au plus profond de lui-même que son frère s’en allait pour de bon, Dean entendit distinctement, lui parlant d’une façon beaucoup plus forte qu’avant :
« Reviens, Dean, je t’en supplie. Ne suis pas ce chemin si sombre et si mystérieux et écoute-moi plutôt. Je ferai toujours tout ce que je peux pour te protéger, alors reviens vers moi, je t’en conjure. »
Soudain Dean prit conscience de l’importance de son frère et ouvrit les yeux, tremblant comme une feuille.

Dans un léger brouillard, il se vit, allongé par terre, Sam lui tenant une de ses mains et souriant, même si l’inquiétude se lisait encore sur son visage. Il entendit plus qu’il ne vit Seth dire quelque chose à Sam. L’instant d’après, il se retrouva allongé sur le lit, des couvertures étalées sur lui pour calmer les nombreux tremblements qui le secouaient. Il avait toujours son épuisant mal de tête et à cela s’était ajouté un très douloureux mal de dos, occasionné probablement par sa chute brutale. Dean ne cessait d’ouvrir et de fermer les yeux car son mal de tête le fatiguait mais en même temps il ne voulait pas garder les yeux trop longtemps fermés de peur de replonger dans ce vide qui maintenant l’effrayait tant.
Enfin, au bout d’environ d’eux heures, le brouillard se dissipa et Dean put garder les yeux ouverts suffisamment longtemps pour voir Sam assis près de lui, le visage empreint de désarroi et d’inquiétude et apercevoir Seth au fond de la chambre debout, immobile, les yeux fermés. Essayant d’ignorer Seth envers lequel il n’avait guère de sympathie, Dean regarda alors son frère et lui adressa un mince sourire :
« Hey… Tu n’es pas trop fatigué à rester dans cette position ? »
Un sourire heureux s’afficha alors sur le visage de Sam, laissant de côté ses craintes :
« Ca fait plaisir de te voir réveillé. On a été très inquiet pour toi, tu sais.
-Qui ça, on ?interrogea Dean avec suspicion.
-Moi, Bobby et Seth.
-Quoi, Bobby est réveillé et est venu ici ?
-Oui, bien sûr. Quand tu es tombé, je l’ai appelé. Il a eu à peine le temps de faire la connaissance de Seth, qui est arrivé aussitôt ta chute. Mais apparemment Seth n’accepte pas que Bobby reste avec nous, il l’a renvoyé sans ménagement d’ailleurs.
-Vraiment ? C’est bizarre, réfléchit Dean.
-Non, ce n’est pas étrange, Dean, intervint Seth. Cet homme te détourne de ton destin maintenant qu’il a éclairci la vérité.
-C’est ça, cause toujours, marmonna Dean. Mais comment j’ai réussi à revenir ?
-Grâce à Sam. Car si je suis ton ange gardien, ton frère est ton second protecteur, moins puissant que moi par les pouvoirs mais plus puissant par sa proximité et votre exceptionnelle complicité et affection fraternelle. Tu es doublement protégé, Dean et donc, aucun mal ne te sera fait. »
Les deux frères se regardèrent alors d’un autre regard, comme s’ils se seraient compte pour la première fois, et cela grâce aux paroles d’un étranger, qu’ils étaient si proches l’un de l’autre.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:25

Chapitre 7 : Apprentissage


Dean et Sam restaient un peu perturbés par cette révélation. Sam n’aurait jamais cru jouer un rôle officiel de protecteur auprès de son frère. Mais Dean comprit pourquoi son jeune frère lui avait paru si proche dans la crise qu’il avait eue. Il se tourna vers Seth et lui demanda :
« Mais dites-moi, j’aimerais savoir comment ça se fait qu’à mon réveil des cauchemars que j’ai eu hier, je me suis retrouvé blessé, avec exactement les mêmes blessures que dans mon cauchemar ?
-Tu as été touché dans ton cauchemar par un couteau et il se trouve que les armes blanches ont le pouvoir de traverser la frontière séparant les cauchemars de la réalité. Tu l’as vécu très intensément et en plus il se pourrait que les cauchemars s’en prennent à toi pour t’affaiblir et t’empêcher de prendre le choix que tu préféreras.
-Ah, ok…mais il n’y aurait pas quelque chose qui m’empêcherait de faire ce genre de cauchemar ?s’inquiéta Dean.
-Tu m’as moi et c’est bien suffisant, répondit Seth.
-Oui mais sans vous offusquer, vous n’avez pas fait beaucoup de choses quand Dean est tombé dans un semi-coma tout à l’heure, remarqua Sam, suspicieux.
-Non car je devais te laisser faire pour que tu puisses montrer la puissante protection que tu apportais à ton frère, répondit-il calmement.
-Mais ce que je ne comprends justement pas est que je sois un protecteur de Dean, dit alors Sam. Je ne suis pas censé être bon. Notre père a confié à Dean qu’il aurait soit à me sauver soit à me combattre et il n’a jamais parlé du fait que Dean serait protégé par moi !
-Votre père ne connaissait pas tous les éléments et n’en connaissant qu’une petite partie, son jugement était totalement faussé. Il a parlé comme un ignorant.
-Hé !s’insurgea Dean presqu’en même temps que Sam. Ne parlez pas de notre père comme ça sinon vous aurez affaire à moi, tout ange que vous êtes !
-Très bien mais vous devez savoir que votre père n’avait pas la science infuse. Je vous laisse. Je reviendrais dès demain matin pour ton entraînement, Dean, tiens-toi prêt. Mais repose-toi avant, je ne voudrais pas que tu t’endormes entre deux leçons. »

Et de la même manière que la dernière fois, il disparut. Dean regarda alors Sam et lui dit avec une petite moue :
« Tu sais, plus je le fréquente, moins j’aime mon ange gardien. C’est dommage qu’il soit si prétentieux.
-Oui, je suis d’accord, il pourrait être un peu plus aimable tout de même.
-Tu peux appeler Bobby, s’il-te-plaît ? J’aimerais qu’il me redonne sa fameuse potion et puis ce serait chouette d’avoir son avis sur Seth. »
Cinq minutes après, Bobby entra dans la chambre de Dean, non avec son petit sourire en coin, mais avec une mauvaise humeur d’affichée sur le visage.
« Oh là, je crois que j’aurai mieux fait de ne pas déranger le dragon, dit alors Dean en voyant son expression.
-Ce n’est pas grave…Alors, tu vas mieux, apparemment ?
-Oui, beaucoup mieux, merci Bobby. Alors que penses-tu de mon ange gardien ?
-…
-Je vois, répondit Dean en voyant son silence, en résumé, la prochaine fois que tu le voies, tu le tues, c’est ça ?
-Arrête de plaisanter, Dean, j’en serai bien capable. Il m’a repoussé comme si j’étais un pitoyable insecte gluant !s’exclama Bobby. Jamais on ne m’avait traité de cette manière…en tout cas, pas depuis très longtemps. Et j’ai horreur de ça. Je ne vois pas pourquoi il pense ça de moi, voilà tout…
-Je te comprends et sache que je te défendrai si le sujet revient sur le tapis, lui assura Dean.
-Oui, tu peux compter sur moi aussi, Bobby, dit également Sam.
-Merci les garçons, répondit Bobby en retrouvant un léger sourire. Tiens Dean, je t’ai apporté une autre dose de la potion. Tu verras, tu iras encore mieux à ton réveil.
-Chouette ! Merci Bobby. Et tu sais, je crois qu’on t’a assez ennuyé jusque là. Sitôt mon réveil, on s’en ira, Sam et moi, ça vaudra mieux.
-Mais non, voyons, vous ne m’avez pas ennuyé du tout…
-On insiste, Bobby, dit Sam à son tour. Et puis voir cet ange gardien dans ta propre maison en train de te mettre plus bas que terre, nous met vraiment mal à l’aise. On ira dans un motel, ce sera plus simple pour tout le monde.
-Ok, c’est comme vous voulez mais n’allez pas trop loin quand même au cas où. »
Ce point réglé, Dean but avec avidité la potion qui lui donnait la sensation de planer et s’endormit à poings fermés. Sam et Bobby sortirent pour le laisser dormir en paix.


Pendant le sommeil de Dean, Sam entreprit de relire la traduction de la légende du chemin droit ou tortueux, tout seul cette fois-ci et il vérifia même si la partie en latin avait été bien traduite. Mais après plusieurs heures à avoir planché dessus, Sam constata qu’apparemment rien ne différait de ce que lui avait dit Bobby. Il scanna quand même la version originale ainsi que la traduction sur son ordinateur pour les avoir toujours à portée de main. Alors qu’il venait de finir et que Bobby rentrait de la ville la plus proche, Sam vit apparaître Dean dans la pièce, habillé, frais et dispos, comme s’il n’avait eu aucun souci ces derniers jours.
« Alors, tu traînes ou on y va ?demanda Dean à son frère.
-Mais je n’attendais que le bon vouloir de sa seigneurie, répondit Sam en souriant, heureux de voir son frère en aussi bonne santé.
-Tu sais Bobby que tu devrais distribuer à davantage de gens ta potion miracle. Elle m’a littéralement régénéré.
-Je suis content qu’elle ait aussi bien marché mais surpris aussi. Souvent cette potion calme les maux durant le sommeil mais non après. Apparemment elle te réussit à merveille. Je t’en ai préparé d’ailleurs deux autres flacons à emporter, s’il arrivait que tes maux reviennent. Mais n’en abuse surtout pas sinon elle pourrait devenir dangereuse à force d’en prendre et tu en deviendrais dépendant. Elle pourrait même à l’extrême te plonger dans un coma profond. Donc prudence. Je compte sur toi, Sam pour le surveiller.
-Oui, bien sûr mais de toute façon, je ne pense pas que deux flacons seraient dangereux pour lui, répondit Sam, attentif.
-Non, mais à condition de ne pas les prendre en même temps, remarqua Bobby.
-Merci pour tout, Bobby, dit alors Dean en lui serrant la main.
-Oui, merci, on te revaudra ça.
-Je vous prie, vous êtes presque de la famille tous les deux et on ne doit rien à sa famille. »
Les deux frères se sentirent émus par cette confession de Bobby. Jamais ils n’auraient pensé que le vieux chasseur les avait tant pris en affection. Dean et Sam le regardèrent alors avec beaucoup de reconnaissance et la même affection que Bobby leur avait exprimée. Ces échanges de regards ne durèrent que quelques secondes mais suffirent pour lier encore davantage les deux frères à Bobby. Après que Bobby leur ait donné une tape amicale sur l’épaule, ceux-ci sortirent de la maison.


Deux heures après, Dean et Sam se retrouvaient installés dans une ville à la sortie de l’Etat pour ne pas trop s’éloigner de Bobby en cas de besoin et même si Dean ne voulait pas l’avouer, Sam voyait bien que la route fatiguait énormément son frère aîné qui avait quand même insisté pour conduire son Impala chérie. La nuit arrivant rapidement, Dean s’endormit légèrement, sans avoir pris la potion, cachée soigneusement par Sam dans ses propres bagages, et Sam fit de même, fatigué par tous les événements récents.
Sam, comme d’habitude, se réveilla le premier, le lendemain matin. Il regarda aussitôt comment se portait son frère. Ce dernier était allongé sur le dos mais semblait avoir eu un sommeil agité car il avait un visage anxieux et perturbé. Sam préféra ne pas le réveiller pour l’instant et aller chercher deux cafés qui leur feraient le plus grand bien, même s’il hésitait à laisser Dean tout seul. Quand il revint vingt minutes après, essoufflé d’avoir couru pour revenir le plus rapidement possible, Dean était toujours endormi. Alors que Sam sortait tout doucement son ordinateur sans faire le moindre bruit, Dean se réveilla en sursaut, en sueur.

« Encore un cauchemar ?s’inquiéta Sam en s’approchant de lui.
-Hein ? Non, non…éluda Dean en tournant la tête vers la fenêtre.
-Je t’en prie, Dean. Je sais que je me réveillais moi-même de cette façon quand j’avais des cauchemars. Alors dis-le moi, ce n’est pas une honte… »
Mais il fut interrompu par l’arrivée de Seth. Il regarda Sam d’un air satisfait en voyant qu’il était prêt mais fit une imperceptible grimace en constatant que Dean ne faisait que de se réveiller.
« Dean, prépare-toi rapidement. Ton entraînement va devoir commencer au plus vite.
-Vous pourriez au moins dire “bonjour”, marmonna Dean en se levant lentement, ayant des courbatures.
-Nous n’avons pas le temps pour les formalités. Dépêche-toi. »
Pendant que Dean allait s’habiller et prendre une douche, un silence embarrassé s’installa entre Seth et Sam. Alors que Seth se contenait de rester debout, immobile, ne regardant pas Sam, celui-ci entreprit, un peu gêné, de pianoter sur son ordinateur pour s’occuper.
Dean sortit de la salle de bain une demi-heure plus tard.
« Tu as été bien long, remarqua Seth.
-Et encore, je me suis dépêché, grimaça Dean, de mauvaise humeur.
-Bien, commençons. Assieds-toi sur cette chaise, Dean.
-Ca vous ennuierait vraiment de ne pas me commander comme vous le faites ?demanda Dean, agacé, appuyé par l’expression de Sam, qui ne semblait pas approuver non plus.
-Très bien, s’il-te-plaît, répondit Seth avec un très léger sourire. »
Dean, content d’avoir réussi, s’assit alors avec un sourire satisfait.
« Maintenant je te demanderai de te concentrer sur un endroit précis, n’importe lequel.
-Comment ça, n’importe lequel, je ne sais pas, moi…
-Alors disons celui où tu aimerais te trouver plus que tout.
-D’accord, je l’ai en tête.
-Alors concentre-toi et représente-toi cet endroit en trois dimensions, comme si tu l’avais devant toi. Et ensuite projette-toi là-bas.
-Je n’arrive pas à y aller…
-Concentre-toi jusqu’à temps !
-Je vous dis que je n’y arrive pas, là !
-Tu fais vraiment un élève pitoyable.
-Bon, c’est d’accord, s’énerva Dean en se levant brusquement, renversant la chaise au passage. Vous savez quoi ? Je me tire. Débrouillez-vous tout seul pour me trouver un remplaçant !
-Dean, personne ne peut te remplacer. Alors maîtrise-toi et assieds-toi.
-Non, allez vous faire voir !
-Sam, raisonne-le, demanda Seth au jeune frère.
-Pas question. Dean est têtu comme une mule quand il est comme ça, répondit Sam, les yeux toujours rivés sur son ordinateur. »
Dean, avec un hochement de tête et un sourire content de lui, prit sa veste et sortit. Peu après, le grondement de l’Impala se fit entendre. Seth, avec une expression très contrariée et coléreuse, se volatilisa.

Sam laissa son ordinateur de côté et sourit en sortant son portable. Il composa le numéro de Dean, lequel décrocha aussitôt :
« Tu peux revenir, il est parti. Tu aurais vu sa tête, tu aurais rigolé.
-Il est idiot, je n’étais parti qu’au resto d’à-côté, rigola Dean au téléphone. »
Cinq minutes après, Dean revint dans la chambre.
« Alors, Sam, tu as trouvé une nouvelle affaire pour nous ?
-Quoi, tu veux enquêter alors que tu as une mission beaucoup plus importante ?
-J’ai l’impression de faire dans l’humanitaire quand tu me parles comme ça mais oui, ça me changer les idées de chasser un peu, depuis le temps.
-Très bien mais on en reparle dès qu’on aura bouclé cette affaire. J’en ai trouvé une, tout près d’ici, à cent kilomètres seulement.
-Donne-moi le topo, dit alors Dean tout excité.
-Apparemment ce serait un cas de possession. Un article du journal d’hier décrit qu’une femme, mère de quatre enfants, les aurait tués sauvagement, sans aucune raison. Ils indiquent que la veille, elle avait été elle-même agressée par un homme mais ils n’en mettent pas plus long.
-Ok, on y va, ça nous distraira un peu. »
Surpris de l’empressement de son frère pour une affaire aussi mineure, Sam le suivit quand même, heureux de le voir autant en forme.


Quand ils débarquèrent dans la petite ville, ils n’eurent aucun mal à trouver des renseignements sur cette femme qui se trouvait encore dans la prison du comté. Ils se firent passer pour des journalistes car il y avait déjà pas mal de forces de l’ordre dans la place et ils ne voulaient en aucun cas être remarqués. Ils réussirent à s’infiltrer dans la maison des crimes mais ne trouvèrent aucune trace de soufre ni rien de paranormal. Un peu dépités, ils décidèrent d’aller voir la prévenue, une certaine Mrs Dardson, en lui faisant transmettre discrètement qu’eux seuls savaient pourquoi elle avait tué ses enfants et connaissaient la chose qu’elle ressentait au plus profond d’elle-même. Comme ils s’en étaient doutés, elle les reçut et cela, dans la pièce servant aux interrogatoires. C’était une femme d’une trentaine d’années, habillée d’un tailleur marine et ne semblant pas du tout folle ou même possédée. S’ils l’avaient vue à un bureau, ils n’en auraient pas été étonnés car elle donnait l’impression d’être très intelligente. Elle les pria aimablement de s’asseoir et leur dit :
« Je sais pourquoi vous êtes là, messieurs. J’ai senti votre présence dès votre entrée dans ce modeste comté.
-Ah oui, vraiment ?s’étonna Dean. Mais ça doit être l’eau de toilette de mon frère qui sent si forte que ça.
-Ne l’écoutez pas, Mrs Dardson, répondit Sam, jetant un coup d’œil irrité à son frère. Que voulez-vous dire par là ?
-Votre frère n’était pas loin de la vérité, en fait. Je sens toujours l’odeur exécrable des chasseurs dès qu’ils s’approchent de moi.
-Pardon ?s’étonna Dean, éberlué, tout comme Sam. Nous sommes journalistes, vous devez nous confondre avec d’autres…
-Arrêtez votre manège, Dean Winchester, répondit-elle. Je sais ce que vous venez faire ici vous et votre frère et vous n’y arriverez pas, je suis trop forte pour vous deux.
-Ah oui, vraiment ?répondit Dean, comprenant que la femme était toujours possédée. Et ça te dirait un petit exorcisme, là, tout de suite ?
-Hum…je dois y réfléchir et vous aussi, je pense, surtout avec ces deux gardes derrière la porte. Ca ferait mauvais effet de la part de simples journalistes. Je ne fais que commencer ma besogne ici et gardez-vous de mon chemin.
-Et comment peux-tu accomplir ta besogne, demanda Sam, si tu es enfermée ici pour le restant de tes jours ?
-Oh, c’est vrai, vous n’êtes pas encore au courant…Mais je dois vous informer que je ne vais pas rester dans ce corps très longtemps. Ciao les Winchesters, votre temps est écoulé, sourit-elle en regardant la porte qui s’ouvrit la seconde d’après. »
Un garde apparut et dit aux deux frères que leur temps était effectivement fini, qu’ils devaient sortir. Dean et Sam sortirent dégoûtés, surtout quand ils virent le sourire et l’air calculateur de la femme possédée.

Dean ne put s’emparer de jurer quand ils sortirent du bâtiment.
« Je te jure, la prochaine fois qu’elle me fait ce coup-là, je la flingue.
-Ah oui, et avec quoi ? On n’avait aucune arme, je te signale.
-Non, mais j’en ferai apparaître une, voilà.
-Arrête Dean, tu sais très bien que tu ne contrôles pas encore totalement ton pouvoir, alors ne nous fais pas apparaître une bouilloire au lieu de ton arme. »
Dean allait s’énerver contre ce manque de confiance et cette moquerie quand il éclata de rire à cette phrase de son frère qu’après tout, il trouvait bien placée. Ils revinrent à leur motel pour se renseigner tranquillement sur ce nouveau démon.
Apparemment il y avait eu un autre cas une semaine avant. Un homme avait tué sa fiancée et s’était suicidé juste après. Le plus étonnant est qu’il s’était suicidé alors que Mrs Dardson avait tranquillement attendu l’arrivée des autorités locales.
« Pourquoi s’est-il suicidé ? Peut-être que sa conscience a reprit le dessus un bref instant sur le démon en lui, tu ne crois pas ?demanda Dean.
-Oui, je ne vois que ça aussi. Mais je me demande comment elle choisit ses hôtes. Attends, il y a quelque chose là…dit Sam en regardant l’écran de son ordinateur. Ce site parle d’un démon féminin qui possède des hommes comme des femmes pour leur faire tuer les êtres purs et innocents qui sont très proches d’eux.
-Ouais, ça coïncide : les enfants sont considérés comme innocents et purs, surtout du point de vue d’une mère mais pour la fiancée, je ne vois pas trop.
-En fait si, ça coïncide également car il arrive dans certaines villes que les jeunes filles doivent attendre le mariage et donc la lune de miel pour perdre leur virginité. Je te parie que c’était le cas pour cette fille.
-D’accord mais il vaudrait mieux vérifier, même si j’ignore comment. Je me vois mal poser cette question aux parents, réfléchit Dean.
-Ca dépend. Ils le prendraient peut-être mal de la part de policiers ou de journalistes mais de la part de prêtres, je ne pense pas. »
Dean fit une petite grimace à la perspective de remettre leur déguisement de prêtres mais au bout de vingt minutes, ils n’avaient trouvé aucune autre idée.


Une heure plus tard, tous deux rentrèrent au motel, Dean n’ayant qu’une hâte : changer de vêtements.
« Bon, au moins, maintenant, on est certain que cette fille était encore vierge lors de son meurtre, remarqua Sam.
-Oui, ben, j’aurai préféré ne pas avoir eu à le demander aux parents entre nous, dit alors Dean, gêné pour une fois.
-Oui, moi aussi mais on a seulement amené le sujet sur le tapis discrètement, on n’a pas vraiment formulé la question. Ils nous l’ont suggéré d’eux-mêmes. »
Dean ne répondit pas. Contrairement à son habitude, il se sentait embarrassé d’avoir été demander des détails intimes sur la vie de cette victime. Il ne se sentait pas dans son état normal et il attribua facilement ce changement dans les enquêtes à ce qui lui arrivait en ce moment.
« D’accord mais comment va-t-on savoir qui sera la prochaine victime et le prochain possédé ?demanda Dean, dubitatif. Car on ne connaît pas toutes les personnes pouvant être pures dans cette ville.
-Non, c’est vrai mais je pense que le démon qui est en Mrs Dardson va bientôt sortir et il faudrait qu’on suive tous ses déplacements.
-Arrête, rigola Dean. Tu croies vraiment qu’on verra une fumée noire sortir de sa cellule et qu’on pourra la suivre à sa vitesse et sans qu’elle s’en aperçoive ? Non, il faut trouver autre chose.
-Très bien, monsieur le génie, répondit Sam, vexé. Alors trouve-moi vite une autre idée avant que le démon ne sorte et ne tue quelqu’un d’autre. »
Malheureusement Dean ne trouvait aucune idée à suggérer car ils ne trouvaient aucune piste ni aucun moyen apparent de l’éliminer : seul l’exorcisme leur paraissait être le meilleur moyen.

Alors qu’ils étaient prêts à partir pour surveiller la prison, Seth réapparut :
« Que faites-vous ici ? Dean, tu n’es pas censé chasser alors que ton destin t’attend ailleurs.
-Désolé mon vieux mais je fais comme je veux. Si j’ai envie d’une petite chasse pour me défouler, ça me regarde.
-Sauf que celle-ci n’est pas ordinaire, leur dit Seth, ennuyé. Vous ne devriez pas être ici, il va s’y passer des choses importantes et graves que vous n’êtes pas préparés à affronter.
-Et comment êtes-vous si bien renseignés ?demanda Sam, soupçonneux.
-Partez, il en est encore temps. Je vous dirai ce que vous voulez dès que vous aurez quitté cette ville mais je vous conjure de ne pas continuer, tout le monde y perdra.
-C’est marrant mais je suis encore plus excité maintenant que je sais tout ça, sourit Dean. A bientôt Seth, ne nous attendez pas pour le dîner. »
Sam et Dean quittèrent la chambre, laissant Seth en proie à un grand désarroi.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:26

Chapitre 8 : Retournements de situation


Cela faisait maintenant quatre heures qu’ils surveillaient la prison. Ils s’étaient séparés pour couvrir les deux fenêtres par lesquelles le démon serait susceptible de s’échapper. Dean essayait de tout faire pour ne pas s’endormir mais ne pas quitter des yeux la fenêtre à barreaux l’endormait souvent. Heureusement, il avait emporté une bière et en buvait une gorgée à chaque fois qu’il allait s’endormir, ce qui fit qu’au bout de deux heures, elle était vide. Mais alors qu’il avait résisté courageusement les deux autres heures, il allait s’endormir pour de bon quand son portable sonna :
« Alors, aucun changement ?demanda Sam.
-Tu me demandes s’il y a toujours quatre ou trois barreaux à la fenêtre, c’est ça ?
-Tu sais bien de quoi je parle. Bon, l’aube se lève, on va déjà y voir un peu mieux. Et…ça y est, la voilà…amène-toi, Dean, la fumée noire sort. »

Dean, heureux de pouvoir se dégourdir les jambes, courut à la rencontre de Sam quand il entendit un grand cri. Cela lui glaça le sang puisque c’était la voix de Sam. Alors, de la même manière que plusieurs jours auparavant, Dean craignit pour la vie de son frère et instinctivement, se téléporta de l’autre côté du bâtiment. Si le cri de Sam l’avait effrayé la seconde d’avant, le spectacle, dont il fut témoin, le bouleversa. Il vit Sam agenouillé par terre, en plein milieu de la rue, le démon finissant d’entrer en lui. Ensuite, avant que Dean ne puisse réagir ou même sortir son arme, son frère possédé s’amena vers lui en une seconde et projeta Dean à une centaine de mètres, dans un petit bois proche de la prison. Dean atterrit contre un arbre, lui ensanglantant le front et lui occasionnant une migraine atroce. Essayant de se relever tant bien que mal, il constata qu’il s’était en même temps foulé la cheville gauche. Tandis qu’il s’appuyait sur l’arbre pour se relever, il vit apparaître Sam devant lui, un grand sourire sur les lèvres.

« Je ne vois vraiment pas pourquoi tu t’en prends à Sammy, mais tu vas le payer, sois-en sûre, lui lança Dean.
-Vraiment ? Ca m’étonnerait que tu tues ton frère pour te venger mais tu peux toujours essayer. Quant à la cause de ma présence dans le corps de ton frère, tu devrais la connaître mieux que personne pourtant.
-Laisse-les tranquille, Briadelia, dit alors Seth apparaissant entre Dean et Sam, en s’adressant au démon logé en Sam. Ils n’ont rien à voir avec ce que tu fais dans cette ville, alors laisse-les tranquille, ça vaudra mieux pour tout le monde.
-Quoi, vous la connaissez ?demanda Dean, surpris. Mais il fut ignoré par Seth comme de Briadelia.
-Oh non, Thesius, ne me le demande pas. Ils se sont approchés de moi et sont une cible de choix, je dois dire. Ecarte-moi de mon chemin si tu ne veux pas en pâtir auprès de Tu-Sais-Qui.
-Ah ben, il fallait me dire que vous aviez un nom !s’exclama Dean, interloqué mais une fois encore ignoré des deux partis.
-Je te demande de les laisser, tu me dois bien ça.
-Ah oui, vraiment ?ricana le démon en Sam. D’abord je tue Dean et ensuite j’obligerai Sam à se suicider ou il le fera de lui-même en voyant son frère mort à cause de lui, dès lors que j’aurai quitté son corps.
-Tu le quitteras avant ça, je peux te l’assurer, affirma Thesius.
-Mais ils ne savent pas la vérité à propos de toi, n’est-ce pas ?
-Arrête, maintenant !s’écria Thesius en sortant une arme de nulle part et en tirant sur Sam, la balle atteignant l’épaule. Sam recracha alors aussitôt le démon qui partit à toute vitesse dans les airs.
-Mais vous êtes fou !s’exclama Dean en s’élançant vers son frère, qui chancelait dangereusement pour finir par tomber, sans connaissance.
- Ne me remercie pas mais sache que je vous ai sauvé la vie à tous les deux, répondit Thesius, choqué.
-Vous auriez pu vous y prendre autrement. Et c’est quoi ces discussions intimes entre vous et ce démon ?
-Je t’expliquerai plus tard. Quittez tous deux cette ville dès ce soir, c’est essentiel. »
Et l’ange disparut dans un bruissement. Dean eut beaucoup de mal à hisser son frère inconscient dans l’Impala mais il parvint tout de même à l’allonger sur la banquette arrière, malgré sa migraine et sa cheville qui commençait à enfler sérieusement. Il fit un simple écart par le motel, rassembla rapidement leurs affaires et sortit de la ville. Il réussit à trouver un motel à l’entrée de la ville suivante et soigna Sam avec leur trousse médicale. Heureusement, ce n’était qu’une blessure superficielle et il n’y avait pas besoin d’emmener Sam à l’hôpital. Il n’eut qu’à enlever la balle, ce qui fit agiter Sam dans son inconscience, à désinfecter la blessure pour enfin faire un bandage. Après l’avoir allongé confortablement sur l’un des lits jumeaux, Dean fut exténué de la nuit qu’ils avaient passé et s’endormit malgré ses douleurs et sans s’être soigné lui-même.


Quand Dean se réveilla plusieurs heures plus tard, son mal de tête avait nettement empiré et sa cheville avait doublé de volume. Il s’assit sur son lit et regarda comment allait son frère. Sam venait justement de se réveiller aussi et regardait le plafond d’un air absent :
« Eh, ça va ?demanda Dean, inquiet du manque de réaction de son frère.
-Oui, ça va…sauf que je me sens horriblement coupable d’avoir failli te tuer hier soir.
-Ce n’était pas toi…C’était ce démon, cette Briadelia qui te contrôlait, tu ne pouvais rien faire.
-Ok mais je me rendais compte de tout, Dean. Je savais que je te faisais du mal et je ne pouvais rien faire du tout. Te rends-tu compte si je t’avais tué ?demanda-t-il en s’asseyant à son tour mais lentement, à cause de son épaule. Il est clair que je n’aurai pas pu vivre ainsi…
-Ecoute, Sam, répondit Dean, légèrement ému par la réaction de son frère. Le principal est qu’on soit là, tous les deux, bien en vie, voilà tout.
-Oui mais il n’empêche que je pourrais devenir comme ça, Dean et ça m’effraie qu’un jour, je puisse te tuer.
-Ca n’arrivera jamais, ne t’en fais pas, tu n’es pas de cette trempe-là, toi.
-Ouais, on verra…Et puis, c’est grâce à Seth, ou plutôt à Thesius qu’on s’en est sorti, remarqua Sam, reprenant ses esprits.
-C’est vrai mais quand même, j’ai des doutes sur lui. Il n’est vraiment pas net, je trouve ça louche.
-Je te dirai que moi aussi. Je sentais, quand Briadelia était en moi, qu’elle avait l’air de bien le connaître, je trouve ça vraiment étrange.
-Oui, il faudra qu’il nous explique sérieusement tout ça sans se défiler.
-Il ne le fera pas, dit soudain une voix féminine qui leur était étrangère. »

Alors ils virent apparaître devant eux, dans un magnifique halo de lumière blanche, une jeune fille assez mince, toute habillée de blanc nacré, avec des cheveux bruns mi-longs dégradés. Elle avait un visage empreint d’une douceur infinie et d’une sublime beauté, avec des yeux d’un bleu océan. Elle leur fit un sourire magnifique. Cette apparition cloua sur place les deux frères et ils en restèrent bouche bée. Dean aurait été presque tenté de s’agenouiller pour la première fois. Ce fut lui, après quelques minutes d’émerveillement, qui lui demanda :
« Mais qui es-tu ?
-Je suis ton véritable ange gardien, Dean.
-Comment ça ? Je serai vraiment aux anges et ravi de t’avoir effectivement comme ange gardien mais sans te vexer le moins du monde, répondit-il en choisissant bien ses mots, j’en ai déjà un.
-Oui, je sais que tu croies en avoir un. Mais tout le problème est là. Seth ou plutôt Thesius de son véritable nom, n’est plus un ange gardien depuis environ un siècle et demi.
-Quoi ?s’exclamèrent en même temps Dean et Sam, choqués et surpris.
-Je sais, ça surprend. Mais c’est un ange gardien déchu. Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire des anges gardiens mais il a trahi les nôtres et les miens l’ont châtié en le bannissant.
-Mais…mais, pourquoi a-t-il toujours des pouvoirs, alors ?demanda Dean.
-C’est un peu gênant à dire mais disons simplement qu’il devait perdre totalement ses pouvoirs et sa grâce mais malheureusement il a réussi à trouver une parade pour s’enfuir en gardant ses pouvoirs presqu’intacts.
-Presque ?demanda Sam.
-Oui, il a perdu deux pouvoirs essentiels aux anges gardiens : le don d’aller et venir entre la terre et le ciel ainsi que le don de guérir ses protégés. Il a pu garder ses autres pouvoirs, moins primordiaux mais assez dangereux quand même pour notre survie.
-Et comment se fait-il que vous ne l’ayez pas attrapé depuis un siècle et demi ?demanda Sam.
-Il se cache grâce à certaines formes démoniaques qu’il avait apprises. Aucun d’entre nous n’avait réussi à le repérer, jusqu’à hier soir, en tout cas.
-Hier soir ?interrogea Dean.
-Oui. Dès lors que Thesius était en présence de l’un de ses contacts démoniaques et en même temps d’un de ses protégés, il était facilement repérable car il mettait en péril un être humain et encore pire un ancien protégé, ce qu’il ne voulait pas que ça se produise bien sûr. On l’a manqué de peu mais l’essentiel est que j’ai réussi à vous repérer tous les deux car Thesius était capable de nous cacher votre localisation ; même en tant que ton ange gardien, Dean, j’étais incapable de te repérer pour te protéger, tu m’en vois désolée, dit-elle, le regard plein de tristesse.
-Mais comment peut-on croire que vous êtes vraiment l’ange gardien de Dean ?demanda Sam, suspicieux.
-Tu as parfaitement raison de demander, Sam et vous en aurez la preuve par vous-même.
-Quoi, en te regardant profondément dans les yeux ?demanda Dean, suspicieux lui aussi en se souvenant de leur expérience quand ils avaient rencontré Thesius.
-Oh non, ce genre de choses n’était qu’un leurre de sa part. Normalement, comme je vous l’ai dit, un ange gardien peut soigner ses protégés, et cela de n’importe quelle blessure. Vous deux êtes assez amochés suite à l’épreuve d’hier soir. Je vais me retirer et vous pourrez appeler Thesius pour lui demander des comptes et soigner vos blessures. Vous verrez bien s’il peut vous soigner ou non.
-Attends, dit alors Dean, un peu inquiet à l’idée de se retrouver face à un ange gardien déchu. Et s’il nous attaque ou nous fait du mal, tu seras où ?
-Ne t’inquiète pas, Dean, je serai assez prête pour intervenir mais pas trop pour être détectée par Thesius. A tout de suite mais un conseil : ne lui mettez pas trop vite la puce à l’oreille quand même. »
En leur souriant doucement, elle disparut, mais d’une manière très différente de Thesius, et cela en une étoile scintillante.

Les deux frères, interloqués, se regardèrent et surent aussitôt ce qu’ils devaient faire. Dean se concentra et l’instant d’après, Thesius apparut :
« C’est parfait. Vous avez bien fait de partir de cette ville, n’en parlons plus, leur dit-il.
-Mais comment se fait-il que vous connaissiez ce démon ?demanda Dean, mine de rien.
-Je ne la connais que de réputation, voilà tout. Elle voulait vous embrouiller en vous faisant croire que nous étions proches alors que je ne la connais pas du tout. Mais laissez ça de côté et reprenons ton entraînement, Dean, là où nous en étions.
-Quoi, c’est tout ?s’exclama Sam, choqué.
-Oui, c’est tout et ça ne te regarde en rien, Sam, tu n’es qu’un spectateur. Alors, Dean, assieds-toi sur cette chaise et reprenons.
-Arrêtez de traiter mon frère comme un chien ! s’indigna Dean., remercié du regard par Sam.
-Très bien, comme tu veux, répondit Thesius avec une légère moue.
-Et désolé mon vieux mais je me sens trop mal en point pour faire quoi ce soit, répondit soudain Dean, en montrant sa cheville et ouvrant à peine les yeux pour montrer sa fatigue mentale. Vous ne pouvez rien faire pour ça ?
-Moi ? Mais il est évident que je ne peux rien faire, répondit Thesius, agacé. Pourquoi le demandes-tu ?
-Ben, je pensais que les anges gardiens soignaient les autres, vous savez, comme dans cette série, Charmed, où les êtres de lumières guérissent leurs protégés. Vous devez l’avoir vu en même temps que moi, je pense ?
-Oui mais il n’en est rien dans la réalité, répondit Thesius, soudain très embarrassé et plus pâle qu’avant. Allez, remets-toi au travail, tu te reposeras après. »

Mais il fut interrompu par l’apparition du même halo de lumière qui était en forme d’étoile, laissant place à la jeune fille que les deux frères venaient de voir. Thesius fut complètement médusé en la voyant.
« Comment m’as-tu retrouvé ?demanda-t-il, cette fois sauvagement, le visage soudain plein de haine, changement qui convaincu les deux frères une fois pour toutes.
-Tu as laissé des traces non négligeables hier soir.
-Vraiment ? Mais tu es trop jeune et trop novice encore pour les avoir repérées toi-même, je suppose. Ca doit être un des aînés qui l’a fait, si bêtas soient-ils.
-Tu te trompes, Thesius. C’était à moi que revenait cette tâche. Tu vas devoir rendre des comptes à tes anciens supérieurs, répondit-elle calmement.
-Ca jamais !s’écria-t-il, furieux. Je ne te connais pas, tu es trop novice pour ça mais ne te dresse pas devant moi, petite, sinon tu le regretteras, comme tes prédécesseurs !
-Je sais ce que je dois faire, merci. Tu sais où on se retrouvera. »
Et Thesius, avant qu’elle n’ait fini sa phrase, disparut, cette fois en une rafale de vent.

Dean et Sam restèrent vivement choqués d’avoir été trompés par un ange déchu. Ne sachant plus vraiment ni que faire ni que dire, ils se contentèrent de regarder la jeune fille. Dean, après l’avoir regardée sous toutes les coutures, lui demanda avec un sourire ravageur :
« Et dis-moi, aurais-tu un nom ?
-Oui, bien sûr. Je me nomme Julia. Mais s’il-te-plaît, Dean, lui dit-elle en souriant mais également en rougissant légèrement, arrête de me regarder comme si tu voulais me séduire. Je suis ton ange gardien, ne l’oublie pas et non une humaine.
-Ah euh…oui, répondit Dean, un peu ennuyé par ce point précis.
-Alors comme ça, tu es une novice dans le métier ?demanda Sam, étonné.
-Oui, en effet, ça peu de temps que je suis un ange gardien.
-Comment ça se fait ?demanda Dean, à son tour. Je pensais que les anges étaient là depuis toujours.
-Pour les anges, oui mais les anges gardiens sont recrutés différemment. Ce sont des êtres humains qui, à leur mort, se voient offrir de devenir ange gardien car ainsi ils peuvent mieux, que les anges qui sont des êtres désincarnés, comprendre totalement leurs protégés et en être plus proches, ce qui est essentiel.
-Donc, tu es décédée récemment ?demanda Dean presque dans un murmure.
-Oui, il y a seulement deux ans. »
Un silence embarrassé s’installa entre les deux frères et Julia. Sam voulut rompre le silence en parlant d’autre chose :
« Et dis-moi, Julia, est-ce que j’ai aussi un ange gardien, moi ?
-Quoi, tu es jaloux ?demanda Dean, avec un léger sourire.
-Non, je veux savoir, voilà tout.
-Oui, Sam, tu en as bien un. Tu ne la voies pas car elle a beaucoup d’affaires en cours en ce moment avec d’autres protégés.
-C’est une femme aussi ?demanda Sam, avec un léger sourire.
-Oui, bien sûr car depuis peu, les anges gardiens sont de l’autre sexe de leur protégé. Mais étant très occupée et ne pouvant venir te voir et même te protéger comme il le faut, j’ai été chargée de vous protéger tous les deux provisoirement, le temps qu’elle se libère. D’autres questions ?
-Oh oui, on en a tellement qu’on ne sait pas par quel bout commencer !s’exclama Dean, encore perturbé.
-Bon, déjà, entama Sam, qu’est-ce qui est vrai dans ce que nous a dit Thesius ? Et représente-t-il une véritable menace pour nous ? Pourquoi faisait-il semblant d’être l’ange gardien de Dean ?
-Tu sais, Sam, là, ça fait trois questions très vastes en même temps, répondit Julia, un peu perdue. Mais je vais déjà répondre à ta dernière question. Thesius faisait semblant d’être le protecteur de Dean car en fait, il devait être ton ange gardien, Dean avant qu’il ne soit châtié.
-Quoi, tu veux dire il y a un siècle et demi ?s’étonna Dean.
-Oui, les naissances sont prévues et Thesius était attaché à votre famille depuis très longtemps et était chargé à chaque fois de la protection de l’aîné des Winchesters. Il était d’ailleurs très fier de ces protections car il considérait que la famille Winchester avait beaucoup de charisme, ce que je ne saurai nier.
-Pourtant il me traitait avec pas mal de négligence, répondit Sam.
-Oui, parce que ses préférés et anciens protégés étaient les aînés, et toi étant le cadet, il ne te voyait que comme la dernière roue du carrosse, si je puis dire. Il te voit comme très utile mais ayant une importance mineure.
-Et maintenant, c’est fini, on ne le verra plus, j’espère ?demanda Dean.
-Non, normalement, ça devrait aller, répondit-elle avec un léger tremblement que les deux frères, plongés dans leurs pensées, ne remarquèrent pas. Mais pour ce qui est du danger qu’il représenterait, maintenant qu’on sait à peu près où il est, tout devrait bien se passer pour vous deux.
-Mais attends, remarqua Dean, pourquoi a-t-il dit que tu regretteras d’être en travers de sa route comme tes prédécesseurs ?
-En fait…répondit Julia en baissant les yeux, quand Thesius a été banni, il avait bien fallu le remplacer et donner un nouvel ange gardien à tous ses anciens protégés. Personne ne s’inquiéta au départ mais au bout de quelques mois de protection, le remplaçant de Thesius fut tué par celui-ci. Ce qu’on ignorait est que Thesius avait maudit sa place et réussissait à retrouver tous ses remplaçants. Il en fut de même pour ses remplaçants suivants, à des mois ou des années d’intervalle, ça dépendait.
-La place est maudite en résumé ?s’inquiéta Dean. Et toi, alors ?
-Moi, ma prochaine action va être de l’affronter, comme tous mes prédécesseurs. Je ferai bien sûr tout pour l’empêcher de nuire à nouveau mais Thesius est très réputé pour avoir toujours remporté tous ses combats : depuis un siècle et demi, contre les anges gardiens et auparavant, contre les démons.
-Mais tu vas à la mort, alors !s’exclama Sam.
-Non, tu n’iras pas, dit alors Dean. En tant que protégé, je t’interdis d’y aller.
-Ce n’est pas à toi de fixer les règles, Dean mais merci à vous deux de vous inquiéter autant. Tous mes prédécesseurs l’ont affronté avec honneur et courage et je vais faire de même. Je ne peux y échapper.
-Alors on vient avec toi, on te défendra !s’exclama Dean en se levant à moitié. Mais sa cheville enflée le fit retomber lourdement sur le lit.
-C’est adorable de dire ça mais non, tu ne peux pas. Ca se passe dans un lieu inter-dimensionnel pour qu’il n’y ait aucune aide ni divine ni démoniaque. Mais avant de partir, je vais quand même faire ma dernière bonne action. »
Julia se pencha alors, tendit sa main droite et toucha la cheville de Dean. Avec sa main gauche, elle toucha le front de Dean également. Au bout de quelques secondes seulement, Dean sentit une merveilleuse chaleur se répandre dans sa tête et dans son pied, c’était une sensation merveilleuse tellement il se sentait bien. Quand Julia ôta ses mains, Dean remarqua que sa cheville avait complètement désenflé, qu’il pouvait marcher normalement mais aussi qu’il n’avait plus un seul petit mal de tête, ce qui ne lui était pas arrivé depuis son coma. Ensuite Julia s’approcha de Sam et toucha de sa main droite, son épaule blessée. Il y eut le même phénomène : Sam sentit une merveilleuse chaleur se répandre dans son épaule et un peu dans son torse et la douleur disparut aussitôt.
« Voilà, dit-elle en se relevant, souriante, vous n’avez plus aucun mal direct d’hier soir.
-Merci beaucoup, Julia, dit alors Dean.
-Oui, merci, dit également Sam.
- J’espère que ma remplaçante saura bien vous protéger tous les deux, sourit Julia tristement.
-Non, Julia, on ne veut que toi comme ange gardien, personne d’autre, assura Dean sérieusement. Fais seulement attention à toi et reviens-nous vite, finit-il des larmes dans les yeux.
-Oui, on t’attendra, dit Sam, ému également.
-C’est gentil de votre part, merci. Que Dieu veille sur vous. »
Puis elle disparut, comme avant, en une étoile scintillante.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:33

Chapitre 9 : Combat inter-dimensionnel


Julia arriva dans l’espace qui devait servir au duel entre elle et Thesius. C’était un espace étrange, se trouvant entre deux dimensions : il était entièrement gris afin de rester neutre entre le bien et le mal. Il n’y avait ni de sol visible, même si Julia marchait sur quelque chose, ni de ciel ni de délimitations : c’était un espace on ne peut plus vaste avec aucun horizon. Quand Julia arriva, elle constata qu’elle n’était pas la première. Thesius était déjà là à l’attendre tranquillement, un regard menaçant et dévorateur en même temps. Malgré ses craintes, Julia s’avança vers lui en ne laissant transparaître aucune émotion :

« Il était temps, j’ai failli attendre, lui dit Thesius.
-Très bien, alors puisque tu es si pressé, commençons.
-Ah non, attends deux petites secondes. J’aimerais savoir si tu as déjà fait ce genre de combat ?
-Pourquoi aurait-ce une quelconque importance ?demanda Julia, prise soudain de sueurs froides.
-Oh mais j’aimerais seulement savoir si j’ai 100% de chances de gagner ou seulement 99%, voilà tout.
-Je n’ai rien à te révéler, Thesius.
-Alors, c’est ta première fois ?conclut-il facilement. Je n’ai jamais combattu une aussi jeune novice jusqu’à présent. Ca va être rapide.
-Arrête de croire toujours que tu es le plus fort à ce jeu-là car ça ne veut rien dire du tout.
-Ce qui m’étonne est que les aînés aient envoyé dans l’arène un de leurs novices : ils devaient sûrement en avoir assez de perdre de précieux éléments, rigola-t-il. Désolée, petite, mais on t’a prise en bouche-trou.
-Je ne suis pas si novice que ça, je te signale, j’ai fait mes preuves. Je suis peut-être assez inexpérimentée dans le domaine combattif mais cesse de me traiter de novice ou de padawan , même si j’aurai adoré endosser un jour ce dernier. Je me nomme Julia, si tu veux m’appeler par un dénominatif.
-Très bien, jeune Julia, dit-il en insistant sur l’adjectif. Mais dis-toi que dès que je t’aurai vaincue, je me ferai une joie d’aller auprès de Dean et de Sam Winchester pour faire ce que j’avais prévu avec eux, sourit-il. Car à chaque fois les remplaçants ne sont pas attribués assez rapidement et je les prends de vitesse très facilement.
-Tu ne toucheras pas à un seul cheveu des frères Winchesters, ça, tu as ma promesse, dit Julia en se montant légèrement. J’exerce ma protection bien mieux que tu ne le croies.
-Oui, c’est certain, répondit Thesius d’une voix traînante.
-En tout cas, je l’exerce bien mieux que toi, n’est-ce pas ? Je me demande comment tu as pu faire pour être aussi odieux.
-Ah, tu trouves ? Et que t’a-t-on raconté justement sur ma soi-disant trahison ? Car franchement, je ne vois pas ce que j’ai fait de mal.
-On m’a dit que tu avais vendu l’un de tes protégés à un démon et cela…sans la moindre hésitation et le moindre regret. Ensuite tu as regardé ce démon torturer et dépecer ce pauvre homme et tout cela en souriant…dit-elle des larmes aux yeux. C’est horrible, comment peux-tu vivre encore aujourd’hui en ayant cette culpabilité au fond de toi ?
-De la culpabilité ? Mais pas du tout, ma petite. Ce démon voulait quelque chose et je lui ai facilité la tâche, fin de l’histoire.
-Et en échange de quoi ?demanda-t-elle, dégoûtée.
-D’argent et d’or, bien sûr. C’est un bien essentiel de nos jours et j’ai tellement regretté dans notre misérable vie d’ange gardien qu’on n’ait aucun bien matériel que j’ai eu envie d’en avoir mais en conséquence quand même : je ne me serai pas contentée d’une pièce ou deux.
-De l’argent contre la vie d’un de tes protégés ? Seigneur, je ne te pensais pas aussi horrible et terre à terre.
-Mais tu verras qu’avec le temps, toi aussi, ça te manquera, assura-t-il. On peut faire affaire, si tu veux. Une jeune fille comme toi a souvent plein de rêves en tête et aimerait beaucoup de vêtements, de bijoux, etc. Je peux te fournir tout ça si tu m’aides.
-Arrête, je crois que tu vas me faire vomir avec cette proposition odieuse. Nous sommes faits pour protéger et secourir ceux qu’on nous a confiés et ne jamais penser à notre propre bien-être, c’est notre mission, je te le rappelle.
-Oh, toi, tu as du lire le petit manuel du parfait ange gardien, je me trompe ?
-Non, pas du tout. On m’a certifié que je n’en aurai pas besoin. On m’a juste formé, voilà tout.
-Tu es plus pure que je ne me l’imaginais, alors, c’est étonnant que tu veilles sur un type comme Dean Winchester.
-Dean est tout à fait ce qu’il y a de plus sympathique, de plus cordial et on ne peut plus séd…se monta-t-elle en rougissant légèrement et en ne finissant pas sa phrase.
-Alors un conseil, ne t’attache pas trop à tes “protégés”, jolie jeune fille sinon tu en seras forcément déçue, un jour, c’est obligé. De toute façon, pourquoi te prodiguer ce conseil maintenant que je vais te tuer ? Car refusant ma très honnête proposition, tu signes ton arrêt de mort, petite.
-Très bien, commençons, dit Julia en se concentrant.
-Mais on a déjà commencé… »

Et en effet, Thesius avait commencé à l’attaquer lâchement dès la fin de leur conversation alors que Julia n’était pas prête. Elle sentit un violent mal de tête qui semblait vouloir augmenter à grande vitesse. Elle se concentra alors, tandis que Thesius, très habitué à ces combats, se contentait de la regarder fixement. Elle reçut alors une deuxième décharge : elle avait l’impression que sa tête allait se fendre en deux, tellement elle avait mal. Gardant son calme sur la situation qui s’annonçait très mal puisqu’elle n’avait pas encore réussi à lui donner aucun coup, elle recommença à se concentrer pour lui asséner des coups mentaux. Thesius ne pensait pas qu’elle réussirait à l’atteindre, qu’elle n’en aurait pas la force mais il la sous-estima et reçut également un coup mental occasionnant un mal de tête. Devenant hargneux, il contre-attaqua et lui asséna un coup beaucoup plus violent, la faisant tomber à terre de douleur. Julia avait l’impression que sa tête allait exploser tellement elle souffrait. Elle ne parvenait plus à ouvrir les yeux à tel point ils la lançaient. Tous les millimètres carrés de son visage et de son esprit la faisaient souffrir et elle avait la sensation que des milliards de petites aiguilles rentraient jusqu’au plus profond d’elle-même. Elle se rendit compte également qu’elle saignait du nez et des oreilles. Thesius sourit, voyant que le combat n’allait pas tarder à se terminer. Il s’approcha d’elle :

« Tu vois qu’il ne sert à rien de ne me combattre, Julia. Tu es trop faible et je suis beaucoup plus fort que toi, tu aurais du le deviner. Alors tu peux l’admettre maintenant.
-C’est vrai, Thesius, tu es plus fort et expérimenté que moi, c’est certain mais ça ne fait pas tout, tu sais.
-Ah non ?se moqua-t-il, incrédule. Pourtant tu es à terre et prête à mourir. Je ne vois pas comment tu t’en sortirais.
-L’espoir, tu connais ? Je combattrai jusqu’au bout, Thesius. Jamais je n’abandonnerai, non, jamais.
-C’est courageux de ta part mais inutile, tu souffriras encore davantage.
-Peut-être mais je ne cesserai jamais d’aimer et de protéger ceux qui dépendent de moi, non jamais. C’est la chose la plus importante et belle qui existe, pour moi en ce monde. »
Soudain, à ce moment précis, Julia sentit une douce chaleur se répandre en elle et lui redonner tellement de force qu’elle put se relever en un seul instant. Thesius ne s’était pas du tout attendu à ce revirement de situation et resta étonné, à la regarder. Julia profita pleinement de ce seul instant d’étonnement et lui asséna mentalement un très grand coup qui le mit à terre à son tour. Ne se retenant pas, comme l’avait fait Julia, Thesius se prit la tête entre les mains et gémit de douleur. Il parvint à balbutier :
« Mais comment,…comment as-tu fait ?
-Je ne sais pas mais tu devrais le savoir mieux que moi, toi qui es si doué. Je pense simplement que l’amour de mes protégés m’a transcendé et ça m’a redonné toute la force dont j’avais besoin, ce que tu es incapable de comprendre, bien sûr. Adieu Thesius et ne reviens jamais. »
Alors Julia dut, bien malgré elle, lui donner le coup de grâce : après avoir hésité un instant, elle se concentra de nouveau, bien plus intensément qu’au début du duel, et le tua d’un coup. Sous cette force, l’esprit et donc le corps de Thesius se pulvérisa et disparut.
Julia était choquée de cette mort et même si elle avait fait ce pourquoi elle était venue, elle culpabilisa car elle n’avait jamais tué personne. Elle versa quelques larmes et rejoignit le monde qu’elle connaissait.


Pendant ces deux heures d’absence, Dean n’avait pas cessé d’arpenter la chambre de motel au point qu’il donnait le tournis à Sam. Celui-ci lui avait demandé de s’arrêter mais Dean, après cinq minutes de pause, était reparti de plus belle à travers la pièce. Sam lui avait proposé d’aller faire un tour en voiture pour se défouler mais Dean ne voulait surtout pas s’éloigner au cas où elle reviendrait. Son inquiétude était tellement palpable dans la pièce qu’elle avait finir par contaminer Sam qui, après avoir été sur son ordinateur, ne cessait de fixer le mur en face de lui.
« Ca ne devrait pas être aussi long, dit alors Dean. Il s’est forcément passé quelque chose de grave. J’aurais dû aller avec elle.
-Dean, tu dois prendre en compte trois choses. D’abord on ne sait pas où ça se passe : là-bas le temps peut être différent d’ici et passer plus rapidement. Ensuite, il te serait impossible d’y aller puisque ton pouvoir ne fonctionne qu’avec des lieux connus. Et enfin, sans te décourager, Julia nous a dit que Thesius a battu tous ses précédents adversaires. J’ai bien peur qu’avec un ange gardien aussi fragile et inexpérimentée que Julia, on n’ait pas beaucoup d’espoir…
-Non, ne dis pas ça, Sam !s’exclama Dean, affolé. Elle doit revenir, c’est obligé…
-Arrête, plaisanta Sam, ne me dis pas que tu es tombé amoureux de ton ange gardien, tout de même ?
-…
-Si ?s’exclama Sam à son tour. Désolé de te dire ça mais tu n’as aucun espoir de ce côté-là.
-Ok, je le sais, merci de me le rappeler, répondit Dean, mécontent. »
Puis Dean s’enferma dans un silence boudeur et déçu malgré lui. Sam était vraiment ennuyé d’avoir causé de la peine à son frère aîné mais il ne voulait pas le voir souffrir en s’imaginant de faux espoirs.

Enfin, alors que Dean commençait à fatiguer de marcher et qu’il allait s’asseoir, les deux frères virent apparaître Julia dans son halo lumineux habituel. Ils remarquèrent aussitôt qu’elle avait le teint très pâle et presque maladif, si elle avait été humaine.
« Salut, les garçons. Vous allez bien depuis tout à l’heure ?demanda-t-elle d’un ton naturel.
-Ce n’est pas vraiment à toi de demander ça, remarqua Sam en souriant.
-Alors, ça y est, tu as réussi à le vaincre ?demanda Dean entre la joie et l’espoir.
-Oui, tout est fini. Thesius ne viendra plus jamais vous ennuyer.
-Comment as-tu fait ?demanda Sam, surpris.
-C’est bizarre, Thesius m’a posé la même question juste avant que…dit Julia mais elle ne finit pas, prise d’une légère rougeur.
-Ca va aller, toi ?s’inquiéta Dean.
-Oui, ça ira, merci.
-Mais c’est vrai, Julia : comment as-tu réussi à le vaincre ?demanda Dean à son tour.
-Eh bien, avant de revenir ici, j’ai fait un crochet par là-haut et les Anciens m’ont dit qu’en fait mes huit prédécesseurs n’avaient pas cherché à la fin du duel à veiller coûte que coûte sur leurs protégés au dépens de leur vie et ayant exprimé cela alors que Thesius voulait m’achever, cette volonté de protection m’a sauvée. Ca m’a littéralement transcendé et donné une force que je croyais impossible de trouver en moi. Thesius était incapable de comprendre un tel amour et c’est ça qui l’a perdu.
-Mais tu aimes tes protégés plus ou moins, je pense, non ?demanda Dean malicieusement.
-Que veux-tu dire par là ?demanda Julia, ne comprenant pas où il voulait en venir.
-Ce n’est pas grave, rougit Dean. Alors…j’espère que tes patrons t’ont félicitée, au moins ?
-Ca ne marche pas vraiment comme ça, Dean. Disons simplement qu’ils sont satisfaits.
-Quoi ?dit Sam également. Ils ne t’ont même pas remercié ou quelque chose comme ça ?
-Non mais ils sont fiers de moi et ça me va très bien, dit-elle, un peu tristement quand même.
-Si je pouvais les avoir en face de moi, je leur botterai les fesses, tiens, marmonna Dean. »

Cette parole choqua Sam mais fit sourire légèrement Julia. Au même moment, Julia, qui ne se sentait pas très bien, chancela un peu. Dean se précipita vers elle pour la retenir mais Julia lui fit signe de la main que ça allait :
« Merci, Dean, c’est gentil. Mais j’aurais simplement besoin d’un service. Ce combat m’a épuisée comme je n’aurai jamais cru. Pourrais-je emprunter l’un de vos lits pour me reposer un petit moment ?
-Prends le mien !s’exclamèrent Dean et Sam d’une seule voix.
-Un seul me suffira, sourit Julia, en voyant leur empressement.
-Prends le mien, dit Sam, car celui de Dean est trop mal fait pour toi.
-Comment ça, trop mal fait ?s’indigna Dean. Et en deux secondes, il refit son lit à une vitesse qu’il ne l’avait jamais fait. Voilà, ils sont pareils.
-Sans choisir personne, je vais seulement prendre le plus proche, voilà tout, dit Julia en montrant celui de Dean.
-On va te laisser tranquille en allant faire un tour, lui assura Dean, tout souriant.
-Pas la peine. Je pourrai me reposer tout aussi bien avec une fanfare à côté de moi. Ne vous gênez pas et restez. »
Mais à peine avait-elle fini ces mots, que Julia chancela de nouveau et s’évanouit de faiblesse. Dean, qui était à côté, la rattrapa à temps et la prit dans ses bras pour la déposer aussitôt sur son lit.
« C’est dingue, Sam, dit-il, alors qu’il l’avait délicatement installée sur le lit.
-Quoi ?s’étonna son frère en voyant l’étonnement de Dean.
-C’est vraiment un ange pour peser si peu lourd. J’avais réellement l’impression de ne rien porter dans les bras, elle est tellement légère que c’est difficile à croire tant qu’on n’a pas vérifié.
-Et alors, comment c’était ?
-La toucher est une sensation merveilleuse et en même temps on a l’impression de toucher à quelque chose de sacré, d’interdit. Ca fait vraiment bizarre.
-Ca doit être pour dissuader leurs protégés, par exemple, de tomber amoureux d’eux, tu ne crois pas ?dit Sam en souriant.
-Arrête de me charrier avec ça, tu veux bien ?demanda Dean, agacé. Je culpabilise assez comme ça. Tu lui donnerais quelque âge, toi ?
-Tu es vraiment curieux dans ton genre, tu sais.
-Je me demande seulement quel âge elle peut avoir, voilà tout, s’impatienta Dean.
-Je ne sais pas, peut-être dans les vingt ans. Elle doit sûrement être restée comme ça depuis son décès. Mais c’est difficile de lui donner un âge.
-Oui, je suis d’accord, se mit à chuchoter Dean. Elle fait très jeune et en même temps très sage. Ca fait comme les elfes dans Le Seigneur des Anneaux.
-Quoi, tu as lu Le Seigneur des Anneaux ?s’étonna Sam, interloqué en pensant à la longueur de l’œuvre.
-Non mais j’ai vu les films, c’était plus rapide.
-Je comprends mieux.
-Je me demande comment elle va s’y prendre avec moi, si ça va être très différent de Thesius, au niveau de la méthode, s’interrogea Dean.
-Oui, moi aussi. C’est là qu’on verra comment elle travaille vraiment.
-Pour l’instant, arrêtons de parler et laissons-la se reposer tranquillement. Dis, je peux t’emprunter ton lit, je suis crevé ?demanda Dean, avec un sourire en coin.
-Si tu veux, j’ai à faire des recherches sur le démon Briadelia sur internet.
-Tu cherches encore des trucs sur elle ? Tu n’as pas peur, dis donc.
-Avoir été possédé par elle m’a donné quelques infos, je t’en parlerai après. »
Dean alla donc s’allonger sur le lit de son frère et, fatigué de s’être autant inquiété pour Julia, s’endormit la seconde d’après.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:35

Chapitre 10 : Action et réactions


Environ deux heures après, alors que Sam pianotait sur son ordinateur en essayant de garder les yeux ouverts et que Dean dormait profondément, Julia se réveilla tout en douceur et se leva d’un seul bond. Elle regarda Dean dormir et sourit tendrement en le voyant si paisible et serein : ça la touchait de pouvoir le contempler dans un sommeil si réparateur. Malgré elle, elle s’arracha à cette vue qui lui faisait du bien, sachant qu’elle ne devait pas faire ce genre de choses, puis elle se tourna vers son protégé provisoire. Sam ne l’entendit même pas approcher tellement elle était légère et ne semblait pas toucher le sol.
« Ca va comme tu veux, Sam ?lui demanda-t-elle à voix basse, faisant quand même sursauter Sam qui mit aussitôt la main sur son revolver.
-Ah…euh, oui…excuse-moi, Julia, dit-il en souriant en la voyant regarder son geste brusque.
-Ce n’est rien, voyons et tu as raison d’avoir cette vive réaction. On ne sait jamais ce qui peut arriver : la prudence s’impose à tout instant, finit-elle, le visage empreint d’une soudaine tristesse.
-Oui…tout à fait, dit Sam mais il s’inquiéta en la voyant légèrement pâlir. Ca va aller ?
-Bien sûr, assura Julia en se reprenant. Tu as trouvé des informations alors sur Briadelia ?
-Oui mais j’ai encore…Mais attends, je ne t’avais pas dit que j’effectuais des recherches sur ce démon.
-Non mais j’ai entendu votre conversation entre toi et Dean, désolée. En tant qu’ange gardien, j’ai une ouïe extrêmement fine et c’est un peu gênant malheureusement dans certains cas et je ne peux rien y faire.
-Tu n’as pas à te justifier, tu sais, répondit-il, un peu ennuyé qu’elle ait entendu les propos de Dean sur elle. Mais je pensais en plus que tu m’empêcherais de continuer des recherches sur ce démon.
-Oh mais non, tu fais comme tu veux, Sam. Il est normal que Thesius voulait vous en empêcher puisqu’il était de partie avec elle.
-Et tu sais ce qu’il faisait avec elle ?demanda soudain Dean qui venait de se réveiller et qui la regardait avec un beau sourire.
-Oh, tu sais, Thesius avait beaucoup de contacts démoniaques, encore plus depuis un siècle et demi.
-Alors tu ne dis rien sur le fait qu’on enquête sur ce démon et que je n’accomplisse pas ma mission dans l’immédiat ?demanda Dean, incrédule.
-Sachez tous les deux que je suis très différente de Thesius qui était un ange gardien déchu. Je vous laisse faire ce dont vous avez envie, dans les limites du raisonnable bien sûr. Mais si on reparle de ta mission plus tard, Dean, ce sera plus tard, voilà tout. J’aime privilégier le libre-arbitre.
-Mais je croyais, dit Sam, que là-haut, on ne croyait qu’au destin et non au libre-arbitre.
-Je crois au destin, effectivement mais seulement dans une certaine mesure. J’aime à croire qu’on peut être libre de nos choix et qu’on n’a pas une route toute tracée, sinon la vie serait sans saveur.
-Je crois que je t’aime de plus en plus, toi, dit alors Dean en la regardant, étonné.
-Bon, allez-y, rougit légèrement Julia, faites votre enquête. Elle devrait être plus simple maintenant que Thesius n’est plus là. Je reviendrai quand vous aurez fini.
-Quoi, tu ne restes pas ?s’étonna Dean, en prenant un air malheureux.
-Non, désolée, Dean mais cela ne me concerne pas et j’ai d’autres protégés qui ont besoin de moi.
-Mais non, j’ai vraiment besoin de toi, là, assura Dean. Tu sais, je me sens vraiment…déprimé. Et j’aurai besoin de mon ange gardien pour me remonter le moral !
-C’est ça, sourit Julia en regardant Sam qui souriait légèrement aussi. Franchement, Dean, sache que je saurai si tu étais déprimé beaucoup mieux que toi car je le ressentirai aussi et cela, à un niveau vingt fois supérieur à toi. Car je ressens que ce qui peut te nuire ou te mettre en danger.
-Alors, ton radar doit être brouillé, continua Dean, ne désespérant pas.
-Oh c’est vrai, j’ai oublié de mettre l’antenne, c’est bête, répondit-elle en plaisantant.
-Apparemment c’est vrai que les anges gardiens détiennent un trait de caractère de leur protégé, murmura Dean, faisant sourire légèrement Julia.
-Mais tu n’aurais pas des infos à nous donner qui nous seraient utiles ?demanda Sam, espérant aider son frère.
-Non, désolée, je ne dois pas vous aider en-dehors de la mission de Dean. A bientôt et faites attention à vous deux car ce démon reste quand même un gros morceau. Je viendrai en cas de besoin et si je n’accours pas, appelez-moi. »
Et en leur souriant à tous deux, Julia disparut.

Dean regarda son frère, un sourire en coin :
« Tu sais, je suis persuadé que je lui plais, c’est évident.
-Dean, les anges gardiens ne peuvent pas être amoureux et encore moins de leurs propres protégés. C’est interdit là-haut.
-Alors dis-moi pourquoi ils attribuent un ange gardien femme à un protégé homme et réciproquement ? Ils devraient savoir qu’il y a tentation, tout de même ou alors ils en font exprès.
-Eh bien, les anges gardiens sont censés ne pas céder à la tentation, je pense. Mais parlons de notre affaire maintenant, c’est plus important.
-C’est toi qui le dis, marmonna Dean, mécontent. Alors, qu’as-tu vu en cette démon ? Plein d’envie et de méchanceté, ça ce serait normal.
-J’y ai vu plusieurs choses alors qu’elle discutait avec Thesius. Elle n’était pas autant sur ses gardes à ce moment. J’ai entrevu plusieurs images : l’une d’elles montrait un étrange symbole en forme de triangle avec un cercle tracé à l’intérieur et un autre flash montrait le chiffre 88.
-Et alors ?interrogea Dean, boudeur. Que veux-tu qu’on fasse avec si peu de choses, voyons ? On ferait mieux d’abandonner cette stupide affaire et d’appeler Julia pour ma mission, ce serait plus intéressant.
-Arrête ta comédie et de penser sans arrêt à Julia, s’il-te-plaît. Je croyais que tu ne voulais pas entendre parler de ta mission, d’abord.
-Oui, enfin, depuis que c’est Julia qui m’en parle, ça va tout seul, sourit-il béatement.
-Je crois pourtant me souvenir qu’hier encore, c’était mon grand frère qui allait faire un carton avec le démon avec qui on avait parlé, non ? Tu n’as pas envie de l’envoyer direct en enfer avec tout ce qu’elle nous a fait voir ?demanda Sam, énervé.
-Oui, dit alors Dean en repensant à la veille, tu as entièrement raison. Maintenant que je me souviens de ce qu’elle nous a fait subir, je veux la tuer, c’est vrai…Bon…tu as une piste déjà pour le numéro 88 ?
-Au début, non, sourit Sam, content de retrouver vraiment son frère. Je pensais à un appartement. J’ai cherché tous les immeubles d’au moins huit étages mais il n’y en a aucun dans cette ville, ils sont maximum de sept étages. Ensuite j’ai pensé au numéro d’une rue mais les quatre adresses que j’ai trouvées ne correspondent à rien de précis, soit des terrains vagues ou alors des maisons abandonnées.
-Et alors, elle peut se planquer dans l’une de ces maisons !s’exclama Dean, surpris.
-Non, je ne pense pas, Dean. Quand ce chiffre lui a traversé l’esprit, ça ne correspondait pas vraiment à une planque mais plutôt à un plan qu’elle allait mettre en œuvre. Je sais… continua-t-il en voyant Dean essayer d’objecter autre chose, elle pourrait faire quelque chose de précis là-bas mais personnellement je pense que elle va avoir affaire plutôt à des personnes normales et non à d’autres forces occultes.
-Alors au lieu de me dire toutes les étapes, tu penses à quoi précisément ?
-Mais je ne sais pas vraiment. Il est possible qu’elle veuille s’en prendre à des personnes mais pourquoi le chiffre 88 ?
-Peut-être que c’est le nombre de personnes auxquelles elle veut s’en prendre, proposa Dean.
-Attends, tu es cinglé, dit Sam. Te rends-tu compte que ça ferait soit 88 personnes possédées soit 88 victimes ?
-Pourquoi pas. Il y a peut-être un genre d’établissement où résident pas mal de personnes avec un point commun. As-tu trouvé de grand bâtiment pouvant accueillir au moins 88 personnes ?
-Attends, dit-il en regardant très vite sur son ordinateur. Il y a bien une école primaire mais il n’y a que trois classes de vingt élèves chaque, ce n’est pas assez. Mais…il y a aussi un hospice pour personnes âgées.
-Oui, et alors ?s’intéressa Dean. Combien sont-ils ?
-Ce site est mis à jour chaque mois et depuis pas mal de temps, il y a cent dix personnes mais ils comptent dans le lot vingt-deux personnes dans le service personnel, ce qui fait…
-88 pensionnaires, bien sûr, termina Dean, surpris.
-Mais pourquoi ce démon voudrait-elle s’en prendre à des personnes impotentes, voyons ?
-L’innocence, murmura Dean en réfléchissant aux paroles de la veille du démon.
-Mais oui…conclut Sam, qui fouilla dans ses papiers. Regarde. On a eu l’attaque sur les trois enfants, ensuite celle sur la jeune fiancée et j’en avais loupé une : il y avait eu une attaque sur une vieille personne invalide, attaque qui est davantage tombée dans l’oubli.
-Tu crois que ça ferait un cycle entre les différents âges de la vie : enfance, âge adulte et vieillesse ?
-Oui, je pense, répondit Sam en lui montrant ce qu’il avait tracé sur une feuille. Peut-être que les trois côtés de ce triangle représentent les trois phases que tu viens de nommer.
-Mais pourquoi ce cercle ?
-Je ne sais pas mais peut-être indique-t-il la continuité, je n’en sais rien.
-Oui et le chiffre 88 est lui-même infini dans son dessin. En tuant ces vieillards, elle bouclerait la boucle.
-Dean, je pense tout simplement que ce démon veut tuer tout ce qui est innocent ou le représente dans cette ville et elle voudrait peut-être étendre ça alentour, de plus en plus loin. Ces trois phases sont presque caractéristiques d’un sacrifice.
-Et même si on l’arrête à temps, comment fait-on pour l’envoyer au diable ?s’interrogea Dean.
-Bonne question… »
Ils se turent alors et cherchèrent un moyen pour tuer ce démon mais ils devaient le faire rapidement, car ils se doutaient que le démon agirait dès le lendemain, jour d’éclipse solaire. Pendant que Dean avait pris le relai sur l’ordinateur de son frère, Sam, exténué, alla se reposer sur son lit.


Au bout de plusieurs heures, Dean s’effondra sur son lit de fatigue et vit que Sam semblait n’avoir pratiquement pas dormi et était en train de réfléchir :
« Bon, c’est officiel, tout cela m’énerve vraiment. Je ne vois vraiment pas comment tuer ce p***** de démon ! En plus, on ne saura même pas quelle personne elle possédera, ça peut être n’importe qui, homme ou femme… Et toi, une piste ?
-Non, répondit Sam en réfléchissant. Mais je viens de penser à quelque chose d’intéressant.
-Ah oui ? Et peux-tu faire l’honneur de partager cette idée avec ton charmant grand frère ?
-Puisqu’on n’a pas d’armes en notre possession susceptible de lui faire quelque chose, tu pourrais peut-être y remédier.
-Tu pourrais décrypter pour ton idiot de frère ?
-Eh bien, tu pourrais faire apparaître ce dont on a besoin.
-Très bien, Einstein, sourit Dean, moqueur. Alors considérons deux choses : primo, je ne contrôle pas encore du tout mon soi-disant pouvoir et secundo, que veux-tu faire apparaître si on ignore comment la tuer ?
-Eh bien, j’ai pensé que ce démon, détestant toutes les personnes innocentes, doit détester également la substance la plus innocente, selon moi : le lait.
-Pardon ?s’étonna Dean en écarquillant les yeux. Du lait ? Mais tu dérailles !
-Eh bien, ce n’est pas si idiot que tu ne le croies, continua Sam sérieusement. Le lait est donné aux nourrissons et c’est ce qui les aide à se développer. C’est également bien sûr la substance donnée par la mère à son bébé et l’amour maternel est sacré. Et j’ai entendu très souvent qu’on donnait du lait aux personnes âgées car c’est ce qui passe le mieux pour eux. C’est un symbole de pureté dans toutes les cultures.
-Ok mais je ne vois toujours pas pourquoi je ferai apparaître du lait alors qu’on peut en acheter au magasin du coin ?
-En fait…hésita Sam, sachant déjà ce qu’allait répondre son frère. Tu vas devoir faire apparaître du lait provenant de la maison de chacune des trois victimes.
-Tu…mais Dean ne put finir, tellement il ne comprenait pas comment son frère pouvait lui demander une chose pareille.
-Je sais que tu penses que tu ne peux faire apparaître que des choses que tu as vues mais je crois que tu limites ton pouvoir, Dean.
-Désolé, mon vieux, mais ce n’est pas toi qui a ce pouvoir en toi, je sais mieux que toi comment il fonctionne !
-Je ne crois pas, non. Tu ne dois pas oublier que l’histoire du chemin droit ou tortueux dit que ce pouvoir a plus de capacités que son possesseur ne le croit.
-Arrête de croire cette stupide légende, elle est totalement bidon !
- Bidon ? Je te rappelle quand même que tu corresponds parfaitement et que ton propre ange gardien te parle d’une mission, mission que tu étais tout à fait prêt à accepter devant elle !
-Mais tu n’as rien compris, je voulais seulement lui faire plaisir…
-C’est ça, alors pourquoi Seth ou Thesius, peu importe, voulait plus que tout t’avoir avec lui ?
-Il était fêlé ce mec, voilà tout. Et puis, je ne sais pas du tout comment contrôler mon pouvoir, non, pas du tout !
-Je pense que tu le fais fonctionner par rapport à moi. A chaque fois que tu en as eu réellement besoin, c’était quand j’étais en danger. Donc c’est moi et personne d’autre qui te demande de faire au moins apparaître une bouteille de lait venant de chez les Dardson. Allez, Dean, finit Sam en le regardant sérieusement et avec attention, fais-moi confiance. »


Les deux frères se regardèrent alors intensément, et Dean comprit l’importance et la confiance que son frère avait en son pouvoir. Il essaya de s’imprégner de cette confiance et ferma les yeux. Il se concentra beaucoup plus profondément qu’il ne l’avait jamais fait en situation normale et essaya mentalement de faire le chemin jusqu’à la maison des Dardson qu’ils avaient vue peu de jours antérieurement et d’y entrer. Il vit parfaitement et en détail l’intérieur de la maison, alors qu’ils n’avaient jeté auparavant qu’un bref coup d’œil. Il se dirigea vers la cuisine encore intacte, ouvrit le réfrigérateur et aperçut deux bouteilles de lait encore pleines. Ne voulant pas trop en faire pour une première fois, il prit une seule bouteille et ouvrit les yeux dans la chambre du motel. Ce fut alors bouche bée qu’il constata qu’effectivement, il tenait une bouteille de lait dans sa main droite, celle-là même qu’il avait prise mentalement. Perdu et désorienté par ce choc, il regarda alors Sam qui souriait de joie mais aussi d’étonnement. Sam n’avait pas été certain à 100% que son frère réussirait une telle chose mais il avait voulu lui faire croire que c’était possible, sachant que Dean ne chercherait pas plus loin. Il était vraiment heureux de ne pas s’être trompé.
L’étonnement passé, Dean comprit par un seul regard de son frère qu’il devait faire la suite des “livraisons” pour que cela n’ait pas été fait en vain. Il se concentra alors de nouveau et refit deux voyages, d’abord dans la maison des jeunes fiancés puis dans celle de la personne âgée, deux maisons qu’il ne connaissait pourtant pas du tout mais les adresses lui avaient suffi.

Quand Dean regarda enfin les trois bouteilles de lait alignées devant lui, il eut un grand sourire heureux et dit à Sam :
« Te rends-tu compte de ce que je peux faire maintenant ?
-Quoi ?demanda Sam. Faire apparaître toutes les choses dont on a besoin pour la combattre, bien sûr.
-Faire apparaître des hot-dogs et des beignets !!!! s’exclama Dean, soudain affamé. »
Sam ne put répondre tellement il fut surpris. Jamais il n’aurait cru que son frère penserait à la nourriture en premier lieu et pourtant le connaissant parfaitement, il aurait du s’en douter. Il se sentit presque coupable de lui avoir ouvert les yeux sur cette nouvelle perspective mais il n’eut pas le temps de réfléchir qu’il découvrit soudain sur la table devant lui tout un tas de nourritures plus caloriques les unes que les autres. Dean le regarda avec un sourire ravi devant cette table littéralement couverte de victuailles :
« Je t’en prie, tu peux te servir. Après tout, c’est à cause de toi tout ça. »
Et il enfourna aussitôt un hot-dog entier dans sa bouche qui prit une forme très inhabituelle et de la forme même de ce qu’il mangeait. Sam pouffa de rire malgré tout, prit quand même un petit sandwich resté hors de portée de son frère et partit mélanger les trois bouteilles de lait dans la salle de bain.

Quand il revint près de Dean une demi-heure plus tard, il s’arrêta net en baladant son regard de la table à son frère. La table était vide, à part des papiers qui la jonchaient mais plus aucune trace de nourriture n’y figurait plus. Quant à Dean, son sourire avait disparu pour faire place à un air penaud. Sam n’eut même pas le temps de lui reprocher quoique ce soit sur sa gourmandise que Dean se leva d’un bond et s’enferma dans la salle de bain. Sam eut la confirmation de ses doutes sur l’excès de gourmandise en si peu de temps. Dix minutes plus tard, Dean ressortit, nauséeux, et se contenta de boire de l’eau.
« Alors, ça va mieux ?demanda Sam entre l’inquiétude et le rire.
-Tu peux rire mais en tout cas, j’ai compris la leçon.
-Tant mieux, comme ça, tu pourras te nourrir normalement et non remplir ton estomac en un temps record.
-Mais non, je ne parle pas de ça. Ne jamais mélanger hot-dog et éclair au chocolat, le résultat est horrible quelques minutes après.
-Oh…se contenta de commenter Sam, se demandant comment on pouvait avoir l’idée de mêler deux aliments comme ça.
-Et toi, qu’as-tu fait pendant ce temps ?
-J’ai mélangé les trois bouteilles de lait en une seule et j’y ai également ajouté du sel et du fer, au cas où le lait ne suffirait pas.
-Et tu crois que miss démon Briadelia va accepter gentiment de boire ton truc ?
-Non mais en lui injectant avec cette seringue remplie de mon lait modifié, je pense.
-Qui se porte volontaire ? En sachant bien sûr qu’on ne saurait pas qui c’est.
-Le mieux est qu’on joue les appâts, voilà tout.
-Pardon ? Elle ne va plus s’intéresser à nous avec son beau projet, je pense.
-Ca m’étonnerait beaucoup. Elle était vraiment heureuse de pouvoir nous faire nous entretuer et n’oublie pas qu’elle te considère comme quelqu’un de pur…
-Oh, arrête tes bêtises, elle est cinglée, c’est différent.
-Si tu veux mais elle voudra me posséder une nouvelle fois pour que je te tue et c’est là que tu pourras m’injecter le produit.
-Mais ça ne va pas ? Je ne vais pas te laisser être possédé encore une fois et te faire du mal !
-Mais je ne vais pas vraiment souffrir, Dean. Tu devras m’injecter ça le plus rapidement possible, c’est tout.
-Et si la seringue se casse ?
-J’en ai préparé trois au cas où. »
Dean ne put trouver aucun argument à lui opposer et accepta d’un signe de tête.

Les deux frères ne voulurent pas attendre le lendemain, jour probable d’action du démon, pour intervenir. Ils partirent alors sur-le-champ, non avant que Dean soit passé de nouveau par la salle de bain pour vomir. Heureusement pour l’aîné des Winchesters, la route se fit rapidement et même en descendant de l’Impala, garée devant l’hospice, il avait des nausées importantes dues à la conduite mais jamais il n’aurait voulu laisser Sam conduire, il voulait faire croire à son frère qu’il se sentait encore d’attaque. Une nouvelle fois, c’était le soir, et comme deux jours auparavant, ils faisaient le guet, l’un en face de l’entrée et l’autre sur le parking à droite de l’immeuble. Alors que 23h sonnaient à l’horloge de la mairie un peu plus loin, ils sentirent l’un et l’autre un courant d’air glacé leur traverser la peau.
Sam vit soudain apparaître tout d’un coup devant lui un homme d’une cinquantaine d’années. Il souriait, visiblement heureux que le jeune homme soit là :
« Eh bien, Sam, on ne t’effraie pas facilement, on dirait ? Je t’ai possédé il y a deux jours et toi, tu reviens comme si de rien n’était. Tu as aimé ça, on dirait, non ?dit Briadelia dans le corps de cet homme.
-Je veux t’empêcher de faire du mal, c’est tout, répondit Sam, sur ses gardes.
-Et pourtant tu n’as que ton frère un peu plus loin. Tandis que moi, j’ai amené deux amis qui se feront un plaisir de vous dépecer…
-Comment ça ?demanda Sam, soudain très anxieux par la tournure des événements.
-Je n’allais tout de même pas venir seule alors que la dernière fois, Thesius est intervenu. Ok, maintenant, il est mort mais je n’avais pas envie que ça recommence. Désolé, je ne pourrai pas te présenter mes amis, ils sont avec ton frère en ce moment. Ils s’occupent de lui prendre son cœur, pour moi.
-Quoi ??s’exclama Sam. »
Et effectivement, Sam vit une scène sur le parking qui l’effraya bien davantage encore que les paroles de Briadelia.

Dean n’avait pas vu l’homme et la femme apparaître devant lui : ils les avaient plutôt sentis quand ils l’avaient envoyé valser quelques mètres plus loin, lui occasionnant de multiples fractures au torse. Tandis que l’homme le soulevait par la gorge d’un mètre au-dessus du sol, la femme avait sorti un couteau et l’approchait de sa poitrine pour lui prendre son cœur mais Dean avait réussi à sortir un poignard de sa veste et à l’enfoncer dans le cou de la femme. La femme, morte, relâcha la fumée noire qui s’enfuit au loin. Mais l’homme arracha le poignard de la main de Dean et donna des coups au visage de celui-ci, lui cassant le nez et lui occasionnant de nombreux hématomes. Le démon crut Dean évanoui et alla chercher le couteau de son ancienne partenaire. Mais Dean avait joué le jeu et avait sorti son pistolet de derrière son dos : il tira sur l’homme deux fois, ce qui suffit à le tuer et faire évacuer le démon en lui. Dean, n’arrivant plus à se lever tellement son corps entier le faisait souffrir, resta allongé par terre, à moitié conscient.

Pendant ce temps, Sam avait voulu se précipiter au secours de Dean mais c’était sans compter la présence de Briadelia. Elle parvint à le plaquer au sol et commença à l’étrangler. Sam essayait malgré la douleur de prendre la seringue dans la poche de sa veste mais le démon, étant accroupi sur Sam pour mieux le tuer, brisa avec son genou la seule seringue que Sam avait en sa possession car Dean avait les deux autres. Il essaya en désespoir de cause et provisoirement de prendre son revolver dans sa poche intérieure mais elle s’en aperçut et en une fraction de seconde, la lança plus loin, pouvant serrer la gorge de Sam d’une seule main. Il commençait à suffoquer et à ne plus pouvoir résister quand il sentit la main qui l’étranglait, faiblir et se relâcher complètement. Il vit alors Dean à genou près du démon, injecter le contenu de la seringue au démon qui cria plusieurs fois, cette fois-ci de sa voix féminine mais d’une voix tellement horrible que les deux frères s’en seraient bouchés les oreilles. Et après plusieurs hurlements, le démon disparut en un éclair. L’homme qu’elle avait possédé n’était lui-même pas mort et reprit ses esprits pour s’évanouir la seconde d’après.
Les deux frères se sourirent mutuellement mais Dean à bout de forces, s’évanouit à son tour. Sam réussit à se relever tant mieux que mal et appela une ambulance pour l’homme. Puis, n’attendant pas davantage, il prit Dean sur ses épaules et put le traîner jusqu’à l’Impala qui heureusement n’était pas loin. Il se contenta de retourner au motel qu’ils avaient pris plusieurs jours auparavant et allongea Dean sur l’un des lits. A peine allongé, celui-ci se réveilla :

« Eh, alors on l’a bien eue ce fichu démon, hein ?
-Oui, grâce à toi car moi, je ne m’en sortais pas, avoua Sam.
-N’exagère pas, Sammy, si elle n’avait pas été distraite pour t’étrangler, je n’aurai pu rien faire, on l’a fait à deux, opposa Dean mais finissant sa phrase, il laissa échapper une grimace de douleur.
-Attends, je vais te soigner tout ça, tu en as besoin, dit Sam en se levant.
-En appelant Julia, ça irait plus vite, sourit malicieusement Dean.
-On ne va pas l’appeler pour tous les petits bobos, quand même.
-Ca, des bobos ?s’exclama Dean. Je peux t’en donner, si tu veux. »
Sam entreprit alors de soigner son frère qui fit pas mal de grimaces, surtout pour ses côtes. Sam proposa de l’emmener le lendemain à l’hôpital pour son nez cassé. Ils s’allongèrent tous les deux, très fatigués par la soirée. Sam, voyant son frère à bout de forces mais incapable de pouvoir trouver le sommeil, sortit de sa poche intérieure, l’un des deux flacons de potion que Bobby leur avait fourni et en donna à Dean qui l’accepta avec une exclamation de joie. Il la but et se retrouva aussitôt dans les bras de Morphée.


La matinée touchait à sa fin quand Sam se réveilla. Il ne fut pas surpris d’être le premier réveillé mais plutôt d’avoir dormir si longtemps, alors qu’il n’avait pris aucun somnifère ni potion. Laissant son frère se reposer, il s’habilla et alla chercher comme d’habitude leurs cafés. Ce fut en revenant dix minutes plus tard qu’il constata que le sommeil de Dean n’avait rien de normal. Dean avait le teint pâle et respirait à peine. Sam essaya de le réveiller en l’appelant et même en le secouant, mais n’occasionnant aucune réaction. Extrêmement inquiet, il lui prit son pouls qui ne battait que très faiblement. Ce fut soudain près de la main gauche de son frère qu’il trouva la réponse : il vit deux flacons qui appartenaient à Bobby et qui étaient vides. Apparemment Dean ne s’était pas contenté du flacon de son frère mais en avait pris deux supplémentaires. Jurant à moitié contre son frère, Sam se calma aussitôt et entreprit de l’amener à l’hôpital.
Là-bas, des médecins s’occupèrent aussitôt de lui et lui firent passer un scanner d’urgence. Sam attendit dans le couloir toute l’après-midi, à marcher de long en large dans la salle d’attente et demandant toutes les cinq minutes aux infirmières et aux médecins qui passaient, où en était son frère. Ce ne fut que vers 17h15 qu’un médecin, le Dr. Thewlins, vint le voir, un air grave sur le visage.
« Dans quel état est-il, docteur ? Il va s’en sortir, non ?
-Ecoutez, Mr. Selpher, je ne peux rien vous promettre. Votre frère a de nombreux hématomes au visage qui ont occasionné une petite hémorragie qui a réussi heureusement à se résorber d’elle-même. Mais la substance qu’il a prise et dont vous dites ne pas avoir connaissance est celle qui a causé le plus de dommages. Il est possible qu’à petites quantités, ce soit inoffensif mais la dose qu’il a prise l’a plongé dans profond coma. Il ne peut en ressortir qu’avec un vrai miracle. Nous ne pouvons rien faire de plus que d’espérer, Mr. Selpher, je suis désolé.
-Je peux aller le voir ?demanda Sam, les larmes aux yeux.
-Oui, bien sûr, ça ne peut lui faire que du bien. »

En entrant dans la chambre d’hôpital de son frère, Sam essaya d’essuyer ses larmes : Dean n’avait aucun branchement respiratoire, n’en ayant pas besoin selon les infirmières, et pourtant son extrême pâleur était plus effrayante que des branchements. Son nez cassé avait été remis en place et on lui avait placé quelques broches et un épais bandage. Sam, l’entendant à peine respirer, n’osait lui-même respirer, de peur de ne plus entendre cette légère respiration pourtant si rassurante.
Alors qu’il s’était assis à côté de Dean et qu’il avait l’idée d’appeler Julia au secours, celle-ci apparut dans un coin de la pièce, pour ne pas être vue du personnel hospitalier. En voyant l’état de Dean, elle pâlit très rapidement et ses yeux devinrent humides. Elle s’approcha alors de lui et mit sa main sur la poitrine de Dean pour le guérir. Mais les minutes passaient et rien ne se produisait.
« Mais que se passe-t-il ? Pourquoi ne peux-tu pas le guérir ?s’inquiéta Sam.
-Je ne comprends pas…s’alarma Julia. Ce coma est très particulier et je crois…je crois qu’il est parti trop loin, sur une route que je ne peux atteindre pour le guérir. »
Sam et Julia échangèrent le même regard, un regard désespéré.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:36

Chapitre 11 : Être normal ?


La journée touchait à sa fin et un coucher de soleil s’affichait déjà par la fenêtre de la chambre de Dean, coucher de soleil totalement ignoré par Sam et Julia, assis l’un et l’autre de chaque côté du lit. Depuis que Julia avait avoué ne rien pouvoir faire pour Dean, ils n’avaient plus tous deux prononcé aucun mot. Sam savait qu’il ne pouvait pas en vouloir à Julia qui avait fait du mieux qu’elle avait pu mais tout de même, une légère rancœur restait en lui. Ils s’étaient contentés de rester ensemble près de Dean et d’espérer que les efforts viendraient de l’intéressé. Cependant Dean n’avait pas bougé d’un pouce et restait désespérément endormi. Pas un bruit ne se faisait entendre dans la chambre : Dean respirait à peine pendant que Sam restait pendant de longues heures totalement anéanti par la nouvelle que lui avait annoncée Julia. Il voulait attendre le lendemain pour trouver par lui-même une autre solution.

Quant à Julia, elle semblait beaucoup plus courageuse qu’elle ne l’était réellement. Depuis qu’elle s’était rendue compte qu’elle ne pouvait pas guérir Dean, elle avait ressenti quelque chose qu’elle n’avait jamais éprouvé auparavant. Elle sentait une très grande détresse l’envahir, sans qu’elle puisse vraiment en trouver l’origine. Elle avait l’impression qu’aucune touche de bonheur ne pourrait plus jamais la toucher. Elle regardait le corps de Dean allongé sur ce lit et elle éprouvait une peine tellement immense qu’elle eut rapidement des larmes qui lui coulèrent des yeux. Très vite, elle eut le visage en larmes et seule sa constitution d’ange gardien l’empêchait d’avoir des sanglots. Seules les larmes étaient présentes, disparaissant sitôt qu’elles avaient quitté son visage, comme des larmes fantômes interdites d’être trouvées par qui que ce soit. Elle ne comprenait pas pourquoi elle pleurait autant. Elle avait pourtant ressenti et même vu plusieurs de ses très nombreux protégés mourir et même si elle avait alors eu beaucoup de peine, jamais elle n’avait éprouvé ce désespoir-là et elle n’avait même jamais pleuré pour l’un d’eux depuis qu’elle était devenue un ange gardien. Mais depuis qu’elle connaissait Dean et qu’ils s’étaient retrouvés face à face, une irrésistible attirance s’était emparée d’elle. Quand elle l’avait regardé, elle avait senti une incroyable et douce chaleur se répandre dans sa poitrine et elle aurait voulu se blottir contre lui. Julia essayait pourtant de se raisonner et de se dire que tout ça n’était que honte et péché pour elle. Cela était hautement interdit et ils ne devaient tomber amoureux sous aucun prétexte d’un être humain. D’ailleurs l’idée même leur était sacrilège. Mais elle n’y pouvait rien. Plus elle repoussait ce sentiment, plus il l’envahissait et cela avait été pire encore quand Dean l’avait regardée avec un semblant d’attirance et lui avait demandé de rester avec un sourire auquel elle aurait voulu succomber à l’instant. Cependant elle avait su résister et ne rien montrer de ses émotions. Julia réussissait encore à se contrôler, se promettant à elle-même de ne jamais enfreindre une seule règle édictée là-haut. Pourtant elle aurait tant voulu être normale et ne pas être un ange gardien, condamnée à la solitude mais plutôt être la jeune fille qu’elle avait été et avoir rencontré Dean lors de l’une des enquêtes de ce dernier : ils auraient peut-être été inséparables et même si elle avait eu une simple relation courte avec lui, cela lui aurait suffi pour enchanter sa vie. Elle dut écarter ce rêve de sa tête pour malgré tout revenir à la réalité.
Elle devait sauver Dean et cela coûte que coûte. Peu importe qu’elle soit amoureuse de lui ou non, cela ne devait pas entrer en ligne de compte. Elle devait le sauver par ses propres moyens, ceux dont elle avait seulement entendu parler et qu’elle n’avait jamais pratiqués, à cause du danger.



Ce fut donc, alors que le soleil se levait et éclairait maintenant de ses rayons le visage de Dean, que Julia se leva de sa chaise et regarda Sam droit dans les yeux. Ce vif mouvement, pourtant si aérien, avait alerté Sam qui était sorti de sa torpeur et regardait Julia à son tour :
« Sam, j’ai pris une décision. Puisque je ne peux pas guérir Dean d’ici car son esprit est parti beaucoup trop loin, il faut que j’aille le rejoindre et le ramener avec moi.
-Mais…mais n’est-ce pas dangereux de s’aventurer dans son esprit ou dans son coma ?
-Je dois t’avouer que je n’ai jamais fait ce genre d’expérience. Mais parmi mes collègues, on raconte que les anges gardiens ont parfois un lien spécial et voire exceptionnel avec certains de leurs protégés. Et si ces derniers se perdent en chemin, qu’ils sont en réel danger de mort auquel leurs anges gardiens ne puissent remédier aussitôt, il leur est possible de rejoindre l’esprit même de leurs protégés pour les ramener sur la bonne route.
-D’accord mais est-ce qu’un ange gardien a déjà fait ce genre de choses avec son protégé ?s’inquiéta Sam. Parce que je te signale que tu pourrais sûrement te perdre en même temps que lui si ce n’est pas certain à 100%.
-En fait,…hésita soudain Julia en réfléchissant. On le raconte… mais je ne me souviens bizarrement pas qu’on m’ait signalé qu’un ange gardien l’avait déjà fait mais je suppose que c’est le cas sinon l’histoire ne circulerait pas entre nous, finit-elle en essayant d’avoir un sourire assuré.
-Alors, non, n’y va pas, Julia. On va trouver un autre moyen. C’est très gentil de ta part de vouloir faire ça pour mon frère mais je suis persuadé que lui-même refuserait que tu te mettes en danger pour lui.
-En danger ? Tu sais, je suis déjà morte, remarqua-t-elle.
-Peut-être ton corps, oui mais ton esprit, est-ce qu’il peut se perdre et ne plus rester un ange gardien ?
-Je ne…mais Julia ne finit pas sa phrase, ne sachant pas très bien si c’était possible ou non, on ne lui avait jamais vraiment expliqué, ce genre de cas n’étant jamais arrivé.
-Alors, non, tu m’entends, reste là, dit Sam en voyant ses doutes. Je vais chercher dans le bouquin de notre père pour voir s’il n’y a pas quelque chose.
-Tu sais très bien qu’il n’y a rien, Sam, dit-elle d’une voix soudain plus assurée. Tu avais déjà regardé quand Dean avait été dans le coma juste avant le décès de votre père. Je vais y aller, je m’en sens la force. Ce n’est pas un combat que je vais livrer comme avec Thesius mais davantage une recherche. »
Sam ne put rien objecter, voyant à quel point elle était sûre d’elle et impossible à faire changer d’avis. Mais tandis que Julia s’avançait vers Dean et posait tendrement la main sur son front, elle regarda Sam en souriant :
« Sache que je ne reviendrai pas tant que je ne l’aurai pas sauvé. S’il ne revient pas, je ne reviendrai pas non plus. »
Sam se rendit alors compte pour la première fois avec surprise que Julia était tombée amoureuse de Dean. Elle ne s’en apercevait pas mais ses yeux, qui regardaient Dean, reflétaient tout l’amour qu’elle lui portait. Elle sembla se concentrer un bref instant et disparut. Sam crut entrevoir l’étoile qui la caractérisait se dessiner sur le front de Dean pour disparaître l’instant d’après. Sachant qu’il devrait attendre peut-être pas mal de temps, Sam se rassit sur sa chaise après avoir murmuré à l’attention de Julia, un reconnaissant et attendrissant “merci”.

Julia se retrouva soudain dans un espace où elle ne distinguait rien qu’une épaisse brume tout autour d’elle. N’ayant d’autre solution que d’avancer dans cet espace inconnu, elle avança donc droit devant elle, marchant sur ce qu’elle aurait pensé être un doux tapis duveteux. Mais tandis qu’elle marchait dans la brume, ne distinguant toujours rien de vivant, elle se concentrait sur Dean et sur le lieu exact où devait se trouver son âme. Ce fut ainsi que finalement la brume finit par se dissiper totalement et elle découvrit devant elle une falaise qui tombait à pic. Encore quelques pas et elle serait tombée dans ce gouffre. En regardant autour d’elle, elle aperçut Dean à sa gauche, regardant la mer qui s’étendait au-delà de la falaise, en-dessous de leurs pieds. Soulagée de l’avoir enfin trouvé, Julia soupira en souriant et alla le rejoindre.
« Eh bien, Dean, tu nous en donnes du souci à Sam et moi pendant que tu prends du bon temps, ici, plaisanta-t-elle.
-Julia ?s’étonna Dean en sursautant et comme sortant d’une torpeur. Mais que fais-tu ici ?
-A ton avis ? Je viens te chercher, bien sûr.
-Mais, je…je ne peux pas…hésita-t-il, soudain embarrassé. Ils ne voudront pas me laisser partir.
-Comment ça, tu ne peux pas ? Et qui sont ces personnes ?
-Là-bas, dit-il en montrant la mer à l’horizon, un air égaré sur le visage. Depuis que je suis arrivé, je n’ai rien fait d’autre que rester là : ils me disent que je suis prisonnier.
-C’est ça et moi, je suis la Vierge Marie. Non, Dean, tu n’es pas prisonnier du tout. Tu es dans le coma et il est bien normal que la mort veuille t’attirer vers elle, c’est à chaque fois la même chose, finit-elle en le regardant avec douceur.
-Vraiment ?
-Oui. Viens avec moi, je vais t’aider à sortir. »
Et ce faisant, Julia prit la main de Dean et entreprit de le lui faire lâcher prise. Toujours main dans la main, elle rebroussa chemin avec Dean qui dut quitter la mer des yeux. Alors qu’ils avaient parcouru quelques mètres et descendu la pente qui avait mené à la falaise, Dean s’arrêta et soupira de soulagement :
« Waouh ! Qu’est-ce que ça fait du bien ! C’est incroyable, je me sentais totalement sous l’emprise de cette entité là-bas. Je me sens vraiment libéré et ça, grâce à toi, Julia.
-Je suis contente que tu ailles mieux maintenant, sourit-elle, soulagée elle aussi. Ce genre d’entité est très difficile à abandonner et tu as fait preuve d’une grande force morale pour t’en échapper, finit-elle en le regardant avec fierté.
-Je n’aurai rien pu faire sans toi, assura Dean en la regardant avec reconnaissance et affection. Merci d’être venu me chercher.
-Je suis ton ange gardien, Dean et je ferai tout pour te sauver, oui, tout. »

Mais Dean ressentait qu’elle avait fait bien plus que ce qu’un ange gardien devait faire pour son protégé et qu’elle avait franchi la limite de la protection personnelle. Tandis que Julia voulait maintenant retirer sa main de la sienne, Dean la serra davantage et voulut garder ce contact qu’il sentait si apaisant. Il s’aperçut alors qu’il n’avait pas remarqué que Julia était légèrement différente de la réalité. Son visage n’avait pas ce même aspect divin et intouchable qui montrait qu’elle était un ange gardien mais dans cet endroit, elle semblait plus humaine et en même temps plus attirante. Dean avait une grande envie de l’embrasser mais il n’osait pas, sachant que ce n’était ni l’endroit ni le moment pour ça et qu’il ferait quelque chose de grave envers elle. Alors, ne voulant ni l’embrasser par crainte ni devenir distant avec elle, il se contentait de lui serrer la main avec tout l’amour qu’il voulait y faire passer.
Julia ressentit tout cela en une fraction de seconde et elle, déjà si perturbée par les sentiments qui l’animaient dans la réalité, fut encore plus bouleversée ici, dans cet espace qui semblait faire ressortir avec plus de force les sentiments enfouis.
Tandis que Dean la regardait avec insistance et affection en serrant sa main, Julia avait détourné le regard, sachant que ses yeux la trahiraient sans aucun doute. Ils restaient immobiles, ne sachant plus que faire ni que dire.

Cependant un événement soudain se produisit. Dean, qui était la seconde d’avant si attiré et amoureux de Julia, fut détourné de ses sentiments par une sorte de nuage qui avançait vers eux à leur hauteur. Dean, ne sachant pas pourquoi, lâcha enfin la main de Julia et avança vers le petit nuage gris clair qui devint immobile à son avancée. Dean n’eut que quelques mètres à parcourir pour arriver devant le nuage dans lequel il regarda avec attirance. Ce qu’il vit alors, personne d’autre que lui ne le sut, mais on aurait dit, aux yeux calmes de Julia, que Dean était comme transporté par les visions qu’il voyait et qu’il ressentait. Il semblait qu’un profond changement se faisait en lui. Julia n’intervint pas, sachant que cela lui était bénéfique et nécessaire. Cette scène ne dura que quelques minutes. Dean se calma alors tandis que le nuage se volatilisait complètement. Puis Dean se tourna vers Julia et lui sourit, un air étrange dans les yeux :
« Tu as voulu me montrer qui j’étais vraiment, Julia et je le sais maintenant. Oui, j’ai vu ce que je devais savoir et ce que j’avais au plus profond de moi.
-Et…ça va ?interrogea Julia, inquiète malgré tout. Tu n’es pas trop bouleversé par ce que tu as vu et ressenti ?
-Je vais bien, mieux en fait que je ne l’ai été depuis la mort de Papa. On peut rentrer maintenant. Et puis, j’ai une faim de loup, moi ! »
Julia ne put s’empêcher d’éclater de rire à cette phrase à laquelle elle ne s’était pas attendue. Dean la regarda de nouveau avec des yeux séducteurs, heureux d’avoir pu le faire rire.
« Bon, alors, tends tes mains et mets tes paumes sur les miennes. »
Dean, heureux de pouvoir la toucher une nouvelle fois, s’exécuta aussitôt et alors qu’il venait de toucher ses mains, il se sentit partir.

L’instant d’après, il ouvrait les yeux dans son lit d’hôpital, occasionnant le cri de Sam.
« Dean !! Oh que je suis heureux que tu te réveilles, mon vieux !s’exclama-t-il. »
Mais Dean fut moins ravi que son frère car il s’était senti dans son coma, libre de tout et léger comme une plume alors que désormais, il avait mal partout, avec une migraine atroce et d’importantes nausées. Faisant une légère grimace, il s’assit dans son lit, se demandant où était Julia. Elle apparut alors la seconde d’après devant lui, souriante mais ayant revêtu de nouveau cet aspect intouchable qu’elle avait dans la réalité. Dean regretta presque d’être parti et de ne pas être resté là-bas avec elle, pour l’éternité. Dean et elle n’osèrent pas se regarder, sachant tous deux à quel point le moment qu’ils avaient passé ensemble avait été si intense. Sam ne sentit soudain mal à l’aise, comme s’il gênait quelque chose qui pourtant, ne pouvait exister. Il s’éclaircit la voix et se leva :
« Euh…je vais vous laisser entre vous, vous avez sûrement des choses à vous dire… »
Il rencontra alors le regard de son frère qui se fit reconnaissant mais Julia l’interrompit avec douceur :
« Non, je ne vois pas pourquoi tu serais écarté, Sam, reste. Il n’y a rien que tu ne doives savoir. Il ne faut pas oublier qu’on doit parler travail et non d’autre chose, dit-elle avec un imperceptible soupir de douleur dans la voix. »
Les deux frères échangèrent alors un nouveau regard où la déception se lisait dans le regard de Dean, regard dont Sam fut attristé.
Ce fut presque dans la surprise générale qu’un médecin arriva dans la chambre de Dean et regarda ce dernier en souriant. Ne voulant pas être découverte, Julia disparut aussitôt en devenant invisible car sinon sa téléportation aurait été vue par le docteur. Le médecin considéra bien sûr la guérison de Dean totalement incroyable et même “miraculeuse” et il lui fit promettre que quoiqu’il ait avalé pour avoir été dans cet état, il n’en avalerait plus une seule goutte. Dean fut très coopératif et accepta les différents médicaments et prescriptions du médecin et promit même de faire les examens l’après-midi même. Le médecin parti, Dean soupira en rigolant, se disant bien qu’il ne suivrait rien du tout. Julia réapparut et le lourd silence revint.

Sam voulut entamer la conversation dans ce silence et demanda à Dean et Julia ce qui s’était passé lors du coma de ce premier. Dean raconta alors ce qui s’était passé, mais en omettant de mentionner ce moment d’intimité partagé entre eux. Il parla même de son expérience avec cet étrange nuage en parlant de ce qu’il avait ressenti et non de ce qu’il avait vu. Quand il finit son récit, Julia intervint, toujours en évitant son regard :
« Et d’ailleurs, Dean, c’est même un bien que tu sois tombé dans le coma à ce moment précis ?
-Un bien ?s’exclamèrent les deux frères ensemble.
-Oui, j’ai bien dit un bien car tu doutais bien de trop de ton pouvoir et de ta mission. Désormais, je suppose que tout est clair dans ton esprit et dans ton cœur ?
-Dans mon esprit, oui, je n’ai plus aucun doute sur le bien-fondé de mon pouvoir, c’est vrai, admit Dean, serein et assuré, ce qui étonna Sam qui voyait son frère sûr de lui concernant son pouvoir pour la première fois. Mais concernant mon cœur… »

A cet instant il regarda avec un amour dévorant le visage de Julia qui rencontra justement ses yeux au même instant. Elle rougit alors plus qu’elle ne l’avait jamais fait et se tourna vers la fenêtre pour cacher sa gêne. Dean fut légèrement ennuyé de l’avoir à ce point embarrassée mais il n’y pouvait rien, son regard devenait de la braise chaque fois qu’il posait son regard sur elle. Il savait très bien pourtant qu’elle n’était là que pour le guider dans sa mission et dans le choix qu’il devrait faire au final et il était plus qu’honoré d’avoir été choisi pour ça. Cependant, il aurait voulu qu’ils soient tous deux normaux, comme le quidam dans la rue, et pouvoir s’avouer leurs sentiments pour faire le point et savoir s’ils pourraient avoir un avenir ensemble. Ce fut alors qu’une question lui traversa l’esprit et il ne put s’empêcher de la poser avant d’y réfléchir vraiment, ne pensant pas au mal que ça pourrait lui faire :
« Julia, tu ne nous en as jamais parlé mais j’aimerais savoir : comment es-tu morte ? »
Sam regarda son frère extrêmement choqué qu’il puisse poser une telle question tandis que Julia tourna la tête vers Dean, le visage commençant à être bouleversé. En voyant leurs réactions, Dean comprit aussitôt le point sensible qu’il venait de toucher et resta sans voix, bouche bée et honteux. Il baissa la tête en murmurant un “désolé” à peine audible. Mais Julia reprit contenance :

« Non, tu as raison, Dean. Si tu veux savoir ça, je dois te le dire, vous le dire.
-Tu n’es pas obligée, lui dit Sam.
-Oui, excuse-moi, Julia, je n’aurai jamais du te demander un truc aussi horrible, admit Dean en restant les yeux baissés.
-Mais je vais quand même vous le dire car je sais que cette question va continuer à trotter dans votre tête à tous deux maintenant qu’elle a été formulée. Alors j’y vais, dit-elle en s’armant de courage.
C’était un vendredi soir. Je venais de rentrer chez mes parents, de mes cours de fac et je voulais déguster comme chaque soir, ma tablette de chocolat favorite, sourit-elle en se remémorant ces scènes. Mais mes parents avaient oublié d’en acheter lors de leurs courses et déçue mais non vaincue, je partis en acheter à l’épicerie du coin. Mais alors que j’avais mes tablettes en main et que je me dirigeais vers la caisse, un homme a braqué la boutique. Le responsable ne voulait pas donner sa caisse. Le braqueur s’affolait et pointait son arme sur tout ce qui bougeait vers lui. Moi qui étais juste à côté de la caisse, j’étais complètement tétanisée, je dois le dire. Il y a alors un homme que je ne connaissais pas, très chic, en costume haute gamme, qui s’est alors avancé vers le braqueur et lui a demandé de baisser son arme, qu’il ne devait faire de mal à personne. Il lui parlait si calmement que j’admirais son courage et sa patience. Le braqueur avait l’arme pointée vers lui mais cet homme ne s’en inquiétait nullement. Il lui demanda de laisser partir les clients et qu’ensuite ils pourraient peut-être s’arranger pour régler son problème d’argent, qu’il lui ferait un chèque ou ce qu’il voudrait. Mais le braqueur ne semblait avoir qu’une idée en tête : se débarrasser de cet homme qui le gênait et le retardait. J’ai compris aussitôt ce qu’il voulait faire. Alors tout s’est précipité. J’ai senti davantage que vu le braqueur appuyer sur la détente sur cet homme si bon et si brave. Je n’ai pas hésité une seule seconde et je me suis jetée entre eux. J’ai reçu la balle en pleine poitrine mais je n’ai eu qu’à peine le temps de souffrir que déjà je quittais ce monde. Le braqueur était parti aussitôt en courant. Je suis morte dans les bras de cet homme, si malheureux que je me sois sacrifiée pour lui.
Et ce qu’il me sembla l’instant d’après, je me retrouvais là-haut. On me proposait grâce à mon sacrifice totalement altruiste, de devenir un ange gardien, que j’en avais les qualités car en plus j’appris que l’homme que j’avais sauvé devait accomplir de grandes choses importantes pour l’avenir. D’ailleurs je devins son ange gardien par la suite. »

Durant tout son récit, Julia avait gardé les yeux rivés au sol, revoyant et ressentant tout ce qu’elle avait vécu. Lorsqu’elle leva la tête pour regarder les deux frères, ils étaient restés le souffle coupé. Dean n’avait jamais imaginé qu’elle était morte pour sauver quelqu’un, surtout de cette manière et intérieurement il trouvait réellement dommage qu’elle l’ait fait. Sam était tout aussi surpris que son frère. Mais tous deux trouvaient que c’était un magnifique geste et qu’elle méritait plus que quiconque sa place d’ange gardien.
« C’est vraiment magnifique de ta part, Julia, tu es quelqu’un d’exceptionnel, dit alors Dean.
-Oui, je suis entièrement d’accord, approuva Sam.
-Merci, rougit-elle, mais ce n’était pas si magnifique que ça…
-Oh si, contesta Dean.
-Mais tes parents ont du avoir beaucoup de chagrin, je présume ?demanda Sam.
-Hein ? Mes parents ?dit Julia avec un sourire ironique. Ils s’en fichaient pas mal.
-Pardon ?s’exclama Dean, choqué, tout comme Sam.
-Ils ne m’avaient jamais aimé. Ils voulaient avoir un garçon mais ils n’ont eu qu’une fille. Ils ne me maltraitaient pas, non mais ils m’ignoraient autant qu’ils le pouvaient. Je suivais ma vie pendant qu’ils suivaient la leur, voilà tout. On parlait seulement quand il le fallait. Ils me logeaient, me nourrissaient mais se contentaient de ça. Ils ne se sont jamais rendus sur ma tombe, sauf lors de l’enterrement, pour faire bonne figure. Mais je ne dois pas les critiquer, non, ils sont ainsi et personne ne les changera.
-Tu vas voir quand j’irai leur rendre une petite visite et que je…s’insurgea Dean, très en colère.
-Dean, je t’en prie, arrête, lui dit-elle en le regardant avec une affection plus grande qu’elle ne l’aurait voulu. Si ça peut te consoler, l’homme que j’ai sauvé me rend visite sur ma tombe toutes les semaines depuis ma mort, chaque vendredi. A chaque fois, il dépose un bouquet de roses blanches dans un vase. Parfois il vient même avec sa femme et ses deux enfants. Je ne peux m’empêcher d’être très touchée à chaque fois, même aujourd’hui, alors que ça fait deux ans et demi.
-Alors c’est d’accord, je vais épouser cet homme-là !s’exclama Dean, cette fois-ci de joie en rigolant, faisant sourire Sam et Julia.
-Enfin, voilà, maintenant, vous savez tout de ma misérable petite mort. On peut passer à autre chose, s’il-vous-plaît ? »

Dean et Sam s’aperçurent alors que ce récit l’avait plus touchée et perturbée qu’ils ne l’avaient cru l’instant d’avant. Elle avait le regard humide et ses mains tremblaient légèrement. Les deux frères échangèrent un regard significatif et décidèrent d’en rester là.
Sam et Julia laissèrent Dean se reposer et au bon soin des médecins, même si Dean s’y opposa farouchement mais en vain. Julia lui promit de reparler de sa mission dès le lendemain matin.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:37

Chapitre 12 : Espoirs et désespoirs


Dean sortit de l’hôpital le lendemain, plus tôt que ne l’avaient prévus les médecins mais il fut inarrêtable : il avait horreur de cet hôpital et voulait retrouver sa vie mais il voulait surtout être en compagnie de Julia de laquelle il avait rêvé toute la nuit. Il espéra seulement que son ange gardien ne puisse pas lire dans ses pensées et ses rêves car sinon il aurait vite de gros ennuis, surtout avec les rêves qu’il avait fait.
Quand il débarqua tôt le matin dans la chambre de motel de Sam, celui-ci était heureusement réveillé, comme à son habitude et relisait une énième fois l’histoire du chemin droit ou tortueux sur son ordinateur. Il se précipita quand il vit entrer Dean, un peu encore chancelant :
« Tu exagères quand même, Dean ! On s’était donné rendez-vous à 10h et non pas à 5h30 !s’exclama Sam.
-Peut-être mais je n’en pouvais plus de ce lit d’hôpital. En plus, il y avait une vieille peau d’infirmière qui me faisait de l’œil, j’avais horreur de ça, j’avais peur qu’elle me saute dessus !répondit-il en s’asseyant, avec ce mauvais souvenir en tête. Où est Julia ?
-Dean, voyons, elle n’allait tout de même dormir ici cette nuit. Mets-toi dans la tête que c’est un ange gardien, elle est sûrement partie vers d’autres de ses protégés, voilà tout. Elle n’a pas que nous, tu sais.
-Dommage, j’aimerais l’avoir pour moi tout seul, bouda alors Dean, déçu de ne pas la voir.
-Je ne vais pas te redire ce qu’on a dit à propos de ça… et d’ailleurs, j’y pense, tu mériterais une belle volée pour avoir pris trois flacons de la potion de Bobby ! Il avait dit que c’était dangereux mais monsieur, bien sûr, n’en fait qu’à sa tête !
-Arrête, s’il-te-plaît, répondit Dean en ne plaisantant pas pour une fois, j’ai mal à la tête. »

Dean ferma les yeux et se prit la tête dans les mains, sa migraine augmentant de seconde en seconde. Il en aurait presque gémi de douleur. Il ne put donc pas voir apparaître Julia devant lui. Elle s’avança silencieusement vers lui, se baissa à sa hauteur en s’agenouillant et lui posa délicatement ses mains sur sa tête. Ce toucher dont il avait tant rêvé et qui se réalisait, et cela en lui ôtant toute douleur, fut pour Dean comme une bénédiction. Si elle n’avait pas été un ange à ce moment, il l’aurait considéré comme telle. Sa migraine disparaissant aussi vite qu’elle était venue, il ouvrit les yeux : il fut extrêmement tenté de l’embrasser car ils avaient leurs visages très proches l’un de l’autre et alors qu’il amorçait un léger mouvement pour ça, Julia se recula très rapidement en rougissant de plus en plus, en essayant de ne pas penser à ce qu’il aurait fait l’instant d’après si elle ne s’était pas reculée à temps.
Malgré tout et malgré elle, Julia regretta de n’être pas restée quelques secondes de plus, se sentant chaque minute plus proche de Dean qu’elle ne l’avait jamais été de personne au monde, même quand elle était en vie. Ses yeux s’embuèrent de quelques larmes, tellement elle se sentait en contradiction avec elle-même mais elle aurait tant aimé l’embrasser…Misère…que la vie d’ange gardien pouvait devenir difficile parfois. En un éclair, elle repensa aux propos de Thesius sur les tentations qu’il pouvait satisfaire en tant qu’ange déchu et qu’il lui avait offert mais elle devint honteuse à cette idée. Alors elle chassa rapidement ces idées sacrilèges de sa tête, se sentant déjà vivement coupable envers le Ciel. Quant à Dean, il se sentit très déçu mais il essaya de se raisonner en se disant qu’il aurait du s’attendre à une telle réaction. Et bizarrement son amour ne s’en était que ravivé. Il était maintenant gêné d’avoir essayé de l’embrasser car il vit que Julia, pourtant pâle d’habitude, avait les pommettes rougissantes. Il détourna le regard d’elle, ne voulant pas l’embarrasser davantage encore.
Durant cette scène qui pourtant n’avait duré que quelques minutes, Sam était resté quelque peu interloqué de cette relation entre Dean et Julia. Il soupçonna qu’il avait du se passer la veille davantage de choses entre eux dans cet espace comateux qu’il ne l’avait cru d’abord. Ne voulant pas les gêner davantage qu’ils ne l’étaient déjà, il riva ses yeux sur son écran de portable, toujours allumé.

Une fois de plus, Dean et Julia n’osaient plus se regarder mais ce fut Julia qui parla la première après dix minutes de silence embarrassé, son visage reprenant une couleur normale.
« Bon, alors…nous allons enfin pouvoir, après tous ces événements imprévus, parler travail…
-Seulement du travail, bien sûr…soupira Dean tout bas.
-…mais Julia ne répondit pas et pâlit beaucoup cette fois-ci, ses lèvres tremblant légèrement.
-Euh oui…s’interposa Sam. Alors aurais-tu quelques informations à nous donner peut-être ?
-En fait, dit-elle en se tournant résolument vers Sam, j’en ai de ton véritable ange gardien, Sam. Elle est en train de protéger une personne en constant danger mais qui a de hautes responsabilités. Elle est sans cesse avec lui car il est tellement maladroit qu’il pourrait mourir en tombant de son balcon ou en écrasant une allumette. Il paraît que ce n’est qu’une mauvaise passe et qu’elle reviendra très vite te protéger, je te transmets moi-même sa promesse.
-Mais tu sais, ça ne me dérange pas de t’avoir provisoirement, tu es parfaite, sourit Sam, ce qui lui valut un regard noir de son frère.
-Merci, c’est gentil, Sam mais j’aimerais que vous me disiez tout d’abord tout ce que vous savez concernant ta mission, Dean.
-Pourquoi ? Tu dois être au courant de tout, non ?demanda Dean, surpris, tout comme Sam.
-Oui, je sais absolument tout en détail mais j’aimerais connaître votre version, vos différentes informations pour savoir si j’ai à vous corriger et ce que j’aurai à vous apprendre. Et puis Thesius a pu vous dire certaines choses assez évasives ou erronées qui peuvent vous induire en erreur.
-Et que nous donneras-tu pour ces infos ?demanda Dean, d’un air coquin.
-Des conseils et des recommandations, rien de plus mais si tu veux autre chose, Dean, je suis sûre que ton infirmière de l’hôpital se ferait une joie de venir vers toi, sourit Julia, en même temps que Sam. Mais Dean s’inquiéta soudain de tout ce que Julia devait savoir et jusqu’à quel point elle pouvait connaître ses actions et même ses pensées : il n’osa pas y réfléchir.
-Thesius ne nous a pas dit grand-chose, continua Sam. Il a seulement critiqué vivement notre père et Bobby et insisté sur la grande connexion qui existe entre Dean et moi et qui est reliée à son pouvoir. Il a parlé aussi je crois que Dean allait se découvrir d’autres pouvoirs et qu’il lui voulait durement s’entraîner pour les contrôler et ne rien prendre à la légère car c’était vital pour l’humanité. »

A certains points, Julia avait soupiré et levé les yeux au ciel. Elle avait également légèrement froncé les sourcils quand Sam avait mentionné les critiques envers John et Bobby.
« Bon, déjà, un point fondamental pour vous comme pour moi. Il faut que vous sachiez que Thesius détestait l’idée de vous savoir protégé par des hommes bénéfiques pour vous. Votre père était quelqu’un d’exceptionnel et irremplaçable, je ne vous en citerai pas les raisons, vous les connaissez mais disons que je respectais énormément John et j’ai été bouleversée à son décès. Il voulait vous protéger plus que tout, même en le payant de sa vie. Je suis d’ailleurs navrée de ne pas avoir su te protéger, Dean, lors de ton électrocution et lors de cet accident de voiture. Excuse-moi. Je venais tout juste de commencer et quand c’est ainsi, la protection est moins efficace…finit-elle les larmes aux yeux, apparemment encore désespérée par ces deux faits.
-Mais Julia, lui dit doucement Dean, tu n’as pas à te mettre dans tous tes états et à t’excuser, tu n’y pouvais rien, voilà tout. Je suppose que même les anges gardiens ne peuvent pas sauver leurs protégés de la mort elle-même, non ?
-En effet, répondit Julia, encore secouée.
-Alors arrête, s’il-te-plaît, de t’en vouloir, c’est moi qui te le demande. Et continue, lui dit-il avec une douceur et une compréhension que Sam ne lui avait jamais vu exprimer.
-Oui…donc Thesius en voulait à votre père de vous avoir si bien protégé et était heureux, j’en suis désolée de vous le dire, qu’il soit mort… Quant à Bobby, il a repris un peu le flambeau et a essayé de vous garder en vie tous les deux du mieux possible quand il a été près de vous. Thesius voulait donc l’écarter pour que sa protection bénéfique n’agisse plus autant.
-Je comprends mieux maintenant la manière dont il regardait Bobby, dit Sam.
-Autrement il est vrai qu’une connexion unique existe entre vous deux et ça rend la protection sur toi, Dean, encore plus puissante car vous êtes inséparables et vous vous aimez tous les deux jusqu’à vous sacrifier l’un pour l’autre, ce qui est très rare de nos jours, je peux vous le dire. Beaucoup de personnes le disent mais ne le feraient jamais, alors que vous deux, si. »
Les deux frères, une nouvelle fois, se regardèrent timidement, gênés de savoir ça et fiers en même temps qu’on reconnaisse avec tant d’éloges leur relation fraternelle.

Julia reprit après un court silence :
« Autre point : Thesius insistait toujours sur le fait que ton entraînement était vital, Dean, pour soi-disant, sauver l’humanité. Mais il n’avait pas du tout ce but en tête.
-Ah bon ?s’étonna quand même Sam. Que voulait-il alors ?
-Il voulait vous utiliser tous les deux pour vous mettre à la tête d’une armée de démons. Il serait devenu le chef suprême des Enfers car il vous considérait tous deux comme une valeur sûre niveau combat et pouvoirs. Il voulait en cela contrer les projets du démon aux yeux jaunes que vous connaissez malheureusement déjà.
-Et que sont les projets du démon aux yeux jaunes, tu peux nous le dire ?demanda Sam, perturbé.
-Non, désolée, Sam, je ne peux rien vous révéler avant l’heure, tu m’en vois navrée. Vous devrez découvrir tout par vous-même quand il sera temps. Maintenant dites-moi ce que vous savez de cette fameuse histoire ou légende, peu importe. »
Sam lui montra alors le scan de l’histoire du chemin droit ou tortueux sur son ordinateur :
« Et c’est Bobby qui a trouvé ça dans un ancien livre de diverses légendes ?demanda-t-elle en fixant l’écran.
-Oui, c’est ça. Il n’en comprenait pas grand-chose à part le latin mais il avait un ami traducteur qui a su lui traduire le reste, lui répondit Sam. D’ailleurs il y a la traduction juste en-dessous de l’original, comme tu vois.
-Je n’ai pas besoin de la traduction, ça va aller, merci, répondit-elle en se concentrant sur sa lecture du texte original.
-Quoi ?s’exclama Dean. Tu ne vas pas nous dire que tu parles toutes les langues au monde ?
-Eh bien, si, Dean, justement, dit-elle toujours concentrée.
-C’est impossible, personne ne peut parler toutes les langues existantes, dit Sam.
-Peut-être aucune personne normale mais les anges gardiens reçoivent ce don dès qu’ils le deviennent pour qu’il n’y ait aucune entrave à leur protection.
-Et si je te parlais par exemple en japonais, tu pourrais me comprendre ?demanda Sam, soupçonneux.
-Bien sûr. Vas-y, essaie, lui dit-elle en le regardant calmement.
-Quoi, tu parles japonais maintenant ?s’informant Dean. Depuis quand ?
-J’avais appris un peu à la fac avec Jess, elle s’amusait à apprendre, alors je l’ai suivie un peu. »

Et alors Sam se mit à parler japonais avec une légère hésitation dans la voix pour ensuite d’un ton plus assuré. Puis Julia se mit à sourire et lui répondit en japonais également avec une intonation parfaite.
« Mais qu’est-ce que vous dites, bon sang ?s’énerva Dean, énervé par ce charabia.
-Ton frère vient de me dire que j’étais très douée et que tu avais de la chance de m’avoir comme ange gardien. Je l’ai remercié et lui ai confié que tu avais de la chance de l’avoir comme frère, voilà.
-Oh, oui, bien sûr…répondit Dean, surpris que tous les mots échangés entre eux en disent si peu.
-Tu m’étonnes vraiment, Julia, dit alors Sam. Tu as exactement l’accent japonais, comme si tu étais toi-même une japonaise, c’est dingue. Comment fais-tu ?
-C’est comme ça, c’est tout. Avec ce don, on peut faire semblant d’être originaire de toutes les langues et de tous les pays : on n’a presque plus d’origine nous-mêmes en fin de compte. Je suis censée être un ange gardien dépourvue de passé, d’identité et donc de nationalité. Ainsi on peut s’adapter à nos protégés et leur faire penser qu’on est comme eux.
-Mais tu es américaine, pourtant ?s’étonna Dean.
-C’est là où tu te trompes, Dean. J’étais française, quand j’étais en vie.
-Française ?s’exclamèrent les deux frères en même temps.
-Je sais, on ne dirait pas puisque je vous parle couramment américain, comme si j’étais originaire de ce pays mais non…la France me manque un peu d’ailleurs, je n’ai qu’un seul protégé là-bas, c’est peu.
-Alors là, tu m’en bouches un coin…resta Dean surpris. Je suis donc amoureux d’une Fr… »
Mais il ne finit pas sa phrase, conscient soudain d’avoir pensé tout haut. Il mit la main devant sa bouche et regarda avec appréhension Julia. Celle-ci avait extrêmement pâli et avait détourné le regard : elle s’assit, prise d’un léger vertige. Sam, lui, ne savait plus où se mettre. Dean, en voyant le grand désarroi de Julia, se leva et vint vers elle :
« Excuse-moi, je ne le pensais pas, j’ai dit ça comme ça…
-Toi comme moi, dit-elle, savons malheureusement que tu le pensais.
-Mais non, je ne… »
Cependant Julia ne laissa pas finir Dean et se leva. Elle ferma les yeux, essayant de reprendre ses esprits et de chasser toutes ces idées de sa tête. Quand elle rouvrit les yeux, elle avait pris un air déterminé et plus froid :
« Nous devons aller chez Bobby, c’est urgent. C’est à propos de l’histoire du chemin droit ou tortueux, vous ne savez pas l’intégralité de ce qu’elle contient. Partez tout de suite, je vous y rejoindrai, j’ai besoin d’un peu d’espace. »
Puis elle disparut sous sa forme d’étoile mais Dean crut entrevoir des larmes de tristesse et de douleur dans ses yeux. Pendant quelques minutes, les deux frères ne purent ni bouger ni penser tellement cela les bouleversait, surtout Dean bien sûr. Pourtant ils partirent aussitôt chez Bobby après dix minutes d’égarement.


Bobby ne s’attendait plus à leur visite, n’ayant plus eu de leurs nouvelles depuis leur départ. Cependant il les vit débarquer, avec sur leurs visages, un air inquiet pour Sam et un air triste et embarrassé pour Dean.
« Je suis content de vous revoir, les garçons. Ca va, Dean, tu n’es plus malade ?
-Non, merci, Bobby, ça va…
-Bien sûr, tu ne vas pas lui dire que tu lui as volé deux flacons de potion que tu as pris en supplément du mien, ronchonna Sam.
-Quoi ???s’écria Bobby. Tu as avalé trois flacons de potion et tu es encore en vie ?
-Oui, grâce à mon ange gardien, sourit Dean.
-Ah, celui-là…bouda Bobby. Je vous préviens, si jamais il remet les pieds ou les ailes ici, je vous jure que je…
-Pas la peine de vous énerver ainsi, Bobby, dit Julia en apparaissant soudain. Je vous promets qu’il ne reviendra plus jamais vous rabaisser ou se moquer de vous. Quant aux ailes, on n’en a heureusement pas, ça serait un peu embarrassant à transporter, finit-elle avec une légère ironie.
-Mais qui est-ce ?
-C’est Julia, mon véritable ange gardien, répondit Dean, en essayant de ne pas la regarder en face.
-Comment ça ? »

Sam entreprit alors de lui raconter ce qui s’était passé depuis leur séparation, depuis la fausse identité de Thesius, les combats avec le démon jusqu’à le sauvetage de Dean dans son coma par Julia. Pendant ce temps, Dean regardait partout ailleurs sauf en direction de Julia alors que celle-ci fixait les bouquins de Bobby, semblant vouloir les dévorer des yeux pour les lire.
« Ce n’est pas étonnant alors que ce Thesius n’était pas aimable avec moi, je suppose ?demanda Bobby, le récit achevé.
-En effet, Bobby, intervint Julia en se tournant vers lui. Et je suis sincèrement désolée que votre premier contact avec un ange ait été avec cet ange déchu. Mais sachez que vous êtes très respecté là-haut et qu’on ne pourra jamais mal vous parler, tout au contraire. Si votre ange gardien était ici, elle dirait la même chose que moi.
-J’ai aussi un ange gardien ?s’étonna Bobby, surpris.
-Bien sûr, tout le monde en a un. Bon, nous sommes venus pour vous parler de l’histoire du chemin droit ou tortueux. J’ai lu la version originale sur l’ordinateur de Sam mais…
-Quoi, tu as compris ce que ça racontait sans traduction ?
-Oui, je peux parler toutes les langues au monde mais bref, j’aimerais savoir qui vous a traduit ce texte.
-Un ami qui connaissait ces langues.
-Qui est cet ami ?
-Enfin, quand je dis “ami”, c’est plutôt une connaissance…hésita Bobby en voyant l’air déterminé de Julia. Je l’avais connu lors d’une chasse de démons à laquelle participaient plusieurs chasseurs. Il faisait office de traducteur car les démons parlaient différentes langues. Il s’appelle Alan Saquerfield. Je ne sais pas où il est en ce moment mais pourquoi, la traduction pose un problème ?
-Alan Saquerfield, réfléchit Julia. Oui, c’est un informateur et un traducteur effectivement, il est assez connu par mes collègues…
-Donc, ça va, il est du bon côté, affirma Bobby.
-Non, vous avez mal compris, désolée. C’est lui le principal informateur et traducteur pour les démons, il travaille à leur solde depuis plusieurs dizaines d’années.
-Quoi ?s’étonna Bobby. Tu dois te tromper, ce n’est pas possible. Pourquoi était-il avec ces chasseurs, alors ?
-As-tu revu un seul des quatre chasseurs de l’époque ?interrogea Julia en sous-entendus.
-Je crois que…mais Bobby réfléchit et après quelque secondes, prit un air consterné. Il alla aussitôt prendre un verre de whisky.
-Vous avez de la chance d’en avoir réchappé et de n’avoir pas participé à cette chasse aussi activement que les autres sinon vous ne seriez plus là. Cet Alan a attiré les quatre chasseurs dans un guet-apens quelques semaines après.
-Nom de D…mais Bobby s’arrêta à temps, écarquillant les yeux, comprenant devant qui il avait failli dire ça.
-Ne vous en faites pas, je ne vous en aurai pas voulu de dire ce juron... Maintenant, je vais devoir corriger quelques points sur cette histoire car même si les 3/4 de la traduction sont exactes, il reste certains points à éclaircir.
-Mais pourquoi cet Alan voulait-il induire Bobby en erreur ?demanda Dean.
-Parce qu’il savait que Bobby était lié à votre père et donc à toi, Dean et que tôt ou tard, l’histoire parviendrait jusqu’à toi. Alors autant donner la traduction en cachant quelques éléments sous une épaisse vérité. Donc écoutez bien, voici la véridique histoire.
Il est vrai qu’un humain ordinaire aura des pouvoirs assez importants pour contrer un mal ignoble mais il y a déjà eu un précédent dans l’histoire dont les faits sont restés cachés au commun des mortels et même inconnue aux légendes : je ne vous en ferai pas le récit, ça m’est interdit par les plus hautes instances mais je vous dirai simplement que ce fut effroyable. Les critères de choix de cet humain sont bien ceux-ci : la droiture, la connaissance du bien et du mal dans ses aspects les plus rudes et la pureté intérieure. Il est vrai aussi qu’un guide lui serait octroyé, vous l’avez d’ailleurs devant vous. Le choix entre le Bien et le Mal devra également être fait par cet humain. Mais il avait exagéré tes pouvoirs, Dean, je suis désolée de te le dire. Tu as seulement le pouvoir de contrôler l’espace, l’essence des objets et sur la matérialisation mais rien d’autre. Il voulait te pousser à une soif de pouvoirs insatiable et même démoniaque. Cependant il y a un fait très important qu’il a omis de signaler : cet humain serait aidé par quelqu’un dans son choix et dans sa lutte. Non par son guide mais par quelqu’un d’encore plus proche, qui s’avère être son propre frère. Oui, Sam, lui dit-elle en le regardant en souriant, car Sam persuadé de son mauvais rôle dans l’histoire, restait bouche bée : tu es censé aider et même protéger ton frère dans ce combat. »

Dean, heureux que son frère ne soit pas censé devenir son pire ennemi, sourit soulagé et regarda Sam mais celui-ci, encore choqué par cette révélation, semblait douter encore.
« Attends, Julia. Ce n’est pas possible. Dean a eu des cauchemars qui indiquaient le contraire et notre père a demandé à Dean, au cas où il échouerait de me sauver, de me combattre. Pourquoi a-t-il dit ça ?
-Votre père ne connaissait que la traduction du texte et puisqu’elle était fausse, il en a tiré de mauvaises conclusions, les mêmes que toi a priori. Quant aux cauchemars, ils avaient été envoyés à Dean, je suppose, par le démon aux yeux jaunes qui veut vous séparer à tout prix l’un de l’autre.
-Mais pourquoi alors Thesius nous disait qu’il était vital que Sam et moi restions unis ?demanda Dean, doutant à son tour.
-Parce qu’il voulait s’opposer au démon aux yeux jaunes et le meilleur moyen pour ça était de vous laisser ensemble pour une plus grande puissance.
-Et il me disait aussi que l’entraînement était essentiel pour maîtriser mes pouvoirs et il semblait croire que je pouvais en trouver d’autres.
-Là encore, ça rejoint ce que je viens de dire. Thesius voulait que tu deviennes mauvais, Dean et en te poussant à chercher d’autres pouvoirs, il t’en aurait fait voler par la suite, sûrement sans que tu ne t’en rendes compte. Il désirait que ta soif de pouvoirs devienne insatiable, comme les démons qui en veulent toujours plus. Ca t’aurait amené à vouloir dominer le monde avec le pouvoir de Sam à tes côtés. »
Les deux frères se contentèrent de se regarder, surpris et choqués de ces révélations et se turent, essayant de digérer ces nouvelles informations. Après un moment, Dean demanda alors à Julia :
« Donc, si je comprends bien, tu ne vas pas m’entraîner à utiliser mes pouvoirs ?
-Bien sûr que non, tu n’en as nul besoin. Il te suffit de croire en eux et ça sera suffisant. Rappelle-toi de ce que tu as vu dans le nuage de ton coma et tu verras que la maîtrise de tes pouvoirs deviendra évidente pour toi.
-Ok, je vais essayer ce soir.
-Mais je dois vous apprendre une information vitale, dit-elle. Tu devras, Dean, accomplir ta mission dans une semaine, jour pour jour, à 20h.
-Quoi ?s’étrangla Dean, affolé, de même que Sam et Bobby.
-Oui, je viens de l’apprendre seulement tout à l’heure. Cette date a été fixée par les deux camps pour que tu fasses ton choix à cette heure précise et ça décidera du sort de chacun des camps face à la menace ultime.
-Mais comment ça ?s’étonna Dean. Mon choix est déjà fait, tu le sais bien !
-Non, Dean, ce choix ne devra se faire qu’à cet instant précis et non auparavant car ton jugement sera différent alors et tu verras les choses d’un autre œil.
-Je ne vois pas pourquoi je verrai les choses autrement, ronchonna Dean.
-Tu verras le moment venu.
-Ok mais je devrai savoir me servir totalement de mes pouvoirs alors et ça sera plus difficile pour maîtriser l’autre pouvoir qui m’est inconnu. Serait-il possible d’avoir une petite aide de ta part ?demanda Dean, soucieux d’avoir Julia avec lui.
-Désolée, Dean, mais je ne dois t’entraîner aucunement mais par contre, ton frère pourra t’aider, je pense, c’est davantage son rôle. »

Dean tourna alors la tête vers elle, un air très déçu sur le visage. Il la regarda avec un air de chien battu en s’efforçant de lui montrer ce qu’il ressentait au plus profond de lui. Bobby regarda Sam, ne comprenant pas trop ce qu’il se passait mais Sam lui fit signe qu’il ne devait pas faire attention.
Julia, quant à elle, ne savait plus du tout où elle en était et avait une expression de profond désarroi. Elle dit soudain à Dean, n’y tenant plus :
« Dean, j’aurai besoin de te parler dans une autre pièce, s’il-te-plaît, lui dit-elle avec douceur mais aussi presqu’avec crainte. »
Dean hocha la tête et se dirigea, suivi de Julia, vers la chambre où il avait été plusieurs jours auparavant. Dean ferma la porte derrière elle et regarda Julia avec curiosité, se demandant ce qu’elle allait lui dire, qui ne concernait ni Sam ni Bobby. Julia regarda tristement par la petite fenêtre tout en parlant à Dean :
« Tu sais, Dean, depuis qu’on a été dans cet espace comateux et qu’on a semblé si proches tous les deux, j’ai été perturbée et même un peu perdue. Je ne savais pas ce que tu ressentais mais je m’en doutais. Je n’ai pas voulu approfondir davantage car je suis avant tout un ange gardien et je ne dois pas m’attarder personnellement sur les sentiments de mes protégés à mon égard. Mais quand tu as dit ce matin que tu étais amoureux de moi…
-Excuse-moi, Julia, je suis vraiment désolé, je ne le dirai ni le penserai plus, tu as ma promesse, dit alors Dean, confus et embarrassé.
-Tu es peut-être sincère maintenant, Dean mais je sais que dans quelques heures ou quelques jours, ça reviendra aussi intensément, c’est ainsi, tu n’y peux rien et je ne t’en veux pas.
-Alors pourquoi m’en parler ?
-Parce que je veux mettre les choses au clair, Dean. Tu garderas probablement ce sentiment en toi pour pas mal de temps mais sache que tes espoirs ne sont pas fondés et que jamais il ne pourra y avoir quelque chose entre nous, non, jamais…lui dit-elle, le désespoir se lisant dans ses yeux et des larmes dans la voix.
-Mais toi, que ressens-tu exactement ?s’interrogea Dean en voyant son bouleversement.
-Peu importe ce que je ressens, tout n’est que péché et je ne peux pas continuer ainsi. Tu ne peux malheureusement pas avoir un autre ange gardien que moi car tant qu’il est présent en ce monde, chaque ange gardien est assigné à ses protégés. Mais ce que je veux te signifier c’est que désormais, il ne devra y avoir entre nous qu’un échange professionnel et plus aucune parole ni aucun regard ni aucun geste personnel ou émotif. Ca ne fait que remuer le couteau dans la plaie. Tu dois te convaincre une bonne fois pour toutes qu’il ne pourra jamais rien se passer entre nous, c’est interdit et totalement immoral : c’est le plus grand péché qui existe là-haut.
-Et ce qu’a fait Thesius alors ? C’était quoi pour eux ?se révolta Dean, très malheureux.
-C’était un crime, Dean, le pire crime qui puisse exister mais les péchés sont pris très au sérieux et peuvent avoir des conséquences désastreuses, pire encore que dans ton imagination. Alors je t’en prie, Dean, oublie-moi, oublie-nous…Ce sera mieux pour tout le monde. Sache que cet amour est impossible. »
Malgré ses paroles, des larmes coulaient sans arrêt sur le visage de Julia, comme si elles étaient inarrêtables. Dean était lui aussi désespéré et des larmes arrivèrent elles aussi aux yeux de Dean mais même s’il ne voulait pas croire à ce qu’elle venait de lui dire, son expression était assez parlante pour lui. Julia se détourna de son regard et lui dit simplement :
« Je reviens dans une semaine pour t’emmener sur le lieu choisi pour ce que tu devras affronter. Tiens-toi prêt. »
Enfin elle disparut, laissant Dean sans voix, avec seulement des larmes et un désespoir atroce.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:38

Chapitre 13 : La confrontation finale


Dean resta plusieurs heures sans dire un mot, les yeux figés sur le feu qui brûlait dans la cheminée. Sam et Bobby respectèrent ce silence et se taisaient eux aussi. Sam avait compris ce qu’il avait du se passer et sans vouloir reprocher quoique ce soit à son frère sur ses précédents avertissements, il était tout de même triste de le voir aussi malheureux.
Quant à Dean, il avait essayé de ne penser à rien d’autre qu’à ce feu dans l’âtre mais ses pensées revenaient toujours inéluctablement vers Julia et ses paroles qui l’avaient tant blessé. Pourtant elle n’avait pas été le moins du monde méchante ou arrogante envers lui et il lui en était reconnaissant mais il aurait presque préféré une attitude orgueilleuse à celle si désespérée qu’elle avait exprimée. Il n’aurait jamais pensé qu’un ange gardien puisse tomber amoureux d’un humain mais lui-même ne pensait jamais le devenir non plus de ce genre d’être divin.
Mais étant de cette nature, Dean finit par se ressaisir et parla enfin à son frère et à Bobby de la proximité du combat :
« Tu aurais pu nous le dire plus tôt, Dean !lui reprocha Sam, reproche qu’il regretta aussitôt en voyant l’air encore malheureux de son frère. Enfin, ce n’est pas grave…Donc on a une semaine pour t’y préparer, j’espère que tu seras prêt.
-J’y serai, fais-moi confiance, assura Dean avec certitude. Mais je me demande seulement comment fonctionne mon autre pouvoir, voilà tout.
-On va chercher ensemble dès demain, ok ?lui promit Sam.
-D’accord. Ca ne t’ennuie pas, Bobby si on reste là cette nuit ?
-Mais non, pas du tout, tu n’as qu’à reprendre la chambre où tu avais été et il y en a une autre pour Sam. Ca me fait plaisir de vous avoir un peu tous les deux, c’est moins désert ici, sourit Bobby, heureux de leur présence.
-Merci, Bobby, dirent les deux frères de concert en souriant.
-Mais je la trouve vraiment sympathique cet ange gardien, cette Julia. Vous avez de la chance de l’avoir.
-Oui, c’est vrai, elle est très chouette, répondit alors Dean, pâlissant légèrement à son nom. »
Bobby sembla alors comprendre soudain pourquoi Dean était dans un tel état et regretta de l’avoir mentionnée. Les deux frères allèrent se coucher, chacun de leur côté.

Au milieu de la nuit, Dean se réveilla en sursaut, en proie toujours à des cauchemars mais ils étaient plus vagues et il ne s’en souvint plus à son réveil. Alors qu’il ne parvenait pas à se rendormir, il réfléchit à ce pouvoir de contrôler l’essence des choses et il essaya de se concentrer sur le verre vide sur la table à côté de lui en l’imaginant sous différents formes. Mais plusieurs minutes s’écoulèrent et rien ne se passait. Rageant et pestant contre ce maudit pouvoir dont il ne connaissait rien, il voulut envoyer valser le verre par terre de sa main. C’est alors que rien ne se produisit : il avait avancé la main et avait traversé le verre comme si celui-ci était devenu transparent. Ayant l’impression d’avoir eu une hallucination et d’avoir manqué le verre, il recommença et le verre, cette fois-ci, s’écrasa sur le sol. Mécontent et croyant à une simple erreur de sa part, il se recoucha, sans toutefois redormir de la nuit.
Le lendemain matin, Sam qui avait parfaitement bien dormi pour une fois grâce au douillet matelas de sa chambre, fut surpris de voir son frère avec des cernes sur le visage et une expression mécontente.
« Pourquoi n’as-tu pas dormi cette nuit ?s’inquiéta Sam, se rendant compte du rôle difficile de son frère quand lui-même en faisait. Encore des cauchemars ?
-En partie, oui mais je ne m’en souviens pas.
-Alors quelle est l’autre partie ?
-J’ai réfléchi à mon autre pouvoir, voilà tout et j’ai essayé de…mais Dean s’arrêta, se sentant stupide de dévoiler ce qu’il avait cru voir.
-Quoi ?demanda Sam, curieux. Tu as essayé de t’entraîner, à le faire fonctionner, c’est ça ?
-J’ai essayé, oui, admit Dean, vaincu.
-Et alors ?
-Alors quoi ? J’ai échoué, c’est tout, dit-il en détournant les yeux.
-Attends, tu ne me dis pas tout, là. Qu’est-ce que tu as fait exactement ? Dis-moi tout du début à la fin. »
Dean s’aperçut que Sam lui demanderait sans arrêt et qu’il n’aurait pas la paix : alors il lui raconta tout en détail et même ce qu’il prenait pour une hallucination. Quand il eût fini, Dean vit son frère sourire et lui dire :
« Et tu crois vraiment que ce n’était que le fruit de ton imagination, tout ça parce que tu étais dans un demi-sommeil ?
-Oui, ça ne peut être que ça, je ne peux l’expliquer.
-Justement, Dean, raisonna Sam. On ne peut pas expliquer tes pouvoirs mais ils sont réels pourtant. Tu vas voir, on va refaire l’expérience ensemble. On va y passer la journée s’il le faut mais tu arriveras à le refaire, je t’aiderai au maximum. »
Devant l’air assuré et confiant de son frère, Dean se sentit rassuré. Il n’y croyait pas encore beaucoup mais son frère avait le don de lui redonner une confiance absolue. De plus il se remémora ce qu’il avait vu dans le nuage et ce seul souvenir remonté à la surface suffit à lui insuffler une force nouvelle et confiante en lui.

Après un petit déjeuner copieux, les deux frères se mirent à côté d’une chaise en bois :
« Tu vas essayer que ta main traverse le siège en te concentrant de la même manière que cette nuit, dit Sam. Mets-toi exactement dans les mêmes conditions et repense à ce à quoi tu avais pensé.
-Si tu crois que c’est facile, je ne m’en souviens même plus, objecta Dean.
-Essaie quand même. Concentre-toi et garde confiance en ton pouvoir, tu peux y arriver, Dean. »
Celui-ci se concentra alors et ferma les yeux pour mieux y faire. Il essaya de se remémorer les mêmes pensées que la nuit d’avant mais c’était difficile, sachant qu’il avait presque tout oublié de ses pensées. Mais alors une chose lui revint en tête : il avait imaginé le verre sous différentes formes comme si le verre avait pu changer de forme et de matière. Il refit le même processus pour la chaise en lui attribuant mentalement différentes formes, couleurs et matières. Toujours concentré, il ouvrit les yeux, avança sa main vers le siège de la chaise et réussit à la traverser en passant du dessus en dessous, comme si elle était devenue transparente. Même à l’œil nu, la chaise semblait un peu plus translucide et moins solide. Dean, heureux d’avoir réussi et que son hallucination nocturne n’en soit pas une, regarda la réaction de son frère : Sam était tout simplement bouche bée, très surpris que son frère puisse réussir une telle chose. Se voyant observé, il voulut cacher une partie de sa surprise et fit un grand sourire à son frère en riant :
« Tu vois, grand frère, je t’avais dit que tu y arriverais ! Il faut avoir confiance en toi, voilà tout.
-Oui mais maintenant je sais comment faire, dit l’aîné sans toutefois révéler comment il faisait.
-Tant mieux. Maintenant on va essayer un autre objet pour…
-Eh, deux minutes, papillon !s’exclama Dean qui sans hésitation, s’assit sur la chaise qu’il ne traversa pas, étant redevenue comme avant.
-Quoi, tu ne vas pas dire que tu es déjà fatigué ?s’étonna Sam.
-Si, j’ai mal dormi et…j’ai faim, sourit Dean.
-Mais on vient de prendre notre petit déj ! Et je te rappelle que Bobby n’a plus rien dans son frigo.
-Pas grave, murmura Dean avec un léger sourire. »
L’instant d’après il fit apparaître dans sa main deux parts de tarte aux myrtilles, occasionnant un recul de Sam, choqué.
« Tu as utilisé ton pouvoir pour faire apparaître de la nourriture !s’exclama Sam, horrifié.
-Bien sûr, c’est pratique depuis qu’on m’a dit que je peux faire apparaître n’importe quoi, même sans le connaître, dit-il en ne mentionnant pas le nom de Julia. Et puis, tu pourrais me féliciter, petit frère ! Je l’ai fait en me concentrant à peine.
-Mais tu aurais pu faire apparaître des choses plus utiles, comme des armes ou des choses occultes !
-Les armes ne sont malheureusement pas encore comestibles. C’est dommage, elles auraient ainsi une double fonction parfaite pour moi, sourit Dean en s’imaginant cela.
-Très bien, monsieur le vantard, alors maintenant, puisque tu contrôles si bien ton pouvoir de matérialisation, je te demanderai d’apparaître à l’autre bout du terrain de Bobby car même ici, je t’y verrai.
-Oh, c’est un défi ?rigola Dean.
-Tout à fait. »
Dean, avec un grand sourire, se leva en enfournant la deuxième part de tarte d’une seule bouchée, se recula de quelques pas de son frère, se concentra et disparut. Sam se précipita à la fenêtre pour regarder s’il était apparu à l’endroit nommé. Quelques minutes s’écoulèrent…Sam commençait à devenir inquiet et à culpabiliser de lui avoir lancé ce stupide défi, quand enfin il le vit apparaître près de dernière voiture du garage de Bobby, tombant à la renverse sur cette dernière, lui faisant pousser pas mal de divers jurons. Sam ne put s’empêcher de rire et alla le retrouver là-bas.

Plusieurs jours se déroulèrent avec la même routine, entre les entraînements que Sam faisait faire à Dean, le repos nécessaire et demandé expressément par ce dernier et la nourriture qu’il s’amusait à faire apparaître. Du coup, Bobby n’avait même plus besoin pratiquement de faire les courses, Dean s’en chargeait avec plaisir, ce qui valait force remarques de Sam sur l’honnêteté de ce pouvoir.
« Ecoute Sam, la prochaine fois que tu recommences à me faire des remarques sur l’arrivée de nourriture, je t’envoie à l’autre bout du monde avec mon pouvoir, répondit Dean.
-Hein ?se moqua Sam. Tu ne peux même pas transporter quelqu’un avec toi lors de tes téléportations, alors envoyer sans y aller une autre personne ailleurs, ça m’étonnerait…
-Tu veux vraiment en être sûr ?demanda Dean, en le menaçant.
-Eh, calmez-vous, tous les deux !intervint Bobby en se mettant entre eux. Dean, ton duel est dans deux jours, il serait temps de se préparer.
-Mais je suis prêt, objecta Dean.
-Oui, sauf quand tu es tombé sur la voiture, c’est vrai…dit Sam en souriant.
-C’est différent, c’était de ta faute ! En plus, j’ai toujours mal dans le dos depuis !
-Arrête de geindre, tu sais bien que ta chère Julia pourra te soigner quand elle reviendra. »
Mais cette parole avait été de trop pour Dean. Il avait évité de parler d’elle depuis cinq jours et ses rêves sur elle, étaient devenus des cauchemars tellement il craignait et en même temps avait hâte de la revoir. Il avait failli l’appeler des milliers de fois depuis ces quatre jours sans elle et elle lui manquait tellement qu’il en avait mal dans la poitrine. Il ne comprenait vraiment pas pourquoi il l’aimait autant, ça ne lui était jamais arrivé auparavant.
Alors quand Sam prononça son prénom et l’idée de le soigner, Dean expulsa toute sa colère et sa tristesse accumulées depuis tous ces jours : il toucha la poitrine de Sam de sa main et ce dernier disparut de devant lui. Sam réapparut juste à l’extérieur de la maison la seconde d’après sans aucune blessure mais il était choqué que Dean ait pu lui faire ça à lui et ait également réussi à faire un tel exploit. Bobby qui avait assisté à la scène était tout aussi étonné.

Quant à Dean, il se rendit compte qu’il aurait pu faire du mal à son frère et non qu’il avait réussi ce que Sam l’avait accusé de ne pas pouvoir faire : il regarda tout d’abord si Sam allait bien et puisque c’était le cas, il regarda ensuite ses mains avec horreur comme si elles avaient été souillées et qu’elles étaient devenus démoniaques. N’arrivant plus lui-même à se supporter, Dean, désespéré, sortit par la porte de derrière. Sa voiture étant de l’autre côté de la maison et donc près de Sam, il prit le chemin inverse et marcha sur la route, ne sachant pas où il allait ni ce qu’il faisait : perdu tout simplement avec ces pouvoirs qui lui semblaient ne pas lui appartenir et qui le transformaient en quelque chose qu’il n’était pas, qu’il ne voulait pas être. Il marcha sans arrêt et ne s’arrêta qu’au bout de trois heures, à bout de forces physiques et morales. Regardant autour de lui, il ne sut pas du tout où il se trouvait, ayant marché sans direction ni sans faire attention. Epuisé, il s’assit alors sur le bord de la route et resta ainsi, espérant et priant pour qu’on lui dise quoi faire et quoi penser. Il aurait voulu plus que tout au monde que Julia vienne le réconforter mais il savait aussi que ce réconfort les entraînerait beaucoup plus loin que chacun ne l’aurait voulu, surtout avec ce champ juste à côté de lui. Cependant, rien ni personne ne vint le voir. La route et les champs étaient déserts et seul un vent froid se levait, glaçant Dean jusqu’aux os. Mettant alors les mains dans ses poches pour se réchauffer, il sentit quelque chose dans sa poche droite, un petit objet. Surpris, il le sortit et l’examina : c’était un petit objet en argent en forme d’étoile, exactement la même étoile qui représentait les apparitions de Julia, avec de fines pierres bleues azur aux extrémités. Au contact de sa paume, l’étoile qui était auparavant froide, devint chaude, de la même chaleur que les guérisons que Dean avaient reçues de Julia. Ebahi par la présence de cet objet dans sa poche dans ce moment où il en avait le plus besoin alors qu’il ne l’avait jamais remarqué avant, Dean sourit, comprenant enfin la signification de cette étoile qui était devenue lumineuse à son regain d’espoir. Levant la tête et regardant le ciel brumeux, Dean remercia tout bas sa Julia et ne put s’empêcher de serrer de toutes ses forces cette étoile venue directement d’elle : sa chaleur et sa luminosité s’imprégnèrent en lui et lui firent un bien tellement fort qu’il retrouva ses forces, perdues au fil de ses cauchemars. Il se leva alors, envoya un baiser vers celle qu’il aimait tant et après avoir embrassé également cette petite étoile, il garda cette dernière serrée étroitement dans sa main droite et se téléporta chez Bobby.

Pendant ce temps, Sam s’était beaucoup inquiété du comportement de son frère. Bien sûr, il n’aurait jamais cru que Dean pourrait le bousculer avec l’un de ses pouvoirs et réussir à le faire téléporter tout seul mais il culpabilisait de l’avoir ennuyé avec Julia. Il savait que c’était l’élément déclencheur de la colère de son frère et il regrettait amèrement sa bêtise passagère. Quand il avait aperçu le désespoir de Dean devant ce qu’il avait fait, il avait eu peur que son grand frère ne fasse une bêtise irréparable. Sam avait essayé de le suivre mais trop tard. Ainsi, depuis plusieurs heures, il n’avait pas cessé de marcher à travers la maison, en proie à une très grande anxiété. Bobby avait essayé de le rassurer mais rien à y faire.
Alors que Sam était sorti pour prendre l’Impala et partir à sa recherche, Bobby le rappela à l’intérieur. Devant lui était apparu, Dean, le visage encore triste et inquiet mais semblant avoir une mystérieuse chaleur intérieure. Dean regarda son frère avec crainte, ayant peur d’une nouvelle dispute et culpabilisant. Mais un seul regard de Sam suffit à Dean pour savoir que son frère ne lui en voulait pas le moins du monde. Alors brusquement, chacun d’eux s’avança naturellement vers l’autre et ils se serrèrent dans les bras, tous deux ému et heureux de se retrouver et de s’entendre à nouveau.

Le lendemain, les deux frères ne firent pas grand-chose, appréhendant surtout ce qui pourrait se passer. Dean n’avait pas montré à Sam l’étoile qui venait de Julia, comme si c’était un secret intime entre lui et elle, un secret qu’il ne voulait en rien rompre pour conserver toute la magie que cette étoile contenait. Depuis, Dean la gardait toujours à portée de main dans sa poche où il la touchait à tout instant, comme pour se rassurer de sa présence.
Bien sûr, Sam n’avait pas posé de questions sur le soudain revirement de son frère mais il sentait intérieurement que sans être apparue, Julia devait y être pour quelque chose.
Durant cette journée, ils avaient surtout formulé des hypothèses sur ce duel plus tarabiscotées les unes que les autres sans s’approcher le moins du monde de la vérité.
La nuit précédant le grand jour, Dean ne put fermer l’œil et même si ce n’était pas lui qui était visé, Sam ne put dormir non plus. Mais Dean n’appréhendait pas seulement le combat car il était prêt au niveau de ses pouvoirs mais aussi la réapparition de Julia car il craignait de ne pas pouvoir tenir la demande de Julia de cacher leurs sentiments respectifs.

Et pourtant, le soleil se leva en ce vendredi matin, une semaine après le départ de Julia, jour du fameux combat. Contrairement à son habitude, Dean ne mangea pas une seule bouchée de nourriture et ne but rien, l’estomac noué et la gorge serrée. Il ne savait pas à quelle heure viendrait Julia et il se sentait vraiment mal dans sa peau. Sam n’avait pu avaler qu’un café et rester les yeux rivés par terre, attendant le fameux moment arriver et se demandant s’il aurait le droit d’assister au combat de son frère. Bobby, entre eux, n’était vraiment pas très à l’aise, inquiet également pour Dean et se contenait de nettoyer des armes, incapable de se concentrer sur quoique ce soit d’autre. Mais les heures passèrent et rien ne bougeait ni n’apparaissait. Le soleil vint à son zénith sans que les trois ne bougent, attendant toujours. Puis le soleil entama sa descente vers son coucher. Dean devenait très inquiet, se demandant s’il était arrivé quelque chose à Julia ou non et comment il ferait pour se rendre là-bas, alors qu’il ne savait pas où le duel se déroulerait. Figé, il resta assis, plein d’angoisse alors que Sam, devenant très nerveux, marchait de long en large.
Mais tandis que 19h sonnaient à l’horloge de Bobby, l’apparition tant attendue en forme d’étoile se dessina devant Dean qui n’en revenait pas de la voir enfin arriver. Julia apparut, un sourire triste et inquiet sur le visage, regardant Dean avec douceur :
« Je suis désolée, Dean, je suis affreusement en retard, il y a eu quelques complications là-haut, je n’ai pas le temps d’expliquer plus clairement.
-Ce n’est rien, tu es là, c’est le principal, lui sourit Dean, heureux et soulagé de la voir devant lui.
-Tu aurais quand même pu nous prévenir, sermonna Sam, mécontent.
-Désolée Sam mais le téléphone n’est pas encore installé là-haut, et puis je crois de toute façon qu’il n’y aurait pas de réseau, ironisa Julia, faisant sourire Dean mais faisant faire la tête à Sam encore davantage. Ok, désolée, Sam, mais je ne pouvais pas venir, ni aucun de mes collègues, on était trop occupé à préparer l’événement de ce soir. »
Mais cette parole eut l’effet de créer un important malaise dans la pièce. Dean, malgré son inquiétude pour le duel et son amour pour Julia, dévorant tous les deux sa poitrine, reprit :
« Alors, c’est pour quelle heure ?
-Ca se passe à 22h là-bas mais je devrais t’emmener à 21h car il y a une heure de décalage horaire.
-J’aurais pensé que ça se serait passé à minuit, non ?demanda Bobby.
-Effectivement mais les deux camps se sont décidés pour cette heure, sûrement parce qu’ils pensent que le duel va se dérouler pendant deux heures et qu’à minuit, le monde restera le même ou basculera de l’autre côté : ça sera l’heure idéale pour le changement. Je te conseille de boire et manger un petit quelque chose au moins, Dean, ça te donnera quelques forces supplémentaires.
-Tu sais ce que je vais affronter, je me trompe ?demanda soudain Dean en la regardant fixement.
-En effet, je le sais mais je ne dois te donner aucun indice qui t’aiderait, tu m’en vois désolée.
-Et j’aurai le droit d’assister à ça avec Bobby ?demanda Sam, anxieux.
-Non, Sam, aucun spectateur, même pas moi.
-Quoi ? Même pas toi ?s’inquiéta Dean en regardant Julia. Je serai seul là-bas face à…à cette chose ?
-Oui mais ne t’inquiète pas, je serai tout prêt de toi, plus prêt que la limite autorisée, dit Julia en essayant de le rassurer.
-Et j’aurais droit à quelques armes ou au moins à de l’eau bénite ?
-Non, Dean, rien du tout. Seulement toi et tes pouvoirs.»
Le silence s’imposa de nouveau, Dean encore plus inquiet qu’avant. Il put difficilement boire un peu de bière et manger quelques frites. Il se sentait absolument démuni de tout et totalement incertain de la force de ses pouvoirs. Mais Julia s’approcha de lui et lui mit simplement sa main sur l’épaule : à ce contact tout le corps de Dean frissonna. L’instant d’après, la douce chaleur qu’il aimait tant se répandit comme une marée dans sa poitrine mais aussi dans son corps entier, des pieds à la tête, lui insufflant une force nouvelle. Levant les yeux, il la regarda et lui sourit pour la remercier de ce chaleureux réconfort dont il avait tant besoin une fois de plus.
« Il est l’heure, dit soudain Julia gravement et la seconde d’après, l’horloge sonna 21h. »
Dean se leva alors de sa chaise et regarda son frère et Bobby. Sam le regarda, inquiet et bouleversé mais réussit à lui sourire pour le rassurer. Bobby lui fit un signe d’encouragement, les paroles ne pouvant sortir de sa bouche.
Dean prit ensuite la main que Julia lui tendait et ils disparurent tous deux de la pièce.


Ils réapparurent, ce qui sembla à Dean l’instant d’après, dans une semi-obscurité. Mais aussitôt qu’ils furent arrivés, la lumière se répandit sur le lieu où ils se trouvaient. Dean s’aperçut alors avec horreur et désarroi que c’était l’un des lieux de ses cauchemars, le fameux pont où il devait faire son choix et souffrait tant moralement à chaque fois. Julia s’aperçut de sa surprise horrifiée :
« Dean, je sais que tu es surpris mais si tu restes calme et concentré et que tu empêches la surprise, le désarroi, la colère et la peur de t’envahir à certains moments, je te promets que tu réussiras, chuchota-t-elle à son oreille.
-Tu me donnes des conseils alors que c’était interdit ?murmura Dean, étonné.
-Que veux-tu, je ne suis pas parfaite ni totalement neutre, sourit-elle tristement. Souviens-toi, je serai tout prêt de toi et tu le sais avec ce que tu as à proximité de ta main.
-Merci, dit-il en pensant à l’étoile dans sa poche.
-Bon courage et bonne chance, Dean. Prouve-nous que tu es le meilleur. »
Puis Julia disparut, laissant Dean seul au milieu du pont qu’il connaissait tant.

Il avait l’impression d’être en train de vivre un de ses cauchemars mais ce fut encore pire quand il vit apparaître du côté démoniaque du pont, son frère, un sourire ironique et méprisant sur le visage. Horrifié, choqué et bouleversé, il en recula d’un pas et il comprit alors pleinement les dernières paroles de Julia.
« Alors, on dirait que tu es surpris, Dean ?demanda Sam.
-Non, ce n’est pas toi, ce n’est pas possible, je viens seulement de te quitter, tu es avec Bobby.
-Eh oui, j’y étais mais le pauvre Bobby aura un mal de tête assez fort pendant plusieurs jours.
-Que lui as-tu fait ?s’inquiéta Dean.
-Il est seulement inconscient, ce ne devrait pas être pour lui que tu devrais t’inquiéter, Dean.
-Tu n’es pas Sam, je n’y crois pas !
-Vraiment ? Tu veux que je te le prouve peut-être ? Tu as toujours voulu me protéger contre tout ce qui bougeait depuis notre enfance, tu serais même mort pour moi.
-Ca, tous les démons le savent bien, ça ne prouve rien !
-Vraiment ? Prenons un exemple précis alors. Que s’est-il passé un soir que j’avais environ sept ans et que Papa n’était pas rentré depuis une semaine sans donner de nouvelles, hein ?
-Quoi ?s’étonna Dean, surpris de ces détails.
-Mais oui, je me rappelle très bien. Je n’arrêtais pas de pleurnicher parce qu’on manquait d’argent et de nourriture dans ce motel miteux. Tu essayais de me rassurer comme tu pouvais du haut de tes onze ans mais incapable comme tu étais, tu n’y arrivais pas bien sûr. Alors, ne sachant plus quoi faire, tu t’es mis à pousser une colère pas possible et à crier des choses contre Papa comme quoi c’était un père irresponsable et que tout était de sa faute. Je crois que tout le motel à dû t’entendre ce soir-là, à mon avis, se moqua Sam.
-Non, tu ne peux pas savoir ça, c’est impossible si tu es un démon, s’inquiéta Dean, pâlissant à vue d’œil.
-Tu dois bien voir maintenant que je n’en suis pas un. Mais commençons s’il-te-plaît, je m’ennuie mortellement, moi.
-Commencer quoi ?
-Mais le combat, voyons. Qu’est-ce que tu croyais ? Avoir à combattre une sorte de démon comme tous les jours et utiliser tes pouvoirs comme si de rien n’était pour pouvoir ensuite retourner à ta petite vie misérable ? Mais non, Dean : c’est moi que tu dois combattre et seul l’un de nous deux remportera ce duel, comme…
-…l’avait prédit Papa, murmura Dean, bouleversé.
-En fait, il t’envoie son bonjour de l’enfer. Je suis passé le voir juste avant et il ne va pas très bien, tu sais.
-Quoi ?s’étrangla Dean.
-Eh bien oui, c’est normal, étant en enfer et ayant été un chasseur des plus détestés, il n’est pas très à sa place là-bas. Mais tu pourrais arranger ça, Dean.
-Comment ?espéra-t-il.
-Mais en te joignant à moi. Nous pourrions commander les enfers tous les deux et libérer notre père des chaînes brûlantes et atroces qui le lient en enfer. Il serait très fier de nous et pourrait ne plus jamais souffrir. Réfléchis-y, Dean. Tout serait possible si nous étions ensemble pour dominer l’armée des ténèbres. Tu pourrais même vivre ton amour avec ta petite Julia car tu aurais vite fait de la rallier à notre cause : vous pourriez devenir inséparables. On pourrait même faire revivre Maman et on serait de nouveau une famille. Qu’en dis-tu ? C’est une offre plus alléchante que de vivre misérablement ta vie sans famille, sans amis, sans amour et sans gloire, non ?
-En effet, je dois dire que c’est très tentant et c’est même une des meilleures offres qu’on m’ait faite de toute ma vie, répondit Dean en réfléchissant.
-Alors, dépêche-toi et accepte.
-Mais vois-tu, je crois que tu as oublié une offre encore plus alléchante que celle-ci et qui m’a été faite pas plus tard que le mois passé : manger des glaces gratuitement pendant toute l’éternité, sourit Dean avec un grand sourire offensant et moqueur.
-Très bien, tu vas le payer, ça, je te le promets !ragea Sam, furieux de son refus moqueur.
-Mais je t’attends, Sammy, répondit-il calmement. »

Alors Sam à distance provoqua chez Dean un mal de tête atroce qui le fit tomber à terre de douleur. Dean essayait de repousser cette douleur mais c’était presqu’impossible. Cette douleur lui fit saigner du nez et des oreilles, tellement c’était intense. Dean réussit quand à même à faire apparaître soudainement un poignard et à l’envoyer vers la jambe de Sam. Celui-ci, surpris, ne l’arrêta pas à temps et le poignard se planta dans son mollet, le faisant crier de douleur. Dean eut le temps de se ressaisir et se releva rapidement, se concentrant sur sa prochaine attaque. Sam fit apparaître de derrière lui des centaines de petites fléchettes qui vinrent très rapidement vers Dean : mais celui-ci, en se concentrant extrêmement, tendit la main vers les fléchettes qui ne le touchèrent pas mais le traversèrent, étant devenues transparentes. Toujours au milieu du pont, Dean sentit ensuite le pont s’effriter et devenir peu solide. Il vit en fait que Sam, placé à l’extrémité désignée pour le mal, voulait faire effondrer le pont. Tout se passa très vite pour Dean. Il sentit le pont s’effondrer sous lui mais heureusement il put disparaître à temps pour réapparaître de l’autre côté du pont, à l’extrémité opposé de son frère, celle désignée pour le bien. Maintenant un vide béant s’étendait entre les deux frères. Ils se regardaient fixement, essayant de deviner qui attaquerait le premier mais Dean ne voulait plus faire de mal à son frère et hésitait de plus en plus à le blesser car il voyait que la jambe de Sam saignait déjà abondamment. Il ne comprenait pas pourquoi tout se passait si rapidement et qu’il avait attaqué son propre frère qu’il aimait tant sans y réfléchir une seconde. Soudain, coupant court aux pensées de Dean, Sam envoya vers son frère une énorme boule de feu sortie de nulle part. Dean en était figé sur place et ne sut pas quoi faire. Sans vraiment se concentrer, il imagina seulement cette gigantesque boule de feu devenir une immense bulle transparente de savon, ce qui arriva la seconde d’après. Sam en poussa un cri de rage. Dean sentit alors une immense force monter en lui, force qui s’expulsa de son corps sous la forme d’un très grand lion de bronze qui bondit sur Sam par-dessus le vide qui les séparait afin de l’écraser de son poids et de sa force. Mais Dean sut à cet instant que cela tuerait à coup sûr son frère et il se rendit compte du danger. Alors que le lion s’apprêtait à s’abattait sur Sam qui malgré ses coups, ne pouvait l’arrêter, Dean l’arrêta lui-même et le fit disparaître, laissant un Sam craintif et incertain, à genou devant la précédente force de son frère.

« Je ne peux pas te tuer, Sam, non, je ne pourrais jamais… Je ne veux pas choisir entre un Bien qui ne m’a jamais réellement soutenu ou encouragé et mon frère que j’aime tant et qui s’est tourné vers le Mal… Je décide de ne pas choisir, voilà tout et peu importe les conséquences… »
Sam ria alors d’un rire moqueur et méchant. Se relevant malgré ses blessures dont il semblait ne pas vouloir tenir compte, il envoya vers Dean une nuée d’insectes qui s’abattit sur Dean sans que celui-ci ne fasse rien pour les arrêter. Ils lui écorchèrent le visage et les mains à de nombreux endroits mais Dean ne les repoussa, sachant qu’en faisant cela, il blesserait davantage son frère.
« Je ne te laisserai jamais tomber, Sammy, non, jamais. Peu importe que le Mal se soit emparé de toi ou que le Bien devienne caduque dans ce monde mais jamais, tu m’entends, jamais je n’attaquerai mon propre frère que j’aime tant, rien ni personne ne pourra m’y forcer. Je ne vais pas venir pour cela de ton côté, ça, jamais mais je préfère mourir sous tes coups que te tuer. J’ai peut-être été élu pour cette tâche mais je n’en suis pas à la hauteur, ils auraient du choisir quelqu’un d’autre. »

Les paroles de Dean semblèrent avoir un puissant effet sur Sam car il se tordit soudain de douleur, tombant sur le dos. Dean s’inquiéta pour lui mais il ne pouvait rien faire, ne pouvant aller de son côté, ce qui serait revenu par s’allier au Mal. Plus Dean semblait s’inquiéter, plus Sam semblait souffrir. C’est alors qu’une énorme fumée grisâtre pleine d’éclairs sortit de la poitrine de Sam et s’enfuit derrière lui, vers les enfers, laissant Sam totalement inconscient. Tandis que Dean ne savait vraiment plus où il en était et s’affolant pour son frère, Julia apparut à côté de lui, un très grand sourire sur le visage :
« C’est magnifique, Dean, tu as réussi !! Tu as remporté la confrontation pour le Bien.
-Non, ne me dis pas que Sam est mort !!s’affola Dean.
-Mais non, seulement la chose qui était en lui, le démon que tu as affronté avec brio.
-Tu veux dire que Sam était possédé ?
-Bien sûr et ton refus de choisir était la meilleure arme que tu pouvais utiliser pour vaincre ce démon. Tu pouvais le tuer, comme ça s’était produit la dernière fois mais tout le monde là-haut, moi la première souhaitait et pensait que tu finirais par ne pas choisir du tout, bravo, tu as prouvé que tu étais le meilleur. Ton amour a été le plus fort. Allez, je vais te réaccompagner chez Bobby, tout est fini maintenant.
-Mais où est Sam ?demanda Dean inquiet de ne plus voir son frère à l’autre extrémité.
-Il a été ramené lui aussi chez Bobby. Il se souviendra de tout par contre et toi, tu n’as désormais plus aucun pouvoir car c’était en vue de combattre ce soir et maintenant tu n’en as plus besoin. »
Mais Dean restait très choqué et bouleversé par tous ces événements et avait du mal à comprendre toutes les paroles de Julia. Celle-ci lui sourit et lui prit la main, lui apportant de nouveau ce réconfort et cette paix qui lui était nécessaire. Elle le ramena chez Bobby où lui et Sam l’attendaient, ce dernier plus bouleversé que jamais. Soignant les blessures de Sam et de Dean ainsi que le mal de tête de Bobby, Julia leur réexpliqua ce qu’elle avait expliqué à Dean puis elle disparut, laissant les deux frères entre eux, en proie à un intense embarras.

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MessageSujet: Re: Un chemin droit ou tortueux [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 2]   Ven 21 Mai - 22:42

Chapitre 14 : Epilogue


Une heure passa dans la gêne la plus totale entre Dean et Sam. Ils n’osaient plus se regarder en face. Ils ne savaient pas quoi se dire ni comment expliquer comment ils avaient pu s’en prendre l’un à l’autre. Dean s’en voulait d’avoir attaqué consciemment Sam et de ne s’être pas aperçu qu’il était possédé tandis que Sam s’en voulait d’avoir été manipulé une fois de plus par un démon et d’avoir fait du mal son frère. Ce fut Sam qui rompit le silence en murmurant d’une voix à peine audible :
« Excuse-moi, Dean.
-Mais non, tu n’y peux rien, Sammy. C’est à cause de moi tout ça, alors excuse-moi.
-Non, tu croyais que j’étais devenu un démon, comme Papa l’avait prédit, alors c’est normal que tu aies réagi de la sorte, voyons.
-J’aurai du voir que tu étais possédé. C’est mon job de te protéger et j’ai fait tout le contraire…
-N’oublie pas, Dean, que tu m’as finalement sauvé, tu n’as pas voulu choisir et ça nous a sauvé tous les deux. Tu as été formidable, crois-moi, assura Sam en le regardant avec reconnaissance et respect.
-Vraiment ?demanda Dean d’un faible sourire.
-Oui, tu as montré une très grande force intérieure qui ne venait pas de tes pouvoirs mais de toi-même et c’est incroyable. Je n’aurai jamais été capable de faire ça, je peux te le dire.
-Mais si, je suis certain que tu aurais fait pareil. »
Alors les deux frères se regardèrent sans gêne ni culpabilité et se sourirent, soulagés de ne plus avoir ce poids qu’ils venaient de porter. Totalement épuisés car il était quand même une heure du matin, ils allèrent se coucher, plus heureux qu’ils ne l’avaient été depuis un bon moment. Mais avant de s’endormir et malgré son soulagement d’être redevenu un homme normal, Dean repensa avec tristesse à Julia et se demanda s’il aurait un jour la chance de la revoir car elle était partie trop rapidement pour qu’il lui demande quoique ce soit. Trop épuisé pour y penser davantage, il s’endormit aussitôt.

Le soleil rayonnait dans la chambre de Dean quand celui-ci se réveilla. Il s’aperçut avec surprise que sa montre indiquait 11h30. Se levant, il se rendit alors compte qu’il n’avait plus de tâche à effectuer ni de pouvoirs avec lesquels s’entraîner mais aussi s’amuser. Il soupira légèrement, se sentant un peu bizarre d’être aussi vide et se sentant également un peu inutile. Il sortit de sa chambre et vit Sam se lever apparemment en même temps que lui.
« Eh bien, tu as dormir comme un loir, toi, cette nuit pour te lever si tard !s’exclama Dean, surpris.
-Ben oui, je ne comprends pas non plus mais j’ai eu un sommeil presque comateux, sûrement à cause du démon que j’avais en moi, soupira Sam.
-Ce n’était pas trop pénible quand même hier soir ?se risqua de demander Dean.
-Je me souviens de tout mais je ne me souviens pas par contre avoir ressenti quoique ce soit quand il était en moi : c’était comme si j’avais été figé. C’était assez bizarre…
-J’ai faim, moi et il n’y a rien à manger dans le frigidaire de Bobby, rouspéta Dean en refermant ledit frigidaire.
-Eh oui, monsieur le malchanceux, se moqua gentiment Sam, maintenant fini la nourriture à domicile, il faut se déplacer soi-même.
-Tu te moques peut-être mais c’était assez agréable dans un sens... »

Mais il fut interrompu par l’arrivée de Julia, son visage illuminé d’un beau sourire.
« Bonjour mon rayon de soleil !s’exclama Dean en la voyant.
-Dean, voyons, dit-elle avec un sous-entendu.
-Désolé, ça m’a échappé.
-Je suis venue pour te présenter ton ange gardien, Sam. »
Et la seconde d’après apparut dans un halo orangé, une belle femme d’une trentaine d’années, aux cheveux noirs bouclés, le visage fier. Elle regarda Sam :
« Bonjour, Sam, je me nomme Nancy. Je suis ravie de vous connaître.
-Moi aussi, répondit Sam, soulagé que son propre ange gardien soit aussi belle.
- Nancy était retenue, dit Julia, mais enfin son protégé peut maintenant vivre en sécurité.
-Tu n’as pas besoin de leur expliquer cela, Julia, lui dit Nancy.
-J’aurai une question, dit alors Dean, pensif et préférant Julia à l’ange gardien de son frère. Je croyais que tous les anges gardiens apparaissaient de la même manière, comme Julia sous la forme d’étoile. Alors pourquoi est-ce différent pour vous ?demanda-t-il à Nancy.
-Chaque ange gardien a une nature profonde différente et elle s’extériorise par la façon dont nous apparaissons, voilà tout, répondit l’ange de Sam.
-Eh bien, Julia, la tienne est ma préférée, sourit Dean en la regardant avec amour.
-Julia !s’exclama Nancy, choquée. Comment se fait-il que ton protégé te parle de cette manière, aussi intimement et vulgairement ?
-Il n’a pas fait attention et doit être encore sous l’effet de l’événement d’hier soir, n’est-ce pas Dean ?dit Julia en semblant le supplier du regard.
-Oui, effectivement, affirma Dean, surpris.
-Sachez tous les deux, dit Nancy aux deux frères, que les anges gardiens doivent respecter une certaine distance avec leurs protégés, cela dès le début et réciproquement. Un respect mutuel s’impose, sinon des débordements peuvent être craints. Bon, Julia, allons-y, nous avons autre chose à faire de plus important que de rester discuter.
-Oui, Nancy, je te rejoins tout à l’heure, j’ai à leur parler avant de repartir.
-Très bien mais ne t’attarde pas trop. »

Puis Nancy disparut dans son halo de lumière orangée. Sam resta surpris et ennuyé du comportement strict de son ange gardien et pensa qu’il n’avait pas du tout gagné au change. Dean en siffla et rigola, tapant sur l’épaule de son frère :
« Dommage, Sam, elle n’est pas aussi adorable que tu l’aurais voulu, hein ?dit-il en faisant soupirer Sam bruyamment. Eh bien, Julia, tu ne dois pas t’ennuyer quand tu la vois. Ne me dis pas que tous les anges gardiens sont comme elle ?
-Eh bien…mais elle ne finit pas, oscillant entre la confirmation à Dean et la crainte de devoir critiquer ses semblables.
-Oui, ok, j’ai compris, répondit Dean en soupirant.
-Je veux te féliciter à nouveau Dean, reprit-elle en n’y pensant plus, pour ton exploit d’hier soir, tu as fait preuve d’une très grande force morale et tu as su montrer la pureté de ton cœur. En cela, tu es exceptionnel, alors bravo, tu as impressionné tout le monde, démons comme créatures divines.
-Rien que ça !s’exclama Dean, surpris.
-Tu vois, Dean, tu ne dois pas te sous-estimer, remarqua Sam.
-On peut sortir le champagne, alors !!s’écria Dean, souriant de toutes ses dents.
-Pour vous peut-être, répondit Julia mais pas pour moi…
-Oh, allez !!insista Dean. Rien qu’une gorgée pour me faire plaisir, à moi, le héros du jour !
-Désolée, mais non pour deux raisons : primo, les anges gardiens ne boivent jamais d’alcool et secundo je n’ai jamais voulu en boire durant ma vie terrestre. Je ne vais pas commencer maintenant tout de même, sourit-elle à cette idée.
-Tu n’as jamais bu d’alcool ?s’exclama Dean, ahuri en pensant à tout l’alcool qu’il avait ingurgité durant sa vie.
-Eh non. Mais ce n’est pas une raison pour que vous ne trinquiez pas, allez-y…
-Ce n’est pas pareil sans toi, répondit Dean, soudain triste.
-Dean a raison, dit Sam, et puis on est heureux, c’est déjà ça, pas la peine de boire.
-Bon, très bien, dit-elle. Puis elle hésita légèrement avant de dire : je suis aussi venue pour vous dire adieu…
-Quoi ?s’étrangla Dean, alarmé.
-Tu aurais dû t’en douter, Dean. Je ne suis venue à l’origine que pour te guider en vue de ce qui s’est passé hier soir et rien d’autre. Les anges gardiens doivent veiller sur leurs protégés, invisibles et inconnus d’eux, sauf exceptions, comme vous deux. Maintenant que tu as accompli ta tâche, officiellement, je n’ai plus aucune raison de rester ici.
-Et officieusement ?demanda Dean, avec un regain d’espoir.
-Ne me pose pas cette question, s’il-te-plaît…dit Julia en détournant les yeux.
-Je…je vous laisse entre vous, dit Sam, sentant que son frère voudrait rester seul avec elle. Peut-être à un jour prochain, Julia, je suis ravi de t’avoir connu.
-Moi aussi, Sam, répondit-elle en lui souriant faiblement. »

Sam quitta la pièce et laissa Dean et Julia, très embarrassés l’un et l’autre.
« Ecoute, Dean, murmura Julia, je suis désolée de ne pas avoir été assez distante avec toi dès le début, ça aurait sûrement évité beaucoup d’embarras et de désespoir pour chacun de nous…
-Ne t’excuse pas, c’est de ma faute. Dès que je t’ai vu, je me suis littéralement emballé et encore plus quand j’ai appris à te connaître et à t’aimer…mais ce dernier mot les embarrassa encore plus tous les deux et Dean balbutia un léger “désolé”.
-C’est à cause de nos sentiments qu’on aurait pu échouer et que tu aurais pu ne pas correctement accomplir ta mission. De toute façon, il est nécessaire pour nous deux, que je parte sans revenir, tu m’en vois désolée, Dean. »
Mais Dean s’apercevait bien que Julia ne réussissait pas à partir et restait, ne voulant pas le quitter à jamais. Il s’en réjouissait et espérait qu’elle finirait par ne jamais repartir mais il ne savait pas si cela était possible ou non pour elle, même s’il se doutait malheureusement de la réponse. Quant à Julia, elle avait l’impression d’avoir soudainement les pieds en plomb, ce qui était assez ironique pour un ange, pensa-t-elle. Elle n’arrivait plus à bouger, comme si ses sentiments les plus enfouis en elle semblaient prendre tout le contrôle de son corps. Son désir de rester près de Dean à tout jamais grandissait en elle comme un feu ardent. Jamais elle n’avait été si désireuse de quelque chose qu’en cet instant, même durant sa vie mortelle. Elle voulait écouter l’amour enfoui en elle et se laisser submerger par lui tellement ça lui serait agréable et bénéfique. Mais comme si le merveilleux avenir près de Dean dont elle rêvait, avait été perçu par ses supérieurs, elle se sentit rappelée là-haut en toute urgence. Elle regarda Dean avec un désespoir dont elle n’avait jamais preuve jusque là et le regarda avec un amour grandissant dans les yeux : elle s’approcha de lui et lui murmura :
« Je dois y aller, Dean, ils sentent que je m’attarde inutilement selon eux. Vis ta vie comme si tu ne m’avais jamais connu, Dean et sois le plus heureux possible. »
Puis, soudainement, elle l’embrassa avec une douceur infinie et, Dean, répondant bien sûr à son baiser, ils savourèrent tous deux ce moment avec la joie et le bonheur le plus intense. Après quelques minutes, Julia se dégagea doucement et lui dit : « Je t’aime, Dean. »
Enfin, elle disparut, des larmes coulant sur ses joues, dans son étoile scintillante.
Dean, malgré ce départ sans retour de sa bien-aimée, était heureux d’avoir pu obtenir d’elle sans l’avoir demandé ce baiser qui avait été le plus beau de toute sa vie. Et il serra l’étoile venant de Julia, dans sa poche, qui se réchauffa à son contact de tout l’amour dont Julia l’avait imprégné.



SUITE dans la troisième et dernière partie de cette trilogie avec "Sacrifices".

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