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 Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]

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HermioneMulder
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MessageSujet: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 22:43

Vivre ensemble ou mourir seul



Sacrifices 3/3


Résumé : L’histoire se déroule quelques mois après la fin de la saison 2. Sam cherche désespérément un moyen pour sauver Dean de ce qui l’attend plusieurs mois plus tard. Mais ses recherches sont vaines. C’est alors qu’un espoir ressurgit pour Dean quand Julia revient, alors qu’il semblait l’avoir oubliée…

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 22:47

Chapitre 1 : Réapparitions


Sam avait passé de nouveau une nuit blanche à chercher sur son ordinateur et dans des livres prêtés par Bobby, une quelconque piste pour sauver Dean de sa damnation prochaine. Alors qu’il refermait tout, découragé, il vit Dean rentrer dans la chambre de motel, deux cafés à la main, souriant et sifflotant.
« Où as-tu encore passé la nuit ?demanda Sam avec fatigue.
-Avec une fantastique petite vendeuse, celle qu’on a rencontrée il y a deux jours. Elle a du piquant, ça, je peux te l’assurer.
-Génial, soupira Sam, dans le vague.
-Toujours pas de pistes ?demanda Dean d’un ton allègre.
-Non et arrête de faire comme si ça ne te concernait pas, je te signale, dit Sam, agacé. Il ne te reste que trois mois, et je ne veux pas… »
Mais sa voix se perdit dans un sanglot enfoui en lui. Dean resta ennuyé et gêné d’avoir provoqué cette souffrance morale chez son frère et n’osa plus bouger de son fauteuil. Le sujet avait été abordé de nombreuses fois et à chaque fois, Sam était de plus en plus contrarié de l’attitude de son frère. Il essayait de ne pas penser à la date qui se rapprochait dangereusement mais quand il regardait Dean, il ne pensait qu’à une seule chose : comment ferait-il quand son grand frère ne serait plus là ? Comment vivrait-il avec cette culpabilité de l’avoir damné inconsciemment ? A chaque fois que ces pensées lui traversaient l’esprit, sa douleur redoublait d’intensité et des larmes lui montaient aux yeux. Non, il trouverait une solution, c’était impossible que Dean soit damné comme leur père l’avait été. Il ferait ce qu’il faut pour cela.

Quelques heures après, ils étaient tous deux prêts à repartir de leur motel, ayant fini leur affaire et renvoyé le démon de cette ville en enfer. Mais soudain, ils s’arrêtèrent dans leurs mouvements, ahuris, quand ils virent apparaître devant eux la vision familière mais ancienne de l’étoile étincelante : Dean en lâcha son sac en voyant apparaître Julia devant lui, restant bouche bée. Ca faisait presque un an maintenant qu’ils ne s’étaient plus revus depuis leur baiser d’adieu. Sam faisait à quelque chose près la même tête que Dean mais il y voyait davantage une réponse à ses prières :
« Bonjour, Dean. Bonjour, Sam. Je suis vraiment heureuse de vous revoir, sourit-elle avec un air ravi sur le visage. Vous m’avez manqué, finit-elle en regardant plus précisément Dean.
-Mais…mais…que fais-tu ici ?demanda Dean, interloqué.
-Ne sois pas trop content de me revoir, je t’en prie, soupira-t-elle, déçue. Mais pour te répondre, il va falloir attendre quelques minutes pour qu’on trouve un endroit plus confortable et aéré. Et puis de toute façon, le gérant est prêt à frapper à votre porte pour vous demander de partir… »
La seconde d’après, un rude coup fut effectivement frappé à la porte, faisant sursauter les deux frères qui entendirent la voix du gérant du motel.
« Allons-y, s’il-vous-plaît, leur dit Julia. »
Julia emmena les deux frères sans les toucher, près d’un arbre, dans une magnifique prairie verdoyante. Même leurs bagages avaient été emmenés.
« Mais où est-on ?demanda Sam, surpris.
-Quelque part en France, j’avais la nostalgie, alors autant vous en faire profiter, leur dit-elle.
-Où est ma voiture ??s’exclama Dean, soudain affolé
-Je n’allais tout de même pas la garer dans cette prairie mais pour te répondre, elle vous attend au prochain lieu où je vous emmènerai. Mais ne t’inquiète pas, j’en ai pris soin, je sais à quel point tu y tiens. Asseyez-vous, je vous en prie, leur dit-elle en leur montra des sièges de verdure.
-Vas-tu répondre à ma question ?lui demanda Dean sans regarder où il était en train de s’asseoir.
-Dean, voyons, lui chuchota Sam, ennuyé de son ton brusque.
-Ce n’est rien, Sam, Dean a raison. Mais avant toute explication, j’aimerais Dean que tu déverses toute la rancune me concernant. Tu seras plus à même de juger ma réapparition. »
Dean resta sans voix, surpris que tout ce qu’il avait à dire et à reprocher à son ange gardien puisse être soudain déballé. Il se leva et fit quelques pas, ennuyé de se voir ainsi au pied du mur. Mais lorsqu’il regarda Sam, qui ne comprenait pas du tout ce que Dean pouvait avoir à reprocher à Julia, sa rancune revint à la surface avec toute son intensité. Il fixa alors Julia :
« Eh bien ce que j’ai à te reprocher est très simple. Pourquoi n’es-tu pas venue quand Sam est mort dans mes bras ? Pourquoi ne m’as-tu pas consolé quand j’étais près du corps de Sam ? Pourquoi n’es-tu pas venue m’apporter des solutions pour le sauver ou essayer seulement de le guérir avec ton pouvoir ? Pourquoi n’as-tu pas répondu au moindre de mes appels alors que je t’ai pourtant supplié de venir pendant des heures interminables ? Réponds correctement à au moins l’une de ces questions et j’aurai un début de compréhension ! »
Dean s’était tellement emballé que progressivement toute sa colère et sa rancœur étaient ressorties d’un seul coup et les larmes lui étaient montées aux yeux, à l’évocation de ces souvenirs. Sam était vraiment ému du comportement de son frère et il s’apercevait à quel point Dean avait du souffrir quand il était mort. Une très grande colère et tristesse se lisait facilement sur le visage de Dean et cette soudaine tempête déferlant sur Julia semblait difficile à calmer. Quant à Julia, son visage était resté impassible au fur et à mesure que Dean avait posé ses questions et seule la dernière lui avait fait verser des larmes. Alors qu’elle essayait depuis quelques secondes à commencer à répondre Dean, il semblait que les paroles lui manquaient et qu’elle avait du mal à formuler ses mots, l’émotion s’emparant d’elle. Malgré tout, elle réussit à parler :
« Il est possible et même probable que ce que je vais te dire ne m’excusera jamais auprès de toi, j’en suis consciente mais je vais quand même essayer de me justifier. Je vais répondre à toutes tes questions par une seule réponse, Dean : quand le drame s’est produit, je ne pouvais pas venir. Non à cause d’une urgence auprès d’un autre protégé car tu es le plus important de tous et non parce que je ne voulais pas. Mais j’étais dans l’incapacité de venir près de toi, tout simplement. Mes supérieurs savaient ce qui se passait et ils m’ont strictement interdit de venir. Bien sûr, j’aurais pu désobéir, me diras-tu et c’est ce que j’aurai tenté de faire. Mais apparemment ils savaient ce que j’aurai en tête et dès que le drame s’est produit et que je m’apprêtais à descendre en douce, ils m’ont carrément arrêté et m’ont, si je puis dire, enfermée là-haut. Je ne pouvais plus descendre sur terre, que ce soit pour toi ou pour quelqu’un d’autre. Ils ont également faire en sorte que je ne puisse plus communiquer du tout, même mentalement, avec l’un de mes protégés, autrement dit avec toi. C’était comme si…comme si on m’avait coupé les ailes et tous mes pouvoirs pour quelques jours. Sache que pour un ange gardien, c’est extrêmement pénible à vivre. Pas aussi pénible que les douleurs que tu as ressenties face à la mort de Sam mais c’était extrêmement frustrant et douloureux mentalement car je voulais t’aider et te consoler de toutes les fibres de mon âme car je ressentais intensément ce que tu vivais et je ne pouvais pas venir près de toi. Il est possible que tu ne croies pas un mot de tout ce que je viens de te raconter mais c’est la stricte vérité et il est presqu’impossible pour un ange gardien de mentir et impossible de le faire à l’un de ses protégés. Maintenant juge mes paroles et donne m’en ton verdict. »
Au fur et à mesure de son récit, le visage de Julia s’était embué de larmes et un bouleversement sans nom s’était installé sur sa face. Elle était devenue d’une pâleur presque mortelle, faisant ressortir avec plus de vivacité ses yeux rougis par les pleurs. Dean ne l’avait jamais vue aussi perturbée qu’en cet instant, même quand elle avait été bouleversée par son amour impossible vers lui. Voyant son complet désarroi et son désespoir, il la crut aussitôt, et culpabilisa de l’avoir accusée sans connaître la vérité.
« Je te crois, Julia, excuse-moi d’avoir douté de toi un seul instant, murmura Dean, j’aurais du savoir que tu n’étais pas du genre à laisser tomber les autres…
-Mais ce n’est pas la peine de t’excuser, Dean, tu as eu parfaitement raison de m’en vouloir ainsi. Comment aurais-tu pu savoir la vérité après tout ?lui dit-elle en retrouvant un léger sourire soulagé.
-Et tu es revenue quand même ?demanda Dean, surpris. En ne sachant pas si je te pardonnerai ou comprendrai ce que tu as vécu ?
-Mais oui, Dean, dit-elle simplement. Même si tu ne m’avais pas pardonné ou comprise, je voulais revenir et ne plus être séparée de toi plus longtemps. Et puis c’est à ça que sert l’amour : à faire fi de tout et à foncer tête baissée vers l’être aimé…mais Julia s’était emballée dans ses paroles et elle s’arrêta net, très ennuyée d’avoir révélé de telles choses qui venaient tout droit de son cœur. A ces derniers mots, le visage de Julia passa de la pâleur à un teint rougissant. Ces paroles plurent à Dean au plus haut point et il commença enfin à entrevoir à quel point Julia pouvait l’aimer.
-Mais pourquoi t’ont-ils t’empêcher de venir ?
-Eh bien, Dean, je n’en sais rien, je pense qu’ils voulaient voir comment tu t’en sortirais seul, je ne peux pas te dire, je n’en ai aucune idée…
-Pourquoi n’es-tu pas revenue depuis tous ces mois ?reprit Sam, en train de réfléchir.
-En fait, répondit Julia qui se reprit, j’ai essayé il y a quatre mois de revenir vous voir en ayant fait exprès un crochet vers un autre de mes protégés pour me couvrir. Mais je me suis faite pincer par ton ange gardien, Sam.
-Quoi, Nancy ?dit Sam, choqué.
-Oui, apparemment elle te surveille de très près et elle a signalé ma tentative à nos supérieurs qui m’ont empêché de revenir vous voir une fois de plus.
-Mais pourquoi n’es-tu pas permise de me surveiller d’aussi près que le fait Nancy avec Sam ?demanda Dean, ne comprenant pas.
-Tout simplement parce que mes supérieurs ont remarqué que je n’étais plus aussi posée et insensible qu’avant, comme mes collègues mais qu’apparemment, à ton contact, j’avais…disons changée et que je devenais trop…proche de toi, voilà…, dit-elle, très gênée.
-Mais ils n’ont tout de même pas aperçu notre…tu-sais-quoi ?demanda Dean, affolé, en essayant de cacher à Sam et aux oreilles indiscrètes leur baiser langoureux un an auparavant.
-Non, Dean, ils n’en ont rien su, heureusement, sinon je ne serai plus là pour te parler.
-Mais comment se fait-il justement que tu puisses être là avec nous ?demanda Sam. Ils t’ont accordé une permission ou une faveur ?
-Euh…en fait…ce n’est pas le plus important, dit Julia, soudain très embarrassée. Je suis là et sachez qu’on ne sera pas dérangé pour l’instant, voilà tout.
-Julia, qu’as-tu fait ?insista Dean, curieux et inquiet de la voir gênée à ce point.
-Disons que j’ai…j’ai légèrement embrouillé mes collègues pour qu’ils ne s’aperçoivent pas de mon absence, voilà tout…hésita-t-elle.
-Embrouillé ? Que veux-tu dire par là ?demanda Dean.
-Bon, ok, je vais vous le dire mais ne me disputez pas, c’était pour la bonne cause après tout…
-Julia ?redemanda Dean.
-Voilà : en tant qu’ange gardien, on peut avoir accès à d’autres dimensions pour les besoins de nos protégés et je suis allée…prendre dans le monde d’Harry Potter, un sortilège de confusion…prêté très gentiment par Hermione Granger d’ailleurs…
-Quoi ?s’exclamèrent les deux frères en même temps, abasourdis.
-Je sais, c’est très mal de leur avoir jeté un tel sortilège mais ils m’ont obligé franchement avec leur règlement strict et leurs surveillances…Et puis, ça prendra fin quand j’aurai fini ce que j’ai à faire avec vous, tout de même…
-Mais tu n’es pas une sorcière, tu ne peux pas jeter ce genre de sortilège !s’exclama Dean.
-En fait, j’ai réussi à trouver un truc mais c’est provisoire et impossible à révéler, désolée…
-Donc le monde d’Harry Potter existe vraiment dans une autre dimension ?douta Sam, qui avait du mal à digérer cette information. Celui de J.K.Rowling ?
-Bien sûr, je n’en avais jamais douté, affirma Julia.
-Tu n’es qu’un athée, toi, confirma Dean, moqueur en regardant de Sam. Bon, mais pourquoi as-tu pris un tel risque, Julia ?
-Mais pour toi, voyons, Dean.
-Je ne comprends pas.
-Jamais je n’aurai pu t’abandonner à l’horrible sort qui t’attend. Depuis que j’ai été attrapée à cause de Nancy, je prépare ce que je suis en train de faire avec vous.
-C’est-à-dire ?questionna Dean.
-Mais Dean, je viens te sauver, te libérer de ce pacte qui va te coûter ta vie et ton âme. J’avais trouvé ça inacceptable bien que tu l’aies fait pour la meilleure des causes, bien sûr. Alors j’ai cherché une solution car je voyais que Sam, avec ses moyens, n’en trouvait malheureusement pas.
-Et tu as trouvé ?demanda Sam, impatient de savoir. »
Julia ne lui répondit pas aussitôt et se contenta de regarder Dean, avec une étrange lueur dans les yeux.

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 22:49

Chapitre 2 : Un espoir à l’horizon ?


« Alors, Julia ? S’il-te-plaît, n’entretiens pas le suspense plus longtemps !insista Sam, tout comme Dean, très anxieux.
-Après des mois de recherche, oui, j’ai trouvé, Sam, répondit-elle avec une lueur de triomphe dans les yeux. Mais cela a été très difficile, ça, je peux vous l’assurer.
-Comment as-tu fait ?demanda Dean, surpris.
-En fait, j’ai quelques contacts à différents endroits qui sont autorisés par mes supérieurs. J’ai fait appel avec un peu de réticence, à un démon qui aime entretenir des relations avec le Ciel. Il m’a efficacement aidé et on a pu trouver ensemble une voie assez hors norme et qui serait le seul moyen de sauver ton âme, Dean, sans que Sam ne meure. Cette voie est celle d’un démon qui se nomme Austaus. On peut l’associer au démon des pactes mais il est très différent car jamais il n’échangera une âme humaine contre quoique ce soit. Il est davantage matériel, disons et ne veut en aucune façon d’âme, ça l’embarrasserait de trop.
-Mais alors pourquoi le fait de rendre l’âme de Dean l’intéresserait s’il ne veut pas avoir affaire avec des âmes humaines ?demanda Sam, perplexe.
-En fait, je pense que ça l’intéresserait car il adore contrecarrer les plans des puissants démons torturant les humains. Lui n’est qu’un démon qui fait des affaires et franchement je crois qu’il n’a jamais mis les pieds sur terre.
-Pardon ?dirent les deux frères. Mais où est-il ?
-Il réside dans une partie assez emblématique, juste entre la terre et les enfers. Il aime entendre les échos de ce qui se passe sur terre sans toutefois vouloir y aller et également écouter les échos des cris de ceux qui sont en enfer. Il sait se maintenir là-bas à cause de ses échanges mais c’est davantage un démon du troc qu’autre chose.
-Et il aurait le pouvoir d’annuler le pacte sans que Sam ne meure, tu en es sûre ?demanda Dean, anxieux et en même temps espérant.
-Oui, j’en suis presque convaincue.
-Mais a-t-il déjà traité avec des êtres autres que des démons, comme des humains ?demanda Sam, un peu craintif.
-Oui, il traite assez souvent avec des humains mais la plupart du temps, ces derniers ressortent d’une manière assez…épouvantable, presque détruits mentalement, à ce qu’on m’a dit…
-Et tu veux qu’on y aille ?s’exclama Dean. Sans armes, je suppose en plus ?
-Bien sûr, Dean mais tu oublies une chose fondamentale et essentielle : vous m’avez et puisque c’est moi qui dirigerai le troc avec lui, vous n’aurez rien à craindre, je vous le promets.
-Peut-on avoir confiance en lui ?
-Je ne pense pas, Sam mais c’est la seule voie que j’ai trouvée pour sauver ton frère. J’ai cherché encore après et aucune solution ne s’est offerte à moi. Et pourtant j’ai employé les trois énergies à ma disposition pour chercher cela : divine, humaine et démoniaque. S’il y a une autre solution, j’avoue que je ne comprendrai pas.
-Mais comment se fait-il que je n’ai jamais entendu parler de ce Austaus dans les bouquins que j’ai lu ou sur internet ?
-Tout simplement, Sam, parce que ce démon ne demande qu’une seule chose à tous ceux avec qui il traite ou ceux qui le connaissent : ne révéler ni son identité ni ses activités sur aucun écrit d’aucune sorte. Si un nouveau contact peut être fait avec lui, ce n’est que par voie orale. Et même, pour s’assurer de son bon vouloir, il a jeté une sorte d’interdit sur ça. Ainsi, à chaque fois que quelqu’un veut mettre son expérience ou ce qu’il a entendu par écrit, les mots s’effacent aussitôt, même par ordinateur. C’est pour cela qu’il est très difficile de savoir qu’il existe ou même de savoir où il réside. »

Julia s’arrêta de parler, observant la réaction de Dean et Sam. Les deux frères étaient abasourdis car ils voyaient que l’issue pouvait être toute proche et que ce que Sam avait désespérément cherché pendant presque neuf mois, semblait avoir une solution. Sam était réellement soulagé et ne savait plus trop où il en était. Il était infiniment reconnaissant à Julia qui était comme la réponse à ses nombreuses prières.
Quant à Dean, il était assez chamboulé. Lui qui avait pris son parti de partir en enfer trois mois plus tard, voyait s’ouvrir soudain devant lui une autre porte faite d’espoir, de vie, et de lumière. Et tout cela provenait de Julia, celle qu’il avait tant aimée et envers laquelle il ne savait plus comment réagir. Car après son départ un an auparavant, il avait extrêmement souffert silencieusement de sa fuite et de ce baiser qu’il aurait tant aimé renouveler tellement il l’avait trouvé extraordinaire. Julia, en l’embrassant, lui avait donné un avant-goût de ce qu’il pourrait vivre avec elle, de tout l’amour qu’ils pourraient partager mais cet avant-goût s’était arrêté là : ce bref instant de bonheur était demeuré dans son cœur mais il avait du se forcer à l’en faire partir car il lui faisait trop mal, comme une blessure s’ouvrant légèrement plus chaque jour. Dean s’était obligé à l’oublier pour ne plus souffrir car il avait alors pensé qu’il ne pourrait plus jamais la revoir. Alors il avait profité de la vie au maximum ainsi que des belles filles qui lui plaisaient au passage. Pourtant, pas une seule nuit en compagnie de ces demoiselles n’avait atteint le centième du bonheur qu’il avait éprouvé avec le seul baiser de Julia. Mais même s’il avait toujours comparé, il avait essayé de ne plus penser à son ange bien-aimé. Ensuite, il avait préféré la détester, s’offrant une voie de recours, quand elle n’était pas apparue au chevet de Sam décédé. Et maintenant il recommençait à ne plus savoir du tout où il en était et il recommença à l’adorer aussi fort qu’avant et peut-être même davantage car elle venait lui offrir tout l’espoir qu’il avait évité de chercher en vain. Cependant, il dut mettre ses pensées et sentiments de côté quand Sam reprit la parole :

« Mais c’est bien joli tout ça, Julia mais même si ce démon accepte, que va-t-on lui donner en échange puisque c’est un démon du troc ?
-Mais j’ai pensé à tout, voyons, Sam, sourit Julia. Ne t’inquiète pas, je pense avoir trouvé la chose idéale pour le faire céder, vous verrez. Allez, venez avec moi, on doit aller prendre nos billets pour aller le voir.
-Nos billets ?demanda Dean, surpris, tout comme Sam.
-Eh bien oui car même si le voyage dans cette zone intermédiaire infernale ne nous fait pas voyager dans un train ou je-ne-sais-quoi, il nous faut quand même des billets pour y aller. C’est notre prochaine destination et là où t’attend ta chère Impala, Dean.
-Et où est-ce ?demanda Sam, curieux.
-Mais à la gare, petit curieux, rigola Julia. Mais non, je plaisante. Vous allez voir. »
Ensuite Julia, ne les touchant toujours pas, les emmena ailleurs, dans le hall d’un hôtel luxueux.
« Où sommes-nous ?demanda Dean. Ce décor me semble bizarre.
-Tu ne dois être jamais venu ici, c’est normal. Nous sommes à Naples, en Italie, dans l’hôtel abritant un genre de transactions démoniaques et de ventes de billets vers différentes destinations. C’est pour ça que vous pouvez croiser démons et humains ici. Les créatures divines se font extrêmement rares dans les environs, à part les anges gardiens qui veillent sur leurs protégés, bien sûr. Venez, le guichet qui nous intéresse est au premier étage. »

Plus ébahis qu’autre chose, Dean et Sam suivirent Julia en silence, s’étonnant que cet hôtel pouvait abriter ce genre de transaction démoniaque car ce lieu semblait être un hôtel tout à fait normal et aucune trace de souffre ou de phénomène étrange n’apparaissait. Des gens circulaient ça et là et semblait être des clients et le personnel de l’hôtel tout à fait normaux. Julia emprunta un escalier au fond du hall d’entrée, ne prenant pas l’ascenseur, pourtant juste à côté.
« Pourquoi ne prend-on pas l’ascenseur ?demanda Dean, ennuyé de devoir monter des marches.
-On m’a appris qu’il fallait se méfier de l’ascenseur : il paraît qu’il peut vous conduire directement en enfer car il prend des décisions selon qu’il vous aime ou non. Alors autant ne pas tenter l’expérience, dit-elle avec légèreté. »
Les deux frères se regardèrent, surpris que cela puisse se produire aussi facilement. Dean comprit à tel point le message qu’il alla devant et monta les escaliers quatre à quatre. Ils arrivèrent rapidement au premier étage et se retrouvèrent dans un couloir très bien éclairé avec des portes fermées de chaque côté. Julia leur fit signe de la suivre et elle s’arrêta devant le numéro 16.

Avant d’ouvrir la porte, elle leur chuchota :
« Ne dites surtout rien et n’ayez l’air choqués par rien de ce qui se passera là-dedans. Laissez-moi faire et faites comme si ce que vous voyez est quotidien pour vous. Contentez-vous de faire un signe de tête quand je vous regarderai à un moment donné, vous comprendrez. »
Les deux frères opinèrent de la tête et tous trois entrèrent sans avoir frappé. Dean et Sam essayèrent de paraître indifférents mais c’était difficile de le rester face au spectacle qui s’offrait à eux. Il y avait devant eux trois guichets et devant chaque guichet, une longue file d’attente. Heureusement il semblait que chaque demande était vite expédiée. Il y avait aussi bien des humains que des démons avec d’horribles figures et des corps difformes et personne ne semblait surpris d’une telle homogénéité dans cette clientèle. Attendant dans la file d’attente de gauche, les deux frères eurent le loisir, pour passer le temps, d’observer ces démons et créatures qu’ils se contentaient de chasser habituellement mais avec lesquels, ici, ils étaient au même rang. Leur tour arriva rapidement et Julia se présenta à une femme apparemment normale qui tenait le guichet. Julia s’exprima en italien et seul le nom du démon qu’ils voulaient aller voir parvint aux oreilles des deux frères qui ne comprenaient autrement rien du tout de leur discussion. Après quelques minutes de conversation, la femme tourna son regard vers Dean et Sam en les observant : Julia les regarda également et comprenant ce qu’elle leur avait dit auparavant, les deux frères hochèrent la tête. La femme prit alors trois billets grenat parsemés de nombreux trous ayant une signification inconnue. Julia leur fit signe alors de partir.

Ce ne fut que lorsque la porte fut refermée derrière eux, que Julia soupira de soulagement :
« Eh bien, voilà une corvée de faite !
-Une corvée ? Ca semblait une conversation assez normale, non ?remarqua Sam.
-Ne te fie jamais aux apparences. En fait, j’ai du la convaincre par tous les moyens que nous voulions expressément voir ce démon, qu’une vie en dépendait mais elle était persuadée que nous voulions aller tuer le plus de démons possible, vous identifiant tous deux comme des chasseurs de démons. Heureusement que vous n’aviez aucune arme sur vous, sinon on était grillé.
-Mais comment a-t-elle su que nous étions des chasseurs ?demanda Dean. C’est marqué sur nos fronts ou quoi ?
-Non mais vous êtes connus chez les démons et apparemment vos descriptions ont circulé un peu partout.
-Même ici, en Italie ?s’étonna Sam.
-Bien sûr, les démons que vous avez côtoyés ne restent pas aux Etats-Unis qui ne sont quand même le centre du monde. Il y a des démons dans de nombreux pays.
-Mais comment as-tu payé nos billets ?demanda Dean.
-On ne paie pas nos billets pour aller voir ce démon. C’est gratuit mais par contre, on n’est jamais assuré d’en revenir en un seul morceau, c’est ce qui fait la gratuité du voyage. Et puisqu’on doit apporter quelque chose avec beaucoup de valeur, ça compense aussi. Bon, on y va, je n’aime pas trop cet hôtel. »

Les deux frères approuvèrent également. Après avoir descendu l’escalier, ils sortirent de l’hôtel et Dean put rejoindre sa voiture sur le parking de l’hôtel.
« Mais pourquoi l’as-tu amenée ici au lieu de la laisser où elle était ?demanda Dean, inquiet pour sa voiture.
-On peut venir ici sans risques en se téléportant mais pour revenir chez soi, il faut prendre un moyen de locomotion matériel et bien existant, sinon on est bloqué éternellement ici à faire de l’auto-stop. Il faut donc que tu conduises pendant un kilomètre sur la route qui s’offre à droite de nous, on pensera alors à notre lieu de destination et on y sera la seconde d’après.
-Ah oui, bien sûr, pourquoi ai-je posé la question ?s’étonna Dean, rigolant. »
Ces paroles firent sourire Julia et tous trois montèrent dans l’Impala. Dean suivit les instructions de Julia et un quart d’heure après, ils étaient arrivés à quelques kilomètres de là où résidait Bobby. De la banquette arrière, Julia leur demanda d’aller le voir.
« Et pourquoi ?
-Eh bien, Sam, il faut que nous allions le voir car c’est le seul en qui vous avez confiance pour garder l’Impala en toute sécurité pendant que nous irons voir Austaus.
-Quoi ?s’écria Dean. Nous allons le voir maintenant !
-Bien sûr, à moins que tu ne veuilles attendre l’échéance des trois mois…
-Non, bien sûr que non mais pourquoi lui confier l’Impala d’abord ?
-Parce qu’il peut se passer pas mal d’événements plus ou moins dangereux et je préfère que tu saches ta voiture en sécurité pendant que nous affronterons la visite à ce démon.
-Oui, c’est vrai que Bobby en prendra soin, il sait combien j’y tiens. »

Quelques minutes après, ils entraient tous trois chez Bobby qui les regarda surpris, surtout Julia :
« Eh bien, ça faisait un bail dis donc ! »
Ils lui expliquèrent ce qu’ils allaient faire et leur demande qu’il garde la voiture pendant ce temps :
« Bien sûr, tu peux me faire confiance, Dean. Mais je n’ai jamais entendu parler de ce démon Austaus, vous êtes sûre qu’il existe ?
-Bien sûr, sinon on n’aurait pas les billets, dit Julia en les montrant.
-Seigneur !s’exclama-t-il. Comment as-tu fait pour en avoir ?dit-il en la tutoyant soudain. J’ai toujours été très curieux de ce genre de marchandises, c’est extrêmement difficile à obtenir et très rare : tu dois vraiment être douée.
-Merci, rougit-elle légèrement. Bon, il faut qu’on y aille avant que l’entrée ne ferme. A bientôt Bobby, faites gaffe à vous.
-Merci et bonne chance à tous les trois, revenez entiers. Julia, je te confie leur sécurité, lui dit-il solennellement.
-Pas de problème, je n’aurai aucun mal à les garder en vie, faites-moi confiance. »

Puis, après avoir un clin d’œil amical à Bobby, Julia se tourna vers les deux frères et leur tendit chacune de ses mains :
« Allez, c’est le grand saut dans l’inconnu, même pour moi. On y va ? »
Alors Dean et Sam, le visage anxieux prirent chacune des mains, légèrement tremblantes également, de Julia. Enfin, ils partirent vers ce lieu sans nom.

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 22:53

Chapitre 3 : Un échange angoissant


Quand Dean et Sam virent à nouveau quelque chose, après l’intérieur de la maison de Bobby, ils furent plus déstabilisés qu’autre chose. Julia ne semblait pas en mener large non plus. Ils se trouvaient dans un espace très obscur où, à leur droite, s’amassait une longue file d’attente au bout de laquelle rougeoyait au loin une lueur orangée. Tous trois prirent place au bout de la file d’attente, et tandis qu’ils venaient de se ranger derrière ce qui semblait être un monstre poilu, une main osseuse et verdâtre se tendit vers eux sur leur droite : Julia en comprit la signification et mit, plus pâle que jamais, les trois billets dans cette main solitaire. Aussitôt les billets donnés, la main se referma d’un coup sec, disparut une seconde ou deux et reparut avec un ticket grenat où des numéros semblaient marqués. Julia prit le ticket tendu et la main disparut.
« Qu’est-ce que c’est marqué ?chuchota Dean, curieux et tendant le cou pour pouvoir le lire malgré l’intense obscurité.
-Attends…dit Julia, essayant de lire quelque chose. Je crois que c’est marqué 2524, puis il y a une barre oblique et après il y a le chiffre 3 : ce dernier sûrement parce que nous sommes trois.
-Mais le premier chiffre n’est tout de même pas notre place dans la file, si ?s’affola Sam en chuchotant également.
-Bon, d’abord, pas la peine de murmurer car toutes les conversations dans chaque groupe sont privées et ni humain ni démon ne peut nous entendre. Et ensuite, je crois effectivement, Sam, que c’est notre place, dit-elle calmement.
-Quoi ?s’exclama Dean. On a 2523 personnes ou créatures devant nous ?
-Peut-être pas, contesta Julia. Je pense que ça a commencé depuis quelques heures et ils ont commencé à compter à partir de là, on n’a peut-être pas si longtemps à attendre, après tout… »
Mais comme si on voulait confirmer ou infirmer ce qu’elle venait de dire, ils virent soudain à leur gauche, des chiffres de feu s’allumer brièvement et indiquer le chiffre 1022.
« Ah oui, que viens-tu de dire ?sourit Dean, amer de cette découverte et regardant Julia avec insistance.
-J’espère que chaque échange n’est pas trop long, en tout cas, remarqua Sam en soupirant.
-Dommage qu’il n’y ait pas de télé, ici, tiens…marmonna Dean en soupirant également. »

Alors ils attendirent, les deux frères luttant pour ne pas s’asseoir par terre, car ils ne savaient pas exactement où ils se seraient assis et cela leur était fortement déconseillé par Julia. Ils avançaient de temps à autre, quand la file devait diminuer. Après quelques heures, une longue file s’était amassée derrière eux, plus longue que celle qu’ils avaient devant eux, en tout cas, ce qui était assez rassurant, pensèrent Dean et Sam. Dean aurait voulu engager la conversation avec Julia durant toute cette attente mais la présence de Sam et ce lieu plus qu’inhabituel l’en empêchaient, ayant trop peur de dévoiler ses sentiments enfouis. Alors il se contentait de la regarder malgré l’obscurité, et tandis que ce lieu l’effrayait quelque peu, le visage de Julia le rassurait, par sa douceur et son calme, alors que ce lieu avait tout pour angoisser.
Sam, quant à lui, observait les autres personnes ou créatures qui attendaient et était sans cesse étonné de voir des créatures qu’il n’avait jamais vues dans le journal de leur père, ses bouquins ou sur internet. C’était presque un bestiaire démoniaque, tellement les genres étaient diversifiés. Par contre, lui et Dean furent assez horrifiés et effrayés de voir un couple apparemment humain littéralement trembler à quelques mètres devant eux. Ils semblaient être totalement dépassés par ce qui les entourait et leurs yeux écarquillés de frayeur montraient assez bien leur angoisse. Sam fit un léger mouvement pour sortir du rang et aller les rassurer mais Julia l’arrêta de la main :
« Non, Sam, reste ici, lui dit-elle gravement. Tu ne dois surtout pas t’éloigner de nous ou changer de place, c’est très dangereux. Tu dois malheureusement laisser ce couple dans l’état où il est. De toute façon, personne ne peut plus rien faire pour eux, finit-elle tristement.
-Pourquoi ? Qu’est-ce qui peut tant les effrayer ?s’étonna Sam.
-Tu ne t’en rends pas compte, Sam mais sans vouloir me mettre en avant, je suis avec vous et c’est ce qui garantie votre sécurité. Quand de simples êtres humains réussissent à venir ici pour faire affaire avec Austaus, ils sont comme des victimes présentés sur un plateau pour les démons qui vivent ici et non seulement pour Austaus. Quand ils arrivent jusqu’à lui, il n’a plus qu’à finir le travail car tout est presque déjà fait. Durant l’attente, les humains sont torturés mentalement pour avoir osé s’aventurer ici et les démons se font une joie de leur causer souffrances et hallucinations. C’est vraiment horrible. La plupart du temps, ils ne peuvent même pas formuler leur demande à Austaus qui se contente de leur voler le bien qu’ils voulaient échanger et d’achever leur esprit, presque déjà détruit. Après, quand ils reviennent sur terre, ils finissent en hôpital psychiatrique où ils meurent peu après. On essaie, nous les anges gardiens, de dissuader au maximum nos protégés qui connaissent l’existence des démons, à ne jamais employer ce mode d’action quand ils sont désespérés. On y arrive parfois mais la plupart du temps, ils n’en font qu’à leur tête et ça finit atrocement…finit-elle les larmes aux yeux.
-Mais est-ce que notre père connaissait ce mode d’échange et Austaus ?demanda Dean.
-Non, il ne le connaissait pas et d’ailleurs très peu de chasseurs le connaissent. Souvent la connaissance ne parvient qu’à ceux qui sont faibles et qui offrent de meilleures victimes. »
Les deux frères méditèrent ces paroles et n’osèrent plus regarder le couple en face d’eux. Ils savaient que s’ils avaient pu entendre ce qui se passait, ils les auraient entendu crier de panique et de souffrance. Chacun des frères en eut soudain la nausée de savoir comment les humains pouvaient être détruits mentalement et de ne pouvoir rien faire contre une telle atrocité.

Soudain, ils sentirent une présence assez bizarre derrière eux, à quelques mètres, comme si quelque chose était en-dehors de la file d’attente. Ils regardèrent en même temps derrière eux, essayant de voir quelque chose mais ça semblait impossible.
« Ne vous inquiétez pas, leur dit Julia. C’est le démon du chapardage que vous percevez. J’avais entendu dire qu’il était toujours là quand il sentait que des choses de très grande valeur étaient parmi les voyageurs.
-Il veut donc nous voler ?s’écria Dean.
-Bien sûr et quand il vous vole votre monnaie d’échange pour Austaus, vous n’avez plus rien et le pire c’est que vous ne vous apercevez de la disparition de votre objet que lorsque vous voulez le sortir devant Austaus. Et quand vous ne l’avez plus et que vous êtes très embarrassé devant lui, Austaus vous envoie directement en enfer en punition de lui avoir fait perdre son temps inutilement mais il le fait avec plus de dégoût que de plaisir.
-Mais…mais, tu l’as encore, ton truc à échanger ? Il ne te l’a pas volé, dis ?s’affola Dean, faisant la même tête que Sam.
-Mais non, Dean, je l’ai toujours, sourit-elle. Je suis d’ailleurs concentrée depuis qu’on est arrivés ici pour maintenir un champ de protection autour de nous. Je savais qu’il viendrait à cause de ce que j’ai sur moi.
-Qu’est-ce que c’est ?demandèrent les deux frères, rassurés et curieux.
-Désolée mais vous le saurez en même temps qu’Austaus, je ne veux prendre aucun risque.
-En tout cas, bravo pour la protection, rigola Dean, soulagé et fier de celle qu’il aimait.
-Oui, chapeau, approuva Sam.
-Merci, c’est gentil, leur dit-elle en souriant. »
Dean comprit alors pourquoi Julia lui avait paru si distante depuis qu’ils étaient arrivés. Maintenant qu’elle leur en avait parlé, il sentit le champ de protection autour d’eux, invisible pour les autres voyageurs. Quelque temps après, ils entendirent un son très fort et plaintif, comme un animal blessé à mort :
« Ca, c’est le départ du démon chapardeur. On ne t’entend, paraît-il, que quand il n’a rien pu vous voler. Seuls les rescapés comme nous l’entendent pour nous signaler sa venue et son départ. Par contre, ceux qui ont été volés, n’entendent rien afin qu’ils n’aient la mauvaise surprise qu’au dernier moment.
-C’est horrible, commenta Sam. Mais à ton avis, a-t-il pu voler quelqu’un ce soir ?
-Tu veux dire ce matin. Eh oui, dit-elle devant l’air surpris des deux frères, sur Terre, c’est le milieu de la matinée car ici, c’est toujours l’obscurité. Mais je ressens les différentes heures terrestres. Et pour répondre à ta question, Sam, oui, il a réussi sur peut-être une dizaine de voyageurs. Car le son a été assez long et on peut savoir à peu près le nombre de victimes volées.
-Tu en sais des choses sur tout ça, dis donc !s’étonna Dean. Je croyais que c’était très difficile d’avoir des informations sur Austaus.
-Oui mais dès lors que j’ai eu connaissance de ce démon, je me suis renseignée un peu partout, auprès des rescapés par exemple pour connaître leur parcours, leur expérience et parfois, ils me filaient par gentillesse quelques trucs à savoir…
-Par gentillesse ?s’étonna Sam, à son tour. Je croyais que seuls les démons en réchappaient intacts !
-Oui, c’est vrai mais il y a des démons que je réussissais à amadouer…dit-elle mais elle rajouta, en voyant l’inquiétude jalouse de Dean : je les amadouais en leur disant que je pouvais les tuer la seconde d’après et ils me croyaient la plupart du temps, quand je venais de tuer un de leurs copains démons pour paraître plus convaincante. »

Dean, encore plus qu’avant, fut soudain très fier de Julia : il n’aurait jamais pensé qu’elle pouvait combattre et tuer des démons aussi bien qu’eux et peut-être même mieux qu’eux. Ca lui paraissait étrange qu’une fille puisse réussir ce genre de travail, surtout un ange gardien
, car ils les avaient toujours imaginé plus passifs qu’autre chose. Mais depuis qu’il connaissait Julia, il s’était aperçu qu’en fait, les anges gardiens étaient très actifs : en tout cas, c’était le cas pour Julia, il ne savait pas si ses collègues lui ressemblaient de ce côté-là mais il se plaisait à penser que son ange gardien était unique en son genre. Tous ces événements l’empêchaient presque de penser au fait qu’ils venaient ici et étaient en danger pour lui sauver la vie et son âme car Dean s’était tellement habitué à l’idée qu’il allait mourir et aller en enfer peu de temps après, qu’il avait du mal à croire que ça aller changer au bout de cette fil d’attente. Il fut interrompu dans ses pensées par l’apparition des chiffres enflammés qui indiquèrent le nombre 2109.
« Au moins, on avance, tout escargot que nous sommes, commenta Dean.
-Moi, je trouve qu’on a bien avancé, au contraire. Ca devrait être beaucoup moins long maintenant, dit Julia, confiante.
-Qu’Austaus t’entende, murmura Dean. »

Et l’attente recommença de plus belle. Le nombre de voyageurs s’amenuisait devant eux mais la fatigue s’intensifiait lourdement chez Dean et Sam qui n’en pouvaient plus d’être debout. Dean se demanda comment Julia faisait pour rester aussi immobile et dénuée de fatigue musculaire. Alors que les deux frères s’apprêtaient à se laisser tomber par terre, se fichant de ce qu’il pouvait y avoir sous leurs pieds, Julia s’exclama avec joie :
« Regardez ! Maintenant on voit le chiffre au-dessus de la porte : c’est le 2510. Ca va être très rapidement notre tour, courage les garçons ! »
Et effectivement les deux frères regardèrent et aperçurent une porte en forme de losange dont les bords étaient faits de diverses dents : l’intérieur était d’une couleur orangée et au-dessus de la porte, il y avait le même genre d’affichage enflammé mais plus petit et restant présent. Leur tour arriva effectivement très rapidement. Dean et Sam avaient chacun l’estomac noué et douloureux, appréhendant ce qui allait arriver et une douleur assez étrange était apparue dans la poitrine de Dean, comme s’il sentait que quelque chose de dramatique allait arriver.

Arrivés devant la porte fermée, ils entendirent un signal sonore et à leur droite, une petite et fine ouverture se fit dans le mur. Julia y glissa son ticket que l’ouverture engouffra aussitôt. Puis la porte s’ouvrit pour les laisser entrer tous les trois, se refermant aussitôt derrière Sam qui était le dernier à passer. Au début, ils eurent du mal à distinguer quoique ce soit dans la vive lumière qui les aveugla car ils étaient depuis de nombreuses heures dans une obscurité opaque. Mais ensuite, ils virent aussi clairement qu’avant de descendre dans ce lieu, comme si on leur avait retiré un voile devant les yeux. Ils distinguèrent alors une vaste pièce aux couleurs chaudes et richement ornée de millions d’objets, plus étranges les uns que les autres mais rangés soigneusement sur des milliers d’étagères. Au milieu de cette pièce trônait dans un fauteuil un démon à l’apparence humaine mais les deux frères s’aperçurent ensuite que sa peau était d’une couleur vert clair et que ses mains ressemblaient davantage à des palmes qu’à des mains humaines, et étant légèrement transparentes. Il était habillé d’un costume brun très chic mais fait d’une matière tellement étrange et glissante, que les deux frères n’osèrent pas imaginer ce que ça pouvait être. Dès que tous trois s’approchèrent, le démon s’exclama :

« Eh bien, quelle surprise de voir un trio pareil ! Ca fait vraiment plaisir !
-Bonjour, Austaus, dit Julia. Tu sais qui nous sommes, je suppose.
-Oui, bien sûr, quelle question !!s’écria-t-il, très joyeux. Vous deux, dit-il en désignant les deux frères, vous êtes Dean et Sam Winchester, des chasseurs de démons, d’esprits et diverses créatures, chasseurs très connus dans notre monde pour en énerver plus d’un jusqu’à vouloir vous tuer à petit feu. Et toi, dit-il en désignant Julia, c’est vraiment un honneur de te recevoir ici, tu sais : un pur ange gardien, plus pur que les quelques anges gardiens que j’ai pu voir dans ma longue vie. Ce serait vraiment un délice de te croquer, si j’étais mangeur d’ange gardien, tu sais…
-Fais gaffe à ce que tu dis, toi, menaça Dean, craignant pour la sécurité de Julia.
-Oh, oh, je vois qu’il y a de l’amour dans l’air en plus, rigola Austaus. J’avoue que te voir avec l’aîné des Winchesters, petite, est assez étonnant…
-Bon, je ne suis pas venue pour discuter de ça avec toi, Austaus, dit Julia sérieusement, essayant de cacher son embarras.
-Je le sais bien mais attends un peu, veux-tu, que je profite de ce moment de bonheur car mes échanges sont tellement rengaines, que je songe sérieusement à me retirer, dit-il avec lassitude. C’est vrai, sans arrêt des démons qui veulent davantage de pouvoirs et qui m’apportent des trucs minables et que j’ai en abondance ou alors de petits humains déjà presque fous avec aucun intérêt. C’est d’une monotonie pas possible ! Alors que là, je reçois un des plus purs anges gardiens avec deux humains parfaitement sains d’esprits et qui sont chasseurs en plus. Franchement, je suis gâté aujourd’hui !s’exclama-t-il, très joyeux. Alors, qu’est-ce qui t’amène, ma jolie ?
-Tu dois être au courant du pacte qu’a fait Dean il y a voilà neuf mois.
-Bien sûr, ça en a tellement ravi plus d’un en enfer à la perspective de pouvoir bientôt le torturer pendant l’éternité, qu’ils en ont poussé des cris de joie pendant plusieurs semaines… Impossible de se concentrer durant mes échanges, c’était vraiment énervant.
-Eh bien, j’aimerais que tu annules le pacte qu’a fait Dean sans toutefois que Sam ne meure une nouvelle fois. Dean et Sam vivent leur vie comme ils l’entendent, sans plus aucune épée de Damoclès d’aucune sorte au-dessus de leurs têtes. Qu’en dis-tu ?
-Hum, hum…c’est vraiment intéressant comme demande et très inhabituel aussi, comme vous trois. Le démon qui veut l’âme de Dean est très puissant, et je ne sais pas si je pourrais satisfaire à un tel accord, tu sais…
-Pourtant tu adores contrecarrer ses plans, d’habitude, ça ne te gêne pas plus que ça ! Et en plus, tu n’auras pas à supporter l’écho de l’arrivée de Dean en enfer dans trois mois car je peux t’assurer que ça ruinera ton commerce pendant pas mal de temps.
-Oui, tu marques un point, dit-il en se levant et en marchant autour d’eux. Puis il remarqua alors le champ de protection de Julia qu’elle avait laissé autour d’eux. Tu sais, c’est interdit dans cette pièce. C’est vrai que tu as dû assurer avec ça là dehors avec le démon chapardeur mais ici, c’est moi qui fais la loi…
-Tant pis, dit Julia en l’enlevant, j’aurai essayé. Mais je vais te montrer mon objet d’échange et peut-être alors changeras-tu d’avis… »

Julia sortit alors de la poche intérieure de sa veste blanche, un petit objet enveloppé dans du papier. Dean et Sam regardèrent alors avec curiosité ce que c’était quand elle défit l’emballage. Austaus paraissait très excité, comme s’il se doutait du contenu : mais il éclata carrément de joie quand le papier fut défait. Les deux frères observèrent alors l’objet en question que tenait Julia dans la paume de sa main. C’était un petit globe en verre ciselé à différents endroits et avec d’étranges inscriptions. Quand ils regardèrent plus près à l’intérieur, le globe fit apparaître une teinte bleutée et si profonde qu’elle vous faisait le sentiment de vous engloutir tout entier. Mais cette sensation était d’une telle félicité et d’un tel bien-être que tout souci disparaissait en vous. Du bleu, le globe passa au vert, et alors que la seconde d’avant, on se sentait englouti dans un merveilleux et doux océan de bonheur, empreint d’une senteur marine, on se sentait ensuite plongé dans l’océan de la nature terrestre avec la senteur des prés et des fleurs. De l’un, on passait à l’autre sans que la volonté n’ait envie de s’en détacher.
Julia referma sa main sur le globe, les faisant revenir à la réalité. Elle regarda la réaction d’Austaus : celui-ci semblait très ému, comme s’il avait espéré très longtemps qu’un tel objet puisse parvenir entre ses mains.
« Alors, Austaus, on le conclut cet échange ?demanda Julia, en souriant.
-Mais…mais…dis-moi, comment es-tu entrée en possession de ce merveilleux objet ?demanda Austaus, soudain très curieux, les yeux devenant calculateurs. Cet objet, le Somfelici, est un objet tellement rare qu’on en entend parler pratiquement que dans les légendes. Jamais je n’en avais vu ou approché et je ne connaissais personne qui s’était vanté d’un avoir possédé un, un jour. C’est un objet extrêmement convoité et qui ne peut être touché que par des mains parfaitement pures…
-Bon, je sais tout ça, merci, dit Julia, un peu embarrassée d’être qualifiée de pure à tout instant. J’ai réussis à l’obtenir pendant mon travail et en toute légalité, ça devrait te suffire. Alors, es-tu intéressé par cet échange, oui ou non ? Le Somfelici contre l’annulation du pacte de Dean et leur survie à lui et Sam sans aucune menace autour d’eux ?
-Oui, je suis d’accord. J’ai le pouvoir de faire ce que tu me demandes et ce que tu m’offres en échange est plus grand et précieux que tout ce que j’imaginais. Attends une seconde que je me concentre… »
Austaus se recula de quelques pas, se concentra sur les deux frères et quelques minutes s’écoulèrent. Puis, Dean sentit tout au fond de lui-même un poids énorme s’effacer complètement alors qu’il ne l’avait jamais vraiment remarqué. Il se souvint alors que ce poids et cette gêne avaient commencé juste après qu’il avait passé son pacte. Et maintenant qu’il ne sentait plus ce poids et cette appréhension au fond de lui, il se sentait merveilleusement bien en lui-même, même si la légère douleur dans sa poitrine, apparue à leur entrée dans la pièce, demeurait. Il ne put s’empêcher de s’exclamer :
« Oh, bon sang, que ça fait du bien !
-Tu as senti quelque chose partir de toi-même, n’est-ce pas ?demanda Julia.
-Oui, un énorme poids…
-Bien, tout est parfait, alors. Sam, tout va bien ?
-Oui, aucun changement, affirma Sam.
-Très bien, dit Julia en souriant et regardant Austaus. Elle lui tendit alors sa main : Voici ton dû, Austaus…
-Non, tu sais que des mains comme les miennes ne peuvent le toucher. Mets-le sur la première étagère à ta gauche. »

Julia se retourna et alla déposer le globe sur l’étagère demandée, sur un petit coussin. Elle eut un geste de regret et hésita un centième de seconde avant de le laisser là. Elle le regarda une dernière fois, ennuyée de l’abandonner dans ce lieu immonde pour elle, et ferma les yeux comme pour s’imprégner de sa dernière image de bonheur. Enfin elle tourna les talons et revint près de Dean et Sam. Ces derniers l’avaient observé et avait vu combien il lui était difficile de laisser le Somfelici. Dean se sentit un peu responsable et malgré le profond soulagement qu’il ressentait, il ne pouvait s’empêcher d’être ennuyé pour Julia. Le démon, goguenard, souriait légèrement.
« Alors, tout est dit, reprit Julia. On va y aller…
-Pas si vite, vous trois, dit Austaus, alors que Julia, Dean et Sam se dirigeaient vers la porte de sortie, faite de lumière. Tu as oublié quelque chose, je crois, petite.
-Je ne comprends pas, dit Julia, surprise. L’échange est effectué en bonne et due forme, je ne vois pas ce qu’il y a à redire.
-Tu as été mal informée ou alors tu t’es faite avoir : tu sembles apparemment ignorer que les humains peuvent passer sans encombre cette porte pour regagner la terre s’ils ont honoré leur échange mais pour le cas des anges gardiens, même s’ils se font très rares ici, il y a un prix à payer pour retourner là d’où tu viens.
-Comment ça ?s’exclama Dean, furieux. Vous n’allez tout de même pas dire qu’elle doit rester éternellement ici car elle n’a pas de quoi payer, saleté de démon !
-Oh non, je ne dirai pas une telle chose…En fait, si elle veut retourner sur terre, elle devra, arrivée là-bas, abandonner pour toujours son statut d’ange gardien.
-Quoi ?s’écrièrent Dean et Sam ensemble pendant que Julia pâlissait et chancelait à cette nouvelle.
-Eh oui, désolé les amis, c’est ainsi, je n’y peux rien. Les anges gardiens ne doivent pas rapporter l’expérience de leur rencontre avec moi à leurs supérieurs et puis, ils se sont tellement salis les pieds ou les ailes ici bas qu’ils n’ont plus leur pureté d’ange gardien intacte.
-Mais je vais mourir, obligatoirement, dit Julia, angoissée.
-Pas nécessairement, non, répondit Austaus. Sur les quelques anges gardiens qui se sont aventurés ici depuis des siècles, un ou deux est resté en vie, paraît-il. Tout dépend de sa force et de certaines choses qui ne dépendent pas de moi.
-Il y a certainement une autre solution, dit Sam, affolé.
-Oui, c’est certain, reprit Dean, bouleversé, on va annuler cet échange, reprendre nos clics et nos clacs et nous tirer par là où on est arrivé, à point c’est tout.
-Un échange ne peut être annulé, Dean, lui dit Julia, soudain très calme. Et jamais de toute façon, je te laisserai faire une chose pareille car toi et Sam, vous êtes sauvés et c’est tout ce qui importe. Je vais passer cette porte de sortie et on verra ce qui adviendra, le Seigneur décidera de mon sort…
-Non, Julia, je te défends de franchir cette porte, tu m’entends !s’exclama Dean. Tout va s’arranger et je te promets que je vais trouver une solution…
-Il n’y en a pas, Dean, lui dit-elle, les larmes aux yeux. Ca devait être sûrement ma mission de te sauver et je l’ai fait. Maintenant, partons, il est temps…
-Mais réfléchis ! Même si tu restes en vie, tu ne seras plus jamais un ange gardien alors que tu aimes tellement ça, je le sais !
-Ta vie et ton âme sont plus importantes que tout au monde, pour moi, alors, non, je ne regrette pas ce que j’ai fait…Adieu… »
Alors elle les poussa devant elle, fermant la marche, laissant derrière elle, Austaus, étonné mais ricanant de cette sensiblerie humaine.

Quand Dean et Sam ouvrirent les yeux, ils se retrouvèrent dans un champ, près de chez Bobby. Ils étaient tous deux bien en vie, sains et saufs et débarrassés définitivement du pacte, comme s’il n’était qu’un mauvais rêve. Dean regarda, affolé autour de lui, scrutant le champ dans lequel ils étaient. Sam fit de même, sachant très bien ce que son frère cherchait. Julia n’apparaissait nulle part, comme si elle s’était évanouie dans les airs…

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 23:00

Chapitre 4 : La quête de la vérité


Les deux frères eurent beau chercher partout dans le champ où ils étaient réapparus, ils ne trouvèrent aucune trace de Julia, même si le soir tombait déjà. Désemparés, ils allèrent chez Bobby pour qu’il les aide à trouver une solution. Bobby fut ravi de les revoir en vie et surtout que Dean soit débarrassé de son pacte, il était même très surpris qu’ils aient réussi. Il aurait souhaité entendre tout le récit de leur voyage mais le bouleversement de Dean était assez éloquent et visible pour que Bobby ne demande aucun détail supplémentaire pour l’instant.
« Alors comme ça…ton ange gardien aurait perdu ses ailes, en fait ?résuma Bobby.
-Oui…répondit Dean. Mais il faut savoir ce qu’elle est devenue, où elle est allée…
-Mais avec ce que vous venez de me dire, il est très bien possible qu’elle soit…morte, risqua Bobby, provoquant une vive réaction de Dean.
-Non, ne redis jamais ça, Bobby !! Julia ne peut pas et ne doit pas être morte…Non, je ne veux pas que ça puisse arriver, maintenant qu’on pourrait…mais il s’arrêta, se rendant compte qu’ils auraient pu vivre leur amour comme ils l’entendaient.
-Très bien…dit Bobby, ennuyé. Mais obligatoirement…elle est retournée dans son corps.
-Quoi ?s’inquiéta Dean en pensant à sa tombe.
-Bien sûr, Dean, dit alors Sam. Tu dois penser que Julia, même ange gardien, n’avait pas son corps à proprement dit mais c’était seulement son esprit qui était matériel. Son corps, lui, était alors dans son cercueil et maintenant que son âme a rejoint son corps… »

Sam n’osa pas aller plus loin. Il savait ce que devait ressentir son frère à cet instant et il s’en voulait de devoir lui ouvrir les yeux, malgré l’amitié qu’il avait portée à Julia.
Dean, lui, ne voulait pas croire un seul instant que sa Julia fut décédée et qu’il ne pourrait plus jamais la revoir. Elle s’était littéralement sacrifiée pour lui permettre de vivre et de sauver son âme ; elle avait tout fait pour lui venir en aide et maintenant elle en payait les pots cassés. C’était injuste et tellement cruel que Dean en avait la nausée. Il n’acceptait pas que son père qu’il avait tant aimé, s’était sacrifié pour lui et que maintenant c’était au tour de celle à qui il portait tout son amour, une fille tellement proche de lui qu’il avait toujours eu l’impression qu’elle le connaissait à fond et qu’il n’avait rien à cacher avec elle. Mettant distraitement la main dans sa poche, il toucha avec surprise la fine étoile qu’elle lui avait envoyée. Il la serra de toutes ses forces dans sa main, souhaitant ressentir cette douce chaleur qui lui faisait tant de bien et qui le réconforterait, lui prouvant qu’elle était là, quelque part mais les minutes passèrent et rien ne se produisit : au contraire, au lieu de cette bienfaisante chaleur, un froid glacial s’empara de sa main, comme si ce froid voulait lui signifier brusquement la vérité. Mais Dean, quoiqu’exaspéré et surpris, ne voulait pas abandonner. Même si Bobby et Sam essayaient de le convaincre que tout était fini, il ne voulait pas cesser d’espérer, même si le monde entier lui avait crié cette vérité.
« Sam, fais-moi plaisir, s’il-te-plaît…Cherche sur internet s’il n’y aurait pas un article de journal ou quoique ce soit qui parlerait de ce meurtre dont elle a été victime il y a trois ans, peut-être y a-t-il une adresse ou quelque chose…
-Mais Dean, elle était française et je ne sais pas si je peux avoir accès aux articles en France. Et en plus, on ne connaît que son prénom et même pas son nom de famille…
-Essaie seulement, je t’en prie, c’est tout ce que je te demande…supplia Dean du regard.
-Très bien, je vais voir ce que je peux faire, dit Sam, compréhensif. »

Dean lui fut très reconnaissant de ne pas hésiter davantage et il essaya de chercher dans sa mémoire, dans les trop brefs moments qu’il avait passé avec elle, si Julia avait mentionné un lieu ou même sans faire attention, son nom de famille. Cependant rien ne lui revint en mémoire car elle n’avait laissé échapper aucune autre information que le récit qu’elle leur avait fait de sa mort. Alors, pour l’une des rares fois de sa vie, Dean se mit à prier, oui à prier pour que sa Julia ne soit pas décédée et qu’elle soit vivante, n’importe où sur terre mais vivante. Ca faisait maintenant quelques heures que Dean réfléchissait à toutes les solutions qu’il pourrait trouver pour la revoir et il avait sans cesse serré dans son poing l’étoile de Julia, malgré le froid qui lui transperçait la peau, quand Sam vint le voir, venant de quitter seulement son ordinateur :
« Je suis désolé, Dean, mais je n’ai rien trouvé du tout. Aucun article de journal français datant de trois ans ne mentionne le meurtre dont elle avait été victime. J’ai essayé de chercher toutes les Julia qui avaient habité en France mais c’est comme une aiguille dans une botte de foin. Je sais que tu espérais beaucoup, je suis vraiment navré…
-Je sais que tu as fait de ton mieux, Sammy, je t’en remercie, répondit Dean, les yeux baissés. Je suis persuadé qu’on va connaître le lieu où elle se trouve, il ne peut en être autrement, sinon j’abandonne tout… »

Et comme si quelqu’un ou quelque chose avait entendu les paroles de Dean, une lueur apparut devant les deux frères. Un bref instant, Dean espéra que c’était Julia, même si rationnellement, c’était impossible puisqu’elle avait perdu son rang d’ange gardien mais tant pis, l’espoir était tout ce qu’il lui restait et peu importait le rationnel. Mais malheureusement pour Dean, ce ne fut pas Julia qui apparut mais un homme dans une lueur dorée : cet homme d’une cinquantaine d’années, avait des cheveux courts et noirs qui tranchaient étonnamment avec sa tenue blanche. Il regarda fixement les deux frères :
« Bonjour, messieurs Winchester. Je me présente : je suis un ange gardien, je me nomme Alexandre. Je suppose que vous savez pourquoi je suis ici.
-Où est Julia ?s’exclama Dean aussitôt, anxieux et irrité contre lui. Qu’avez-vous fait d’elle ?
-Un peu de correction, s’il-vous-plaît. Une chose après l’autre. Calmez-vous et vous en saurez davantage.
-Je me calmerais quand vous m’aurez dit la vérité, voilà tout.
-Dean, s’il-te-plaît…
-Non, Sam, je suis désolé mais Julia n’est coupable en rien, elle n’a rien fait pour mériter ça…
-Si vous arrêtiez de vous énerver, dit l’homme, vous connaîtriez notre pensée.
-Et quelle est-elle ?
-Je vais vous expliquer. Julia était un ange gardien vraiment inhabituel mais aussi merveilleux dans cette différence. Tout le monde la respectait énormément là-haut et sa pureté était vraiment une source d’inspiration pour nous tous, tellement elle est rare, d’ailleurs sa façon d’apparaître en était le signe…
-Que voulez-vous dire ?demanda Dean, touché par ces paroles envers Julia mais ne comprenant ni pourquoi il employait le passé ni les derniers mots.
-Eh bien, pour la plupart d’entre nous, nos apparitions se font dans des lueurs plus ou moins accentuées. Mais comme vous le savez, Julia apparaissait en forme d’étoile et sachez tous deux que lorsqu’un ange gardien apparait en forme de quelque chose de précis, cela atteste de sa grandeur et de sa pureté originelles. Rares sont les anges gardiens qui ont été dans ce cas et quand cela se produit, ledit ange gardien se voit ouvrir des portes interdites aux autres et bénéficient de faveurs. Ils ont un avenir grandiose qui se trace devant eux.
-Et Julia savait tout ça ?demanda Sam, étonné.
-Bien sûr qu’elle le savait et malheureusement elle en a profité avant son heure.
-Que voulez-vous dire ?s’étonna Dean.
-Eh bien, elle a profité de cet avantage pour aller dans une autre dimension, ce qui est normalement interdit pour ces élus qui ne sont pas prêts et elle a rapporté quelque chose qui nous a énormément perturbé, vous devez savoir quoi. Pour cela, si elle n’était pas descendue avec vous dans ce lieu, elle aurait été sévèrement châtiée et sûrement même bannie en lui ôtant ses ailes.
-Pourtant vous avez dit qu’elle était exceptionnelle, alors pourquoi lui faire endurer ça ?demanda Dean, énervé.
-Parce qu’elle avait enfreint les règles et même plusieurs d’entre elles. Elle a même été jusqu’à donner sa divine récompense à un démon !
-Quoi ?s’exclamèrent les deux frères.
-Oui, ce qu’elle a donné au démon Austaus, ce fameux Somfelici est très rare car c’est la juste récompense donnée aux anges gardiens qui font leur travail parfaitement avec un amour et une pureté incroyables envers leurs protégés mais aussi leurs collègues. Elle avait été extrêmement fière et ravie de pouvoir la recevoir et elle rayonnait de bonheur. C’est pour cela que j’ai du mal à comprendre pourquoi elle lui a donné.
-Mais…mais, elle n’aurait pas dû !s’exclama Dean, culpabilisant encore plus de lui avoir fait céder son bien le plus précieux.
-Non, elle n’aurait pas dû mais c’est à cause d’une autre de ses infractions : elle est tombée amoureuse d’un humain et pas de n’importe lequel, de son protégé…dit-il en regardant sévèrement Dean. Jamais vous n’auriez du tomber amoureux d’elle, ça n’ait jamais arrivé entre un ange gardien et son protégé ou même un humain.
-Comment avez-vous su ?se contenta de demander Dean.
-Ce que ressentait Julia a fini par se faire remarquer là-haut car Julia était devenue plus faible et plus vulnérable. C’est pour toutes ces raisons que nous l’aurions punie sévèrement si ses ailes n’avaient pas été automatiquement coupées lors de sa sortie de ce lieu.
-Alors, elle a été tuée, c’est ça ?demanda Dean avec appréhension.
-Je suis venu pour vous dire certaines choses et non pour répondre à toutes vos questions. Mais sachez que même si on lui reproche tous ces faits et sentiments, on peut au moins lui attribuer un mérite.
-Ah oui, et lequel ?demanda Dean, curieux.
-Elle a voulu se sacrifier pour son protégé et cela nous prouve que sa pureté était étonnamment demeurée, malgré toutes ses infractions, totalement intacte. Nous savons que même si elle n’avait pas été amoureuse de vous, Dean, elle se serait tout de même sacrifiée pour vous. Peut-être avec moins de fougue et de manque d’hésitation mais elle l’aurait fait car elle était de cette nature. C’est pour cette raison, que nous respectons au plus haut point chez un ange gardien, que je vais vous donner son nom de famille humain : elle s’appelait Julia de Valences.
-Julia de Valences, répéta Dean pour donner davantage de réalité à ce nom tant recherché.
-Ses parents habitent désormais aux Etats-Unis si vous souhaitez aller les voir et faire votre deuil…
-Mon deuil ?s’étrangla Dean. Non, elle n’est pas morte, c’est impossible !
-Je vous dis seulement où ses parents habitent…
-Mais Julia nous avait dit qu’elle était française, dit Sam, étonné.
-Oui, en effet mais depuis l’incident, ils ont déménagé aux Etats-Unis pour davantage de commodité, vous verrez par vous-mêmes. Bonne chance. »

L’ange gardien disparut, laissant les deux frères plus bouleversés qu’autre chose. Dean, ayant eu soudain un violent mal d’estomac aux dernières paroles de l’ange, se leva et fit les cent pas dans la pièce, perturbé et ne sachant plus du tout où il en était. Le froid de l’étoile dans sa poche vint alors lui rappeler que la dure vérité qu’il voulait tant rejeter était peut-être plus réelle qu’il ne le voulait. Il était tellement bouleversé qu’il en avait mal dans la poitrine et que sa vue se troubla légèrement. Les jambes en coton, il fut obligé de se rasseoir et fut prit de soudaines nausées. Il ne savait plus que penser et s’il devait vraiment accepter la mort de Julia comme un fait véridique et définitif. Pris de vertiges, il ferma les yeux et essaya de la revoir mentalement tellement il avait besoin d’elle. Mais son image passée ne fit qu’envenimer les choses et savoir qu’elle était peut-être décédée et qu’il ne pouvait rien y faire, tout ça à cause de lui, de son pacte et de l’amour qu’il lui avait porté, étaient devenus insupportables pour lui. Il savait que Sam n’osait pas lui parler ni même bouger, comprenant sa souffrance, ayant vécu le même genre de choses avec Jessica et il lui était reconnaissant de le laisser souffrir seul, ne voulant pas montrer combien il avait mal. Il faillit laisser échapper quelques larmes mais il se retint et les refoula au plus profond de lui-même en essayant de se dire que tout n’était peut-être pas perdu et que les parents de Julia, aussi indifférents étaient-ils, pourraient sûrement lui apporter les informations dont il aurait besoin, des preuves tangibles de ce qui était ou de ce qui n’était pas. Ne faisant plus attention aux douleurs qui l’assaillaient de part en part, il se leva d’un bond et dit à Sam qui le regarda avec appréhension :
« On part tout de suite voir les parents de Julia, Sam.
-Attends, on ne sait même pas où ils habitent et crois-tu que ce soit raisonnable pour toi d’aller les voir alors que tu…
-On va chercher où ils habitent, on connaît leur nom tout de même et je ne pense pas que ce soit ce genre de nom français qui coure les rues aux Etats-Unis. »
Convaincu, Sam chercha sur son ordinateur et trouva assez rapidement leur adresse. Mais Mr et Mrs de Valences habitaient à San Francisco, ce qui n’était pas du tout à côté d’eux et demanderait de nombreuses heures, voire de jours de conduite pour y aller. Dean prouva alors à son frère combien il pouvait être déterminé et également très pressé :
« On va prendre l’avion.
-Pardon ?s’exclama Sam, interloqué.
-Oui, tu m’as bien entendu, petit frère. Je vais affronter mes peurs pour elle et seulement pour elle. Je ne vais pas pouvoir attendre plusieurs jours pour connaître la vérité. Allons-y maintenant, s’il-te-plaît, avant que je ne change d’avis ou que mon angoisse ne me rattrape. »

Les deux frères, après avoir dit au revoir à Bobby, également très étonné, prirent leurs affaires et partirent à l’aéroport où étrangement, un vol pour San Francisco les attendait une demi-heure après leur arrivée. Durant tout le vol, Dean était resté accroché aux accoudoirs comme à une bouée de sauvetage et les quelques turbulences de l’avion avaient suffi à lui donner davantage de nausées qu’il n’avait. Sam ne s’était pas moqué de cette attitude comme la dernière fois, deux ans auparavant où ils avaient dû prendre l’avion pour une affaire, mais il était resté silencieux, sachant très bien que toutes les paroles rassurantes au monde n’auraient pas suffi à calmer l’angoisse de son frère. Au contraire, il respectait énormément l’attitude de Dean et était très fier de sa réaction d’affronter ses angoisses aériennes. Il savait à quel point Dean tenait à Julia et était amoureux d’elle afin de faire tous ses sacrifices et il espérait au plus haut point que les parents de Julia sauraient apporter à son frère assez de force et d’informations pour le soulager, dans un sens ou dans un autre.

Quant à Dean, même s’il n’avait pas arrêté d’être tendu pendant le vol entier, il n’avait pas cessé de penser à Julia et à tout ce qu’elle représentait pour lui. Il ressassait sans arrêt les paroles de l’ange gardien qui était venu les voir, afin d’y dénicher une quelconque information qui lui montrerait la vérité du doigt mais rien ne lui était échappé. Seul l’emploi du passé concernant Julia l’avait frappé et désespéré, se disant malgré lui qu’apparemment, tout devait être perdu. Il avait peur de s’emballer devant les parents de Julia et de leur dire mille atrocités sur leur comportement indigne envers leur fille de son vivant mais il essaya de se contenir en se raisonnant qu’ils devaient l’aider et que lui, ne devait pas les enfoncer et les contrarier, c’était tout le contraire. Quand on leur annonça que la descente sur San Francisco allait s’effectuer, Dean fut pris de sueurs froides. Il ne savait pas du tout ce qu’ils allaient découvrir dans cette ville : il était plein d’espoir mais aussi d’appréhensions. Il voulait et en même temps ne voulait pas y aller. Il avait peur de découvrir la vérité, qui pouvait être plus violente et atroce qu’il ne le voulait.

Pourtant, l’avion se posa et les deux frères durent bien descendre comme tous les autres passagers. Ce fut Sam qui prit les initiatives pour une fois et il ne s’en plaint pas ni ne s’en étonna pas une seule seconde, comprenant très bien l’état dans lequel Dean se trouvait. Prenant un taxi, ils demandèrent à aller directement à l’adresse de Mr et Mrs de Valences. Mais tout d’abord, Sam eut l’idée de téléphoner chez eux car même si c’était la fin de l’après-midi, il était possible que le couple ne soit pas à leur domicile. Ce fut une petite voix qui répondit :
« Bonsoir, dit Sam, je voudrais parler à Mr ou Mrs de Valences s’il-vous-plaît ?
-Désolée, Monsieur, répondit une femme, je ne peux pas vous les passer. Ils sont absents.
-Excusez-moi mais qui êtes-vous ?
-La gouvernante, Monsieur.
-Et où pourrais-je les voir, c’est une affaire très urgente ?insista Sam.
-Ils sont au Memorial Hospital. Mr de Valences s’est cassé la jambe ce matin. Madame est avec lui.
-Très bien, merci beaucoup. »

Sam raccrocha et après avoir raconté brièvement à Dean ce qu’il en était, il demanda au conducteur du taxi de les amener directement au Memorial Hospital. Cette seconde destination était beaucoup plus proche de là où ils étaient et ils purent y arriver en un peu moins d’une demi-heure. Le cœur de Dean battait la chamade tellement il appréhendait leur entrevue et d’apprendre la vérité. Au moins, se dit-il avec ironie, si je fais une crise cardiaque quand ils m’annonceront la nouvelle, je serai soigné aussitôt. Pourtant, si tel était le cas, il ne voulait pas être soigné mais plutôt rejoindre directement celle qu’il aurait perdue à tout jamais.
A l’accueil du Memorial, ils demandèrent sa chambre. C’était au quatrième étage, la chambre 425. Ils montèrent les escaliers, le souffle leur manquant au fur et à mesure de leur avancée et Dean crut à un moment que son cœur ne suivrait pas. Arrivés dans le couloir, ils trouvèrent rapidement la chambre mais Dean s’arrêta juste avant, devant la chambre 423. Il ne voulait pas franchir la porte, sachant qu’ensuite tout le processus se mettrait inexorablement en marche. Sam, compréhensif, lui mit la main sur l’épaule et l’encouragea d’un petit mouvement, en lui signifiant qu’il serait là pour lui, pour l’aider à traverser cette épreuve, aussi dure soit-elle. Dean prit alors une longue inspiration et franchit les quelques pas qui le séparaient de la chambre 425. Ce fut quand il regarda à l’intérieur qu’il crut que son cœur allait arrêter de battre tellement la surprise était grande et intense. Sam eut la même réaction mais à moins grande échelle bien sûr. Un couple d’une cinquantaine d’années était assis dans la chambre autour d’un lit où reposait une jeune fille en qui Dean reconnut Julia. Apparemment, Julia était dans le coma.

Dean, trop surpris et tremblant pour faire ou dire quoique ce soit, Sam prit de nouveau les choses en main et prit la parole devant le couple de Valences, surpris de voir ces deux jeunes inconnus.
« Bonsoir, Mr et Mrs de Valences, nous sommes d’anciens amis de Julia et nous n’avons malheureusement su que récemment ce qu’il lui était arrivé. Pourriez-vous nous éclairer un peu ?
-D’anciens amis ?dit Mr de Valences avec un fort accent français et restant assis à cause de sa jambe plâtrée. Je ne me souviens pas que notre Julia ne nous ait jamais parlé d’amis américains.
-Vraiment ?répondit Sam. Eh bien, ça ne m’étonne pas. Elle aimait bien nous voir en catimini de temps à autre quand on venait en France et améliorer ainsi son anglais.
-Ca ne m’étonnerait guère quand on y pense, chéri, dit alors Mrs de Valences à son mari, avec le même accent. Tu sais très bien qu’elle aimait bien faire parfois de petites escapades et qu’on ignorait où elle se trouvait.
-Oui, c’est vrai, ça expliquerait tout, répondit son père.
-Que s’est-il passé ?demanda Dean, d’une voix presqu’éteinte. Il était demeuré au début sans voix à découvrir que Julia se trouvait ici et qu’elle n’était pas morte, que tout n’était pas perdu. Il recommençait à reprendre goût à la vie et voulait avoir des informations détaillées.
-Eh bien, ça s’est passé il y a maintenant trois ans, quand nous habitions en France, dit Mr de Valences. Elle se trouvait par hasard dans un petit magasin quand un braqueur armé est arrivé. Elle a été touchée par une balle alors qu’elle tentait de protéger un homme. Elle serait morte si la balle n’était pas ressortie miraculeusement. Mais le temps qu’elle arrive aux urgences et qu’on la soigne, elle a eu une hémorragie au cerveau et elle est tombée aussitôt dans un coma profond. Elle n’en est pas ressortie depuis. Elle n’a montré aucun signe de vie et seules ces machines lui permettent de rester en vie.
-Mais elle va se réveiller, c’est certain, assura Dean, tellement confiant qu’il pouvait presque communiquer sa confiance autour de lui. »
Il regardait Julia avec tant de tendresse et d’amour que même un inconnu pouvait voir combien il l’aimait.
Les parents de Julia se regardèrent, étonnés de voir débarquer un étranger qui montrait autant de joie et d’amour à regarder leur fille comateuse. Même s’ils avaient culpabilisé de n’avoir pas été assez tendre avec leur fille avant l’accident, ils n’étaient pas très protecteurs envers elle et étaient seulement surpris, et non méfiants, qu’un jeune homme puisse être amoureux d’elle.
« Et comment se fait-il que vous ayez déménagé ici au lieu d’être resté en France ?demanda Sam.
-Eh bien, nous savions que Julia avait fait un testament et nous l’avons ouvert car elle avait permis qu’on l’ouvre même si elle ne mourrait pas : en fait elle avait envisagé qu’elle ne pourrait pas communiquer avec nous, même en étant vivante. Elle disait dans son testament que s’il lui arrivait un accident très grave, qu’elle tombe dans le coma ou qu’elle meure, elle souhaitait demeurer dans un hôpital américain car elle avait toujours rêvé de venir aux Etats-Unis ou au pire des cas, d’être enterrée dans ce pays. Nous avons respecté, malgré les difficultés, ses dernières volontés et l’avons fait transporter ici. Pour davantage de commodité, nous avons emménagé dans la même ville après un an d’allers et retours éreintants par avion. »

Les deux frères comprirent alors toute l’histoire, les pièces du puzzle s’étaient enfin assemblées et Dean voyait là une merveilleuse image reconstituée. Bien sûr, il aurait préféré qu’elle soit consciente et en bonne santé mais lui qui s’était imaginé le pire pendant presqu’une journée entière, il était tellement soulagé qu’elle soit seulement dans le coma qu’il en aurait crié de joie, s’il n’avait pas été dans un hôpital et en face des parents de Julia. Il regarda son visage. Julia n’était pas tout à fait la même jeune fille qu’il avait connu en tant qu’ange gardien. Même si elle avait le même visage, la même taille, elle semblait beaucoup plus réelle et plus vivante qu’il ne l’avait jamais vue. Auparavant, elle était d’une beauté presque translucide et tellement sacrée qu’il avait du vaincre pas mal d’obstacles pour l’approcher. Alors que désormais, son visage, même s’il était resté très beau, n’avait plus cette magnificence presqu’irréelle et intouchable. Elle était maintenant d’une beauté tout simplement humaine mais qui plaisait bien davantage à Dean car il sentait une proximité beaucoup plus grande entre eux et un amour presque palpable. Malgré lui, il sourit, heureux de pouvoir la contempler et de la voir respirer, même si c’étaient grâce à des machines.
Sam avait regardé son frère pendant un long moment et était vraiment soulagé de le voir si heureux, même s’il pensait qu’un coma n’était pas vraiment une assurance sur la vie.

Mais ils furent tous deux coupés dans leur bonheur et soulagement par une parole du père de Julia qui transperça le cœur de Dean comme une épée :
« Mais nous avons décidé hier de retirer dès demain les appareils respiratoires, sur les conseils des médecins. Selon eux, elle aurait dû se réveiller depuis longtemps et maintenant, on n’a plus rien à espérer. »

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 23:05

Chapitre 5 : La possibilité d’un miracle


On dirait dit que soudain, un vent glacé s’était introduit dans cette chambre d’hôpital qui pourtant semblait si chaude et chaleureuse la minute d’avant. Dean avait du mal à comprendre et à réaliser ce que les paroles de Mr. de Valences signifiaient, tellement elles le choquaient et le surprenaient. Pendant quelques minutes qui parurent une éternité, un silence glacial s’installa, seulement ponctué par la respiration artificielle de la malade. Puis, semblable à une tempête, Dean éclata, peu soucieux de déranger le reste de l’étage hospitalier :
« Vous pouvez répéter ? Débrancher ce qui la maintient en vie ? Mais vous allez la tuer, vous n’êtes que des assassins !!!
-Pardon ?s’offusquèrent les parents en même temps.
-Oui, tout à fait, des assassins et pire encore, vous n’êtes que des parents infanticides. Vous vous permettez de juger de sa vie ou de sa mort en toute impunité et c’est abominable ! C’est votre fille, nom d’un chien ! Votre propre chair et vous voulez la…, mais les mots s’étranglèrent dans la gorge de Dean qui ne put réprimer un sanglot. Pourtant il continua, devant l’air ébahi de Mr et Mrs de Valences. Oui, maintenant je comprends mieux les paroles de Julia à votre égard, elle avait entièrement raison. Vous n’êtes que des monstres…
-Monsieur, comment osez-vous nous dire de telles choses ? Vous ne nous connaissez pas, dit Mrs de Valences, et vous connaissiez à peine notre fille…
-Vous vous trompez, je connais votre fille très bien, et je ne vous permets pas d’employer le passé comme si elle n’était plus en vie, alors arrêtez, menaça Dean, la voix empreinte d’une colère noire.
-Sortez !s’écria Mr de Valences en pointant la porte du doigt. Et ne revenez plus !
-Ca, oui, on va sortir, répondit alors Dean. Mais quant à ne pas revenir, pas question. Soyez certain que je reviendrai mais je ne vous dirai plus un mot : je serai là pour Julia, elle aura besoin de moi, elle va être toute seule à affronter ça et je ne veux pas qu’elle se sente abandonnée.
-Oh non, monsieur. Je ne veux plus vous voir traîner auprès de ma fille. Je suis son père et je suis dans le droit de vous interdire…
-Son père ?s’exclama Dean juste avant de sortir de la chambre. Vous n’êtes pas des parents pour elle et vous n’en avez jamais été. »

Sam suivit Dean à l’extérieur, le plus vite possible, ayant vu la tempe de Mr de Valences prête à exploser de rage. Sam n’avait pas osé intervenir, car il avait vu son frère tellement en colère qu’il savait que rien ni personne ne l’arrêterait. Dans un sens, il le comprenait parfaitement car il était scandalisé que des parents puissent agir ainsi et savoir que Julia serait remise dans les mains du destin l’inquiétait énormément, surtout en sachant combien Dean l’aimait. Il suivit son frère hors de l’hôpital et toujours en silence, ils allèrent au motel le plus proche essayer de se calmer.
Quant à Dean, sa colère n’avait pas du tout diminué tout le long du chemin jusqu’au motel. Il ne disait rien mais il se sentait prêt à exploser de nouveau, tellement il se sentait malheureux. Il devait serrer les dents pour éviter que sa colère n’éclate mais en même temps, il savait qu’il ne devait pas trop basculer dans la colère car il sentait que Julia désapprouverait son comportement et il ne voulait pas la décevoir. Il espérait que là où elle était, elle n’avait d’ailleurs pas entendu ses paroles. Mais dans un sens, il espéra l’avoir un peu secouée à temps pour qu’elle puisse se réveiller. Pourquoi fallait-il que ses parents aient pris cette décision ? Etait-ce pour cette raison que l’ange gardien qui était venu les voir, leur avait donné son nom de famille et conseillé de faire son deuil ? L’ange gardien devait savoir la vérité et avait sûrement voulu que Dean puisse la connaître en tant qu’être humain et pouvoir lui dire adieu alors qu’elle était encore en vie. Non…Non, il n’allait pas lui faire ses adieux, il était beaucoup trop tôt pour ça et il ne voulait pas la laisser mourir maintenant que tout pourrait être parfait. Désormais et grâce à elle, il était débarrassé de son pacte et pouvait vivre autant de temps qui lui serait possible. Il ne voulait pas continuer à vivre seul avec Sam car même s’il adorait son frère et qu’il était tout pour lui, il voulait quelqu’un d’autre dans sa vie, et c’était elle qu’il voulait. Jamais une fille ne lui avait procuré ce sentiment de bien-être, de joie et d’amour qu’il ressentait avec elle. Julia lui donnait l’impression d’être son âme sœur longtemps perdue mais qu’il avait retrouvée. Il ignorait comment il vivrait si elle n’était plus là. Maintenant qu’elle était humaine et libre de sa vie, Dean se disait qu’ils pourraient vivre tous deux et que rien ni personne ne pourrait les séparer. Seulement, la mort voulait s’en mêler et Dean se sentait tellement impuissant face au coma de Julia qu’il en aurait crié. Et pourtant, il avait si heureux de la voir en vie qu’il aurait volontiers posé la main sur sa poitrine pour la sentir respirer et entendre son cœur battre. Mais bien sûr les parents de Julia avaient gâché cet instant de bonheur et il se demanda comment il pourrait faire pour aller la voir et lui apporter son réconfort et son amour. Il ne demanda même pas à Sam de chercher une solution sur internet ou dans des livres car il savait très bien que son frère avait cherché partout quand lui-même était tombé dans le coma un an et demi plus tôt. Dean se contentait alors de rester assis sur l’un des lits jumeaux à tripoter l’étoile de Julia dans sa poche, toujours aussi froide, cherchant une quelconque solution qui lui aurait échappée.
Sam, lui, était parti prendre une douche, essayant d’évacuer le stress qu’ils avaient eu. Il pensa que son frère ferait bien d’en faire autant avec une douche froide pour évacuer sa colère car Dean n’avait pas cessé de l’une de ses mains de tambouriner la table à côté de son lit.

Une demi-heure plus tard, Sam sortit de la salle de bains et trouva Dean dans la même position :
« Dean, tu peux y aller, si tu veux te rafraîchir un peu, lui dit-il, premières paroles échangées depuis l’hôpital.
-Hum, hum…
-Dean, as-tu entendu ce que je t’ai dit ?demanda Sam, voyant que Dean pensait à autre chose.
-…
-Dean ?répéta Sam en se postant devant son frère cette fois-ci.
-Oui, quoi ?s’énerva l’intéressé. Arrête de me crier dans les oreilles, j’ai entendu.
-Tu pourrais me répondre, alors, ce serait plus simple.
-Je pensais à des trucs plus importants qu’au fait de te répondre pour aller dans cette saleté de salle de bains ! Fous-moi la paix !
-Ecoute, Dean, se radoucit Sam, sachant que son frère souffrait en silence, je suis désolé mais il va bien falloir que tu acceptes la réalité.
-Quoi, que ses parents vont débrancher les appareils ?
-Oui, bien sûr, ils en ont le droit…
-Non, ils ne peuvent pas faire une c******* pareille !s’exclama l’aîné en se levant brusquement.
-Et pourquoi ? Ce sont ses parents, dit-il en insistant sur le dernier mot. Ses parents, Dean, ils ont le droit de décider. Ce n’est pas à toi que revient la décision.
-Eh bien, ça devrait, je te signale ! Moi, je l’aime et je sais ce qui est le mieux pour elle alors que ses gens qui se disent ses parents, ne l’ont jamais aimée, tu le sais, tu l’avais entendu comme moi quand Julia nous l’avait raconté et on en a même la preuve sous les yeux !
-Je sais, Dean, mais tu dois considérer une chose. Nous, on a l’impression qu’elle vient seulement de tomber dans le coma car on l’a vue il y a deux jours mais eux, ils attendent qu’elle se réveille depuis trois ans et dis-toi que c’est très long, c’est même étonnant qu’ils ne l’aient pas débranchée avant ça. Dean, tu dois essayer d’accepter ce qui va se passer…finit-il en posant la main sur l’épaule de son frère.
-Non, je ne l’accepterai jamais, non, jamais… Tu ne te rends pas compte, Sammy…Elle s’est sacrifiée pour moi, pour que je vive et c’est maintenant elle qui va…C’est elle qui mérite de vivre et non moi. Elle n’aurait jamais dû accepter de franchir cette porte, elle aurait dû me laisser à mon sort…C’est elle qui paie pour toutes mes fautes, dit-il, les larmes aux yeux.
-Ne dis pas de sottises, Dean. Julia savait très bien ce qu’elle faisait et n’oublie pas que même si elle avait pu revenir avec nous en ange gardien, elle aurait été sévèrement punie par ses supérieurs et le même sort l’aurait attendu. Personne ne l’a obligé à faire ce qu’elle a fait. Elle a décidé seule et tu n’y es pour rien…
-Si, elle m’aimait et elle aurait tout fait pour me sauver. Elle a pris tous ces risques uniquement pour moi. Jamais je n’aurai dû tomber amoureux d’elle, ça a conduit à sa perte. J’ai été totalement égoïste…Mais elle, elle n’a cherché qu’à m’aider et cela, depuis le début…
Mais attends, je pense à une chose : et si Julia n’était plus la Julia qu’on a connue mais plutôt celle du passé ? Et si elle ne se souvenait plus de moi et de son existence passée d’ange gardien ?s’affola soudain Dean.
-Voyons, c’est impossible, Dean. C’est à son âme qu’on a eu affaire et c’est bien son âme qui est retournée dans son corps, aucun doute. Ca m’étonnerait qu’ils lui aient fait un lavage de cerveau de ces trois dernières années.
-Mais tu n’en aies pas sûr ! Puisqu’elle sait des choses sur ce qui se passe là-haut, ils ne veulent peut-être pas que si elle se réveille, elle divulgue certaines choses ! Ce serait magnifique si elle se réveillait bien sûr mais atroce si elle ne me reconnaissait pas, tu te rends compte ! Je crois que j’en perdrais la tête…
-Oh, Dean, arrête, s’il-te-plaît, s’affola Sam en le voyant dans cet état. Je peux te jurer que Julia se souviendra de toi, c’est certain. Ils ne peuvent pas modifier sa mémoire car que veux-tu qu’elle leur fasse comme tort ? Ils la connaissent et savent que Julia n’est pas du genre à vouloir leur faire du mal. Et puis, l’ange gardien venu nous voir, n’a rien mentionné de ce genre de choses et je suis certain qu’il aurait laissé échapper inconsciemment des indices sur ça mais non, rien, alors calme-toi. Et s’ils lui avaient effacé la mémoire, autant la tuer, c’était plus facile pour eux.
-Très bien, Sammy, tu as peut-être raison, se calma Dean. Mais l’inquiétude reste car ils vont la débrancher demain et là, je n’ose pas imaginer ce qui va se passer…
-Ecoute…Peut-être y a-t-il une chance après tout qu’elle ne meure pas. N’oublie pas ce qu’a dit l’ange gardien. Il a dit qu’elle avait été punie mais qu’en même temps, son sacrifice pour toi avait été considéré comme un signe de pureté, un mérite et je suis sûr qu’ils ont voulu lui redonner une petite chance en ne la tuant pas mais en changeant la réalité, ce qui s’était vraiment passé. Ils lui offrent la chance de se battre pour continuer à vivre et cela…
-…en incitant les médecins et les parents à débrancher les appareils car là sera le vrai combat, compléta Dean, surpris de ne pas y avoir pensé plus tôt, le visage empreint d’un nouvel espoir. Tu as raison, Sammy. Julia a encore une chance d’être sauvée et elle doit se battre pour vivre pour prouver à tous combien elle est forte. Elle l’a déjà prouvé dans son combat contre Thesius et là, elle va réussir une fois, j’en suis certain.
-Et bien, voilà, sourit Sam, heureux de voir son frère reprendre espoir, c’est mieux comme ça. Mais le problème est que tu ne vas plus pouvoir l’approcher avec la scène que tu as fait à l’hôpital.
-Ce n’est pas un problème, j’ai trouvé la solution, répondit alors Dean, un sourire en coin.
-Tu vas présenter tes excuses, c’est ça ?espéra Sam, craignant le pire.
-Présenter mes excuses ? Ca ne va pas ? Ils seraient trop fiers et je ne veux leur donner aucune satisfaction de ce genre, crois-moi.
-Alors, quoi ? Ils ne vont pas vouloir qu’on s’approche à moins de cent mètres de la chambre, tu vas voir. Et s’ils postent des policiers devant l’entrée, on est cuit, surtout avec nos avis de recherche un peu partout.
-Arrête d’angoisser, petit frère, j’ai trouvé la solution. Ca demande seulement de l’organisation et du savoir-faire.
-Misère, que vas-tu encore vouloir inventer ?appréhenda Sam.
-Tu verras ça après une bonne nuit de repos.
-Non, Dean, dis-moi ça tout de suite, sinon je vais t’embêter toute la nuit.
-Alors là, pas question mon vieux. Nous devons être en forme demain matin et n’avoir aucune cerne sous les yeux ou montrer le moindre signe de fatigue.
-J’espère qu’au moins, ce n’est pas dangereux…
-Dors, mauviette… »
Sans un mot de plus, Sam se coucha, sachant très bien que le lendemain, il regretterait amèrement de ne pas s’être opposé à son frère mais quand Dean était dans cet état d’excitation, rien ne pouvait l’arrêter ou lui faire révéler son idée avant l’heure.
Dans le lit voisin, Dean était tourné vers la fenêtre et serrant toujours l’étoile dans sa main, il ne put s’empêcher de regarder le ciel étoilé et de promettre à Julia mentalement que tout irait pour le mieux et qu’elle se réveillerait bientôt.

Le lendemain matin, Sam se réveilla en ayant l’impression que cette journée s’annonçait très longue et très riche en péripéties en tout genre. Regardant le lit voisin, il fut surpris de ne pas y trouver son frère. Il le chercha du regard et le vit rentrer deux minutes plus tard, deux cafés à la main.
« Mais tu t’es levé à quelle heure ?
-Oh, il y a quelque temps maintenant, j’avais besoin de m’organiser pour ce qu’on va faire.
-Et que va-t-on faire ?
-On va faire échapper Julia de sa prison.
-La kidnapper ? Mais tu es complètement fou !
-Oui…Peut-être un peu mais seule la folie peut nous aider désormais, répondit-il en souriant.
-Non, ne compte pas sur mon aide pour kidnapper une malade en plein hôpital sous les yeux de ses parents et de policiers armés jusqu’aux dents. On va se faire arrêter dès le premier pas dans cet hôpital, fais-moi confiance.
-Oh non, Sam, c’est à toi de me faire confiance car tu ne sais pas qu’on va recevoir un petit bout d’aide de l’extérieur.
-De qui ?
-J’ai téléphoné à Bobby et il est prêt à nous aider vite fait. Il était justement sur un travail dans l’état voisin, à Reno dans le Nevada. Il va faire la route pour nous aider et repartir aussitôt, il n’aura pas le temps de rester.
-Et sans être indiscret, à quoi va nous servir Bobby ?demanda Sam, un peu énervé d’être hors du coup.
-Je t’explique mon plan. Bobby va se déguiser en agent du FBI pour approcher les parents de Julia et les éloigner de sa chambre. Pendant ce temps, nous aurons le temps, déguisés en infirmiers, de la faire sortir de l’hôpital car Bobby aura fait donner l’ordre de la faire transférer dans un autre hôpital par mesure de sécurité envers le danger potentiel qu’on représente et ses parents n’auront pas le temps de dire ouf qu’on sera déjà loin, sourit Dean de toutes ses dents, fier de lui.
-C’est ça, et en plus, tu es fier de toi…Non, mais tu te rends compte qu’ils pourraient nous reconnaître s’ils nous voient traîner dans le couloir ?
-Mais non, tu verras, tout se passera bien et puis, ils nous ont à peine vus hier soir car il faisait déjà sombre et il y avait très peu de lumière dans la chambre.
-Je suis désolé mais j’ai un mauvais pressentiment.
-Mais non, c’est ton angoisse, voilà tout. Regarde, j’ai apporté des vêtements d’infirmiers du Memorial Hospital. Ils doivent être à ta taille ou alors c’est que tu as encore grandi… »
Dean rigola de bon cœur et enfila sa tenue. Sam fit de même mais continuait à désapprouver cette entreprise qui lui semblait plus désespérée et casse-cou qu’autre chose.
« Et comment va-t-on faire avec tous les branchements qui sont encore reliés à Julia ?
-Pas de panique, mon vieux. J’avais flirté avec une petite infirmière il y a quelques années et elle m’avait appris entre autre choses que lorsqu’on débranchait les appareils d’un comateux, ils le faisaient toujours le matin et cela dans tous les hôpitaux américains. Ainsi ils pouvaient suivre l’évolution de son rythme cardiaque beaucoup plus mieux durant la journée que la nuit.
-Ah, je vois, dit Sam, surpris que cette fille ait donné ce genre de détails et surtout que son frère se souvienne de ça. Et dis-moi, elle ne t’aurait pas donné quelques trucs pour le kidnapping dudit malade comateux ?
-Non, pas vraiment, seulement éviter d’avoir la trouille comme toi, c’est tout, se moqua Dean.
-Je n’ai pas la trouille, contesta Sam.»

Dean ne répondit pas mais sourit d’un air entendu. Ils partirent aussitôt, pressés d’en finir. Ils retrouvèrent Bobby à l’hôpital et évitèrent de se parler pour ne pas créer de suspicion. Dean fit seulement un léger signe de la main à Bobby qui, pour une fois, en costume-cravate et très bien coiffé, hocha très légèrement la tête en toussotant. Ils se rendirent au quatrième étage, séparés mais alors que Bobby était prêt à parler à entrer dans la chambre 425, une alarme retentit dans cette chambre. Dean ne put s’empêcher de s’approcher, totalement affolé et inconscient qu’on puisse le reconnaître. Sam put le retenir à temps alors qu’il était prêt à franchir le seuil. De loin, ils purent constater que les appareils respiratoires avaient été déjà retirés et apparemment, là était tout le problème. Julia ne semblait pas supporter de respirer seule et était en train de faire un arrêt cardiaque.
Les médecins et infirmières s’étaient précipités, bousculant les parents de Julia au passage, alors que ceux-ci paraissaient simplement curieux de l’évolution des choses.
Un médecin prit les électrochocs pour ranimer Julia mais trois tentatives furent vaines. Il essaya ensuite deux injections mais Julia ne semblait pas vouloir revenir. Enfin, il essaya le massage cardiaque. Complètement désespéré de voir toutes ces tentatives échouer, Dean s’approcha plus près de la fenêtre de la chambre donnant sur le couloir. Et alors que Dean mettait sa main sur la vitre qui le séparait d’elle et que le médecin venait d’abandonner, le cœur de Julia repartit, comme si la proximité de Dean lui avait été d’un meilleur secours que tout ce qu’on lui avait fait. Dean ne put s’empêcher de sourire, tellement heureux que Julia soit encore en vie et pensa que sa présence devait y être pour quelque chose.
Sam put éloigner son frère en temps quand les médecins sortirent en même temps que les parents de Julia qui paraissaient assez déçus et décontenancés. Dean fit signe à son frère que c’était peut-être le bon moment à saisir et ils entrèrent dans la chambre désormais vide mais Bobby leur fit un geste alarmé de loin en leur indiquant le retour des parents. Les deux frères n’avaient plus le temps de sortir avant l’entrée des parents. Alors Bobby s’avança vers Mr et Mrs de Valences avant qu’ils n’entrent dans la chambre et se présenta. Il réussit à les éloigner suffisamment pour que Dean et Sam aient le champ libre.

Après avoir déposé un baiser sur le front glacé de Julia, Dean apporta un lit du couloir où ils installèrent Julia. Ils durent débrancher ce qui la reliait au moniteur cardiaque mais apparemment l’en avoir débranchée ne provoqua aucun changement et seul la respiration à peine audible de la jeune fille leur montrait qu’elle était en vie. Ils réussirent à sortir de la chambre sans encombre et même à arriver jusqu’au rez-de-chaussée sans rencontrer ni les parents de Julia ni de questions douteuses de la part du personnel hospitalier. Juste avant, Bobby avait volé une ambulance et l’avait garée juste devant la porte des urgences en la réservant grâce à sa fausse insigne. Il avait transmis à Sam ces informations sur un papier en douce dans un couloir de l’hôpital ainsi qu’un pass leur permettant de prendre l’ambulance sans problèmes. Ce ne fut que lorsque Sam démarra le véhicule, Dean se trouvant à l’arrière avec Julia, qu’une alarme retentit dans l’hôpital. Les deux frères s’empressèrent de dégager le plus vite possible et réussirent à rejoindre leur motel. Ils réunirent rapidement leurs affaires et dégagèrent de la ville à bord d’une voiture volée, la leur étant restée chez Bobby. Dean avait tenu à choisir une belle voiture confortable, ce qui n’avait pas été très facile avec les systèmes d’alarme, afin d’installer Julia à l’arrière le mieux possible et pour qu’elle n’ait aucun choc. Afin d’éviter que ça n’arrive, Dean avait même demandé à son frère de conduire pendant que lui restait à l’arrière, la tête de Julia reposant sur ses genoux. Arrivés assez loin de la ville, Sam avait téléphoné à Bobby pour savoir comment ça s’était passé. Tout allait bien pour lui et il avait pu partir à temps avant que les Mr et Mrs de Valences ne s’aperçoivent de la supercherie et donnent l’alerte. Il leur avait souhaité bonne chance et était retourné à son affaire dans le Nevada.
Les heures de route furent longues pour retourner chez Bobby et récupérer l’Impala. Ils durent passer deux nuits de motel et conduire pendant trois jours sans arrêt pour arriver chez lui. Dean avait relayé Sam au volant mais tout en faisant promettre à son frère de prendre sa place près de Julia. Celle-ci, pendant ces trois jours, n’avait pas du tout bougé et s’ils n’avaient pas prêté à l’oreille pour entendre sa respiration et pris de temps à autre son pouls, ils auraient pu croire qu’elle était morte avec son extrême pâleur et le contact froid de sa peau. Dean, durant les deux nuits, avait fait semblant de dormir sur un fauteuil, puisqu’il laissait son lit à Julia mais en fait, il n’avait pas fermé l’œil de peur que Julia ne fasse un nouvel arrêt cardiaque. Sam avait bien remarqué cela car en plus l’inquiétude de son frère était palpable. Ils n’avaient pratiquement pas dit un mot durant ces trois jours et Sam commençait à s’inquiéter pour Dean qui avait désormais des cernes sous les yeux et un teint qui pâlissait de jour en jour.
Ce ne fut que quand ils eurent récupéré l’Impala et prit un motel à quelques kilomètres pour se reposer de leur longue route que Sam demanda à son frère d’aller se reposer alors que lui, à la place de Dean, veillerait sur Julia pendant son sommeil. Dean accepta de bon cœur et même s’il eut du mal, réussit à s’endormir au bout de quelques heures.
Le matin suivant, Dean se réveilla en sursaut ayant eu l’impression que Julia avait crié mais il n’en était rien. Sam était éveillé et lisait alors que Julia n’avait pas bougé.

Les semaines passèrent et l’état de Julia était toujours le même. Les deux frères se relayaient pour la surveiller : elle n’avait fait aucun nouvel arrêt cardiaque mais aucune amélioration ne semblait en vue non plus. Si Sam s’était inquiété pour son frère les premiers jours, son anxiété avait triplé depuis. Dean était devenu d’une pâleur mortelle, ses yeux étaient rougis avec des cernes et il avait maigri, ne mangeant et ne dormant pratiquement plus. Sam avait essayé de lui faire prendre conscience de tout ça plusieurs jours auparavant mais ça n’avait servi à rien et au lieu d’une dispute enragée, Dean s’était muré dans un silence contrarié. Sam avait demandé à Bobby de venir l’aider mais ça n’avait servi strictement à rien. Sam angoissait tellement qu’il en avait également perdu l’appétit. Il ne voulait pas perdre Julia, bien sûr car il aimait beaucoup la jeune fille qui avait brisé le pacte de Dean et cela il lui était extrêmement reconnaissant mais il voulait encore moins perdre son frère qui était tout au monde pour lui. Le comportement de Dean le surprenait énormément, il ne l’avait jamais vu dans un tel état, seulement à cause d’une fille. Il constatait maintenant à quel point Dean pouvait aimer Julia et il se demandait vraiment avec crainte ce qui arriverait si Julia mourait dans ses bras.

Quant à Dean, il avait désespéré chaque jour davantage de ne voir aucune amélioration de la santé de Julia. Il n’avait cessé d’espérer et même de prier pour qu’elle se réveille mais malheureusement, tous ses espoirs et prières paraissaient n’avoir servi à rien. Pas une seconde depuis ces trois semaines, il n’avait lâché l’étoile de sa main et malgré le contact chaud de sa paume, l’étoile ne s’était pas réchauffée, comme n’importe quel objet à force de le serrer contre soi, mais était resté aussi froid que la glace, aussi froid que les mains de Julia que Dean serraient très souvent pour faire en sorte que son contact la réveille. Combien de fois lui avait-il parlé en lui déclarant son amour et tout ce qu’ils pourraient vivre si elle pouvait se réveiller, ça, il dut renoncer à les compter. Il ne faisait plus attention à son propre état de santé, étant trop soucieux de celui de Julia. Les jours s’écoulaient toujours semblables, à veiller près de Julia, une main tenant l’une des siennes et l’autre restant dans sa poche, serrant l’étoile.
Mais ça faisait maintenant trois semaines qu’ils l’avaient sortie de l’hôpital et même si Dean se disait qu’il conserverait toujours de l’espoir quant à son réveil, il dut bien s’avouer à lui-même que les chances s’amenuisaient à vue d’œil. Bien sûr, Julia devait se battre de toutes ses forces pour ne pas mourir et rester dans cet état. Cette énergie était un tremplin à l’espoir de Dean mais il craignait que Julia n’ait pas assez de forces pour viser plus haut et pouvoir se réveiller. Ce fut alors un soir de pleine lune que Dean, profitant de l’absence de Sam parti chez Bobby, ne put s’empêcher de craquer. Il n’en pouvait plus de rester près d’elle en la sachant si vulnérable et près de la mort ainsi et de ne pas savoir quoi faire.

« Si tu savais combien je suis désolé, Julia. Je n’aurai jamais dû tomber amoureux de toi, si j’avais su…Mais j’étais totalement aveugle et je ne pensais qu’à moi. Je t’aime tellement pourtant, je n’ai jamais aimé une autre fille autant que toi…Tu es celle que j’ai espéré toute ma vie et c’est toi que je suis prêt à perdre à cause de ma bêtise. Cet amour transperce mon cœur et mon esprit, je ne peux m’empêcher de penser à toi et de souffrir pour toi. Je t’aime à la folie…Réveille-toi, je t’en supplie, ma chérie, c’est tout ce que je te demande… »
Et les larmes vinrent, débordant ses paupières rougies par le sommeil et l’inquiétude. Elles tombèrent goutte à goutte sur le lit et Dean n’avait pas envie de les arrêter, tellement ça lui faisait du bien. Mais alors qu’il ne lâchait pas sa main tenant celle de Julia, il voulut de sa main gauche essuyer quand même ses yeux embués de larmes. Il ne réalisa pas qu’il tenait toujours l’étoile. Une larme tomba alors sur l’étoile qui s’illumina d’un bleu profond. Surpris de ce changement, Dean observa l’étoile, se demandant d’où ça pouvait venir. Il sentit soudain une légère pression de sa main droite. Bouleversé, il regarda Julia et vit ses yeux s’entrouvrir : ce fut comme si un rayon de soleil, malgré la nuit, s’était introduit dans la chambre de motel. Dean tremblait de surprise et de bonheur, ses larmes coulant sur son visage, mais cette fois-ci c’était des larmes de joie. Julia regarda Dean et un sourire heureux apparut sur ses lèvres qui recommençaient à rosir.

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 23:11

Chapitre 6 : Un nouveau départ


Il leur sembla soudain que le temps s’était gelé et que même leurs cœurs s’étaient arrêtés de battre tellement la surprise était grande. Ils restèrent un bon moment à se dévisager, autant étonnés et heureux l’un que l’autre. Puis Julia finit par parler :
« Bonjour, Dean, si tu savais combien je suis ravie de te voir. J’avais peur que tu n’aies eu un problème à notre retour de là-bas.
-Non, Julia, tout va bien.
-Et Sam, il va bien, lui aussi ? Pas de complications suite à l’accord souterrain ?
-Non, tout est parfait maintenant, il ne manquait plus que toi.
-Euh, oui…justement, c’est ça le problème…Ca me fait tellement bizarre d’avoir à nouveau un corps solide, j’en suis assez chamboulée. Et comment se fait-il que je me trouve si faible ?dit-elle, le visage très troublé.
-Tu veux dire que tu…tu ne sais pas pourquoi tu es là ?
-Non, pas du tout. La dernière chose dont je me souviens c’est de nous trois passant la porte de sortie vers la terre, c’est tout. Je crois voir ressenti plusieurs douleurs au cœur et au cerveau depuis mais tout est vague…Dis-moi, Dean ce qui s’est passé, je t’en prie. »

Devant l’air totalement déphasé et ennuyé de Julia, Dean entreprit à contrecœur de lui raconter par quelles étapes ils étaient passés depuis leur retour, leur découverte à l’hôpital ainsi que, ce que Dean appelait, son “sauvetage”. Julia eut apparemment du mal à digérer toutes ces informations puisqu’il s’était passé beaucoup de choses sans qu’elle en ait connaissance, contrairement au passé où elle avait connaissance de tout. Elle finit par soupirer :
« Eh bien, ça fait beaucoup trois ans de coma…Je comprends mieux pourquoi je ne sens pas mes jambes.
-Hein, quoi ?s’affola Dean. Pourquoi tu ne l’as pas dit plus tôt ?
-Si tu crois que c’est facile de prendre conscience de ça, quand pendant trois ans, on ne sentait jamais son corps translucide, tu es drôle toi. Je n’ai déjà pas l’impression d’être moi-même là-dedans, je me sens comme enfermée, tellement lourde et affreuse que c’est déjà horrible à vivre sans rajouter en plus le dysfonctionnement de mes jambes…
-Je suis désolé, murmura Dean.
-Ne sois pas désolé, Dean, c’est normal que tu aies réagi comme ça, comment pourrais-je t’en vouloir, tu es tout ce que j’ai…dit-elle en souriant mais en s’interrompant soudain, rougissante.
-Mais euh…Tu es sûre que tu ne peux pas les bouger un peu ? dit alors Dean en enlevant brusquement les couvertures de sur elle, Julia étant heureusement pour elle en pyjama.
-Tu n’es pas gêné dis donc, toi, soupira-t-elle en souriant. Eh bien, attends…Mais Julia eut beau forcer de bouger l’une ou l’autre jambe ou même les doigts de pied, rien n’y fit. Je dois avoir les muscles des jambes d’atrophiés après tant d’années dans le coma.
-D’atrophiés ?s’exclama Dean, affolé.
-Ne t’inquiète pas, il paraît que ça se soigne avec pas mal de séances de kiné…Mais une pensée lui traversa l’esprit : ca veut dire qu’il faut que j’en fasse pour remarcher, oh non, ce n’est pas vrai, j’ai toujours détesté ça ! D’abord un corps que j’ai du mal à accepter et ensuite ça, je me demande ce qui va m’arriver comme tuile maintenant, se plaignit-elle. »

Dean eut une impulsion soudaine : sans crier gare, il s’approcha d’elle et mettant une main derrière la tête de Julia, il posa les lèvres sur les siennes et l’embrassa tendrement. Julia répondit avec plaisir à ce baiser qu’elle semblait apprécier autant que lui, voire même davantage. Ils restèrent plusieurs minutes à s’embrasser sans se lasser mais Julia se dégagea enfin, manquant un peu d’oxygène, après tant de temps dans le coma.
Dean avait eu peur d’être déçu de ce baiser car il avait craint que leur premier baiser n’avait pas été vraiment authentique et trop beau car elle était un ange gardien à cette époque. Mais au contraire, il s’était trompé car ce baiser était encore plus merveilleux que le précédent et le fait qu’elle soit devenue un être humain avait arrangé les choses. Le contact de ses lèvres était plus réel, chaleureux et amoureux et il avait senti qu’il n’y avait aucun frein ni culpabilité derrière. Ils avaient pu s’y livrer corps et âme. Dean garda un sourire ravi sur les lèvres et son teint, une heure plus tôt si pâle et maladif, avait maintenant retrouvé toutes ses couleurs.

Julia, elle, était restée sous le choc de ce baiser surprenant et merveilleux aussi pour elle. Ce baiser avait balayé d’un coup toutes les misères de son nouveau corps terrestre. Elle avait eu le sentiment de planer dans le ciel et d’être sur un petit nuage. Son premier baiser avec Dean l’avait pourtant secouée à l’époque mais elle avait eu l’impression que ce baiser avait disparu la seconde d’après que leurs lèvres s’étaient quittées comme si le fait d’être un ange gardien rendait tout ce qu’elle ressentait, éphémère et illusoire. Tandis qu’aujourd’hui, elle avait ressenti ce baiser tellement profondément dans son corps et dans son âme qu’elle en pleurait de joie. Jamais elle n’avait ressenti un tel bonheur l’envahir, même quand elle s’était plongée dans son Somfelici qu’elle avait donné à Austaus. Ce baiser était complètement différent et lui procurait un sentiment de bonheur et de bien-être tellement intense et réel qu’elle en eut alors des bouffées de chaleur, alors qu’auparavant, elle était totalement gelée. Alors que Dean arborait un sourire heureux, Julia le regarda, un peu gênée, mais finit par sourire également de bonheur.

Ce fut cet instant que Sam choisit pour revenir. Dès qu’il eut la porte de la chambre, il resta bouche bée tellement il était surpris par cette scène. Il en laissa même tomber les provisions qu’il avait rapportées et des bouquins de Bobby. Il voyait son frère complètement transformé depuis son départ tellement il lui semblait heureux et aux anges. Il avait le visage illuminé et d’une couleur rayonnante. On aurait dit que sa précédente faiblesse avait disparu d’un seul coup. Et bien sûr, voir que Julia était réveillée lui procura aussi un très grand plaisir. Il s’avança alors vers eux, un grand sourire aux lèvres :
« Mais…mais c’est un pur miracle, Julia, je n’en reviens pas ! Je suis tellement heureux que tu sois réveillée, c’est extraordinaire ! »
Et il ne put s’empêcher de l’enlacer tellement il était soulagé. Julia lui répondit avec beaucoup de reconnaissance. Dean s’éclaircit bruyamment la voix pour montrer à son frère qu’il ne fallait pas s’approcher de sa Julia de trop près. Sam et Julia desserrèrent alors leur étreinte.
« Merci, Sam, c’est gentil.
-Alors, bienvenue sur terre !s’exclama Sam, ce qui fit rire Julia.
-On peut dire que tu sais choisir les mots qu’il faut, toi !rigola-t-elle. En tout cas, je n’ai pas l’impression d’avoir été une extra-terrestre.
-Euh non…Julia, excuse-moi, ce n’est pas ce que je voulais dire, bafouilla Sam, un peu gêné de sa remarque.
-Arrête, voyons, je plaisante. Je voulais dire que ta remarque était vraiment bien placée pour un ange déchu du ciel.
-Non, je ne suis pas d’accord avec toi Julia, remarqua soudain Dean. On devrait vraiment te faire mettre au coin avec une bourde pareille.
-Me faire mettre au coin ?s’insurgea Sam.
-En fait, je crois, Sam, dit Julia en rigolant de bon cœur, que nous sommes tous deux des élèves se chamaillant et que Dean est notre maître d’école qui décide qui punir.
-Ah oui, tiens, bonne idée, sourit Dean à cette idée.
-Oh non, monsieur, pas de ça entre nous !
-Tu vois, Sam, c’est toi qui m’as traité de monsieur !
-Arrête, ça ne prend pas avec moi !
-Je t’ai dit d’aller au coin, il me semble ! Alors, vas-y !
-Vas-y toi-même pour montrer le bon exemple.
-Oh, tu vas voir si je vais t’expliquer ce qu’est la discipline et l’obéissance à ses aînés !!! »

Et Dean entreprit de prendre Sam par le bras et de le traîner jusqu’à un coin de la chambre, près de la porte. S’ensuivit un vrai combat entre eux pendant lequel ils atterrirent par terre, se battant toujours. Julia ne pouvait s’empêcher de rire devant ce combat si innocent et si joueur. Ca faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas eu de soucis derrière la tête et qu’elle pouvait profiter des joies simples de la vie qu’elle avait l’impression qu’on allait bientôt l’arracher à ce bonheur et la replonger dans la vie si compliquée d’ange gardien. Et pourtant son corps voulait lui prouver le contraire en imposant sa présence par les nombreuses douleurs qu’elle ressentit dans tout le corps. Elle s’arrêta de rire même si les garçons se battaient toujours et se mordit les lèvres pour ne pas gémir de souffrance, sous le coup des douleurs musculaires et la migraine qui l’assaillaient.
Les deux frères ne s’aperçurent que plusieurs minutes après l’arrêt de ses rires, que Julia ne se faisait plus entendre. Dean arrêta aussitôt de se bagarrer et tourna la tête vers celle qu’il aimait, inquiet d’une possible rechute. Sam fit de même, fronçant les sourcils. Dean s’approcha de Julia, redevenue très pâle :
« Eh, ça va, Julia chérie ? Tu te sens mal ?
-Ca va aller, ne t’en fais pas, ne fais pas attention.
-Ce serait difficile de ne pas te prêter attention, tu sais, dit Sam. Tu es tellement pâle que ça se voit que ça ne va pas.
-J’ai seulement l’impression d’avoir mal partout mais ça va passer très vite.
-Je suis sûr que ce n’est pas seulement une impression, assura Dean. Est-ce que tes jambes te font mal ou tu continues à ne plus les sentir ?
-Quoi ?s’écria Sam. Elle ne sent plus ses jambes ?
-Non, Sam, dit-elle, je crois que les muscles sont atrophiés, je ne peux pas les bouger mais elles ne me font pas mal. C’est tout le reste qui me fait un peu souffrir.
-Allez, n’en dis pas plus, on t’emmène à l’hôpital, dit alors Dean.
-Ne me ramenez pas à l’hôpital d’où je suis sortie, je ne veux pas revoir mes parents…
-Mais non, ne t’inquiète pas, on est trop loin pour ça, dit Sam. Il y a un hôpital à quelques kilomètres, on va y aller pour que des médecins t’examinent. »

Julia ne répondit pas car elle sentait bien que c’était nécessaire et de plus, sa faiblesse augmentait, elle avait l’impression qu’elle allait s’évanouir d’un instant à l’autre. Mais elle ne voulut rien dire aux deux frères pour ne pas les inquiéter davantage et se promit de tenir bon jusqu’à ce qu’ils aient atteint les urgences. Dean la prit dans ses bras et même s’il savait qu’elle serait plus lourde que lorsqu’elle était un ange gardien, il s’étonna quand même de sa légèreté. Il l’allongea à l’arrière de l’Impala en restant avec elle, Sam conduisant. Ils arrivèrent rapidement aux urgences et expliquèrent en quelques mots qu’elle venait de sortir du coma après trois ans sans préciser qu’elle avait été dans un hôpital quelconque. Ils éludèrent habilement les questions des médecins et ceux-ci emmenèrent Julia faire des examens approfondis.

Les heures passèrent, interminables. Dean faisait les cent pas pendant que Sam restait assis, les yeux rivés au sol. Dean avait demandé plusieurs fois des nouvelles aux infirmières qui passaient mais aucune ne semblait savoir quoique ce soit. Enfin, un médecin d’une quarantaine d’années vint les voir :
« Nous lui avons fait faire tous les examens nécessaires. Votre amie souffre bien évidemment des troubles post-comatiques habituels comme les muscles des jambes atrophiés ou la faiblesse générale et les douleurs musculaires mais tout ça devrait disparaître avec beaucoup de repos, une constante surveillance de son état et une rééducation de plusieurs mois.
-Vraiment ? Elle va s’en sortir indemne au bout de tout ça ?demanda Dean, le visage inquiet.
-Oui, tout devrait rentrer dans l’ordre si elle est bien entourée.
-Oh, merci, docteur, si vous saviez combien je suis soulagé, soupira Dean de soulagement.
-Oui, merci, c’est une très bonne nouvelle, dit Sam également en souriant.
-On peut la voir ?
-Si vous voulez mais ne la fatiguez pas de trop, elle s’est évanouie durant le premier examen et elle est encore très faible. Je préfère la garder cette nuit en observation et vous pourrez la ramener chez elle, à condition qu’elle revienne tous les jours pour ses leçons de rééducation.
-Oui, d’accord, docteur, on vous le promet, sourit Dean, satisfait.
-Prenez bien soin d’elle, elle en aura grand besoin. »
Les deux frères, après avoir assuré au médecin qu’ils seraient toujours là pour la soigner, s’excusèrent et allèrent voir Julia dans sa chambre. Celle-ci était éveillée mais avait une petite mine.
« Salut, beauté adorée !s’exclama Dean, la regardant tendrement.
-Bonjour, mon prince charmant, répondit-elle en souriant.
-Comme ça, je suis ton prince charmant, ah tiens…répondit-il avec un léger sourire de malice.
-Attends, peut-être pas après tout…Regarde-toi, tu n’as pas d’épée, ni de bouclier ni de cape…Là, vraiment, je ne sais plus quoi penser de toi.
-Eh bien alors, ressens ceci… »
Et Dean, provoquant une gêne indescriptible de son frère derrière lui, embrassa Julia tendrement.
« Ah oui, là, je reconnais mon prince charmant, sourit-elle, presque béate, encore sous le ravissement du baiser.
-Comment vas-tu ? Tu as vu le médecin ?
-Oui, il m’a expliqué, comme à vous deux, je suppose.
-Eh oui, c’est nous maintenant qui allons être tes anges gardiens, remarqua Dean.
-Et j’en suis ravie… »
Et sans s’en rendre compte, Julia s’endormit, ses yeux se fermant d’eux-mêmes. Dean la regarda avec un trop plein d’amour et déposa un petit baiser sur ses lèvres avant de sortir de la chambre avec Sam.

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 23:14

Chapitre 7 : Le poids du passé


Les mois passèrent et même si les séances de kiné étaient toujours là, on aurait dit qu’un ciel bleu était toujours au rendez-vous pour Dean, Sam et Julia. Avec beaucoup d’efforts, Julia réussissait à remarcher et se contentait maintenant d’une seule béquille car elle boitait toujours. Ses forces étaient revenues progressivement mais c’était en partie grâce à tout le bonheur qu’elle ressentait et à l’amour que Dean lui apportait. Durant toutes ces semaines, Julia se reposait pendant que les deux frères allaient chasser plus ou moins loin, en faisant promettre à Julia aucune imprudence d’aucune sorte. Pour ses séances de rééducation, une infirmière très aimable de l’hôpital venait chercher Julia au motel et la reconduisait. Mais Dean tenait toujours à revenir chaque soir au motel retrouver Julia, ne pouvant pas passer une seule nuit loin d’elle.
Sam aurait pu se plaindre de ces allées et venues incessantes mais au contraire il se réjouissait de voir son frère aussi heureux, amoureux et enthousiaste. Il appréciait beaucoup Julia et pas un seul instant il ne fut ennuyé de sa présence près d’eux.

Bien sûr, il finit par arriver un jour qu’une enquête deux états plus loin les empêcha de revenir le soir près d’elle car ils étaient en pleine chasse d’un loup-garou et c’était la dernière nuit où ils pouvaient l’attraper. Dean appela Julia sur son portable pour la prévenir et surtout entendre sa voix le plus longtemps possible mais malheureusement la nuit arriva rapidement et ils durent raccrocher pour que Dean aille rejoindre son frère dans le bois prévu.
Julia connaissait parfaitement le travail qu’ils devaient accomplir pour les avoir suivis mentalement pendant près de trois ans et elle savait donc quel danger ils couraient à chaque fois mais tout de même, elle ne pouvait s’empêcher de se faire du mauvais sang à chaque fois que Dean la prévenait quel genre de créatures ils étaient en train de chasser. Cette nuit-là, une fois de plus, elle s’inquiéta et ne put dormir de la nuit.
Elle repensa tristement à ses parents auxquels elle avait téléphoné peu après sa sortie du coma pour leur dire que tout allait bien et que surtout les deux jeunes hommes, qui l’avaient emmenée, étaient ses meilleurs amis. Elle leur avait demandé d’arrêter les poursuites contre les frères et même d’arrêter de penser à elle car désormais leurs liens n’étaient que purement sanguins, qu’ils n’avaient plus besoin de faire semblant et qu’elle vivrait désormais sa vie comme elle l’entendait. Ses parents avaient été parfaitement d’accord, lui semblait-il car ils avaient répondu par quelques mots empreints d’une note de soulagement et de joie. Quelques jours après, Julia avait reçu au bureau postal la majorité de ses affaires qu’elle leur avait demandé. Elle avait d’ailleurs remarqué avec désappointement qu’une partie de ses affaires n’avait pas été envoyée, comme n’ayant jamais existée, mais heureusement elle avait reçu ce qui lui tenait le plus à cœur. De plus, Julia se rappelait avec exactitude la somme qu’elle avait sur son compte en banque trois ans plus tôt et elle avait redemandé cet argent à ses parents qui lui avait donné avec un certain regret. Ainsi, elle était récupéré la totalité des choses auxquelles elle tenait et s’en portait à merveille.

Cependant, depuis son réveil, elle avait eu beaucoup de difficultés à s’adapter à sa nouvelle façon de vivre et même, tout le problème était là, car désormais elle vivait. Julia avait accepté très facilement et rapidement sa condition d’ange gardien trois ans plus tôt et cela avait été comme une seconde nature d’être un ange gardien tellement ça lui avait semblait facile. Mais aujourd’hui, elle se sentait tellement mal à l’aise dans son corps, tellement lourde et inutile qu’elle s’en écœurait elle-même. Elle avait encore du dégoût à se regarder dans une glace, et même marcher, ou respirer était pénible et énervant. Elle qui avait toujours été d’un grand calme, que ce soit durant sa vie ou durant sa période d’ange gardien, elle s’énervait maintenant promptement, non contre les autres et encore moins contre Dean, mais contre elle-même. Ca ne lui arrivait que lorsqu’elle se savait être seule car elle ne voulait pour rien au monde être vue par quelqu’un dans cet état. Julia se sentait si honteuse d’être sur terre, sans rien à faire, d’être un ange déchu…Pour elle c’était un pur déshonneur car elle avait toujours considéré comme un immense honneur d’avoir été faite ange gardien. Parfois elle craignait même que des anges gardiens viennent la tuer pour ses désobéissances, de la même manière que Thesius. Mais personne ne vint. Désormais, elle avait l’impression de n’être qu’une masse lourde, affreuse et inutile.

Pourtant, un seul être lui faisait tenir le cap et lui montrer que la vie n’était peut-être pas aussi horrible qu’elle lui paraissait : c’était Dean. Chaque jour durant ces mois, il avait été prévenant, attentionné, amoureux et lui répétait sans cesse combien il l’aimait et à quel point elle était belle, plus belle encore qu’avant. Julia ne s’était pas du tout confiée à lui, sachant très bien qu’il voudrait la rassurer et elle avait peur également de le décevoir car il aurait pu croire qu’elle n’appréciait pas assez son attention et son amour alors que c’était tout le contraire.
Ce qui lui avait manqué le plus durant sa vie, les frères Winchester lui apportaient au taux maximum. Sam lui apportait une très grande amitié et un grand soutien et Dean lui apportait tout l’amour qu’elle avait tant désiré. Tous les sentiments que ses parents lui avaient refusé durant sa vie, Julia les retrouvait chez Dean et Sam. Chaque jour, même si sa présence sur terre et son corps lui faisaient horreur, Sam et Dean savaient lui redonner goût à la vie par leur entrain, leurs rires, leurs chamailleries et leur amour. Julia savait apprécier tout cela à sa juste valeur et progressivement oubliait ce qui l’obnubilait dans sa noirceur et ne pensait qu’à eux et surtout à Dean bien sûr. Il arrivait même fréquemment qu’elle fasse quelques recherches sur son ordinateur portable, que lui avait renvoyé ses parents, pour les aider dans leurs enquêtes à distance. Elle avait tout pour être heureuse mais malgré tout, elle sentait que quelque chose clochait et qu’une ombre planait au-dessus de sa tête, comme un rapace prêt à se jeter sur sa victime.
Ainsi, le soir de la dernière pleine lune, Julia pensa beaucoup et au lieu de rester allongée, elle fit les cent pas toute la nuit, à cause d’une part de son inquiétude pour eux mais aussi surtout pour faire une surprise à Dean lors de leur retour.

Le lendemain après-midi, ce furent vidés et avec des égratignures que les deux frères revinrent au motel avec une seul hâte : se coucher le plus vite possible. Bien entendu, Dean ajoutait à cela la hâte de revoir Julia après deux jours loin d’elle. Arrivant enfin là-bas, ils aperçurent Julia les attendant sur le pas de la porte. Quand ils descendirent de la voiture, ce fut avec une grande joie et une grande surprise que Dean vit Julia s’avancer vers lui sur au moins deux cent mètres sans aucune béquille et sans boiter le moins du monde.
« Mais comment…comment as-tu fait ?dit-il en la prenant dans ses bras.
-Eh bien, je me suis entraînée, voilà tout, dit-elle en souriant.
-Même en t’entraînant, tu n’as pas pu remarcher aussi bien d’un coup !
-Non, c’est vrai, tu as raison. Ok, j’avoue. J’ai fait appel à un démon de la rééducation pour qu’il me remette d’aplomb ce matin et en échange, je dois l’épouser, ça te va ?
-Quoi ?s’écria Dean, affolé.
-A tous les coups, ça marche, rigola Sam à côté.
-Non mais Dean adoré, tu crois vraiment que j’aurai fait ça ? Je suis peut-être un peu dingue mais pas tant que ça, rigola Julia à son tour, contente de l’avoir fait marcher.
-C’est ça, rigole, dit-il en faisant la moue. Mais tu ne devrais pas avoir gardé ton sens de l’humour, tu sais, ça devait être à cause de moi et non…
-Mais Dean, j’ai toujours eu un peu d’humour, même avant d’être ange gardien. Dis-toi qu’on attribue les anges gardiens à des protégés dont ils avaient déjà auparavant un trait de caractère, voilà tout. Les anges gardiens ne sont pas des clés USB qu’on remplit à son envie, selon les protégés.
-Des clés USB ?demanda Dean, ne comprenant pas ce terme.
-Euh oui…disons que ce sont des sortes de fichiers qu’on…tenta d’expliquer Julia.
-Non, laisse tomber Julia, dis-toi que Dean n’en est resté qu’au stade des cassettes audio, se moqua Sam.
-Des cassettes audio ?répéta Julia, bouche bée de surprise.
-Eh, doucement !s’insurgea Dean, soudain très gêné. On ne parle plus de votre technologie à la noix, s’il-vous-plaît. Moi, j’ai besoin de dormir. Allez, hop, miss ! »
Il souleva alors Julia comme une plume et la prit dans ses bras, l’emmenant à l’intérieur pendant qu’elle se débattait en rigolant, sous le sourire heureux de Sam.


Une semaine après, Dean conduisait l’Impala avec Julia à côté de lui, Sam étant parti récolter certaines informations près de Bobby sur un nouveau puissant démon. Quand ils arrivèrent trois heures plus tard au lieu choisi, Dean réveilla Julia par un tendre baiser.
« Hum, bonsoir, mon Dean adoré…Où est-on ?
-Nous sommes à Scott City, dans le Kansas.
-C’est là que tu dois me montrer ta fameuse surprise ?dit-elle en bâillant de la fatigue de son premier voyage depuis son coma.
-Eh oui, c’est là, mon ange.
-Dean, s’il-te-plaît, ne m’appelle plus ainsi, tu sais que je ne suis plus un ange gardien…dit-elle, soudain très triste.
-Désolé mais tu resteras toujours pour moi, mon ange gardien, même si tu n’as plus ni le statut ni les pouvoirs. Tu en as toutes les qualités et tu es plus merveilleuse que tous les anges gardiens réunis.
-C’est vraiment charmant et adorable, merci, lui dit-elle en souriant. Mais tu sais, tu me fais rougir, là, je ne mérite pas tant de compliments.
-Tu m’as sauvé et c’est tout ce qui compte. Allez, viens voir ta surprise. »
C’était la fin de l’après-midi dans cette ville d’une population moyenne sans problèmes apparents. Dean n’eut pas le temps de vouloir aider Julia à sortir de la voiture que celle-ci était déjà arrivée à sa hauteur, impatiente de voir sa première et vraie surprise de sa vie. Dean lui fit signe de le suivre et il lui demanda une rue plus loin, de fermer les yeux, qu’il la guiderait jusque là-bas.
« Allez, vas-y, ouvre les yeux, lui dit-il après quelques minutes de marche. »
Quand Julia revit de nouveau, elle s’aperçut qu’ils étaient dans une grande pièce faiblement éclairée mais qui avait été entièrement nettoyée et remise à neuf. Différentes machines, des tables et quelques armoires meublaient la pièce et ce que découvrit Julia sur l’une des tables et dans l’une des machines la stupéfia.
« Non, Dean, ne me dis pas que c’est…
-Si, tu as deviné, mon ange, ce lieu est une chocolaterie ! Et elle est à toi.
-Quoi ?s’exclama-t-elle. Mais comment ?
-Eh bien, j’avais remarqué à tes desserts et friandises que tu avais une vraie passion pour le chocolat et que tu pouvais en manger beaucoup de différentes sortes et sans t’écœurer. J’ai découvert par hasard, lors de nos enquêtes, cette ancienne chocolaterie qui ne servait plus depuis une dizaine d’années et je l’ai rachetée pour une bouchée de pain franchement. Il paraît que ce genre de petite industrie marche très bien en ce moment et tu peux te faire une petite fortune, tu sais.
-Mais Dean…Tu es adorable, c’est vrai de me faire un cadeau pareil mais…où vais-je trouver les employés sachant manœuvrer ce genre d’engins et même tout ce qui va avec. Je n’ai aucune notion de commerce, de comptabilité…Je t’accorde que j’adore le chocolat plus que tout mais là…
-Ne t’inquiète pas, je savais que tu réagirais ainsi. Sam s’est renseigné et il a pu trouver trois personnes qui seraient disponibles pour ça, deux hommes et une femme qui ont été formés pour. Deux géreraient les machines et l’autre tout ce qui est commercial et compta. Ils sont réputés très sérieux, honnêtes et travailleurs. Tu aurais seulement à diriger et à leur faire faire ce que bon te semble : tu es la patronne. »

Julia resta sans voix devant tant de moyens mis en œuvre pour lui faire plaisir. Elle n’en revenait pas. Elle ne l’avait jamais dit à personne mais elle avait toujours rêvé d’avoir une chocolaterie, même petite, depuis qu’elle avait lu enfant, Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl. C’était comme si Dean avait lu dans ses rêves les plus enfouis et les plus oubliés de sa conscience et elle qui avait été persuadée depuis plusieurs mois qu’ils étaient faits l’un pour l’autre, là, elle en était certaine à cent pour cent.
Bouleversée et si heureuse qu’elle ne pouvait plus trouver ses mots, elle se contenta de regarder Dean, avec des larmes de joie dans les yeux. Elle l’enlaça tendrement et mit sa tête sur sa poitrine, pleurant de joie et de bonheur. Elle réussit après quelques minutes à articuler :
« Oh, merci mille fois, Dean. Si tu savais à quel point tu me fais plaisir, j’en avais toujours rêvé. Tu es le meilleur homme sur terre, je t’aime tellement.
Ces paroles et son attitude prouvaient suffisamment à Dean l’importance du plaisir qu’il lui offrait. Lui-même fut ému de la voir si touchée et heureuse, ne l’ayant jamais vue aussi comblée. Ils restèrent enlacés un long moment, les mots devenant inutiles pour exprimer leur amour.

Quand ils revinrent au motel, ils en étaient encore ébranlés et se regardaient avec un simple sourire heureux. Dean reparla dès qu’ils franchirent le pas de la porte.
« Et encore tu n’as pas tout vu, ma Julia. Tiens, voici mon second cadeau.
-Oh non, Dean, tu ne vas pas m’offrir un autre cadeau alors que moi, je n’ai rien à t’offrir !se récria Julia, étonnée et ennuyée de cette abondance de générosité.
-Mais non, voyons, ne panique pas…Moi, je n’ai besoin de rien et franchement c’est les filles qu’on gâte, non les garçons. De toute façon, il te faudrait beaucoup d’imagination pour me trouver quelque chose qui me plairait, tu sais, j’ai tout ce dont j’ai besoin.
-On n’a jamais tout…
-Mais si…Allez, ouvre. »
Il lui tendit alors un paquet de taille moyenne. Julia l’ouvrit rapidement et y découvrit un ours en peluche tenant un cœur en satin.
« Dean, je vais finir par croire que tu lis dans mes pensées, dit-elle, ravie. Comment savais-tu que j’adorais les ours en peluche ?
-Eh bien, je plaide coupable…J’ai fouillé il y a quelque temps dans tes affaires et j’y ai découvert ce genre de petites choses. Vu que c’était les seuls trucs que tu avais à part tes fringues, j’ai pensé que tu devais adorer ça ou même les collectionner…
-Et tu as été parfaitement inspiré ! En effet, je les collectionne depuis longtemps, et celui-là est le plus beau de tous. Où l’as-tu déniché ?
-Euh…tu sais, je ne dois pas te le dire, c’est un secret, dit-il, soudain embarrassé.
-C’est Sam qui l’a acheté, non ?devina-t-elle.
-Eh bien…c’est toi qui lis mes pensées maintenant, soupira-t-il, gêné.
-Ne sois pas ennuyé comme ça, voyons. C’est toi qui as eu l’idée et je suppose même que c’est toi qui l’as choisi, non ? Après si c’est Sam qui a trouvé le magasin, tant mieux mais franchement cela n’a strictement aucune importance pour moi, je te le promets. Il est magnifique, finit-elle en embrassant l’ours. »
Puis aussitôt après, elle se mit à embrasser Dean d’un long et doux baiser, voulant lui montrer toute la reconnaissance qu’elle ressentait envers lui. Alors que leur baiser était en train de se prolonger sur le lit à côté, un toussotement se fit entendre à quelques mètres d’eux.

Julia et Dean se retournèrent vivement, croyant que c’était Sam mais il n’en était rien. C’était un ange gardien, celui qui était venu parler aux frères lors de leur recherche de Julia.
Les deux amoureux se relevèrent aussitôt du lit, Julia étant devenue rouge comme une tomate d’avoir été prise dans cette situation par l’un de ses anciens collègues. Elle craignit alors aussitôt que son châtiment soit pour ce jour qui avait été pourtant si fabuleux pour elle.
« Bonsoir, Charles, lui dit Julia, essayant de cacher sa confusion et ses appréhensions.
-Bonsoir, Julia. Je suis heureux de constater par moi-même que tu vas aussi bien.
-Par toi-même ? Tu peux dire que tu es devenu…
-Oui, je suis devenu ton ange gardien, effectivement. Il t’en fallait bien un puisque tu es redevenue humaine. De plus, tu étais déjà ma protégé il y a plus de trois ans.
-Tu aurais pu me le dire tout de même…
-Cela m’était interdit par les hautes instances.
-Que faites-vous ici, exactement ?demanda Dean, craignant le pire. »
Sam rentra alors à ce moment dans la chambre de motel et fut aussi décontenancé que son frère et Julia.
« Je viens apporter de mauvaises nouvelles, je le crains, répondit ledit Charles.
-Quelles mauvaises nouvelles ?demanda Sam, s’approchant d’eux.
-Eh bien, Julia, tu es en danger, dit-il gravement en se tournant vers elle. »
Cette parole eut l’effet de jeter un froid dans le trio. Mais Julia, malgré le sérieux de la situation, ne put s’empêcher de dire en riant à moitié :
« Le danger ? Moi, je me ris du danger, ah, ah, ah !
-Attends, répondit Dean en souriant…Ca y est, j’ai trouvé, ça vient du Roi Lion cette réplique !
-Oui, tout à fait !rigola Julia. Mais quand elle vit la réaction outrée de Charles et même l’incompréhension de Sam, Julia rougit encore plus et murmura en baissant la tête : Désolée, ça m’a échappée…
-Donc, je disais que tu étais en danger, Julia mais en très grave danger, insista l’ange gardien.
-Et tu peux préciser ?
-Un démon va bientôt se lancer sur tes traces.
-Pardon ? Mais je n’ai rien fait de mal, à ce que je sache, je n’ai jamais chassé de démons ou de créatures de mon vivant, dit-elle, incompréhensive.
-Ce n’est pas une raison, répondit Charles.
-Dites-nous pour quelle raison un démon en veut à ma Julia, elle est totalement innocente dans cette affaire !s’insurgea Dean, inquiet et en colère.
-Calmez-vous, je vous prie. C’est justement là tout le problème. Ce démon est très puissant et s’en prend exclusivement à ceux qui sont innocents et purs. Ce démon est notre ennemi principal. Il se nomme Delatronas.
-Attendez, dit soudain Sam, ça doit être le démon sur lequel Bobby m’a donné des informations et qui revient d’hibernation ou de quelque chose comme ça…
-Vous avez peut-être eu des informations sur lui mais dites-vous bien que ce démon est extrêmement malin et a certainement semé de fausses informations pour qu’elles parviennent aux oreilles des chasseurs et les lancent sur une piste opposée. Nous, nous tenons nos informations de plusieurs siècles de connaissance de ce démon.
-Que fait-il ?demanda Julia avec appréhension.
-Afin de se maintenir en vie, il vole toute l’innocence et la pureté présente chez les enfants. Il a un faible métabolisme et ne tue un ou deux enfants que tous les dix ans quand il sort de sa torpeur. Mais sa spécialité et sa passion, si je puis dire, est de voler la pureté des anges gardiens déchus. Il l’a déjà fait aux quatre anges gardiens qui ont été déchus depuis des siècles. Aucun n’en a réchappé alors qu’ils étaient pour la plupart assez intelligents pour ne pas se jeter dans ses filets. Seul le dernier n’avait aucune chance il y a deux cents ans car il était plus feignant et dormeur qu’aucun ange gardien connu.
-Donc, je n’ai aucune chance, dit Julia en pâlissant.
-Non, aucune. Quand il s’est réveillé il y a deux mois, il a aussitôt ressenti ta présence sur terre et s’est vanté auprès de quelques démons amis de pouvoir faire bientôt un festin royal…
-Non mais vous êtes fou ou quoi ?s’exclama Dean. Jamais Julia n’ira entre les griffes de ce p***** de démon. Il ne la tuera jamais, non, jamais tant que je serai là et en vie.
-Il n’hésitera pas à tuer des centaines de personnes pour parvenir à elle, Dean, ce n’est pas un démon qui fait dans la finesse. Il est beaucoup plus puissant que vous ne le pensez et il a des pouvoirs dont nous ne connaissons même pas l’existence tellement il sait cacher son jeu. A chaque fois, il a fait croire que certaines tueries ou méfaits étaient l’œuvre d’autres démons alors que ça venait de lui mais on ne s’en apercevait malheureusement que trop tard.
-Eh bien, je m’en fiche ! Je la protégerai du mieux que je pourrai et en combattant jusqu’à mon dernier souffle…
-Dean, s’il-te-plaît, arrête, lui dit Julia, des larmes coulant sur ses joues. Je me souviens maintenant de la légende de ce démon que j’avais entendue quand j’étais encore ange gardien. Il sème la terreur partout où il passe et quiconque tente de l’arrêter provoque une série de malheurs plus atroces les uns que les autres… Mais Charles, j’aurai deux questions à te poser.
-Vas-y, Julia, je t’en prie.
-Quand il vole la pureté de l’ange gardien déchu, est-ce qu’il…est-ce qu’il lui vole son âme en même temps ?lui demanda-t-elle d’une voix tremblante.
-Non, ne t’inquiète pas, Julia. L’âme n’est pas touchée, il ne peut s’en prendre qu’à la partie corporelle de l’ange déchu. L’âme est protégée par le Tout-puissant.
-Très bien. Et ensuite, combien de temps me reste-t-il ?
-Environ deux semaines. Car à chaque fois, il accorde à chaque ange gardien déchu un délai de quatre mois après son réveil du coma pour qu’il profite du temps qui lui reste à vivre.
-Pourquoi n’être venu qu’aujourd’hui, alors ?demanda Dean, en colère.
-Parce que nous espérions qu’étant en hibernation, il ne sentirait pas la présence de Julia sur terre et nous ne voulions pas l’affoler inutilement. Mais apparemment, nous avions une fois de plus sous-estimé ses sens. Si le délai de cinq mois avait été passé sans avoir été repérée, Julia était sauvée mais il s’est réveillé exprès de son repos il y a deux semaines environ.
-Eh bien, vous auriez dû venir nous prévenir quand même !s’exclama Dean. On aurait cherché une solution.
-Je vous répète qu’il n’y a aucune solution !insista Charles. Ne croyez-vous pas que nous avons cherché suffisamment longtemps durant ces millénaires ? Nous n’avons rien trouvé, même rien qui puisse l’affaiblir. Pourtant nous détestons assez le fait qu’il tue nos anges déchus car nous les aimons toujours autant malgré leur chute.
-Merci d’être venu, Charles, dit simplement Julia avec un léger sourire de reconnaissance. Je pourrai au moins profiter de mes deux dernières semaines.
-Je suis sincèrement désolé, Julia, répondit-il, provoquant un toussotement douteux de Dean. »
Puis l’ange gardien disparut, laissant les deux frères et Julia dans un affreux silence.

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 23:15

Chapitre 8 : Lutter ou abandonner ?


Après le départ de Charles, Julia ne put s’empêcher de s’asseoir sur le lit tellement elle se sentait soudain vidée. La journée avait été merveilleuse grâce à Dean, elle s’était sentie plus comblée qu’elle ne l’avait jamais été. Mais maintenant, la vérité se présentait à ses yeux et elle avait du mal à en supporter la vue. Pourtant, Julia identifiait cette vérité comme la menace qu’elle avait sentie planer au-dessus d’elle depuis son réveil. Elle comprenait mieux ses angoisses sur l’avenir et sur elle-même. Malgré le choc qu’elle avait reçu d’apprendre cette nouvelle, et malgré sa soudaine pâleur et faiblesse, elle commençait à accepter cet affreux destin qui l’attendait, comme si elle avait toujours su qu’elle finirait ainsi.

Dean aperçut l’expression de Julia qui devenait résignée et comme prête à s’offrir sur l’autel. Cette pensée et le fait qu’elle accepte ainsi ce qui l’attendait, le mit totalement hors de lui. D’un geste brusque, il envoya valser contre le mur un vase à côté de lui :
« Je n’accepterai pas, Julia, que tu ne veuilles pas lutter contre ce démon ! En tout cas, moi, je ne resterai pas les bras croisés en attendant qu’il vienne te chercher !
-Ah oui, vraiment, et que veux-tu faire, Dean, hein ? Tu as bien entendu ce qu’a dit Charles. Ils n’ont jamais trouvé aucun moyen pour…
-Eh ben, tu ne devrais pas leur faire confiance aveugle à tous ces zigotos, si tu veux mon avis !s’exclama Dean.
-Ces “zigotos” ? Excuse-moi de te le rappeler mais il y a encore quatre mois, je faisais partie de leur groupe de “zigotos” ! Ils ont énormément de connaissances, bien plus que tu ne le croies.
-Ce n’est pas de ça dont je parle. Il est bien possible qu’ils n’aient pas envie de te sauver tout simplement alors qu’il y aurait peut-être un moyen de te sortir de là ! Mais bien sûr, ça ne t’intéresse pas, toi, tu préfères mourir car tu n’es pas heureuse avec moi, je suppose.
-Quoi ?s’écria Julia, le visage bouleversé par les dernières paroles. Tu devrais savoir que je t’aime à la folie et que je suis très heureuse avec toi, voyons…
-Eh bien, on ne dirait pas…Car si c’est vraiment le cas, prouve-le-moi en combattant et en ne te livrant pas pieds et poings liés à ce Defanas…
-Tu veux dire Delatronas, reprit Julia.
-Oui, c’est pareil… Ecoute-moi, Julia. Rien n’est jamais perdu. Regarde, j’étais condamné et personne au monde ne réussissait à trouver une solution, même Sam était désespéré. Et pourtant tu as réussi à me sauver. Je vais faire pareil avec toi, ma Julia. Je vais chercher partout, jusque dans les profondeurs de l’enfer s’il le faut mais jamais je n’abandonnerai, non, jamais…Tu acceptes, dis ?
-Dean, écoute…mais alors que Julia allait lui dire que ce n’était pas la peine, elle vit ses yeux pleins de tendresse, d’amour et d’espoir. Elle craqua et lui répondit avec un demi-sourire : Si tu veux, Dean mais j’espère que ça n’entraînera pas des fléaux de morts autour de nous.
-Mais non, on sera discret, tu verras, dit Sam, soulagé qu’elle ait accepté même s’il doutait sérieusement des résultats. »
Quant à Dean, il ne dit rien et se contenta de la regarder avec une joie et un amour intense sur le visage. Il la prit dans ses bras et l’embrassa fougueusement.

« Mais ça va passer très rapidement, vous devez en être conscient, dit-elle. Deux semaines, ça passe très vite.
-Eh bien, nos contacts ont intérêt à avoir du temps à nous accorder, alors, sourit Dean. On va tout faire pour t’enchaîner à nous pour la vie, ma chérie. »
Cependant, les jours passèrent et malgré les efforts incessants de Dean et le talent de prospection de Sam, ils ne trouvaient pratiquement aucun renseignement sur ce démon. Quand ils trouvaient une petite référence à Delatronas, ce n’était que pour expliquer la force dont il était capable et les moyens qu’il employait pour débusquer ses victimes. Dean se décourageait de plus en plus et il arrivait de plus en plus fréquemment qu’il éjecte en fin de journée de recherches laborieuses mais vaines, tous ses bouquins. Il avait les nerfs à fleur de peau et Sam pouvait à peine prononcer un mot sans que Dean commence à s’énerver. Il n’y avait qu’avec Julia qu’il restait parfaitement calme et quand elle arrivait près d’eux, la tempête, qui faisait rage l’instant d’avant, se transformait soudain en une douce brise.
Julia, elle, ne s’ennuyait pas à chercher car elle n’osait le répéter à Dean mais elle savait qu’aucune solution n’était envisageable. Elle savait que les anges gardiens tenaient à elle et voulaient qu’elle vive, sinon ils ne l’auraient pas ramenée, comateuse. Elle savait aussi combien leurs connaissances pouvaient être profondes et remplies de millénaires de sagesse et de documentation. Elle avait même, une fois, consulté leurs archives et avait été très impressionnée par le nombre incalculable de documents et d’informations variées. Elle se doutait que tous leurs moyens avaient été mis en œuvre pour combattre ce Delatronas qui se permettait de défier et de bafouer l’ordre des anges gardiens. Elle se résignait à mourir et espérait sincèrement que sa mort ne serait pas trop douloureuse.

Treize jours après l’intervention de Charles et l’annonce de ce malheur, Dean cherchait encore des pistes alors que Sam venait de se décourager, ayant parcouru tout ce qu’il y avait à parcourir. Mais Dean avait insisté pour une seconde relecture, au cas où ils auraient manqué un détail fondamental. Julia revint d’en ville et annonça de but en blanc :
« Bon, je vous ai fait quelques courses pour les jours à venir et j’en ai profité pour aller chez le notaire modifier mon testament en votre faveur.
-Tu peux répéter ?s’exclama Dean, voulant avoir mal compris.
-Tu as très bien entendu. Demain, quand…eh bien, quand je ne serai plus en votre compagnie…je préfère que tout soit en règle et que vous héritiez de mes maigres biens, voilà tout.
-Je n’ai rien entendu de ce que tu viens de me dire, se fâcha Dean.
-Accepte la vérité, Dean ! Demain, il sera trop tard et je ne veux pas te quitter sans avoir passé un peu de temps avec toi.
-Je ne capitulerai jamais, tu m’entends ! Et toi, non plus, tu ne devrais pas mais tu te fiches de ce que je ressens. Tu acceptes la mort comme une fatalité alors que ce n’est pas ton destin !
-Eh bien, si, justement, c’est mon destin, répondit Julia calmement, les larmes aux yeux.
-Pardon ?
-Je ne voulais pas le dire avant mais tu dois savoir pourquoi je réagis ainsi. Quand j’étais encore lycéenne, une amie a tenu à m’emmener voir un voyant, juste pour s’éclater et bien rire. Je ne voulais pas y aller mais elle m’y a traîné quand même. C’était une femme qui n’avait pas l’apparence d’une voyante comme on voit tous les jours. Elle aurait pu passer pour une femme tout à fait respectable. Quand elle prit mes mains dans les siennes, j’ai senti une vibration bizarre et inhabituelle. Je pensais que c’était un truc pour convaincre et déstabiliser mais la suite me bouleversa. Elle eut un haut-le-corps et me dit soudain qu’il m’adviendrait quelque temps après un grand malheur : que je ne m’effondrerai pas, mais que j’en deviendrai plus forte. Je serai alors capable d’accomplir de grandes choses dont je serai fière. Mais qu’un jour, je rencontrerai l’amour de ma vie et que même si je connaîtrai le bonheur parfait avec lui, ma perte finale s’ensuivrait peu après et que quoique je fasse, je ne pourrai rien y changer. J’aurai accompli mon temps et ma mission sur terre et que je devrai m’en satisfaire.
A l’époque, je n’ai pas cru un seul mot de ce qu’elle m’a dit, bien sûr mais au fur et à mesure, je compris mieux ses paroles avec mon décès, ma consécration en ange gardien, ma rencontre avec toi, Dean et enfin ça. J’ai toujours eu un destin et même si je crois au libre-arbitre, je ne pense pas que ce dernier ait été fait pour moi…
-Mais ce qu’elle t’avait dit est totalement faux, voyons ! Comment peux-tu croire une voyante, ce ne sont que des charlatans !
-Peut-être la majorité en effet mais pas elle. Ma mission, je l’ai compris aujourd’hui, était de te sauver de ton pacte, Dean et non autre chose.
-Peut-être que c’était ta mission mais ton destin n’est pas de mourir par les mains de ce démon, je ne peux pas le croire !
-Crois ce que tu veux, Dean mais même si j’accepte cette idée, ne va pas croire quand même que je vais aller voir Delatronas en me jetant dans ses bras…Quand je repense à tout ça…je me demande…oui, je me demande ce que cette femme a vu en moi et si elle a vu les choses précisément, comme elles sont arrivées…
-Ecoute, ne crois pas ces contes de bonne femme, Julia…
-Tu n’es même pas flatté qu’elle m’ait parlé de mon grand amour et que ce soit toi ?
-Ah…ben, si…un peu mais ça ne change pas la situation présente… »

Julia soupira, ennuyée de ne pouvoir faire entendre raison à Dean qui ramenait tout à ce qui se passerait le lendemain. Sam qui voyait que la discussion devenait intense entre eux, préféra ne rien dire et sortir sans bruit de la chambre. Les deux amoureux ne s’aperçurent même pas de son départ, tout contrariés l’un et l’autre de ne pas se comprendre. Dean savait maintenant ce qu’avait ressenti Sam au long de tous ces mois où il avait cherché une solution pour le libérer de son pacte et il prenait conscience de cette angoisse croissante alors que l’échéance se rapprochait dangereusement. Il aurait eu envie de crier tellement son angoisse, sa tristesse et sa colère voulaient déborder : c’était son dernier jour avec Julia et il était en train de le gâcher en stupides disputes. Quand il regarda timidement Julia, il vit alors qu’elle pensait exactement la même chose que lui :
« Excuse-moi, Dean, je sais que tu veux me sauver et je t’en serai éternellement reconnaissante mais il y a un moment où il faut savoir abandonner sinon la lutte n’en devient que plus dure. J’ai peur de mourir, Dean, oui, vraiment peur. J’ai une peur bleue au fond de moi-même et je ne veux pas la laisser me dominer sinon… je crois que je m’effondrerai… On dit que mourir une seconde fois est plus facile mais je sais que ça ne sera pas le cas car je sais quel effet ça fait de mourir et j’ai ça en horreur… Je me souviens si parfaitement de ma mort que j’ai l’impression que c’était hier…Mais la différence est qu’il y a trois ans et demi, je ne tenais pas à la vie autant qu’aujourd’hui, je n’avais personne qui m’aimait réellement, je ne regrettais pas de quitter la terre alors qu’aujourd’hui…je ne veux pas te laisser, je t’aime tellement que cet amour me fait mal tellement il est intense…Je ne veux pas mourir, je ne veux pas t’abandonner…Tu es ce qui m’est arrivé de mieux dans ma vie, Dean… Si tu savais à quel point je t’aime…
-Je le sais, ma Julia, je le sais et tu sais aussi que je te rends cet amour au même degré… On va trouver une solution, tu verras… Et puis, comment réussirais-je à me passer de toi, tu es ce dont j’ai toujours rêvé…»

Puis, les mots devinrent inutiles, ils savaient l’un et l’autre qu’ils s’étaient toujours compris parfaitement mais qu’ils n’avaient pas voulu montrer leurs émotions. Se regardant fixement avec un amour profond, ils s’embrassèrent et ne purent s’arrêter comme d’habitude. Au contraire, tout en continuant à s’embrasser, Dean prit Julia dans ses bras et alla la déposer sur le lit à côté, Julia n’opposant aucune résistance. Les heures suivantes se transformèrent en des heures de délice et de bonheur. Les deux amants étaient si amoureux qu’ils s’étaient sentis comme transportés dans un autre monde, comme si plus aucune menace n’était au-dessus d’eux, comme s’ils étaient dans un endroit désert dont ils étaient les seuls maîtres. Jamais des heures charnelles n’avaient été aussi appréciées pleinement que celles-là. Ils s’étaient donnés entièrement et aucune autre pensée n’avait parcouru leur esprit que la présence et l’amour de l’autre.
Pour Julia, elle avait ressenti ces heures comme les plus belles et merveilleuses de toute son existence, terrestre comme angélique. C’était sa toute première fois et elle était pleinement ravie que sa première et unique fois ait été avec l’amour de sa vie. Elle se sentait tellement comblée qu’elle ne pensait plus à rien d’autre qu’au plaisir qu’elle avait ressenti. Elle finit par s’endormir, un sourire serein et ravi sur les lèvres.
Dean la regardait dormir, tout en caressant son épaule, d’une douceur infinie. Lui qui pourtant avait eu des aventures avec un tas de filles, il n’avait jamais ressenti un tel amour qui l’avait transcendé durant cette nuit. Il n’aurait jamais cru qu’il pourrait atteindre un tel plaisir dans un amour et pourtant c’était le cas. D’un coup, il avait balayé toutes ses passions passées qui lui paraissaient si fades et dénuées d’intérêt et désormais il savait que le seul véritable amour dont il se souviendrait était celui-ci. Lui non plus ne pensait plus à rien tellement il était heureux d’avoir la chance qu’elle soit amoureuse de lui. Il ne voulait pas s’endormir pour la regarder dormir le plus longtemps possible. Sa respiration était si régulière, si douce et apaisante qu’il en oubliait tout autour de lui.
On aurait pu s’étonner que ce n’était que leur première fois alors qu’ils étaient ensemble depuis presque quatre mois mais Dean avait su dès le premier instant que Julia ne pouvait et ne devait pas être forcée et que lui-même la respectait bien de trop pour tenter quoique ce soit. Il avait compris que lorsqu’elle serait prête, il le sentirait. Et cette compréhension s’était donc faite ce soir-là et ils regrettaient l’un l’autre de ne pas l’avoir fait bien plus tôt, surtout Julia qui pressentait que le sablier écoulait les dernières heures de son existence.

Quand Julia se réveilla le lendemain matin, elle se retrouva seule dans le lit, sans aucune trace de Dean alentour. Elle commença à s’inquiéter quand elle le vit franchir la porte de la chambre avec deux cafés et des croissants.
« Oh non, ne me dis pas que j’ai raté ton somptueux réveil ?demanda-t-il, faisant une grimace déçue.
-Attends, ressors et je ne me réveillerai que dans quelques minutes… »
Dean la prit au mot et ressortit en riant avec son petit déjeuner. Julia s’empressa de s’allonger de nouveau et de fermer les yeux. Elle avait même pris la respiration d’une personne endormie. Dean entra alors sans bruit, posa son chargement, s’approcha du lit, se pencha et déposa un baiser sur les lèvres de Julia qui ouvrit les yeux :
« Bonjour, mon amour, lui dit-elle.
-Bonjour, ma princesse adorée…Tu as bien dormi ?
-Merveilleusement bien après notre soirée si sublime et enchanteresse. Et toi ?
-Moi, je n’ai fait que de te regarder dormir, ma splendide étoile.
-Tu n’as pas dormi du tout ?
-Comment aurais-je pu auprès d’une aussi belle créature que toi ?
-Dean, arrête, tu m’embarrasses, là…dit-elle en rougissant.
-Il ne le faut pas, tu mérites tout ça. Et voici de quoi te réveiller et te mettre en forme.
-Chouette ! Des croissants ! J’en rêvais depuis un bon moment, j’adore tellement ça. »
Il lui donna alors un café et un croissant et jamais un petit déjeuner ne fut plus beau à leurs yeux. Tout en dévorant leurs croissants aussi avidement l’un que l’autre, ils ne pouvaient pas s’empêcher de se dévorer du regard sans arrêt, en alternant baisers, croissant, baisers et café.

Ce ne fut que deux heures plus tard qu’ils sortirent enfin de leur chambre et trouvèrent à l’extérieur un Sam passablement endormi, avec des cernes sous les yeux. Quand Sam les vit sortir, un certain soulagement se fit place en lui, car même s’il ne leur voulait pas de l’avoir fait passer la nuit dehors, il avait quand même mal au dos d’avoir dormi ou plutôt d’avoir essayé de dormir dans l’Impala. Quand il regarda Julia, il vit un petit quelque chose de changé en elle et devina l’instant d’après en les voyant tous deux si proches et dans une relation presque fusionnelle, ce qui avait dû se passer la nuit précédente. Il ne regretta alors pas du tout les sièges de la voiture, tout inconfortables étaient-ils. Sam fut vraiment heureux pour eux, craignant le pire pour cette journée. Il était heureux qu’ils aient profité juste à temps des possibilités de leur amour. Cependant, il n’osait pas reparler du sujet du jour tellement les deux tourtereaux semblaient hors de la réalité et du temps.

Mais il n’eut pas besoin de le faire car le téléphone de Sam sonna.
« Ah, salut, Bobby, répondit Sam en faisant une grimace intérieure, craignant de mauvaises nouvelles.
-Salut, Sam. Est-ce que Dean est auprès de toi ?
-Oui, bien sûr, ainsi que Julia, pourquoi ?
-Eh bien, avec un ami chasseur, on a réussi à repérer il y a quelques minutes, après y avoir passé la nuit, des traces tout à fait sûres et récentes du démon Delatronas. Il se pourrait qu’on le tienne. Venez vite, on vous attend. Pensez à amener le Colt.
-Ok, Bobby, on arrive tout de suite. »
Sam raccrocha et observa avec peine le tableau devant lui. Il n’osait pas annoncer à Dean qu’il lui faudrait laisser Julia derrière lui, ils semblaient tous deux si amoureux et comblés, main dans la main.
« Que voulait Bobby ?demanda Dean, curieux et revenant apparemment à la réalité à la vitesse de l’éclair. C’est à propos du démon, c’est ça ?
-Euh…oui…Bobby avec un ami l’ont repéré et il a l’air sûr de savoir où il est en ce moment. Il nous demande de venir au plus vite avec le Colt bien sûr, puisque c’est apparemment notre seule chance contre lui, faute de renseignements.
-Très bien, on y va, s’impatienta Dean en prenant sa veste et le Colt.
-Mais je viens aussi, intervint Julia.
-Oh non, non, non, Julia, tu restes là, lui dit alors Dean. Il y a trop de risques là-bas et tu risquerais ta vie pour rien…
-Mais je sais me battre, tu le sais très bien, tu m’as déjà vue faire avec le démon qui s’était introduit dans cette station-service…
-Oui, je le sais et je ne doute pas de tes capacités de combat qui sont excellentes mais là, c’est toi qui es visée. Tu te jetterais dans la gueule du loup…
-Bon, ok, je comprends…Mais préviens-moi par ton portable s’il y a le moindre problème, je te fais confiance.
-Mais oui, mon amour. Tu fais pareil de ton côté.
-Bien sûr, Dean chéri. »
Et après un tendre et trop long baiser, pour Sam tout du moins, ils embarquèrent dans l’Impala.

Les deux frères étaient à moitié route de chez Bobby, quand Dean, qui conduisait, s’exclama soudain.
« Non mais quel imbécile je fais !! J’aurai dû y penser, espèce de fumier ! »
Sam ne comprit pas ses paroles et encore moins quand Dean s’arrêta et dans un vrombissement de moteur, reprit la route inverse.
« Tu peux m’expliquer ?demanda Sam, passablement intrigué et choqué. »
Mais il ne reçut aucune réponse malgré ses réitérations. Dean, les dents serrées par l’appréhension, n’osait pas imaginer ce qui était en train de se passer.
Quand ils arrivèrent au motel, Sam comprit alors le piège dont ils avaient été victimes. Dean se précipita dans la chambre mais ne vit que des débris un peu partout, la chambre étant sans dessus dessous. Apparemment un rude combat s’était mené et Julia ne s’était pas faite enlever sans résister, au contraire. Ils virent plusieurs traces de sang par terre. L’un, rouge, semblait être celui de Julia et était très abondant sur le sol. L’autre, de couleur marron, semblait être celui du démon, qu’apparemment Julia avait réussi à blesser avec un poignard ensanglanté, resté sur le sol.
Après ces constats pendant lesquels Dean était resté très calme et presque sans réaction, il cassa soudain en mille morceaux la lampe de chevet, déjà en mauvais état. Il était prêt à mettre davantage en morceaux le contenu de la chambre, même si c’était difficile, quand Sam le prit par le bras et lui montra l’arrivée du gérant du motel. Heureusement, celui-ci ne les accusa pas du chantier de la chambre car il savait qu’ils étaient absents et leur avoua avoir entendu un fracas du diable dans la chambre et que lorsqu’il s’était rapproché pour voir ce qui se passait, il s’était enfui en courant :

« Qu’avez-vous vu ?demanda Dean avec empressement.
-Je crois que je devais avoir trop bu ou que j’ai dû avoir une hallucination, ça ne peut être que ça…Mais ce désordre vient bien de quelque part pourtant…
-Dites-nous ce que vous avez vu, jamais on ne vous traitera de fou, on vous croira, assura Sam.
-Eh bien…j’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre et j’ai aperçu votre petite amie, dit-il à Dean, en train de se battre avec un homme assez grand et costaud. La pauvre petite faisait ce qu’elle pouvait et se battait assez bien mais cet homme…cet homme a réussi…à l’assommer contre l’armoire, avec une force…jamais je n’en avais vue de pareille. La pauvre petite en avait la tête en sang… Alors, ce qui m’a paru irréel, c’est que j’ai cru le voir la soulever sans même la toucher…C’est là que je me suis enfui…Et apparemment votre pauvre amie a été bel et bien enlevée…J’étais justement sur le point d’appeler la police quand je vous ai vu arriver.
-Euh…laissez-nous faire, ne les appelez pas, on sait comment la retrouver, merci monsieur, mentit Sam. »
Le gérant parut soulagé de ne pas avoir à appeler la police pour leur raconter son histoire et détala rapidement.
Quant à Dean, au fur et à mesure du récit du gérant, son visage avait pris une teinte livide. Des sueurs froides s’enchaînaient en lui et il eut des difficultés à contenir les larmes qui lui venaient aux yeux. Anéanti, il dut s’asseoir par terre pour ne pas tomber de désespoir.

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 23:21

Chapitre 9 : Un plus grand mal pour un plus grand bien ?


Quand Julia reprit conscience, elle eut peur d’ouvrir les yeux pour savoir où elle était et dans quel état. Elle avait mal absolument partout suite à son combat avec le démon et seule sa terrible migraine voulait la convaincre de garder les yeux fermés pour ne pas affronter la dure réalité. Pourtant elle les ouvrit, plus par curiosité et instinct de survie qu’autre chose. Elle vit alors qu’elle se trouvait allongée et suspendue en l’air, en lévitation dans une boule de couleur légèrement dorée. Elle était paralysée de tout le corps et seule sa tête pouvait avoir quelque mouvement, même si son réveil lui avait déjà causé un mal épouvantable dans la nuque. Observant le lieu où elle se trouvait, elle aperçut le démon plus loin. N’ayant pas eu le loisir de l’observer plus en détail lors de son apparition dans sa chambre de motel, elle put voir enfin à quoi il ressemblait. C’était un démon qui ressemblait tout à fait à un homme normal. Il était d’une taille élevée, très élégant de par sa taille et par ses vêtements, portant un costume noir, avec des cheveux noirs assez longs et une barbe de quelques jours. Il aurait très pu passer pour un humain très séduisant hormis pour une chose : ses yeux étaient entièrement blancs et on aurait pu le croire aveugle s’il n’y avait pas eu un petit point noir au milieu de chaque œil qui vous observait sans arrêt. Ceci faisait déduire facilement qu’il n’était ni un homme ni aveugle mais quelque chose d’autre. Mais ce qui énerva Julia, après sa rapide observation, c’est qu’il lui souriait avec un sourire calculateur et ravi. N’y tenant plus d’agacement, Julia lui lança :

« C’est moi qui vous fais rire ou alors vous n’êtes qu’un démon égocentrique ?
-Oh non, pas du tout, chère Julia, dit-il en s’approchant. Je souriais simplement en pensant au délicieux repas qui se prépare sous mes yeux.
-Hé ! Je ne suis pas une dinde au four, il ne faut pas exagérer ! Donc même si les présentations n’ont pas été faites dans les règles, je suppose que vous n’êtes autre que Delatronas ?
-Bien pensé.
-Eh bien, Delatronas, je vais vous donner un bon conseil : j’espère que vous avez un très bon avocat car sachez qu’au tribunal, on vous pardonnera peu les crimes d’enlèvement et de tentative de meurtre ajoutés aux différents meurtres, dont ceux sur des enfants, commis ces derniers siècles.
-Je savais que tu avais un peu d’humour mais pas autant. Mais vois-tu, mon avocat fera l’affaire, c’est le diable en personne. J’aurai espéré qu’il se joigne à notre petite fête mais il était très pris, c’est dommage pour toi, tu aurais eu plaisir à le connaître, j’en suis sûr…
-Euh…répondit Julia en pâlissant légèrement. Sans façon. Moi, je préfère les humains aux démons, ce sont deux groupes très…différents…Mais…vous pourriez satisfaire ma curiosité en me renseignant sur le pourquoi de cette bulle dans laquelle je me trouve ?
-Mais bien sûr, très chère. C’est une boule d’énergie pure entièrement de ma confection, faite pour atteindre la pureté profonde de la personne mise à l’intérieur et la lui enlever par doses. Quand la pureté de la personne s’extériorise, la boule devient d’une couleur différente. Par exemple, chez toi, elle a déjà commencé son travail puisqu’elle est devenue dorée. Souvent, la couleur s’arrête à l’orange et la personne meurt, voilà tout. Je peux ensuite absorber cette substance extraite qui m’est destinée personnellement.
-Très intéressant…Au moins, ça ne dure pas trop longtemps votre truc…dit-elle d’une voix sourde, en sachant maintenant d’où venait sa très grande faiblesse.
-D’habitude, oui, sourit alors Delatronas. Mais dans ton cas, c’est cela qui me réjouit le plus, ce sera beaucoup plus long car je ressens en toi une innocence et une pureté plus grande et intense que chez les autres anges gardiens déchus. Tu seras, de loin, le mets le plus appétissant et somptueux que j’ai fait de mon existence !!
-Génial, soupira Julia. Je me sens tout de suite mieux, là… Même si j’en ai un peu ma claque qu’on me cite sans arrêt la pureté qui est en moi, c’est d’un conventionnel et d’un embarrassant, je vous jure…
Euh, tant que j’y pense, petite question : comment avez-vous fait pour éloigner les frères Winchester ? Le tuyau de Bobby Singer n’était pas bidon, je le sais, alors comment ?
-Je suis heureux que tu me le demandes, jeune fille. C’est en fait mon double que tes amis ont repéré…
-Vous pouvez vous dédoubler ?
-Oui, mademoiselle. Pendant environ trois heures, je peux envoyer mon double à quelques kilomètres faire diversion pendant que je m’occupe de ma victime. Mais puisque je donne à mon double une apparence différente de la mienne, personne ne sait en fait à quoi je ressemble réellement…
-Sauf vos victimes qui bien sûr ne peuvent en parler à personne, compléta Julia, soudain très blasée.
-Exactement.
-Bon…puisque ça va être assez long, vous n’auriez pas un bouquin ou quoique ce soit pour que je m’occupe ? Je déteste rester ainsi, surtout pendant les dernières heures de ma vie. Je pense de trop, je n’aime pas ça.
-Désolé, petite mais la torture mentale est aussi mon rayon et c’est un délice de te voir rester inoccupée pour désespérer à ton aise…
-Chic alors, on va bien s’amuser… »

Effectivement, Julia ne faisait que de penser. Penser à Dean bien sûr. Et même s’il y avait quelques jours encore, ces pensées lui auraient été agréables, aujourd’hui, ça lui était une torture car elle savait qu’il s’angoissait énormément en cet instant. Elle se reprochait alors sa stupidité de l’avoir entraîné dans cette histoire et de ne pas avoir mieux combattu Delatronas à son arrivée dans la chambre…Même si en y réfléchissant, elle avait fait ce qu’elle avait pu. Elle avait été si heureuse lors de ses derniers mois qu’ils avaient été les plus beaux de son existence et elle regrettait de ne pas en avoir profité encore plus pleinement. Elle aimait tellement Dean, elle ne voulait pas l’abandonner et le laisser malheureux. Elle aurait tant voulu le réconforter et même lui dire adieu avant que sa fin n’arrive… Une dernière parole, un dernier regard, un dernier baiser…Etait-ce trop demandé ?
Elle n’avait pas remarqué que sa bulle qui était devenue orangée, allait désormais virer au bleu…Elle ne put pas le remarquer davantage car quelques minutes après, abandonnant souvenirs, pensées, amour, elle s’évanouit de faiblesse…


**********

Durant ces heures, Dean avait effectivement angoissé comme il ne l’avait jamais fait. L’amour de sa vie, son âme-sœur était en train de mourir quelque part et il ne savait que faire pour la retrouver. Lui et Sam étaient retournés chez Bobby, dans le vague espoir que leur ami de toujours les aide efficacement mais malheureusement, il se trouva que Bobby cherchait en vain également et n’avait absolument aucun début de piste pour retrouver Julia ou repérer le démon. Les heures passaient et ni Sam ni Bobby, qui pourtant s’affairaient dans leurs recherches dans les livres, sur internet ou par leurs contacts, dont Ellen et Jo, ne trouvait quoique ce soit. C’était comme si Julia et Delatronas avaient complètement disparu de la surface de la terre.
Dean, lui, ne pouvait chercher nulle part tellement son inquiétude s’intensifiait de minute en minute. Il avait l’impression qu’il s’était fendu en deux et que sa seconde partie était enfermée avec Julia. Il se sentait vidé, anéanti et même si son espoir de la retrouver saine et sauve était présent en lui, il ne pouvait s’empêcher de penser que tout allait de travers et que Julia avait des chances de survie minimes. Pourtant, même si sa raison lui pointait cette vérité, son cœur disait le contraire et espérait, coûte que coûte… Julia lui semblait être sa seule raison de vivre et il n’osait imaginer ce qui se passerait si elle venait à disparaître… Alors, n’ayant de goût à rien et ne pensant qu’à elle, Dean restait assis sur sa chaise, penché en avant, n’ayant de cesse d’observer et de serrer dans sa main l’étoile qu’elle lui avait offerte lors de cette nuit qui lui semblait désormais si lointaine.

Cela faisait maintenant six heures que Julia avait été enlevée et Sam comme Bobby durent bien admettre qu’ils ne trouveraient rien de valable. Alors que Sam s’était levé lentement, appréhendant comment il pourrait annoncer cela à son frère, Dean les appela alors :
« Qu’y a-t-il ?demanda Sam, suivi de Bobby.
-Il se passe une chose très curieuse avec cet objet, répondit-il en montrant l’étoile au creux de sa main.
-Qu’est-ce que c’est ? Tu ne m’en avais jamais parlé, s’étonna Sam en reconnaissant alors la forme de l’étoile qui avait caractérisé les allées et venues de Julia quand elle était encore ange gardien.
-Bon, en deux mots : c’est Julia qui me l’avait offerte il y a presque deux ans pour que j’aie toujours l’impression que j’étais près d’elle, voilà tout. Cette étoile m’a souvent remonté le moral par la chaleur bienfaisante qu’elle dégageait quand j’en avais le plus besoin mais quand Julia est tombée dans le coma, elle est devenue très froide. A son réveil, elle était redevenue comme avant mais là…
-Quoi ?demanda Sam, de plus en plus étonné par l’attitude de son frère envers un objet qui n’aurait eu aucun sens pour lui des années auparavant.
-Eh bien, c’est comme si elle voulait éclater… »

Bobby et Sam la regardèrent alors de plus près, sans y toucher car apparemment Dean la tenait assez loin dans sa main afin que personne ne puisse même l’effleurer. Dean sentit soudain l’étoile vibrer dans sa main : l’étoile se fendit en deux, laissant échapper en son milieu un liquide bleu très foncé qui coula dans la main de Dean. Abasourdis, les trois chasseurs ne surent quoi en penser et tandis que Bobby allait chercher une loupe, Sam toucha la main de son frère pour mieux voir ce liquide qui semblait très épais mais qui scintillait légèrement. Mais au moment où le liquide scintillant se détachait complètement de l’étoile, Dean et Sam furent transportés physiquement au lieu même où était retenue Julia, le liquide ayant fait office de portoloin (mode de transport magique et ultra rapide dans Harry Potter). Sam avait aussi été emmené, ayant touché la main de Dean au moment opportun.

Ebahis de se retrouver dans ce qui semblait être une grotte souterraine, la première vision des deux frères fut Julia, étendue en lévitation dans une boule opaque bleue foncée dans laquelle on ne la distinguait maintenant qu’à peine. Ils purent quand même distinguer son visage d’une pâleur mortelle et du sang qui s’écoulait de sa bouche. Furieux et bouleversé, Dean, après avoir fourré les deux morceaux de l’étoile dans sa poche, le liquide s’étant évaporé, s’avança plus avant, Sam n’ayant pas eu le temps de l’arrêter. Dean voulut libérer Julia en touchant tout bêtement la bulle pour la faire disparaître mais au lieu de recevoir une décharge électrique, comme l’avait craint Sam, il ne se passa rien. Dean ne pouvait tout simplement pas toucher la bulle, un champ de protection bloquant son passage. Alors que Dean essayait de trouver une solution pour la faire disparaître, Sam eut à peine le temps d’apercevoir l’arrivée de Delatronas qui l’envoya s’écraser contre la paroi rocheuse. La minute d’après, c’était au tour de Dean d’être expulsé hors du centre de la grotte.

« Vous ne devriez pas être ici, mes amis, susurra Delatronas. Vous êtes entré dans ma demeure et cela d’une façon inexplicable car personne ne peut y avoir accès. Seuls moi et ceux que j’y amène sont autorisés à venir. Comment avez-vous fait ?
-Eh ben, répondit Dean en se relevant tant bien que mal avec Sam, on a demandé à un serrurier démoniaque de nous ouvrir et on lui a donné un gentil pourboire pour ça mais il a défilé en tout vitesse après, je ne vois vraiment pas pourquoi. Mais franchement si c’est ça votre logis, moi je ne critiquerai plus jamais nos chambres de motel totalement pourries…
-Partez, vous arrivez de toute façon trop tard.
-Comment ça ?demanda Dean en pâlissant.
-Votre amie est morte depuis déjà quelques minutes et rien ne pourra la faire revenir à la vie, je peux vous l’assurer.
-Non…non…je… je ne peux pas le croire…murmura Dean, les lèvres tremblotantes.
-Croyez ce que vous voulez, c’est ainsi. »

Puis le démon leur tourna le dos et entreprit d’absorber l’énergie de pureté de Julia en mettant la main sur la boule de couleur bleue.
Dean, ne voulant pas croire à ces idioties, prit le Colt qu’il gardait toujours dans sa ceinture, et pointa l’arme sur le démon. L’instant d’après, il tira une balle sur lui. Mais à la grande surprise des frères, rien ne se passa. La balle, arrivée à environ dix centimètres de la tête du démon s’immobilisa puis se désintégra. Ebahi, Dean regarda tour à tour le démon, le Colt et Sam, ne sachant pas ce qui s’était passé. Le démon finit par se retourner après quelques minutes et leur dit :
« Ne soyez pas aussi surpris, vous me flattez…Les armes, même un vieux Colt efficace, ne servent à rien contre moi car j’ai toujours autour de moi un bouclier de protection très puissant. C’est pour cela que personne n’a pu me vaincre au cours de ces derniers millénaires. Partez maintenant, j’aimerais finir mon délicieux festin en paix. Soyez déjà heureux que je ne vous tue par pur plaisir, je suis trop occupé pour cela.
-Je ne te laisserai pas tuer Julia…s’exclama Dean.
-La tuer ? Mais c’est déjà fait, mon pauvre ami… Je récolte seulement le fruit de sa mort, voilà tout.
-Libérez-la ou sinon… dit soudain Sam, furieux lui aussi.
-Sinon quoi ?se moqua Delatronas. Vous n’avez rien pour me tuer, vous n’êtes que des enfants dans ce domaine. Et… »

Mais Delatronas s’arrêta de parler et eut un haut-le-corps, se tenant la poitrine. Il semblait souffrir énormément. Les deux frères se regardèrent, surpris et ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Il s’en agenouilla ensuite, tellement la souffrance devenait intense et insupportable.
« Mais que se passe-t-il ?bredouilla-t-il, les yeux écarquillés par l’incompréhension et la douleur. »
Puis, il devint de plus en plus transparent, comme s’il disparaissait. Son corps se transforma presque en verre et il explosa enfin en mille morceaux, dans d’effroyables cris. Les morceaux de verre se répartirent partout dans la grotte, dont sur Dean et Sam qui durent se protéger le visage de leurs mains. L’implosion finie, les deux frères se retrouvèrent les mains en sang. T’en tenant pas compte, ils regardèrent où se trouvait Julia et comment elle allait. La bulle avait complètement disparu et Julia reposait sur le sol, dans la même position, les mains sur la poitrine. Mais ils eurent alors un choc quand ils virent dans quel état elle était. Son visage et ses mains avaient perdu toute trace de couleur et jamais personne n’avait été aussi blanc et pâle qu’elle. Ses cheveux s’étaient coagulés de sang ainsi que son front et cette couleur contrastait d’autant plus avec sa pâleur et effraya les deux frères.
Dean s’approcha d’elle rapidement et s’agenouilla près de son corps pour lui prendre son pouls. Mais les minutes passèrent et pas un seul battement ne se fit sentir.
Alors la prise de conscience douloureuse et insupportable arriva. Ne pouvant s’empêcher de pleurer devant Sam, les larmes de Dean coulèrent sur ses joues sans qu’il n’ait envie de les arrêter. Il embrassa en tremblant les yeux fermés de Julia, son front et sa bouche en lui tenant une de ses mains inertes. A ses côtés, Sam ne put s’empêcher de verser quelques larmes également, tenant à Julia plus qu’à aucune autre fille qu’avait connu Dean. Ils restèrent muets tous les deux, dans cette grotte dans laquelle on entendait seulement des sanglots.


Il semblait que le temps s’était figé et que plus aucune notion de temps n’existait dans cette grotte souterraine. Ca faisait maintenant une heure qu’ils étaient près de Julia et Dean continuait toujours, non à pleurer, mais à tenir la main de Julia en la regardant fixement, comme s’il attendait son réveil et ne voulait pas croire à sa mort, la douleur étant trop intense pour pouvoir la supporter. Sam avait fini par se lever et explorer l’endroit pour en trouver une sortie et il la trouva dans un recoin de la grotte. Il s’aperçut en ouvrant un pan pierreux qu’en pensant à l’endroit d’où on venait et seulement à ce seul endroit, on pouvait y revenir instantanément. Il pensa à la maison de Bobby et la vit au loin, comme attendant leur arrivée. Il essaya avec leur dernière chambre de motel mais ça ne fonctionna par contre pas, n’étant pas leur lieu de départ.
Il décida qu’il serait temps de rentrer car ils ne savaient pas quelles créatures pouvaient prendre désormais possession de cet endroit, sûrement très convoité par la grande sûreté et magie qui y résidaient. Il s’approcha alors de Dean pour lui dire qu’il serait temps d’y aller quand soudain, ils furent tous deux aveuglés par une intense lumière de l’autre côté de la grotte. Lorsqu’ils purent s’habituer à y voir quelque chose dans cette lumière qui devint alors douce, même si elle restait importante, Dean eut un mouvement de recul, tellement son étonnement était disproportionné : tandis que Dean tenait encore la main glaciale de Julia dans la sienne, il vit apparaître Julia debout en face d’eux, entourée d’un halo de lumière blanche :

« Bonjour, Sam, bonjour Dean chéri. Je sais, vous êtes surpris.
-Tu n’es pas morte, n’est-ce pas ?espéra soudain Dean, heureux.
-Si on tient compte du fait que mon corps est à quelques mètres de là où je me tiens devant vous, j’ai bien peur que si. Delatronas avait dit vrai, je venais de mourir quand vous êtes arrivé.
-Tu es redevenue un ange gardien, alors ?demanda Sam.
-Non plus. Je suis seulement un esprit qui vient vous voir avant d’aller…eh bien, là où tous les morts s’en vont un jour…
-Non, tu ne peux pas être morte, ce n’est pas possible, refusa Dean en secouant la tête.
-Dean, si tu savais combien j’aimerais être en vie aujourd’hui…Mais non, je dois l’accepter et même si je me souviens encore de l’intense désespoir qui m’a animé durant les dernières heures de ma vie, je me sens en paix maintenant. Surtout qu’en plus Delatronas est bel et bien mort…
-Alors, c’est vrai, ce n’était pas une ruse ?demanda Sam.
-Non, il est mort définitivement.
-Comment ?reprit Sam, avide de connaître le pourquoi.
-Eh bien, il avait repéré la pureté qui était en moi il y a quelques mois et l’avait suivie jusqu’à ce qu’à la veille de mon enlèvement mais ce qu’il n’avait pas du tout prévu est que désormais, suite à ce que j’avais partagé avec Dean lors de ma dernière nuit, ma pureté avait désormais un défaut de taille, il contenait de l’amour partagé et consommé. Pour lui, en clair, ma pureté était salie. En absorbant ma pureté expulsée dans la bulle, il a également pris mon nouveau statut de la nuit dernière… Etant un démon qui n’a jamais accepté ce genre de souillure, il n’a pas supporté et c’était en fait le seul moyen de le tuer : le tuer de l’intérieur en le faisant imploser. Il paraît que mes anciens supérieurs sont très fiers, heureux et soulagés… Mais j’espère dans un sens qu’il n’y aura pas dans les siècles à venir trop d’anges gardiens déchus puisque cette principale menace est écartée pour toujours…
-Alors…reprit Dean, qui semblait ne pas avoir écouté. Tu vas t’en aller et cette fois-ci, à jamais…
-Dean…on ne revient pas de la mort. On ne ressuscite pas les gens comme ça…
-Même pour ce que tu as accompli en permettant de tuer ce puissant démon ?
-La question a été effectivement abordée et ils ont trouvé que mourir deux fois était suffisant pour moi. De plus, même s’ils me ressuscitaient, ils ne pourraient pas soigner mon corps…
-Que veux-tu dire ?demanda Sam.
-Suite à mon combat avec Delatronas, j’ai eu un grave traumatisme crânien suivi d’une hémorragie cérébrale. Même si je n’en mourrai pas immédiatement, je tomberai dans le coma et je mourrai aussitôt car mon cœur a été trop affaibli par mes deux existences et les chocs que j’ai subi…S’ils me ressuscitaient, je ne pourrai vivre que quelques heures seulement et je m’éteindrai sans même m’être réveillée. Je suis désolée, Dean mais je ne me sens pas le courage de mourir une troisième fois après n’avoir vécu qu’en léthargie que quelques heures, ce serait trop difficile à vivre.
-Tu ne peux pas être sûre que ça arriverait !s’exclama Dean pour la convaincre.
-En fait…si, admit Julia. J’ai eu exactement les mêmes doutes que toi et je leur ai opposé les mêmes arguments mais ils m’ont montré quelque chose d’indubitable : mon avenir s’ils décidaient de me ressusciter.
-Mais tu n’as pas un destin tout tracé !
-Si, Dean, dans mon cas précis, j’en ai un. Le pire est que mon avenir il y a trois ans, montrait tout ce que j’ai vécu avec toi et les sacrifices que j’ai du faire. L’avenir est quelque chose qu’ils ne consultent qu’en extrême nécessité et malheureusement…tout était écrit, c’est atroce à dire… Ils m’ont dit qu’en tant que futur ange gardien, mon destin était tracé alors que je suppose que dans votre cas, ce n’est pas ainsi… »

Julia se tut, ne trouvant plus la force morale de parler davantage. Dean ne put rien répondre, et même s’il cherchait désespérément une faille à exploiter, il savait qu’il ne trouverait rien, qu’en fait, Julia devait partir, et définitivement, cette fois-ci. Mais il n’avait pas le courage ni la force de la laisser s’en aller à tout jamais, il l’aimait trop et ne voulait pas vivre sans elle. Quand il la regarda, ayant soif de son visage, il sut qu’elle savait ce qu’il pensait et avait sur le cœur. Il comprit également ce qu’elle ressentait quand elle lui fit un léger sourire plein d’amour mais aussi de souffrance et de désespoir. Sachant instinctivement qu’il leur restait peu de temps, ils s’approchèrent l’un de l’autre et s’embrassèrent tendrement une dernière fois. Jamais ils ne s’étaient embrassés aussi langoureusement et affectueusement, voulant imprimer ce baiser en eux pour l’éternité.
Puis, après avoir adressé un petit sourire amical à Sam qui le lui rendit, des larmes dans les yeux, Julia disparut totalement, laissant Dean plus désespéré que jamais.

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MessageSujet: Re: Sacrifices [Trilogie Vivre ensemble ou mourir seul 3]   Ven 21 Mai - 23:24

Chapitre 10 : Epilogue


Les jours qui suivirent furent les plus mornes et tristes depuis que leur père était mort. Les deux frères n’étaient pas restés longtemps chez Bobby pour ne pas l’embarrasser davantage, malgré ses nombreuses protestations, et ils étaient repartis sur la route.
Ils avaient bien sûr ramené le corps de Julia avec eux et ils s’étaient posés la question où l’enterrer. Dean avait bien pensé à enterrer Julia près de leur mère mais il y avait trop de kilomètres pour s’y rendre et il craignait que le corps de Julia ne tienne pas le choc. Sam proposa gentiment de l’inhumer près de Jess puisque ça faisait moins loin mais une fois de plus, Dean refusa, souhaitant que Sam conserve pour lui ce cimetière qui, savait-il, lui tenait tant à cœur.
Alors Dean, au bout de plusieurs heures de vaines recherches puisqu’il voulait l’endroit idéal, pensa soudain qu’environ un mois avant sa mort, Julia et lui étaient allés à quelques kilomètres seulement de leur motel et avaient découvert avec étonnement une merveilleuse petite prairie. Julia avait été totalement éblouie par ce paysage et était restée plusieurs heures allongée gaiement dans l’herbe à regarder le ciel. Il sut que ce serait là qu’elle pourrait reposer en paix et heureuse. Le jour suivant, s’armant de leurs pelles qui cette fois-ci, accomplissaient un tout autre emploi que d’habitude, et bien plus dramatique, Dean choisit l’ombre d’un beau bouleau pleureur pour y déposer sa Julia. Quand ce travail fut fait, ils jetèrent des roses sur sa tombe. Bobby, par respect et amitié pour elle, les y avait rejoints : ils dirent tous trois quelques mots :
« Repose en paix, Julia, tu semblais être quelqu’un de formidable et de très généreux, commença Bobby.
-Adieu, Julia, continua Sam. Tu as été une formidable amie et un ange gardien idéal. Merci pour tout ce que tu nous as apporté. Et merci d’avoir sauvé Dean, je t’en serai éternellement reconnaissant.
-Adieu, ma merveilleuse et adorée Julia, finit Dean en s’agenouillant près de la tombe. Ta vie n’a été toujours tournée qu’envers autrui sans rien demander en retour. Tu as été la plus parfaite, la plus magnifique et la plus adorable jeune fille qu’il m’ait été et qu’il me sera donné de connaître en ce monde. Je ne sais pas comment je vais faire pour continuer la route sans toi mais je sais par contre une chose : tu voudrais que je continue coûte que coûte et que je ne me laisse pas submerger par le désespoir. Je vais faire ce que tu aurais voulu pour moi, je te le promets. Tu as été et tu resteras toujours mon âme sœur, je ne pourrai jamais t’oublier. Repose en paix car tu mérites ce repos plus qu’aucun autre. Je t’aime, ma Julia et je t’aimerai à jamais. »
Dean se releva, le visage en pleurs et après s’être essuyé vivement ses larmes, il se retourna vers son frère et Bobby pour partir. Mais il dut jeter un dernier regard à la tombe qui semblait bien solitaire mais protégée par le bouleau pleureur sous lequel elle reposait pour toujours.


Le jour suivant, les deux frères s’étaient entendus pour ne pas reprendre aussitôt la route mais consacrer quelques jours à la mémoire de Julia.
Sam pensa alors à aller chez le notaire prendre connaissance du testament de Julia. Quand Dean, encore troublé, entendit le mot “testament”, son teint changea de couleur immédiatement et vira au très pâle. Sam regarda Dean avec un sourire triste et compréhensif et lui donna une tape amicale sur l’épaule pour lui montrer qu’il serait toujours là pour lui. Encouragé par la présence de son frère à ses côtés, Dean s’y rendit.
Quand ils prirent connaissance du testament de Julia, ils furent très étonnés de ce qu’elle leur léguait. Elle leur léguait absolument tous ses biens, même ceux restés en France et ne donnait rien à ses parents. A Sam, elle léguait tous les livres qu’elle avait eus durant ses études, car il était souvent arrivé que Sam et elle aient de longues conversations sur ce qu’elle avait fait et Sam s’était vivement intéressé à ses lectures et ses recherches. Quand Sam sut alors qu’elle lui léguait toute sa collection de livres, il en fut estomaqué, surtout de savoir qu’elle en avait plus de trois cents. Pour tout entreposer, il prit un garde-meubles dans l’état où ils se trouvaient, ses livres devant arriver par avion. Elle avait laissé également quelques objets à Bobby qui dut venir les prendre, des puissants sortilèges de protection sous forme d’amulettes et également de potions. Il fut également très heureux de ce legs car ces objets étaient manifestement très rares et ils les recherchaient depuis longtemps.

Quant à Dean, elle lui léguait absolument toute sa fortune. Dean ne sut pas aussitôt à combien s’élevait cet argent et il dut donc aller à la banque où avait été transféré ses biens pour estimer à combien ils se montaient. Ayant été une petite étudiante peu gâtée par ses parents et très solitaire, Dean s’attendait à ce que Julia n’ait eu que peu d’argent. Cependant, quand on lui présenta la somme d’argent, il ouvrit la bouche de surprise. Apparemment, Julia avait amassé environ un demi-million de dollars durant sa vie et n’avait dépensé son argent que pour ses études. Selon ce qu’il apprit par ouï-dire, Julia avait hérité d’une grand-mère particulièrement bienveillante et généreuse envers elle et décédée quand elle n’avait que quatre ou cinq ans.
Ce fut tremblant que Dean empocha l’argent, ayant la soudaine impression qu’il venait de dévaliser une banque. Quand il revint au motel où était resté Sam, il ne dit rien et se contenta de s’asseoir, sans réaction sur la première chaise qui se présenta. Après quelques instants, il dit au mur plus qu’à Sam qui pourtant l’écoutait :
« Un demi-million de dollars…Mais qu’est-ce que je vais faire de tout ça, moi ?
-Tu veux bien répéter ?demanda Sam, interloqué.
-Elle m’a légué un demi-million de dollars, à moi…moi qui suis l’être le plus dépensier au monde… Je ne veux pas toucher à son argent et en même temps j’ai déjà des idées pour le dépenser…misère… Mais qu’est-ce qu’il lui ait passé par la tête ?
-Eh bien, elle t’aimait à la folie, tout simplement, répondit Sam. »
Mais il regretta aussitôt ses paroles qui eurent l’effet immédiat de bouleverser le visage de Dean qui se rua dans la salle de bains en silence, préférant ne pas montrer son désarroi et son accablement à son frère cadet.
Dean, au grand étonnement de Sam, ne toucha pas à un centime de l’argent qu’elle lui avait légué. Au contraire et pour faciliter leur vie, il le plaça dans une banque sous un faux nom. En hommage à Julia qui, savait-il, adorait cette série lors de sa première existence, il se fit appeler Dean Mulder. Il eut un léger sourire quand les employés de la banque le nommèrent Mr. Mulder, pensant que Julia aurait adoré ça.
Puis, au bout de trois jours, Dean et Sam décidèrent de reprendre la route.

Cependant, la situation devint assez désespérante pour Sam car Dean ne parlait plus que rarement et quand il disait quelques mots, ce n’était que pour répondre à son frère par un oui ou un non.
Sam savait tout à fait ce que son frère ressentait pour l’avoir éprouvé durant des mois après la mort de Jess. Il respectait donc ce deuil aussi bien que Dean l’avait fait pour lui et compatissait silencieusement en trouvant des chasses qui avaient au moins d’avantage de leur occuper l’esprit.
Dean passait toute la journée avec Sam à soit rouler, soit faire des recherches sur des démons ou créatures soit à chasser ces dernières. Il ne voulait pas penser à Julia car à chaque fois qu’il pensait à elle, une douleur fulgurante s’élevait dans sa poitrine et des larmes lui montaient aux yeux. Il ne laissait jamais le chagrin l’envahir plus d’une minute. Il comptait jusqu’à trois et se ressaisissait. Il savait que Julia voudrait qu’il soit fort et ne se laisse pas dompter par le chagrin et il voulait que, où qu’elle soit, Julia puisse être fière de lui et qu’il réussisse cette épreuve qui lui paraissait pourtant insurmontable.

Chaque matin, Sam s’apercevait que Dean regardait en retrait quelque chose dans sa poche. Après quelques instants d’observation, il remettait cette chose dans sa poche et semblait beaucoup plus en forme, plus insouciant alors que quelques minutes avant, il était abattu. Sam se doutait bien que c’était l’étoile qu’il regardait ainsi mais ne dit rien, par respect de sa vie privée.
Effectivement, Dean devait contempler l’étoile de Julia un bref instant chaque matin car il se sentait tellement anéanti à son réveil qu’il avait un réel besoin d’admirer cet objet. L’étoile avait beau être fendue en deux, il n’en restait pas moins qu’elle demeurait la même aux yeux de Dean. Il ne l’avait pas recollée, souhaitant se souvenir avec exactitude du pourquoi de sa fêlure. De plus, l’étoile avait le don, même si normalement elle n’avait plus aucune fonction de magie curative, d’apaiser Dean et de lui permettre de se replonger dans cet immense amour que Julia lui avait prodigué pendant leur trop bref temps ensemble. Cela lui donnait la force d’avancer plus avant, une force qu’il trouvait bien sûr dans cette contemplation de l’étoile et aussi dans ses souvenirs. Même s’il essayait de se souvenir en détail de chaque instant passé avec elle, ces souvenirs s’atténuaient progressivement au fil des semaines puis des mois, sans même qu’il ne s’en rendît compte. Heureusement pour lui d’ailleurs car s’il s’était aperçu de ces très légers mais évidents oublis, il en serait devenu malade.



Ca faisait maintenant presque huit mois que Julia était décédée. Les deux frères chassaient toujours les démons, esprits et créatures de toutes sortes avec plus ou moins de succès et travaillaient sans relâche, puisque tous les démons sortis par la porte de l’enfer un an et demi plus tôt, n’avaient pas été ramenés à leur ancienne demeure souterraine.
Depuis quelque temps déjà, l’étoile de Julia n’était plus dans la poche de Dean mais avait été rangée soigneusement dans une petite boîte dans le coffre de l’Impala.
Dean, depuis qu’il avait pu l’y ranger, n’avait plus eu besoin de la regarder mais savait que quoiqu’il arrive, la présence et l’amour de Julia le protégeraient à travers cette étoile qu’il gardait toujours près de lui.


FIN


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