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 Carnet d'One-shots

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HermioneMulder
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MessageSujet: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:23

Voici tous mes OS écrits à ce jour. Je les ai mis par ordre alphabétique de titre. J'y ai joint également deux OS qui s'appuyaient sur une photo d'une scène en particulier.
Bonne lecture !

****************************************

A la vie, à la mort


Un vide, un trou, une absence, la mort…
Jamais tu ne sauras comment c’était vraiment…
Et pourtant…

Dean crut d’abord qu’il rêvait ou alors il s’était pris une belle branlée pour croire ça mais pourtant, il était là et Sam avait la même tête que lui, ce qui n’arrangeait rien… Ils étaient dans des habits d’armée mais non de celle de leur époque mais d’après ce qu’ils voyaient, ça avait une cinquantaine d’années. Couchés par terre avec d’autres soldats, le nez dans le sable, ils regardaient le paysage, clignant des yeux, comme deux enfants projetés en plein cauchemar, en l’attente de quelque chose :
« Bordel, qu’est-ce qui se passe ?grogna Dean.
-On doit être en pleine seconde guerre mondiale, je pense, je vois que ça.
-Génial, j’ai toujours voulu la vivre…
-Tu plaisantes, j’espère ?
-A ton avis…Bien sûr que non, je voulais pas venir là ! Et où on est d’ailleurs, pas chez nous, on dirait !chuchota-t-il.
-D’après le paysage et la mer derrière nous, je dirai que c’est en France, le débarquement de Normandie.
-Quoi ? Je suis venu en France sans prendre l’avion ? Pas trop mal, après tout. Il paraît que la nourriture française est délicieuse tout comme les serveuses…
-Dean !soupira Sam en s’énervant.
-Bon, ok, qui nous a fait ça, le trickster ? On était pas sur ses plates-bandes pourtant.
-Non, je dirai plutôt un démon, celui de l’illusion, ça devait être lui qu’on chassait sans le savoir, avec tous ces corps disparus, il devait les envoyer dans une autre époque, quelque chose comme ça.
-Ouais mais si c’est une illusion, on devrait pouvoir se réveiller.
-L’ennui est qu’il se fait appeler comme ça pour créer l’illusion qu’on peut se réveiller simplement alors qu’en fait, c’est pire que ça. Là, on est vraiment en 1945 et on est vraiment en France, donc on peut mourir dans les heures qui viennent sans revenir à notre époque pour autant.
-Et chiotte…Comment on fait, alors ? Est-ce qu’on aurait une chance de le zigouiller parmi les allemands qui vont nous attaquer ?
-Ca m’étonnerait qu’il soit parmi nous, il est différent du trickster malheureusement, il ne s’amuse pas et il ne se ballade pas parmi nous…
-Alors donne-moi une bonne info qu’on en finisse !gronda Dean. »

Mais Sam n’eut pas le temps de dire quoique ce soit qu’on demandait à tous les soldats par signaux de se relever et armes aux poings, ils durent obéir et faire comme les autres. Dean remercia intérieurement John de leur avoir donné cette éducation militaire sinon ils auraient été complètement largués et se seraient faits tués à la première rafale, laquelle débuta peu après d’ailleurs. Ils tirèrent tous deux aussi bien que leurs nouveaux camarades et même mieux s’ils en crurent les allemands tombant mais ils étaient tous à découverts par rapport à leurs ennemis et ça n’arrangeait rien.
Les frères réussirent à trouver un petit abri de fortune où s’abriter pour réfléchir à leur situation pendant que les autres tombaient comme des mouches. Ils devaient pratiquement crier pour s’entendre dans ce vrombissement de mitraillettes et de fusils :
« Alors, qu’est-ce qu’on fait ?cria Dean.
-Le démon de l’illusion a un point faible, Dean, il ne peut pas nous voir dès qu’il nous a jeté ici, seule notre mort le ferait venir…il la ressentirait…
-Et t’as sûrement une idée pour ne pas mourir définitivement une fois de plus ? Je sais bien qu’on a l’habitude… mais faut peut-être pas forcer le destin. »

Comme pour les convaincre, leur abri explosa soudain en mille morceaux, comme s’il n’avait été qu’un nid de plumes et tous deux furent projetés loin l’un de l’autre, le noir envahissant leur esprit…

Quand Dean rouvrit les yeux, il ne sentit que du sang, de la fumée et de la douleur. Celle-ci emplissait tout son corps, il se demandait même encore comment il pouvait être en vie. Il avait l’impression d’être dans un trou, pratiquement enterré…
« Epoque de con, guerre de con et pays de con…pensa Dean sans l’ombre d’un sourire. »
Où était Sam ? Avait-il subi la même chose, lui aussi ? L’inquiétude obscurcit son esprit mais elle fut dissipée quand il entendit son nom…Tranquillisé, il esquissa un faible sourire et ferma les yeux…

De son côté, Sam s’était relevé en toussant après l’explosion. Il avait vu brièvement avant de s’évanouir Dean projeté loin de lui. Il avait dû avaler des débris quand l’abri avait explosé et son sang ensanglanté lui faisait un mal de chien. Sa jambe n’avait pas été épargnée non plus, il avait l’impression qu’elle était cassée en deux mais il réussit à se mettre debout péniblement et à marcher en boitant, tentant d’échapper à la vue des allemands. Tout n’était que brouillard de fumée, il ne se dissipait pas, Sam ne voyait rien du tout et avait peur de trébucher sur son frère. Alors, malgré sa gorge qui voulait être laissée tranquille, il appela le nom de son frère d’une voix rauque, toussant à s’en tordre les boyaux.
Aucune réponse…seul le son des mitraillettes dans ce cauchemar. Plusieurs fois, le cadet appela son frère en vain mais il ne pouvait pas croire que son frère était mort, là, quelque part, non, ça pouvait pas finir comme ça. Mais alors qu’il allait tomber dans un trou, c’est là qu’il le vit et son sang se glaça. Il se précipita dans le trou et ne grimaça même pas quand il sentit sa jambe craquer sous lui. Dean était à moitié enseveli sous un fracas de débris et seul son visage et ses jambes étaient dégagés. Il était couvert de sang et avait une plaie ouverte importante à la tête.
« DEAN !!! Réveille-toi, je t’en supplie, Dean ! J’ai besoin de toi !!dit Sam mais aucune réponse ne lui parvint, pas même un mouvement de paupières. Sam dégagea une partie des débris sur la poitrine de Dean tout en continuant à l’appeler. Un grognement se fit alors entendre.
-Dean ! Ouvre les yeux, c’est moi, Sam, tu m’entends ?
-Hum…
-Dis quelque chose. »
Dean ne pouvait rien dire. Il ouvrit les yeux et vit Sam à travers un léger voile qui le rassura : Sam était vivant et pas trop en piteux état. Mais il ne pouvait rien dire du tout, il arrivait à peine à respirer comme si ses poumons avaient été réduits en bouillie. Sa tête devait être en bouillie aussi pour qu’il ne puisse plus parler. Il fixa Sam et lui fit comprendre pourquoi il ne disait rien. Sam arrêta alors de lui demander de parler et resta la bouche ouverte de surprise. Son frère, muet ? Ca, c’était le comble, lui qui était une vraie piplette.

« Ok, ça va aller, Dean, t’en fais pas, je vais nous sortir de là. Mais un coup d’œil amusé lui répondit. Ouais bon, ça va, si t’as une solution, vas-y…Sam vit le regard de Dean chercher une solution qu’il sembla trouver quand son regard s’illumina. Sam connaissait toutes les expressions de son frère par cœur et sut qu’il avait trouvé mais ce serait difficile de se comprendre. Mais par signes, Sam crut comprendre le raisonnement de Dean, ils ne se connaissaient pas par cœur pour rien après tout. Quand Dean ferma les yeux, mit la tête sur le côté et les rouvrit en souriant légèrement en regardant le ciel, Sam sourit à son tour.
« Ok, mais tu sais, ça risque de ne pas marcher, c’est difficile et il faudra que ça soit très intense, qu’on le vive réellement. »
Un assentiment lui répondit avec une lueur de malice en plus.
Sam cria, sa douleur à la gorge et à la jambe devenant absolument insoutenables et tomba à terre près de son frère. Dean ferma les yeux, tomba dans l’inconscience.


Quand Dean reprit conscience, il voulut sourire quand il sentit un doux matelas chaud et moelleux sous lui : ils avaient réussis. Ils avaient fait croire au démon, rien qu’au pouvoir de la pensée, qu’ils étaient morts. Pour le truc de l’illusion, il pouvait toujours se représenter, ils avaient été plus forts que lui, ils avaient simulé la douleur puis la mort. Mais Dean avait voulut sourire comme il voulut ouvrir les yeux : seulement, il ne pouvait pas. Avec un effort surhumain, il voulut se lever et quand il réussit et qu’il vit la scène devant les yeux, il eut comme un déjà-vu. Son corps était devant lui, dans un lit d’hôpital, tellement mutilé et bandé qu’il s’en serait fait presque peur. Sam était assis près de lui, dans un fauteuil roulant, sa gorge bandée et sa jambe dans le plâtre, aussi pâle que lui. Il sentait que la vie le quittait et qu’il ne pourrait pas rejoindre son corps, comme lorsque son père avait fait son sacrifice pour lui.
« Il est temps, cette fois, Dean…dit Tessa en apparaissant près de lui.
-Mais Sam…
-Il s’en sortira pour l’instant.
-Et Michael…et Lucifer…l’apocalypse ?
-Ca finira bien ou mal, peu importe, tu ne dois plus y participer.
-De toute façon, Zachariah voudra me faire revenir à la vie pour que Michael me possède…
-Que ça arrive ou non, peu importe, viens… »

Un dernier regard vers celui qui avait partagé ses jours et que lâchement, il croyait abandonner…

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Dernière édition par Hermione le Sam 15 Mai - 12:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:25

Âme en peine


J’ai à peine réalisé que je suis tombé de cette falaise. Le choc s’est fait sans douleur, comme si j’avais été amorti par cette profonde rivière. Mais j’ai ressenti très vivement le froid glacial pénétrer jusqu’à mon cerveau puis ensuite, ce fut le trou noir, comme si mon corps tout comme mon esprit avaient sombré totalement dans les profondeurs aquatiques. Tout ça pour avoir poursuivi un esprit qui m’a entraîné près de cette falaise en se volatilisant au dernier moment. Je vous jure, c’est trop bête…
Quand je me suis réveillé, j’ai cru au miracle. Je me tenais debout au milieu d’une pièce sombre et exiguë avec absolument aucun repère. Je me suis dit qu’en fait, tout ça n’était qu’un mauvais rêve et que Sam n’allait pas tarder à me rejoindre. Mais comme d’habitude, j’avais tout faux et j’étais encore embarqué dans une galère pas possible. Alors que je tentais de trouver une quelconque sortie, une porte ou une fenêtre en tâtonnant le long du mur, je fus ébloui par une soudaine clarté venant du mur en face de moi. C’était comme si le mur s’était totalement effacé pour faire place à une chambre d’hôpital où je me suis reconnu, allongé sur un lit et branché à tout un tas d’appareils dont je ne pourrais citer aucun nom. Et voilà que je suis encore un esprit séparé de mon corps dans le coma, me dis-je aussitôt. La situation commençait franchement à devenir rengaine. Je vis alors Sammy entrer dans ma chambre et s’approcher de moi, un air absolument désespéré sur le visage. Au moins, il allait bien, c’était déjà ça. Je tentais de l’appeler pour qu’il sache que j’étais là et je m’approchais davantage pour qu’il sente ma présence. Mais au moment de le faire, j’heurtai avec violence un mur invisible qui me séparait de mon corps et de Sam. Je pouvais tout voir et tout entendre de ce qu’il se passait dans la chambre mais la pièce restait un gigantesque écran cinéma sans possibilité de rentrer à l’intérieur. Moi qui aimais les films, j’étais servi mais je me serai bien passé du triste spectacle que j’offrais. Au bout d’un certain temps, combien, je ne saurai le dire, je vis Sam, toujours à mes côtés, me parler :
« Dean…je sais que tu peux m’entendre. Si tu pouvais me faire un signe, n’importe lequel, pour que je sache seulement que tu es encore avec moi… Les médecins ne sont pas du tout optimistes à ton sujet mais je sais que, comme d’habitude, tu vas te battre. Tu m’as fait promettre de ne jamais passer de pacte pour toi et je respecterai ma promesse…même si ça me coûte énormément, tu dois t’en douter…
-T’as intérêt, Sammy, répondis-je de mon côté, sinon je te flanquerais une bonne raclée.
-Mais tu dois te réveiller, Dean…il le faut…ça fait déjà trois semaines que tu es dans cet état…
-Quoi ?m’écriai-je sans pourtant me faire entendre.
-…et même si les médecins ne peuvent pas te débrancher sans mon autorisation, il faut au moins que tu ailles mieux, et que tu ne continues pas à …
-A quoi, Sammy ?m’effrayai-je.
-A t’affaiblir…je ne veux pas te perdre, tu es tout pour moi, absolument tout. »
Je ressentis alors, comme un coup de fouet, toute la peine et le désespoir de mon frère qui semblèrent aussi forts et intenses que je manquai d’en suffoquer. De plus, je vis Sam pleurer et moi-même, je ne pus empêcher les miennes de couler. Je tapai aussi fort que je pus contre cette paroi qui me séparait de mon frère mais apparemment rien ne faisait et ce lieu mystérieux où je me trouvais n’offrait aucune chance d’entrer en contact avec mon frère. Sam essaya même, apparemment une centième fois, de me parler avec une planche ouija. J’en fus encore plus désespéré et je ne pus que m’acharner sur ma prison et ce mur de verre.

Soudain, la vue de ma chambre et de Sam s’éteignit aussi vite qu’elle était apparue et moi, ébahi, restai dans le noir complet. J’eus alors l’impression que les murs se rapprochaient. La pièce n’était déjà pas très grande mais il fallait quand même qu’elle devienne plus petite. Je me collai au mur qui avait servi d’écran ciné, pensant qu’il restait le seul stable mais apparemment, c’était une erreur, lui aussi bougea pour se rapprocher de ses camarades. J’essayai de repousser les murs mais autant dire que je ne faisais pas le poids. Les murs étaient maintenant tellement proches que je ne pouvais plus bouger du tout, et une sensation d’étouffement me prit. Tous mes membres et mes organes semblaient partir en bouillie alors que les murs m’écrasaient littéralement. Je pensais que je n’allais pas tarder à ressembler à une feuille de cigarette. Je souffrais tellement qu’un cri s’échappa de ma gorge mais ce fut le seul, je n’avais plus assez de souffle ni d’oxygène, si on peut considérer qu’un esprit respire, bien sûr… Les larmes furent les seules disponibles pour exprimer ma souffrance et elles coulèrent à flots même si je tentai toujours de résister. Pourquoi moi ? Pourquoi devais-je souffrir sans cesse pour finalement mourir ? Ce n’était pas juste. J’avais assez souffert durant ma vie pour finir de cette façon…Je ne pouvais même pas dire adieu à Sammy qui conservait toujours de l’espoir…
Pourtant, alors que je croyais la mort arriver, je sentis la pression retomber mais je ne pus m’empêcher de m’évanouir.
Quand je me suis réveillé, la pièce était redevenue comme avant et le mur offrait à nouveau le spectacle de ma chambre avec Sam près de moi, le visage dénué d’expression, comme anéanti. Bobby entra dans la chambre et regarda Sam :
« Ecoute fiston, tu ne peux pas laisser ton frère dans cet état. Ca fait maintenant un an qu’il est dans ce lit…
-Un an !criai-je, affolé.
-Bobby…jamais je ne pourrai le tuer…jamais…il y a encore de l’espoir, je le sais…
-Je comprends…mais pense à ce qu’il aurait voulu et au fait qu’il ne voudrait pas que tu souffres à travers lui...tu vis comme un zombi depuis un an et il est temps que tu… »
A cet instant, un bip long et aigu retentit des appareils qui me maintenaient en vie. Je vis les visages de Sam et Bobby s’affoler et des médecins arriver à toute vitesse près de moi. Les choses se passèrent tellement vite que ni moi ni Sam n’eûmes le temps de réaliser que tout était déjà fini. Au bout de quelques minutes, je vis le médecin déclarer ma mort et mon frère pleurer toutes les larmes de son corps dans les bras de Bobby. A ce moment-là, je ressentis un déchirement comme je n’en avais jamais éprouvé jusqu’alors. Je sentais vraiment que j’étais mort, dans tout mon être, c’était horrible. La douleur n’en finissait pas alors qu’elle n’aurait pas dû être là.

Aujourd’hui encore, je continue à souffrir et à pleurer, notamment quand je vois Sam plus morose et anéanti lors de certaines chasses. Fréquemment, je revis la même expérience d’écrasement et d’étouffement et c’est toujours aussi douloureux. Mais même si je veux croire que je suis encore là pour le protéger, où qu’il soit, je sais aussi que je suis inutile et que je resterai une âme en peine pour la fin des temps…


**************************************************************************

Anéantissement


Tout s’était passé extrêmement vite. Dean n’avait pas eu le temps d’apercevoir le coup de poing qui s’écrasa sur son visage mais les ténèbres l’envahirent aussitôt.
Quand il se réveilla, il sentit son visage tuméfié par le sang qui avait coulé de son nez. Il était assis sur une chaise en métal, les poignets solidement attachés aux accoudoirs ainsi que les pieds par les attaches assorties à la chaise. Ouvrant les yeux plus grands, Dean s’aperçut qu’il était dans une pièce sombre, faiblement éclairée. A peine eut-il le temps de s’inquiéter du sort de son frère qu’il vit que ce dernier semblait l’auteur de son kidnapping. Sam sortit de l’obscurité et regarda Dean avec un large sourire :
« Tu n’es pas Sam, dit Dean aussitôt.
-Ah non, tu crois ?ricana Sam. Tu crois que je suis possédé, peut-être ?
-Oui, comme Sam l’a été par un démon qui s’était faite appelé Meg.
-Oh, vraiment ?demanda-t-il en semblant intéressé. Et que comptes-tu faire alors si je suis possédé ?
-Ce que j’ai appris depuis peu de temps, sourit Dean faiblement. »
Alors, Dean se mit à réciter un exorcisme, parfait en tout point, sans aucune faute et put le finir sans que Sam ne l’interrompe, en le regardant seulement d’un air intéressé. Malheureusement, aucune réaction ne s’ensuivit et Dean se sentit un peu idiot.
« Quoi, c’est tout ?ricana Sam.
-Tu dois sûrement avoir brûlé le bras de Sam pour nous empêcher de faire ce genre de choses, s’expliqua Dean.
-Ben non, désolé, mon vieux, cherche encore, dit-il en montrant ses bras intacts.
-Qui es-tu ?s’affola Dean.
-Mais n’as-tu pas encore compris que je suis Sam !
-Impossible, Sam ne deviendra jamais un démon, tu te trompes.
-Et pourtant, c’est la stricte vérité. Oh, bien sûr, le Sam que tu as connu n’est plus là, je suis le côté de Sam qu’il a toujours refoulé, celui que voulait Azazel quand il recrutait son digne successeur. Mais comme toujours, Dean, tu as tout gâché en le tuant.
-Sam n’est pas ainsi, jamais il n’aurait cette part sombre que tu sembles faire croire. Je ne suis pas naïf…
-Oh si, justement, Dean ! Tu l’es, tu veux toujours croire que ton frère est cet innocent bambin aux yeux de chiot abandonné qui serait celui à protéger et qui ne ferait jamais rien de mal. Mais il n’en ait rien, Dean, je suis là pour te le prouver !
-Bon, ok, alors, j’ai compris. Sam n’est pas si innocent que ça et point barre, pas la peine de me faire tout ce cinéma.
-Mais qui te dit que c’est du cinéma ? Je vais te montrer de quoi ton frère est capable. Ainsi, tu me prendras au sérieux et tu verras qui je suis réellement. »

Là-dessus, Sam s’éloigna de quelques pas et sortit du champ de vision de Dean. Quand il revint devant lui, il tenait un revolver et trois couteaux. Dean commença vraiment à s’affoler pour sa survie et celle de son frère, apparemment coincé par ce démon. Il essaya de l’arrêter mais Sam le bâillonna pour étouffer ses prochains cris. Il lui enfonça d’abord un couteau dans la jambe gauche puis un autre couteau dans le bras droit, sans les retirer. Puis, toujours avec le sourire, il enfonça le dernier couteau dans son épaule et enfin tira une balle dans son abdomen. Dean ne put s’empêcher de crier à chacun des coups et même si ses cris étaient étouffés par le bâillon, ils n’en restaient pas moins déchirants pour toute personne qui aurait été présente dans la pièce. Quand la balle fut tirée, Dean ne put s’empêcher de verser quelques larmes de souffrance tellement la douleur fut atroce et brûlante.
Tout à son plaisir, Sam retira le bâillon de Dean et celui-ci put enfin laisser échapper quelques gémissements qu’il aurait bien voulu retenir.
« Espèce de p***** de démon, je vais t’en faire voir de toutes les couleurs, quand je t’aurai délogé de Sam…s’exclama Dean, malgré les souffrances des instruments restés dans son corps.
-Mais tu ne comprends pas que je suis Sam et je vais rester ainsi, tu ne pourras pas l’empêcher ! Dean, tu dois te rendre compte que tu as toujours gâché la vie de ton frère. Tu étais sans arrêt à lui répéter que tout allait bien alors que j’aurai pu m’exprimer en lui bien plus tôt mais cet imbécile avait tellement confiance en toi qu’il me refoulait comme un vulgaire humain ! Je ne demandais qu’à sortir. Il a fait son temps, maintenant c’est à moi. En réalité, lui comme moi, t’avons toujours détesté, toi et ta seule manie de le surprotéger, de lui faire faire des choses dont il n’avait aucune envie. Tu es tout le portrait de Papa, à vouloir diriger notre vie pour mieux vous mettre en avant et récolter toute la gloire. Les filles, l’alcool, c’est de la pure débauche humaine qui m’a toujours dégoûté et Sam te haïssait aussi, tu peux me croire…
-C’est faux, totalement faux, mon frère tient à moi…
-Alors pourquoi est-il parti à Stanford sans même t’expliquer, sans même un regard pour toi ? Non, Dean, tu te fais des illusions, Sam en avait vraiment marre de vous deux. J’aurai préféré qu’il vienne du côté du mal, qu’il se laisse envahir par ma présence, bien plus bénéfique que ces cours stupides de droit mais au moins il a coupé les ponts avec sa famille et c’est la meilleure chose qu’il pouvait faire en son état. Tu te souviens de ce cadeau que tu lui avais offert pour son dix-septième anniversaire ?
-Oui, une montre en argent, pâlit Dean.
-Bien sûr, tu l’avais volée et…
-Non, pas du tout, je lui avais achetée, avec de l’argent que j’avais économisé depuis plusieurs années et…
-C’est ça, comme tu veux mais je l’ai persuadé que tu l’avais volée et il l’a jetée le lendemain. C’est pour ça que tu ne l’as jamais revue et non parce qu’il l’avait perdue, comme il s’en est excusé.
-Tu mens…
-Pas du tout. Il détestait tout ce que tu lui disais, tout ce que tu faisais. Il en souffrait à cause de toi et le pire dans tout ça, est que tu l’as ramené des morts en croyant bien faire alors qu’il était en enfer et qu’il y était très bien traité, comme un roi. Il n’en a jamais rien dit mais il a failli te tuer pour ça, réduit à errer comme un humain minable sur terre, et près de toi en plus.
-Stop !!!s’écria Dean, en larmes.
-Qu’est-ce qu’il a été soulagé quand Papa est mort, ça faisait un membre de la famille en moins, continua-t-il en souriant. Quant à Maman, ça a été un réel plaisir de la voir mourir au-dessus de moi…
-Nonnnnnnnnnn !!!cria Dean en se débattant de toutes ses forces pour se détacher et tabasser son frère, tellement il le faisait souffrir en parlant de Mary. Mais les couteaux, à cause de ses efforts, s’enfoncèrent encore plus dans sa chair, le faisant gémir de douleur.
-Bon, maintenant que tu vois qui je suis et qui je resterai, il est temps de mettre la touche finale. »

Dean était en pleurs, à cause de la souffrance physique qui lui mettait le corps en sang, la balle étant en train d’occasionner une hémorragie interne et à cause aussi de la souffrance morale, car malgré ses doutes, il sentait que c’était son frère qui parlait et qu’il aurait senti la présence d’un démon en son frère. Sam l’avait-il toujours détesté ainsi ? Irait-il en enfer pour rien ? Sam était-il condamné maintenant que la menace dont John lui avait parlé semblait s’être produite ? Mais Dean ne pouvait rien faire pour empêcher son frère de nuire ou le libérer de quoique ce soit. Il était attaché, gravement blessé et ne pouvait pas sauver Sam comme il le lui avait promis. Dean sombrait dans le désespoir le plus total et les sanglots arrivèrent rapidement. Tremblant de tous ses membres, la fièvre commençait à prendre le dessus de lui. Satisfait de son résultat, Sam alla chercher quelque chose et revint quelques secondes après. Dean aperçut avec un mélange d’affolement et de soulagement, un appareil à électrochocs. Le choc fut brutal et remplis d’éclairs bleus et de convulsions violentes et très nombreuses. Les couteaux furent encore plus conducteurs, enfoncés dans les plaies, tout comme la balle et la chaise en métal. La minute d’après, le corps de Dean se décrispa et retomba lourdement sur la chaise. Fermant les yeux, Dean murmura :
« Je te pardonne, Sammy, adieu… »
Et son âme quitta son corps pour atteindre un lieu encore pire de tortures.

Le sourire de Sam s’élargit quand il ouvrit un placard proche et dévoila un homme solidement ligoté et bâillonné, le visage emplis de larmes, en proie en sanglots.
« J’ai appelé ton ami Bobby en me faisant passer pour toi en lui indiquant où tu étais, dit le faux-Sam au vrai-Sam. Avoir pris ton apparence est la meilleure chose qui me soit jamais arrivée, ça m’a permis de vaincre les puissants Winchesters d’un claquement de doigt. Bravo Sammy, ton frère va croire pour l’éternité que tu le détestes… »

Sur ces mots, le polymorphe quitta les lieux. Sam, à la vue du spectacle de son frère anéanti physiquement et moralement, s’évanouit.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:26

Un cauchemar réel ou imaginaire ?


Il était une heure du matin, Dean et Sam venaient de revenir à leur motel, complètement épuisés. Leur chasse avait été longue et laborieuse. Ils avaient dû enquêter sur l’ouverture d’un probable sceau et il s’était révélé que ce n’était qu’un vulgaire démon qui faisait des siennes, c’est tout. Cependant, alors qu’ils venaient de découvrir ce point, Sam n’avait pas pu résister et s’était élancé à la poursuite du démon, suivi de près par Dean. Ce dernier avait alors vu son frère se servir de ses pouvoirs, pas seulement l’exorcisme télépathique mais aussi de la télékinésie et d’une force plus puissante qui torturait les démons. Sam avait tué presqu’aussitôt le démon responsable mais Dean restait choqué : il regardait son frère comme si un million d’années les séparait désormais.
Dean finit par s’endormir quand même mais non sans avoir avalé au préalable un grand verre d’eau tellement il avait l’impression d’avoir le corps et l’esprit en feu.

Il crut se réveiller quelques instants plus tard. Il se sentait encore vidé mais ne supportait pas de rester allongé alors que Sam se transformait progressivement en ce qu’ils avaient toujours haï et chassé. Il regarda le lit jumeau : il était vide. « Sûrement parti encore traîner avec cette saloperie de Ruby, pensa-t-il. » Une lueur rougeoyante à la fenêtre lui fit détourner son attention du lit de Sam. On aurait dit un feu ou l’aube naissante peut-être tout simplement…
Quand Dean ouvrit la porte, il découvrit que c’était les deux mais bien au-delà de ce qu’il avait imaginé. Tout n’était que ruines devant lui : le motel, les voitures, les arbres, les maisons, même sa chère Chévy était si calcinée qu’il avait peine à la reconnaître. Le jour venait de pointer son nez mais le ciel était déjà en feu, tout comme une partie de la terre elle-même. Des cris atroces étaient audibles un peu partout tout comme les hurlements de violence ou d’effroi. La peur d’avoir perdu Sam envahit Dean aussi vite que l’éclair. Il vérifia qu’il n’était pas dans la salle de bains mais personne…Dean revint sur le seuil de la porte et hésita. Des vapeurs toxiques semblaient s’échapper du sol fumant et brûlant. Pourtant, Dean s’élança hors de la maison, mettant son avant-bras devant sa bouche, cherchant Sam des yeux. Il ne put s’empêcher au bout de plusieurs minutes de le retirer :
« Sam ! Sam ! Où es-tu ? Sam !!!! »
Mais son frère ne répondait pas. Dean continua à courir, trébuchant sur le sol jonché de cadavres, évitant les jets de vapeurs qui s’échappaient de fissures béantes du sol. Plusieurs fois, il se brûla les mains, même le visage et il suffoquait souvent mais réussissait à reprendre sa respiration. Il n’entendait que des cris, seulement des cris et ne reconnaissait en aucune d’elle la voix de son frère. Il ne distinguait aucune personne, seulement de vagues silhouettes, humains ou démons, peu importait, seul comptait Sam.
Enfin il le trouva…il était là où Dean n’aurait jamais imaginé et avec des personnes qu’il avait toujours détesté : des démons. C’était une parcelle de terre qui ne contenait ni fissure ni jet de vapeurs brûlantes. C’était une place nette, une île de bonne fortune où toute victime aurait aimé se réfugier…si seulement leurs meurtriers n’avaient pas occupés cette même place.
Quand Dean vit son frère, ce dernier ni aucun démon ne l’aperçut et il put voir ce qu’il en était de lui-même. Sam parlait aux démons, non en tant que chasseur ou victime mais en tant que chef et chef respecté de tous, même de Lilith que Dean crut reconnaître dans une petite fille brune à la droite de Sam. Le sourire goguenard et réjoui du démon à la gauche de Sam fit penser à Dean que ce n’était d’autre qu’Alastair ressuscité. Pourtant, Sam ne ressemblait pas à un démon : il n’avait pas changé d’apparence, ses yeux n’avaient pas changé de couleur : seule son expression était suffisante pour Dean. Il dut ravaler ses sanglots tellement le désespoir était présent, comme un poids énorme sur la poitrine, un poids éternel.
Les démons finirent par se disperser et ne virent pas Dean toujours caché dans un coin. Sam était resté seul :

« Que s’est-il passé, Sam ? Pourquoi ?demanda Dean avec tristesse en se dévoilant.
-Tu demandes pourquoi alors que tu en es la raison même ?sourit Sam, nullement surpris de la présence de son frère.
-Que veux-tu dire ?
-Tu sais, Dean, si tu ne m’avais pas ramené de la mort, si tu n’avais pas fait ce pacte, si tu n’avais pas vendu ton âme, si tu ne m’avais pas laissé seul pendant quatre mois…tout ça ne serait jamais arrivé, jamais…
-Mais Sam, tu es mon frère, c’est normal que j’ai fait ça, je ne voulais pas que tu…
-Laisse tomber, j’ai compris, tu radotes là…Tu croyais qu’en me laissant seul, j’allais continuer à utiliser ces vieilleries que nous avait laissé Papa pour chasser ? Tu veux rire ? Quand Ruby est revenue et m’a dit ce que je pouvais faire…nom d’un chien, quel pied ! J’allais enfin devenir puissant ! C’est vrai qu’elle m’a été très utile pour m’entraîner et aussi comme réserve de sang…
-Quoi ?
-Eh oui, frérot, que crois-tu ? Que les maigres gouttes de sang d’Azazel allaient me suffire depuis mes six mois ? Ruby a été une bonne source pour ça mais franchement elle devenait chiante à la fin à vouloir devenir ma compagne pour l’éternité, et bla bla bla…j’ai dû m’en débarrasser, c’était jouissif…enfin, pas aussi jouissif que quand je me débarrasserai de toi, bien sûr…
-Tu ne le feras pas, Sam…non, tu n’y arriveras pas…tu m’aimes de trop et une partie de trop te retiendra, je le sais…ressaisis-toi et arrêtons ensemble cette apocalypse !
-L’arrêter alors que je l’ai déclenchée ? Non mais t’es dingue ?
-Déclenchée ? Non, c’est impossible, Sammy, pas toi…
-Qu’est-ce que tu crois que je faisais tous ces derniers temps ? J’étais avec la charmante Lilith à casser les derniers sceaux. Et toi qui croyais que j’étais avec Ruby ou que je roupillais…t’es vraiment naïf, mon pauvre Dean…
-Tu ne me tueras pas, en tout cas, je le sais, ça c’est différent…
-Différent ? Alors que j’ai déjà tué en quelques heures des milliers de personnes innocentes ?
-Oui, tu ne pourras pas…Je suis ton frère et ça fait toute la différence.
-Et il continue à être naïf, c’est d’un hilarant…Regarde ça, imbécile… »

Dean vit alors ce qu’il n’avait pas vu encore, ayant toujours eu les yeux rivés sur Sam. Un peu plus haut de quelques mètres, sur un monticule de terre, Bobby était empalé sur des pics. Son corps était en bouillie, il était presqu’impossible de le reconnaître mais Dean distingua sa petite barbe si familière et sa mythique casquette qui tenait à peine sur sa tête en lambeaux. Dean eut une forte envie de vomir ses tripes tellement le spectacle était horrible et sans mots. Les larmes lui montèrent aux yeux et même s’il n’avait vu ce spectacle que quelques secondes, il vacilla, rempli d’un complet désespoir qui ne put que s’aggraver quand Sam ajouta :
« Ben oui, j’en avais assez de ce vieux schnock. Je l’ai écartelé moi-même après l’avoir bien torturé…Mais je ne t’apprends pas comment on torture, on a eu le même maître avec Alastair… »
Mais Sam n’eut pas le temps de finir que Dean se jeta sur lui, le tabassant à coup de poings, fou de douleur et de rage. Mais Sam continuait de rire, les coups de Dean semblant être aussi légers que des plumes. D’un coup, il envoya Dean plusieurs mètres plus loin, Dean atterrissant sur une fissure, dont les vapeurs lui brûlèrent le dos atrocement, le faisant hurler. Il n’eut pas le temps de se relever que Sam l’avait fixé au sol par télékinésie.
« Alors, qu’est-ce qu’on disait, déjà ? Que je ne te tuerai pas ? »
Sam donna, à son tour, des coups de poings à Dean sur le visage, le torse mais chaque coup provoquait une nouvelle blessure sanglante. Bientôt Dean eut le visage en sang et pratiquement toutes les côtes cassées.
« Arrête, je t’en prie, Sammy…, dit Dean, malgré le sang dans sa bouche et ses dents cassées. »
Mais Sam continua : non manuellement mais par télékinésie, il écrasa la poitrine, les joues, les bras de Dean qu’il comprimait au maximum pour les casser. Dean souffrait un martyre impossible à décrire réellement. Ses pleurs de souffrance se mêlaient à ses pleurs de désespoir. Sa vue se troublait, il allait s’évanouir quand la douleur s’arrêta brusquement. Alors qu’il perdait prise, une nouvelle douleur aux jambes l’empêcha de tomber dans les pommes. Sam avait littéralement écrasé ses jambes par la force de son esprit et rigolait comme il n’avait jamais ri.
Les organes de Dean lâchaient tout comme son cœur. Malgré sa grande faiblesse, Dean parvint à dire :
« Je te hais, Sam, va…en enfer… »

Mais les paroles de Dean, dites dans son cauchemar, il les dit aussi réellement dans son lit du motel. Il avait crié pendant des heures, Sam l’avait veillé, s’inquiétant de son état qui s’aggravait de minute en minute. Les blessures étaient alors apparues, sorties de nulle part, déchirant son corps et son visage, Sam n’y comprenant rien, Dean murmurant à Sam d’arrêter malgré ce dernier qui ne voulait que le rassurer. Et enfin, les dernières paroles, aussi dures pour Sam que le roc, s’échappèrent des lèvres de Dean avant qu’il n’exhale son dernier souffle…
Un verre vide, à côté de son lit, fut à jamais ignoré de tous…


******************************************************************************

Ce jour-là…


Ce jour-là, il s’était passé tant de choses qu’il est difficile de savoir par où commencer. Mais si je pouvais résumer cette journée noire, je l’appellerais la journée où tout s’est écroulé.
Jamais je n’aurai pas pu imaginer ce matin-là que Sam pourrait claquer la porte définitivement et que Papa montrerait plus de colère et de ressentiment que de tristesse, sinon j’aurai tôt fait de prévenir cet ouragan.
Ce jour-là pourtant, tout avait commencé normalement et notre chasse prenait une tournure habituelle quand malheureusement un indice de taille nous avait échappé et alors qu’on croyait tenir le coupable et le tuer comme il le méritait, on s’aperçut que celui-ci n’était en fait qu’une victime. Il a d’ailleurs été tué juste après qu’on s’en soit aperçu, presque sous nos yeux, à cause de notre manque de vigilance. Papa s’est alors mis tellement en colère que celle-ci semblait se faire entendre sur toute la surface de la terre. Il n’osait pas penser qu’il était coupable et responsable de ce meurtre atroce, non, c’était trop dur pour lui : alors il nous accusa, Sam et moi de lui avoir fourni des informations erronées alors qu’elles n’étaient qu’ambiguës. Ce genre de reproche m’était presqu’habituel et j’encaissais comme auparavant mais comme je l’avais déjà remarqué, Sam ne prit pas la chose de la même façon et s’emporta contre notre père, lui disant que lui aussi était responsable et qu’il n’était pas toujours évident de savoir qui était le coupable du premier coup d’œil.

Cette soudaine averse de reproches monta en tornade quand, comme dans toute dispute digne de ce nom, ces reproches en entraînèrent d’autres, dont celui, majeur, de ne pas laisser Sam étudier à sa guise et aller à l’université, projet qui lui tenait depuis longtemps à cœur, je le savais bien, mais tout en essayant de l’ignorer. Les prétextes de Papa furent bien sûr ceux de d’habitude mais Papa oubliait, et moi aussi je crois, que Sam n’avait plus douze ans et qu’à son âge, la rébellion était de bon goût. Je me souviens encore de ses paroles, tellement ce jour est resté gravé dans ma mémoire dans ses moindres détails :
« Tu n’as jamais fait attention à ce que je voulais, à ce que j’aimerai faire dans la vie. Seul ta vengeance et ton stupide combat comptent dans ta vie. Je ne veux pas finir comme toi, obsédé et égoïste et pourtant chaque jour qui passe depuis le drame veut me convaincre du contraire. Tu aimes tellement chasser que j’en suis venu à me persuader que tu aimais davantage ces créatures démoniaques que tes propres fils. Tu ferais tout pour les chasser mais rien pour nous. Toutes les fois où je t’ai demandé quelque chose pour moi, que ce soit des trucs pour l’école ou pour des loisirs, tu ne faisais jamais attention tellement tu dédaignais ces choses indignes d’en parler. N’importe quel père aurait emmené ses enfants à un match de base-ball ou aurait été fier des notes que je rapportais mais non, seul un bon tir pouvait t’arracher un léger sourire et un compliment voilé. Tu n’es pas un véritable père. »

Cette avalanche m’avait presqu’autant blessé que Papa. Je ne participais pas activement à cette dispute mais ça me touchait autant, voire plus. Papa avait tellement pâli que je me demandais à chaque instant s’il n’allait pas s’écrouler sous le poids de ces insultes. Je n’en revenais pas que mon petit frère, mon Sammy, pouvait débiter autant de bêtises… Enfin, des bêtises, la moitié n’en était pas vraiment car après réflexion, je savais que quelque unes étaient méritées, sans toutefois que je n’eusse osé en murmurer une seule à notre père. Je regardais Sam comme je ne l’avais jamais regardé auparavant. Il paraissait presque soulagé d’avoir pu vider son sac mais aussi un peu secoué d’avoir osé le faire. Il dut penser alors qu’il devait aller jusqu’au bout de sa rébellion. D’un mouvement vif et rapide, il entassa toutes ses affaires dans ses deux sacs sans nous donner le temps de réagir. Puis, ayant fini, il regarda Papa d’un air décidé et furieux et lui jeta ces derniers mots :
« Je vais à l’université. C’est ma décision, je ne reviendrai pas dessus et pas la peine d’essayer de me faire changer d’avis. Adieu, John. »

Alors qu’il allait franchir le seuil de la porte de notre chambre de motel, Sam se retourna et me regarda d’un tout autre regard : de la peine, et du regret se lisait dans ses yeux tellement il semblait triste de me laisser derrière sans aucune explication que celles dirigées vers notre père. Mais ne pouvant me regarder trop longtemps sans provoquer une nouvelle crise, Sam sortit sans un regard envers Papa.
Quelques minutes s’écoulèrent sans qu’aucun de nous deux ne bougea, absolument tétanisés par ce départ inattendu. Alors Papa s’assit sur un des lits, toujours en silence, comme si toute parole n’avait pu transcrire ce qu’il ressentait. Aucune trace de larme ou de peine dans ses yeux, seulement de la colère. Ce silence était tellement oppressant qu’il y avait de la tension dans la chambre. Alors, je sortis, dans le fol espoir de trouver un Sam coupable quelques mètres plus loin. Malheureusement, seule la brise nocturne sembla me confirmer dans l’idée que Sam était parti. Il n’y avait absolument personne alentour. M’éloignant de la chambre qui me faisait maintenant horreur, je m’isolais dans un coin sombre et j’essayais de faire le point. Sam me manquait déjà tellement que j’en avais mal partout, c’était horrible. C’était comme si on m’avait arraché la moitié de mon corps et qu’un immense vide me cernait de part en part. Sam avait été tellement présent dans ma vie que son départ avait coïncidé avec la fin du monde pour moi. Tout alentour me paraissait vide, sans couleur, terne et sans joie. Sammy avait emporté avec lui tout ce qui comptait à mes yeux. Papa, la chasse, l’Impala, plus rien n’avait d’importance. Seul Sam savait réunir toutes ces choses pour en faire quelque chose de bien et maintenant, il était parti. Il avait sauvagement effacé tout ce que j’étais, mon identité, ma protection envers lui et me laissait plus seul que je ne l’avais jamais été. Je lui en voulus de m’avoir abandonné, et même si je comprenais un peu ses motivations, seuls la rancune et le désespoir restaient en moi. Sachant que personne ne me verrait, je ne pus m’empêcher de fondre en larmes, essayant de ne pas ébruiter mes sanglots.

Ce jour-là, mon cœur s’est arrêté de battre et ça, pendant deux ans…

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:29

Chasse à trois


Dans un vieil entrepôt, Dean et Sam Winchester étaient en train de chasser un démon de niveau supérieur qui leur avait donné du fil à retordre depuis de nombreuses semaines en se volatilisant à chaque fois qu’ils allaient le tuer. Ils étaient au aguets, prêts à tirer sur tout ce qui bougeait dans ce bâtiment normalement désert. Leurs balles en argent s’épuisaient à force de le traquer et ils ne voulaient pas retourner exprès chez Bobby pour en fabriquer de nouvelles. Il ne leur en restait que trois dans chacun de leurs pistolets.
Alors qu’ils tournaient un coin, ils faillirent abattre un homme qui se trouvait adossé au mur opposé, dans l’obscurité. Dean, méfiant et sur les nerfs, le plaqua contre le mur avec son arme :
« Qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
-N’ayez crainte, je ne suis pas le démon que vous cherchez, mes amis, répondit l’homme.
-Quoi ? Mais comment ça, quel démon ?dit Sam, surpris.
-Je connais l’existence des démons, esprits et créatures en tout genre, vous savez.
-Vous êtes aussi un chasseur ?lui demanda Dean, suspicieux.
-Euh…oui, en quelque sorte, je me considère comme tel.
-Comment vous appelez-vous ?
-Frepto, pour vous servir, messieurs Winchester !
-Mais comment vous nous connaissez ?
-De réputation bien sûr. Je vous ai tout de suite reconnu comme les deux frères Winchester, vous n’avez pas votre pareil ! Et puis, je savais que vous étiez en ville.
-Alors là, c’en est trop !dit alors Dean en tirant sa lampe torche et la pointant sur l’homme. »
Ce que virent les deux frères les ébahirent : Dean, après enlevé le chapeau de la tête de cet homme, découvrit alors, tout comme Sam, que Frepto était chauve avec le cuir chevelu violet, le crâne parsemé de quelques petites cornes par-ci, par-là. Même si le reste du visage était normal et anodin, ces détails choquaient.
« Tu n’es qu’une saleté de démon !s’exclama Dean, prêt à lui exploser la tête.
-Non, attendez ! Je ne suis pas le genre de démon que vous croyez !
-Ah bon ? Il y a plusieurs sortes de démons maintenant ? On fait dans la classification ?répondit Dean en souriant ironiquement.
-Je suis peut-être un démon, c’est vrai mais je suis un démon qui combat les autres démons, qui sont méchants. Moi, je n’ai pratiquement jamais fait de mal à personne !
-Attendez, intervint Sam. Que veut dire ce “pratiquement” et comment se fait-il que vous soyez de notre côté ?
-Ce n’est pas l’heure pour les longues histoires, messieurs mais je vais vous répondre. J’admire votre travail depuis longtemps. J’ai suivi les exploits de votre père depuis ses débuts et c’était un vrai héros pour moi. J’ai vraiment regretté de ne pouvoir assister à ses funérailles pour lui rendre un dernier hommage…
-Vraiment ?sourit Dean, satisfait. Vous admiriez notre père ?
-Mais oui, parfaitement. Et vous aussi par la même occasion. J’essaie d’aider à tuer les méchants démons du mieux possible.
-Quelle est votre histoire exactement ?demanda Sam. Faites-le nous en rapide car le temps presse.
-Je ne suis qu’un demi-démon. Mon père était un démon de niveau moyen qui a un jour violé une femme humaine, ma mère. Il m’a réclamé dès ma venue au monde et devant le refus de ma mère, il… il l’a tuée… Il a voulu m’éduquer en parfait démon mais il m’a obligé, encore enfant, à tuer un pauvre homme et ce meurtre m’a tellement secoué et attristé que j’ai juré de ne plus tuer aucun être humain. J’ai tenu ma promesse et je chasse les démons pour essayer de me racheter à cause de ce seul homme que j’ai lâchement tué…Voilà, vous savez tout…Le pire c’est que je ne passe pas inaperçu dans le monde des humains : j’ai voulu m’intégrer aux scouts, quand j’étais petit mais ils se sont enfuis en criant quand ils ont vus le dessus de ma tête… »
Il dit ces derniers mots, en baissant la tête et d’un ton tellement penaud et malheureux que le contraste avec son crâne était très décalé. Ainsi, Dean ne put s’empêcher d’éclater de rire en essayant de s’arrêter mais rien à faire. Il lui fallut un regard indigné et gêné de Sam ainsi qu’un bon coup sur le pied pour le calmer.
« Désolé, murmura Dean en essayant de ne pas regarder Frepto pour ne pas recommencer.
-Mais je vous en prie. C’est normal de rire ainsi, je suis pitoyable…
-Mais que faites-vous ici, Frepto ?demanda Sam. Vous savez quel démon est ici ?
-Oui, je le sais, c’est même moi qui ai donné l’information à Bobby Singer pour qu’il vous la transmette. Je suis ici pour vous aider à le tuer.
-Ok, soupira Dean, doutant de ses capacités. Mais vous pourriez être blessé, alors ne restez pas là. En plus, j’ai peur de changer d’avis en voulant vous tuer puisque vous êtes quand même un démon. Alors, à bientôt…
-Non, je dois rester. Ce démon va vous tuer et je ne veux pas que vous mourriez.
-C’est très gentil, dit Sam. Mais partez, on se débrouillera. »
Frepto opina alors tristement et partit en sens inverse, vers la sortie. Dean et Sam échangèrent un regard étonné mais soulagé et repartirent silencieusement sur les traces du démon, en espérant qu’il ne les avait pas entendus et qu’il n’était pas parti entre temps.

L’obscurité devint intense à l’intersection d’un couloir mais ils n’osèrent pas allumer leurs lampes torches, de peur de se dévoiler au démon, s’il se cachait dans cette obscurité. Avançant à tâtons, ils arrivèrent dans un cul de sac : pourtant ils trouvèrent quand même sur leur droite une porte à ouvrir en sentant une poignée. L’ouvrant à demi, ils furent interloqués de se trouver soudain en pleine lumière qui les aveugla totalement. Le démon qu’ils chassaient en profita pour les désarmer et les étaler. Alors que les deux frères, à terre, n’y voyaient toujours rien et que le démon allait les tuer avec un immense coutelas, Frepto intervint et se jeta sur le démon. Le démon voulut s’échapper, comme à son habitude mais ce fut impossible car le pouvoir démoniaque de Frepto était d’empêcher ses adversaires ou victimes de s’enfuir en les entourant d’une bulle savonneuse. Ce laps de temps permit à Dean et Sam de retrouver leur vue normale et de se réjouir du résultat obtenu par Frepto. Cependant, tandis que les deux frères s’apprêtaient à transpercer le démon de plusieurs balles en argent, Frepto, trop content de lui et de la satisfaction des deux frères, abaissa sa garde, et le démon se libéra et tua Frepto en lui rompant le cou. Il fut lui-même tué de plusieurs balles en argent l’instant d’après par les deux frères, ébahis et attristés.
Le jour suivant, Dean et Sam enterrèrent Frepto, près d’un arbre à côté de l’entrepôt.
« Adieu, toi que j’aurai surnommé Hornfunny1, commença Dean. Repose en paix, drôle de loir.
-Adieu, Frepto et merci, termina Sam. »

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(1) Hornfunny : en anglais, signifie “Corne amusante”


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Comment ça, un sixième sens ?


[Scène en question : https://www.youtube.com/watch?v=DbtJR6paYXk ]

Dean et Sam arpentaient les couloirs d’un hôpital dans lequel ils avaient rendu visite à une patiente qui venait d’échapper à un loup-garou. L’hôpital était très grand et ne faisant que de discuter, ils finirent par se perdre :
« Franchement, Sammy, tu exagères, je t’avais dit de prendre la première à gauche, reprocha Dean.
-C’est ça, comme si tu savais où on allait. C’est dingue, ça, on dirait qu’il n’y a pas un chat dans cet hôpital.
-On doit être dans un étage désert…et puis la nuit, il y a moins de monde…non, attends, j’entends quelqu’un parler à voix basse. Allons demander notre chemin.
-Ou faire ton curieux…remarqua Sam quand il vit Dean regarder par l’entrebâillement de la pièce. »
Les deux frères virent alors un petit garçon de huit ans allongé sur un lit, avec une couverture sur lui qu’il serrait étroitement, comme s’il avait affreusement peur de quelque chose. Un homme était assis à ses côtés et semblait l’écouter. Les frères entendirent des bribes de leur conversation, mais c’était surtout le garçon qui parlait. Quand ils entendirent qu’il allait dire à cet homme son secret, Sam amorça un mouvement de recul et voulut entraîner Dean mais celui-ci, trop attiré et curieux, dégagea son bras brusquement et écouta d’un peu plus près. Sam, se sentant coupable, ne put s’empêcher d’imiter son frère. Ils entendirent ceci, ce qui leur fit prêter particulièrement l’oreille, même à Sam :
« Je vois des gens qui sont morts, dit le petit garçon.
-En rêve, tu veux dire ?demanda l’homme mais n’obtenant qu’un non du garçon. Quand tu es éveillé ?reprit-il, faisant opiner le garçon. Tu vois des morts dans des tombes, des cercueils ?
-Non, répondit le garçon. Ils vont et ils viennent comme n’importe qui. Ils ne se voient pas entre eux. Ils ne voient que ce qu’ils ont envie de voir. Ils ne savent pas qu’ils sont morts.
-Et tu en vois souvent ?s’inquiéta l’homme.
-Tout le temps, répondit le garçon avec angoisse. Il y en a partout. Vous ne le direz à personne mon secret ? »

Dean et Sam se regardèrent alors, très surpris et s’éloignèrent silencieusement de la chambre pour ne pas se faire remarquer davantage.
« Alors là, ça m’en bouche un coin, remarqua Dean. Un jeune garçon capable de voir les esprits, c’est dingue.
-Oui, surtout qu’apparemment il les voit sans le vouloir, sans les chercher comme nous. C’est bizarre tout ce qu’il a dit à propos des morts qui se baladent comme nous mais aussi qu’ils ne se voient pas entre eux.
-Ben oui, ça ne marche pas comme ça pour nous. Tu…tu crois qu’on pourrait être comme lui et que personne d’autre que nous ne les verrait ?
-Mais non, voyons, arrête. Tu sais bien qu’on a sauvé des personnes qui les avaient très bien vus… Non, ce garçon croit être le seul à en voir alors qu’en fait tout le monde peut les voir à condition de savoir où regarder. Ou alors il peut aussi inventer ces visions de toutes pièces et qu’il ne soit vraiment capable de les voir. Parfois les enfants inventent de choses abracadabrantes, surtout s’ils ont un passé douloureux.
-Franchement, ça m’étonnerait qu’un enfant invente des choses aussi morbides, même pour se faire remarquer. Non, je crois qu’il en voit vraiment.
-Peut-être, Dean. Allons voir s’il a un dossier. »

Il n’y avait qu’une infirmière au bureau dont ils obtinrent sans difficulté, munis de leurs fausses plaques, le dossier du jeune garçon.
« Apparemment, il se nomme Cole Sear et serait sujet, selon les médecins, à des hallucinations et à de fréquents cauchemars, dit Sam en lisant en voix haute. Faut dire aussi, on le comprend pour un garçon de cet âge.
-Je chassais les esprits à son âge, pourtant, répondit Dean en haussant les épaules.
-Oui, mais lui ne sait pas ce qui tout ça veut dire et il est terrorisé, c’est normal. Il aurait dû être suivi par un psychologue du nom de Malcolm Crowe mais ça n’a pas abouti.
-Pourquoi ?
-Je l’ignore, peut-être que ça a quelque chose à voir avec sa vision des morts. Revenons au motel, je chercherai sur le net.
-Si tu trouves la sortie, sourit Dean.
-Je sais très bien me repérer dans un hôpital, Dean.
-C’est ça, dis ça à d’autres. Je vais demander plutôt à la belle infirmière qui n’attend que moi, dit Dean d’un sourire ravageur. »

Les frères finirent quand même par rentrer au motel et Sam, comme promis, chercha des informations sur le médecin.
« Dean, écoute ça, c’est incroyable, j’ai du mal à réaliser ce que je viens de lire.
-Vas-y…
-Le docteur Malcolm Crowe, psychologue pour enfants et décoré par le maire pour son dévouement auprès de ses jeunes patients, a trouvé la mort l’année dernière, à la suite d’un meurtre perpétué par l’un de ses anciens patients.
-Et qu’est-ce que je devrais trouver d’incroyable ?
-Regarde sa photo, dit simplement Sam en lui montrant l’écran.
-Non, ne me dis pas que c’est…
-Si, c’est bien le même homme qui se trouvait dans la chambre de Cole, à parler tranquillement avec lui, comme s’il était en simple séance.
-Comment ? On n’a jamais vu des esprits se comporter de cette manière.
-Non, jamais mais apparemment on vient de découvrir une nouvelle catégorie d’esprits.
-Pourquoi Cole les voit-il aussi jeune et pourquoi ne parlent-ils qu’à lui ?
-Je l’ignore, Dean. Mais souviens-toi de ce que Cole a dit à leur propos. Ils ignorent qu’ils sont morts, donc ils continuent à parcourir notre monde dans l’espoir que quelqu’un, sûrement Cole, les voit et communique avec eux, comme ce psychologue.
-Si c’est le cas, il en a du boulot, ce pauvre gosse… Je suppose qu’il aurait un don particulier, alors…
-Oui, on pourrait appeler ça un sixième sens…
-Comment ça, un sixième sens ? Nous, on l’aurait aussi, alors ?
-C’est différent, nous, on a été élevé comme ça par Papa.
-T’as raison, Sammy et je suis sûr qu’en plus, ces esprits ne voudraient pas s’adresser à nous et qu’à la fin, on aurait du mal à les voir. Seul lui est capable de communiquer avec ce genre d’esprits.
-Sans aucun doute.
-Eh bien, bon courage Cole, tu as du pain sur la planche, soupira Dean, rempli de compassion pour ce jeune garçon effrayé qui, somme toute, lui rappelait tellement Sam à cet âge. » Il aurait vraiment voulu protéger ce jeune garçon mais Cole devait apprendre par lui-même à se protéger de ces esprits et à communiquer avec eux pour les aider. Mais Dean sentit que Cole recevrait certainement une aide précieuse de la part de ce Malcolm Crowe car, même mort, ce psychologue l’aiderait à surmonter ses peurs, en étant lui-même la preuve ultime.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:31

Continuer à vivre


Je n’arrive pas à y croire et pourtant, c’est vrai…Dean vient de mourir…Les électrochocs des toubibs n’ont rien pu faire pour le ramener…Il nous a quitté…il m’a quitté.
Quand c’est arrivé, j’étais avec lui, à essayer de le rassurer même si je savais que l’ange de la mort le traquait. Je sais même pas s’il m’entendait ou pas mais je voulais le croire. Je n’avais pas entendu Papa arriver derrière mon dos et m’écouter en silence. Mais quand son cœur s’est arrêté de battre, j’ai entendu Papa murmurer derrière moi : “Non, Dean…”
Malheureusement, Dean ne semblait plus nous entendre, ni lui ni moi.

Mais pourquoi, Dean, pourquoi m’as-tu laissé tout seul ? T’as toujours fait partie de ma vie, même quand j’étais à Stanford, je te sentais prêt à venir à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Maintenant, tout ça, c’est fini…tu ne me rejoindras plus pour aucune chasse…tu ne conduiras plus la Chévy…
Tu me laisses avec Papa. Je me demande vraiment comment je vais faire pour m’entendre avec lui maintenant que tu n’es plus là pour te mettre entre nous…mais bon sang, Dean, pourquoi as-tu fichu le camp ?

Les heures passent et je suis toujours près de toi, comme si rien ne s’était passé. Je ne veux pas me séparer de toi et pourtant, les infirmières et un médecin viennent souvent pour essayer de me détacher de toi… J’ai toujours la sensation stupide que tu vas ouvrir les yeux comme si de rien n’était et me sortir une vanne. Qu’est-ce que je pouvais te rembarrer quand tu me sortais ce genre de choses et maintenant…maintenant j’aimerais tellement que tu me dises un seul mot, même un juron, ça m’est égal mais un seul pour réentendre le son de ta voix, voir ton sourire moqueur qui cache tant d’émotions et l’expression de tes yeux verts. Mais aucun geste, aucun son, rien…seulement le silence et la mort.
Je me demande combien de larmes notre corps peut contenir…j’en verse tellement, tu me traiterais de “bitch” mais je m’en fiche, je n’arrive pas à les retenir, c’est trop dur…Comment je me rendais pas compte à quel point je tenais à toi ? On avait retrouvé notre vraie relation fraternelle depuis que t’étais venu me chercher à Stanford. Ca avait été dur mais on était redevenu des frères, des vrais, comme quand on était gosses. Si tu savais à quel point j’aimais ça sans pourtant m’en rendre compte. On avait du mal à se supporter parfois, mais jamais je n’ai regretté d’être avec toi, non, jamais.

Papa vient de revenir du motel. Je ne sais pas ce qu’il y a foutu mais il est là. Il me regarde avec fermeté en évitant de te regarder et me dit que je dois te laisser partir, comme il l’a fait. Mais comment peut-il me dire ça ? Comment a-t-il pu t’abandonner ? Comment a-t-il pu te laisser mourir sans rien faire ? Quel père indigne laisserait son fils aîné mourir à cause d’un démon ? Je lui balance tout ça à la figure et il réagit au quart de tour en me reprochant de ne pas avoir fait non plus le nécessaire en tuant le démon aux yeux jaunes quand il était en lui. Le verre d’eau que Dean avait jeté par terre quand il était en esprit et qui avait interrompu cette même dispute n’intervient pourtant pas. Et on s’arrête à ce moment précis comme si on attendait qu’il arrive mais rien…seulement le silence et la mort.
Je sais que je devrais pas lui dire ça mais après quelques minutes d’attente, je lui balance que oui, j’aurai mieux faire de tuer le démon quand il le possédait et Dean serait vivant à l’heure qu’il est…sûrement en colère contre moi mais vivant. Que j’avais plus besoin de Dean que de lui et que j’ai fait le mauvais choix.
Je suis parti de la chambre après ça et de l’hôpital. J’ai marché à pied pendant des heures, les larmes de colère et de tristesse se mélangeant sur mon visage. Je me rends compte que c’est moche et même très moche ce que j’ai dit à mon père et pourtant, c’est fait et dommage pour lui mais je pensais chaque parole que j’ai dite. Je ne m’excuserai pas, ça non, qu’il n’y compte pas, je suis pas un hypocrite.
J’ai fini par rentrer alors que la nuit finissait. Papa était revenu au motel et ne m’a pas dit un seul mot. C’est seulement quand j’ai vu le bidon d’essence que j’ai compris qu’il voulait t’incinérer. Je m’y suis opposé aussitôt, je voulais trouver une solution pour le ramener, n’importe quoi. Il a seulement dit : « Je suis son père, c’est à moi de décider. » Que voulais-tu que je réponde à ça, Dean ? J’ai voulu lui montrer qu’il y aurait sûrement une solution, un pacte pour te ramener, quelque chose mais il m’a dit déjà avoir cherché et qu’il n’y avait rien. J’ai voulu l’arrêter mais il était plus fort que moi. Il m’a attendu dans la voiture et j’ai aperçu ton corps enveloppé à l’arrière. Durant tout le trajet jusqu’au petit bois, je n’osais pas regarder derrière moi et pas un mot ne fut dit : seulement le silence et la mort.

Durant ton incinération, l’aube se levait, et mes yeux ne parvenaient pas à se détacher du bûcher, les larmes menaçant pourtant de troubler ma vue. J’essayais de retenir mes sanglots, je ne voulais pas paraître faible devant lui et même devant toi…mais quand les flammes se sont pratiquement éteintes tout comme ton corps et que Papa est reparti au motel, je me suis effondré sur le sol et j’ai pleuré comme jamais je n’avais pleuré de ma vie…même à la mort de Jess, je m’étais senti plus fort, parce que tu étais à mes côtés, à me soutenir. Les sanglots ont débordé : je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer. Je me sentais redevenu un petit garçon qui n’avait plus personne pour le consoler, plus de grand frère pour le prendre dans ses bras et lui dire des mots de réconfort ou des blagues pour le faire sourire dans ses larmes. Seulement un père qui semblait tout en proie à sa vengeance et non à son deuil ou au soin du seul fils qui lui restait. Je suis resté longtemps effondré à sangloter, ne cessant pas de penser à toi, à tous nos souvenirs ensemble et à la perte immense que tu faisais dans ma vie. J’avais l’impression qu’une partie de moi, qu’une partie de mon cœur avait été arrachée en même temps que ta vie, comme un jumeau qui perd son frère et ne sait plus ni quoi penser ni quoi faire. Je détestais Papa, jamais je ne l’avais autant détesté.
A la fin, il a fallu que je me relève quand même. J’ai jeté un dernier regard au bûcher éteint et j’ai rejoint le motel. Papa était prêt à partir et m’attendait, le visage fermé. Ma décision était prise : je lui ai dit qu’il pouvait partir, que je ne partais avec lui mais qu’il devait me laisser l’Impala, Dean l’aurait voulu. Sans un mot, il a jeté les clefs sur l’un des lits et a fermé la porte sans se retourner.

Deux jours après, j’étais chez Bobby. Je chasse souvent seul, Bobby m’accompagne rarement. Je n’ai pas revu Papa depuis ce jour et je préfère comme ça. J’ai décidé malgré tout de continuer à vivre et j’ai bien fait. Trois mois se sont passés et Bobby a appris que Papa avait incinéré un autre corps à ta place, pour me donner aucun espoir. Le tien est enterré quelque part. Quand je t’aurais retrouvé, je te ramènerai, Dean, je te le promets…


*******************************************************************************

Déchirures


Il ne savait pas trop ce qu’il s’était passé tellement tout s’était passé si vite. Savoir que les pouvoirs de Sam avaient augmenté autant en son absence l’avait tout bonnement effrayé mais aussi mis dans une colère épouvantable. Jamais il ne s’était senti autant en colère contre son frère. Ce qui l’effrayait d’ailleurs… Ca lui rappelait péniblement la haine qu’il avait ressentie en enfer face aux autres âmes…
Seul dans sa voiture, roulant à pleins gaz, Dean se fichait éperdument de ce qui pouvait lui arriver. Le changement de Sam lui faisait tellement mal. Il sentait qu’il n’avait pas su le protéger et que même en enfer, il aurait du savoir…il aurait du sentir ce qui se passait sur terre avec cette p***** de Ruby qui manipulait son frère à tout va. Donnant un coup rageur sur le volant rien qu’à cette pensée, Dean fit dévier un peu la voiture de sa route mais peu importait…il préférait s’éloigner le plus possible de son frère, faire un break…c’est vrai, à être sans arrêt ensemble dans la même bagnole, la même chambre pourrie, à la fin, ça mettait les nerfs en pelotte…surtout quand l’autre osait raconter des mensonges gros comme une maison. Dean jeta un coup d’œil à son portable qui indiquait cinq appels manqués…Sam sûrement qui s’inquiétait. Il s’aperçut avec surprise qu’il était parti maintenant depuis deux heures alors qu’il n’aurait cru que ça faisait seulement dix minutes. Eh ben, c’était le contraire de l’enfer, ça…
Dean repensa alors aux dernières années passées avec Sam. Leur complicité. Leurs éclats de rire pour un rien. Des bagarres banales et stupides, autres que pour des mensonges ou des pouvoirs cachés. Le regard triste de Dean faillit se fondre dans des larmes mais il les retint rapidement, ne voulant pas faiblir, surtout en ce soir de veille de Noël, ça serait trop bête quand même. Il commença alors à regretter ses paroles…avoir traité Sam de monstre n’avait rien de très agréable tout de même. Bon, Sam lui avait bien reproché d’être une vraie lavette depuis son retour de l’enfer, c’est vrai mais il sentait que c’est lui qui y avait été le plus fort.
Prêt à prendre son portable, Dean s’aperçut à peine qu’il prenait inconsciemment un sentier à gauche de la route. Etrangement, les freins ne répondirent plus du tout quand il voulut freiner devant le précipice qui était devant lui.

Sam avait du user la moquette à force de marcher de long en large. Ca faisait presque deux heures que son frère avait passé la porte et il ne donnait toujours aucun signe de vie. Il était toujours furax…furax contre Dean qui ne répondait pas au téléphone mais aussi furax contre ce que son frère lui avait lancé à la figure. Un monstre…oui, il en était un, et alors ? Pas la peine d’en rajouter en lui disant…il en avait assez honte comme ça mais il l’avait assumé depuis le temps…Dean, lui, ne l’acceptait toujours pas et pourtant, il faudrait bien qu’il s’y fasse à son anormalité et ses pouvoirs. Il était jaloux, c’est tout…ben, oui, c’était peut-être l’explication après tout….Et puis non, pourquoi pensait-il ça ? Dean n’avait toujours voulu qu’une vie normale, pas de pouvoirs qui foutaient la trouille même à Lilith.
Bientôt, la colère dut cohabiter avec l’inquiétude, une folle inquiétude comme ça faisait longtemps qu’il n’en avait eu. Prenant son ordinateur, il pria pour que le portable de Dean ne soit pas tout à fait éteint pour le pister et le trouver…en un seul morceau si possible pour mieux lui botter le derrière.

Quand il ouvrit les yeux, Dean le regretta amèrement. Il sentait proche de lui une odeur de brûlé, de sang et un froid mortel était présent dans tout son corps. Il se félicita de n’avoir pas attaché sa ceinture, ça lui avait permis de sauter plus vite. Il avait sauté à temps de la voiture mais celle-ci n’avait pas eu sa chance…enfin, si on considérait qu’il avait de la chance. Elle était en train de brûler et une autre explosion vint confirmer que la vie de l’Impala s’achèverait ici, au milieu de nulle part…sous les yeux de celui qui l’avait le plus aimé.
Pourtant, Dean n’était pas encore prêt à se morfondre sur le sort de sa chérie. Il avait mal partout et tremblait des pieds à la tête, pris de fièvre. Son regard devenu trouble, avait du mal à fixer le sol. Allongé sur le ventre, il avait un goût du sang dans la bouche et avait l’impression que sa tête avait été fendue en deux. Son dos lui faisait tellement mal qu’il eut l’impression d’avoir la colonne brisée en deux. Il n’arrivait pas à se relever et il n’aimait pas ça du tout. Pourtant, il arrivait à bouger un pied, c’était déjà ça. Son thorax lui faisait aussi un mal de chien et il réalisa alors qu’il devait avoir un bout de ferraille de sa voiture rentré dans lui. Bon, ok, il aimait sa bagnole…ou plutôt il l’avait adoré…mais de là à fusionner avec elle, il fallait pas exagérer, tout de même… Réprimant un rire, Dean pensa à Sam qui devait être fou d’inquiétude. Et puis non, après tout, pensa-t-il…il n’avait qu’à rejoindre sa p***** de Ruby, elle le consolerait vite fait s’il repartait encore en enfer…Pourtant cette pensée lui arracha un haut-le-cœur tellement il avait peur d’y retourner. Il essaya de toutes ses forces de se retourner mais n’y parvint pas…cinq minutes après, ce fut fait violemment, mais pas grâce à lui. Réprimant un cri de douleur d’avoir été mis sur le dos, Dean aperçut, à travers un léger brouillard, un homme devant lui, tenant un couteau à la main. S’affolant à juste titre, Dean essaya quand même de tourner à la plaisanterie, malgré sa bouche pâteuse et engourdie :

« Eh, mec…j’espère que tu fais partie des secours sinon passe ton chemin, j’ai mieux à faire…
-Comme enterrer ta bagnole pourrie ?
-Par exemple…Mais…c’est toi qui m’a bousillé mes freins !comprit Dean.
-T’a pigé, bouffi. Mais puisque ton idiot de frangin n’est pas là pour m’expédier ad patres, on va voir ce qu’on peut faire ensemble, pour te redonner quelques souvenirs de l’enfer, ça te dit ? Il paraît que tu t’en sortais pas mal, là-bas…
-T’es qu’une sale ordure envoyée par Alastair, j’ai pas peur de toi…
-Ah non ? Pourtant j’ai suivi ses cours moi aussi et tu sais ce que ça veut dire sur mes compétences.
-T’aurais pu faire plus original que bousiller mes freins…
-Tu crois ? Je retiens, je ferai mieux pour ton frère, je te le promets. Pourtant je pensais que te bousiller toi et crever ta bagnole en même temps, ça faisait un joli spectacle.
-Tu te goures, ma bagnole prend seulement un coup de chaleur, rien de grave. Je l’ai retapée pour moins que ça.
-Ce n’est pas que je m’ennuie mais si on commençait ? Même si tu es déjà bien amoché…
-Va te faire foutre… »

Mais Dean ne put plus dire un mot de plus que le démon commençait à lui serrer le gorge. En même temps qu’il l’étranglait, il lui enfonçait son couteau dans différents endroits : le torse, le bras et même la gorge qu’il ne maintenait pas entièrement pour lui faire des incisions. Dean ne parvenait plus à crier, c’était au-delà de toute souffrance…Bien sûr, il avait connu pire en enfer mais tout de même, les souffrances terrestres étaient aussi très douloureuses. Dean croyait que ses artères allaient toutes se fendre pour laisser place à une douce hémorragie interne. Deux artères prirent ce chemin et Dean ressentit une incroyable chaleur sanguine se répandre partout en lui.
Le démon finit pourtant par relâcher sa torture. Dean entendit, comme s’il était à des kilomètres, la voix de son frère. Il sentit le démon s’agenouiller à terre et s’étrangler pendant que Sam le renvoyait en enfer. Dean était maintenant soulagé que le démon ne pourrait pas s’en prendre à Sam. Ses yeux à demi-fermés se fermèrent alors complètement, ses douleurs dans le corps et surtout le thorax l’épuisant. La fièvre et surtout l’hémorragie interne aggravèrent la situation puisque Dean se sentit happé par un tunnel sans lumière et sans fin.

Trois semaines plus tard, Sam était toujours au chevet de son frère. Dans le coma, Dean ne semblait pas vouloir se réveiller le moins du monde et les médecins ne donnaient pas cher de son réveil. Sam avait jeté Ruby comme une ordure quand elle était venue le voir le lendemain de l’accident, tellement il s’en voulait d’être à l’origine de tout ça et bien sûr, Ruby en faisait partie intégrante. Il ne l’avait plus revue depuis.
Castiel était passé aussi, deux fois. Il disait ne pas être en mesure de réveiller Dean, de faire un “miracle” mais même si Sam le croyait presque, il ne pouvait pas s’empêcher d’espérer qu’il jouerait un rôle dans le réveil de Dean. Que son frère reviendrait, non pour lui car il devait toujours lui en vouloir à mort mais pour sauver le monde. Sa dernière conversation avec Cas lui permettait d’espérer que Dean reviendrait à la raison, surtout quand l’ange lui avait promis de faire quelque chose. Le surlendemain de cette deuxième visite, les espérances de Sam furent comblées et un sourire vint enfin éclairer son visage, attristé depuis trois longues semaines.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:35

Départ




Au crépuscule, dans un lieu abandonné encore quelques heures avant, deux voix s’élevaient dans le silence de la nuit :

« Non, Bobby, tu m’en empêcheras pas !
-Dean, je te demande de rester là !
-Oh non, ne prends pas ce ton autoritaire avec moi comme si t’étais mon père !
-Et pourtant, je suis tout de ce qui te reste !
-Bobby, ne m’oblige pas à t’attacher, laisse-moi passer !
-S’il-te-plaît, Dean, ne fais pas ça, dit Bobby d’une voix brisée.
-Et que veux-tu que je fasse ? Je ne peux plus supporter de vivre, Bobby, essaie de me comprendre, dit Dean, détournant la tête.
-Tu crois vraiment qu’il aurait voulu ça ?demanda Bobby en pointant son doigt sur la pièce voisine.
-Le problème, Bobby, est qu’il ne peut plus le dire…Et même, c’est ma vie, j’en fais ce que je veux…et pour l’instant, je le sais très bien…je peux pas vivre sans lui, dit-il, les yeux prêts à se remplir de larmes.
-Et t’as pensé un peu à moi ?
-Quoi, toi ?
-Tu es tout ce qui me reste…je n’ai plus personne, Dean…tu es comme mon fils…comment veux-tu que je supporte ça alors que je l’ai déjà perdu lui ?
-Je sais pas, Bobby…t’as été comme un père aussi mais Sam était tout pour moi…absolument tout…
-Et t’as pensé aux conséquences ?
-Quelles conséquences ? Voyons, Bobby, je me fous de tout…ça fait des jours que je vis comme un zombie, tu l’as dit toi-même hier…tu crois peut-être que je vais reprendre la chasse comme si de rien n’était ? La vengeance a peut-être servi à Papa pour chasser et puis il nous avait nous…mais moi, je peux plus, j’en ai assez…y a que Sammy qui me faisait encore tenir sur cette route de malheur…maintenant, c’est fini…
-Dean, non, arrête…supplia Bobby.
-C’est pourtant comme ça, tu ne pourras rien changer. Et n’essaie pas de m’assommer ou de m’attacher comme tu le penses, je le ferai quand même après…tu le sais…mais merci, Bobby…merci pour tout…tu as été le meilleur et tu dois pas t’en vouloir pour ça, tu n’y peux rien…tout est de ma faute, j’ai pas su protéger Sammy, c’est tout…Adieu, Bobby… »

Après une tape sur l’épaule de son ami, Dean le dépassa et sortit de la petite cabane, le teint pâle, les yeux gonflés par les pleurs, la démarche chancelante. Juste avant de sortir, il avait jeté un dernier coup d’œil, une dernière fois, dans la pièce d’à-côté, un léger sourire de désespoir aux lèvres.
Prenant sa voiture, il conduisit jusqu’au plus grand ravin de la région, ignorant les appels répétés sur son portable. Arrivé là-bas, il sourit et expira longuement :
« J’arrive, Sammy, garde-moi une place… »
Un crissement de pneus…une explosion…puis, le trou noir…


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Deux nouveaux Lone Gunmen


Crossover avec X-Files : l’action se déroule à la fin de la saison 2 de Supernatural et après la dernière saison d’X-Files.


Les deux frères Winchester avaient roulé toute la nuit pour arriver le lendemain à Anthem en Arizona. Ils s’étaient relayés pour conduire mais il n’empêche que ce fut avec des cernes qu’ils débarquèrent à Anthem vers quatre heures du matin. Ils s’empressèrent alors de prendre une chambre pour se réveiller frais et dispos quelques heures après.
« Alors, Dean, rappelle-moi ce qu’on a sur cette ville, j’ai trop mal aux yeux pour le relire, demanda Sam, quand ils furent réveillés.
-Evidemment que tu as mal aux yeux, il fallait les fermer cette nuit, ironisa Dean.
-Ah, tu peux rire, cette voiture ne m’aurait pas autant éclairé en face de nous sur la route, ça m’aurait aidé.
-Bon, alors, on a plusieurs décès inexpliqués dans la même famille, chez les frères, sœurs, parents ou cousins. A chaque fois, c’est le même schéma.
-Combien y a-t-il eu de décès jusqu’à maintenant ?
-Cinq. La dernière victime, un homme, frère de l’avant-dernière victime, a été retrouvée mort il y a trois jours, chez lui, les yeux ouverts avec un air horrifié. Sauf que personne n’a pu retrouver le moindre indice conduisant à un meurtre. A part l’air horrifié, la personne semble mourir de crise cardiaque, tout simplement. C’est bizarre tout ça.
-Bon, viens, on va aller voir ça, dit Sam, intrigué lui aussi. »
Ils allèrent alors à la maison de la victime de la veille où déjà beaucoup de voitures de police partaient.
« Pourquoi partent-ils déjà, à ton avis ?demanda Sam.
-Sûrement parce qu’ils pensent à la thèse de la crise cardiaque pure et simple. Mais ça va nous simplifier la vie. Regarde, ajouta Dean cinq minutes plus tard, il n’y a plus qu’un seul flic qui surveille tranquillement la maison en lisant son journal. »
Avec un sourire, Dean sortit en même temps que Sam sa carte du FBI : ayant endossé une fois de plus leurs costumes, ils paraissaient bien sûr crédibles. Ils entrèrent sans aucun problème dans la maison et commencèrent à examiner les lieux, munis de leur détecteur, quand ils entendirent une porte se refermer doucement derrière la maison. Aux aguets, ils se regardèrent méfiants et Dean cacha son EMF. Ils allèrent voir dans la pièce d’à côté ce qui avait causé ce bruit mais furent surpris d’être presque assommés par deux personnes, cachées dans l’ombre.
« C’est bon, ils n’ont pas d’armes, dit un homme à l’autre personne, après les avoir rapidement fouillé. »
C’est alors que Dean et Sam virent leurs deux attaquants. C’était un homme aux cheveux châtains d’une quarantaine d’années et une femme, assez menue aux cheveux roux.
« Tu as vérifié leurs cous aussi ?demanda la femme.
-Bien sûr, pour qui tu me prends ?
-Attendez, qui êtes-vous ?demanda Sam, surpris.
-Nous ferions de ne pas vous dire qui nous sommes mais vous, vous ne paraissez pas être du FBI malgré vos badges et d’ailleurs je ne vous y ai jamais vu, dit l’homme en regardant leurs badges avec suspicion.
-Parce que vous, vous êtes du FBI ?demanda Sam, légèrement affolé.
-En fait, non, plus maintenant, répondit la femme.
-Mais je vous reconnais ! s’exclama soudain Dean en souriant, comme s’il ne croyait pas à ce qu’il voyait. Vous êtes les légendaires Mulder et Scully des affaires non-classées !
-Légendaires ?demanda Scully, surprise.
-Dean, tu peux m’expliquer ?demanda Sam, perdu lui aussi.
-C’est ça, je ne me trompe pas ?demanda Dean, éludant les deux questions.
-En effet, répondit Mulder en souriant largement, c’est bien nous. Mais comment est-ce que vous nous connaissez et pourquoi sommes-nous « légendaires » ?
-Je vous explique, répondit Dean en s’asseyant sur une chaise, tout excité. Mon frère et moi, on chasse depuis toujours des esprits, des démons et des créatures surnaturelles. Notre père nous a tout appris mais il m’a un jour raconté aussi qu’au sous-sol du FBI, il admirait deux agents qui y travaillaient et qui enquêtaient sur des affaires non-classées, surnaturelles quoi. Il m’a dit qu’ils s’appelaient les agents Fox Mulder et Dana Scully. Il m’a dit qu’ils encouraient pas mal de divers dangers et que pour tout ce qu’ils faisaient, ils les admiraient car ils ne faisaient pas ça comme nous, dans l’ombre mais dans la lumière. J’ai pensé que c’était plus une histoire qu’autre chose et que vous n’existiez pas mais il avait raison, vous êtes devant moi, finit Dean, ébahi.
-Tu ne m’avais jamais raconté tout ça, dit Sam, surpris.
-Evidemment, tu ne t’intéressais à rien de ce que disait Papa.
-Mais attendez, dit Sam aux deux ex-agents. Pourquoi dans ce cas, n’êtes-vous plus au FBI ?
-Si je vous disais qu’on a été victime d’un complot gouvernemental infesté d’aliens, me croiriez-vous ?demanda Mulder.
-Oh…en fait…dit Sam, surpris.
-Moi, oui, tout de suite, répliqua Dean avec un grand sourire. Je sais que vous avez toute crédibilité parce que notre père vous admirait et quand notre père admirait quelqu’un, il fallait que ce soit pour pas mal de raisons. Alors oui, je vous crois. Mais pourquoi avez-vous regardé nos cous ?
-Tout simplement, répondit Scully, parce qu’il y a des aliens qui sont reconvertis en humains et que la seule façon de voir si vous êtes humain ou non est de regarder vos cous. »
Cette révélation fut suivie d’un silence un peu gêné où tous les quatre ne savaient plus quoi dire. Mais Scully, après avoir regardé les deux frères, dit soudain en réfléchissant :
« Mais pourriez-vous nous dire vos noms puisque vous connaissez les nôtres ?
-Bien sûr, répondit Dean en souriant. Je suis Dean Winchester et voici mon frère Sam.
-Et vous chassez des créatures surnaturelles ?demanda Mulder, surpris.
-En effet.
-Mais si je ne me trompe, dit Scully méfiante, j’ai l’impression que le mois dernier, ce sont vos avis de recherches que j’ai aperçu sur internet. Des mandats d’arrêt concernaient des vols, des viols de sépulture mais aussi des meurtres. Tout ça fait-il vraiment partie de votre travail ?
-Scully, tu devrais quand même leur laisser…commença Mulder, ennuyé.
-Non, désolée, il faut que je sache.
-Très bien, répondit Sam. Alors je vais vous dire. Quand on chasse un démon ou un esprit, on est obligé d’employer souvent la force ou la ruse pour arriver le tuer et malheureusement on commet quelques délits. Les vols, peut-être, mais les viols de sépulture quand il s’agit de mauvais esprits, là, pas vraiment ; quant aux meurtres, c’est complètement faux, c’était des changeurs de forme et…
-Quoi ?interrompit Mulder. Vous en avez vraiment affronté ?
-Oui, pourquoi, répondit Sam.
-Wouah…Je ne pensais pas qu’on arriverait encore à en voir de nos jours, voilà tout, dit Mulder. Ca devait être assez excitant comme chasse, non ?
-Oui, sauf jusqu’à ce que l’un d’entre eux prenne votre apparence et vous fasse passer pour un criminel, autrement ça baigne, répondit Dean avec une grimace.
-Oh, désolé, répondit Mulder, je ne savais pas.
-Pas grave, répondit Dean. Mais j’espère que vous êtes rassurés sur nous, maintenant ?
-Tout à fait et je suis navrée de vous avoir suspecté, répondit Scully avec un sourire d’excuse.
-Et que faites-vous, ici, les gars ?demanda Mulder.
-Eh bien, ça se voit, non ? Comme vous, je suppose. Les cinq décès de cette famille nous ont semblé louches et surnaturels, répondit Sam.
-En effet, répondit Mulder. Même si on n’est plus du FBI, on veut tout de même enquêter sur des affaires non-classées, c’est comme une vieille habitude dont on n’arrive pas à se débarrasser…
-Parle pour toi, répondit Scully avec une petite moue de désapprobation. »
Mais alors que Dean souriait en constatant leur désaccord à ce sujet, ils entendirent des flics entrer dans la maison. Ils réussirent chacun de leur côté, à partir par la porte de derrière, en se faisant un bref signe de la main.
Les deux frères rejoignirent leur motel et firent des recherches mais rien n’était concluant :
« Je ne vois pas ce qui pourrait relier ces cinq morts, dit Sam, en lâchant son ordinateur de découragement.
-Oui, c’est étrange. Ils sont tous les cinq différents. Il est certain que ça ne vienne pas du lieu. Peut-être est-ce un esprit vengeur, pourquoi pas ?
-Non, j’ai regardé. Aucune meurtre, suicide ou décès bizarre avant ces cinq-là.
-Tu crois que Mulder et Scully en sauraient plus ?demanda Dean.
-Je n’en sais rien. Et d’ailleurs je suis surpris qu’ils enquêtaient sur de telles affaires au FBI et que Papa en ait eu connaissance. Et de toute façon on n’a pas leur numéro. »
Et alors qu’ils terminaient ces mots, on frappa à leur porte. Méfiants et craignant une trahison des deux ex-agents auprès de la police, ils ouvrirent quand même : ils découvrirent Mulder et Scully, souriants :
« Alors, vous ne nous faites pas entrer ?demanda Mulder, souriant devant leur air ébahi.
-Mais comment vous nous avez trouvé ?demanda Dean en leur laissant la place pour entrer.
-Tout simplement parce qu’on est dans le même motel que vous et qu’on vous a vu à travers votre fenêtre, répondit Scully. Bon, alors, vous avez avancé sur cette affaire ?
-Non, pas vraiment, répondit Sam. On ne voit pas ce qui relie ces meurtres.
-Eh bien, on vient pour vous aider : en faisant équipe, on réussira davantage à percer ce mystère, dit Mulder.
-Et qu’avez-vous découvert ?demanda Dean.
-On est là depuis le troisième meurtre, en fait, répondit Scully. Comme vous, Mulder a éliminé le rapport au lieu ou à un décès antérieur inexpliqué.
-Puis, dit Mulder, on a découvert autre chose : toutes les personnes, jusqu’à la cinquième, a commis avant sa mort au moins un péché capital. La première en a commis un, la deuxième, deux, la troisième, trois et ainsi de suite. Et ils sont morts chacun à une semaine d’écart.
-Vous voulez dire que ça se terminera à sept victimes où la septième commettra sept péchés capitaux ?demanda Sam, surpris.
-Exactement, répondit Mulder. Mais on doit éviter que ça se produise à tout prix car si ça arrive, les sept péchés se répartiront sur le monde entier en augmentant démesurément tous les péchés déjà existants.
-Oui, ça serait effectivement embêtant, constata Dean. Mais ces péchés doivent bien être reliés à quelque chose ou quelqu’un. Un démon les contrôle peut-être.
-C’est possible, on n’a pas réussi encore à déterminer ce point-là.
-Mais attendez…répondit Dean. Ca me rappelle quelque chose. Les péchés pourraient tout simplement se transmettre, non ?
-Que voulez-vous dire ?demanda Scully.
-Mais oui, comme dans cette affaire de tableau hanté l’année dernière, répondit Sam. En fait, les péchés pourraient être enfermés dans des objets qui passeraient de personne à personne.
-Est-ce que chacune des victimes avait reçu l’héritage de la précédente victime chez elle avant sa mort ?demanda Dean.
-Oui, en effet, répondit Mulder. Donc chaque péché serait enfermé dans l’objet qui lui correspondrait, n’est-ce pas ?
-Oui, je pense, répondit Sam. Mais il faudrait qu’il y ait eu au moins sept objets de transmis et que ce soit les mêmes.
-J’avais noté, répondit Scully, que les cinq victimes étaient très attachées aux affaires de leur famille et les objets étaient transmis à la personne la plus proche, qui mourrait à son tour et ainsi de suite.
-Bon, eh bien, on n’a plus qu’à saisir les dits objets et à les brûler, répondit Dean avec un grand sourire.
-Les brûler ?demanda Mulder, surpris.
-Oui, on ajoutera même du sel pour être sûr mais il faut d’abord saisir tout ce qui va être transmis au sixième larron et on n’a plus que trois jours pour cela.
-Vous avez des méthodes peu communes, vous savez, remarqua Mulder.
-C’est parce qu’on est uniques, voilà tout, répondit Dean en souriant. Enfin, plutôt moi seulement, pas lui, rectifia-t-il en montrant Sam. »
Deux heures plus tard, les deux frères réussirent à réunir tous les objets laissés par la cinquième victime dans un entrepôt grâce à leurs cartes du FBI. Mais ça faisait beaucoup d’objets en tout genre. Ils appelèrent alors Mulder et Scully pour les aider à y voir plus clair.
« J’ai apporté l’inventaire des objets des cinq victimes pour faire des regroupements entre ce qu’ils avaient et ce qu’ils avaient reçu, dit Scully.
-Bon, et bien, bonne chasse à tous, dit Mulder, légèrement découragé en voyant la somme des objets à examiner. »
Cinq heures après, c’est épuisé que les deux duos regroupèrent leurs objets suspects. Mais ça faisait encore une cinquantaine d’objets :
« Bon, et comment différencier les objets de péchés des objets normaux ?demanda Scully en formulant à voix haute les pensées des trois autres.
-Aucune idée, répondit Sam.
-Allez, hop, pourquoi s’embêter, dit soudain Dean. On va tout brûler !
-Quoi ?dirent de concert ces compagnons.
-Ben oui, comme ça, aucun doute possible et économie de temps aussi. »
Personne n’arriva à trouver de meilleure manière de procéder car même après les avoir tous examiné, rien ne montrait en quoique ce soit une apparence de péché. Alors tombant d’accord avec l’idée expéditive de Dean, ils firent attention de ne pas être vu et de trouver un coin tranquille. Arrosant de sel, puis d’essence, ils mirent le feu au tas d’objets en espérant que ça mettrait fin aux péchés enfouis. A bout de quelques minutes, des cris s’élevèrent des flammes qui prirent différentes couleurs formant des lettres. Ils purent distinguer dans un léger brouillard chaque première lettre des sept péchés. Attendant que plus rien ne reste à part des cendres, ils partirent enfin sans bruit du hangar.
Mais ils préférèrent attendre quand même les derniers jours pour voir si au bout de la semaine écoulée, il y aurait une sixième victime. Ce fut alors avec plaisir et décontraction qu’ils s’échangeaient des récits sur leurs affaires, se renseignaient sur des légendes diverses ou qu’en catimini, Dean faisait le récit à Mulder de pas mal de ses conquêtes et que Mulder en échange lui donnait des trucs de séduction dus à l’expérience.
Mais ce fut avec surprise que le lendemain du septième jour, qu’ils entendirent qu’un sixième décès avait eu lieu dans cette famille.
« Mais qu’est-ce qui a bien pu nous échapper, bon sang ?s’énerva Dean.
-Peut-être que tous les objets n’étaient pas dans l’entrepôt, dit Mulder en réfléchissant.
-Ou que cela ne vient pas des objets seulement mais d’une personne en plus, ajouta Scully.
-Attendez, dit Sam en écrivant des lettres. Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai vu que six lettres dans les flammes, et non sept. »
Les trois autres réfléchirent et tombèrent sur la même conclusion.
« Le petit manquant est le O : donc l’Orgueil, dit Scully. Mais difficile de savoir où il se cache.
-Je sais, dit soudain Mulder après quelques minutes. Le testament…
-Le testament ?demanda Scully.
-Oui, continua Mulder, je me souviens avoir lu que cette famille avait fait, ce qui est très rare, un testament commun, tellement ils se croyaient exceptionnels. C’est la preuve par excellence de leur péché : ils y ont inscrit ce qu’ils étaient.
-Mais oui, évidemment, dit Sam, et comme le testament a été finalisé une semaine avant le premier décès, ça correspond.
-Reste à savoir comment on va pouvoir se le procurer pour le brûler. Ca risque d’être difficile à expliquer, dit Scully. »
Mais Dean, sortant son couteau, lui fit un grand sourire. Une fois que les deux ex-agents eurent compris que les deux frères entraient souvent par effraction dans les maisons, Mulder décida de les accompagner la nuit suivante chez le notaire, contrairement à Scully, très réticente à cette idée et préférant rester au motel. Ce fut presque un jeu d’enfant et leur doute fut confirmé quand quelques minutes après avoir commencé à le brûler, un grand « O » s’éleva des flammes. Soulagés, ils rentrèrent au motel et se quittèrent :
« Ce fut un très grand plaisir de travailler avec vous, les gars, dit Mulder en leur serrant la main. Je ne pensais pas, mais j’ai appris pas mal de choses de vous.
-Vraiment ?s’exclama Dean, surpris et heureux.
-Oui, et d’ailleurs vous m’avez rappelé un peu trois amis que j’avais et qui étaient un peu, disons…pittoresques, sourit Mulder en pensant tristement aux Lone Gunmen, décédés.
-Merci alors, répondit Sam.
-Oui, ça a été un honneur de travailler avec vous deux, je n’oublierai jamais, dit alors Dean à son tour.
-Faites attention à vous, dit Scully.
-A vous aussi, répondit Sam. »
Et avec un sourire, ils se quittèrent pour ne plus se revoir. Et bien sûr, il n’y eut pas de septième victime.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:38

Espoir ?


Une scène d’apocalypse s’étendait devant leurs yeux. Des maisons incendiées, en ruines mais encore fumantes, des corps étendus un peu partout, du sang remplaçant presque la fine pluie s’abattant sur les rescapés et une légère brise glaciale qui venait vous paralyser le cœur si ce spectacle horrifiant ne l’avait pas encore fait.
Jamais ils n’auraient pu croire que ça aurait tourné aussi mal et pourtant c’était le cas.
Ils auraient pu empêcher l’inévitable s’ils y étaient pris à temps et avaient utilisé leur méthode habituelle mais allez écouter certains anges qui vous diront le contraire et ça donnera ce résultat épouvantable…

Avec lenteur alors qu’il aurait voulu aller vite, Sam se dirigea vers Bobby sous plusieurs poutres écroulées sur lui. Finalement, il réussit à arriver à destination et parvint au bout de dizaines de minutes interminables à dégager Bobby qui reprit enfin sa respiration et ouvrit les yeux. Sans un mot, Bobby se contenta de regarder le désastre qui s’étendait autour de lui tout en jetant un regard de détresse à son jeune ami.
« Où est Dean ?
-…
-Sam, réponds-moi !
-Je ne sais pas, Bobby, répondit Sam en gardant les yeux à terre, je n’ai pas réussi encore à la trouver, on a été séparé quand il y a eu cette rafale de flammes. Tout est tellement confus et en ruines que je ne le voie nulle part. J’ai peur qu’il…
-Non, ne dis pas, il est forcément près d’ici. Aide-moi à me relever, on va le chercher ensemble.
-Mais Bobby, tu n’es pas en état de marcher… »
Mais au grand étonnement de Sam, Bobby se releva : avec du mal, c’est vrai mais il put tenir sur ses jambes.
« On ne peut pas se permettre de le perdre encore une fois, dit-il en regardant Sam, visiblement troublé. Alors, viens, il doit nous chercher aussi. »

S’entama alors une longue marche parmi les débris et les morts. D’autres personnes et d’autres chasseurs recherchaient leurs amis ou les leurs. Des cris, des appels, des pleurs s’entendaient un peu partout, laissant des frissons le long de la nuque. Pendant des heures, ils durent errer sur plusieurs kilomètres, le désespoir les gagnant davantage.
Finalement, une main familière attira l’attention de Sam : une bague connue figurait à l’un des doigts. Sam s’y précipita, suivi de Bobby. Des tas de débris recouvrait totalement le reste du corps. A deux, ils réussirent à soulever ce poids mais ils durent s’y reprendre à plusieurs fois.
Dean était sur le ventre, son visage recouvert de sang, comme une partie de son corps. Il ne bougeait plus du tout. Sam le retourna et chercha son pouls qu’il ne sentit plus. Il entama alors un massage cardiaque et un bouche-à-bouche :
« Dean, réveille-toi, bon sang, ne me laisse pas, pas encore !! Je te l’interdis ! Reviens !
-Sam…dit Bobby après plusieurs minutes.
-Non, je ne t’abandonnerai pas, plus jamais…continua Sam.
-Ce n’est pas comme la dernière fois, Sam, tu le sais, Dean n’ira pas…
-M’en fout ! Dean, ramène tes fesses ici ! »

Alors que Sam abandonnait le massage, totalement épuisé et en larmes, un toussotement roque le fit regarder hébété le visage à ses pieds.
« Dean ?s’écria Sam, fou de joie.
-Arrête de hurler, je t’entends…toussota Dean.
-C’est un miracle, murmura Bobby, interloqué.
-Si c’est un miracle, Sam devrait s’appeler autrement, comme Jésus, sourit Dean en ouvrant les yeux. On a réussi ou pas ?
-Ouais…enfin, à moitié, dit Bobby en s’asseyant près des frères.
-Mais le monde est encore là, dit Sam. Qu’est-ce qui s’est passé pour toi, Dean ?
-Je vais faire court avec ma poitrine en compote…mais le dernier sceau était presque brisé, ces p****** de démons et de revenants se sont fait avoir en beauté quand j’ai tout brûlé avec du sel et une belle formule en latin apprise par cœur grâce à mon cerveau super intelligent. Ils étaient furax et m’ont envoyé trop tard valser qu’ils étaient déjà ad patres…ou plutôt ad infernam…
-Mais t’as pas été trop amoché quand Lilith a envoyé sa rafale de flammes et t’a envoyé aussi loin ?
-Si tu ressentais les brûlures que j’ai au dos, tu ne poserais même pas cette foutue question, grimaça Dean.
-Désolé…on va essayer de te soigner comme on va pouvoir.
-Et vous deux ?
-Ben moi, dit Bobby, j’ai affronté des acolytes de Lilith qui m’ont donné du fil à retordre.
-Et toi, Sammy ?
-J’ai combattu Lilith…elle n’a pas voulu fuir, cette fois, elle savait que c’était la fin et comptait sur son pote Lucifer pour me tuer mais je l’ai prise d’avance…j’ai utilisé mes pouvoirs sur elle et elle a fait pareil. Mais comme tu vois, les miens ont été les plus forts.
-Elle est morte ?demanda Dean en essayant de se relever avec douleur.
-Ouais…et avec beauté. Je ne l’ai pas seulement envoyée en enfer mais je l’ai tuée carrément.
-Comme avec le Colt ?demanda Bobby.
-C’est ça. Ca a fait une belle explosion mais l’effet final était bien le même qu’avec le Colt ou le couteau de Ruby.
-Waoh…commenta Dean. Alors, c’est fini ? On a gagné ?
-Mais Dean, ça veut surtout dire que tu es libre…ton âme t’appartient entièrement, tu ne risques plus d’y retourner !
-T’es sûr ?demanda Dean, troublé.
-Mais oui, bien sûr, vu que c’est Lilith qui avait ton âme et qu’elle est morte, tu es libre !
-Tu te sens différent ?demanda Bobby.
-Parce que tu crois qu’avant je sentais la différence ?
-Son âme n’est plus damnée, dit une quatrième voix
-Castiel !
-Alors, c’est sûr ?demanda Dean, angoissé.
-C’est certain, Dean, ton âme est redevenue comme avant. Maintenant tes actions détermineront où tu iras, il te reste des chances de ne pas y aller, c’est ton futur qui le dira, comme c’est exactement le cas pour vous deux Sam et Bobby.
-Pourquoi tu n’étais pas là pendant la bataille ?reprocha Sam.
-Tu crois peut-être que je me tournais les pouces, que je restais à vous observer tranquille dans mon coin ?
-C’est exactement ce que je crois.
-Alors, Sam, tu me connais mal. Je suis avant tout un ange guerrier, je combattais sur un plan que ne peuvent connaître les humains.
-Comment ça, un autre plan ?demanda Dean, en toussant encore et crachant du sang. Lilith et le dernier sceau étaient là et pas ailleurs.
-Vous ne pouvez pas comprendre, j’en suis navré mais vous allez peut-être vous rendre compte en sachant que beaucoup de mes frères ont péri là-bas et que je suis le seul rescapé.
-T’es le dernier ange ? C’est pas possible !s’étonna Dean en même temps que Sam et Bobby.
-J’aimerais en dire autant mais c’est pourtant le cas. Je les ai tous vu et ressenti mourir, même Uriel et Anna ne sont plus…L’avenir va être difficile à assurer pour tenir la balance du côté du Bien avec autant de pertes.
-Désolé, Cas…murmura Dean.
-Ouais, désolé, on savait pas, dit Sam.
-Mais comment vous allez faire tout seul ?demanda Bobby, inquiet.
-Vous pouvez recruter de nouveaux anges guerriers ?demanda Dean.
-On ne recrute pas Dean, dit Castiel avec un demi-sourire à cette idée. Jamais on ne remplace littéralement un ange mort…mais ça ne vous regarde plus. Lilith est morte, ton âme libérée, l’apocalypse évitée et Lucifer resté dans sa prison. Je n’aurai plus la nécessité de venir vous voir désormais.
-C’est un adieu, alors ?demanda Dean.
-Une dernière chose, quand même, dit Sam. Jamais vous n’auriez pas du, toi et les autres, m’empêcher d’utiliser mes pouvoirs. Ils m’ont servi à empêcher le pire et à tuer Lilith, on aurait pu éviter ce massacre…
-Je sais, Sam mais ton âme, comment va-t-elle ?
-Quoi ? Je comprends pas…
-Tu comprendras un jour mais des pouvoirs de démon, même au service du Bien, ne sont jamais les bienvenus, souviens-t-en…Bonne chance à tous les trois et ne m’obligez pas à intervenir contre vous, je le ferais à contrecœur mais je le ferais. »

Castiel disparut alors et cette fois-ci définitivement, laissant les trois chasseurs plus pensifs qu’autre chose.
Sam et Bobby emmenèrent Dean dans un reste d’hôpital, celui-ci s’étant évanoui à force de souffrir et d’étouffer. Avec les moyens qui restaient, le médecin qui n’était en fait qu’interne, réussit à le soigner mais seulement partiellement, détectant un mal incurable aux poumons qui le ferait avoir des quintes de toux assez graves mais non mortelles. Ses brûlures au dos furent plus graves que Sam ne l’avait pensé, étant au deuxième degré profond mais selon l’interne, si Dean était raisonnable durant de longs mois avec une crème et des piqûres, il ne souffrirait pas trop et guérirait en partie.
Bobby n’eut que quelques côtes cassées et une jambe cassée. Quant à Sam, ses quelques bleus lui faisaient honte face à la gravité dont souffrait son frère. Mais il ne dit rien, se contentant de penser et repenser aux paroles de Castiel sur l’intégrité de son âme. Au moins, personne ne pourrait plus lui reprocher de se battre aux côtés d’un démon maintenant que Ruby avait eu droit à un aller simple en enfer par Lilith.

Les frères ne purent reprendre le cours de leur vie avec les blessures de Dean. Sam loua alors un appartement où ils pourraient se reposer pendant pas mal de temps et soigner Dean qui, pour une fois, ne refusait pas le traitement qu’on lui donnait, montrant l’étendue de ses douleurs. Dean lui parla plusieurs fois de reprendre tous deux une vie normale, sans chasses, sans démons, maintenant que son âme était hors de danger ainsi que le monde. Mais à chaque fois, Sam restait silencieux et Dean en parlait sans conviction. Ses quintes de toux se terminaient souvent par des crachements de sang mais progressivement, elles s’espacèrent même si elles étaient toujours là. Sam se renseignait sur des chasses mais aussi se documentait sur le salut des âmes en secret de Dean. Il fournissait souvent des renseignements à distance à Bobby et à quelques chasseurs qu’ils avaient connus lors de la bataille. Finalement, il ne tint plus en place et alla chasser sur place quand Dean put tenir hors d’un lit. Il croyait que Dean l’enviait de sortir chasser mais en vérité, Dean l’enviait surtout de sortir et non de chasser. Il savait qu’il reprendrait un jour la chasse, tout le lui criait en lui mais il n’avait plus cette envie qu’il avait tant éprouvée par le passé. Il se sentait obligé, c’est tout.
Et puis, il fallait reconstruire ce monde qui avait été amputé de plusieurs millions d’êtres humains lors des derniers sceaux. L’espoir n’était pas totalement perdu totalement après tout et son âme ne pourrait s’en porter que mieux.

FIN


**********************************************************************************

Fatalité


Dean était resté tout simplement assis sur son lit. Sam le regardait, et fou d’angoisse faisait les cent pas dans la chambre. Dean avait les yeux baissés, gardant un visage calme et impassible. Mais intérieurement son angoisse et sa peur voulaient prendre le dessus et crier son inquiétude au monde entier et peu importait que Sam s’en aperçoive. Il ne pouvait s’empêcher de trembler légèrement, sa pâleur s’accentuant de seconde en seconde. Alors que minuit sonna, il ne put s’empêcher de sursauter en entendant les chiens de l’enfer aboyer furieusement derrière la porte. Sam comprit ce qu’il se passait, même s’il n’entendait rien. Dean, toujours immobile, se laissa faire pendant que Sam avait le visage déformé par la peur. Dean lui accorda un dernier regard rempli d’amour fraternel et de peine. Puis ce fut le noir total.
Il sembla à Dean qu’il rouvrait les yeux une minute après. Il se trouvait comme en lévitation au-dessus d’un immense champ d’horreur et de feu. Il eut à peine le temps d’observer son nouveau logis que des démons en tout genre se jetèrent furieusement sur lui. La douleur était atroce, il se sentait dépecé de partout mais il ne pouvait lutter, comme si toute résistance lui était interdite. Il devait se contenter de rester passif et de subir toutes ces tortures qui lui étaient infligées avec plaisir. Il avait été attaché à une sorte de pilori flamboyant qui le brûlait et le consumait entièrement. Apparemment toutes sortes de tortures démoniaques sous différentes formes lui avaient été réservées spécialement pour lui. Un démon plus imposant, s’avança alors vers Dean.
« Enfin, Dean Winchester parmi nous, sourit-il. Je désespérais de t’accueillir un jour dans notre demeure. Tu étais très attendu, tu sais.
-J’en suis très flatté, tu sais, répondit Dean avec ironie. Mais les accueils chaleureux, ça n’a jamais été mon truc.
-Toujours de l’humour, à ce que je vois. Les rumeurs étaient donc fondées. Mais contrairement à ce qu’il se passe sur terre, tu ne peux cacher ta peur et ton désespoir derrière ton humour car on voit tout ici. Et tu perdras ton humour si vite que les tortures auront à peine commencé. »
Effectivement, Dean se rendit compte qu’il ne pouvait affecter un certain détachement par rapport à la situation mais que ses craintes étaient visibles à tous. Les souffrances continuèrent alors de plus belle. Il avait l’impression qu’ils lui arrachaient la peau morceau par morceau, que ses membres étaient tranchés et lapidés mais qu’il éprouvait la même douleur, alors qu’ils ne les avaient plus. Il ne pouvait s’empêcher de crier tellement la souffrance était horrible. C’était presqu’indescriptible. Il fut tout de même surpris que du sang ne s’échappe pas de ses innombrables blessures mais il sut pourquoi la seconde d’après. L’écoulement de son sang n’aurait fait que le soulager alors que le sentir gonflé dans ses veines, prêt à éclater alors qu’il ne pouvait pas, était bien plus douloureux.
Dean ne savait pas combien de temps il tiendrait à souffrir ainsi, même s’il se doutait que c’était justement ça le pire. Il était agonisant et le resterait jusqu’à la fin de ses jours.
Cependant, les blessures physiques ne suffisaient pas. La torture morale arriva sur lui tel un vautour sur sa proie. Le puissant démon qui s’acharnait sur lui, lui montra Sam un peu plus loin, en proie aux mêmes souffrances que lui.
« Tu vois, Dean, nous l’avons eu lui aussi. Il fallait bien que les frères ne soient pas séparés dans la mort et surtout en enfer, ça aurait été trop triste.
-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!cria alors Dean de toutes ses forces restantes, criant comme il n’avait jamais crié de sa vie. »
Il eut beau traiter le démon de tous les noms qu’il connaissait et qu’il inventait, il n’en restait pas moins que sa souffrance morale demeurait la même. Il se sentait tellement impuissant et désespéré de voir Sam souffrir le même enfer que lui qu’il pleurait de rage et d’amertume. Pourquoi n’avait-il pas su le protéger ? Pourquoi s’était-il sacrifié pour qu’en fin de compte lui et Sam vivent la même souffrance dans la mort ? Pourquoi… ? Mais soudain, comme la force d’un éclair, il essaya de réfléchir malgré les souffrances physiques qui lui étaient encore infligées. Mais sa tête se refusait à raisonner et ne voulait que subir ce qu’il voyait et ressentait. Il essaya d’arriver au raisonnement que non, Sam ne pouvait pas être mort et damné mais cette conclusion était trop lointaine pour lui. Il faillit s’évanouir et perdit le cours de ses idées. Mais l’évanouissement n’existait pas dans cet endroit et les tortures mentales et physiques recommencèrent de plus belle.
Ce fut cet instant que le véritable Sam choisit pour apparaître en face de Dean. Celui-ci se confondit en mille excuses sur le fait qu’il n’ait jamais su le protéger et que tout était de sa faute mais Sam l’interrompit d’un geste impatient :
« Dean, écoute-moi ! Prends ma main, prends-la, vite !
-Mais Sam, je ne peux pas. Ils m’ont coupé les nerfs, les bras, tout, je ne peux pas, dit-il, trempé de larmes.
-Mais si, tu peux, Dean. Libère-toi, tu en as encore la force ! Et prends ma main !s’exclama Sam, soudain très pressé en voyant l’armée de démons arriver vers eux à une vitesse affolante.
-Sammy, je ne peux pas, je…
-Dean, si tu es vraiment le merveilleux grand frère que tu as toujours été pendant toute ta vie, qui m’a protégé jusqu’à en mourir, alors fais-moi confiance et prends ma main ! »
Rassemblant ses toutes dernières forces, Dean réussit à dégager sa main gauche et prit celle de son frère. Il se sentit soudain libéré et vit une intense lumière briller devant lui. Puis il s’évanouit.
Quand il se réveilla, il n’osa ouvrir les yeux de peur de savoir ce qui l’attendrait. Mais ce n’était que son frère souriant et inquiet qui se pencha sur lui dans leur chambre miteuse mais tellement splendide maintenant à ses yeux.
« Dean, comment vas-tu ?demanda Sam, très inquiet.
-Que s’est-il passé ?répondit Dean, d’une voix très faible. Nous ne sommes plus…là-bas ?
-Non, j’ai réussi à te sauver, sourit Sam, heureux.
-Comment ?
-J’ai vendu mon âme au démon des carrefours. Le deal était que si je réussissais à me tirer de l’enfer juste après y être entré, j’aurai alors le droit de t’en sortir définitivement. Mais je devais trouver un moyen pour revivre. J’ai alors trouvé une potion spirituelle qui fait en sorte que l’âme se détache du corps pour un court laps de temps. L’âme revient ensuite dans le corps dans l’heure suivant son détachement. Le principe était que j’aille en enfer. J’y suis allé, je suis libéré de mon pacte et par conséquent, toi aussi. »
Dean ouvrit des yeux tellement ébahis, interloqués et ensuite heureux que Sam éclata de rire. Alors à la grande surprise de Sam mais aussi à son grand bonheur, Dean se laissa fondre en larmes dans les bras de son petit frère, tellement il était heureux.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:41

Garde paternelle ?


Bobby ne pourrait jamais oublier ce jour-là…John Winchester, un chasseur qu’il connaissait depuis quelques années maintenant et qui était devenu un très bon ami, était venu chez lui pour lui demander un service. Le vieux chasseur n’avait pas pu refuser vu la situation embarrassante dans laquelle son ami se trouvait.
C’est ainsi que John partit de chez Bobby en lui laissant la garde de ses deux fils pour quelques jours. Si Bobby avait su ce qui l’attendait, peut-être aurait-il réfléchi à deux fois avant d’accepter.
Il connaissait Dean et Sam depuis un an seulement : il ne les avait vu qu’en bref passage avec John, pendant quelques minutes et jamais durant plusieurs heures.

Dean avait environ huit ans et Sam quatre. Au début, ils ne savaient pas trop où se mettre ni quoi dire à cet homme encore étranger, même s’ils l’avaient déjà vu parfois. Le plus jeune, Sam, restait derrière son frère, intimidé par ce vieil homme barbu, faisant une petite moue triste. Dean avait un regard déterminé comme quoi il ne faudrait pas toucher à son petit frère, sinon il aurait affaire à lui.
Bobby ne s’était jamais senti aussi embarrassé durant toute sa vie. Il se sentait jugé jusqu’au fond de son âme par ces deux paires d’yeux innocents d’un côté et provocateurs de l’autre. Il ne savait pas du tout comment réagir. Il avait peur d’affoler le plus petit et de sembler menacer le plus grand si jamais il bougeait le petit doigt qu’il ne fallait pas. Finalement, il s’obligea à bouger légèrement et à parler pour tenter de rassurer les deux frères.
« Bon, ben…on dirait qu’il va falloir qu’on vive ensemble pendant un jour ou deux…Je sais que vous ne me connaissez pas tous les deux mais ne vous en faites pas, ça va aller…Je connais bien votre Papa et…
-Comment vous l’avez connu ?demanda Dean durement, comme s’il commençait un interrogatoire.
-Oh…c’était pour une chasse il y a environ deux ans…Mais ce n’est pas important, tu sais…
-Oui, je sais, il m’a dit qu’il vous faisait confiance, ça devrait me suffire, soupira Dean. Y a quelque chose à faire ici ?
-Euh…réfléchit Bobby à toute vitesse, s’apercevant qu’il n’avait aucun jeu pour enfants chez lui.
-Bon, ok…s’aperçut Dean. Vous avez au moins la télé, j’espère dans ce trou ?
-Ah ben…oui, mais à l’étage.
-Ok, y a au moins ça.
-Vous voulez peut-être grignoter quelque chose, il est presque midi et…
-Je vais préparer ce qui faut à Sammy, ça va aller.
-Dean, murmura Sam. On va pas manger des trucs d’ici quand même ? Ca se voit, ici tout est pourri, dit-il avec une grimace.
-Mais non, Sammy, dit son frère en le rassurant, c’est moi qui vais préparer et ça sera aussi bon que d’habitude, je te le promets. »

Bobby avait été saisi quand il avait vu le changement d’attitude et de visage de Dean. C’était incroyable à quel point l’aîné avait changé en quelques minutes. D’un visage dur et responsable, le garçon avait pris un visage doux et rassurant pour son jeune frère et se mit même à sourire pour lui montrer que tout allait bien. Du coup, Bobby remarqua que Sam se mit ensuite à sourire faiblement, rassuré par l’attitude protective et calme de Dean.
C’est vrai que John lui avait déjà parlé avec fierté de l’attitude de Dean envers son cadet et de sa protection constante à son égard mais jamais il n’aurait imaginé une relation fraternelle aussi forte.
Mais la minute d’après, quand Dean s’était précipité au frigidaire de Bobby avant que celui-ci ne s’en soit déjà aperçu, il entendit distinctement la voix stupéfaite de l’aîné :
« Vous avez une baraque à vous, un garage plein de bagnoles mais un frigidaire vide ! Mais quel genre de chasseur vous êtes ?
-Eh ben, tu sais…je ne suis pas un gros mangeur… Et je n’avais pas prévu de vous avoir ici tous les deux. Mais exceptionnellement, on va faire une entorse et commander une pizza, ça te va ?
-Ouais… »

L’après-midi passa trop lentement au goût de Bobby. Il avait interdit aux garçons de sortir dehors, de peur qu’ils ne se blessent aux voitures ou ne soient la cible de démons et puis, il préférait les avoir à l’œil, au cas où. Lui-même avait décidé de ne pas réparer ses caisses pendant leur séjour chez lui pour ne pas qu’ils crient à l’injustice.
Les frères avaient d’abord visité tout seuls sa maison pour repérer les lieux, enfin, Dean avait voulu le faire, suivi de Sam. Et ensuite, ils avaient tourné en rond, sous le regard fatigué de Bobby qui essayait de lire malgré le bavardage incessant de Sam qui posait à son frère toutes sortes de questions. Bobby eut l’occasion de remarquer ainsi la patience angélique de Dean qui ne s’énervait pas de s’entendre poser sans cesse des questions qu’il lui fallait détourner pour ne pas que Sam ne sache la vérité sur les activités de leur père. Sam croyait que Bobby n’était qu’un chasseur d’animaux et non de créatures surnaturelles mais la collection impressionnante de livres que possédait Bobby l’intriguait. Heureusement Dean lui fit croire que Bobby était simplement un grand lecteur. En fin d’après-midi, Sam s’endormit enfin devant la télé, sur un fauteuil à l’étage. Dean le recouvrit d’une petite couverture et redescendit voir Bobby qui nettoyait et chargeait des armes.
« Je peux vous aider ?dit-il en le faisant sursauter.
-Euh…Oui, bien sûr mais tu veux pas regarder la télé plutôt ?
-Sam s’est endormi devant et je veux pas le réveiller.
-Ah oui…
-Alors, je peux ?
-John…enfin ton père t’a montré comment faire ?
-Oui, y a quelque temps déjà, dit-il en prenant un fusil à pompe démonté et en commençant à le nettoyer, d’une main experte.
-Eh ben, tu t’y connais, fiston…remarqua Bobby, plus que surpris.
-Oh, c’est fastoche…
-Tu te débrouilles très bien, tu sais, lui dit Bobby quand Dean l’eut nettoyé à fond, remonté et rechargé avec des balles. On dirait que t’as fait toute ta vie…
-J’en ai l’impression aussi…Je me souviens plus vraiment de comment c’était avec Maman, dit-il en finissant par murmurer, comme si dire le nom de sa mère était très difficile.
-J’en suis désolé, mon grand… »
C’est à ce moment que Bobby s’aperçut que Dean cachait ses faiblesses, ses peurs et sa détresse au plus profond de lui, surtout quand il était avec Sam. Il entrevoyait à travers la carapace que Dean s’était forgée, un grand besoin d’affection mais aussi une immense tristesse due au fameux soir. Bobby voyait bien que Dean ressentait tous ses sentiments à ce moment même et préférait les montrer à un étranger plutôt qu’à son père ou à Sam.
Alors, un peu maladroitement, Bobby avança sa main droite et tapota légèrement l’épaule gauche de Dean. Il sentit le corps de Dean se détendre un peu sous cette tape amicale mais il vit aussi le regard surpris de Dean qui le regarda. Bobby sentit alors que Dean commençait à avoir confiance en lui et ce fixement ne le gênait pas du tout, il voulait au contraire faire sentir au jeune garçon combien il voulait le réconforter et lui montrer qu’il n’était pas seul, tout ça en un seul regard et cette main sur l’épaule.
Finalement, Dean eut un rapide sourire en coin, apparemment très rassuré de l’attitude de cet inconnu.
Bobby rompit enfin le silence et lui dit d’un air un peu embarrassé :
« Tu sais, si t’as envie d’en parler parfois, je serai toujours là…et je te promets de garder tout ce que tu me diras pour moi.
-Merci, vous êtes cool mais ça va, dit Dean en prenant une autre arme à nettoyer pour éviter de s’y appesantir.
-T’es sûr ?
-Oui, je vous dis.
-Très bien mais n’oublie pas ce que je viens de te dire. Et au fait, tu peux me tutoyer, tu sais. On risque de se voir pas mal puisqu’avec ton père, on fait la même chose… »

Mais la voix de Sam se réveillant complètement affolé à l’étage les interrompit. Dean monta à toute vitesse et réussit à le calmer car Sam avait perdu toute notion d’espace et ne savait plus où il se trouvait. Il demanda aussitôt son père mais face au silence de Dean, le petit garçon vint se blottir le long de son frère qui l’entoura aussitôt de ses bras, en le berçant légèrement pour le tranquilliser.
Bobby admirait cette scène de son côté, certain que cette fraternité exceptionnelle ne s’éteindrait jamais. Il avait la bizarre envie que ces deux garçons si proches et si gentils puissent être ses propres fils. Cela ne dura qu’une seconde mais cette envie resta présente en Bobby d’une intensité qu’il n’aurait jamais crue possible. Il savait très bien qu’il ne devrait pas penser ça, surtout qu’ils avaient déjà un père et que c’était un bon ami. Mais Bobby, une fois encore, ne put s’empêcher de penser que John n’était pas un aussi bon père qu’il le devrait à emmener ses fils dans ses chasses ou à les abandonner, même pour quelques jours.
Bobby regretta de ne pas avoir parlé avec sa défunte femme d’avoir des enfants, peut-être aurait-il pu en avoir avant le drame et il aurait eu au moins cette famille qui lui manquait tant quand il était spectateur de ce genre de scène si touchante.
Mais il fut tiré de ses pensées quand Dean lui demanda s’ils pouvaient se coucher maintenant, Sam étant fatigué apparemment, n’ayant pratiquement pas dormi sans son frère à ses côtés. Il accepta bien sûr et leur trouva quelques couvertures dans une armoire et ils purent s’allonger dans la pièce contenant la télé. Dean laissa le fauteuil à Sam et lui se coucha par terre sur l’une des couvertures. Bobby fut très gêné de ne pas avoir de lit à leur offrir, il n’en avait plus depuis longtemps chez lui, depuis le drame avec sa femme qui avait démoli beaucoup de choses dans la maison qu’il n’avait jamais eu l’envie ou le goût de remeubler, ne serait-ce qu’un peu, mis à part le strict nécessaire pour manger, chasser ou bouquiner. Mais il s’aperçut que ça ne semblait gêner que peu les enfants qui semblaient accoutumés à ce genre de vie rude. Il fut à peine étonné que Dean donne le meilleur à Sam, ça paraissait naturel venant de sa part, comme si l’habitude était de rigueur. Une fois encore, il blâma intérieurement John de leur avoir fait prendre ces habitudes de rudesse pour leur jeune âge.
La soirée se termina dans le plus grand calme : Bobby feuilletant ses livres et finissant ses armes, Sam dormant profondément, et Dean veillant d’un œil sur son petit frère.

Le lendemain matin, Bobby s’aperçut s’être endormi sur son fauteuil, comme c’était l’habitude depuis nombre d’années. Entendant du bruit dans la cuisine, il y alla en catimini et découvrit stupéfait Dean attelé à faire un petit déjeuner :
« Hé Dean ! Mais qu’est-ce tu fais ?
-Le p’tit déj, bien sûr ! J’ai réussi à dégotter quelques trucs qui trainaient dans vos placards. Ca sera bon quand même, je pense. Le lait est un peu caillé mais ça fera l’affaire.
-Euh…Dean, dit Bobby, tout en notant que le garçon le vouvoyait toujours. Pourquoi tu te donnes tant de mal ?
-Pour Sammy, il lui faut bien un p’tit déj tous les matins si je peux. Et puis, vous allez en profiter pour une fois que vous allez en avoir un, non ?
-Ouais, c’est sûr. Mais j’aurai pu le faire, tu sais.
-Pas de problème, j’ai l’habitude, répondit Dean avec un léger sourire. Mais merci de vous inquiéter. »
Bobby lui sourit et le suivit du regard quand Dean sortit, chargé de son plateau pour son frère.

La journée s’étirait longuement, dans un va et viens de l’horloge qui semblait hypnotiser Sam tellement il s’ennuyait. Il s’en était plaint les quatre premières heures puis, voyant que personne ne parvenait à l’occuper suffisamment, car il n’y avait rien à la téloche, il s’était mis à observer cet étrange inconnu chez lequel son père les avait confiné.
Bobby se sentait très mal à l’aise de sentir sans cesse ce regard posé sur lui. Quoiqu’il fasse, il était observé. Dean s’occupait avec quelques armes et des magazines de voitures et Bobby faisait de même puisqu’il avait fait croire à Sam que ce n’était des armes que pour des chasses ordinaires, qu’il était un grand chasseur d’animaux. Finalement, Sam décida de parler pour mettre fin aux éternelles questions qui tournaient en boucle dans sa tête :
« Dites…pourquoi vous n’avez pas de bêtes dans votre maison si vous chassez tant que ça ?
-Ben…commença Bobby, embarrassé.
-Sammy, arrête de poser des questions, ça se fait pas, dit Dean, levant le nez de son magazine d’autos.
-Mais c’est pas normal, Dean !remarqua Sam.
-Ecoute, petit, dit Bobby. Je n’en ai pas ici parce que je les vends à mesure que je les tue, je n’aimerai pas avoir des bêtes mortes dans ma baraque, tu comprends ?
-Oui mais…vous les vendez à qui ?continua Sam.
-Sam, arrête, ça te regarde pas…
-Ecoute, Sammy….commença Bobby.
-Non, plaignit l’intéressé. Ya que Dean qui peut m’appeler comme ça, pas vous…
-D’accord, mon bonhomme…Dis-toi qu’il y a des gens qui aiment exposer chez eux et les faire empailler.
-C’est dégoûtant, grimaça Sam, faisant aussi regretter Bobby d’avoir dit ça.
-Mais oublie ça, va, tu n’en verras jamais ici ou n’importe où tu iras, t’en fais pas.
-Pourquoi vous avez tant de bouquins ? C’est pas normal de chasser et d’en avoir autant, continua Sam.
-Sammy, arrête, voyons…ce n’est pas parce que Papa n’en a pratiquement pas que Bobby ne doit pas en avoir, tu sais.
-Je peux en lire un ?
-Non, Sam, ce n’est pas de ton âge, comme je t’ai dit pour les armes, tout à l’heure, sourit Bobby.
-Vous pouvez m’raconter une histoire ?demanda Sam aussitôt en souriant avec des yeux de puppy qui déstabilisèrent Bobby tellement il craquait.
-Oui, c’est une bonne idée, Sam, réfléchit Dean, sachant très bien ce que ça donnerait. Bobby, vous pouvez lui raconter votre dernière chasse de loup ?
-Un loup ?dirent ensemble Sam et Bobby, le premier surpris et excité et le second totalement perdu.
-Ben oui, un loup très spécial, sourit Dean en faisant à Bobby un discret clin d’œil.
-Ah oui, ce loup-là…comprit Bobby. Bon, ok…
-Youpi !!!!s’exclama Sam en levant les bras. »

Pensant l’histoire passionnante, Sam se câla dans les bras de son frère et ouvrit des yeux exorbités et prêts à voir la scène imaginaire. Bobby, lui, n’en menait pas large, ne sachant comment commencer et que dire pour ne rien révéler de paranormal. Il se frotta un peu la barbe en réfléchissant :
« Alors, voilà…Je savais qu’un loup s’attaquait à des fermiers et commençait à s’intéresser aux enfants qui jouaient dans…la campagne…Donc j’y allais pour le tuer…dit-il mais un silence s’installa, Bobby ne sachant pas comment continuer. Se grattant la tête, il continua quand même. Mais le loup était rusé et réussit à m’entraîner dans la forêt pour que je me perde et qu’il me tue, dit-il en faisant frissonner Sam qui le regardait fixement. Alors je réussis à le pister et à détecter ses traces. Mais il était encore plus malin que je croyais, il avait fait de fausses traces et quand je ne m’y attendais pas, bang !!faisant sursauter Sam. Il m’attaqua. On se battit furieusement tous les deux, il ne me mordit pas heureusement mais me griffa pas mal. Enfin, je lui logeai une belle balle en argent dans le cœur, il était mort.
-Pourquoi une balle en argent ?demanda Sam, intrigué par ce détail.
-Parce que…parce que c’est plus efficace, il paraît, dit Bobby, pas très convaincu lui-même qu’un loup normal serait mieux tué par une balle en argent que par n’importe quelle balle.
-Waoh, dit Sam, impressionné. Et après ?
-Après ?s’étonna Bobby. Ah ben…réfléchit-il à toute vitesse pour trouver une fin heureuse. En fait, le loup n’avait pas tué ou mangé les fermiers et les enfants, je les retrouvais dans un souterrain creusé par le loup. Je les libérai et tout alla pour le mieux…finit-il en soufflant. »
Regardant Sam, il fut surpris de voir le petit garçon endormi dans les bras de Dean, avec un sourire rassuré et ravi de son histoire. Ne pouvant ni trop bouger ni trop parler, Dean lui murmura un “merci” qui semblait venir du fond du cœur.
Les deux frères restèrent dans cette position jusque tard dans la nuit où Dean finit par poser Sam dans un fauteuil pour se reposer un peu, absolument exténué par cette attente.

Le lendemain matin, il se révéla que John avait fini sa chasse plus tôt que prévu. Il vint donc tôt le matin pour les récupérer.
« Alors, ça a été ?demanda John à Bobby pendant que ses garçons ramassaient leurs affaires. Ils ne t’ont pas donné de problèmes, j’espère ?
-Non, pas du tout, de vrais petits anges, sourit Bobby, triste de les voir partir déjà.
-Ne t’inquiète pas, j’éviterai de te les ramener, ils ne te dérangeront plus.
-Oh mais tu sais, ils ne m’ont…commença Bobby, voulant justement vite les revoir.
-Non, non, ça ira, je m’arrangerai. Merci Bobby. Allez, les garçons, on y va. Dean, t’as bien veillé sur ton frère, j’espère ?
-Oui, P’pa.
-Parfait, allons-y. »
Les trois Winchester franchissaient la sortie quand Dean revint sur ses pas et se planta devant Bobby, médusé :
« Merci oncle Bobby, j’espère te revoir bientôt, dit-il en souriant. »
Bobby ne sut quoi répondre et de toute façon, l’instant d’après, la voiture démarrait en trombe pour disparaître de la vue de Bobby.

Dean l’avait appelé oncle Bobby. Dean l’avait tutoyé. C’était extraordinaire pour Bobby, jamais il n’aurait cru ça possible. Apparemment il avait produit de l’effet sur ce garçon et même sur Sam qui n’avait cessé de lui sourire depuis son réveil. Les histoires avaient du bon, même s’il avait du la détourner.
Souriant, Bobby dut avouer que le séjour des garçons avait été surprenant et même s’il regrettait de les avoir eu chez lui car ça avait réveillé douloureusement le manque de ses propres enfants qu’il aurait pu avoir, Bobby dut bien se rendre compte qu’il était heureux qu’ils soient venus. Il avait l’impression d’être une sorte de père de substitution ou plutôt, comme Dean s’en était aperçu, d’oncle qui serait toujours là pour eux, à les protéger…et même à les aimer.


*****************************************************************************

Hanté

Le jeune homme se réveilla en sueurs, totalement perdu et essoufflé, comme s’il venait de courir un marathon. Tremblant comme une feuille, il eut l’impression d’avoir de la fièvre.
Que s’était-il passé ? Il était dans son lit, et alors que son frère dormait paisiblement dans l’autre lit jumeau, il avait eu l’impression que quelque chose s’était mis en lui. C’était bizarre…il n’arrivait pas à décrire comment il se sentait…comme dans du coton peut-être…non, ce n’était pas encore ça, cette sensation lui était totalement étrangère, il ne l’avait jamais connue. Se levant avec lenteur pour ne pas réveiller son frère à côté, il alla dans la salle de bains essayer de s’éclaircir les idées et surtout…voir quelle tronche il avait pour se sentir aussi mal.
Le néon s’alluma en grésillant, le motel n’étant pas fameux, comme la plupart où ils allaient. Se regardant dans le miroir craquelé, le visage très pâle d’un jeune de quinze ans apparut à Dean. Même s’il détestait avoir cet âge et ce reflet qui lui semblait ingrat par rapport à ce qu’il voulait, Dean n’en resta pas moins inquiet de voir à quel point il était pâle et même maladif d’après le miroir. Cette sensation bizarre ne disparaissait pas, tout au contraire et s’accentua jusqu’à ce qu’il en ait envie de vomir. Un mal de tête et un froid glacial le pénétrant de la tête aux pieds s’ajoutèrent à la liste des bizarreries. Si son père avait été là, il lui aurait bien demandé un coup de main mais John était parti depuis la veille et ne risquait pas de réapparaître miraculeusement à une heure du matin. Sachant que Sam paniquerait plus qu’autre chose en appelant leur père à l’aide malgré son absence, Dean décida de rester dans la salle de bains. Mais son mal s’accentua quand il regretta d’avoir mangé autant d’hot-dogs qui ne demandèrent qu’à être expulsés dans les toilettes. Le mal de ventre allant avec, Dean ne put réprimer un léger gémissement de douleur et de faiblesse. La tête lui tournait comme s’il était une toupie. Comble de malchance et comme s’il avait un sixième sens pour savoir qu’il n’allait pas bien, Sam ouvrit la porte en demandant ce qu’il avait :
« C’est rien, Sammy, va te recoucher…murmura Dean.
-Non, ça ne va pas, on dirait que tu viens de prendre l’avion, constata Sam, inquiet de voir le teint de son frère.
-Ca va passer, t’en fais pas…J’ai mal digéré les hot-dogs d’hier soir, c’est tout…
-Mais Dean, t’as la tronche d’un fantôme…
-Arrête de délirer, tu veux. Je vais me recoucher, comme ça, tu me laisseras tranquille avec tes bêtises, dit Dean puisqu’il mourrait d’envie de s’allonger de toute façon. »
Dean se recoucha le premier, mais Sam resta planté sur place, ne sachant pas quoi faire pour aider son grand frère.
« Je vais appeler Papa, il saura quoi faire.
-Non, Sam ! Je t’interdis de l’appeler ! Je vais très bien et puis tu le dérangerais dans sa chasse et il a horreur de ça, tu le sais bien. J’ai juste besoin de dormir un peu, c’est tout. Fais pareil et dans quelques heures, tout ira bien, je te le promets. »
Sam se recoucha, un peu hésitant et fit semblant de fermer les yeux pour se rendormir. Mais il les rouvrit quelques minutes plus tard pour observer et veiller son grand frère.
Dean s’endormit presqu’aussitôt, persuadé que Sam s’était endormi et que lui-même irait mieux après avoir dormi un peu, la fatigue ayant de toute façon raison de lui.

Son sommeil fut plus qu’agité. Sa respiration saccadée et ses tremblements ne cessèrent pas de la nuit. Il fit également des cauchemars où tout n’était que brouillard et où lui-même était attaché, incapable de bouger la moindre parcelle de son corps. L’impression d’étouffer devint telle que Dean se réveilla en sursaut, soulagé de se sentir libéré de cette emprise invisible. C’était le matin et il se sentait encore plus mal. Il regarda du côté du lit de Sam qui se révéla vide. A moitié affolé, Dean se leva en titubant mais la porte s’ouvrit sur Sam qui rapportait deux paquets.
« Où étais-tu, Sam ?rouspéta Dean.
-J’ai été chercher du café, un donut pour toi et…quelques trucs qui vont te faire du bien.
-Quels trucs ?
-Des médocs…dit Sam timidement, sachant comment Dean réagirait.
-Je n’en veux pas, je vais très bien.
-C’est ça et je fais un 1m80, dit Sam du haut de ses 140cm. T’as pas vu ta tronche, je crois…
-Ca veut rien dire, dit Dean en buvant une gorgée de café. Puis, regardant le donut : tu peux le garder, je n’ai pas faim.
-Si Dean Winchester ne se goinfre pas dès le matin, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche, commenta Sam. J’ai appelé Papa, il sera là en début…
-QUOI ????? s’écria Dean en s’étouffant. Tu as fait quoi ? Non, mais…Sam…jamais tu n’aurais dû faire ça, j’te l’avais interdis ! Il va trouver que je joue au bébé et que…
-Arrête ton cirque, Dean, ce n’est pas normal que tu sois malade comme ça. T’as quelque chose, tu le sais. »
A peine Sam avait-il fini de parler que Dean sentit une présence étrangère bien distincte en lui. Il sentait sa présence aussi sûrement qu’il l’aurait vu de ses yeux. C’était une vieille présence, du genre années 50…un homme, un vieil homme…
Absolument dégoûté et terrorisé de savoir et sentir qu’un esprit avait élu domicile en lui, Dean regarda Sam d’un air terrifié. Il tomba aussitôt dans les pommes, ne pouvant pas supporter davantage cette idée.

Quand Dean se réveilla, il sut quelle était la présence familière à côté de lui grâce aussi à l’odeur du vieux cuir et de la poudre fraîchement tirée. Rassuré, il retomba dans les vapes mais ce ne fut pas la même chose. Ses cauchemars devinrent visions réelles. Sauf que là il vit l’homme, face à lui en train de lui sourire vicieusement, lui faire un signe de la main et disparaître. Dean ne put pas crier pour demander de l’aide, sa voix paralysée.

De leur côté, Sam et John regardaient Dean, toujours inconscient, sa respiration saccadée et en sueurs.
« Sam, va me chercher mon sac.
-Pourquoi ?
-Va me le chercher et vite !
-Tiens, lui dit Sam quelques secondes après. Mais qu’est-ce que tu fais ?demanda-t-il en voyant son père sortir l’eau bénite.
-Je veux m’assurer de quelque chose. »
John versa alors quelques gouttes d’eau bénite sur le visage et le torse de Dean. Sous l’effet, Dean se secoua davantage sur son lit, comme pris d’une crise mais John, expérimenté, remarqua qu’autre chose avait été dérangé par l’eau bénite, et l’espace d’un instant, le visage de Dean avait pris une forme inhabituelle, très âgée.
« Papa, dit Sam en pleurs, ça veut dire que Dean est possédé ?
-Non, Sammy. Si ça avait été le cas, il aurait réagi différemment mais il est hanté par un esprit.
-Alors, j’avais raison…y a un fantôme en lui… Mais Papa, tu vas pas brûler Dean, dis ?s’affola Sam, terrifié par ce que faisait son père habituellement aux esprits.
-Non, Sammy, ça ne servirait à rien de toute façon. Je vais trouver une solution. Veille-le pendant ce temps. »
En attendant de trouver mieux, John entoura le lit d’une ligne de sel. Puis il s’enferma dans la pièce voisine et commença ses recherches.
Sam était complètement paniqué mais resta sur une chaise à côté de Dean, réfléchissant intensément à ce qu’il pourrait faire pour l’aider mais sans rien trouver.

Dean, durant ce temps, était toujours dans la même position, même s’il essayait de se débattre de toutes ses forces contre la force invisible qui le paralysait. A bout de forces, il finit par abandonner, conscient que ça l’affaiblissait plus qu’autre chose. Il n’arrivait pas à reprendre conscience et il sut que plus il resterait inconscient, plus le fantôme prenait de l’emprise sur lui et prendrait le contrôle total de son corps, l’obligeant peut-être à tuer des gens…sûrement Sammy, plus facile à tuer que John. Cette pensée en tête, Dean se concentra et tenta au maximum de se réveiller pour demander à son père de le tuer avant qu’il ne soit trop tard.

Dean se réveilla enfin :
« Oh, Dean, comment tu vas ?
-Pas en grande forme…dis à Papa qu’il n’y a pas de solution et qu’il faut me tuer tant que l’esprit est en moi…je t’en prie, Sammy, je ne veux pas te tuer ou tuer Papa sous l’emprise de ce fantôme…
-Non, je ne lui dirai pas…dit Sam en larmes. Papa va trouver une solution, il le faut…je ne veux pas que tu m’abandonnes, Dean…reste, je t’en prie…
-Désolé, Sammy, je n’y arrive plus…il est trop puissant… »
La seconde d’après, le fantôme prenait le dessus de Dean et contrôlait son corps. Il frappa Sam en l’obligeant à rompre la ligne de sel avec le pied et avant que John n’ait compris ce qui se passait dans l’autre pièce, il s’élançait à l’extérieur.
John prit vite les choses en main ensuite. Allongeant Sam inconscient mais non blessé grièvement, il réussit à trouver une formule efficace apparemment contre cet esprit qu’il chassait depuis plusieurs jours et qui ne s’attaquait qu’aux adolescents. Il sut ne pas avoir le choix en faisant cela et risquer énormément mais il le devait…pour Dean. Il invoqua des centaines d’esprits d’adolescents morts par violences pour faire cette triste besogne. Après avoir fini, John ne put s’empêcher de prier pour que Dean n’y succombe pas.

De son côté, Dean reprit brièvement le contrôle de son corps, il le fit trébucher exprès sur un trottoir pour atterrir dans une ruelle. Le fantôme, goguenard des actes désespérés de son hôte, lui montra un morceau de miroir qu’il prit par terre et qu’il lui enfonça dans le corps à plusieurs reprises, faisant crier Dean intérieurement.
La seconde d’après, il rit pourtant moins quand un flot de fumée blanche se déversa sur Dean et lui, les mettant à terre. Là, les centaines d’esprits d’adolescents s’acharnèrent sur le vieil esprit psychopathe et lui portèrent de nombreux coups pour enfin l’emmener en enfer.
Redevenu entièrement lui-même, Dean agonisait des coups portés par le morceau de miroir mais aussi par les coups internes reçus indirectement par les esprits furieux.
Son cœur s’arrêta alors…pendant cinq secondes environ, le temps pour lui d’entrevoir une lumière blanche et intense. Mais sa volonté farouche et désespérée de protéger Sam coûte que coûte le fit revenir sur terre, peu de minutes avant que son père le retrouve et l’emmène en toute hâte à l’hôpital, sans que Dean ne se souvienne qu’il avait été mort.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:43

Inséparables


En cherchant un couteau dans les affaires de son frère, Sam eut la surprise de retrouver quelque chose qu’il n’avait pas vu depuis plusieurs années maintenant.
A son dix-huitième anniversaire, il avait eu un très beau cadeau de la part de Dean, le plus beau qu’il n’ait jamais reçu de lui. Dean avait prétexté que c’était parce que Sam voulait faire des études et que ce genre d’objet lui serait indispensable. C’était un stylo noir, apparemment assez cher mais qui était unique en son genre : alors que du bout normal sortait la mine du stylo, l’autre extrémité du stylo était faite d’une lame de poignard rétractable grâce à un petit bouton. Dean lui expliqua qu’ainsi, puisque Sam adorait écrire, il pourrait toujours l’avoir sous la main pour ses études mais aussi pour se défendre au cas où un esprit ou démon l’attaquerait à l’improviste dans la bibliothèque ou ailleurs. Sam devina aisément que c’était son frère qui avait lui-même trafiqué le stylo pour en faire une sorte de stylo-stylet car la lame qui sortait était faite en argent, sûrement pour agir dans le maximum de situations. Dean l’avait même appelé par plaisanterie le styletlo. A l’époque, Sam se souvint qu’il avait adoré ce cadeau et s’était promis de ne jamais s’en séparer.
Malheureusement, suite à son départ précipité et à sa dispute avec leur père, le stylo avait été oublié dans des affaires et il n’avait jamais pensé à le redemander, ou plutôt il n’avait jamais osé, ne voulant pas faire rejaillir ces mauvais souvenirs. Il s’était dit que dans la hâte, son père et son frère avaient dû l’oublier dans un coin de la chambre de motel.

Ce fut donc avec une grande surprise et une grande joie qu’il le retrouva dans le fond du sac de Dean, aussi neuf que six ans auparavant. Il fit fonctionner la mine du stylo et la lame rétractable : tous deux marchaient encore parfaitement, comme si on les avait entraînés plusieurs fois sans toutefois s’en servir car la lame n’était ni rouillée ni abîmée. Sam contempla ce stylo avec bonheur et nostalgie et le mit dans sa poche, bien décidé à ne pas le perdre ou l’oublier cette fois-ci.
Quand Dean revint dans la chambre de motel, Sam ne lui parla pas de cette heureuse découverte, sachant qu’il embarrasserait plus son frère qu’autre chose et il connaissait Dean par cœur : son frère avait en horreur d’être dans ce genre de situation. Il sut qu’il préférerait qu’il ne dise rien et qu’il finirait par s’en apercevoir tôt ou tard.
Sam ne savait pas qu’en le mettant dans sa poche, il verrait sa vie prendre un tournant différent. Ce fut lorsqu’ils affrontèrent un vampire deux semaines plus tard, que Sam commença à avoir quelques doutes. Le vampire avait assommé son frère et était en train d’étrangler Sam quand celui-ci, à la recherche d’une arme, mit malencontreusement la main dans sa poche et trouva le styletlo. Actionnant la lame, il réussit à la planter dans la gorge du vampire qui lâcha prise. Dean, ayant repris ses esprits, put le décapiter. Sam avait été bien sûr étonné que le styletlo ait produit ce genre d’effet mais il remarqua que même s’il ne s’en servait pas mais qu’il l’avait simplement dans sa poche, le styletlo lui permettait d’avoir de la chance. Un jour que Sam avait changé de veste sans prendre la totalité du contenu de ses poches, il s’était retrouvé en très mauvaise situation avec un esprit particulièrement agressif et malin. Dean et lui avaient failli y rester tous les deux mais heureusement Bobby était venu les aider. Dès lors Sam ne s’en sépara plus, où qu’il aille, puisqu’à chaque fois où la situation dégénérait, Sam avait une idée soudaine à laquelle il n’aurait jamais pensé. Ce porte-bonheur marchait même en-dehors de la chasse puisque Sam ne faisait jamais rien tomber ou n’était plus coi envers certaines filles. Même Dean avait tendance à moins l’enguirlander quand il l’avait dans sa poche.
Ils étaient désormais inséparables.

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La fraternité, une affaire de solitude

"La solitude est essentielle à la fraternité" (Gabriel Marcel)


Je ne crois pas que j’aurais pu être fils unique…C’est vrai, comment j’aurais fait pour embêter quelqu’un d’autre et le charrier à longueur de journée ? Et puis, je n’aurai eu personne à protéger, aucun frère qui m’aurait dit ce dont j’ai besoin alors que je l’ignorais moi-même, aucun frère qui aurait davantage souri de la bêtise de mes blagues que de mes blagues pourries.
Jamais je n’ai été plus heureux que quand t’es né, Sammy…un p’tit frère…quel pied…c’était comme un cadeau du ciel pour moi…Devenir frères, ça a été la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Et j’ai eu raison de penser ça…Comment j’aurais fait sinon pour supporter Papa et ces interminables chasses qui nous menaient de motel en motel ? Toi au moins, tu m’faisais tenir, je savais ce que j’avais à faire à te protéger…Et puis, je tiens tellement à toi, Sammy, que je ferais n’importe quoi pour toi, pour te sauver et j’l’ai prouvé avec ce pacte qui m’a mené en enfer…Et jamais, même là-bas, j’ai regretté ce que j’avais fait…non, jamais, car l’idée que tu sois en vie, quelque part, à continuer ce à quoi on s’était employé toute notre vie, me faisait tenir les souffrances que je vivais…et que j’ai ensuite fait vivre…

Mais l’affection entre deux frères peut être parfois atteinte d’une sorte de virus, quelque chose qui fait en sorte que l’un veut absolument être seul et en a tellement besoin qu’il ferait tout pour s’éloigner de l’autre, même si c’est la personne qu’il aime le plus au monde…


Ce jour-là, Dean se réveilla plus alarmé et plus fatigué que jamais et quand il s’aperçut que Sam n’était pas à côté de lui, une lassitude et une colère sourde s’ajoutèrent à tout le reste. Une heure après, Sam arriva en apportant deux cafés et en prétextant avoir trouvé une nouvelle affaire dans l’Oregon.
« Elle devra attendre…ou alors t’y vas tout seul, dit Dean, tenant fermement son café.
-Hein ? Mais, je comprends pas, pourquoi Dean ?demanda Sam, surpris.
-J’ai simplement besoin de me retrouver seul, Sam… Pas seulement une heure ou deux dans un bar ou dans la salle de bains mais plusieurs jours…
-Tu plaisantes, j’espère ? On poursuit Lilith depuis des mois, on essaie d’éviter l’ouverture des sceaux et toi…toi, tu veux faire un break ? Tu crois que c’est le moment ? Réfléchis un peu !
-Ca fait plusieurs jours que j’y réfléchis et j’ai pris ma décision ce matin, c’est tout. Je sais ce qui est en jeu et ni toi ni Cas ni aucun ange ni aucun pu**** de démon ne m’empêchera de prendre quelques jours…Toi, tu vas te balader toutes les nuits avec ta Ruby et moi, je reste comme un c** à dormir…
-Non, Dean, tu te trompes…et puis, je suis sûr que ta décision me concerne pas seulement, tu regrettes ce qui s’est passé en enfer, je me trompe ?
-La ferme, Sam…et oui, tu te goures…je te retrouve chez Bobby dans une semaine, dit Dean en prenant sa veste et ses affaires.
-Dean, non, reste, s’il-te-plaît…
-A dans une semaine, fais gaffe, Sammy, dit Dean en regardant son frère juste avant de sortir, muni de ses clés. »

Jamais la solitude ne lui avait paru aussi bénéfique, aussi libératrice…Dès qu’il s’engagea sur la route, son portable éteint et seul dans sa caisse, Dean laissa tous ses soucis s’envoler et fonça à toute allure, comme s’il n’était qu’un ado naïf et impulsif. Souriant, Dean mit la musique à fond. C’était bizarre une telle impression mais il adorait ça…plus aucun souci en tête, il avait tout déchargé quand il avait franchi la porte du motel. Tout ce qu’il espérait est que Castiel ne viendrait pas lui faire la morale dans sa bagnole ou dans ses rêves. Il prenait des vacances, il en avait le droit…lui qui n’en avait jamais pris de sa vie, il les méritait plus qu’aucun autre.
Dean alla dans un autre état pour que son frère ne le poursuive pas et fit des choses totalement inutiles et sans valeur…manger et draguer. Ca lui faisait un tel bien de rattraper ce retard…en quarante ans, il avait souffert le martyre et avait culpabilisé de le faire subir…mais il n’avait ni mangé ni dragué. Alors, autant rattraper le temps perdu et puis, à la veille de l’apocalypse, pourquoi ne pas profiter des joies que la vie vous offre au milieu de ce monceau de démons et de cadavres. Dean prit un motel et pendant plusieurs jours se goinfra littéralement et fit l’amour avec pas mal de filles rencontrées surtout au bar du coin.

Malgré tout, il faisait encore ses cauchemars toutes les nuits, comme si l’enfer le poursuivrait n’importe où, n’importe quand…Heureusement, aucune fille ne le voyait, étant déjà partie, quand il se réveillait en sursaut, en sueurs et le visage inondé de larmes, le corps tremblant encore de ses visions…de ses souvenirs…Dean faisait tout pour dépasser ce mal-être qui l’envahissait du soir au matin et profitait de la journée comme si rien ne s’était passé. Pourtant, dès que la nuit revenait et qu’il savait qu’il allait s’endormir, l’angoisse, cette saleté de peur, lui tenaillait le ventre et rien ne pouvait dissiper ça…Mais au moins, il n’avait pas à se cacher d’un regard attentif qui guetterait tous ses mouvements et ses peurs et ça, ça faisait vraiment du bien. Être séparé de Sam était libérateur, c’est vrai mais ça lui avait créé également un énorme vide comme s’il avait laissé une partie de lui-même là-bas, dans ce motel, ce fameux matin de séparation. Ce creux, ce manque, lui faisait tellement mal que parfois, quelques larmes s’échappaient de ses yeux fatigués de ses cauchemars et il ne faisait rien pour les dissiper, sachant que ça serait le seul moment où il pourrait se laisser aller.

Cette solitude lui plaisait avec l’égoïsme qu’il vivait comme il ne l’avait jamais vécu, néanmoins, il pensait trop souvent à Sam et à ce qu’il faisait. Bien sûr, il ne regrettait pas du tout sa décision et s’estimait soulagé de l’avoir prise, d’en avoir eu le cran au milieu de l’ouverture de tous ces sceaux. Mais il en profitait aussi pour réfléchir à Sam, à ce qu’était devenue leur relation fraternelle, aux torts qu’il avait, à ceux de Sam…il regrettait tellement tout ce qui s’était passé entre eux, il aurait voulu que tout recommence comme avant…quand ils étaient enfants, ils s’entendaient tellement bien et Dean souriait quand il repensait à toutes les vannes qu’il sortait à Sam et comment il le charriait pour un rien. Si Sam avait été là, jamais il n’aurait pu être aussi serein, tellement dans son irritation de voir Sam lui mentir et faire des choses impensables avec cette sa**** de Ruby.
La semaine passa très vite pour Dean et pas un seul instant, il ne fut dérangé : ni par Sam vu qu’il avait éteint son portable, ni par Bobby, ni par Castiel ni par un démon ou une créature surnaturelle. C’était comme s’il avait été dans sa bulle et que tout le monde s’était accordé pour le laisser tranquille pendant sa semaine…sauf les cauchemars, bien sûr, qui eux, ne prenaient pas de vacances et n’en donnaient à quiconque.
Une fois la semaine finie, Dean n’éprouva plus du tout le besoin d’être seul à faire ce qu’il avait fait pendant ces journées. Il se sentait prêt à revenir à la vie qu’il avait : misérable et dramatique.

Quand il rejoignit Sam chez Bobby, ni l’un ni l’autre ne lui posèrent aucune question ou ne le blâmèrent, comme s’ils l’avaient vu la veille ou même une heure avant.
Dean ne dit rien non plus et reprit le cours normal des choses. Pourtant, une chose avait changé : il regardait Sam avec le cœur plus léger et avec un regard plus franc et plus amical.

Perdre son frère pendant une semaine est libérateur mais il vous manque quand même cruellement et les retrouvailles peuvent n’être que plates mais intérieurement, un sentiment fraternel bout et un lien plus fort se resserre entre eux, même s’ils ne s’en rendent qu’à peine compte eux-mêmes…

Non, Sammy, je te laisserais jamais définitivement…on peut avoir des engueulades, des mensonges entre nous, des besoins de solitude, même de longue solitude…mais jamais je te renierai, même si tu devais mal tourner…peut-être que je réagirais mal, que je voudrais partir loin de toi pour toujours, je dis pas le contraire…mais je me ressaisirais… et puis de toute façon, on restera des frères…à jamais…

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Le laisser partir ?


Cela faisait maintenant quatre jours que Dean était au chevet de son frère. Deux semaines auparavant, Sam avait soudainement contracté une maladie très rare et malheureusement incurable. Les médecins n’avaient pu rien faire et ne lui avaient donné que deux semaines à vivre. Sam n’avait pas voulu rester à l’hôpital pour ses derniers jours. Mais Dean avait insisté pour trouver un remède par la voie surnaturelle. Il avait passé des journées entières à chercher sur internet et dans des bouquins et Bobby ainsi qu’Ellen l’avaient aidé du mieux qu’ils avaient pu en faisant appel à leurs contacts. Malheureusement aucune solution n’aboutissait et Sam devait passer des journées à rester au lit, oscillant entre douleurs musculaires dans tout le corps et désespoir. Pourtant, il essayait de prendre son parti quant à cette mort soudaine mais Dean le pressait trop avec ses espoirs de survie et il finit par ne plus l’écouter ou lui répondre.

Désormais Dean avait épuisé toutes les sources de recherches et se contentait de rester assis, près de son frère. Bobby et Ellen avait essayé de le dissuader de rester 24h/24 près de lui, sachant que ça lui serait néfaste mais Dean s’était contenté de les jeter dehors. Sam ne restait presque plus conscient. Il était presque sans cesse endormi mais était agité de douleurs dans son sommeil qui lui faisait échapper des gémissements très audibles et déchirants.
Dean avait du mal à rester du marbre devant tant de souffrances de la part de son frère cadet. Au bout de plusieurs jours de veille près de lui, les larmes vinrent inévitablement, puis les sanglots. Dean se sentait complètement démuni et désespéré face à la mort inévitable de Sam qui ne tarderait plus. Il se sentait tellement impuissant et inutile qu’il en aurait eu envie de crier. S’il n’avait pas déjà fait un pacte avec le démon des carrefours deux ans plus tôt dont Sam avait su le libérer à prix de grands efforts, il en aurait refait un sans hésiter pour sauver son frère une nouvelle fois. Mais on ne fait ce genre de pacte qu’une seule fois dans sa vie. Parfois, Dean s’assoupissait quelques heures et quand il revenait à la réalité, il avait l’impression de vivre un interminable et épouvantable cauchemar. Rien dans sa vie ne lui avait fait si peur que toutes ces journées passées près de son frère et pourtant, il en avait vécu de ces situations épouvantables et sans espoir.
Alors, pour seulement la deuxième fois de sa vie, il se mit à prier. Ses prières étaient presque continuelles. Il ne se raccrochait presque plus qu’à ça. Il savait que sa mère aurait approuvé ses prières.
Progressivement, et sans qu’il voulut s’en rendre compte, Dean sombrait moralement. Il était devenu très pâle, avait beaucoup maigri et était agité sans cesse de tremblements et de frissons, allant presque jusqu’aux malaises. Si jamais un inconnu était entré dans la chambre de motel, il aurait vraisemblablement cru que c’était Dean le mourant et non Sam qui avait seulement maigri et était agité de soubresauts. Toute vie dans les yeux de Dean semblait s’être éteinte et ce n’était que lorsque Sam se réveillait légèrement, même si cela arrivait de plus en plus rarement, qu’une petite flamme chevrotante se rallumait en Dean.

Cela faisait maintenant trois semaines que les médecins avaient diagnostiqué l’état de Sam. Les deux frères n’étaient plus que les pâles ombres de ce qu’ils avaient été un mois auparavant.
Dean revenait de la salle de bains, après avoir été une fois de plus malade et s’aperçut que Sam le regardait fixement, les yeux empreints d’une fermeté inébranlable.
« Sam !s’écria Dean en se précipitant vers son frère et s’agenouilla près de lui. Comment vas-tu ?
-Très mal, Dean, tu t’en doutes.
-Qu’est-ce que tu as, Sam ? Tu sembles tout bizarre…
-J’ai pris ma décision, Dean, répondit Sam faiblement. Je n’arrive pas à mourir, c’est trop pénible. Tu dois le faire à ma place…
-Quoi ?s’écria Dean d’une voix affolée et incompréhensive.
-Tu es le seul auquel je peux demander ça, Dean. Je veux que ce soit toi !
-Tu ne peux pas me demander ça, Sam…Non, c’est bien trop…Comment je pourrais te faire ça, à toi, l’être auquel je tiens le plus au monde, bien avant moi ? C’est cruel de me demander ça !
-Comment veux-tu faire, alors ? J’agonise mais sans arrêt, sans voir ce maudit tunnel ! Je n’arrive pas à lâcher prise malgré tous mes efforts tellement je souffre ! Libère-moi de ma souffrance, je t’en prie, Dean… »
Sam le regarda alors avec ce regard tellement empreint de désespoir et d’amour fraternel que Dean se laissa fondre en larmes, à bout de nerfs. Il ne pouvait pas tuer son petit frère, non, il ne pouvait pas, c’était la chose la plus affreuse que Sam pouvait lui demander. Lui qui l’avait protégé tant d’années, qui avait souffert mille tortures physiques et mentales rien que pour lui épargner des douleurs, c’en était trop…
Bien sûr, mettre fin à ses jours lui permettrait d’enfin tourner la page et de ne plus voir souffrir son frère minute après minute sans qu’il puisse rien n’y faire. Mais non…que venait-il de penser là ? Mais c’est abominable de penser une chose pareille sur celui qu’il aimait tant au monde !! Comment pouvait-il en arriver à cette horrible conclusion ? Dean se dégoûta lui-même de penser à des choses pareilles et eut un haut-le-cœur. Secoué par des sanglots désormais ininterrompus, Dean, le visage en larmes, se tourna vers son frère, plus perdu que jamais. Mais Sam avait sombré de nouveau dans l’inconscience, ne pouvant attendre la réponse de son frère, qui lui avait paru évidente.
Le cerveau engourdi, tenant à peine sur ses jambes, Dean se traîna sur la chaise près de Sam, sur laquelle il était resté pendant ces longues semaines et cria intérieurement toute la douleur qui voulait s’extérioriser. Gémissant presqu’autant que Sam, Dean, éreinté par ses larmes et son désespoir, s’assoupit à moitié, la tête posée sur le lit de son frère, la main posée sur la sienne.

Deux jours plus tard, quand Bobby entra dans la chambre pour savoir comment allaient ceux qu’il considérait comme ses fils, des larmes coulèrent sur ses joues ridées. Exactement dans la même position dans laquelle ils avaient sombré, les deux frères s’étaient éteints en même temps, pour rejoindre un monde meilleur et sans douleur.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:45

Le plus beau souvenir qui soit


Un jour, tu as vu le jour…
Ce jour-là, tu m’as comblée de bonheur…
Que pouvais-je faire d’autre, à part t’aimer et te protéger ?

Cet amour était réciproque et si fort que je pensais que rien ne pourrait le briser…
Pourtant, il est apparu et tu m’as quitté…


Ce jour-là, le 1er novembre 1983, est resté dans ma mémoire à tout jamais…du haut de mes quatre ans, je voyais les choses différemment et je ne pensais qu’à jouer, manger des cookies et te serrer dans mes bras, toi, Papa et Sammy. Je ne savais pas que deux jours après, tout cet univers, qui remplissait ma vie, s’écroulerait brusquement.
Tu m’avais justement préparé mes cookies pour le goûter et ils étaient encore tout chauds. Tu m’avais interdit d’y toucher avant qu’ils ne refroidissent mais j’aimais trop ça, je voulais en manger tout de suite…plus malin et gourmand que d’habitude encore, je me suis glissé sous la table et j’ai attendu que tu sortes de la cuisine…une minute, peut-être deux…je savais pas trop compter les minutes et tu es sortie…comme un éclair, je suis sorti de sous la table et j’ai attrapé plusieurs cookies dans mes petites mains pour me planquer de nouveau sous la table. Mais tu es revenue à l’improviste et tu m’as coincé en me prenant dans tes bras, avant que je retourne sous la table. Tu n’arrivais pas à me gronder, c’était au-dessus de tes forces…la bouche pleine à craquer de cookies, je devais avoir l’air ridicule mais tu m’as fait le plus beau de tous les sourires quand je t’ai regardé avec innocence comme si j’avais rien fait…tu m’as embrassé plusieurs fois sur les joues. Et quand j’ai avalé tout ce que j’avais dans la bouche, tu m’as balancé dans les airs et tu m’as chatouillé, me faisant rire aux éclats. Qu’est-ce que je pouvais t’aimer…jamais un p’tit garçon ne pouvait aimer autant sa maman comme moi et intérieurement, je défiais le petit Sammy d’en faire autant…
Je revois encore ces images, claires dans mon esprit, comme si elles venaient de se produire et toi, rigolant comme moi, si vivante dans ma tête et si belle…Mais ce souvenir est-il vraiment réel ? S’est-il vraiment produit il y a tant d’années ? Ai-je pu vivre un tel bonheur ?

Tu sais, Dean, tu n’as pas rêvé…bien sûr, là, tu es en train de rêver mais ce sont tes souvenirs que tu vois, non des illusions…John n’a jamais été vraiment gourmand alors que moi…j’ai toujours été d’une gourmandise incroyable et John n’a jamais compris comment je faisais pour garder ma taille de guêpe, disait-il. Mais quand tu es né et que tu étais affamé à chaque instant, à vouloir ton biberon alors que tu venais de le finir, j’ai su que tu avais hérité de moi et tu as continué à être aussi gourmand…T’étais tellement adorable à manger tes cookies et tes p’tits sandwiches…je crois que je ne me serais jamais lassée de t’embrasser. Dire que j’étais exactement comme toi à cet âge-là, oui, c’est vrai…
Alors, oui, Dean, la veille du drame, tu te souviens vraiment de ce qu’il s’est passé…John était parti travailler au garage et Sammy faisait sa sieste aussi paisiblement que d’habitude, plus calme que tu l’avais jamais été à son âge. Mais toi, pas question de dormir, comme d’autres enfants de ton âge, tu voulais seulement manger et t’amuser…t’étais infatigable…On a passé un après-midi presque parfait tous les deux…on jouait à cache-cache et tu me trouvais à tous les coups, comme si tu avais un don pour trouver les autres, dans la moindre cachette…Mais toi, par contre, c’était presqu’impossible de te trouver et c’est pour ça que j’ai eu très peur pour toi à un moment…Tu t’étais caché une fois de plus et je n’arrivais pas à te trouver…au bout d’un certain temps, j’ai abandonné la partie et je t’ai dit de venir, que tu avais gagné…mais tu ne m’as pas répondu. Je t’appelais, je t’appelais sans arrêt, Dean mais tu ne répondais plus. J’ai pensé au pire, j’avais peur qu’une fois de plus, tu n’aies trouvé une cachette trop petite pour toi et que tu ne puisses plus en sortir…Je courrais dans la maison, criant ton nom, te sommant de venir tout de suite mais sans réponse…Je fouillais tous les coins, mieux que je ne l’aurai fait dans une simple partie de cache-cache. Sam s’était mis à crier lui aussi, affolé de ce qu’il entendait et ses pleurs n’arrangeaient rien, j’ai du aller le calmer. C’est alors que tu es sorti de sous son berceau, l’air de rien et tu as crié que tu avais gagné. J’étais en pleurs, je t’ai serré contre moi tellement fort que tu n’arrivais plus à respirer. Tu n’avais pas entendu mes appels, ta cachette avait été presque capitonnée et en plus, tu t’étais bouché les oreilles quand Sam avait pleuré au début de mes appels. Si tu savais comment je t’aimais, Dean…j’ai promis de ne plus jamais refaire ce jeu, ça avait été trop douloureux…J’avais eu l’impression de t’avoir perdu…toi, mon trésor que j’aimais par-dessus tout. J’ai pas arrêté de pleurer pendant une demi-heure et bizarrement, tu es calmement resté sur mes genoux, toi qui n’arrêtais pas de gigoter d’habitude. Tu me consolais, tes p’tits bras autour de mon cou, ça me faisait un bien fou…
Après, je t’ai autorisé à manger tous les cookies. On peut dire que t’étais content. Tu rigolais sans arrêt en les mangeant et je restais là, assise simplement, souriante de te voir si heureux et en bonne santé, si innocent…
Je n’ai rien dit à ton père de tout ça quand il est rentré, je ne voulais pas y repenser…je t’ai couché, après qu’on ait couché Sammy et je t’ai lu ton histoire préférée…celle avec des voitures bien sûr…et je t’ai dit que les anges veilleraient toujours sur toi, comme ça avait été le cas ce jour-là. Puis, endormi par ton histoire, tu m’as souri tendrement dans ton sommeil, m’offrant la plus belle image qui existe au monde.
Et j’ai remercié Dieu en me couchant de t’avoir protégé et prié pour qu’aucun mal ne te parvienne…jamais…

Oui, Maman, je me souviens aujourd’hui de tous les détails de cette journée…je me rendais pas du tout compte que t’étais inquiète mais quand je t’ai vu pleurer et bouleversée, ça m’a fait tellement mal et de peine que je voulais te consoler à tout prix. J’ai serré les dents pour ne pas pleurer et être fort…pour toi. Et puis, si tu m’avais vu pleurer, tu aurais pleuré encore plus…Mais j’ai très vite oublié ce qui s’était passé à la vue des cookies et je les ai enfourné sans modération…Je te voyais heureuse, tu souriais, alors ça allait, je pouvais manger…Je me souviens vaguement quand tu as évoqué, comme tous les soirs, les anges qui veillaient sur moi…
Maman, excuse-moi mais je n’ai plus jamais voulu y croire après toi…après ce soir-là…après que tu sois partie pour toujours, ces fichues histoires d’anges ne m’intéressaient plus et plus encore, m’énervaient. S’ils avaient existé, ils ne t’avaient pas protégée comme ils l’auraient dû, alors il valait mieux pour eux qu’ils n’existent pas…pas après comment je t’ai vu mourir cette nuit-là, c’était trop horrible pour ça, jamais je n’oublierai cette affreuse vision de toi au plafond, non, jamais…
Maman, je suis prêt à me réveiller, je le sens…même si c’est qu’un rêve, je voulais te dire que je…je t’aime, Maman…j’ai jamais eu l’occasion de te le dire, alors j’espère que tu l’entendras là où tu es. Tu es la plus merveilleuse maman qui peut y avoir, alors, merci Maman, merci d’avoir été celle que tu as été pendant ces quatre années…J’espère que tu pourras être un jour fière de moi…

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Mémoires d’outre-tombe


Je n’ai jamais cru à la chance ou à quoique ce soit qui y ressemble. Je m’appelle Meg Masters et j’étais étudiante. Je ne croyais pas trop en ce que je faisais mais j’espérais qu’un jour, on m’offrirait une opportunité que je saurai saisir et là, je m’y défoncerais comme une dingue. Malheureusement, ce qui m’arriva fut tout sauf de la chance…

Ca s’est passé un soir, comme je rentrais d’un cours barbant qui m’avait littéralement endormie. Je rentrais à mon appart pourri plus par habitude que dans l’intention de réviser mes examens deux semaines après. C’est là que je l’ai vue…une fumée noire, opaque, fluide, en face de moi, qui avait l’air de me juger. Il y avait de l’électricité là-dedans et elle bougeait : ce machin était vivant et j’étais sa pâtée. J’ai voulu piquer un sprint pour lui échapper mais manque de bol, elle était plus rapide mais j’aurai dû m’y attendre, elle n’avait pas de pu***** de jambes qui la ralentissaient non plus. Elle se jeta sur moi, comme un animal, et j’atterris sur le goudron, sonnée.
Les jours qui suivirent…je m’en souviens pas trop…Tout ce que je sais c’est que je ne contrôlais plus mon corps, c’était cette sa******* de machin qui le contrôlait. Je ne comprenais rien, j’avais du mal à rester consciente, comme si un poids énorme m’obligeait à lâcher prise. Au début, j’étais tellement crevée que j’abandonnais. Mais bon, faut croire que les humains sont chiants et veulent s’accrocher alors que tout espoir est perdu. En fait, moi, je n’avais pas d’espoir de revenir comme avant, j’étais assez curieuse de cette chose qui m’habitait. Ma curiosité a été satisfaite et je crois que j’aurai préféré rester dans le noir.

C’était un stupide dimanche calme et peinard comme tous les dimanches le sont. Quand la chose amena mon corps…et le sien maintenant, faut avouer, devant un miroir, je vis avec dégoût qu’elle n’avait pas du apprécier mon ancienne garde-robe. Elle avait carrément changé toutes mes fringues et s’était habillée…assez osée, sans être plus malpolie même si elle le mérite. Mes yeux me firent peur également, ils étaient devenus tout noir, c’était bizarre et flippant, je ne comprenais rien à rien. On était dans un motel miteux et apparemment mon hôte voulait profiter de mon corps…quand on frappa à la porte, j’étais certaine que c’était un mec qui voulait se faire cette chose et apparemment elle aussi car la personne n’était pas celle qu’elle attendait. J’eus un sursaut quand je reconnus ma mère. Elle était là, tremblante et heureuse de me voir…si elle avait su…elle se jeta sur moi…enfin sur mon corps plutôt et m’embrassait en disant m’avoir cherché partout, j’avais disparus depuis des mois…jamais je n’aurai cru que ça faisait si longtemps. Mais ma mère vit tout à coup mes yeux noirs et s’affola. Le monstre en moi la plaqua contre le mur et je sus ce qu’elle allait faire, comme si j’avais assisté à tout ce qu’elle avait fait avant…je criais dans ma propre tête, je la suppliai de ne pas la tuer mais autant parler à un mur. Elle s’amusait à l’étrangler à distance, le sourire aux lèvres. Je faisais tout mon possible pour reprendre le contrôle de mon corps mais elle était trop forte. Quelques minutes après, ma mère s’effondrait sur le sol, morte et je sus qui m’habitait : une saleté de démon…Je ressentis réellement sa joie de m’avoir fait souffrir. Elle me renvoya dans l’inconscience.

Après ça, quand je voulais reprendre conscience pour voir ce qui se passait, parfois j’y arrivais, parfois non…mais c’était à chaque fois pour voir les atrocités qu’elle commettait et ça me dégoûtait, j’avais envie de gerber mais je pouvais pas, mes organes n’étaient plus à moi. Alors j’évitais de revenir à la surface, ça m’évitait de voir des horreurs.
Je repris un peu espoir quand le démon rencontra un jeune homme sur le bord de la route. Il était assez séduisant et un peu paumé…Je savais que le démon lui tendait un piège mais je savais pas pourquoi. Ce Sam Winchester ne semblait pas si spécial pourtant mais bon, allez comprendre les démons…J’ai été soulagée quand ce Sam est parti de lui-même, au moins, ça faisait une victime en moins que j’aurai tuée…enfin que le démon aurait tué…Quand on s’est revu dans un bar, je savais que le piège était tout prêt installé et j’ai été soulagée de voir que Sam était avec son frère, aussi séduisant que lui d’ailleurs, enfin bref…même si le démon voulait me faire perdre conscience, je voulais rester et voir ce qui se passait, essayer par tous les moyens de prévenir ces deux gars de leur triste sort mais je n’arrivais à rien.
J’ai flippé encore plus quand le démon parla à ce démon qu’elle servait avec son intention de tuer ces gars et leur père. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé avec eux mais on a dû se battre un peu, je suppose. En tout cas, c’est ce soir-là que j’ai souffert le martyre et que j’ai cru ma fin arriver. J’avais pas réussi à reprendre conscience depuis des heures mais c’est la chute et la souffrance qui me réveillèrent. J’avais carrément été défenestrée et jamais je n’aurai cru que ça faisait aussi mal. J’avais des débris de verre plein le dos et même dans la bouche, c’était bizarre, j’avais l’impression de tout ressentir contrairement à d’habitude. J’ai même réussi à bouger de moi-même, à regarder mes mains…ça faisait tellement plaisir de pouvoir enfin contrôler mon corps, je vous jure, j’en aurai crié de joie si j’avais pas autant souffert. J’avais l’impression d’avoir le corps en bouillie mais je m’en foutais royalement…J’eus la folle idée que le démon était parti de mon corps, que j’étais peinarde pour toujours…mais bon, j’ai toujours eu des idées un peu dingues et trop optimistes…L’instant d’après, le démon avait repris le contrôle de mon corps…Souffrance envolée, contrôle envolé, joie envolée, espoir perdu…et pop, inconscience…

J’ai repris pied pas mal de temps après, je crois mais je préférais, je détestais avoir repris le contrôle de mon corps pendant seulement quelques instants, c’était comme avoir goûté au paradis pour retomber aussitôt en enfer…en tout cas le démon avait capturé un mec et le torturait avec un autre démon…j’ai préféré m’en aller tout de suite, je détestais ça, surtout de voir encore un autre corps innocent et flippant comme moi possédé par un pu**** de démon. J’avais juste visualisé les lieux où ce pauvre homme était retenu, c’est tout, j’ai toujours été observatrice.

Et enfin…la libération…enfin, la souffrance aussi…les deux jeunes types, les frères m’avaient complètement libérée. Ce pu**** de démon pouvait pourrir en enfer, ça me faisait un bien fou…enfin, bon, pas vraiment avec tout ce sang dans ma bouche, mais fallait faire avec. Ils ont été sympas avec moi, y a pas à dire même si l’aîné des deux semblait presser d’avoir le lieu où était leur père mais je peux comprendre, alors je lui ai dit, plus pour em****** le démon qui m’avait eue qu’autre chose. C’est là que je me suis rendue compte que ça faisait un an entier que cette sa******* de démon m’avait enfermée et malgré la souffrance qui me tailladait le corps et les entrailles, j’étais heureuse et je réussis même pas à sourire avant de mourir.
J’ai tendance à croire qu’on prit soin de moi après et je l’espère…même si, à quoi ça sert l’espoir quand on est morte ? Vous en auriez, vous ?


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Mon frère, mon meilleur ami


Un beau jour, j’ai fait ta connaissance. Tu étais blotti dans les bras de Maman qui revenait de la clinique. Je ne sus pas comment réagir face à ce petit être tout nouveau et innocent. Mais dès que Maman t’a présenté à moi, là, je compris quelle serait ma mission en ce bas monde. Te protéger coûte que coûte contre tous les méchants qui voudraient s’en prendre à toi. Bien sûr, je ne savais pas que cette mission commencerait si tôt et qu’à tes six mois, ma promesse serait mise à l’épreuve. Ce soir-là, je n’ai même pas réfléchi. Dès que Papa t’a confié à moi, la responsabilité de te protéger s’est abattue sur mes épaules et est toujours restée présente. Tes grands yeux innocents ne me demandaient qu’à veiller sur toi. J’avais parfois l’impression de n’exister que pour cette tâche mais elle ne me pesait pas le moins du monde. C’était comme si c’était naturel et même les nombreux rappels de Papa étaient tout à fait inutiles. J’aimais veiller sur toi et cela durant toute notre enfance.
Quand tu appris la véritable activité de Papa, j’ai voulu encore plus te protéger de cette si dure réalité qui pourtant, m’avait été assenée bien plus tôt que toi. Mais je ne te voyais que comme un être fragile et qui devait être mis à l’écart des dangers du monde. Pourtant je constatais qu’au fil des années, tu étais fatigué de cette protection constante et que ta rébellion était grandissante, surtout envers Papa.
Quand tu devins adolescent, je m’aperçus encore plus de cette rébellion. Tu t’aventurais avec enthousiasme dans les méandres des études au grand dam de Papa et tu arrivais à suivre quelques études malgré nos incessants voyages. Je ne comprenais pas ce besoin d’indépendance et cette volonté de marquer ta différence mais plus tard, je compris tes motivations.
Lorsqu’arriva ce jour fatal où tu partis pour l’université sans la bénédiction de Papa, je crus que j’allais m’effondrer et que la chasse et la vie sans toi ne seraient plus jamais ce qu’elles avaient été. Mais je savais que malgré toute la colère que tu dirigeais contre Papa, tu l’aimais toujours mais que ta soif d’apprendre et ton désir de sortir de cette vie cauchemardesque l’emportaient. Je te voyais tellement intelligent et brillant que je n’avais aucun souci pour tes études et ta réussite. J’avais seulement peur que tu t’éloignes trop de nous, que tu finisses par renier ta famille et qu’enfin, tu deviennes aussi vulnérable que n’importe qui face aux monstres qui nous entourent, craignant que tu n’occultes et oublies tout ce que tu avais appris en une quinzaine d’années.
Puis, je me suis tourné vers toi quand notre père est parti sans m’avertir. Je te voyais comme une sorte de bouée de sauvetage et dans un sens, même si je prétextais le fait que Papa soit parti et soit peut-être en danger, j’étais heureux de pouvoir t’arracher à cette vie confortable pour te traîner avec moi. J’espérais tellement qu’on puisse retrouver cette complicité de notre enfance et qu’on puisse tout partager. Malheureusement je ne vis que trop bien au fil de nos enquêtes que tu avais déjà vécu beaucoup d’expériences mais sans moi… Je ne saurais dire quelle fut ma déception mais elle fut intense et pas un jour ne passa sans que je n’envie ces amis qui avaient pu partager tant de joies et de conversations normales avec toi. Tu pensais que je ne vivais que pour la chasse mais la vérité était que ma vie ne se résumait qu’à ça et que Papa ne m’avait jamais appris à avoir une vie sociale. Je m’étais donc enfermé dans ma coquille et je regardais avec envie tes expériences.
Le jour de la mort de Papa, j’ai eu l’impression que tout s’écroulait autour de moi et que plus rien ne comptait, à part ses dernières paroles plus que choquantes. Pourtant, je te regardais et je me disais que tu étais là et qu’il n’y avait que ça qui importait. Peu importait les derniers mots de Papa à ton sujet et qui me fichaient une trouille bleue. Je ne voyais en toi que le frère cadet que je devais protéger des monstres, des démons mais aussi de la méchanceté elle-même.
Bien sûr, je me suis aperçu au fil des mois après la disparition de notre père, que tu réussissais à te rendurcir progressivement et que tu n’étais plus cet enfant aux grands yeux marrons qui me faisaient faire tout ce que tu voulais.
Si tu savais, Sammy, combien j’ai voulu veiller sur toi, c’est dingue l’énergie que j’y ai employée. Je me demande parfois quelle aurait été ma vie si tu avais été mon frère aîné et moi le cadet.

Quand tu as été tué par Jake, ça a été le coup fatal. Moi qui croyais que je serai toujours présent pour veiller sur toi coûte que coûte, j’avais échoué dans ma mission. Parfois, je me disais que tu étais intouchable et que pas une seule griffe de démon ne pourrait t’atteindre car j’étais là pour te protéger. Alors, je décidai d’aller jusqu’au bout et de te faire le dernier sacrifice qu’il serait possible de faire pour un homme normal. Ca réussit mais pas avec autant de succès espéré. Seule une année me permettait de vivre et te protéger pendant seulement un an encore. J’avais l’impression que les jours s’étiolaient comme une peau de chagrin. Je m’aperçus bien sûr de ton désarroi, de ton désespoir et de ta détermination à me sauver et sans te l’avoir jamais dit, je t’en ai toujours été très reconnaissant car je voyais à quel point tu tenais à moi. Mais malheureusement, tout a une fin et celle-ci marque la fin de ma protection envers toi.
Il est minuit. J’ai dû t’assommer pour que tu ne me voies pas partir, emmené par mes gardes du corps, ou d’âme plutôt si tu préfères. Excuse-moi, p’tit frère, de t’avoir causé autant d’ennuis. Si tu savais combien je suis fier de toi et de ce que tu es devenu aujourd’hui.

Adieu Sammy et ne culpabilise jamais, tout est de ma faute et non de la tienne…

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:47

Ne jamais perdre espoir…

Cela faisait maintenant déjà quatre mois…quatre longs et interminables mois que Dean était parti… Sam n’avait cessé de parcourir les routes à la recherche d’indices, de maigres indices fournis par Bobby qui s’inquiétait de plus en plus du changement du plus jeune Winchester. Sam n’avait pas retrouvé de couleur depuis ce fameux soir où la confrontation avec Lilith avait été surprenante mais durant laquelle Dean avait perdu la vie. Sa joie de vivre, si naturelle et expressive auprès de son frère aîné, était partie en même temps que Dean. Il lui aurait fallu un très gros effort pour simplement sourire et il ne l’avait plus fait depuis ce jour. Sam ne voulait pas paraître à aucun instant le moins du monde, ne serait-ce qu’un peu heureux. Il aurait eu l’impression d’offenser Dean là où il était. Il voulait souffrir un calvaire de son côté, même s’il se doutait que le sien n’était absolument rien à côté de ce que devait souffrir son frère. Depuis ce soir-là, il n’avait eu de cesse de chercher un moyen de ramener Dean parmi les vivants. Même si l’espoir était très mince, voire quasi inexistant, Sam avait insisté pour garder le corps de Dean intact. Bobby avait alors trouvé par l’un de ses contacts un container frigorifique à la pointe des avancées technologiques. Ils avaient donc déposé délicatement Dean à l’intérieur en espérant rouvrir très bientôt ce container qui préserverait son corps très longtemps, selon leur source scientifique.
Mais depuis, Sam commençait sérieusement à se décourager et à se poser des questions sur le retour tant désiré de son frère. Lui et Bobby n’avaient trouvé absolument aucune piste. Même Ellen et Jo avaient tenté de les aider mais elles ne pouvaient pas non plus consacrer tout leur temps comme lui pendant des semaines, ayant des vies à mener. Sam était pour cela très reconnaissant à Bobby qui ne se plaignait jamais de son obsession et semblait toujours espérer ramener Dean parmi eux. Sam soupçonnait le vieux chasseur de s’être encore plus rapproché de Dean quand il avait sombré dans le coma et que tous deux l’y en avaient sorti, surtout que Dean ne lui avait jamais raconté en détail ce qu’il avait vécu avec Bobby dans le cauchemar de ce dernier. Mais un lien très puissant s’était tissé entre eux et Bobby semblait considérer Dean vraiment comme son fils qu’il lui fallait récupérer à tout prix. Sam respectait cette affection au plus haut point et en était même heureux, même s’il aurait préféré que Dean soit là pour en profiter, bien sûr.
Alors que Sam concluait une des pistes qui s’était avérée vaine une fois de plus, il reçut un coup de fil de Bobby, qui était très excité à sa voix :
« Ecoute, Sam, j’ai une piste sérieuse cette fois-ci. L’un de mes anciens contacts que je désespérais de revoir, vient de réapparaître. Il faut que tu viennes chez moi, des réponses sérieuses pourraient nous être fournies. Dépêche-toi, mon contact reste peu de temps par ici. »

Sam ramassa ses affaires à la hâte et quelques heures plus tard, après avoir roulé comme un dératé, ce que Dean ne lui aurait jamais pardonné, il en était certain, il arriva chez Bobby où une voiture noire et très moderne était déjà garée à côté des vieilles voitures en réparation.
Sam se demanda qui pouvait être ce contact et il s’était posé la question durant tout le trajet mais à voir cette voiture, c’était quelqu’un de très énergique apparemment. Il entra sans se faire prier, l’ayant déjà fait de nombreuses fois au cours de ces derniers mois. Il vit alors Bobby en train de parler avec une femme qu’il ne voyait que de dos :
« Ah Sam, tu as été rapide, remarqua Bobby en s’avançant vers lui, un léger sourire sur les lèvres.
-J’étais pressé d’en savoir plus, suite à ton coup de téléphone.
-Eh bien Sam, je te présente une vieille amie, Pamela Barnes, dit Bobby en montrant une jeune femme assez séduisante, aux longs cheveux bruns entourant un visage fier mais profond et énigmatique.
-Bobby, n’exagérez pas, je ne suis pas si vieille que ça, sourit Pamela, faisant rougir et balbutier Bobby dans sa barbe. Vous devez être Sam Winchester, dit-elle en regardant Sam au fond des yeux, comme si elle voulait le juger.
-En effet, ravi de vous rencontrer, Miss Barnes. Quelle est votre spécialité exactement ?demanda Sam à brûle-pourpoint.
-Vous n’allez pas par quatre chemins, vous, c’est agréable pour une fois. Je suis dans la voyance.
-La voyance ?s’étonna Sam, ayant du mal à comprendre le rapport avec Dean.
-Sam, viens par ici que je te parle, dit Bobby en voyant que Sam commençait à s’énerver d’avoir fait tout ce voyage pour rien. Il l’entraîna dans une pièce à côté, après s’être excusé auprès de Pamela.
-Non mais Bobby, tu peux m’expliquer comment une simple voyante peut venir en aide à Dean ?s’exclama Sam.
-Ecoute, Sam, je sais très bien ce que tu penses mais tu ne la connais pas comme moi je la connais depuis toutes ces années. C’est la meilleure voyante de tout le pays…
-Mais Missouri…commença Sam.
-Missouri est différente, elle n’a pas les mêmes capacités que Pamela. Je doutais beaucoup d’elle au début aussi, comme toi mais quand je l’ai vu faire ses preuves, elle m’a littéralement consterné. Elle est vraiment très puissante dans son domaine, à tel point que les démons s’en sont déjà pris à elle et la recherchent activement en ce moment même.
-Mais pourquoi ? Qu’a-t-elle de si spécial pour que les démons la craignent, ne serait-ce qu’un peu ?
-Tu vas voir. Mais n’oublie pas, aie confiance en elle et en ses capacités, ça te facilitera l’approche ainsi que l’espoir de sauver ton frère. »
Ces derniers mots eurent l’effet de convaincre Sam bien plus que tous les autres arguments de Bobby. Ils revinrent donc dans le living-room où Pamela feuilletait tranquillement un livre.
« Alors, ça y est, la mise au point est faite ?demanda-t-elle en ne prenant pas la peine de lever les yeux.
-Oui, c’est bon, on peut commencer, dit Sam, d’un ton grave.
-Bon, enfin…Alors de qui parlons-nous exactement ? De votre frère aîné Dean qui a passé un pacte démoniaque, qui n’a eu qu’un an en échange de votre vie et qui a trépassé devant vous, au terme du contrat, il y a quatre mois, je me trompe ?
-Mais…comment savez-vous tout cela ?demanda Sam, étonné, regardant Bobby qui hocha la tête en dénégation.
-Oh c’est facile de connaître les nouvelles dans les échanges humains-démons, surtout que vous les Winchester, vous faites pas mal parler.
-Et alors, vous pouvez faire quelque chose pour lui ?
-Peut-être mais il faut d’abord que j’aille consulter son âme pour vous donner une réponse précise.
-Comment ça ? Mais son âme est en…
-En enfer ? Je le sais, merci, mais ce n’est pas la première fois que j’y consulte des âmes. Je n’y vais pas réellement, je transcende la frontière entre notre monde et le leur, je ressens leurs émotions et qui ils sont véritablement, s’il y a un quelconque espoir de rédemption, ce qui ne m’est jamais arrivé pour être honnête avec vous. Bon, laissez-moi au calme pendant quelques minutes. Ne dites rien et ne bougez pas, ce sera plus facile de me concentrer. »

Et avant que Sam n’ait eu le temps de poser toutes les questions qui lui brûlaient déjà les lèvres, Pamela Barnes ferma les yeux. Elle devint extrêmement pâle, d’une pâleur presque cadavérique et sembla se trouver à des millions de kilomètres. Sam, inquiet et en même temps rempli d’un espoir vivifiant, n’osait plus bouger d’un pouce ni même avaler sa salive tellement il craignait que quoique ce soit ne dérange la médium. Bobby avait pratiquement la même attitude.
Enfin, au bout de dix minutes, Pamela revint parmi eux et son visage retrouva ses couleurs. Elle rouvrit les yeux, apparemment essoufflée et fatiguée : elle regarda Sam :
« Votre frère Dean est vraiment quelqu’un d’exceptionnel. Il livre en ce moment même et depuis ces quatre mois un combat acharné contre les terribles souffrances qu’il endure. D’habitude, les autres âmes damnées ne souffrent pas autant que lui, mais là les démons lui infligent un traitement absolument effroyable et qui se passe de mots tellement c’est abominable. Mais malgré ses cris et ses pleurs, votre frère résiste courageusement. Je n’ai jamais vu personnellement d’âme comme la sienne, c’est très rare ce genre de choses mais j’ai bien l’impression que votre frère a quelques chances, même s’il y reste des siècles, de ne pas devenir un démon…
-Quoi ?s’exclama finalement Sam, qui avait pourtant retenu son souffle le temps qu’elle ait parlé. Comment ça, mon frère devenir un démon ?
-Euh, Sam, ce n’est pas important, tu sais…essaya de minimiser Bobby.
-Qu’est-ce que tu ne m’as pas dit, Bobby ?
-Eh bien, je suis navrée de vous l’apprendre de cette façon, je croyais que vous le saviez puisque Dean était au courant mais quand une âme humaine reste plusieurs siècles en enfer, elle en ressort pratiquement toujours démoniaque.
-Dean le savait ?demanda Sam d’une voix pâle et éteinte, s’effondrant sur un fauteuil.
-Oui, Ruby le lui avait révélé, d’après ce que j’ai vu en lui, dit Pamela.
-Et alors, on ne peut plus le sauver, c’est ça ?
-Non, Sam, je n’ai jamais dit ça. Dean est d’une force mentale hors du commun et d’après tout ce que j’ai pu voir en lui, cette force est entretenue par son exceptionnel amour fraternel envers vous. Il ne tient que grâce à vous, Sam et sûrement par peur de votre réaction s’il devenait un démon. Mais ses souffrances atteignent une telle ampleur que je ne peux pas vous assurer qu’il tiendra toujours.
-Est-il possible…que je vois en lui par votre intermédiaire ?demanda Sam en levant les yeux vers elle.
-Je n’ai jamais fait ça auparavant, ça me semble assez improbable…hésita-t-elle.
-Sil-vous-plaît, c’est important que je sache ce qu’il endure et que… je ressente sa présence…»
Pamela se tut et réfléchit assez longuement en posant fréquemment les yeux sur Sam qui la fixait toujours. Enfin, elle répondit :
« J’accepte, Sam mais ce sera extrêmement court, vingt secondes, pas plus, votre esprit ne pourra pas en endurer davantage. Si vous n’aviez pas ce lien exceptionnel entre vous et votre frère, je n’accepterai pas et je l’ai jamais fait pour quiconque jusqu’à maintenant. Mais apparemment vous tenez suffisamment l’un à l’autre pour endurer ce genre de choses, alors allons-y.
-Merci, répondit Sam.
-Mais sachez que cette brève entrevue de l’âme interne de votre frère sera très déstabilisante, voire effrayante. Surtout ne perdez pas pied, je serai là. Maintenant asseyez-vous face à moi. Bien, regardez-moi dans les yeux sans détourner le regard ou sourciller. Je vous guiderai ensuite. Prêt ? »
Pour toute réponse, Sam posa les yeux sur ceux de Pamela et s’y plongea sans sourciller. Bobby observait la scène de son côté avec autant d’appréhension que d’espoir.

Sam ne se sentit pas partir dans l’inconnu. Il sentit seulement que brusquement il se retrouvait plongé dans un esprit qui n’était pas le sien mais qui lui était pourtant horriblement familier, même s’il lui avait terriblement manqué durant tout ce temps. Ce fut comme si Sam avait atterri dans une mer de souffrances, de cris et de pleurs incessants. Le plus terrible est qu’il reconnaissait les cris de son frère, ses supplications, il ressentait toutes ses douleurs les plus atroces, son éternel étouffement mais aussi, et cela Sam ne s’y était pas attendu, il sentit plus qu’il n’entendit son frère appeler son nom et lui demander de l’aide, malgré qu’il se soit passé tant de temps. Sam, durant ce bref laps de temps, ressentit en l’âme de Dean, souffrances, désespoir, anéantissement mais aussi il put éprouver, du plus profond de son être, l’affection indestructible que Dean lui portait et qui semblait même s’être renforcée par les tortures comme si c’était la seule arme défensive contre les démons. Sam se sentit tellement transpercé de part en part par toutes les souffrances de son frère qu’heureusement que Pamela coupa la connexion à ce moment car Sam aurait vite sombré totalement face à tant de perdition.
Revenant à lui, Sam était plus pâle qu’un mort et Bobby se précipita vers lui pour qu’il ne s’évanouisse pas. Des larmes s’étaient échappées de ses yeux rougis et il ne pouvait s’empêcher de trembler. Sam regarda Pamela qui était restée à l’observer :
« Je vous avais prévenu que c’était rude, remarqua-t-elle.
-Comment…comment pouvez-vous rester aussi stoïque, surtout après ce que vous avez senti vous aussi ?
-J’ai l’habitude depuis le temps, j’ai appris à me détacher de toute émotion et de toute pitié, ça aide pour ce que je fais, sinon ça fait bien longtemps que je ne serai plus de ce monde.
-Alors, et Dean ?demanda Bobby.
-C’est tellement horrible, Bobby, répondit Sam en réprimant un sanglot. C’est bien pire que tout ce qu’on peut imaginer…Il m’appelle en plus…il crie mon nom…dit-il d’une voix faible, comme s’il n’en revenait toujours pas.
-Vraiment ?pâlit Bobby.
-Mais il n’a pas su que j’étais là, réalisa soudain Sam comme s’il regrettait d’être resté passif. J’aurai dû…il fallait qu’il sache que j’étais venu pour l’aider et que je ne l’abandonnais pas…
-Mais Dean sait très bien que tu chercheras toujours un moyen, lui dit Bobby.
-Non, ça ne suffit pas, il lui faut une preuve…je ferai absolument tout pour le sauver, tout ce qui est dans mes moyens, peu importe ce que ça me coûte…sauf mon âme, bien sûr, je lui ai promis… Miss Barnes, ramenez-moi là-bas, je dois lui parler.
-Lui parler ?ne put s’empêcher de sourire ironiquement la jeune femme. Vous croyez que ça marche comment exactement ? Ce n’est pas une connexion télépathique où vous pouvez tenir votre petite conversation tranquille.
-Ok, j’ai compris mais c’est quand même une connexion empathique ou ce genre-là ?
-Oui, on peut dire ça, dit-elle en fronçant les sourcils. Et alors ?
-Alors je peux tenter de faire ressentir à Dean ma présence et il saura que je suis là et que je ne l’ai pas abandonné.
-C’est presqu’impossible à réussir. De plus, vous risquez gros car si vous ne le supportez pas, la connexion ne sera pas rompue et votre âme erra parmi les âmes en peine éternellement.
-Je veux essayer quand même, assura Sam sans trembler.
-Sam, tu devrais quand même y réfléchir, douta Bobby.
-Non, Bobby, c’est tout réfléchi. Je n’ai pas cherché une solution pour Dean tous ces mois pour l’abandonner maintenant. Qui sait combien de temps s’est passé pour Dean, peut-être des dizaines d’années ! Je dois lui redonner un peu d’espoir, je lui dois bien ça.
-Très bien, recommençons…dit Pamela. »

Et la même chose se répéta mais cette fois, ce fut plus brusque et plus brutal. Sam sut se ressaisir parmi ces sentiments de désespoir et ces douleurs et se concentra plus qu’il ne l’avait jamais fait pour faire sentir à Dean sa présence et son affection pour lui. Tout ce qu’il avait ressenti durant tous ces mois, le vide éprouvé par son absence, son immense peine, mais aussi l’espoir de le sortir de là, il les lui envoya en un message bien clair d’espoir. A la dernière seconde, alors qu’il quittait son esprit, il ressentit un très léger rayon de lumière affectueux de Dean pour toute réception de son message.
Quand Sam revint à lui, il faillit s’évanouir à nouveau mais le fait d’être entré en contact avec Dean lui rendit le mince sourire qu’il avait perdu depuis quatre mois. Pourtant quand Bobby et Pamela le regardèrent, il vit leur regard étonné sur sa chevelure. Allant se voir dans un miroir, il vit que la racine de ses cheveux était devenue toute blanche. Pourtant, quelques minutes après, elle reprit sa couleur habituelle.
« Vous avez failli y passer, Sam, comme cette racine blanche l’a montré. Votre âme allait céder mais votre extraordinaire force et votre lien si puissant avec votre frère ont été les plus forts.
-Comment peut-on ressusciter Dean ?demanda Sam, désormais encore plus prêt à tout. Il doit y avoir un moyen…
-Je n’aurai jamais parlé de ça à quelqu’un d’ordinaire mais vous et Dean, vous êtes hors du commun, vous méritez que je vous en parle. Mais c’est plus une légende qu’autre chose…
-Allez-y quand même…
-J’ai entendu parler de la légende de Lazare…
-Oui, mais on n’a pas vu Jésus depuis pas mal de temps par ici, remarqua Bobby.
-L’important est Lazare lui-même…il paraît que si un mort est aimé par la même force et le même amour que Jésus pour Lazare, il existe un rituel que le vivant devra faire lui-même pour ramener le mort à la vie, où que le mort soit allé après son décès et cela définitivement et sans risque, après le retour.
-Et ça pourrait…ça ramènerait Dean de l’enfer, il serait ressuscité et sans danger de repartir là-bas ?
-Normalement, d’après cette légende mais encore une fois, ce n’est qu’une légende. Mais, il est grand temps que je parte, j’ai accompli tout ce que je devais faire ici et je ne sais rien de plus sur le moyen de sauver votre frère.
-Merci Pamela, merci pour tout, dit Sam, les larmes aux yeux. Vous n’en savez pas plus, c’est certain ?
-Non, désolée… Bonne chance à vous deux, ou plutôt à vous trois. Au revoir Bobby, merci pour le filtre. »
Une fois seuls, les deux hommes se regardèrent avec de l’espoir grandissant dans les yeux.

Le sourire de Sam se noya dans des larmes d’espoir et s’adressant à Dean :
« Il y a maintenant un bon espoir, Dean, ne perds pas courage, j’ai promis que je te sortirai de là et désormais on connaît un moyen, je sais qu’il existe. Courage Dean, fais-moi confiance, tu seras bientôt parmi nous. »

***************************************************************************************

Poisse, quand tu nous tiens


Il existe des journées comme ça où on a l’impression que toute la poisse du monde est venue se loger en vous mais est-ce qu’on peut s’en sortir autrement que par la mort ?

Ce jeudi-là, Dean et Sam pensaient pouvoir chasser leur créature du jour aussi bien qu’ils le faisaient habituellement, c’est-à-dire avec brio, rapidité et efficacité. Dean avait très bien commencé d’ailleurs la journée en se précipitant dans un fast-food, comme s’il n’avait pas mangé de cheeseburger depuis des années.
« Dean…essaya Sam.
-Chquoi ?dit Dean la bouche pleine à craquer.
-On dirait que t’as pas mangé depuis des siècles de cheeseburger.
-Tu chais…répondit Dean tout en vidant sa bouche…c’est pas si faux…passer quarante ans en enfer et t’imagines ça comme des siècles franchement, c’est abusé de pas fournir la nourriture essentielle à toute âme en détresse.
-C’est ça…dépêche-toi…on a apparemment un polymorphe sur les bras, et il va pas attendre que t’aies fini ton dîner.
-Ok, ok, je viens, bougre de bourru…dit-il mais en s’étouffant finalement avec un petit os oublié dans le bifteck. »

Le polymorphe agissait en tuant et en prenant la forme d’hommes ou de femmes venus rendre visite à leurs parents ou grands-parents. Grâce à des photos, les frères avaient vus ses yeux fluorescents et avaient compris que le polymorphe volait les personnes âgées en leur demandant de l’argent sous l’apparence de leurs enfants ou petits-enfants. Bizarre comme méthode mais efficace tellement la maison de retraite était emplie de riches patients. Le polymorphe devait être un infirmier dont ils avaient retrouvé le corps non identifié.
Ils y allèrent de nuit, sachant que le polymorphe dormait dans la maison de retraite.
Tandis qu’ils étaient prêts à entrer dans la pièce où il devait se reposer, le polymorphe, débusqué, partit en courant à l’extérieur. Dean, prenant la tête, courut à toute vitesse pour le rattraper, suivi de près par Sam mais le polymorphe était le plus rapide et ils perdaient de la distance. D’un signe entendu, les frères se cachèrent derrière une voiture et la virent s’engager, après s’être retournée plusieurs fois, dans une maison glauque et délabrée en-dehors de la ville.
« On y va ou pas ?demanda Dean avec une moue de dégoût.
-Quoi, t’as la trouille maintenant ?sourit Sam, prêt à y foncer.
-Non mais petit un : ça sent le piège à plein nez et petit deux : cette maison me dit rien du tout, on dirait qu’elle se moque de nous avec ses fenêtres cassées et son nez de travers.
-Arrête, Dean, c’est qu’une vieille maison et le polymorphe se croit seul, c’est sûrement son repaire. Et même si c’est un piège, il faut qu’on y aille, c’est obligé sinon demain le polymorphe quittera la ville maintenant qu’il sait qu’on le poursuit.
-T’as raison, allons-y, soupira Dean : mais j’aime pas ça, je t’aurai prévenu. »

Avec prudence et en silence, les frères s’y engagèrent, la porte ne grinçant étrangement pas, ce qui mit Dean encore plus mal à l’aise. Ils inspectèrent le rez-de-chaussée sans résultat puis le premier étage et enfin le second en vain également. Alors qu’ils craignaient que le polymorphe ne soit sorti par derrière, il surgit de nulle part, attaquant Sam et le précipita dans l’escalier, se battant avec lui. Dean, muni de sou couteau, les suivit, tenta de tuer le polymorphe mais il pouvait blesser Sam tellement les deux se débattaient et s’envoyaient des coups de poings, Sam ayant perdu son arme à l’étage. Alors que Sam et le polymorphe, arrivés au premier étage, se relevaient, Dean crut voir sa chance sourire quand il se retrouva derrière le polymorphe. Alors qu’il allait enfoncer son couteau, le polymorphe prit Sam par la veste d’une force surhumaine et en se retournant, l’envoya sur Dean. Le poids des deux frères l’un sur l’autre devenant trop lourd pour le mince plancher, ce dernier craqua en un fracas épouvantable, emportant Sam, Dean et le polymorphe, les faisant traverser le plancher du premier étage, celui du rez-de-chaussée pour atterrir au sous-sol.

Il y avait tellement de poussière qu’on n’y voyait plus rien. Seul le bruit des dernières planches tombant étant encore audible. Les deux frères reprirent leur respiration au même instant, comme coordonnés dans leur réveil qui fut très différent.
Sam toussota, ses poumons remplis de poussière et put se relever sans trop de mal, avec la tête qui tournait dangereusement, du sang lui coulant du nez et de la tête mais sans gravité, sa cheville lui faisant seulement mal. Il chercha son frère du regard.
« Dean ?
-Sam, ça va ?dit l’aîné d’une voix faible.
-Ouais, rien de cassé, seulement ma cheville de foulée, je crois ; et toi ?
-Bof, pas terrible… »
Sam vit alors avec horreur en s’avançant vers lui que Dean s’était empalé sur un long bout pointu d’une planche qui s’était cassée en deux sous l’impact. Le bout en bois ressortait de sa poitrine, qui était en sang. Son visage n’avait rien subi mais du sang coulait de ses oreilles et de sa bouche.
« Oh non, Dean, pas ça…s’affola Sam.
-J’t’avais dit que cette maison me disait rien…sourit Dean avec une grimace de douleur.
-Reste conscient surtout, j’appelle les secours…dit Sam voulant sortir son téléphone.
-Et le polymorphe, t’y pense ou quoi ?
-Quoi ?
-Où est ce pu**** de polymorphe, Sam ?insista Dean, plus inquiet pour son frère que pour lui.
-J’l’ai pas vu, il a dû tomber comme nous, je crois. Où est ton couteau en argent ?
-Tu vas rire…
-Dean, me fais pas attendre, c’est urgent.
-Il s’est planté dans ma cuisse gauche en tombant…prends-le, ça me fait un mal de chien…
-Attends, j’y vais doucement, dit Sam avec une grimace en prenant le poignard dans sa cuisse arrière, arrachant un gémissement de souffrance à Dean.
-Maintenant, va tuer ce salaud de polymorphe, s’il-te-plaît… »

Sam, après un regard inquiet jeté à son frère, alla en clopinant chercher où était tombé le polymorphe et s’il avait pu se relever à son tour. Mais il n’en trouva aucune trace dans le petit sous-sol dont il fit rapidement le tour.
Il revint vers Dean qui avait fermé les yeux.
« Dean, Dean !! Réveille-toi tout de suite, je t’interdis de dormir !
-Je dormais pas, dit Dean, les yeux toujours fermés, d’une voix ensommeillée.
-Oui, à peine. Tu te concentres sur ma voix et je t’interdis de recommencer à me faire des peurs bleues. J’essaie d’appeler les urgences…dit-il mais son portable était cassé en deux.
-J’t’ai dit que j’avais la poisse. D’abord, l’os dans le bifteck, ensuite ce bout dans ma poitrine, le couteau et maintenant ton portable…j’suis mal barré…
-Je vais essayer d’éponger ta blessure au torse.
-T’as trouvé l’autre imbécile, j’espère ?
-Non, il doit être parti, maintenant.
-Tu plaisantes ? On peut pas remonter d’ici, ça fait au moins cinq mètres de haut et y pas de sortie de secours.
-Je l’ai pas trouvé, je te dis, je sais pas où il est.
-Génial…Aïe ! Arrête ça tout de suite !
-T’es douillet, je t’ai à peine touché.
-J’t’y verrai, toi, j’ai l’impression d’avoir le torse en bouillie et les douleurs avec…
-Désolé… »
Sam continua pourtant à essayer de soigner comme il pouvait la blessure. Mais après quelques minutes, il arrêta, le sang devenant de plus en plus abondant, risquant l’hémorragie. Ne voulant pas montrer son inquiétude alors que Dean fermait de nouveau les yeux, Sam regarda autour de lui une quelconque sortie que le polymorphe aurait pu emprunter.
« Dean, ouvre les yeux…ouvre les yeux !!
-Hum ? Qu’est-ce qu’y a ?
-Je vais essayer de trouver une sortie pour aller chercher les secours, tu gardes les yeux ouverts, ok ?
-Hum, hum, dit Dean en les refermant peu à peu.
-Dean ! Si tu les refermes, t’es qu’un dégonflé et une fillette !
-Hé !s’insurgea Dean en les rouvrant tout grand.
-C’est bien, sourit Sam à moitié. »

Il s’éloigna et essaya de déplacer différents objets pour trouver une sortie. Au bout de dix minutes, il trouva une petite porte qu’il put ouvrir sur l’extérieur, respirant l’air avec plaisir. Alors qu’il allait revenir vers Dean pour lui annoncer la bonne nouvelle, son angoisse pour son frère lui causant un mal de ventre terrible, il vit arriver un ambulancier muni de sa trousse courir vers lui.
« Mais…mais…comment avez-vu su ?
-Plusieurs personnes ont entendu le fracas à quelques kilomètres et ont prévenu les secours, les autres me suivent, j’étais le plus proche. Où est le blessé ?
-Là-bas, au milieu de la pièce, dit Sam en fronçant les sourcils.
-C’est une chance qu’on ait entendu le bruit sinon vous seriez encore là, dit-il en s’amenant vers Dean, maintenant inconscient.
-C’est vrai, vous êtes notre sauveur, dit Sam tout en se mettant derrière lui et enfonça soudain son couteau dans le dos, au niveau du cœur. Désolé, mon vieux mais personne ne pouvait savoir qu’il y avait un blessé et un seul. Le polymorphe s’effondra à terre. Sa trousse n’était remplie que de billets et d’un revolver que Sam renversa à terre. Dean !! Réponds-moi, nom d’un chien !! Dean, je t’en supplie, me laisse pas encore, Dean !!!!! »
Mais Dean ne bougeait plus, pâle comme un mort, sa tête tournée sur le côté, ses yeux fermés. Sam lui prit son pouls, il était faible mais encore là. Quand il se leva pour aller courir chercher les secours, il ne remarqua pas que son pied appuyait sur la détente du revolver muni d’un silencieux et tirait une balle dans le pied de Dean…

Une semaine après, Dean était dans son lit d’hôpital, la poitrine bandée, la respiration sifflante et difficile, sous respirateur, sa jambe et son pied bandés également mais jetant des coups d’œil assassins à son frère, penaud mais rassuré, pour lui avoir tiré une balle dans le pied.
Poisse, quand tu nous tiens…

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:49

Pourquoi elle ?


Je me demande pourquoi elle est partie…pourquoi je n’ai pas su la protéger…Sam ne cesse de me répéter que c’était pas ma faute, qu’elle voulait servir d’appât et que nous pouvions rien faire pour l’en dissuader, elle était trop têtue pour ça. Mais il n’empêche que j’aurai dû la sauver, j’aurais pu la sauver mais je n’ai pas réussi…j’ai lamentablement échoué…et maintenant Jo est morte, je n’y peux plus rien…

Tout s’est passé très vite, trop vite malheureusement…Jo avait été enlevée, comme d’autres jeunes femmes blondes, par ce satané esprit d’Holmes. On a réussi à la retrouver à temps mais elle a insisté pour servir d’appât, on savait bien nous comme elle qu’Holmes serait difficile à coincer sinon. C’est là que ça s’est produit. Jo s’était assise au centre de la pièce et on attendait Sam et moi cachés derrière, prêts à sortir mais Holmes a été plus malin qu’on a cru et il a fermé la porte devant nous. Quelques secondes après, on a seulement entendu le cri de Jo. Il a été court mais a suffi à nous faire comprendre à moi et Sam que c’était fini. On n’a pas pu échanger de regard dans l’obscurité opaque mais nos frissons ont été communs…
Il nous a fallu plusieurs minutes pour défoncer la porte et pourtant, on y allait de toutes nos forces, priant pour qu’on se soit trompé et que Jo soit seulement blessée ou évanouie…On criait et on l’appelait mais seul le silence nous répondait…Quand on a défoncé enfin la porte, Holmes était bien sûr parti et Jo était allongée sur le sol, comme endormie, la nuque brisée… Ses yeux étaient fermés mais une dernière larme coula le long de sa joue quand je la pris dans mes bras. J’avais l’impression que tout était chamboulé autour de moi. J’avais du mal à entendre ce que Sam me disait mais je voulais pas non plus l’entendre, seulement essayer de calmer la douleur dans ma poitrine…Jo était morte et plus rien d’autre ne comptait. C’était comme si on rejouait la mort de Papa sauf que là, c’était Jo mais c’était encore de ma faute…pas celle de Sam ni de Holmes non la mienne, seulement la mienne…

Pourquoi faut-il que les gens que j’aime le plus au monde meurent tous à cause de moi ? Mais plus personne ne mourra, non plus personne, je le jure devant Dieu, pas tant que je serai en vie…ni Bobby, ni Ellen, ni Ash et surtout ni Sam. Je préfère mourir que de revivre ça.
Le lendemain à la première heure, Ellen arrivait, la froideur, la douleur et la pâleur semblant s’être installées définitivement sur son visage. Elle ne nous a pas dit un mot mais on lui a résumé ce qui s’était passé en deux ou trois phrases. Elle est restée près du corps de Jo, anéantie, comme si plus rien ne comptait pour elle, l’amour de sa vie étant partie sans elle. Sam et moi on a réussi à coincer Holmes quelques heures plus tard et à l’enterrer vivant, si on peut dire, à son tour dans son trou.

J’appréhendais revenir au motel. Notre vengeance était finie et seuls le deuil et les reproches nous attendaient. Finalement, j’ai laissé Sam rentrer seul. C’est sûrement égoïste mais je peux pas affronter le regard d’Ellen, non, je peux pas…surtout pas en plus après les quelques mots qu’elle a formulé avant qu’on aille chasser Holmes, comme si son ressentiment lui faisait espérer que l’un de nous y resterait aussi pour que l’autre comprenne sa souffrance. Elle a dit que c’était typique des Winchesters de faire d’un appât un Harvelle. Selon elle, le père de Jo, Bill, avait chassé exceptionnellement avec Papa et avait insisté pour servir d’appât mais Papa avait échoué et Bill était mort. Décidément, c’est une malédiction…Je comprends qu’Ellen nous en veuille autant, notre famille lui a enlevé les deux êtres qu’elle aimait le plus au monde et qui faisaient toute sa vie.

C’est idiot mais je peux pas réaliser que Jo est morte…que je ne reverrai plus son sourire, ses moqueries, son assurance, sa beauté si particulière et si séduisante. Dès notre première rencontre, je pensais finir au lit avec elle et elle aussi, je pense mais quand j’ai appris à mieux la connaître et aussi à entrevoir la menace silencieuse d’Ellen, je l’ai considérée davantage comme la p’tite sœur que j’aie jamais eue. Elle a été déçue que j’ai cette attitude, je crois mais a fini par se résigner.
Elle était si parfaite. Si drôle. Si pleine de vie. Jamais je n’aurai cru que ça se finirait comme ça, sinon…sinon, je pense que j’aurai agi différemment…Je réalise maintenant que je la voyais pas du tout comme une jeune sœur potentielle mais bien comme une âme sœur, une fille qui me ressemblait tellement que j’aurai passé ma vie à ses côtés, à l’aimer, la chérir, la combler de bonheur et à se soigner mutuellement de nos blessures de chasses. Ca aurait été ça le bonheur. Aimer une fille de tout son cœur et partager sa vie professionnelle avec elle, en symbiose…

Je me suis arrêté sur une route, le cœur battant à cent à l’heure, comme si j’avais couru pendant des centaines de kilomètres à toute allure. J’avais pas pris la peine de prendre la Chévy, valait mieux la laisser à Sam…Assis sur une borne kilométrique, quelques larmes parviennent à s’échapper mais je les retiens pas, ça fait un peu de bien…
La culpabilité continue de me ronger. Je n’ai aucune excuse, je le sais…un jour, j’en paierai le prix…Maman, Papa, Jo…on me fera un jour regretter le jour de ma naissance…Je sais que seuls les démons et les esprits sont responsables mais au fond, le problème vient de moi…s’il n’y avait pas Sam là-bas, à quelques kilomètres, j’aurai envie de me suicider ou de faire un truc totalement stupide mais il est là et me retient sans le savoir…Mon portable vibre dans ma poche. C’est sûrement Sam mais tant pis, il comprend sûrement que j’ai besoin d’être seul, il s’inquiète seulement…
J’ai l’impression d’entendre au loin cette musique bien-aimée de “Can’t fight this feeling” de REO. Ah oui, pourquoi je l’ai pas écouté ce pu**** de sentiment quand il me criait de me bouger les fesses ! Jo serait sûrement pas allée sur cette affaire et serait pas morte…
Bon sang, je suis maudit ou quoi ?
Maintenant, à chaque fois que j’entendrai cette chanson, je penserai à elle comme si son éternel sourire s’était figé dans ma mémoire, à la fois aimant, moqueur et accusateur.

Mon retour au motel se fait au ralenti mais je dois affronter Ellen et son ressentiment envers moi, je le dois pour elle…je le dois pour Jo.

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Pourquoi nous ?


Tout s’était passé très vite…trop vite… Bien sûr, les anges avaient dû se douter que ça se passerait comme ça vu leur assurance à ce qu’ils acceptent… Mais eux, jamais, ils n’auraient pensé ou même imaginé que ça prendrait cette tournure dramatique, trop certains de leur côté qu’ils refuseraient pour toujours. Mais ça ne se passe pas souvent comme on le souhaiterait malheureusement.
Pourquoi ils avaient dit “oui” l’un à Michael et l’autre à Lucifer ? Ca, il faudrait des années pour l’expliquer, il y avait tout un tas de raisons…
Tout ce qu’ils savaient, c’est que c’était la fin et que désormais, elle ne dépendait ni de l’un ni de l’autre mais de deux autres frères qui n’allaient pas se pardonner aussi facilement qu’eux l’auraient pu.

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Espoir…Désespoir…Ressentiment…Acceptation…
Enveloppé de noirceur ou de lumière, qu’importe…même si l’impression de voyager à vitesse lumière sans reprendre son souffle, seuls une pensée et un sentiment comptaient : la peur de perdre l’autre…

Un entrepôt, peu après minuit…
Deux hommes face l’un à l’autre, se regardant fixement sans ciller. Des cris pouvaient être entendus à l’extérieur du bâtiment, des cris effroyables et presqu’inhumains. Une souffrance indescriptible était à l’œuvre sur la terre entière sauf…dans cet entrepôt préservé de tout son, comme s’il avait été naturellement insonorisé par la seule présence des deux êtres présents, toujours immobiles. Un sourire éclairait le visage de l’un alors que l’autre affichait une expression sérieuse, tendue et presque triste.
Un éclair foudroya le milieu de l’espace qui les séparait, ne les faisant pas sursauter.
Puis, tout se passa très rapidement tellement la vitesse à laquelle ils se déplaçaient semblait irréelle. Entre ondes de choc et coups de poings, leur regard ne cillait pas, se fixant toujours. Parfois, une main plus appuyée sur le corps de l’autre produisait un effet et faisait vaciller ce dernier. Seul le sang fut à l’ordre du jour…pas de cris, pas de gémissement, pas de plaintes ni même de paroles…
Ils restaient pourtant à égalité, aucun ne l’emportait. Ils se remirent naturellement à leurs places premières, tous deux en sang, le visage tuméfié mais tenant toujours très bien debout. Alors, Michael fit un léger signe de la main, anodin pour n’importe qui, mais pas pour Lucifer qui, pour la première fois depuis leurs “retrouvailles”, eut un semblant de crainte dans les yeux. L’instant d’après, il s’écroula par terre, pris de spasmes, de terribles douleurs réparties dans tout le corps mais aussi dans tout son esprit, comme électrocuté dans tout ce qu’il était et représentait. Dans un ultime effort, il tendit lui aussi la main pour faire s’écrouler Michael et l’empêcher de continuer cette mise à mort mais un élément imprévu retint son bras : son vaisseau. Il ne put que commencer à tendre la main quand Sam usa de toutes ses forces, comme jamais de sa vie il ne l’avait fait, et l’empêcha de le tendre davantage, le forçant à le ramener vers son corps en proie aux spasmes. Cet effort extraordinaire lui enleva ensuite toutes ses forces. Michael, conscient de cette tentative, se dépêcha pour atteindre son but et d’un autre mouvement circulaire de la main, en finit avec Lucifer. Ce dernier se tordit dans une dernière douleur et sa fin provoqua l’explosion du bâtiment en un souffle blanc rougeoyant.

Fumée…débris…sang…
C’est tout ce qui semblait rester…
Pourtant, quiconque aurait pu voir ce qui en restait, aurait pu percevoir deux hommes, engloutis sous les décombres, moitié-vivant, moitié-mort.
Une toux rauque et saccadée se fit soudain entendre une dizaine de minutes après l’explosion…la silhouette, ne cessant de tousser, se libéra des débris et se releva tant bien que mal puis tenta de distinguer quelque chose à travers la fumée opaque. Marchant quelques mètres en titubant, il trouva enfin l’objet de sa recherche en se précipitant vers un corps, enfoui sous les débris.
« Sam ! Réponds-moi, ouvre les yeux, je t’en supplie, Sammy !dit-il en déblayant les débris qui embarrassaient le corps de son frère.
-Hé…murmura le concerné, toujours les yeux fermés.
-Sam !s’écria Dean, le visage bouleversé. Comment tu es ?même si la vue des blessures de Sam n’annonçait rien de bon.
-Content d’être redevenu moi…tenta de sourire le cadet.
-Mais t’aurais jamais dû accepter, tu le sais pourtant…
-Comme ça, on en a fini, ce salaud de Lucifer en a eu pour son compte… »

Mais une toux prit le cadet et le fit tousser à s’en arracher les boyaux. Découragé, Dean chercha des yeux un point d’eau, même s’il savait pertinemment qu’il n’y avait pas une goutte d’eau là où ils étaient. L’état de Sam n’était guère brillant, plutôt au-delà de l’affolant. Les traits tirés, son visage était couvert de sang, comme celui de Dean mais du sang sortait encore de son nez et de ses oreilles. Son torse semblait tellement en bouillie qu’en y réfléchissant, Dean ne s’étonna plus de le voir en train de s’étouffer, ses poumons devaient être en charpie. Ses jambes et ses bras semblaient eux aussi souffrir de nombreuses fractures et point plus inquiétant encore, Sam ne pouvait que la tête malgré sa toux qui remuait tout son corps et aurait davantage dû le faire bouger. Enfin, la toux s’arrêta :
« Eh ben…si j’ai pas explosé mes poumons avec ça…
-Dis pas ça, ça va aller, tenta de le rassurer Dean.
-Arrête tes conneries, Dean, c’est pas le moment…Je vais mourir, on l’sait tous les deux…mais on a sauvé le monde et t’es vivant, c’est l’essentiel…
-Non, Sam, c’est grâce à toi, entièrement, tu as sauvé le monde…je sais pas comment t’as fait quand ce salaud était en toi mais tu as pu lui résister au moment clé et Michael a fini le boulot…
-J’crois qu’il a été surpris…rigola Sam mais provoquant une nouvelle quinte de toux. J’crois que ce salopard s’était gouré, il aurait pas du prendre un gamin qui avait aussi un frère aîné…il a sous-estimé qu’on resterait des frères, même à ce moment-là…
-C’est vrai, Sammy…toi, t’as assuré, plus que t’aurais jamais pu le faire…dit Dean avec pourtant une expression de culpabilité peinte sur le visage. Tu m’as sauvé moi et le monde et moi, j’t’ai tué…
-C’est ça…comme si t’y étais pour quelque chose…oublie pas que c’est Michael, pas toi…et puis, c’est Satan qu’il visait, pas moi…
-N’empêche que j’aurais dû faire quelque chose, essayer de faire en sorte qu’il te frappe moins ou…
-Dean, arrête !supplia Sam. Tu ne pouvais pas car tu ne devais pas arrêter Michael…si tu l’avais fait, Lucifer vous aurait tué tous les deux et brûlait la terre entière…Tu n’as rien fait car tu ne devais rien faire, c’est évident…j’étais seulement sur la ligne de tir et il fallait passer par moi pour le tuer…
-Sam…excuse-moi…pardonne-moi pour tout, dit soudai Dean en pleurs, ne voulant pas accepter cette évidence. Mais cette demande de pardon n’était pas seulement pour ça mais aussi pour tous les tracas qu’ils avaient enduré depuis que Dean était revenu de l’enfer, depuis que les sceaux avaient été ouverts, depuis leur éloignement l’un de l’autre…depuis qu’ils avaient crus devenir étrangers l’un à l’autre… Dean avait souvent pensé que Sam regrettait de faire partie de cette famille, regrettait d’être son frère et lui-même avait parfois songé qu’être frères avait été une erreur de la nature depuis que son frère lui avait menti et avait bu du sang de démon…Mais aujourd’hui, il n’aurait pas su comment exprimer ce qu’il ressentait tellement le regret était présent partout en lui…il débordait de regret tellement il ressentait jusqu’au plus profond de son être combien il pouvait aimer son frère et être heureux qu’ils aient partagé tant d’années cette relation fraternelle. Son regard humide, coupable mais aussi conscient et heureux de ce sentiment fraternel, Sam le reçut directement et n’eut aucune peine à le comprendre car lui-même le ressentait et était rempli des mêmes regrets. Cette demande commune de pardons dura seulement quelques secondes car elle fut rapidement exaucée de part et d’autre. Un sourire éclaira en même temps le visage des deux frères, plus soulagés et heureux qu’ils ne l’avaient jamais été de leur vie de savoir que tout était pardonné, enfin.
Le sourire de Sam resta figé sur son visage quand un voile obscurcit ses yeux, les lui faisant fermer pour toujours.
Dean avait effacé le sien aussi rapidement que celui de son frère était resté. N’appelant même pas son nom pour le faire revenir, seuls des sanglots se firent entendre, les larmes abondant sur ses joues creusées et pâlies, lavant le sang sur son visage tuméfié.

Trois heures plus tard, Dean était resté exactement dans la même position, tenant son frère dans les bras mais les sanglots s’étaient tus, seules quelques larmes vagabondes s’échappaient encore de ses yeux. Son regard, sans expression, restait fixé sur le visage de Sam. Les hématomes sur son visage n’ayant pas été soigné, provoquèrent une hémorragie cérébrale. Dean fut conscient de cette évolution mais n’en resta pas moins immobile.

Le choix de partir…le choix de rester…Rester pour quoi, pour qui ? Partir…là, il y avait un tas de raisons pour le faire…Le choix ne fut même pas fait tellement il était évident.

Son corps s’écroula peu après…Sa force de résister était partie il y a bien longtemps. Et pour une fois, on allait les laisser tranquille lui et son frère…enfin, leurs dernières volontés seraient respectées.

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Première chasse

Jamais il n’avait senti une telle responsabilité sur ses épaules. Bon, ok, la protection de Sammy était le poids le plus important et ça depuis ses quatre ans mais là, c’était différent et ça l’enivrait.
Dean, du haut de ses neuf ans, se sentait essentiel dans les chasses tellement spéciales de son père et ce regard de fierté quand il lui avait donné une arme, cette fois pour chasser et non s’entraîner ou protéger simplement, avait produit une chaleur dans le cœur de Dean, une chaleur bienfaitrice et inébranlable. Pour effectuer sa toute première chasse, Dean avait dû résoudre Sam à rester tranquillement endormi auprès du père Jim. Bien sûr, Sam l’avait supplié de l’emmener avec lui sinon il ne pourrait pas s’endormir sans sa présence réconfortante dans la même pièce. Mais Dean avait refusé tout net, sous le regard un peu amusé de John. Sam avait même fait son regard de petit chiot craquant et désespéré qui marchait à chaque fois et même si Dean avait failli céder, il avait su que le danger aurait été bien trop grand pour ce petit bonhomme de cinq ans seulement. Ils étaient donc partis, sous les pleurs de Sam que Jim avait essayé de réconforter malgré tout.
Ca se passait dans une grande et vieille bâtisse des années 50. A cette époque et dans ce bâtiment particulier, l’occupant avait été enterré dans le sous-sol pour une proximité avec sa famille, avec seulement une petite plaque pour toute trace de l’endroit de la tombe.
John avait répété une bonne centaine de fois à Dean ses instructions. Il chasserait lui-même l’esprit pendant que Dean déterrait ses os, les salerait, les arroserait d’essence et enfin les brûlerait. Ces quatre étapes étaient vitales et Dean dut les répéter pas mal de fois pour qu’elles soient encrées dans sa tête. Bien sûr ce n’était pas une vraie chasse puisqu’il n’aurait normalement pas à tirer sur l’esprit mais il participait et rien que de le faire, Dean en était fier. John avait donné à son fils aîné une pelle, de l’essence, du sel, un briquet mais aussi une arme chargée de gros sel. Dean était bien chargé avec tout cet arsenal avec lui mais il le portait avec le sourire.
« Bon, écoute-moi bien, Dean, dit John en le regardant dans les yeux. Je vais occuper l’esprit à l’étage pendant que tu trouveras sa tombe au sous-sol et que tu le brûleras. Il faudra être très rapide, alors ne me déçois pas, d’accord ?
-Oui, P’pa, tu peux compter sur moi, dit Dean d’un air sérieux et assuré.
-Très bien. Et si tu vois l’esprit…
-Je tire avant et je réfléchis après.
-C’est ça, sourit John. Je te rejoindrais en bas. Bonne chance, Dean, à tout de suite mon grand. »

John monta les étages silencieusement pendant que Dean descendait l’escalier menant au sous-sol, essayant de ne pas trop faire teinter les instruments dans son sac trop lourd pour ses trop frêles épaules. Quand il arriva au sous-sol, c’était tellement sombre qu’il crut que l’obscurité allait l’étouffer. Mais il sortit sa lampe torche et éclaira les lieux, à la recherche de la tombe. Il la trouva facilement et s’y mit aussitôt. Il creusa sur-le-champ avec sa grande pelle et put dégager les ossements assez rapidement. En sueurs et éreinté par cette besogne plus fatigante que prévu, Dean remonta du trou creusé et avec une grimace de dégoût regarda les ossements. Il eut un peu de mal à remonter du trou à cause de sa petite taille mais y arriva quand même mais couvert de terre des pieds à la tête. Ayant quelques malaises de par sa fatigue, il sortit l’essence pour en arroser le corps et prêt à allumer le briquet, il se rendit compte qu’il avait oublié quelque chose. Cherchant, il entendit nettement un cri de son père plusieurs étages plus haut et des bruits de fracas. Affolé, Dean mit le doigt sur son oubli et pensa au sel : il en versa aussitôt sur le corps pour ensuite le brûler. Le briquet ne marchait pas et les échos de la lutte de son père avec l’esprit se répercutaient toujours jusqu’à lui. Tremblant, il sortit une boîte d’allumettes et après deux cassées, il réussit enfin à en enflammer une et à la jeter sur le corps. Il s’en écroula par terre de soulagement de voir le corps s’enflammer et sourit de contentement. Les minutes passèrent et malheureusement, Dean n’entendait plus aucun bruit, même pas les pas de son père se rapprochant de lui. Le bruit revint mais non celui tant espéré. Les ossements étaient pratiquement en cendres et Dean entendit que son père semblait toujours combattre l’esprit, entendant encore des coups de feu et des bruits de chute. S’affolant de n’avoir pas fait les choses correctement, surtout à cause de l’inversion du sel et de l’essence, Dean chercha autour de lui un indice de cet imprévu. Soudain et avec découragement, il vit dans le coin, près du mur, à moitié cachée par de vieux cartons, un autre petit écriteau, indiquant une autre tombe. Ouvrant la bouche d’ahurissement mais aussi de désarroi et de découragement, Dean se leva péniblement mais assez rapidement pour refaire le même travail.
Il dégagea les cartons et reprit sa pelle. Le trou creusé, Dean en serait tombé par terre d’épuisement s’il n’avait entendu les nombreux coups de feu de son père aux étages. Alors qu’il parsemait le corps de sel, Dean vit sa lampe torche émettre de signes de faiblesse. Sachant très bien ce que ce signe voulait dire, il se précipita sur son arme chargée de gros sel mais il n’eut pas le temps de viser quoique ce soit qu’il fut précipité contre le mur. Ouvrant les yeux, il vit une femme apparaître devant lui, assez jeune apparemment mais au teint livide et même décomposé. Il essaya de tirer sur elle mais elle l’envoya valser de nouveau à l’opposé, mais cette fois son dos entra en contact avec une planche particulièrement pointue qui s’enfonça dans sa chair. Dean avait tellement mal qu’il ne pouvait plus bouger. Il rouvrit les yeux et vit avec horreur et surprise la femme s’approcher de lui et toucher sa joue de sa main putréfiée. Ce fut comme si un froid mortel et glacial l’avait pénétré de part en part. La femme sourit, son sourire se transformant en sourire cruel et moqueur.
« Comment un enfant comme toi pourrait me tuer ? Je suis toute puissante et même si je n’ai rien contre toi, le fait que tu aies brûlé mon tendre mari me fait considérer que tu dois avoir droit à une mort particulièrement longue et cruelle, qu’en dis-tu, petit ?
-J’en dis : va pourrir en enfer…
-Il faudrait que ta mère t’apprenne à parler aux dames, petit bonhomme, sourit la femme. »

Mais cette phrase était la phrase à ne pas dire et surtout pas à Dean. Reprenant le dessus malgré ses souffrances, il serra son arme dans sa main pourtant faible, la pointa rapidement sur elle et tira avant qu’elle ne se soit aperçue de rien. Elle disparut dans un hurlement.
Dean se releva avec toutes les peines du monde, tremblant de tous ses membres, par sa blessure au dos qui saignait abondamment et qui l’avait presque traversé, la blessure venant s’étendre jusqu’à son abdomen. Il renversa le bidon d’essence sur le corps et au moment de lancer l’allumette qu’il avait craquée, il eut juste le temps de la jeter que l’esprit réapparut et lui cassa le bras droit qui émit un craquement. Emettant un gémissement de douleur, il s’écroula par terre de souffrance, Dean regarda la femme brûler : il sourit et murmura : « Je t’ai eu, saloperie de fantôme. »
Alors que l’esprit finissait de brûler totalement et que Dean s’évanouissait, John arriva au sous-sol et secourut son fils, peiné de ses blessures mais très fier de lui.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:52

Prise de conscience


Dean courait à en perdre haleine dans un couloir qui lui semblait sans fin. Ses jambes commençaient à faiblir à force de courir mais il ne renonçait pas à continuer, il savait qu’une lumière apparaîtrait au bout de ce couloir et que cette porte la conduirait à Sammy, kidnappé devant ses yeux une heure plus tôt. Il n’avait rien pu faire, totalement immobilisé dans son lit par la force invisible d’un démon qui s’était empressé d’emmener son petit frère. Les cris de Sam, ses supplications n’avaient rien pu faire pour débloquer Dean de sa paralysie. Aussitôt qu’il fut libéré, il s’était mis à la poursuite du démon avec quelques armes mais du haut de ses treize ans, il était difficile de bien savoir se débrouiller pour pister un démon. De plus, les cris de Sam s’étaient tu sitôt la porte refermée sur lui et son kidnappeur, ce qui ne l’aidait pas à les retrouver.
Dean avait parcouru de nombreuses rues avant de tomber sur cette maison abandonnée où il avait aperçu un minuscule bout de tissu venant du pyjama de son frère. Depuis qu’il était entré, la peur lui tenaillant les entrailles, il courait sans arrêt, chuchotant parfois le nom de Sam. Mais bientôt, il ne put plus rien dire, et à bout de souffle, dut s’arrêter dans ce couloir interminable, s’adossant à l’un des murs, la gorge sèche et enflammée. Fermant à peine les yeux pour se remettre de sa fatigue et de sa vive inquiétude, le mur derrière lui disparut et Dean tomba dans le vide, le mur se refermant derrière lui. Après une interminable descente, il atterrit sur un sol pierreux, s’entaillant le crâne profondément. Tout était noir et un silence lourd enveloppait complètement le jeune garçon. Chuchotant une fois de plus anxieusement le nom de son frère, cette fois, une réponse lui parvint mais sous la forme d’un horrible ricanement démoniaque. Sortit alors de l’obscurité le démon responsable de l’enlèvement de Sam. Sans hésiter, Dean tira une balle chargée de sel mais le démon l’esquiva en ricanant une fois de plus. La seconde d’après, Dean, interloqué, n’avait plus aucune arme en main, même pas le flacon d’eau bénite qu’il avait pris. Tout avait disparu, comme si les armes étaient parties en fumée. Affolé par la situation devenant désastreuse, il tenta de garder son calme :
« Où est mon frère, qu’en avez-vous fait, s******* de démon ?
-Il n’est pas ici et ne l’a jamais été, petit. Qu’est-ce que tu croyais franchement ? Tu es si naïf et aveuglé par ta soi-disant mission de protection que ça n’en devient presque plus amusant. »

Dean comprit alors que ce n’était pas son frère qui était en danger mais bien lui-même. Un peu moins inquiet pour Sammy, même s’il se demandait toujours où il pouvait être, Dean n’eut pas le temps de réfléchir à ce qu’il devait faire que le démon l’attaqua. Le plaquant au sol, il l’assomma presque complètement par des dizaines de coups de poings et lui fit, par la simple pensée, de nombreuses entailles au torse et aux bras. Le jeune Winchester avait l’impression que ses blessures étaient chauffées à blanc et qu’un poison se répandait dans ses veines à grande vitesse, lui ôtant la capacité de réagir.
Le visage couvert d’hématomes et le corps ruisselant de sang, Dean pensa à son père qui aurait honte de lui s’il le voyait et qui lui tournerait sûrement le dos à cause de sa faiblesse. Puis il pensa à Sammy qu’il ne verrait jamais aller au-delà de ses neuf ans et au danger qui pourrait le menacer de toutes parts car il ne serait plus là pour veiller sur lui. Mais il fallait déjà qu’il aille bien, où qu’il soit. Il ne verrait jamais son cher petit frère devenir un homme et draguer des filles mais était-il encore en vie à cette minute ? Cette pensée et la douleur tellement intense à la tête et sur tout le corps lui tirèrent des larmes. Il s’en fichait que le démon le tue, tout ce qu’il voulait était que son Sammy aille bien car il n’aurait jamais dû faillir à sa mission.
Quand le démon s’en prit à ses organes internes, la douleur lui tira des sanglots tellement il souffrait. Jamais il n’avait ressenti une telle souffrance. Elle était si vive qu’elle occultait presque l’inquiétude qu’il ressentait envers son frère. Soudain, la respiration lui manqua et il étouffa, essayant de trouver de l’air n’importe où. Mais ne voyant aucun espoir de sauvetage, et sachant que personne, surtout son père, ne pourrait jamais le trouver dans cet endroit hors de la réalité, il arrêta de lutter et se laissa sombrer dans une obscurité sans nom…


« Dean, réveille-toi, je t’en supplie ! Dean !appelait John en vain.
-Dean, reviens, s’il-te-plaît, j’ai besoin de toi, grand frère…sanglotait Sam à ses côtés. Dean… »
John alla alors chercher dans son sac un flacon où il y avait un liquide poisseux et sans hésiter, le versa dans la gorge de son fils aîné. Les minutes s’écoulèrent sans que rien ne se passe, malgré les appels incessants de Sam. John s’était tu mais quelques larmes commençaient à perler dans ses yeux.
Enfin, le torse en sang de Dean remua légèrement pour s’étouffer ensuite à moitié à cause du liquide. Tremblant comme une feuille, Dean, malgré son traumatisme crânien, réussit à ouvrir les yeux et eut l’ombre d’un sourire de voir son père inquiet auprès de lui et son frère bien portant et hors de danger. Sammy, les joues ruisselantes de larmes, se jeta sur son frère, fou de joie. Mais Dean s’évanouit juste après, ses blessures ayant raison de lui.
John le porta aussitôt à la clinique la plus proche. Le laissant aux soins intensifs, dans un état très grave, avec Sam près de lui, il alla chasser aussitôt le responsable de l’état de son fils aîné, le visage empreint d’une colère et d’une vengeance peu communes. Deux heures plus tard, il contemplait le corps du démon des cauchemars.

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Résistance

Pas une seule fois il n’aurait prévu que ça se finirait de cette façon. Bon, ok, ils étaient à proximité d’une rivière mais faut pas exagérer non plus…

Dean tentait de rassembler toutes ses forces pour maintenir sa tête hors de l’eau, la penchant au maximum en arrière, le cou tendu…il arrivait à peine à respirer…une dernière pensée pour Sam qui cherchait une solution puis…il sombra, l’eau glacée s’infiltrant dans ses yeux, ses oreilles, son nez…dans tout son être…


Neuf heures plus tôt…
« Ecoute, Dean, dit Sam dans un resto-bar. C’est seulement une affaire ordinaire, je sais mais je pense qu’on devrait la faire tant qu’on est dans l’coin, ça nous coûtera rien, après tout.
-C’est que…j’sais pas pourquoi mais j’la sens pas, cette chasse, comme quelque chose me disait qu’on devrait surtout pas y aller.
-Je sais que ton instinct t’a rarement menti mais que veux-tu qu’il nous arrive, ce sont seulement des vampires, non ?
-Ouais, espérons…répondit l’aîné en terminant son verre. »
Quelques heures après, ils arrivaient à Knoxville, Tennessee. L’affaire semblait vraiment très simple : des gens trouvés morts avec une morsure dans le cou donc une bande de vampires en ville. Les vampires avaient semé les morts et les disparitions autour de deux bâtiments en particulier, tous deux au bord d’une rivière. Les frères décidèrent de se les partager, le soleil encore présent, promettant de s’appeler pour que l’un rejoigne celui qui avait trouvé le nid.
« Cent dollars que je vais au bon endroit, sourit Dean en laissant Sam prendre le bâtiment le plus au sud.
-Cent dollars de plus que c’est moi qui le trouve, retourna Sam.
-Jerk !lança Dean.
-Bitch !finit Sam, toujours en souriant, la machette à la main. »

Après avoir laissé Sam au premier bâtiment, Dean conduisit jusqu’au second, beaucoup plus au nord. Laissant sa voiture hors de vue, Dean s’approcha doucement et entra dans le bâtiment, aussi calme qu’une tombe. Il n’y avait plus d’étage, il s’était effondré. Le rez-de-chaussée fut très rapide à explorer, Dean faisant déjà la grimace à penser qu’il avait perdu deux cent dollars, même si Sam n’avait toujours pas appelé non plus. Soudain, il entendit un bruit à la cave alors qu’il était prêt à y descendre. Ses pas feutrés le menèrent jusqu’à une pièce assez grande et délabrée où des traces de vampires résidaient encore. Un hamac par-ci, des traces de sang et deux corps par-là. Mais plus rien n’indiquait que les vampires avaient encore leur nid ici : ce n’était qu’un nid abandonné mais très récemment.
« Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?murmura Dean, pensif.
-T’avoueras que c’était plutôt bien fait, intervint un homme derrière lui que Dean reconnut comme Zachariah.
-Et m****, me dis pas que c’est toi tout ce foutoir ?s’énerva Dean, cherchant déjà une sortie.
-Pourquoi, ça ne te plaît pas ?demanda l’ange innocemment.
-C’est toi qu’a tué ces personnes ?
-Oh Dean, tu me connais mieux que ça, voyons, sourit Zachariah.
-T’as fait en sorte que ça tombe dans l’ordinateur de Sam alors que c’est une vieille affaire…
-Tout à fait sauf un léger détail : un chasseur est venu entre temps et a liquidé les vampires mais autrement, tout est vrai, rien n’est de ma faute.
-Et comment tu savais que je viendrais là et pas à l’autre bâtiment ?
-Appelons ça l’instinct…ou que ce bâtiment soit au nord, ça te rappelle rien ?
-Allez, t’exagère là, le nord n’est pas forcément le ciel…ça veut rien dire ton truc.
-Ou appelle ça le destin…
-Je m’casse, salut, dit Dean en s’avançant, mais Zachariah lui barrait le passage.
-Je suppose que tu refuses encore de dire oui ?
-C’est évident !
-Alors, reste à mijoter quelques heures, juste pour voir, sourit Zachariah. »

Et alors que Dean s’y attendait le moins, l’ange fit exploser le plafond qui s’effondra entre lui et Dean, projetant Dean contre le mur du fond, près des deux cadavres. Les gravas étaient trop importants et montaient jusqu’en haut.
« N’appelle pas ton ami Castiel, ça ne sert à rien, on a mis les protections suffisantes pour qu’il ne puisse pas entrer…Allez, Dean, t’en fais pas, dit Zachariah de l’autre côté, je saurais cette fois où tu es et je viendrai te rendre visite. Même si je n’aime pas trop être mouillé…mais je ferai une exception… »
Dean allait répliquer quand il comprit le sens de sa dernière phrase. Il avait les pieds dans l’eau, une fissure s’étant formée dans la paroi, suite à l’explosion et l’eau envahissait les quelques mètres carré où Dean était emprisonné. Enervé et inquiet, Dean sortit rapidement son portable pour s’apercevoir que bien sûr, il était trop sous terre pour avoir un quelconque réseau. Il ne lui restait plus qu’à prier que Sam vienne rapidement le rejoindre, faute de vampires…enfin, prier, c’était sûrement pas le bon mot qu’il fallait penser, il était trop énervé contre eux. Il tenta d’appeler quand même Castiel durant quelques minutes mais en vain tout en essayant de déblayer les gravas qui lui bloquaient la sortie. Alors qu’il croyait en enlever un suffisamment gros pour pouvoir passer, d’autres énormes pierres lui tombèrent dessus, le refaisant tomber dans l’eau. Il se releva tant bien que mal, du sang coulant d’une plaie importante sur le cuir chevelu. D’abord étourdi, ensuite souffrant d’une migraine atroce, Dean tomba quelques secondes plus tard, inconscient, trop blessé pour pouvoir se soutenir longtemps debout. Heureusement, il tomba en arrière : ainsi son visage n’était pas encore dans l’eau…Mais l’eau montait rapidement…

Sam n’avait trouvé aucune trace de vampires dans son bâtiment et décida de rejoindre Dean. Quand il y arriva, une heure après, il remarqua l’Impala garée hors de vue du bâtiment et eut un mauvais pressentiment. Il tenta d’appeler son frère mais sans réussir. S’inquiétant de plus en plus pour lui, Sam entra, aux aguets dans le bâtiment et trouva de mauvais augure qu’une partie du rez-de-chaussée soit manquante, donc il descendit à la cave prudemment. Il trouva rapidement un amoncellement de pierres et de gravas qui l’empêchaient d’avancer davantage. S’appuyant en avant contre l’amoncellement, il l’appela :
« Dean ! T’es là ? J’espère que non mais réponds si t’es là ! »
Avant d’entendre quoique ce soit, Sam remarqua avec surprise et effroi que ses pieds étaient légèrement mouillés.
« DEAN !!!!cria Sam, totalement paniqué, mais il entendit un grognement sourd derrière.
-Hum…se réveilla Dean sous les appels de son frère pour découvrir qu’il avait failli se noyer mais qu’il avait atterri dans le hamac des vampires, heureusement suspendu. »
Il se redressa en chancelant et dut nager jusqu’à la paroi.
« Sam, je suis là !
-Dean, merci Seigneur, t’es encore en vie ! Mais qu’est-ce qui s’est passé, les vampires t’ont…
-Nan, c’est pas eux, c’est Zachariah qui m’a tendu un foutu piège…il veut me laisser mijoter selon lui.
-C’est pas vrai, manquait plus que ça…J’vais appeler Cas…
-Pas la peine, Zachariah a fait ce qu’il fallait pour qu’il vienne pas.
-Pousse-toi alors, je vais essayer de déblayer ces…
-Non, Sam, le fais pas, dit Dean en devinant ce qui allait se passer. »
De nouveaux gravas tombèrent de chaque côté de la paroi qui les séparaient, les faisant éjecter l’un et l’autre un mètre plus loin, Dean tombant dans l’eau.
-Ca va, Sam ? dit Dean en ressortant la tête de l’eau, arrivée à mi-torse.
-Ouais, dit Sam en se relevant.
-Laisse tomber, Sammy, ça sert à rien.
-Je vais appeler Cas et il trouvera sûrement une solution, je reviens, t’en fais pas, ça va aller, reste bien la tête hors de l’eau, c’est tout, tiens le coup, dit-il en partant.
-Facile à dire, c’est pas lui qui se gèle dans cette p***** de flotte…dit-il en tremblant, essayant de remonter sur le hamac mais il s’effondra, les parois devenues trop fragiles. Les deux corps vinrent flotter près de lui. Génial…maintenant les morts veulent se taper la discut, manquait plus que ça…dit-il en les repoussant. Désolé les gars, j’ai pas encore envie de vous rejoindre. »

Zachariah profita de ce moment pour arriver et lui demander une fois de plus avec le sourire quelle était sa réponse mais Dean le traita de telles injures que l’ange partit en promettant à Dean de le ressusciter et de recommencer s’il mourrait.
Le temps passait et aucun secours ne venait, ni Sam, ni Castiel. A la fin, Dean désespérait, l’eau lui était montée jusqu’au cou, il tentait de faire son mieux pour maintenir sa tête le plus haut possible, respirant avec difficulté, nageant de plus en plus avec du mal, sentant tous ses membres complètement gelés, il avait même l’impression de ne plus les sentir. Sa tête lui faisait tellement mal que la douleur lui transperçait le crâne, l’eau n’améliorant rien. Manquant d’air comme si ses poumons s’étaient congelés, il n’arrivait plus à respirer. Finalement, le visage tellement tendu par l’effort et la souffrance, Dean finit par avaler de l’eau. La faiblesse et la douleur eurent raison de lui : il arrêta de nager…

Son corps était en complète hypothermie mais deux semaines plus tard, il s’en sortit. Castiel l’avait sorti à temps, lui et Sam ayant réussi à bout de forces à rompre les protections dessinées sur le bâtiment. Quand il ouvrit les yeux, Dean eut l’impression que le vide qu’il avait déjà en lui avant l’accident s’était même étendu à sa tête et que rien ne changerait cette sensation que sa place n’était plus sur terre. Le regard figé, les larmes dans les yeux, il ne vit pas Sam à côté de lui, soulagé de son réveil mais soudain angoissé de ce regard si vide et si désespéré…
Zachariah avait-il finalement commencé à atteindre son but ?
Peu importait, Sam soutiendrait toujours son frère et il le fit en posant une main chaleureuse sur le bras de Dean qui se détendit…

******************************************************************************

Souffrances

Cela faisait maintenant un mois que Dean faisait cavalier seul à cause d’une énorme dispute entre lui et Sam sur sa prochaine mort quelques mois plus tard. Dean n’avait plus eu aucune nouvelle de son frère depuis et n’en avait pas donné non plus.
Il chassait maintenant depuis une semaine un démon de niveau supérieur, qui possédait un homme d’une quarantaine d’années : ce démon déchiquetait ses victimes en quelques secondes et avait fait un carnage dans plusieurs villes du même état. Dean avait réussi à le suivre ce soir-là, depuis un bar où miraculeusement il n’avait fait aucune victime. Espérant le coincer avant qu’il ne rentre dans sa tanière, Dean l’avait suivi dans une épaisse et très grande forêt. Munis de plusieurs couteaux et revolvers ainsi que d’eau bénite, Dean sentait qu’il avait de grandes chances de l’avoir. Mais il dut bien s’avouer au bout de plusieurs heures de marche derrière le démon, qu’il ne savait plus du tout où il était et pensa qu’une boussole aurait été la bienvenue dans un endroit aussi désert et immense. La filature du démon dut s’arrêter peu de temps après ce constat car il semblait s’être évaporé dans les airs. Le cherchant partout, sa recherche ne donna rien et Dean s’avoua vaincu et rebroussa chemin. Mais, même s’il se savait complètement perdu, il n’en demeurait pas moins que Dean essayait tous les chemins possibles et ne retrouvait pas le sien. Au bout d’une heure, il crut le reconnaître et s’y engagea, confiant, mais c’était l’erreur à ne pas commettre. Au bout de quelques mètres, Dean sentit le sol se dérober sous ses pieds et il tomba dans une trappe. Il tomba assez longtemps et chuta sur un sol en fer. Réprimant un cri de douleur, il constata qu’il s’était cassé la jambe lors de sa chute. Maugréant un vague juron, il essaya de se relever pour voir l’endroit où il se trouvait mais il fut assommé par derrière.

Quand il se réveilla, il vit qu’il était attaché sur une table en métal. Ses pieds, ses jambes, son torse, ses bras et ses mains étaient si solidement attachés soit par des cordes métalliques soit par de larges bracelets en métal, qu’il ne pouvait pas bouger d’un centimètre. Les cordes lui coupaient atrocement la peau s’il ne bougeait même que légèrement. Il ne pouvait bouger que la tête qui était libre. Il vit alors le démon s’amener à côté de lui :
« Bonjour, Dean Winchester, je suis vraiment ravi de t’accueillir chez moi, chambre de torture par excellence.
-Garde ton sympathique accueil, s********* de démon. C’est toi qui va souffrir dans pas longtemps, sourit Dean, malgré la situation plus que désespérante.
-Je vois que tu es à la hauteur de ta réputation, je dois l’admettre. J’ai vraiment eu du mal à te semer mais j’ai bien dû admettre qu’il nous fallait une confrontation, ça devenait trop pénible toute cette chasse.
-Je suis d’accord, faisons un bon combat et on verra si…
-Oh non…Si tu crois que j’ai envie de me battre, tu te trompes lourdement. Je ne me suis pas amusé hier soir pour rien tout de même. J’attendais de pouvoir me repaître de ta souffrance interminable, voilà tout.
-Tu sais, je ne suis pas trop fan de tout ça aujourd’hui. Fixons un rendez-vous dans quelques jours et j’y serai…
-Toujours de l’humour, Dean. J’adore ça mais notre discussion est finie maintenant, passons aux choses amusantes, si tu veux bien. Car j’ai toute une collection d’instruments qu’on vient de me livrer et je n’ai pas encore eu le temps de les utiliser. Tu vas les inaugurer.
-Quel honneur…murmura Dean, en cherchant une solution en quatrième vitesse pour se tirer de cette situation devenant critique.
-Mais d’abord, je ne ferai que t’amocher…»
La seconde d’après, Dean sentit un coup de point d’une frappe impressionnante lui ensanglanter le visage. Ce seul coup avait suffit à lui brouiller la vue tellement il avait été puissant. Mais le deuxième coup vint lui casser le nez, répandant encore plus de sang sur son visage. D’autres coups lui succédèrent mais ne pouvant plus rien endommager, Dean n’éprouva plus que la souffrance envahir chaque millimètre carré de son visage comme si son visage était réduit en bouilli. Bougeant sous les coups et les souffrances, les cordes entaillaient encore plus son corps, le coupant jusqu’au sang.
Puis, le démon sembla en avoir assez et s’occupa de ses bras. Sans que Dean ne puisse rien voir et c’était bien mieux ainsi, selon lui, le démon prit des lames tranchantes et taillada ses bras en divers endroits tellement profondément parfois, que Dean croyait qu’il était en train de lui traverser entièrement le bras. Il eut également recours à une sorte de marteau pour lui briser les os. Ayant d’abord étouffé des cris de douleurs, ces cris devinrent audibles et Dean ne se gêna plus de crier tellement il souffrait, même s’il savait que le démon s’en délectait mais il ne pouvait s’en empêcher. Ce fut ensuite au tour de son torse d’être tailladé à coups de poings et de couteaux. Puis, Dean sut pourquoi ses victimes étaient autant anormalement torturées. Le démon avait le pouvoir de traverser la chair pour pouvoir torturer de l’intérieur. Le démon prit alors un immense plaisir à traverser le torse de Dean pour en arriver à son cœur et à ses poumons qu’il malmena tellement que Dean croyait qu’il allait en mourir à chaque instant. Il sentait que cela avait provoqué une hémorragie interne et que le sang se répandait en lui. Ce fut enfin au tour de ses jambes qu’il cassa en plusieurs fois. Dean souffrait tellement qu’il se demandait comment on pouvait tant souffrir sans mourir. Le sang s’écoulait avec tant d’abondance de tout son corps que des caillots de sang s’échappèrent des blessures à de nombreux endroits, provoquant des spasmes de douleurs chez Dean.
Hoquetant de souffrance, il se rendit compte que le démon s’en était reprit à son torse qu’il traversait de part en part. Pleurant de souffrance et de désespoir, il traitait le démon de tous les jurons connus et en inventait de nouveaux. Il sentit même une pince lui retirer certains organes et pensa que ça devait être entre autres son foie. Le démon s’en reprit même à son cœur et ses poumons et les transperça avec beaucoup de force.

Dean regretta seulement de ne pas s’être réconcilié avec Sam avant ce jour-là.
Puis les souffrances redoublèrent au point ultime et Dean, malgré les liens, se courba de douleur.
Enfin, après avoir esquissé un dernier sourire, il poussa son dernier soupir.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:54

Un choix cornélien

Quand tu seras à la croisée des chemins
Et que tu ne sauras pas lequel choisir
Laisse-moi venir avec toi
Car même si tu te trompes
Je serai là pour toi

*J’ignore pourquoi et comment j’en suis arrivé là mais pourtant j’y suis et plus rien maintenant ne peut plus arrêter mes pas vers cette marche obscure et fatale que je m’apprête à faire. Tu es parti et jamais je n’ai pu te ramener malgré tous mes efforts et je ne comprends pas pourquoi tu n’es pas revenu, tellement mes appels étaient forts et pressants.
Aujourd’hui, on me donne le choix entre plusieurs routes à suivre mais je ne sais plus du tout où j’en suis, Sammy, non, je ne sais plus du tout. L’une des routes mène en enfer, là où beaucoup insinuent que je devrais aller, une autre mène à une vie sans souci, sans peine et sans douleur mais sans souvenir de toi ; une troisième va vers la réincarnation pure et simple de mon esprit vers un je-ne-sais-quoi en relation avec mon âme ; et enfin la dernière est celle d’où je viens, une vie faite de douleurs et de souffrances, une vie réellement infernale.
Que dois-je faire, Sammy ? Je ne veux pas t’oublier mais je ne veux plus souffrir comme j’ai souffert atrocement ces derniers mois. Aide-moi, viens vers moi à cette croisée des chemins, toi seul est en mesure de me conseiller dignement, plus sagement que tous ceux que j’ai rencontré jusqu’à présent.*

-Je suis là, Dean, j’arrive d’un endroit que je ne pourrai jamais te nommer.
-Oh Sammy, pourquoi…pourquoi es-tu parti loin de moi ? J’ai été incapable de te protéger et une fois encore, je t’ai perdu au bénéfice de la mort…
-Arrête de culpabiliser car maintenant, je suis là pour toi et je ne te quitterai que lorsque tu seras prêt à t’engager dans une nouvelle voie ou à retourner dans celle que tu viens de quitter.
-Mais comment faire le bon choix ? Chacun de ces chemins présente un inconvénient, et je ne parviens pas à choisir…Choisis pour moi, toi qui me connais mieux que personne.
-C’est vrai mais je ne peux et ne dois pas choisir pour toi. Tu es le seul à pouvoir décider de ce qui est le mieux pour toi.
-Mais je ne suis qu’un homme, pas un dieu…Pourquoi dois-je choisir alors que mon destin était d’aller en enfer ?
-Parce que ma mort a été imprévue et que jamais tu n’aurais pu ressentir une plus grande douleur.
-Alors emmène-moi avec toi, Sammy…
-Non, c’est impossible, tu le sais… Mais ton âme n’est pas encore damnée, Dean, tu peux encore faire le bon choix. Mais sache que je serai toujours là pour toi, quelque soit ton choix.

*L’aube arrive. Et avec elle, le choix que je dois faire car sinon quelqu’un d’autre décidera pour moi et jamais je n’accepterai qu’il fasse ce choix à ma place. Je vais retourner là d’où je viens, là où est véritablement ma place et peut-être qu’un jour, qui sait, je pourrai mourir avec une âme plus pure qu’elle ne l’est en ce moment. Merci Sammy, oui, merci pour tout, maintenant, je suis en paix.*

*****************************************************************************

Une belle chasse originale

Cette nuit-là, dans l’Impala, Dean regarda sa montre, tout en roulant, qui indiquait minuit et demi. Lui et Sam se rendaient une nouvelle fois dans une petite ville pour plusieurs meurtres où des gens avaient été électrocutés sans aucun appareil le permettant. C’est alors que Dean se rendit compte qu’ils étaient le 31 octobre, jour d’Halloween. Regardant Sam qui avait la tête tournée vers la vitre, Dean ne dit pas un mot et se contenta de se souvenir d’un Halloween bien particulier.

A cet Halloween-là, Dean avait quatorze ans et Sam dix. Leur père les avait laissé seuls dans un hôtel pendant quatre jours. Pour une fois John avait préféré l’hôtel aux motels miteux car il sentait qu’ils y seraient davantage en sécurité pour son absence prolongée. Sam n’avait pas remarqué que c’était Halloween et de toute façon, même s’il l’avait signalé, il aurait été de nouveau déçu de ne pas le fêter, comme il s’en était plaint l’an passé. Dean, lui, s’en était aperçu et se rappelant des prières de Sam à leur père pour faire comme les autres gamins, le frère aîné voulut profiter de l’absence de leur père, qui rendait déjà Sam morose, pour donner à Sam le souvenir d’un Halloween digne de ce nom. Alors qu’il était environ 16h, Dean s’adressa à son jeune frère en souriant :
« Eh Sam, ça te dirait de chasser ?
-Quoi, comme Papa ?s’étrangla Sam de peur.
-Mais non, idiot, pas comme Papa. Sache que pour aujourd’hui tout spécialement, j’ai préparé une chasse rien que pour toi, dans l’hôtel : on est Halloween, mon vieux !
-Quoi, tu m’as préparé quelque chose pour Halloween ?se réjouit Sam.
-Ouep, répondit Dean fièrement. Alors je t’explique les règles ou tu ne veux pas de ma chasse ?
-Si, si, vas-y, explique-moi !!
-Alors, c’est tout simple en fait. C’est tout simplement une chasse aux friandises. Durant la journée, j’ai placé plein de friandises dans plusieurs coins de l’hôtel mais du rez-de-chaussée jusqu’au dernier étage. Il te suffit de les trouver avec ce sac à dos. Je les ai placées dans différents endroits secrets et stratégiques, comme nous l’a appris Papa. Mais parfois tu ne découvriras pas des friandises mais un monstre. Si c’est le cas, tu perds une chance et en tout, tu as dix chances. Si tu trouves dix monstres, tu épuises toutes tes chances et toutes les friandises me reviennent, voilà !
-Oui mais comment je saurai que j’ai toutes les friandises avec moi ?dit Sam, en faisant une petite moue pour la dernière phrase. Car tu pourrais tricher.
-En fait, c’est prévu. Quand tu trouveras un paquet de friandises, il y aura un numéro dessus et j’ai placé en tout vingt paquets, donc à toi de tous les trouver. Et pas de triche, ne planque pas de monstres, sinon je le saurai. Tu as jusqu’à dix heures ce soir. Mais avant, voilà la costume que tu es obligé de porter pour la chasse.»
Et Dean lui présenta un costume vert foncé en papier mâché avec, à placer sur la tête, des petites cornes velues.
« Arrête, je ne vais pas porter cette horreur dans tout l’hôtel !s’exclama Sam épouvanté.
-Si, parce je me suis donné un mal de chien à le faire et qu’à Halloween, on doit se costumer, alors pas de reproche, j’ai fait du mieux que j’ai pu. »
Sam enfila le costume et Dean se retint de rire tellement il le trouvait ridicule. Sam eut d’abord une expression de dégoût puis autant impatient que ravi par la perspective de cette chasse innocente, il s’empressa de prendre le sac à dos et sortit à toute vitesse, un grand sourire aux lèvres.
Les heures passèrent. Dean avait sagement attendu le retour de son frère dans la chambre mais une heure avant la fin, il sortit parcourir l’hôtel pour voir où en était son chasseur de petit frère. Il le retrouva à l’avant-dernier étage de l’hôtel, perché sur un escabeau, à vouloir atteindre le haut d’une armoire ancienne dans un couloir.
« Non mais franchement, Sam, tu me crois assez stupide et imprudent d’avoir voulu cacher des friandises dans un endroit aussi haut et dangereux pour toi ? »
Mais Sam, se retourna et brandit, ravi, un paquet devant le nez de son frère.
« Ok, je plaide coupable, sourit Dean, un peu honteux et embarrassé. Alors où en es-tu, Sammy ?
-J’ai dix-huit paquets et neuf monstres.
-Wouah ! Tu as bien avancé dis donc !s’exclama Dean, surpris que son frère ait trouvé des cachettes presque impossibles à découvrir.
-Oui mais tes monstres ne sont pas très convaincants, se moqua Sam en sortant un papier où était dessiné une tête de loup-garou hurlant. Et en effet, le dessin était tout sauf réaliste car le dessin de Dean était si mal dessiné qu’en fait il pouvait faire peur tellement ça ne ressemblait à rien.
-Ouais, bon, ce n’est pas le dessin qui est important mais le fait que ce soit un monstre, c’est tout, se renfrogna Dean. »
Le temps s’écoula et à la dernière minute de recherche que Dean passa avec Sam, ce dernier ne trouva pas le dernier paquet qui lui manquait mais le dernier monstre. Il fut tellement déçu qu’il en eut les larmes aux yeux. Dean, ennuyé de cette réaction qu’il n’avait pas prévue, lui mentit en faisant semblant d’avouer qu’il n’avait pas caché le dernier paquet qu’il avait gardé pour lui et qu’en fait Sam aurait du le trouver. Revenus dans leur chambre, Dean donna donc le dernier paquet à son frère. Mais Sam, satisfait et heureux de son expédition de l’après-midi, partagea les friandises avec Dean. Trente minutes après, ils étaient devant la télé, à regarder un film d’horreur spécial Halloween. Sam s’était endormi, ses friandises à côté de lui, à peine entamées, avec un grand sourire resté sur les lèvres. Dean, mastiquant sa dernière friandise, regarda heureux son jeune frère : il n’avait jamais été aussi ravi d’avoir procuré à Sam une joie aussi agréable et durable.

Quatorze ans après, Dean se remémora ce souvenir avec une joie et une affection intenses, tellement il se rappelait avoir été heureux cette soirée-là, d’avoir rendu à son frère un peu d’innocence. Et sans le savoir, juste à côté de lui, Sam s’était souvenu de la même soirée avec une joie tout aussi grande.

******************************************************************************

Un Noël inhabituel

Quand Sam s’était enfin endormi, Dean s’était levé sans bruit de son lit et s’était posté devant l’interstice de la porte de leur chambre pour observer ce qui se passait derrière. Il n’en avait jamais eu l’occasion auparavant mais cette nuit, il allait enfin avoir la réponse à sa question. Dean osait à peine respirer ou fermer les yeux, craignant que « la chose » ne soit dérangée dans son travail. Pourtant, il attendit pendant des heures, à genoux, ses yeux guettant sans cesse ce qui se passait autour du maigre arbre de Noël qu’il avait trouvé. Mais la fatigue et le désespoir commençaient à le gagner car minuit était passé et toujours aucune trace de ce qu’il attendait si passionnément. N’ayant pas l’habitude de veiller aussi tard, son ventre commençait à gargouiller légèrement car le petit pamplemousse et la fine tranche de saucisson mangés le soir d’avant, avaient du mal à le soutenir et il aurait bien mangé autre chose. Il risqua tout de même un rapide coup d’œil dans la chambre de Sam et lui mais seuls ses legos du Noël passé trônaient dans un coin. Soudain, un bruit se fit entendre et Dean sut aussitôt ce que ça devait être. Retenant sa respiration et écarquillant les yeux de fébrilité et de joie, il fixa son sapin de Noël. Ses mains étaient devenues moites tellement l’attente avait été rude mais pleine d’espoir. Mais ce fut son père qu’il vit rentrer et cela par la porte d’entrée. Poussant un soupir énervé presqu’audible, Dean eut soudain très peur que son père n’ait gâché son arrivée à lui. Comme si cela était devenu une habitude pour cette nuit, Dean n’alla pas se recoucher dans son lit maintenant froid mais il resta à sa place et observa son père. Ce fut alors avec un complet désarroi et une tristesse sans bornes que Dean le vit déposer un cadeau près de la chaussette de Dean au pied du sapin. Dean comprit soudain à une vitesse grand V que le père Noël n’existait pas et que tout ce que lui avaient raconté ses parents n’était que mensonges. Il avait échafaudé tellement de théories tarabiscotées à propos de la vitesse à laquelle devait aller le père Noël pour satisfaire les enfants du monde entier mais là, la vérité était tombée comme un couperet. C’était les parents, et non ce soi-disant père Noël si merveilleux, qui apportait les cadeaux. C’était plus logique que tout ce qu’il aurait pensé évidemment mais dénué de magie et de foi. Pour la première fois depuis la veille au soir, il pensa à sa mère qui lui enjoignait tant de croire en Dieu. Eh bien, se dit-il, c’était la même chose, la même déception, le même désespoir : il avait su il y a un peu plus d’un mois maintenant que Dieu n’existait pas sinon sa maman ne serait pas morte et aujourd’hui, il savait que le père Noël n’existait pas non plus. Avec un grand désarroi, il retourna se coucher, presque mécaniquement, en se demandant ce qu’il devait croire ou non et en qui car son père lui avait menti. C’est en tournant machinalement la tête vers Sam dormant dans son berceau, que Dean sut en qui croire pour toujours, tant qu’il vivrait : en son frère qui jamais ne pourrait le décevoir ou lui mentir. Pour cela, Dean se jura une fois de plus de le protéger de tout et d’essayer de le maintenir dans sa bulle d’innocence plus longtemps que lui afin que chaque 25 décembre, Sam ait l’impression que le père Noël venait de déposer ses cadeaux.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:56

Vengeance

Obscurité, brume, désespoir, dernier soupir…
Pour une nuit sans lune sans espoir d’un prochain sourire…


Tout avait commencé par une chasse bien ordinaire et bien fatigante, cela va de soi et Dean s’était toujours demandé pourquoi il avait mangé autant au déjeuner, il l’avait assez regretté durant la course. Lui et Sam avaient dû demander à Bobby de les aider sur ce coup assez compliqué et incluant plusieurs démons de haut niveau. A leur surprise, Bobby était arrivé avec Ellen qui, selon ses dires, n’en pouvait plus de rester sans rien faire au nouveau Roadhouse désert depuis sa construction. Les démons, au nombre de trois, tuaient les gens par dizaine depuis quelques jours et cela devait cesser au plus vite. Ils conclurent d’agir le soir même. Ils réussirent une heure après la tombée de la nuit à les trouver près d’une maison, prêts à faire de nouvelles victimes et les interrompant à temps, les poursuivirent à pied. Les démons s’engouffrèrent dans une forêt, dans laquelle, malgré une légère hésitation de la part des chasseurs, ces derniers s’enfoncèrent également. Ils les poursuivirent assez loin dans la forêt à tel point que le souffle commençait à leur manquer mais alors qu’ils se rapprochaient légèrement des démons, un des trois démons prit un chemin à droite et les deux autres prirent celui de gauche. Dans un bref accord mutuel, Dean et Bobby poursuivirent les deux démons et Sam et Ellen celui à droite puisque ces premiers détenaient le Colt que les frères avaient réussi à récupérer miraculeusement une semaine avant.
S’engagea alors une course encore plus effrénée et éreintante dans laquelle l’estomac de Dean devenait plus lourd à chaque mètre parcouru. Soudain, lui et Bobby arrivèrent dans un espace ressemblant à une petite clairière. Ils ne voyaient les démons nulle part, ils semblaient s’être évanouis dans les airs. Une fine brume les empêchait de voir distinctement mais brusquement, Dean fut projeté avec violence contre un arbre, lui faisant lâcher le Colt quelques mètres plus loin. Bobby tenta de résister mais fut immobilisé par l’un des démons sorti de l’obscurité. Il était en train de l’étrangler quand Dean put se relever, saisir le Colt et tirer sur l’agresseur de Bobby qui s’effondra l’instant d’après, l’hôte démoniaque anéanti. Mais Dean, même s’il voulait secourir Bobby qui avait du mal à reprendre sa respiration, restait aux aguets quant à l’autre démon, sûrement plus malin que son camarade. Alors que Dean relevait Bobby tant bien que mal tout en tenant le Colt pointé sur des directions différentes, la brume, une nouvelle fois, l’empêcha de voir le démon et il fut plaqué contre un arbre, le Colt tombant de sa main paralysée. Bobby lui-même ne pouvait plus bouger mais avait été figé à la même place. Sortant de l’obscurité brumeuse, le démon avait un large sourire :
« Dean Winchester…enfin…Et Bobby Singer…ça faisait longtemps nous trois, non ? »

Dean et Bobby ne purent s’empêcher de se regarder, surpris que le démon les ait connus dans le passé. Mais ils n’eurent pas le temps d’y réfléchir plus longtemps que le démon poignarda son hôte et sortit dans une fumée noire. Complètement paniqué, Dean vit avec horreur le démon se loger en Bobby qui ne put s’empêcher de crier durant cette rapide possession. Mais cet intervalle de possession entre les deux hommes avait quand même eu un léger avantage : malgré son affolement et son désarroi, Dean s’était retrouvé libre de ses mouvements et avait pu reprendre le Colt qu’il avait caché dans sa veste. Mais à peine voulut-il bouger que la pression se fit ressentir de nouveau, l’empêchant de libérer Bobby de l’emprise du démon. Alors le démon se releva mais cette fois-ci en Bobby :
« Alors, Dean, ça doit te faire plaisir de me revoir…même si à l’époque, tu étais beaucoup plus jeune, bien sûr…
-Sors de mon ami tout de suite, sinon je vais te massacrer…
-Oh vraiment ? Bon courage alors…car à l’époque, vous n’aviez pas pu Bobby et toi…
-Mais de quoi tu parles exactement ?
-Oh…je vois que tu ne te souviens pas de moi…ça me vexe, je dois dire mais je pense qu’un petit souvenir doit sûrement être resté quelque part par là… »
Alors le démon s’approcha de Dean et en un coup sec, releva la manche gauche du jeune chasseur. Une fine cicatrice était visible à l’intérieur du bras et alors Dean se souvint…
Ca lui paraissait il y a tellement longtemps. Il n’avait que treize ans à l’époque et son père l’avait confié à Bobby pour qu’il apprenne à chasser d’une manière différente. Le seul problème est que Bobby l’avait entraîné sur une chasse plus dangereuse qu’il ne l’avait estimée et ils s’étaient tous deux retrouvés face à un démon, celui-là même qui possédait Bobby aujourd’hui.
« Tu te souviens, maintenant ? Comment oublier ça aussi, tu me diras ? Tu sais, je n’avais auparavant jamais possédé un enfant, c’était une première et avec toi, ça a été la dernière…
-Pourquoi l’as-tu fait alors ?chuchota Dean, encore meurtri par cette expérience.
-Je croyais que Bobby était ton père et vu qu’il paraissait un chasseur expérimenté, je voulais le faire souffrir en possédant son fils. Mais j’avais faux sur ce coup, apparemment, c’est dommage…
-En tout cas, mon père t’a bien eu…
-C’est vrai mais je suis revenu quand vous avez laissé la porte de l’enfer s’ouvrir, j’en ai profité, j’avais assez ruminé ma vengeance…mais dis-moi une chose, Dean…pourquoi n’ai-je pas pu rester en toi ?
-Je croyais que tu le savais…répondit Dean, surpris. A peine étais-tu en moi que tu étais ressorti…
-Ben oui, il y a quelque chose qui me gênait chez toi…et je crois savoir après avoir entendu tout ce que disaient les autres démons sur toi…
-Et quoi, alors ?
-Apparemment tu te sacrifies sans hésiter pour ta famille et en conséquence, pour ton frère…ça doit être ce stupide amour plus fort que d’habitude en quelqu’un, qui ne m’a pas fait supporter d’être en toi, l’odeur en était insupportable…
-J’en suis bien content, alors, sourit Dean. Mais maintenant qu’on a mis les choses au clair, dégage de Bobby…
-Pas encore…avant, je voulais faire deux-trois petites choses…si tu permets… »

Alors Dean sentit l’air lui manquer cruellement : il avait l’impression que ses entrailles se rétractaient et même, craquaient. Il ne put s’empêcher d’émettre un gémissement de douleur pendant que Bobby gardait le sourire tout en le regardant. Puis le démon continua :
« Et puis, je n’ai jamais digéré que ce bras reste intact, seulement avec une cicatrice, tu comprends ? »
Le démon prit le bras gauche de Dean et le plia en deux, le cassant à plusieurs endroits, faisant gémir Dean qui sentit perler une larme le long de sa joue. Dean sentait la respiration lui manquer, comme si ses poumons devenaient trop étroits pour lui apporter l’oxygène dont il avait cruellement besoin.
Mais soudain, alors que Dean sentait qu’il était au bord de l’évanouissement, les souffrances s’atténuèrent et la pression maintenue par le démon se relâcha. Espérant une aide providentielle de Sam ou d’Ellen, Dean chercha autour de lui mais seuls lui et Bobby étaient là. Dean en tomba à genoux, très affaibli par cette torture. Bobby se recula pour lui faire face quelques mètres plus loin, lui montrant un couteau :
« Et maintenant, tue ton cher ami avec cette arme.
-Quoi ? T’es dingue ? Jamais je ne ferai ça…jamais…je préfère mourir plutôt que de…
-Vraiment ? Très bien…mais je vais t’expliquer un choix très simple. Soit tu tues ton ami et on sépare tous les deux en très bons termes, je ne reviendrai plus, soit je tue ton ami et je vais posséder la minute d’après ton cher Sammy qui se trouve dans cette même forêt. Une fois en lui, je me ferai une joie de le tuer avant que tu n’arrives à le rejoindre…même si dans ton état, tu ne pourrais pas y arriver…Tu choisis : ton ami Bobby seulement ou lui et ton petit frère Sammy. Fais vite, je n’ai pas toute la vie devant moi.
-Comment peux-tu, espèce de…
-Pas d’injures…choisis ou les deux meurent…
-Tu ne pourras jamais posséder Sam, on a déjà prévu…
-Oh après la possession par la fille d’Azazel ? Je sais, oui, vous avez des amulettes et même un tatouage mais si tu crois que je n’ai pas réussi à contourner ça, tu te mets le doigt dans l’œil.
-Tu mens…
-Je pourrais, bien sûr mais j’ai appris davantage de trucs en enfer que la fille d’Azazel sur comment posséder un humain en détournant les soi-disant protections et je ne bluffe jamais, tu devrais le savoir, pourtant.
-Jamais je ne choisirai…murmura Dean, le regard embué et troublé.
-Très bien, alors je reprends ce couteau, dis adieu à ton ami Bobby mais tu n’auras pas le temps de le faire pour Sam… »
Alors qu’il s’apprêtait à se planter le couteau dans le ventre, Bobby fut arrêté par Dean :
« Arrête !cria-t-il. Je vais choisir… »
Le démon, souriant, lui donna le couteau. Dean, inexplicablement, et en fermant les yeux, ressentit la présence de Bobby, l’affection qu’il lui portait mais aussi le pardon, comme une présence bienveillante à ses côtés pour le rassurer. Alors d’un coup rapide, Dean garda le couteau dans sa main gauche inerte et prit le Colt dissimulé dans sa veste avec sa main droite. Il planta une balle en plein cœur dans le corps de son ami, le démon, surpris, s’illumina un bref instant pour s’éteindre aussitôt. Dean prit le corps inerte de Bobby dans ses bras : il remarqua une dernière larme couler le long de sa joue et un sourire éclairer son visage, comme si ce repos était le meilleur qu’il n’ait jamais eu. Il le serra dans ses bras, davantage qu’il ne l’avait fait, ne réalisant que trop bien le second père qu’il venait de perdre et même de tuer. Dean ne remarqua qu’ensuite, que le démon avait tout de même réussi à lui planter le couteau dans le torse, ses larmes atténuant toute douleur physique. Dean s’évanouit à côté du corps de Bobby, la douleur physique et morale ayant raison de lui. Transporté à l’hôpital par Sam et Ellen, il y resta longtemps inconscient, aussi longtemps que lors de son premier affrontement avec ce démon à jamais vaincu.


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Un commencement…

« Il est étrange de commencer un journal dans ma situation…Pourtant, c’est la meilleure chose à faire quand on est seule et qu’on souhaite une compagnie, même inanimée.
Je suppose que je dois me présenter à toi, journal, ce serait la moindre des choses, entre nous. Je m’appelle Emma Warren. J’ai actuellement vingt-quatre ans et mon boulot, me demanderas-tu ? Ah…ce n’est pas vraiment ce à quoi je voulais répondre mais tant pis. Je vais te dire ce qu’il en est de ma vie et tu comprendras mieux, je pense pourquoi j’ai choisi ce métier.

Quand je suis venue au monde, à Richmond en Virginie, jamais je ne me serai attendue à me retrouver au beau milieu d’une guerre interne s’incarnant dans mes parents. Mon père était un chasseur de démons, esprits et créatures démoniaques en tout genre et bien évidemment, ça ne plaisait pas trop à ma mère, certains peuvent la comprendre. Elle l’avait épousée en toute ignorance de ses activités extrascolaires, dirons-nous et quand elle le découvrit, elle était enceinte de moi, alors évidemment…petit blocage pour divorcer. Selon mon père, elle avait l’intention de le faire peu de jours après ma naissance pour que son enfant naisse en ayant des parents mariés et non fraîchement divorcés. Le sort en a décidé autrement malheureusement. Un démon que poursuivait Papa depuis des lustres a décidé de venir chez nous et a tué Maman devant ses yeux. Bien sûr, cet acte a signé l’arrêt de mort immédiat du démon qui ignorait être tombé dans un piège à démons dessiné depuis des mois sur le plafond juste au-dessus de lui.
Papa m’a donc élevée durant neuf ans mais en m’écartant bien soigneusement de la chasse car Maman lui avait fait promettre avant de mourir de ne jamais m’y initier. Mais c’était sans compter ma pomme…je voulais à tout prix tout savoir sur le métier de chasseur et j’appris seule en espionnant Papa.
Mais à l’âge de sept ans, j’étais assez…comment dire…trop curieuse et bien trop innocente. Quand je lisais ou regardais la télé, j’adorais tout ce qui avait trait à la magie qui semblait apporter des choses merveilleuses et être si chouette et bonne à utiliser. Alors que je furetais en cachette de mon père pour une énième fois dans une boutique d’objets occultes, j’entendis une femme donner rendez-vous à une autre pour une cérémonie spéciale dans un bois où la magie serait à son degré maximum. Aucune des deux ne me vit, étant trop petite pour ça. Ni une ni deux, je m’enfuis la nuit pour y aller aussi. Un cercle de cinq femmes était présent. Je me cachais derrière un arbre et je regardais avec des yeux ébahis et joyeux. Au milieu de leur cercle se trouvait une sixième femme qui leur demanda de se concentrer et de répéter des paroles après elle en latin. Je trouvais ce langage un peu bizarre et je ne voyais pas pourquoi elle ne parlait pas anglais mais ça me semblait être un langage magique et donc fascinant, alors je m’amusais à les répéter également, en tout ignorance de leur signification ou de leur contexte. Je n’ai jamais compris jusqu’à aujourd’hui que j’ai pu répéter exactement les mots sans me tromper, c’est bien dommage d’ailleurs… La femme qui présidait dit alors que celles présentes dans ces quelques mètres et ayant répété l’incantation pouvaient maintenant recevoir la magie en elles. Je sentis alors une chaleur intérieure m’envahir mais aussi comme si un morceau de moi-même ne m’appartenait plus, c’était très étrange. Bien sûr, je n’interprétais pas ça comme ça à l’époque, j’étais trop petite mais j’ai traduit ensuite ce souvenir d’étrangeté.

Deux ans plus tard, mon père se fit tuer par un loup-garou qu’il chassait. Je fus confiée à une vieille tante qui dormait sans arrêt et ne s’occupait pas de moi. La seule chose qu’elle me répétait en boucle est que je devais me laver les mains avant de manger, elle le disait même en-dehors des heures des repas. J’étais très libre mais j’aurai préféré le contraire. Je regrettais tellement mon père que je pleurais toute la journée, totalement inconsolable. Ma tante ne s’en préoccupait pas et je n’avais que mon ours en peluche pour me consoler.

Les années passèrent et quand j’eus treize ans, je reçus la visite que j’aurai du prévoir, si j’avais été plus âgée. La femme que j’avais vue six ans plus tôt apparut à côté de moi. Elle m’expliqua que je devrais payer pour ce que j’avais fait avec les autres femmes dans cette forêt. C’est là que je sus que je lui avais offert mon âme en échange de devenir une sorcière. Bien sûr, je suis restée bouche bée. Je savais ce que ça signifiait, contrairement à six ans avant. J’essayai de me défendre comme je pus, en lui expliquant que j’étais trop jeune à l’époque pour comprendre le pacte que j’avais fait mais elle n’entendit pas raison, considérant que j’avais assez de raison, même à l’âge de sept ans. Elle me dit que quand je mourrais, j’irai droit en enfer pour devenir plus tard un démon. Ca me terrifia littéralement. Je la suppliai de laisser mon âme en paix, de la laisser partir, qu’elle n’était pas assez intéressante mais elle me répliqua qu’apparemment j’avais du potentiel et que ça l’intéressait beaucoup. Elle disparut ensuite avec un sourire goguenard, me laissant totalement pétrifiée d’horreur et en larmes. Je restai de nombreux mois à complètement déprimer.
Mais je réussis finalement à surmonter quand je découvris quelques notes de mon père que j’étudiais laborieusement : sur le monde de la chasse, les créatures surnaturelles, les démons et je collectais des renseignements surtout sur la sorcellerie puisque j’avais cette dernière en moi, il fallait bien en faire quelque chose d’utile. Ayant la chasse dans le sang par mon père, je m’y mis à fond, délaissant un peu mes études. C’est ainsi que j’appris par cœur les légendes sur les esprits, les créatures démoniaques et j’essayais de m’initier aux techniques de chasse. La sorcellerie fut plus facile à pratiquer puisque j’étais devenue une sorcière.

Quand j’atteignis l’âge de dix-sept ans, j’allai enfin sur le terrain, après avoir étudié trois ans la théorie. Je voulais commencer par un esprit, ce qui me semblait assez facile contrairement aux démons, wendigo ou shapeshifters. Malheureusement, tout ne se passa pas comme prévu et je fus rapidement dépassée par le poltergeist. Alors que l’esprit était à deux doigts à me tuer, un chasseur inconnu intervint et me secourut en finissant de brûler les os. Ce chasseur s’appelait Bobby Singer et devint l’un des seuls amis chasseurs qui me fasse confiance. Je lui déballais tout : mon père, mon enfance, mon pacte passé en toute innocence, et les pratiques de chasse et de sorcellerie que je pratiquais. Il fut le plus compréhensif des hommes et me donna pas mal de conseils. Il me promit de chercher une solution à mon problème puisque je l’avais fait en ignorant ce que je faisais.
Je pus m’investir davantage progressivement dans la chasse. Les autres chasseurs ne me prennent jamais au sérieux, du haut de mes 1m75, avec ma chevelure noire et mes yeux bleus. Mais je suis au moins fière de ma blessure de guerre, comme je l’appelle, c’est-à-dire ma petite cicatrice au cou, même si, ok, ce n’est pas grand-chose, je l’admets. J’ai trouvé l’habillement parfait pour me trouver une petite place dans ce métier assez masculin. Ma veste en cuir souple est très bien assortie à mon simple chemisier blanc, mon jean et à mes bottes noires. Bon, ok, je ne porte pas de hauts talons, je préfère les talons plats, c’est beaucoup plus pratique dans ce métier pour courir après les bestioles. Mon arme habituelle est un 9mm tout simplement, je ne suis pas trop branchée armes à feu. Je me sens bien mieux équipée avec le contenu de ma petite besace où il y a mon ordinateur portable, plusieurs petits sacs de sel, flacons d’eau bénite, un briquet, des allumettes (bah quoi, c’est au cas où le briquet ne marcherait pas…), une fiole d’essence et de la craie. J’ai toujours mon carnet de divers exorcismes sur moi, au cas où j’aurai un trou de mémoire, on ne sait jamais. En tout cas, ce matériel m’a toujours été très utile et suffisant pour chasser les esprits. Les autres créatures démoniaques sont traitées de la manière qui convient mais j’ai toujours ce qu’il faut sur moi…enfin, depuis que je chasse, ça pourrait arriver que je ne prévois pas quelque chose, je l’avoue.
Parfois, certains m’envient avec ma voiture de sport grise, mais je pense que lorsqu’ils entendent parfois les dernières notes de la chanson sur mon cd de Reo Speed wagon, ils s’éloignent vite fait, mais peu importe, ils n’ont qu’à aller se faire voir, j’écoute la musique que je veux.

Je me demande parfois si mon côté sombre ne veut pas l’emporter. La personne que je veux être est tellement en contradiction avec la personne que je suis. Je dois t’avouer, journal, que j’ai fait des choses que je n’aurai jamais cru faire. Un chasseur bedonnant se moquait sans cesse de moi car je répète souvent “Nom d’une chouette” et m’a même donné des tapes sur les fesses malgré l’aller et retour que lui donnais à chaque fois. A la fin, ça me rendait rouge de honte mais aussi de colère. Je lui ai jeté alors un sortilège de confusion. Il ne cessait de dire des paroles très gênantes et se ridiculisant ouvertement, parlant de choses personnelles, intimes tellement ridicules qu’on s’aperçut vite quel gros porc c'était. On lui diagnostiqua une maladie très rare mais passagère et non mortelle. Ainsi, aucune trace que j’étais intervenue. Cela dura une semaine et disparut comme c’était arrivé. Je ne dis rien à personne mais j’étais partagée : j’étais ravie de ma victoire, de ma vengeance triomphale mais aussi j’étais très honteuse de moi, de ce que j’étais capable de faire pour deux fois rien. Mais abandonner la magie était impossible, je me sentais trop en symbiose avec elle pour ne pas l’utiliser. Déjà que je gagne un peu d’argent en vendant des amulettes magiques que je fabrique anonymement, je n’allais pas tout arrêter. J’essaie aussi, pour me faire un petit gagne-pain, d’écrire des livres traitant des démons, d’exorcismes utiles par leur diversité et des apparitions, repaires et autres détails importants des créatures démoniaques et esprits. Je n’en ai vendu qu’un seul pour l’instant mais j’espère en vendre davantage à l’avenir si j’ai davantage le temps de les rédiger.
Mais j’ai passé sur cet aspect sombre en moi que je crains. C’est pour cette principale raison que je poursuis depuis quatre ans la démon qui détient mon âme, celle qui est à l’origine de tout. Si je réussis à la tuer et non seulement à l’exorciser, je serai tranquille et même si la sorcellerie disparaît de moi, tant pis, mon âme ne sera plus damnée et je n’aurai plus cette obscurité grandissante en moi qui me fait si peur. J’aurais toujours la chasse et ça me suffira amplement. Je n’ai rencontré pour l’instant aucune autre sorcière, j’ai peur de le faire, peur qu’on ne découvre mes intentions et le fait que la plupart du temps, j’utilise mes dons de sorcière en magie blanche pour aider les autres ou vaincre les démons plutôt qu’en magie noire ou en magie personnelle. Mon pendentif me rassure toujours pour ça, comme une personne qui me dit que tout va bien et que je n’ai rien à craindre. C’est un pentacle en argent que j’ai trempé dans différentes potions pour me protéger des mauvaises sorcières ou des démons me souhaitant du mal. Ca marche toujours pour l’instant, espérons que ça dure.
Je finirai par retrouver cette démon et je jure devant Dieu qu’elle paiera pour ce qu’elle m’a fait, ce qu’elle m’a fait subir durant toutes ces années où j’ai craint mon ombre. Mes sortilèges et même un instrument spécial ne m’ont pas encore permis malheureusement de connaître son nom et encore moins de la repérer, évidemment.
Mon père est mort en ignorant ce que j’avais fait et même si j’en ai honte depuis toutes ces années, je sais aussi qu’il ne m’en aurait pas voulu, il n’était pas comme ça. Dès que je la retrouverai, je prendrai des vacances et je dormirai longtemps pour rattraper ces heures de veille que je passe à la chercher sur le net et dans mes bouquins. Heureusement, j’ai pu me faire une petite bibliothèque dans le petit appartement que j’ai loué il y a cinq ans. Pas besoin de recourir trop souvent à Bobby, sauf pour les bouquins trop anciens et rarissimes, j’ai mon stock. Il aurait besoin d’un bon inventaire mais bon, je manque de temps. Je peux être tuée à tout instant lors de mes chasses et je ne veux pas me retrouver en enfer enchaînée à une démon que j’abhorre. Je la trouverai et je la tuerai, même si je dois pour cela aller au bout du monde…

Journal, je te laisse, la pleine nuit s’amène et mon loup-garou ne peut être attendre, il ferait une nouvelle victime…je reviens tout de suite… »

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 11:58

Un étrange Thanksgiving

Il n’était pas coutume que ça arrive mais l’activité démoniaque et surnaturelle en général était si basse qu’on aurait pu l’enregistrer sur le livre des records…si, bien sûr, il y en avait eu un…
N’empêche que j’aurai préféré chasser un bon vieux démon roublard plutôt que de vivre une journée aussi épouvantable…Et Sam qui avait choisi d’aller rendre visite à Bobby pour chercher la moindre trace de démon tellement il tenait pas en place…je vous jure, je lui en aurai bien foutu une…bon, ok, ça a failli quand je lui ai annoncé que je voulais aller pour la première fois à Disneyworld pour le jour de Thanksgiving. Il s’est tellement étouffé de rire que ma colère est montée à puissance dix…ou plutôt mille quand il m’a pointé du doigt…Ben quoi, c’est mieux de prendre un jour de vacances pénard dans des attractions qui semblent tout sauf démoniaques plutôt que de feuilleter de vieux bouquins en ne pensant qu’à l’apocalypse. Franchement y en a raz le bol de tout ça et personne ne peut me reprocher de vouloir profiter d’une seule journée ! Mais pourquoi je me justifie, moi ? En plus, je me parle à moi-même, ça devient de pire en pire…je vais devenir gâteux ou schizo à la fin, moi.
Tant pis, je continue, vaut mieux ça que de se faire foutre de soi, surtout par son cadet…

Donc, je disais…La veille au soir, j’ai laissé Sam chez Bobby en me précipitant pour partir car je savais que Sam s’empresserait de dire à Bobby où j’allais et je ne voulais surtout pas me laisser corrompre par ce regard tellement paternel mais juge aussi. Mon bébé était aussi enthousiaste que moi…bref, tout se passait comme sur des roulettes, j’avais bien m’éclater dans les montagnes russes.

Je suis arrivé le lendemain matin, frais et dispo pour faire toutes les attractions les plus dingues et les plus dangereuses. Avant d’y rentrer, j’ai pris un copieux p’tit déj qui me permettrait de ne pas dépenser un argent dingue dans le parc en nourriture…eh oui, je peux être économe quand ça m’arrive. A l’ouverture, je fus surpris de la longue file d’attente mais bizarrement pas mal de jolies filles me laissaient leur place. Comme quoi, je n’aurai jamais cru que l’inverse de la galanterie existait, c’est bon à savoir. Une heure après, j’étais dedans, prêt à toutes les folies excentriques que mon boulot ne me permettait pas, sauf pour sauver les autres…quand je me suis retrouvé devant ces tentations plus dingues les unes que les autres, je suis resté scotché au sol, ne sachant plus du tout où aller en premier.
Enfin, j’étais à Disneyworld, l’endroit que j’avais rêvé quand j’étais gosse et que Papa m’avait toujours refusé car c’était trop “futile et sans intérêt”. Ca se voit qu’il avait eu une enfance normale pour dire ça, lui, il avait eu ce qu’il voulait mais moi…enfin, passons, je vais pas recommencer à l’incendier maintenant qu’il est parti…

Donc j’ai fait mon choix et je me suis engagé dans l’attraction qui m’avait toujours le plus tenté : les montages russes pures et dures. Je me demande encore pourquoi je n’ai pas essayé d’abord le p’tit train tranquille, ça m’aurait évité ça…Les premières minutes furent intenses et complètement folles, j’adorais ça…la vitesse…waoh…même ma Chévy en aurait pâli si elle avait vu ça. Mon adrénaline était à son maxi. Mais mon enthousiasme n’a pas duré…il a fallu que je prenne sur moi pendant les trois quarts du temps restant pour ne pas redonner ce frugal p’tit déj. Pourquoi ils m’ont pas prévenu franchement dans ce resto à la noix ? Ils devaient pourtant savoir que tous ceux qui venaient se rassasier chez eux allaient dans les montages russes après ! Bon…de toute façon, les autres personnes ont eu de la veine que ma bouche reste hermétiquement fermée…je n’avais qu’une hâte, sortir de cet endroit épouvantable…
Quand ce fut fait, impossible de trouver des toilettes…pourquoi ils n’indiquent pas ça en grand, franchement ? Je n’ai pas pu les trouver et ne pouvant pas demander où c’était puisque je devais garder ma bouche fermée, j’ai tout expulsé derrière une attraction vide…
Moi qui croyais que ça me soulagerait et que je pourrais repartir aussi sec vers d’autres attractions, je me gourais…J’avais tellement de sueurs froides et de tremblements que les autres gens devaient me prendre pour un malade sorti trop tôt de l’hosto.
J’ai dû m’asseoir sur un banc et attendre que mon mal de cœur s’en aille, allant gerber toutes les cinq minutes derrière un buisson en plastique.

Je me suis senti un peu mieux vers midi, comme si mon estomac demandait à ce qu’on le remplisse de nouveau…mais pour une fois, je n’ai pas fait le con et je ne me suis pas empiffré… mais il y a aussi une bonne raison à ça…mon ange perso est arrivé et m’a regardé de l’air le plus accusateur qu’il pouvait faire. Il s’est assis sans un mot à côté de moi sur un banc et est resté comme ça pendant pas mal de minutes et je ne voulais surtout pas lui donner l’occasion de m’enguirlander :
« Dean, que fais-tu ici ?finit-il par demander.
-Ca se voit pas ?
-J’aimerais que tu me le dises toi-même.
-Pour l’instant j’attends d’être en forme, alors je reste peinard sur ce foutu banc avant de gerber de nouveau…
-Ce n’est pas ce que je voulais dire.
-Non, je sais, réussis-je à sourire.
-Pourquoi es-tu ici dans un parc d’attractions sans intérêt et pour demeurés alors que tu devrais étudier avec Sam le lieu de l’emplacement des sceaux ?
-Arrête de dire que c’est sans intérêt. Si tu faisais les montagnes russes, tu le dirais pas. Tu peux essayer d’ailleurs, ça te ferait pas de mal. Et puis, franchement, j’en ai marre de tes foutus sceaux…si vraiment l’apocalypse se déclenchait, jamais je n’aurai profité de Disneyworld…JAMAIS !! Je ferai figure d’ignorant, moi et prendre une journée de vacance n’est pas interdit, que je sache, ça détend…
-Ca détend ?sourit Castiel en me regardant.
-Bon, ok, je ne fais pas si détendu que ça mais si tu as une formule magique d’ange pour me remettre sur pied, je la veux bien.
-Je ne peux rien faire, Dean. Je vois que je ne peux pas te raisonner aujourd’hui, je te laisse. »

Castiel était prêt à se lever quand le plus improbable se produisit : un gamin qu’on n’avait pas vu, s’était faufilé derrière notre banc, muni d’un objet et ce fut quand on entendit un clic bizarre que je compris ce qu’il venait de faire. Ce vaurien nous avait menotté l’un à l’autre : j’étais menotté à Cas qui, apparemment, était aussi surpris que moi. Je me suis levé rapidement et j’ai voulu le choper mais ce n’était pas sa première : il s’est éloigné en rigolant :

« Ben oui, j’ai vu qu’il allait partir, on allait pas séparer un si beau couple !!!
-Quand je vais t’attraper, tu verras si tu recommenceras !
-Dean, laisse-le, dit Castiel en se levant aussi.
-Enlève-moi ces foutues menottes, tout ange que t’es, t’en es bien capable.
-Malheureusement, non…dit Castiel qui sembla un peu embarrassé.
-Comment ça ? T’es un ange ou pas ?
-Je ne peux rien faire de mes pouvoirs si je suis attaché à quelqu’un, je risquerai de le blesser, ça m’est interdit.
-Je t’en prie, te gêne pas, on va pas rester menotté tout de même !
-Dean, tu es trop important pour risquer quoique ce soit. Il faut sortir d’ici pour trouver un quelconque instrument ou la clé tout simplement.
-Attends deux minutes…Ca serait pas un moyen déloyal de me faire quitter le parc ?
-Dean, je n’en suis pas arrivé à cette extrémité.
-Ouais, ben…quand même, trouve-nous un moyen de se défaire de ces menottes ou je te jure que…
-Que quoi ?
-Rien. Mais en tout cas, je vais te faire connaître la folie des attractions.
-Dean, tu ne me feras jamais monter dans ces engins, je peux te l’assurer, il vaut mieux sortir d’ici tout de suite.
-Vraiment ? Vu que tu es un adepte de la non-violence, tu pourras rien faire pour m’en empêcher, désolé, mon vieux. »

Une demi-heure plus tard, Cas s’est aperçu amèrement qu’il s’était bien trompé. Je l’ai emmené de force dans une attraction qui me semblait tout à fait cool et qui concernait bien le domaine de là-haut : Space Mountain. Ca m’a paru moins dangereux niveaux boyaux que les montagnes russes et selon les photos, on se croyait dans l’espace avec de beaux trucs, des galaxies et tout…J’étais super content en fait de partager ça avec quelqu’un et même si j’aurai préféré Sammy, la tête bourrue de Castiel était à mourir de rire. Mais, j’ai bien dit que c’était beau selon les photos. J’aurai dû demander l’avis de ceux qui en sortaient plutôt…Ce qui fait qu’un quart d’heure après s’être installé maladroitement dans l’espèce de navette avec nos menottes qui nous montraient plus ridicules qu’on était, on est ressorti et j’étais…complètement malade encore une fois. Bizarrement, Cas ne me regardait plus en juge mais plutôt en air de pitié, ce qui m’a foutu hors de moi encore plus.
L’avantage d’avoir quelqu’un menotté à vous est qu’il peut demander à votre place où sont les toilettes.
L’inconvénient est qu’il reste attaché à vous, même quand vous rejetez tout dans les toilettes et qu’il est difficile de vomir avec une seule main pour se soutenir.
On est bien restés une heure là-dedans et l’autre avantage est qu’avoir un ange avec soi est qu’il n’est pas du tout impatient ni écœuré par votre vomis…ou alors il montre rien.

Quand on est ressorti, je me suis écroulé par terre, mort de fatigue et tellement malade que j’en serai tombé dans les pommes. Ce qui m’en empêché tellement ça m’a surpris et rendu malade moralement est qu’une gamine de dix ans s’est amenée devant moi et m’a tendu sa poupée Barbie en souriant :
« Tu m’la rendras quand t’iras mieux, d’accord ? Elle soigne tous les bobos. »
Elle est partie si rapidement que j’ai eu à peine le temps de comprendre ce qu’elle m’avait dit, avec ma cervelle ramollie et après que ça ait réussi à atteindre ce qui me restait de cerveau, la gamine était hors de vue et il me restait seulement sa poupée avec sa robe rose bonbons. C’est vrai que cette Barbie avait une belle poitrine mais j’aurai préféré nettement la voir en vraie sur une femme, ça m’aurait davantage soigné qu’une saleté de poupée à la noix. Mon premier mouvement a été de chercher une poubelle ou de la laisser par terre :
« Ne fais surtout pas ça, sinon je te renvoie direct en enfer, me dit Castiel le plus sérieusement du monde.
-Hein ? Pour ça ? Tu veux jouer l’avenir du monde en me renvoyant en bas tout ça pour une poupée ?
-Si tu ne prends pas en compte la poupée d’une enfant, son plus précieux bien sur terre qu’elle t’a confiée pour ton bien, qu’elle a partagé alors que tu n’es qu’un inconnu pour elle, oui, je le ferais, tu ne serais pas digne de ta mission. »

Je ne l’aurai jamais cru mais les paroles de Cas résonnèrent en moi et me firent alors comparer cette poupée à ma Chevrolet. Son bien le plus précieux sur terre…Oui, j’allais le lui rendre, je chercherai cette enfant dans tout le parc si nécessaire. J’ai récupéré la poupée et même si je me sentais complètement ridicule et idiot avec ça, j’ai dû la garder dans la main attachée à Castiel.
Malheureusement, chercher une gamine à Disneyworld, c’est littéralement chercher une aiguille dans une meule de foin.
Trois heures après, je me suis effondré sur un bord de mur, complètement épuisé. J’avais vomi quatre autres fois, et à chaque fois dans les toilettes, Castiel ne m’autorisant pas à le faire ailleurs. Et d’ailleurs mes intestins s’y étaient mis aussi, à ma plus grande gêne devant Cas qui avait fait semblant de ne rien voir ni de rien sentir…On pourra dire qu’il aura vu pas mal de mes facettes ce jour-là, lui…
Regardant l’heure, je fus affolé que le parc fermerait bientôt et que je n’avais fait que seulement deux attractions complètement malade et que je n’avais profité de rien. J’ai réussi à convaincre Cas, une fois que je me suis senti un peu mieux, de faire une dernière attraction sans aucun engin cette fois-ci, pour lui comme pour moi. J’ai choisi celle que Sam m’aurait reproché le plus mais je voulais voir comment ils faisaient et Cas n’a pas approuvé mon choix non plus. Mais il ne voulait pas choisir d’attraction, il fallait bien que je me dévoue aussi et la plupart des attractions sont soit dingues avec vomissements à la clé soit pour les gamins.

Alors, direction…le Manoir Hanté. J’ai vraiment adoré ça !! Franchement, la manière dont ils te traitent les fantômes, c’est sorti d’un vieux film de série B… La musique, les paroles…tout est fait pour foutre les jetons mais j’ai pas arrêté de sourire et de tout regarder dans le moindre détail. C’est dingue, je voulais même trouver un vrai esprit tapageur pour m’occuper tellement c’était lent et caverneux. C’était ennuyeux, c’est vrai mais j’ai adoré leur sens des détails et la mise en scène, très rigolo. Castiel semblait vaguement intéressé mais c’était plus pour passer le temps qu’autre chose, je crois. Quand on est sorti, j’aurai bien voulu y retourner pour avoir un autre point de vue mais voilà que deux grand-mères se sont mises à nous mitrailler avec leurs appareils photos en nous disant qu’on était le plus beau couple qu’elles n’avaient jamais vu. J’ai avalé de travers…ça doit venir de moi ou quoi ? Je fais vraiment gay ? Si Sam avait entendu ça, il se serait bien marré, moi qui l’accuse toujours de paraître gay. J’ai voulu m’élancer sur ces foutues bonnes femmes pour leur arracher au moins leur appareil mais Cas, bien sûr, m’en a empêché…et me***, je ne voulais pas qu’elles s’en tirent à si bon compte, avec des menottes au poignet et une poupée Barbie à la main. Ok, c’est pas très macho tout ça mais on s’en tape, c’est le physique qui compte et les filles qui me voient habituellement me voient tout sauf comme un gay !

J’arrête, ça sert à rien de parler dans le vide de toute façon…Cette prise de bec avec ces grand-mères avait au moins servi à me guérir un peu… peut-être que c’est le manoir hanté, je sais pas. Alors que le parc fermait, j’ai revu miraculeusement la fameuse gamine à la sortie et je lui ai redonné sa poupée Barbie, pas salie d’un pouce. Elle m’a fait un grand sourire et elle est partie avec sa mère.
On est revenu à la voiture Cas et moi et j’ai pu prendre des tenailles pour enlever nos menottes. Mon poignet était écorché à vif mais c’était pas grave, j’étais libéré. Castiel, sans un mot de plus, est parti et je me suis écroulé ivre de fatigue sur la banquette arrière de mon bébé, espérant dormir pendant des jours…

*******************************************************************************

Infos mortelles

Crossover avec Tru Calling


New York - Morgue du comté - 23 p.m.

Une jeune femme étudiait d’arrache-pied un manuel de médecine quand une porte s’ouvrit et laissa entrer un homme :
« Hé, nouvelle entrée…viens m’aider.
-Qu’est-ce qu’on a cette fois ?demanda-t-elle.
-Homme blanc, environ 30 ans, tué par balle vers 22h, sur Park Street, dit-il en soulevant le drap recouvrant le corps.
-Dis donc, t’as oublié de dire qu’il était plutôt beau gosse…dommage que les beaux mecs partent si vite, surtout avec un corps comme ça, dit-elle en le détaillant.
-Hé, arrête tout de suite, dit l’homme, gêné par son observation. Dis-moi qui il est plutôt que de le détailler sous toutes les coutures.
-Son portefeuille comporte plusieurs cartes de crédit et apparemment, il était…du FBI ?
-Quoi ? Fais voir !dit-il en lui prenant la carte d’agent. Oh non, il faut qu’on ait un agent fédéral dans notre morgue…j’en reviens pas !! Il faut que j’téléphone tout de suite !
-T’affoles pas non plus…Hé, reviens !s’écria-t-elle mais sans réponse, l’homme déjà parti dans son bureau. Ah, je te jure, toujours la frousse, lui…pourtant, c’est bizarre, t’étais pas en costard non plus, en détaillant ses affaires, trouvant une clé de motel proche, une amulette étrange et un papier sur lequel était noté “Dean : prends la 305” mais quand elle entendit un murmure près d’elle, elle sut que ce n’était pas son patron qui était revenu. Tournant la tête vers la voix, elle vit le jeune homme la regarder et lui dire :
« Tru, aide-moi… »
Et la journée remonta à son origine, la dite Tru se réveillant le matin d’avant en sursaut, ayant encore l’image de ce jeune homme avec son expression si désespérée bien qu’elle ne l’ait vu que deux secondes et demie. Une autre journée de dingue pour Tru Davies !

New York - Motel Holiday - 6 a.m.

Pendant ce temps, à 6h du matin, Dean se réveilla en maugréant devant la mine ragaillardie de son frère qui l’avait secoué.
« Sam…qu’est-ce t’as à me réveiller à cette heure de dingue ? On s’est couchés qu’à 2h du matin, j’te signale.
-Non, je rectifie, tu t’es couché à 2h du matin, moi je dormais déjà et tu m’as réveillé, tout ça pour une serveuse qu’en valait même pas la peine, je suis sûr !
-Si, elle en valait la peine mais son p’tit ami s’est ramené quand elle a fini son service, j’avais poireauté comme un idiot toute la nuit pour l’avoir, psst…dit-il en se recouchant.
-Non, non, tu t’lèves, on a un démon à chercher et pour ça, Castiel va sûrement se ramener assez tôt…
-Pourquoi faut-il que l’apocalypse soit si fatigante avec aucun jour de repos. On est à New York, nom d’un chien ! On aurait pu faire plein de trucs !
-Comme quoi ?rigola Sam en sachant très bien ce que son frère avait à l’esprit.
-Bonjour, interrompit Castiel en apparaissant.
-Dis donc, heureusement que j’suis pas à poil, t’as vu l’heure ?s’exclama Dean.
-Non.
-Bon, laisse tomber…qu’est-ce qu’on a ? »

Motel Holiday : c’était bien ce qui était marqué sur cette plaque d’après ses souvenirs. Chambre 17. Ok, c’était bien joli mais comment montrer à un agent fédéral qu’on sait ce qui va lui arriver. Pourtant, elle devait bien dire la vérité et non le suivre simplement comme elle le faisait parfois, car il verrait tout de suite son manège, ce ne serait que pire. Tru espérait seulement que le prénom Dean crayonné sur le papier était le sien, sinon elle serait bien embarrassée.
8h du matin : bon, c’était une heure correcte pour se présenter, en espérant qu’il était là mais quand elle frappa à la porte d’un coup franco, elle resta bouche bée quand elle se vit face à un autre homme, légèrement plus jeune que la future victime et qui la regarda en fronçant les sourcils.
« Oui, c’est pour quoi ?
-Euh, en fait…je cherche…hésita-t-elle en regardant l’intérieur de la chambre et apercevant à la dernière seconde celui qu’elle cherchait assis sur un lit jumeau finissant un appel téléphonique…c’est lui que je cherche !dit-elle en désignant Dean du doigt. Je peux entrer ?dit-elle en le faisant, pressée.
-Je vous en prie, dit Sam en faisant la moue. Je parie que vous êtes la fameuse serveuse de cette nuit ?
-Quoi ? Je ressemble à une serveuse maintenant ?dit Tru, choquée une fois encore.
-Qu’est-ce qui se passe, qui êtes-vous ?demanda Dean en regardant Tru.
-Vous vous appelez Dean ?demanda-t-elle, hésitante mais aussi très séduite par lui bien vivant cette fois.
-Oui, pourquoi ?
-Bon, écoutez, ce que j’vais vous dire va vous sembler totalement dingue…Je m’appelle Tru Davies, je travaille à la morgue du comté et ce soir, vous serez tué vers 22h, j’ai vu votre corps à la morgue…
-Quoi ? Qu’est-ce que cette blague ? Comment vous le savez ?demanda Dean.
-Vous nous faites une menace, j’ai l’impression, constata Sam, prêt à pointer son arme sur elle.
-Mais non, pas du tout, je vous connaissais pas avant, je sais juste que vous êtes agent fédéral et oui….vous portiez cette amulette !dit-elle en pointant celle de Dean autour du cou. Ecoutez, je suis qu’une fille banale mais parfois, y a des morts qui me demandent de les aider et la journée revient en arrière…
-Moi, je vous ai demandé de m’aider alors ?
-Oui, c’est ça…
-Ok…
-Donc, vous aidez les gens à ne pas mourir ?demanda Sam en y réfléchissant.
-Ouais, mais vous acceptez vraiment bien l’idée, on dirait ou alors vous allez m’arrêter ?
-On va pas vous arrêter, sourit Dean. Alors, après lui avoir fait boire un verre d’eau bénite, bien qu’ils ne précisent pas qu’elle était bénite, les frères racontèrent à Tru leur histoire en bref.
-Les démons existent ?dit Tru en s’asseyant. J’aurai jamais cru…Vous me racontez un bateau parce que je vous ai dit ça ?
-Pas du tout, Tru, désolé…Vous savez comment je vais mourir ?
-Euh…oui, dit-elle en essayant de reprendre ses esprits : sur Park Street, vous serez tué par balle vers 22h, donc évitez cette rue.
-Malheureusement, c’est là qu’on doit se rendre ce soir, dit Dean.
-Non, toi tu n’iras pas !s’exclama Sam.
-On va pas commencer, Sammy en sachant que j’irai de toute façon, alors arrête, des vies sont en jeu et la mienne n’est pas la plus importante. Mais c’est bizarre que je sois tué par balle cette fois-ci, ça change…
-Cette fois-ci ?demanda Tru.
-Laissez tomber, sourit Dean de son sourire séducteur, ayant remarqué le charme de la jeune femme. Alors, vous entendez les morts depuis longtemps ?
-Non, pas très, depuis un an environ mais je tiens ça de ma mère, je crois.
-C’est bon à savoir, dit Sam, on ignorait qu’il existait des gens comme vous ou votre mère.
-Oui mais il existe des mauvais aussi, évitez-les, dit-elle en pensant à Jack, sa némésis. Eux entendent les appels mais s’efforcent que la personne meure ou une autre à sa place, faites attention.
-Ok, merci Tru, dit Sam. On fera tout pour éviter que vous n’ayez pas besoin de revoir Dean ce soir, je vous le promets. »

Bon, c’était désormais entre leurs mains mais Tru, même s’ils étaient apparemment des chasseurs hors pairs selon leurs dires, eut l’intention de faire un tour dans cette rue vers 22h. Les frères décidèrent d’une stratégie à suivre pour coincer le démon qui devait agir pour le compte de Lucifer tout en prenant garde à ne prendre aucune arme à feu avec eux, malgré les réticences de Dean. Mais à leur départ, Sam prit son frère par surprise et le fouilla : il trouva deux revolvers cachés dans sa veste et un autre à sa cheville, armes qu’il jeta avec les autres.
Arrivés sur place, ils rencontrèrent un homme d’une trentaine d’années qui fit mine d’être affolé mais les frères surent instinctivement que c’était Jack qui les poussait à y aller sans être préparés et l’attachèrent tellement vite à un arbre que Jack eut à peine le temps de comprendre. Normalement, ils ne devaient pas recruter Castiel pour cette mission mais étant donné les circonstances, Sam insista et au moment où le démon les prit par surprise et tira avec un revolver sorti de nulle part sur Dean, Castiel apparut et emmena l’aîné. Le démon, surpris, ne vit pas Sam qui le tua avec le couteau de Ruby.

Tru, durant ce temps, avait fait son tour dans la rue et avait aperçu Jack attaché. Souriant de toutes ses lèvres, elle l’y avait laissé et était revenu à la morgue après avoir vu que Dean était sauvé, emmené à temps par un homme étrange en imper.

Le lendemain - Morgue du comté - 5h a.m

Tru s’était endormie depuis quelques heures et fut réveillée en sursaut par une voix :
« Je pensais pas que vous dormiez, désolé, dit Dean en face d’elle.
-Pas grave…Alors, ça va ? Ca s’est bien passé avec le…démon ?
-Oui, on a géré la situation. Mais on va s’en aller dans une heure…je venais pour vous…dire merci…c’est pas souvent qu’on m’a prévenu de ma mort ou que j’en réchappais, alors merci Tru…j’espère te rendre service un jour…donc n’hésite pas…
-De rien…et puis, j’ai appris que les démons existaient, chouette info…
-Ouais, on s’en passerait, je sais, sourit Dean.
-En fait, tu peux faire quelque chose pour moi, tout de suite…dit-elle en se rapprochant de lui.
-Quoi ? Vas-y… »
Alors, Tru mit ses bras autour de son cou et l’embrassa d’un baiser doux, langoureux mais aussi très gourmand. Dean y répondit avec surprise d’abord puis plaisir. Finalement, se séparant, Dean lui fit un sourire en coin et laissa Tru qui se sentait heureuse d’avoir confirmé son hypothèse : il embrassait mieux que tous les garçons avec qui elle était sortie…

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 15 Mai - 12:00

Regrets…



Des larmes, des regrets, des souvenirs plus pénibles les uns que les autres…

23h55
Bela venait de raccrocher. Elle aurait vraiment voulu que Dean la pardonne pour ce qu’elle avait essayé de lui faire à lui et son frère mais non...Elle n’aurait rien pardonné non plus si elle avait été à sa place. Maintenant, elle était seule…seule et abandonnée face à ces souvenirs d’un père qui avait abusé d’elle et l’avait toujours perturbé. Même son orgueil et son ironie n’étaient qu’une façon de bien cacher à quel point elle pouvait se sentir seule et misérable…Oui, misérable, d’avoir tué ses parents même s’ils le méritaient…Ils l’avaient mérité cent fois, même cette femme qui avait été sa mère et qui avait ignoré les agissements de son mari en toute connaissance de cause. Mais s’ils l’avaient mérité, pourquoi regrettait-elle ? Sûrement parce qu’à cette heure, c’était toujours elle qui était à plaindre mais en plus, qui était responsable, personne d’autre…Jamais elle n’aurait cru avoir autant peur que durant les dernières minutes qui la séparaient de la mort.

23h57
Les chiens de l’enfer arriveraient d’ici peu et Bela ne se sentait pas prête…non, elle voulait encore vivre, arnaquer des gens, se couvrir de richesses plus rares et plus bizarres les unes que les autres…elle pensa même curieusement regretter de ne pas s’être envoyée en l’air avec Dean qui l’avait attirée plus qu’elle ne s’en était jamais rendu compte, surtout dans ce smoking qui avait su lui donner tout ce charme guindé que Bela affectionnait tant.
Et dire qu’elle n’avait jamais aimé personne…elle était bien maligne maintenant à devoir mourir seule et oubliée de tous…Peut-être qu’elle se serait finalement bien entendu avec lui au fil du temps, ils avaient plus de points communs que Dean voulait bien l’avouer…Mais non, qu’est-ce qu’elle racontait ? Elle devenait sentimentale et complètement idiote juste avant de mourir, elle devenait vraiment pathétique, sourit-elle avec une grimace de dégoût.

23h59
La gorgée serrée, les jambes en coton, les mains moites et tremblantes, Bela était complètement bouleversée et ne pensait même plus qu’elle n’était qu’une imbécile dénuée de cœur et dont l’âme appartenait à l’enfer : elle ne savait comment réagir durant sa dernière minute en vie. Alors, les pleurs surgirent, silencieux d’abord puis les sanglots, sanglots de regrets, de désespoir, d’amertume et de profond sentiment de solitude, comme si elle était seule sur terre, abandonnée à son propre sort. Elle ne put pleurer plus longtemps que déjà elle sut que c’était trop tard pour ça…

Minuit…
Les hurlements des chiens parvenant à ses oreilles…un calme soudain se fit en elle, comme si ce seul son avait glacé plus que jamais son sang dans ses veines. Une vitre se brisant pour un corps jeté à terre…jamais elle n’aurait cru avoir si mal pendant que les chiens déchiquetaient sa poitrine, ce corps qu’elle avait tant aimé et tant choyé…Alors, elle cria et pleura…non à cause de la souffrance mais parce qu’elle mourrait seule et que personne ne la regretterait…

******************************************************************************

Une pause nécessaire

Milford, Utah

Dean, dans une chambre de motel, feuilletait un livre à la recherche de quelque chose, du moindre détail qui le mettrait sur la piste.
« Alors, quelque chose ?demanda Sam en rentrant dans la pièce.
-Non, toujours rien…mais je crois pas qu’il existe quelque part un manuel pour se sortir d’un pacte démoniaque. Et toi ?
-Les interrogatoires d’esprits ou de démons donnent rien non plus malheureusement, soupira-t-il en s’asseyant. Mais j’ai peut-être trouvé une piste sur Lilith.
-Sam, il faut que ça soit sûr, j’ai pas toute la vie devant moi !
-Ok, c’est à St-Georges, on y sera rapidement.
-Et dire qu’on sera assez proche du Grand Canyon et que je ne le verrai toujours pas…Suis dégoûté. »

Ils arrivèrent à St-Georges quelques heures après. Sam y avait décelé une forte activité démoniaque et des présages qui indiquaient la présence de Lilith. Seulement, arrivés sur place, tout était redevenu paisible et tranquille, plus aucun signe de quoique ce soit.
« Bon sang, Sam, t’exagère ! C’est ma dernière journée et tu la gâches comme ça !s’énerva Dean.
-J’étais certain qu’elle était encore là…Ruby m’a…enfin j’ai entendu dire que…
-Ruby ?se monta Dean encore plus.
-Ecoute, soupira Sam. C’est pas grave, ok. On va trouver une solution.
-Oui, bien sûr, il me reste dix heures à tirer, ça va aller, ironisa Dean.
-Il nous faut plus de temps, c’est tout…
-Va le demander à Lilith quand tu la trouveras pour de bon, je suis sûr qu’elle sera ravie de m’accorder un an de plus.
-Je crois qu’il y a une chasse à faire ici, on peut la faire tant qu’on est là, proposa Sam.
-T’as pas pigé, je crois, on n’est plus comme avant, j’y reste ce soir, j’ai pas le temps pour ça…Allez, j’y vais…
-Quoi ? Où ça ?
-Me saouler pour oublier que je dois y rester ce soir…dit-il en entrant dans le premier bar venu. »

Deux heures après, Dean n’avait toujours pas touché à son deuxième verre et le regardait fixement, comme fasciné. Il aurait tant voulu plonger dans l’alcool et oublier que le compte-à-rebours était presque fini, qu’il n’avalerait plus rien bientôt. Il pensa à toutes ces choses qui rendaient sa vie si profitable et si précieuse et essaya de redonner un sens à chaque seconde qui passait comme si elles représentaient chaque battement de cœur qui cognait fortement contre sa poitrine. Il n’osait pas regarder sa montre ou la pendule, ça n’aurait fait que le torturer davantage… Le torturer…Tiens, bizarre qu’il pense à ce mot précis qui prendrait tout son sens très bientôt en enfer. Dire qu’il s’était souvent plaint de petites blessures contre les démons ou autres, là il verrait autre chose, il passerait à la torture suprême, ils allaient s’en donner à cœur joie là-bas.
A cette pensée des démons le torturant en enfer, Dean se révolta en lui-même et but d’un coup sec le verre qu’il avait tant contemplé. Il fut surpris autant qu’ennuyé de l’avoir gâché si vite. La sonnerie de son portable le sortit de sa rêverie.
« Sam, fous-moi la paix…
-Dean…j’suis pas bien…le loup-garou…dit Sam d’une voix affaiblie. »
Puis sa voix s’arrêta suivie d’un grognement. L’instant d’après, la porte du bar se refermait…


Dean n’eut aucun mal à trouver son frère. Il avait repéré l’appel de son portable encore allumé et se précipita rapidement dans une rue glauque au nord de la ville. Il vit au loin la créature prête à arracher le cœur de son frère : il tira mais la manqua, l’éloignant pour un certain temps.
Sam était bien amoché et avait de profondes griffures sur les bras et le torse.
« Dean…j’suis désolé…j’aurais pas dû…seul…
-Hé, t’en fais pas, Sammy… Je vais te soigner une dernière fois et tu seras comme neuf…dit-il en commençant à prendre son frère. »
Mais la créature profita que Dean avait le dos tourné et la charge de son frère pour attaquer à nouveau. Les deux frères furent séparés et Dean fut projeté violemment à travers la fenêtre d’un bâtiment, les éclats de verre entaillant profondément son visage. Le loup-garou ne s’attarda pas à Sam, resté sur le sol dans l’obscurité et se dirigea sur Dean, l’entaillant sur le torse. Alors qu’il était prêt à le tuer, il reçut une balle en argent en plein cœur : Sam avait réussi à se remettre debout.

Trois heures plus tard, Dean était branché dans un lit d’hôpital. A côté de lui, Sam avait plusieurs bandages sans gravité.
« Mais nom d’un chien, qu’est-ce qui s’est passé ?hurla Bobby en entrant. C’est pas en faisant une chasse au loup-garou que t’allais sauver ton frère.
-Bobby…
-Non, la ferme ! Dean est gravement amoché par ta faute !
-En fait, il est dans le coma, dit Sam tristement en montrant le tube dans la bouche de Dean.
-Rien que ça ?
-Les médecins ont dit que ses autres blessures n’avaient pas touché ses organes mais sa tête a tout pris en traversant la fenêtre, il a fait une hémorragie cérébrale.
-Et qu’est-ce que tu comptes faire maintenant pour empirer les choses ?grogna Bobby.
-Je sais que ça semble désespéré mais…
-Ca semble ?cria Bobby. Dean est dans le coma avec seulement trois heures à vivre maintenant et ça te semble désespéré ? Au moins, Lilith comme les chiens de l’enfer n’auront pas du mal à le trouver comme ça mais ça va faire du grabuge en plein hôpital.
-Justement, j’ai une solution.
-Laquelle ?
-C’est pour ça que j’tai demandé d’apporter cette essence spéciale. Aucun démon ne peut la traverser si on fait ce qu’il faut.
-Comment ça, explique-toi ?
-J’ai récité une incantation, Bobby. Tant que Dean restera dans le coma, il sera protégé et aucun démon ou chien de l’enfer ne pourra le blesser car, si on peut dire, son esprit n’est pas vraiment en vie et ici…Ca nous laisse du temps pour trouver un truc pour le sauver.
-Et s’il se réveille ? Les chiens de l’enfer vont accourir, tu peux en être sûr.
-Justement, tant qu’on a pas trouvé de solution, il peut pas se réveiller, sourit Sam les larmes aux yeux.
-Non mais t’es malade ?
-Vaut mieux être dans le coma que mort et en enfer quand même !
-Même si on trouve une solution, pauvre crétin, et qu’on veut le réveiller pour fêter ça, il se réveillera peut-être jamais !
-Je sais mais il sentira sûrement qu’on aura trouvé alors…
-T’es dingue ou amnésique ? Tu t’souviens pas que Dean ne pouvait pas se réveiller tout seul de son coma quand John s’est sacrifié pour lui ? Il n’a pas cette force, Sam…
-Mais…mais…Bobby…c’était la seule solution, dit Sam, perdu et se rendant compte malgré lui de ce qu’il avait fait. Jamais on l’aurait sauvé à temps et il serait allé en enfer par ma faute…je voulais pas le perdre…je l’aime de trop…au moins, là, il est encore en vie et j’ai un espoir…
-Le problème, Sam est que j’ai l’impression que t’en as fait exprès…
-Je suis désolé, Bobby…dit alors Sam en regrettant…Dean, je suis tellement désolé, dit-il en prenant sa main inerte sur les draps blancs. »

A minuit pile, aucun son d’aboiement de chiens ne se fit entendre, aucun claquement de porte ou autre chose de la sorte. Un calme plat côté démoniaque qui continua les jours suivants… Seuls quelques paroles de regret et quelques sanglots épars pouvaient être entendus dans cette chambre dont les deux occupants étaient aussi pâles l’un que l’autre.
« Je te le promets, Dean, je te le promets, je trouverai une solution et tu sortiras du coma… C’était juste une pause nécessaire mais je suis désolé…tellement désolé… »

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 7 Aoû - 11:59

Perdus


C’est étrange comme tout peut se passer tellement vite sans qu’on l’ait vu venir alors que pourtant, il y avait tous les signes que ça arriverait. Mais bien sûr, trop sûr de soi, on n’a pas assez fait attention et boum, ça vous tombe dessus. Quand vous réalisez, il est déjà trop tard et vous vous mettez à courir, le plus vite possible, pour rattraper vos erreurs…ou excuser celles d’un autre…S’il est déjà trop tard pour la personne à qui vous tenez plus que tout, sera-t-il trop tard pour vous aussi, une fois embourbé dans la même fuite en avant ?


C’était un jour spécial, ça, Dean ne pourrait jamais le manquer, il tenait à le fêter plus que tout : l’anniversaire de Sam. Le 02 mai, ça devrait être jour de fête nationale mais apparemment, il n’y avait que Dean qui serait pour. Même le concerné semblait ailleurs aujourd’hui alors que Dean voulait faire au maximum pour lui fêter comme il se doit. On n’a pas dix ans tous les jours et Dean voulait que ça soit parfait. Bien sûr, pour que ce soit parfait, il faudrait encore que leur père soit là et malheureusement, c’était une autre paire de manches. Pourtant, Dean avait insisté et insisté auprès de John pour qu’il rentre tôt et vienne fêter l’anniversaire de son cadet avec eux mais les heures passaient et aucun signe de leur père. Vers 18h, alors que Dean allait préparer le repas avec les moyens du bord achetés au supermarché de l’angle de la rue, le téléphone sonna.
« Papa, t’es où ? Tu devrais déjà être rentré !
-Je sais, Dean et tu diras à ton frère que j’suis désolé mais ce que je chasse peut pas attendre, tu l’sais très bien. J’essaierai de rentrer avant minuit pour lui souhaiter, dis-le lui. A ce soir.
-Mais P’pa, Sam va pas…
Mais John avait déjà raccroché. Dean reposa le plus calmement qu’il put le combiné mais il avait eu envie de le jeter à travers la pièce. Comment leur père pouvait leur faire ça, faire ça à Sam le jour de son anniversaire ? Essayant de retrouver son calme, et soupirant pour se redonner une contenance, Dean alla voir Sam : ce dernier était seulement à deux mètres de lui, le regardant fixement, serrant les poings.
-J’suis désolé, Sam, il aurait voulu venir mais tu sais bien que son boulot…
-Non, arrête, j’en ai marre ! Il préfère plutôt chasser des zombies plutôt que d’être avec moi ! Quand est-ce que tu vas arrêter de le protéger, enfin, Dean ? Il s’en fout de nous !
-C’est pas vrai, je t’interdis de dire ça !
-Ah ouais ? Ben c’est vrai, pourtant et tu l’sais ! Je vais me coucher !
-Mais t’as pas mangé ! J’t’ai acheté des bons trucs pour ton anniversaire, Sammy, et je…
-J’ai pas faim…T’as qu’à les manger, toi, de toute façon, tu bouffes tout…
Contrarié, Sam se pelotonna sur son lit et recouvrit une couverture totalement sur lui. Sachant que c’était peine perdue, Dean ramassa tristement la nourriture, dont le petit gâteau et la bougie qu’il avait soigneusement caché. Déprimé à son tour, il s’allongea aussi et finit par plonger dans un léger sommeil.
Quand il rouvrit les yeux, Dean vit qu’il faisait nuit. S’inquiétant pour Sam, il regarda à côté et vit toujours une bosse sous la couverture. Voulant lui faire un câlin même s’il savait qu’il serait rejeté, il alla enlever la couverture mais à sa plus grande stupeur, il ne trouva dessous que deux oreillers et non Sam.
-Sam ? T’es où ? C’est pas drôle ! Sam !!
Dean chercha dans tous les coins de la chambre et de la salle de bains, ce qui fut vite fait et l’appela à l’extérieur, espérant qu’il était seulement parti chercher un soda. Il savait très bien que cette mise en scène n’avait rien de bon et que Sam ne voudrait pas être retrouvé. N’ayant aucun moyen de joindre son père et trop affolé pour réfléchir, Dean prit ses affaires et s’élança à l’extérieur du motel, ne cessant d’appeler son frère, culpabilisant de l’avoir laissé, de s’être endormi. Il courut sur plusieurs rues, ne trouvant aucun signe de son frère. Il en avait les larmes aux yeux de découragement quand soudain, il aperçut un bois. Connaissant Sam et son désir de se cacher, il devait sûrement y être entré. Dean eut un doute rationnel. Il était seul, encore un ado et il faisait déjà très noir sur la route, alors dans le bois, ça devait être autre chose. Sa petite lampe torche serait assez impuissante. Mais Dean était Dean et après ce court instant, il fonça dans le bois et même s’il savait qu’il pouvait y avoir du danger, sachant tout ce qu’il savait sur les créatures surnaturelles, il n’arrêta pas d’appeler Sam, aussi fort et haut que possible. Et puis, il savait se défendre, leur père lui avait tout appris.
Dean s’enfonçait dans le bois, ne prenant aucun point de repère, n’y pensant même pas, trop affolé à l’idée de perdre son frère. Soudain, il s’arrêta, ayant eu l’impression d’avoir entendu un craquement derrière lui. Ne bougeant pas d’un poil, il essaya de faire croire à ce qui avait causé ça qu’il n’était pas une créature vivante. Il sentit la présence bouger et disparaître. Soupirant, il fit quelques mètres et recommença ses appels. Au bout d’une dizaine de minutes, il entendit une faible voix :
-Dean, c’est toi ?
-Oui, Sam, j’arrive, continue à parler pour que j’te repère.
-J’suis là, Dean, par ici…j’suis désolé…dit Sam tout en pleurant et reniflant.
-Ca va aller, Sammy, j’suis là, dit Dean en le rejoignant. Il serra Sam dans ses bras mais trop fort pour ce dernier qui émit un “aïe” audible.
-Désolé, Sam…
-Si tu savais, Dean comme j’m’en veux…j’aurais jamais dû m’en aller…
-C’est pas grave, Sammy, l’important est que j’t’ai retrouvé. Allez, viens…
Alors que Dean relevait Sam de derrière son buisson, il ressentit de nouveau cette présence mais plus proche et surtout plus menaçante… L’aîné savait que lui seul avait été repéré et il cacha Sam de nouveau en lui faisant un signe discret malgré Sam qui ouvrit deux grands yeux affolés. Dean essaya de garder son calme et sortit le plus rapidement qu’il put le revolver qu’il gardait toujours sur lui mais la créature fut plus rapide. Elle se lança sur lui et le projeta plusieurs mètres plus loin, lui faisant lâcher l’arme.
Sam, qui avait assisté impuissant à la scène, étouffa un cri en appelant son frère, faisant retourner la créature qui s’élançait de nouveau sur Dean. Affolé, Sam prit l’arme de son frère tombée au sol et la pointa sur la créature qui se précipitait sur lui. Tremblant de tous ses membres, il réussit quand même à tirer sur elle. Seulement blessée, la créature s’enfuit.
Sam se précipita vers son frère qui avait perdu connaissance en atterrissant sur un rocher.
-Dean, réponds-moi, j’t’en prie, Dean, réveille-toi ! Me laisse pas tout seul…
L’aîné restait dans les vapes, laissant Sam aussi inquiet que possible. Le cadet prit la lampe électrique de son frère et regarda s’il n’était pas blessé. Sa tête, ayant heurtée le rocher, avait une plaie à l’arrière et soignait pas mal, les cheveux collés au sang. Mais la créature avait également donné un coup de griffe sur sa poitrine qui semblait comme déchirée de partout. Sam avait même peur de voir ses organes tellement la blessure était profonde et saignait beaucoup. Il n’arrêtait pas de secouer Dean pour le faire revenir, pleurant, sanglotant, regrettant que tout ceci soit à cause de lui.
Enfin, au bout d’un temps qui parut interminable à Sam, Dean se réveilla en grommelant à moitié :
-Sam…on est où ?
-Ben…dans le bois, voyons…la chose nous a attaqué…tu t’rappelles pas ?
-Euh…attends…si !bondit Dean en faisant sursauter son frère tellement il se redressa et regarda son frère sous toutes les coutures. Elle t’a pas blessé ? Tu vas bien, Sammy ? J’étais sûr que cette chose s’en prendrait à toi...
-Ca va, t’en fais pas, j’ai rien…j’ai pris ton pistolet et j’ai tiré dessus mais j’l’ai pas tué, désolé, Dean.
-T’as réussi à tirer sur elle ? Mais c’est magnifique, Sam, bravo, sourit Dean en se détendant. J’suis content que tu vas bien…Pour tes dix ans, tu fais fort, tu sais…
-Tu crois ?
-Ouais, t’es le meilleur, Sammy.
-Merchi…rougit Sam, flatté.
-Comment tu t’sens ?
-Ca va aller, juste quelques bleus de rien du tout…P’pa va sûrement venir nous chercher.
-Tu dis tout le temps et c’est pas vrai…tu vas pas bien et il va pas venir, se renfrogna Sam. Qu’est-ce que j’peux faire pour toi ? T’as mal où ?
-Ca va, ça va, arrête de t’en faire… Tiens, prends plutôt ça, dit Dean en sortant quelque chose de sa poche.
-C’est quoi ?
-Ton cadeau…ouvre…
-Mais c’est…hésita Sam avec surprise en voyant un carnet en cuir noir avec le stylo assorti.
-Ouais, c’est le carnet que t’avais vu l’autre jour dans la boutique, j’voulais te l’offrir…t’es toujours à lire et gribouiller des trucs, là, au moins, ça sera pas sur du papier toilette que tu pourras écrire…
-Dean, j’sais pas quoi t’dire…dit Sam, ému, j’adore…
-Comme ça, tu…mais Dean s’évanouit à nouveau, du sang lui coulant de la bouche.
-Dean ?! Dean ! Me laisse pas !
Sam sanglota, appelant son père à voix haute pour la première fois. Un grognement derrière lui montra que la créature était revenue achever son travail et se venger. Sam n’avait plus le courage de lutter, il voulait seulement que son frère revienne. Alors qu’il fermait les yeux en sentant presque le hâle de la créature dans son cou, un coup de feu retentit et le noir l’enveloppa à son tour.

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MessageSujet: Re: Carnet d'One-shots   Sam 7 Aoû - 12:01

Fin de la série imaginée par moi-même, SPOILERS saison 5 !!

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Happy End or not ?


Un vent ardent soufflant sur un terrain vague…
Des brindilles volant encore ça et là, comme dans une course interminable…
Une voiture, auparavant en bon état, dont la carcasse est encore fumante…
Une mèche de cheveu retombant sur un front ensanglanté…

Là où tout commence est là que tout finit.
La ville de Lawrence ne sera plus jamais ce qu’elle avait été après cette catastrophe que les habitants et médias qualifieront de “catastrophe naturelle”. On se demande vraiment comment ils peuvent encore ne rien voir de ce qui s’était passé et croire aux ouragans, aux incendies sans vouloir croire aux démons et aux esprits. Et pourtant…il s’en était tellement passé durant ces deux jours que cette bataille aurait dû rester dans les annales…au moins, elle y restera dans la mémoire de deux hommes pour qui tout aurait pu basculer s’ils n’avaient pas été frères…
Une partie de la ville était détruite mais le reste était encore là, prêt à rebâtir ce qui avait été perdu.


Flash-back – une semaine auparavant

Dean et Sam s’étaient retrouvés voilà déjà plusieurs mois. Dean avait voulu vivre heureux près de Lisa et Ben sans savoir que Sam était sorti de la cage de Lucifer, mais voilà, le passé, sa vie de chasseur et les responsabilités l’avaient rattrapé plus rapidement qu’il ne l’aurait cru.
Sam n’avait pas voulu déranger le bonheur de son frère, si âprement désiré, donc il s’était éclipsé et avait continué la chasse, seul, sans même faire savoir à Bobby qu’il était vivant, changeant même son prénom quand il prenait de fausses identités. Personne ne devait savoir qu’il était revenu car on pourrait croire qu’il avait encore une part de Lucifer en lui, ce qui était totalement faux. Quelqu’un lui avait accordé de revenir sur terre et même s’il ignorait qui était ce quelqu’un, il savourait chaque instant de sa liberté retrouvée, même si sa solitude lui pesait lourdement.
Mais un jour, un démon s’en prit à Lisa et Ben pendant l’absence de Dean, pour se venger du retour de Lucifer dans sa cage. Aucun des deux ne fut tué, Dean étant revenu à temps mais ils furent gravement blessés, assez gravement pour que la vengeance de Dean prenne le dessus et que sa culpabilité d’être heureux avec une famille, sans avoir besoin de chasser, lui fasse reprendre la route. Comment et où il retrouva Sam, c’est une autre histoire mais ils se retrouvèrent, avec autant d’étonnement de part et d’autre.
Ensemble, ils finirent par tuer le démon responsable et ses acolytes…Ensemble, ils reprirent la route après s’être assuré que Lisa et son fils allaient bien.
Pourtant, la confiance était loin de ce qu’elle avait été et chacun surveillait les faits et gestes de l’autre.

Quelque temps après, ils trouvèrent une forte énergie démoniaque autour de Lawrence, leur ville natale. Bobby ne pouvant pas venir les aider maintenant, ils y allèrent pour voir de quoi il retournait. Ils y revinrent avec une certaine appréhension, davantage que la première fois, ils n’auraient su dire pourquoi.
Alors qu’ils étaient à leur motel et étudiaient de plus près les signes démoniaques et les trois disparitions, on frappa à leur porte.
« Crowley ?
-Oui, Dean, moi et toujours moi ! Vous n’allez pas l’air enchanté de me voir alors que moi, j’en suis ravi…depuis le temps. Entre nous, je pensais pas que vous pourriez le faire…mais Sam, t’as bien botté les fesses à Lucifer, chapeau !
-Qu’est-ce que vous voulez ?demanda Sam.
-Annoncer une grande nouvelle !sourit le démon en entrant. Le démon que vous chassez ici est un démon de haut niveau…
-Si c’est ça la grande nouvelle, c’est pas la peine de…soupira Dean.
-Si tu m’avais laissé finir…Donc, je reprends : ce démon est de haut niveau mais…c’est le dernier de grosse taille que vous auriez à affronter sur terre, les gars.
-Comment ça ?
-Tous ceux échappés de l’enfer il y a quelques années ont été vaincus. La plupart des échappés étaient des démons de moindre importance, des esprits, ce genre de choses… Vous n’aurez plus beaucoup à vous soucier des gros démons si vous arrivez à vaincre celui-là.
-Et toi alors dans l’histoire ?
-Tu me flattes, Dean, merci, mais moi, je fais rien d’autre que des petits contrats à l’amiable… Pas besoin de me courir après.
-Pourtant Bobby a récupéré son âme.
-Oui mais il la garde si et seulement si vous ne me tuez pas.
-Quoi ?s’exclamèrent les frères en même temps.
-Que voulez-vous, il faut lire les clauses du contrat avant de signer…ou d’embrasser dans le cas présent.
-Salopard…s’écria Dean. Vous nous aviez dit que Bobby était clean, maintenant !
-Oui, mais cette clause figure toujours au contrat même s’il a récupéré son âme.
-Passons…dit Sam en essayant de garder son calme. Comment vous savez tout ça ? Vous essayez de nous piéger, quelque chose comme ça ?
-Point du tout, je veux seulement vous informer…et aussi parce que ce démon est le dernier à avoir mis ma tête à prix pour mon petit…accrochage concernant Lucifer. Donc, tout le monde le veut mort, ou en enfer, on est d’accord ?
-Que savez-vous sur lui ? Les personnes qu’il enlève, il en fait quoi ?
-Oh, rien du tout…leurs corps restent intacts, ils sont seulement cachés quelque part et ça vaut mieux.
-Comment ça ?
-Ce démon aime farfouiller dans l’âme de ses victimes, leurs souvenirs, leurs sentiments les plus profonds et inavouables pour les rendre fous…ils sont tellement à bout qu’à la fin, ils disent au démon qu’ils feront tout ce qu’il veut à condition d’arrêter cette torture. Ce qui fait que ces victimes perdent leur âme… Le démon les leur prend aussitôt, les absorbe…
-C’est dégoûtant, pensa Dean à voix haute.
-Oui, c’est rien de le dire et vous n’avez même pas vu le résultat. Ce qui fait qu’il est devenu puissant avec toutes ces âmes au fil des siècles. Personne ne lui refuse jamais, alors évidemment, les victimes s’entassent.
-Et les corps ?demanda Sam.
-Ils sont sans âme, comme des zombies mais inoffensifs. Ca fait peur aux proches, donc il faut les enfermer.
-Et vous pensez qu’on peut vaincre ce…mangeur d’âmes ?
-Evidemment que vous pouvez, vous n’êtes pas les Winchester pour rien et vous avez battu Lucifer, ce qui fait très bien sur vos cartes de visites. D’ailleurs, il se fait appeler Sarnior.
-Très bien, on va réfléchir. On le trouve où si on se décide ?
-Dans un bar habituellement, le Locker, en bas de la troisième rue en partant d’ici.
-Je suppose que vous n’allez pas venir ?sourit Sam.
-Evidemment que non. Je vous fais confiance…ou plutôt je tiens à ce qui me reste d’âme. Je vous ai dit tout ce que je sais. Bonne chance les gars et restez entiers, dit-il en sortant.
-Alors, qu’en penses-tu ?
-Je pense, Sam, que Crowley, comme d’habitude, nous cache certains trucs, donc allez nous-mêmes à la pêche aux infos avec Bobby et on avisera.
-On risque gros sur ce coup-là, tu le sais…
-Oui, mais c’est le dernier, après on pourra…
-Quoi ? Revenir à des vies normales ? Tu rejoindras Lisa et Ben ?
-On verra mais on pourra souffler un peu, c’est tout, éluda Dean, gêné.
Les frères, sans se regarder de peur d’y voir des sentiments contraires, téléphonèrent à Bobby qui leur dit connaître ce démon mais avec très peu d’infos sur lui. Ce qu’il leur dit n’était que le quart des informations de Crowley. Ils apprirent le lendemain matin qu’une des victimes avait quand même été retrouvée mais admise aussitôt dans l’hôpital psychiatrique de la ville à cause de son état, tout au moins inquiétant. Ils allèrent aussitôt rendre visite à la victime mais son approche leur fut interdite par une psychiatre :
« Pourquoi vous nous interdisez de le voir ?
-Ce n’est pas vraiment utile dans le cadre de votre enquête, inspecteur, je suis navrée. Le voir à travers la porte est bien suffisant. Ce pauvre homme est à peine l’ombre de ce qu’il avait été.
-Comment ça ? Vous le connaissiez ?
-Oui, tout le monde ici connaissez Bill. Il était chaleureux, très actif, sans cesse en train de courir. C’était l’énergie, la santé et la joie de vivre personnifiés. Là, on dirait que…hésita la psychiatre en regardant l’homme dans le lit à travers la porte.
-Oui, quoi ?demanda Dean.
-On dirait que son esprit n’est plus là, seulement son corps. Il a les yeux ouverts mais vides, il ne bouge pas, ne parle pas, ne s’alimente pas, on doit le mettre sous perfusion. Il pourrait tout aussi bien être dans le coma.
-Et son activité cérébrale ?
-Il en a une, c’est ce qui est le plus étrange et nous interdit de le débrancher.
-Des signes d’une quelconque agression ?
-Non, rien du tout.
-Merci, docteur…dit Sam en prenant congé avec Dean. Une fois dehors, ils restèrent un moment silencieux. Ca fait peur, quand même…
-Ouais, ce mec m’a fichu les jetons. J’espère qu’on va buter ce démon, j’ai pas envie de finir comme ça après avoir stoppé Lucifer et l’apocalypse…
-T’es pas le seul, murmura Sam, dont le sang restait glacé.
Le soir venu, les frères reprirent pourtant confiance en eux et allèrent derechef au Locker. Ils avaient fait leurs recherches et selon ce qu’ils avaient trouvé et selon Bobby, ce démon ne pouvait être vaincu que par un poignard en or et argent, coup mortel donné par l’une de ses victimes. Donc il fallait se mettre dans ses filets pour le tuer, ce qui n’était pas de leur goût mais ils ne pouvaient pas faire autrement. Le bar était presque vide à l’exception d’une femme ivre au bar et d’un homme d’une soixante années, tranquillement assis, en train de regarder la femme, une expression de délice au fond des yeux. Il n’était pas difficile de se méprendre sur son identité. Dean et Sam allèrent s’asseoir sur la banquette en face de lui, le plus tranquillement du monde. L’homme ne les avait toujours pas regardé, fixant toujours la femme. Il parla pourtant le premier :
-J’avais hâte de rencontrer les grands Winchester, se moqua-t-il, ceux qui ont arrêté Lucifer lui-même…Je m’étonnais de votre retard mais apparemment, vous n’étiez pas aussi pressés que moi. Il y a encore un instant, j’aurais emmené cette femme tellement elle semble délicieuse mais votre arrivée change mes prochaines festivités.
-Si vous croyez qu’on va se faire avoir si facilement, dit Dean avec assurance.
-Oh mais je sais que ça ne sera pas du gâteau, sourit Sarnior en les regardant pour la première fois. Ca n’en sera que plus amusant. Et je sais très bien que c’est pour me tuer que vous voulez m’affronter… Si vous croyez ça possible, tant mieux pour vous et pour moi aussi, j’aurai les deux plus délicieuses âmes à déjeuner demain matin.
-Vous avez un endroit préféré pour mourir ?demanda Sam avec autant d’assurance.
-Maintenant que vous en parlez, oui…le terrain vague derrière le pâté de maisons à l’ouest d’ici…
-Mais c’est…hésita Dean, autant surpris que troublé.
-Oui, à une centaine de mètres de la maison de votre enfance, sourit de plus belle le démon. Idéal pour votre mort, les garçons.
-Demain matin, 5h, dit Sam, un peu troublé aussi.
-A demain, dormez bien pour votre dernière nuit.
Les frères se retirèrent, n’essayant même plus de montrer une quelconque assurance bien inutile dans ces circonstances. Ils sentaient que Sarnior les prenait par leurs faiblesses.
-Il faudra assurer demain…davantage que ce soir, on s’est vraiment fait avoir.
-Oui, c’est clair, il savait exactement où nous faire mal. Il en connaît plus sur notre compte que je ne pensais, il va falloir être rapide et ne pas se laisser envahir par les sentiments, sinon on est foutus…
-Ouais, foutus…
Ils se regardèrent, aussi mal à l’aise l’un que l’autre et contrairement au conseil de Sarnior, ils ne purent dormir de la nuit ni même s’allonger. Ils tinrent Bobby au courant de la situation, au cas où et Dean passa un rapide coup de fil à Lisa pour s’assurer qu’elle et Ben allaient bien, qu’ils étaient suffisamment bien cachés pour qu’aucun démon, dont Sarnior, ne les trouve pas. Ils préparèrent leurs armes en silence, ignorant quoi se dire ou comment le dire. La communication était ce qu’il y avait de plus difficile entre eux depuis leurs retrouvailles, seule la chasse était un sujet de conversation.
Enfin, l’heure arriva…

Terrain vague au bout duquel il y avait quelques maisons – 4h55

-Tu crois qu’il va venir ?demanda Sam nerveusement.
-Mais oui, il va pas rater ce festin…
-Très drôle… Pourquoi t’as laissé la voiture juste là ?demanda Sam en montrant l’Impala à quelques mètres derrière eux.
-Pour me donner du baume au cœur, si vraiment j’en ai besoin.
-Et t’as pas pensé que le démon pourrait te la piquer si ça tournait mal ?demanda Sam. Dean fit alors une drôle de tête comme s’il n’avait pas pensé à cette éventualité.
-Ne vous en faites pas, je n’y toucherai pas : de toute façon, je n’aime pas les voitures, dit soudain Sarnior en arrivant. Mais pourquoi aurez-vous à vous soucier d’elle quand vous aurez perdu ?
-On est prêts, dit Sam, appuyé de Dean.
-Pas si vite, les gosses. Faisons les choses à ma manière. J’ai mes petites manies depuis tous ces siècles, vous comprenez, j’en suis sûr. Le démon fit alors apparaître deux chaises et assit de force les frères dessus en les immobilisant.
-C’est quoi ce délire ?s’écria Dean. C’était pas censé se dérouler comme ça !
-Oh mais je n’avais rien stipulé, tout comme vous. Et vous n’êtes pas à la meilleure place pour des détails de ce genre. J’avoue avoir cogité toute la nuit pour savoir comment m’y prendre avec vous deux… Vous me croirez ou non, je n’ai jamais eu deux victimes à la fois qui se connaissaient. J’ai bien tenté d’avoir des couples mais il y avait toujours un des deux qui se défilait…Et là, j’ai deux frères au menu, n’est-ce pas merveilleux ?
-On devrait vous féliciter, dit Sam avec ironie.
-Oh oui, vous devriez. Donc, je me demandais comment faire avec vous deux à la fois et j’ai trouvé une nouvelle recette intéressante…D’habitude je fouille dans l’âme de ma victime mais là, vous allez vous-même fouiller dans l’âme de l’autre, dans sa plus grande profondeur…On verra si vous supportez ce que cache l’autre sur vous-même. Vous allez vous détruire et je n’aurai qu’à récolter les morceaux, rigola Sarnior.
-On est clean, l’un par rapport à l’autre, affirma Dean.
-Ah oui ? Ce n’était donc que des ragots tous ces dires sur votre éloignement fraternel, les mensonges, le sang de démon, ce refus de dire ce que vous pensez l’un sur l’autre, que ce soit ton désir de t’éloigner de Sam pour fonder une famille, ou de toi de t’éloigner de Dean pour ne plus voir ces reproches et ces doutes continuels ?dit-il en faisant pâlir les frères. Ah oui, c’était sûrement des ragots. Mais en parlant de ragot, il faut que vous sachiez, juste avant de vous enfoncer, que me tuer avec un poignard en or et argent de la main d’une de mes victimes, ce n’était aussi qu’un ragot. Adios !
Sarnior claqua des doigts et la tête des frères tomba sur leur poitrine, inconscients.
Le démon plaça les frères l’un face à l’autre et commença ses festivités.

Ce ne fut au début que le noir total. Dean ne savait pas où il était mais il avait l’impression d’être dans un lieu totalement inconnu. Pourtant, quand le noir se dissipa pour faire place à un décor, il sut qu’il était en terrain familier. C’était très étrange de se retrouver dans la tête de Sam. Il l’avait toujours souhaité et craint à la fois, certain que son frère lui cachait des choses horribles. Maintenant, il était là et devait bien faire avec, surtout pour se réveiller dans sa propre tête et tuer ce foutu démon. Il reconnut facilement le motel : c’était le soir où Sam avait claqué la porte pour partir à Stanford. Dean revit la scène mais cette fois, du point de vue de Sam, ce qui était totalement différent. De plus, il ressentit toute sa colère, sa haine envers leur père et son soulagement de s’être débarrassé de lui et même d’eux car oui, c’était bien un sentiment de débarras total et purificateur que Sam avait ressenti. Il sauta alors à d’autres souvenirs, où il ressentait également les sentiments de Sam qu’il n’aurait jamais voulu connaître tellement ils le mettaient en colère et lui montraient à quel point son frère n’avait jamais voulu appartenir à leur famille. Il ressentit même la douleur de Sam lors de sa mort par Jake et de sa propre mort par les chiens de l’enfer : bien sûr, le désespoir était là mais aussi un soulagement qui lui faisait peine à ressentir tellement il était fort et croissant. Il ressentit même ce qui s’était passé dans la cage de Lucifer, toute sa douleur mais là encore, la satisfaction de ne pas voir Dean avec lui, même pour l’aider, comme un énorme poids qu’il aimait avoir laissé tomber. Dean ne voulait plus rien voir ou ressentir de son frère mais ça continuait de plus en plus, au point de se faire demander à Dean pourquoi il aimait Sam, qu’il n’aurait jamais dû venir au monde…

Durant ce temps, Sam s’était réveillé de la même façon, dans l’obscurité qui avait laissé place à un souvenir de Dean bien précis, celui de son départ pour Stanford. Comme pour son frère, le point de vue fut inversé et il ressentit les sentiments de Dean, tout son désarroi, son désespoir mais aussi…un réel soulagement de ne plus devoir protéger son cadet et à ne plus se mettre en travers des disputes entre John et lui. Jamais Sam n’aurait cru ça de la part de son frère et pourtant, il était dans sa tête, c’était bien vrai. Les souvenirs de Dean se succédèrent, des disputes avec lui à sa mort de la main de Jake et là aussi, un soulagement. Même quand Dean était mort pour aller en enfer, il était soulagé de ne plus être sur terre, de ne plus lutter. Il ressentit toute sa colère et son dégoût quand il avait découvert pour Ruby et lui et le sang de démon. Selon ce qu’il ressentait, son frère avait été très heureux de se retrouver seul après sa chute avec Lucifer. Las de toutes ces émotions qu’il avait toujours craint, Sam se rendit compte que son frère le considérait toujours comme un monstre, même d’être revenu de la cage de Lucifer, comme s’il n’avait toujours rien de normal. Il n’avait plus la force de lutter pour sauver sa relation avec son frère, il savait ce qu’il ressentait de son côté et que leur affection était partie il y a déjà très longtemps…peut-être à la mort de leur mère.

Sarnior pendant ce temps se délectait de voir que les frères ne se battaient plus après plusieurs heures et que bientôt, il en aurait fini avec eux : leurs âmes lui appartiendraient, il les ingurgiterait avec plus de délice qu’aucune autre. Pour bien les finir, il décida de leur faire faire un dernier tour en les faisant ressasser une nouvelle fois les mêmes souvenirs emphatiques qui les avaient achevé en premier.

Dean ne fut même pas surpris de revoir le premier souvenir qu’il avait vu de Sam. C’était du démon tout craché pour pouvoir les achever en beauté. Il était tellement au fond du gouffre qu’il ne pouvait pas aller plus bas. Pourtant, il y eut une différence. Dean savait parfaitement ce que Sam éprouverait à chaque seconde de cette dispute et de ce départ, c’est pourquoi, il remarqua les nuances beaucoup plus profondes qu’il n’avait pas vu la première fois. Sous toute la colère, la haine et le soulagement de Sam, Dean ressentit de la honte, de la culpabilité et un immense regret de laisser son frère derrière lui. Le cadet en aurait presque versé des larmes s’il n’avait pas voulu enfouir ces sentiments au plus profond de lui-même. Il avait préféré ces sentiments négatifs pour se forger une carapace et avoir la force de partir sans un regard en arrière. Dean comprit cela d’autant mieux que les carapaces d’émotions étaient sa spécialité depuis toujours mais il avait toujours ignoré que son frère avait fait de même, il pensait que Sam montrait ses sentiments et qu’aucun autre n’était caché dessous. Alors que la première fois, il avait détourné les yeux, il vit son frère avoir un léger mouvement pour faire demi-tour : ce mouvement était presqu’imperceptible mais il était là et signifiait énormément pour Dean. Les souvenirs suivants, Dean les décortiqua de la même manière et alla jusqu’au fond de l’âme de son frère et découvrit une culpabilité constante, un grand désir de faire le bien, la fierté d’appartenir à cette famille et surtout un amour envers son frère qui dépassait tout ce que Dean avait jamais pu espérer. Même sa mort et la sienne lui montraient sous un nouveau jour l’intense vide et désespoir ressentis par son frère. S’il avait pu avoir les larmes aux yeux, Dean les aurait eu mais il était touché au plus profond de lui-même. Il ressentit en dernier les émotions de Sam lors de son retour de la cage de Lucifer, toute sa honte et son regret de revenir près de lui alors qu’il était heureux avec Lisa : et enfin il comprit combien Sam pouvait tenir à lui et l’aimer pour le laisser partir pour être heureux.
L’arme du démon avait été de mettre en évidence et d’intensifier le sentiment de soulagement alors qu’il n’était que minime dans chacun des souvenirs. Dean sut alors qu’il n’était plus menacé par le démon mais il lui restait à le tuer et à libérer Sam, en espérant que ce dernier n’était pas aussi bas qu’il le craignait.

Sam revit lui aussi les mêmes souvenirs, comme un disque qui tourne en boucle et que personne ne peut arrêter malgré tout le mal qu’il peut vous faire aux tympans…et dans son cas à son âme. Pourtant, tout comme Dean, il était tombé si bas qu’il vit des détails et creusa plus profondément dans l’âme de son frère, certain de ne pas y trouver des sentiments plus horribles que ceux découverts. A sa surprise, il y trouva tout ce que Dean cachait si scrupuleusement depuis toujours : la honte de ne pas être davantage intervenu, la culpabilité de ne pas savoir comment le retenir auprès d’eux, ce vide si intense comment s’il était en train de mourir et l’impression que la moitié de son cœur s’en était allée en même temps que son frère. Les souvenirs qui suivirent furent alors totalement différents et il vit ce que Dean n’avait jamais avoué de manière explicite : l’impression de ne pas exister en dehors de son frère et que jamais, au grand jamais il ne l’avait jamais considéré comme un monstre ou même anormal, seulement comme son frère qu’il devait encore plus protéger et que ses erreurs n’étaient qu’un signe qu’il n’avait pas assez bien fait son job, ne rejetant pas la faute sur Sam mais sur lui-même. Dès lors qu’il l’avait pris au sérieux, considéré comme un adulte responsable avant leur ultime rencontre avec Lucifer, il n’avait cessé de l’approuver mais toujours en étant inquiet de sa survie corporelle et spirituelle. Il le considérait sur un pied d’égalité mais ça ne l’empêchait pas de l’aimer comme il l’avait toujours fait. Pas un seul regret ou de la colère n’était caché quand il lui avait fait quitter Lisa mais seulement une intense joie et un soulagement de retrouver son frère en vie et en bonne santé et de retrouver cette vie qu’ils avaient toujours mené sans jamais regretter d’être ensemble. Sam se rendit compte que son frère n’avait jamais aimé personne autant que lui et qu’il représentait tout ce qu’il avait jamais eu, qu’ils se complétaient l’un l’autre. Sam sentit qu’il aurait pu avoir la gorge serrée d’émotion et des larmes auraient perlé dans ses yeux si seulement il avait pu avoir un corps palpable. Pour l’instant, seule la joie et le soulagement le dominaient et c’est grâce à ça qu’il put sortir de lui-même de la tête de son frère.

Ensemble, les frères recouvrirent leurs esprits dans leur propre crâne mais ils ne pouvaient pas encore reprendre totalement conscience. Alors, avant que le démon ne comprenne ce qu’il se passait, les frères purent s’unir car un lien très fort les unissait puisqu’ils venaient d’échanger leurs souvenirs emphatiques les plus profonds. Ils déployèrent leurs forces spirituelles sur le démon. Ils ne savaient pas vraiment ce qu’ils faisaient mais ils faisaient ce que leur dictait leur instinct qui ne les avait jamais trompé jusqu’ici. Ils savaient qu’ils étaient reliés profondément au démon car ainsi, ça permettait à Sarnior de pouvoir absorber leur âme en cas d’échec mais là, il fallait qu’ils retournent cette arme contre lui-même, ce qui était loin d’être évident car aucun mode d’emploi ne leur disait exactement comment faire. Pourtant, le fait d’être unis dans cette lutte les rendait plus forts qu’ils ne l’auraient jamais cru. Leur attaque atteignit Sarnior en pleine face. Le démon chancela. Il comprit alors ce que les frères étaient en train de faire. De nouveau, il leur fit vivre des souvenirs pénibles, encore pires que les précédents où leurs disputes étaient très blessantes et leurs bagarres brutales, violentes, meurtrières avec tous les sentiments qui allaient avec. Mais les frères, la surprise passée, firent de nouveau front contre le démon et ne se laissaient pas avoir par tout ce que le démon faisait remonter à la surface, malgré la dureté des mots et des émotions. Ils ne lâchaient rien alors que Sarnior reculait de plus en plus. Leur lutte emphatique avait atteint une telle ampleur qu’elle s’extériorisa et créa un léger tremblement de terre juste à côté d’eux. Conscient de cette force qui émanait désormais d’eux, Sarnior usa de moyens rarement utilisés, seulement en face d’adversaires démoniaques. Il utilisa ses pouvoirs et créa un ouragan pour tuer les frères car lui-même ne pouvait pas directement, étant encore relié à eux. Avant d’arriver jusqu’à eux, l’ouragan emporta une bonne partie du quartier et fit voler l’Impala plusieurs mètres plus loin. Mais l’ouragan n’arrivait pas à atteindre Dean et Sam qui restaient tranquillement assis, immobiles, comme si une barrière emphatique les protégeait. Le démon, encore plus en colère que les frères lui résistent encore, employa l’orage et le feu pour ravager cette partie de terre. La partie ouest non touchée par l’ouragan y fut cette fois par l’orage et les incendies qui éclatèrent de part et d’autre, enflammant entièrement le terrain vague…sauf les quelques mètres carrés où étaient les frères.
La concentration de Dean et Sam étaient tellement au maximum que leur nez saigna, les poings crispés, tous les nerfs du corps tendus pour ne pas lâcher leur force de résistance et d’amour fraternel qu’ils offraient à Sarnior. Ils envoyaient toutes leurs ondes et sentiments positifs envers le démon en les ressentant dans chaque millimètre carré de leur corps et en ne laissant aucune dissension, aucun conflit inavoué d’irrésolu entre eux.
Haine, colère, honte, mépris, soulagement du départ de l’autre…le tout avait été balayé comme un mauvais rêve…

Cette lutte entre ouragan, incendies, orages, envoi d’émotions positives…cette lutte dura vingt-deux heures. Ca peut paraître long mais en vérité, ça parut interminable aux frères. Ils ne savaient pas encore combien de temps ils auraient la force de combattre mais ils étaient ensemble. Finalement une énorme explosion de la force d’une bombe retentit…


Terrain vague au bout duquel il y avait…rien – le lendemain – 17h02

Quand Bobby arriva dans sa camionnette au bout d’une lutte constante contre un ouragan et deux incendies refusant de le laisser passer. Suite à de nombreux combats, il avait le bras gauche handicapé : pour cette raison, il avait appelé Rufus pour l’aider car apparemment, il en aurait besoin vu la situation. Ils eurent le souffle coupé en arrivant, même Rufus qui croyait avoir tout vu. Echangeant un regard apeuré, ils hésitèrent à aller plus loin.
Le terrain vague était encore enflammé par endroits…Le ciel juste au-dessous était d’une couleur rouge ocre…Les brindilles et feuilles d’arbres épars voletaient ici et là, à moitié calcinés…La Chevrolet n’était plus qu’une carcasse fumante, totalement irrécupérable : il n’en restait presque rien. Un cadavre calciné était quelques mètres plus loin.
Bobby se précipita, suivi de Rufus. Le cadavre ne ressemblait ni à Sam ni à Dean même s’il restait très peu de choses de reconnaissables. Ils cherchèrent les frères pendant une dizaine de minutes mais le terrain était très grand. Finalement, ils les trouvèrent à deux kilomètres de là. Le visage de chacun ensanglanté…le souffle du vent remuait légèrement les mèches de cheveux de Sam…Une profonde cicatrice traversait le cuir chevelu de Dean…Des blessures plus ou moins importantes pour chacun… Aucun des deux ne se réveilla…


Kansas City Hospital - un an plus tard

Deux hommes allongés dans la même chambre d’hôpital, dans un profond coma.
Un homme barbu assis entre eux, le regard désespéré.
Tout s’était si passé si vite ce jour-là. Pourquoi ne s’étaient-ils pas réveillés alors qu’ils en avaient toutes les raisons ? Peut-être parce que retrouver le chemin de sa propre tête, c’était facile mais retrouver le chemin de la conscience, c’était loin d’être si évident que ça, essayez et vous verrez…
Pourtant, le miracle se produisit. La veille, Bobby avait usé sang et eau pour mettre enfin les frères dans la même chambre, ce qui lui avait été toujours refusé pour des raisons administratives. Mais Bobby avait encore du charme, que croyez-vous ?
Sam fut le premier à ouvrir les yeux, d’abord très légèrement. La lumière lui fit très mal aux yeux : il s’y acclimata rapidement pour entendre un cri, celui de Bobby. Tournant la tête avec difficulté vers lui, il lui sourit mais ce sourire s’éteignit rapidement quand il vit son frère dans le même état et encore dans le coma.
-Dean…murmura Sam.
Comme si ce seul nom contenait toute la médecine du monde, le concerné ouvrit les yeux à son tour…

Les retrouvailles, le récit du combat, les soins, la rééducation seraient trop longs à raconter. Il se passa de longs mois avant qu’ils ne puissent sortir de l’hôpital et quand cela fut fait, Dean reprit la route mais pour Lisa et Ben. Mais il ne resta chez eux qu’une seule journée. Le temps d’expliquer, le temps de comprendre, le temps de pardonner…
Reprendre la route avec Sam fut presque naturel. Chacun savait que rien d’autre ne comptait et qu’ensemble, ils n’avaient jamais été bien. Ils s’étaient expliqués après leur réveil et savaient maintenant tout ce que l’autre avait dans le cœur. Bien sûr, ils n’étaient pas parfaits et avaient toujours de la colère en eux et des sentiments plus négatifs qu’autre chose mais même si cette colère se manifestait parfois envers l’autre, elle ne durait jamais et ils canalisaient ces sentiments envers les démons mineurs et autres créatures qu’ils chassaient. Il fallait bien que ça serve à quelque chose, non ? Ils étaient redevenus les frères qu’ils avaient été dans leur enfance et ça, c’était le plus beau cadeau qu’un démon avait pu leur offrir…

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