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 Les liens du sang

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zenzandy
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MessageSujet: Les liens du sang   Mer 16 Juin - 20:11

Résumé : Et si ce n'était pas Dean qui était cherché Sam à Stanford, mais John. Ce dernier envoie son aîné dans une chasse en solitaire, mais Dean disparaît...

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, hormis ceux que j'aurai inventé pour l'histoire.



C'est une idée que j'ai eu comme ça. J'espère que ça vous plaira.
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zenzandy
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MessageSujet: Chapitre 1   Mer 16 Juin - 20:23

John Winchester était à Palo Alto, près de l’Université de Stanford. Assis dans son Impala Chevrolet 1967, il tentait de se donner le courage d’aller voir son cadet, Sam, qu’il n’avait plus revu depuis le départ de ce dernier pour Stanford. Il hésitait à aller le voir. Leur dernière discussion datait du jour du départ de Sam, et ça avait plus été une dispute qu’une discussion. John devait admettre que la dernière chose dont il avait envie, c’était une nouvelle rencontre avec son fils. Non pas qu’il n’aimait pas son cadet. Au contraire, il l’adorait. Mais, il ne parvenait pas à le comprendre. En général, entamer une conversation avec lui se terminait immanquablement par une dispute. Pourquoi ? John n’aurait su le dire. Ils étaient totalement opposés, mais tellement ressemblants de caractère. John avait ses propres objectifs, Sam avait les siens. Et les objectifs du père et du fils étaient loin d’être les mêmes. Un instant, John songea à faire demi-tour. Son fils était parti depuis quatre ans, maintenant. Il avait délibérément quitté le monde de son père. De quel droit John devrait-il le ramener dedans ? Quel genre de père agirait ainsi ? Mais, en même temps, ce n’était pas de lui qu’il s’agissait, mais de son fils aîné, Dean. Celui-ci n’avait pas donné de nouvelle depuis une semaine, et ce n’était pas son genre. Dean pouvait rencontrer une jolie fille, passer une nuit avec elle, oublier de rentrer, décider de rester quelques jours avec la dite demoiselle, mais, il finissait toujours par donner de ses nouvelles dans les quarante-huit heures. Là, ça faisait plus d’une semaine qu’il n’était pas réapparu. Plus d’une semaine que John n’avait reçu de son fils aucune nouvelle, même pas un malheureux message sur son répondeur. Et John commençait à s’inquiéter. Dean courrait un grave danger, il en était certain. John prit alors son courage à deux mains. Admettre devant son cadet qu’il avait fait une erreur en envoyant Dean faire une chasse seul était un sacré coup pour son orgueil. Admettre devant son cadet qu’il avait besoin de lui, lui mettait un sacré coup dans sa fierté. Mais, ce n’était pas pour lui, c’était pour Dean. Sam pourrait peut-être lui pardonner d’avoir mis son frère en danger pour cette fichue chasse, mais il ne lui pardonnerait jamais de ne rien avoir fait pour le sortir de cette galère. D’ailleurs, John lui-même ne pourrait jamais se pardonner d’avoir mis sa fierté et son orgueil au-dessus de son fils. Après quelques instants de réflexion et d’hésitation, John se décida enfin. Il sortit de sa voiture et se rendit jusqu’à l’appartement de Sam. Même s’il n’avait pas adressé un mot à son cadet depuis quatre ans, il n’avait cessé de lui rendre visite. Le genre de visite anonyme, où l’on ne se manifeste pas. Il avait continué à veiller sur son cadet, même si celui-ci ne le savait pas. Il n’en avait jamais parlé à Dean, d’ailleurs, mais, il se doutait que Dean le savait, ou au moins avait des soupçons. Aussi, John n’avait pas besoin d’aide. Il savait très bien où vivait son fils. Il s’en voulait de tirer son cadet de sa vie tranquille, mais quel autre choix avait-il ?

John se retrouva devant la porte de l’appartement de Sam. Il inspira un grand coup avant de sonner. Il y eut quelques instants de silence, puis des bruits de pas se firent entendre derrière la porte. Celle-ci s’ouvrit sur un grand gaillard de vingt-deux ans. Il regarda son visiteur, l’air interdit :

__ Papa ?
__ Salut, Sam, répondit John avec un léger sourire. Ça faisait longtemps, n’est-ce pas ?
__ Quatre ans, et c’était très bien comme ça.

Ainsi, son fils lui en voulait toujours autant. John eut la soudaine envie de tourner les talons et faire demi-tour.

__ Qu’est-ce qui t’amène ? Ne me dis pas qu’il s’agit d’une simple visite de courtoisie, je ne te croirai pas. Pas après que tu ne m’aies pas dit un seul mot depuis quatre ans.
__ La faute à qui ? Tu es parti, je te signale. Tu n’as pas pris la peine de nous appeler une seule fois. Pas même à ton frère.
__ Et voilà, c’est encore de ma faute. Si c’est pour me faire des reproches, tu peux partir. Je ne te retiens pas.
__ Je savais que ça se passerait comme ça, maugréa John. Et si ce n’était pas pour ton frère, je partirai, tu peux me croire.
__ Dean ? Que lui arrive-t-il ? demanda Sam, qui sembla montrer de l’inquiétude.
__ Il a disparu, avoua John avec gêne. Je l’ai envoyé pour une… affaire. C’était un cas des plus banals. Je pensais que ton frère s’en sortirait très bien tout seul. Mais, il n’est pas revenu. Ça fait plus d’une semaine que je n’ai pas de nouvelles de lui.
__ Le connaissant, il a dû rencontrer une fille et a décidé de s’amuser un peu avec elle, avant de rentrer.
__ Il m’aurait au moins donné un coup de fil. Enfin, Sam, tu connais ton frère.
__ C’est vrai, tu as raison. Mais, entre. On ne va pas parler du business familial sur un perron de porte, tout près des oreilles indiscrètes.

Après être rentrés, John expliqua de quoi il en retournait à son fils.

__ C’était une chasse aux vampires, un cas banal. Ton frère a l’habitude, maintenant. J’avais déjà une affaire de wendigo en cours. J’ai donc décidé de la finir seul, et de charger Dean des vampires. Mais, quelque chose s’est passé. Il ne m’a pas donné de nouvelles. J’ai besoin de ton aide, Sam.
__ Papa, ça fait quatre ans que je n’ai pas chassé. Je risque d’être plus un fardeau qu’autre chose, pour toi. Et puis, j’ai ma vie. Après-demain, j’ai un entretien très important…
__ On parle de ton frère, Sammy. Je sais que tu as toutes les raisons de m’en vouloir. Je suis loin d’être un père parfait, mais je ne te demande pas ça pour moi, mais, pour ton frère. Dean a disparu, tu comprends. Plus d’une semaine sans nouvelle. Il lui est arrivé quelque chose.
__ Mais, en quoi je peux t’être utile ? Je le répète, la chasse, ça fait quatre ans que je n’y ai pas touché.
__ La chasse, on n’oublie pas, Sam. Tu étais un très bon chasseur. Tes instincts reviendront rapidement. Et puis, tu étais proche de ton frère, bien plus que moi. Tu pourras peut-être penser à des pistes auxquelles je ne ferai pas attention.
__ Très bien, fit Sam, en soupirant. C’est bien parce que c’est Dean.

John lança un sourire plein de gratitude à son cadet. Il devait admettre qu’il ne pensait pas réussir. Il avait eu peur que la rancœur de Sam contre lui soit plus grande que l’affection qu’il avait pour son frère.

__ Merci, Sam.
__ Comme je le disais, je fais ça pour Dean, pas pour toi.

………………………………………………………………………..

Dean était enfermé dans cette vieille cave depuis un sacré moment, déjà. Il n’avait plus la moindre notion du temps, mais il lui semblait bien que c’était quelque chose comme une semaine. Il était gardé prisonnier par les vampires qu’il était venu chasser quelques temps plus tôt. Une mission simple, un cas des plus banals. Dean ne parvenait toujours pas à comprendre où il avait foiré. Normalement, le nid de vampires devrait être détruit à l’heure qu’il est. Mais, au lieu de ça, les vampires allaient très bien, et ils le gardaient prisonnier. Depuis une semaine, il n’avait guère eu plus que de l’eau à boire. A croire que les vampires voulaient le garder en vie. Mais, il ne parvenait pas à comprendre ce qu’ils voulaient exactement. Il était un chasseur, ils étaient des ennemis. La première règle, dans ce genre de cas, c’était de se débarrasser de ses ennemis. Parfois, il recevait la visite d’un vampire qui lui balançait négligemment un morceau de viande, à peine cuite, comme on lancerait un os à un chien. D’abord dégoûté, la faim avait pris le dessus. Peu importait si la nourriture était cuite ou non. Et peu importait qu’elle ait été jeté à même le sol. Il avait besoin de manger s’il voulait survivre. Et puis, tant qu’il ne goûtait pas à la nourriture favorite des vampires, à savoir le sang humain… Dean avait déjà fait vingt fois le tour de la cave, essayant de trouver un moyen de sortir : un soupirail, un passage secret… n’importe quoi qui aurait pu lui permettre de partir. Dean détestait cette impression d’impuissance à laquelle il était confronté. Son père allait l’incendier, quand il apprendrait qu’il s’était bêtement fait capturer par ce qui aurait dû être sa proie. Cette pensée le rendait furieux. Il était le chasseur. Les vampires le gibier. Sauf que le gibier pouvait aisément devenir chasseur. Dean frappa un coup de poing contre le mur. Il regretta cette idée. Il massa son poing douloureux tout en se forçant à se calmer. Son père… Il allait probablement se lancer à sa recherche. Il était probablement déjà à sa recherche. Et quand John Winchester mettrait la main sur ces satanés démons, il leur ferait regretter de s’en être pris à son fils. En attendant, Dean ne devait pas perdre espoir. Il y avait toujours un moyen de s’en sortir. Se forçant à rester calme, il s’assit à même le sol et se mit à réfléchir. D’abord, analyser la situation. Des vampires, une cave, et lui prisonnier. Les vampires ne lui avaient pas laissé grand chose, hormis ses habits. Par contre, couteau, pistolet, tout ce qui faisait partie de la panoplie du parfait chasseur avait disparu. Même si ces outils n’étaient pas suffisants pour tuer un vampire, ceux-ci savaient parfaitement qu’en revanche, ils pouvaient leur faire très mal. Une fois la situation analysée et ses « armes » répertoriées, il fallait trouver un plan. Et là, le plan était très simple : il n’y en avait pas. Tout ce que pouvait faire Dean, c’était attendre. Attendre de voir ce que les vampires avaient l’intention de faire de lui, attendre que son père retrouve sa trace, et tout faire pour rester en vie en attendant.

La porte de la cave s’ouvrit, laissant passer un couple de vampire. Une femme, blonde, les yeux marrons, de taille relativement moyenne, et qui aurait pu être du goût de Dean, si elle n’avait pas été ce qu’elle était. L’homme qui l’accompagnait était plutôt bourru, avait une forte carrure, et avait des yeux qui étincelaient de haine et de violence. Pourtant, malgré ça, Dean sut d’instinct que ce n’était pas lui le chef de la meute. Non, c’était la femme. L’homme était passé en premier, avait laissé entrer la femme, et avait pris soin de rester derrière, prêt à agir au cas où leur proie tenterait quelque chose de stupide. Dean aurait bien aimé se laisser tenter, mais, il savait que c’était une mauvaise idée. Aussi, il attendit. Il vit les deux vampires le regarder avec attention.

__ Laissez-moi deviner, fit-il au bout d’un moment. Je suppose que vous êtres en train de vous demander par quel morceau vous allez commencer.
__ Quelque chose dans ce goût-là, acquiesça la femme avec un sourire, qui n’avait pourtant rien de bienveillant. Nous réfléchissons à ce que nous allons bien pouvoir faire de vous.
__ Si j’étais à votre place, je sais très bien ce que je ferais.
__ Je n’en doute pas. Vous autres, les chasseurs, vous ne connaissez qu’une seule solution. Mais, nous, nous pouvons choisir quelle punition est la plus adaptée.
__ Une punition, hein ? Vous plaisantez, j’espère. Je ne suis plus un enfant.
__ J’ai plus de cent ans, fit la femme. Pour moi, vous êtes encore un enfant.
__ Cent ans ? Et bien, vous faîtes bien jeune, pour une vieille grand-mère.

La vampire s’avança vers lui. Elle lui caressa la joue.

__ Décidément, vous êtes très à mon goût. Je pense sincèrement que vous pourrez faire une très bonne recrue.
__ Une recrue ? Comment ça, une recrue ? fit Dean en ayant peur du sous-entendu de ces propos.
__ Je pense que vous avez une petite idée. Vous feriez un très bon vampire, j'en suis même persuadée.

Dean ne répondit pas. Il refusait d’accepter ce qu’il venait d’entendre. Il préférait mille fois mourir, plutôt que de devenir l’une de ces créatures. Et puis, pourquoi ne voulait-elle pas le tuer, comme le ferait n’importe quel autre vampire, hein ?
La vampire sembla lire dans ces pensées.

__ Vous vous demandez pourquoi je pense vous transformer, n'est-ce pas ? Mon peuple est en train de disparaître peu à peu. Avant, les vampires étaient un peuple de chasseurs. On nous craignait, certains même nous adulaient. Aujourd’hui, un vampire ne vit plus. Il survit. Nous avons besoin de sang neuf pour que notre peuple ne disparaisse pas.
__ Je suis désolé, pour votre peuple, fit Dean, qui ne pensait pas un mot de ce qu’il disait. Mais, je n’ai aucunement envie de devenir l’un d’entre vous.
__ Je sais. Et ça, c’est la punition. Quelle meilleure vengeance que de transformer quelqu’un en une chose qu’il déteste et qu’il ne veut que détruire.

La vampire s’approcha de lui, lui prit la mâchoire dans les mains avec une douceur insoupçonnée, et posa ses lèvres sur les siennes.

__ De plus, je recherche un nouveau compagnon depuis que votre père a tué le mien, Dean Winchester. Vous êtes le candidat idéal.

Dean fut surpris des propos de la vampire. Son compagnon ? Quel compagnon ? Son père avait tué un bon nombre de vampires. Puis, soudain, il la reconnut.

__ Harmony ?

La vampire le regarda en souriant. Il avait deviné juste. Il sentit la peur lui serrer les entrailles. Il se souvenait trop bien d'elle. Son père et lui avaient chassé son nid, tuant plusieurs des siens au passage, ainsi que son compagnon. Harmony et les siens étaient des vampires cruels, brutaux et sadiques. Dean avait été écoeuré lorsqu'il avait vu les cadavres qu'ils avaient laissés derrière eux. Et pourtant, il avait vu pas mal de choses horribles dans sa vie. Il se sentit effrayé à l'idée qu'elle voulait faire de lui un être comme elle, comme ses anciens compagnons. Non... tout, mais pas ça.
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zenzandy
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MessageSujet: CHAPITRE 2 : CONSCIENCE   Dim 27 Juin - 18:51

John et Sam étaient partis dès le lendemain, le temps pour le cadet des Winchester de prendre quelques affaires et de dire au revoir à Jessica, sa petite amie. Bien entendu, les circonstances avaient obligés Sam à mentir à Jess. Il n’aimait pas ça. En même temps, ce n’était pas comme s’il avait vraiment le choix. Sa fiancée ne savait rien de sa vie d’avant Stanford. Les chasses, les horreurs qu’il avait vues, même le meurtre de sa mère par un démon… elle ne savait rien. Et il y avait plusieurs raisons à ce silence. Tout d’abord, en quittant la chasse, Sam voulait oublier cette vie, il ne voulait pas que Jess prenne conscience de son passé pour pouvoir l’oublier lui-même, ou tout au moins, que ce passé lui paraisse moins réel, comme s’il appartenait à quelqu’un d’autre. Mentir à Jessica devenait alors indispensable. Ensuite, comment aurait-il pu expliquer ce mode de vie à Jess ? Comment lui parler de vampires, de démons, ou autres créatures surnaturelles, sans passer pour un fou ? N’importe quelle personne sensée appellerait directement un asile. Cependant, Sam détestait les mensonges qu’il devait dire à Jess. Ça lui donnait l’impression de ressembler un peu plus à son père, et il détestait ça. Bien sûr, il aimait son père, malgré toutes leurs disputes, et un fossé qui semblait impossible à reboucher. Cependant, il détestait la façon d’être de John, comment il agissait. Et il ne désirait absolument pas lui ressembler.

Le début du voyage se déroula dans le silence le plus complet. John avait bien tenté un semblant de conversation avec son cadet. Mais celui-ci, guère intéressé par une discussion avec son père, se contentait de répondre par mono-syllabe, lorsqu’il le pouvait. Sinon, il donnait la réponse la plus courte possible. John avait alors semblé se décourager et s’était résigné à cesser toute tentative de conversation avec son cadet. Sam ne pouvait qu’en être ravi. Parler à cœur ouvert, ou non, d’ailleurs, avec son père était la dernière chose qu’il souhaitait. En ce qui le concernait, il avait dit tout ce qu’il avait besoin de dire le jour de son départ. Ce jour-là, il avait décidé de couper définitivement les ponts avec son paternel. D’une part, John et lui n’avaient rien en commun et se comportaient toujours comme chien et chat, lorsqu’ils étaient ensemble. D’autre part, son père lui-même lui avait dit de ne plus revenir vers lui. Aujourd’hui, s’il avait renoué avec son père, c’était à la demande de ce dernier, et surtout parce que Dean semblait courir un grave danger. Cependant, accepter de partir à la rescousse de son frangin à la demande de son père ne signifiait pas qu’il acceptait de faire la paix avec lui. Dans ces conditions, inutile de penser à avoir un semblant de relation père-fils avec lui. Et puis, après ces quatre années de séparation, il était un peu tard pour ça.
Sam songea alors à Dean. Même s’il n’avait pas envie de l’admettre, son sort le préoccupait véritablement. John Winchester était loin d’être le père parfait, mais son instinct du danger était très développé. Aussi, s’il pensait que son fils aîné était en danger, c’est qu’il devait l’être. Et puis, d’aussi loin que se souvenait Sam, son frangin avait toujours eu un don particulier pour se fourrer dans les situations les plus critiques qui soient.

Semblant comprendre que son cadet ne piperait pas un mot du trajet, John s’était résolu à briser le silence avec l’une de ses cassettes de rock favorites. Alors que les notes commençaient à envahir l’habitacle de la voiture, Sam décida d’en savoir plus sur cette affaire dont Dean avait eu la charge.

__ Papa ? Tu peux m’en dire plus sur l’affaire de Dean ?

John se retourna vers son cadet, puis il répondit :

__ Je te l’ai dit, Sam. C’était une affaire des plus banales. Une simple affaire de vampires que ton frère aurait dû résoudre en deux temps, trois mouvements.

Sans savoir pourquoi, Sam eut l’impression désagréable que son père ne lui disait pas l’entière vérité, qu’il en savait bien plus que ce qu’il voulait bien lui dire.

__ Ne me prend pas pour un idiot, tu veux ? fit Sam avec une légère pointe de colère. Si cette affaire avait été aussi banale que tu le dis, tu n’aurais pas fait appel à moi. Et tu ne t’inquièterais pas pour une semaine sans nouvelle. Combien de fois es-tu parti chasser seul, et sans donner de nouvelles pendant plus d’une semaine ? Tu sais comme moi qu’une chasse peut-être plus longue que prévue, et qu’on n’est pas toujours en mesure de prévenir les autres.

John ne répondit pas tout de suite. Son regard était braqué sur la route, mais Sam avait l’impression que s’il avait eu un véritable face à face avec son père, celui-ci aurait évité le regard de son cadet. Ainsi son pressentiment se révélait être vrai. Son père en savait plus qu’il ne le disait.

__ Alors, papa ? reprit Sam. Qu’est-ce que tu caches ?
__ J’ai appris il y a peu de temps que le chef de la meute de vampires était une ancienne connaissance, finit par répondre John. Dean et moi avons eu affaire à elle il y a deux ans environ. Nous avons détruit son clan, ainsi que son compagnon, que j’ai tué moi-même. Mais elle, elle a pu en réchapper.
__ Et il est possible qu’elle veuille se venger, termina Sammy sur un ton las. Et depuis quand tu le sais ?
__ Je te l’ai dit. Je ne l’ai appris que récemment. Bien après avoir envoyé Dean là-bas, tu peux me croire. Tu penses bien que je ne l’aurai pas envoyé seul sur cette chasse, sinon.
__ Si tu le dis, fit Sam, guère convaincu.

John se tut. Il délaissa la route quelques instants pour poser son regard sur son fils. Sam vit que sa réflexion avait blessé son père bien plus qu’il ne l’aurait cru possible. Cependant, il n’en avait pas grand chose à faire.

__ Qu’est-ce que tu veux dire par là, Sam ? Je suis donc un si mauvais père que ça ?
__ Père n’est pas vraiment le mot que j’utiliserai, fit Sam, se rendant parfaitement compte qu’il allait faire mal à son père. Dean s’est dix fois plus comporté en père que toi. Toi, tu es tout juste un sergent-instructeur.
__ Je t’interdis de dire ça…
__ Tu voulais savoir ce que je pensais, non ? Et puis, tu nous as trop souvent laissé, Dean et moi, sans te soucier de ce qui pourrait nous arriver.
__ C’est faux, tu le sais très bien.
__ Oh ? Alors, c’est sans doute parce que tu te préoccupais de Dean que tu t’en es servi comme appât, une fois ?
__ C’était son idée, Sam. (John semblait parfaitement comprendre à quel épisode Sam faisait référence.) Ton frère a insisté pour…
__ Mon frère n’avait que treize ans, papa ! Il se prenait pour Superman et était incapable de voir le danger. Mais, toi, tu le pouvais. Et en tant que père, tu aurais dû imposer TA décision et ne pas laisser un gamin décider du plan.
__ Tu te trompes, Sam. Dean avait parfaitement conscience du danger, bien plus que tu ne le penses. Et puis, nous étions plusieurs pour couvrir ses arrières.
__ Peut-être… En attendant, vous avez tellement bien surveillé ses arrières que Dean a fini à l’hôpital, ce jour-là. Il a failli y laisser la vie ! Un esprit pédophile qui s’en prend aux enfants, et toi tu ne trouves rien de mieux que de prendre Dean comme appât. Résultat, Dean est resté plongé dans le coma pendant près d’un mois, sans aucune certitude quand à ses chances de survie. Et moi, je me demandais pourquoi mon frère était dans cet état, s’il allait se réveiller ou non. Et le pire, c’est qu’à peine sorti de l’hôpital, tu l’emmenais déjà à d’autres chasses, et lui, il te suivait.
__ C’est pour ça que tu es parti ? demanda John.
__ En parti, avoua Sam. J’ai toujours cru que Dean n’osait pas te défier, parce qu’il voulait que tu sois fier de lui, et parce qu’il était incapable de te dire non. J’ai pensé que si j’osais me rebeller, il comprendrait qu’il n’a pas besoin d’être comme toi, que c’est à lui de choisir sa propre voie. Mais, il faut croire que tu as trop d’emprise sur lui.
__ Tu te trompes, Sammy. Dean a fait ses propres choix. Lorsque tu es parti, j’ai fini par lui dire qu’il était libre de partir, lui aussi. Mais il a décidé de rester.
__ Bien sûr, fit Sam sur un ton qui signifiait clairement qu’il n’en croyait pas un mot.
__ Je t’assure, Sam. Tu n’as jamais pensé que ton frère était tout simplement différent de toi ? Qu’il chasse parce qu’il en a envie, et non pour me faire plaisir ?

Sam ne répondit rien. Il devait admettre que son père avait raison sur ce point. Il n’avait jamais envisagé que son frère puisse tout simplement aimer la voie proposée par son père. Il n’avait jamais émis l’hypothèse que son frère puisse suivre son père par envie, plutôt que par obligation.

…………………………………………………………………………………………………...

Après lui avoir expliqué ce qu’elle comptait faire de lui, Harmony avait laissé Dean seul dans la pièce qui faisait office de cage. Le chasseur réfléchissait à la situation. Il devait admettre que les choses se présentaient plutôt mal pour lui. Harmony aurait fort bien pu se contenter de le tuer. Même si cette option n’était guère réjouissante, il la préférait à celle émise par la vampire. Dean frémit à l’idée de devenir une créature semblable à la jeune femme. Oui, mourir était vraiment plus enviable que ça. Le jeune homme eut un sentiment de panique. Il se força à se calmer. Tout n’était pas encore perdu. L’échange sanguin nécessaire à la transformation d’un humain en vampire n’avait pas encore eu lieu. Son père avait encore du temps pour le retrouver. Et lui avait encore un peu de temps pour trouver un moyen de fuir.
Sans même s’en rendre compte, il se mit à prier Dieu pour qu’il puisse se sortir de là. Quand il s’en rendit compte, il se mit une claque mentalement. Pathétique. D’accord, il était en mauvaise posture, mais ce n’est pas ce Dieu inexistant qui le sortirait de cette galère. De plus, il n’y avait jamais cru. Ce n’est pas aujourd’hui que ça commencerait. En revanche, son père était celui qui pouvait le sortir de là. Ayant parfaitement conscience de se comporter comme un enfant, il envoya ses pensées à John Winchester.

__ Je t’en supplie, papa, murmura-t-il dans le silence. Viens m’aider.

Oui. Il était vraiment pathétique. Et il détestait cette impression, tout comme cette sensation d’être impuissant. Cela provoqua chez lui un accès de haine et de colère envers Harmony. Il détestait se sentir impuissant. Il détestait devoir dépendre des autres. Il avaient l’impression de redevenir le gosse de quatre ans qui avait assisté à la mort de sa mère sans pouvoir faire quoi que ce soit. Et il haïssait vraiment cette impression. Il la haïssait tellement que sa haine envers Harmony décupla. Il la détestait plus pour ce sentiment d’impuissance qu’elle avait provoqué chez lui que pour le fait qu’elle soit un vampire. Il décida de lui faire payer ça. Peut-être qu’il deviendrait un vampire. Mais, il lui ferait payer.

Après plusieurs heures passées seul, Dean reçut la visite d’Harmony. Au plus profond de lui même, il espérait qu’elle était là pour jouer avec lui, ou même lui annoncer qu’elle avait changé d’avis, qu’elle préférait le tuer. Il préférait encore la torture ou la mort à une conversion. Toutefois, Dean avait parfaitement conscience qu’espérer d’Harmony qu’elle ne mette pas à exécution ses plans, c’était comme espérer de John Winchester qu’il renoncerait à tuer un loup-garou, ou à sa vengeance. Un optimisme plus proche de la bêtise qu’autre chose.
Harmony s’avança vers lui avec un regard de prédateur. En la regardant s’approcher ainsi de lui, il ne put s’empêcher de penser qu’en d’autres circonstances, il aurait eu envie de la jeune femme. Avant de se souvenir qu’Harmony était loin d’être jeune. Elle-même avait admis avoir plus de cent ans. Et elle était loin d’être humaine. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de remarquer à quel point elle était séduisante. Vraiment très séduisante. Plus elle avançait vers lui, et plus Dean sentait sa propre conscience, sa propre volonté lui échapper. Il était comme hypnotisé.

__ Et maintenant, tu vas devenir l’un des nôtres, susurra Harmony d’une voix envoûtante à son oreille.

Le peu de conscience qui restait à Dean tentait de lutter de toutes ses forces. S’échapper, s’éloigner de la vampire, mais ne pas se laisser faire. Cependant, c’était le corps entier de Dean qui refusait de lui obéir. Pire que ça… il sentait une excitation déroutante prendre contrôle de lui. Excitation qui se transforma en plaisir morbide lorsque Harmony planta ses crocs dans son cou. Aucune douleur, aucune souffrance, seulement un plaisir indescriptible. Puis, Harmony se retira. Dean aurait aimé la retenir, mais il en était incapable. La vampire prit un couteau et s’entailla le bras. Des gouttes de sang perlèrent. Le chasseur reprit ses esprits. Non. Il devait arrêter. S’il continuait à obéir à Harmony, il deviendrait comme elle. Il tenta de se dégager, de ne pas boire ce sang maudit. Quand la vampire comprit qu’elle n’arrivait à rien comme ça, elle changea de méthode. A la grande surprise de Dean, elle porta son bras à sa bouche et suça son propre sang, sans l’avaler. Puis, elle offrit un baiser fougueux à Dean, le forçant en même temps à boire le liquide rouge sombre. Ensuite, elle ferma vigoureusement la bouche de Dean pour que celui-ci n’ait d’autre choix que d’avaler cette boisson écœurante, et pourtant pleine de promesse. L’immortalité. Dean chassa cette pensée de sa tête pendant qu’Harmony le quittait, prenant soin de refermer la porte de sa cellule derrière elle.
Le goût métallique du sang toujours présent dans sa bouche, Dean frémit à l’idée de ce qu’il allait devenir. Pour le moment, il n’avait pas l’impression d’être différent, mais ça n’allait pas tarder. Bientôt, il ne serait plus lui-même. Seulement un faim incessante que seul le sang d’innocents pourrait calmer. Une perception nouvelle des choses. L’immortalité. Dean comprit que les transformations commençaient déjà. Cependant, il se promit de tout faire pour lutter contre la bête qui allait prendre possession de son corps. Il ferait tout pour ne pas céder aux instincts meurtriers qui commençaient déjà à naître en lui.
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MessageSujet: CHAPITRE 3 : TENTATION   Dim 4 Juil - 22:44

Sam et John étaient en route pour New Hope, petite bourgade au nord de la Floride. Bien sûr, ils auraient pu prendre l’avion pour traverser les Etats-Unis, mais, John refusait obstinément de laisser sa précieuse voiture sur un obscur parking d’aéroport. D’aussi loin que Sam pouvait s’en souvenir, son père n’avait jamais roulé qu'en voiture. De plus, comme l’avait si bien dit John, Dean avait une réelle affection pour l’Impala. S’il devait arriver quoi que ce soit à cette voiture parce qu’elle avait été abandonnée quelque part, Dean en voudrait à son père pour un très long moment. Sam avait toujours trouvé cette passion pour un vulgaire appareil de locomotion tout à fait exagérée, mais, son frère était ainsi.
De plus, John avait préféré garder la voiture pour une autre raison. Il voulait d’abord faire un petit détour pour demander quelque chose à un vieil ami. Sam bouillonnait d’impatience. Son frère était quelque part, en danger, peut-être sur le point de devenir le plat de résistance d’un vampire, et John Winchester voulait visiter un vieil ami ? Le jeune homme était sur le point de faire remarquer à son père qu’ils avaient d’autres priorités, mais, il se tut. Son père lui fit signe qu’ils étaient arrivés. Il gara la voiture près d’une vieille maison, qui était tellement mal entretenue qu’elle en paraissait presque abandonnée. John descendit de la voiture et s’avança près de la maison, imité par Sam. Puis, il frappa à la porte. Sam put entendre des bruits de pas qui s’arrêtèrent juste près de la porte. Donc, le propriétaire de cette… « charmante » maison était présent. Toutefois, il n’ouvrit pas tout de suite. Sam aurait presque pu voir l’homme regarder derrière le judas de sa porte, tellement il avait eu l’habitude de ce genre de comportement. Comportement qu’il avait encore aujourd’hui, d’ailleurs, au grand dam de Jess. Il n’était donc pas compliqué de connaître la nature de leur hôte. La porte s’ouvrit enfin sur un homme âgé qui tenait à la main un fusil. Sam eut l’impression de l’avoir déjà vu quelque part, sans parvenir à se souvenir où. En tout cas, son attitude confirmait que l’homme était bien un chasseur.

__ Salut Elkins, fit John à son hôte.
__ Winchester, hein ? Que me vaut cette visite ?

Elkins… Sam se souvint alors de l’homme. C’était bien un chasseur, et pas n’importe lequel, puisqu’il avait été le mentor de son père. Sam comprit alors que John considérait les choses suffisamment graves pour demander de l’aide à quelqu’un. Il sentit l’inquiétude le gagner un peu plus.

__ J’ai besoin de ton aide, Elkins.
__ C’est vrai ? La dernière fois que je t’ai vu, tu prétendais, je cite, « ne plus rien avoir à apprendre d’un vieil hibou tel que moi ».

Sam ne put s’empêcher de réprimer un soupir. Son père avait un don certain pour se mettre à dos tout le monde, même ses amis les plus proches. Seul Dean semblait parvenir à le supporter.

__ J’ai besoin du colt, Elkins, fit John sans relever la remarque.
__ Tu l’as trouvé ? demanda Elkins.
__ Ce n’est pas pour lui.
__ Pour qui alors ? Je te l’ai dit, John, cette arme n’a que très peu de minutions. Il faut donc l’utiliser avec précaution.
__ C’est pour des vampires.
__ Des vampires ? (Elkins avait l’air d’être sur le point d’éclater de rire, comme s’il avait écouté une bonne blague.) De simples vampires ? Tu n’es pas sérieux, j’espère ?
__ Ils ont eu Dean, fit John sans se démonter.

Elkins retrouva tout de suite son sérieux.

__ Comment ça, ils ont eu Dean ? Ce gosse est l’un des meilleurs chasseurs que j’ai jamais connu.
__ Je l’ai envoyé nettoyer un nid de vampire à New Hope, il y a plus d’une semaine maintenant. Et je n’ai plus de nouvelle de lui depuis. De plus, l’un des vampires est quelqu’un à qui nous avons déjà eu à faire. Je crains le pire.
__ Tu veux mon aide ?
__ Je n’osais pas le demander. Pas après…
__ C’est bon, ça ira, John. J’aime bien ton fils. Je n’aimerais pas qu’il lui arrive quoi que ce soit.

Quelques minutes plus tard, Sam, John et Elkins étaient en route pour New Hope. Un nouveau silence s’était installé, un silence de concentration extrême, cette fois. Il y eut juste une rapide présentation entre Sam et Elkins. Après plusieurs minutes de silence, Elkins brisa la monotonie du voyage.

__ Il est possible que Dean soit déjà mort, tu sais ? demanda-t-il à John, disant ainsi tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.
__ Je suis certain que non. Et même si c’est le cas, ces vampires ne vivront pas assez longtemps pour s’en réjouir.
__ Toujours cette vengeance, hein ?
__ Que veux-tu dire, vieil hibou ?
__ Le démon aux yeux jaunes, les vampires… Quand arrêteras-tu de vivre dans la vengeance, John ? La vengeance a brisé la vie de tes fils…
__ Ce sont mes affaires.
__ Très bien. (Daniel Elkins soupira.) Et tu as conscience que ton fils n’est peut-être plus le Dean que tu as connu ?

Sam vit avec surprise le visage de son père acquiescer silencieusement.

__ Que voulez-vous dire ?
__ Que ton frère est peut-être l’un d’entre eux, maintenant, expliqua John à regret.
__ Non, c’est impossible. Pas Dean…
__ Désolé, fiston, mais c’est une possibilité, fit Elkins. Le fait qu’il soit un chasseur ne protégera pas ton frère d’une conversion. (Puis, il s’adressa à nouveau à John.) Que comptes-tu faire, s’il était…
__ Je ne sais pas encore. Mais, je ne le tuerai pas.
__ Et tu le laisserais devenir un monstre ?
__ C’est mon fils, répondit simplement John, les larmes aux yeux.

Pour la première fois, Sam voyait son père agir en tant que père. Il se rendit alors compte qu’il s’était peut-être trompé à son sujet.

…………………………………………………………………………………………………

Plusieurs heures étaient passées depuis que Dean avait bu le sang d’Harmony. Il pouvait sentir les modifications qui s’opéraient en lui. Ses sens se développaient, il pouvait écouter le plus infime battement de cœur, différencier les humains des vampires. Et surtout, il avait une faim grandissante qui ne pourrait être calmée que lorsqu’il aurait bu du sang. Et bizarrement, cette idée ne lui faisait plus peur, au contraire, elle l’excitait. Dean tentait de lutter contre ce nouveau côté de lui-même de toutes ses forces, mais, c’était difficile.
Alors qu’il parvenait peu à peu à faire taire ses pulsions meurtrières, la porte de sa « prison » s’ouvrit laissant place à Harmony et une jeune femme, une humaine. L’heure du repas. Pourtant, il se promit de ne pas toucher à la jeune femme. Il ne pouvait pas le faire. Il ne pouvait pas offrir cette victoire à Harmony. Il devait laisser à son père le temps de le retrouver, et, sinon de remédier à cette situation, au moins le temps de le tuer avant qu’il ne commette l’irréparable.
Harmony ne dit pas un seul mot. Elle se contenta de pousser la jeune femme, terrifiée, à l’intérieur de la pièce avant de refermer la porte. Dean observa la jeune femme. Il lui fallut quelques instants pour s’apercevoir qu’il la regardait comme on regarderait un morceau de viande. La jeune femme s’approchait vers lui, ne semblant pas se rendre compte de ce qu’il ressentait. Il s’efforça de détourner la tête. Ne pas la voir, surtout, ne pas la voir. Mais, elle continuait d’avancer.

__ Restez où vous êtes, ordonna-t-il. Surtout ne vous approchez pas de moi.

Son ton avait été plus brusque qu’il ne l’aurait voulu. Mais, au moins, c’eut l’effet escompté. Elle s’éloigna de lui. Il savait qu’il ne devait pas céder. S’il buvait une seule goutte de son sang, tout serait perdu. Il deviendrait réellement un vampire, et il ne le voulait pas.

Les jours suivants, Harmony ouvrait la porte. Toutes les fois, elle regardait Dean et la jeune femme. Toutes les fois, elle avait un regard déçu pour Dean. A chaque fois, c’était pour Dean une victoire. Cependant, il avait compris qu’Harmony ne le laisserait pas sortir tant qu’il n’aurait pas tué sa première victime. Chose qui ne tarderait pas à arriver. Il sentait sa faim grandissante lui tenailler le corps. Chaque battement de cœur, chaque geste de sa compagne d’infortune rappelait à Dean qu’il avait faim. Il pouvait presque entendre et voir son sang circuler dans son organisme, un sang qui l’appelait.

__ Vous devez me tuer, n’est-ce pas ? finit par demander la jeune femme, après quatre jours.

Dean la regarda, surpris. Elle avait compris. Elle savait qu’il était le chasseur, et elle la proie.

__ Pourquoi vous ne le faîtes pas ? Elle vous libérerait.
__ Et la laisser gagner ? Jamais.
__ Elle a déjà gagné, fit la jeune femme sur un ton désabusé. J’ai assisté à ce genre de scène plusieurs fois. Et vous ne pourrez pas résister éternellement. Alors, pourquoi ne pas en finir tout de suite ? Si ça peut vous rassurer, dîtes-vous que ma mort serait une libération. J’en ai assez de subir ses jeux cruels, sans pouvoir rien faire.
__ Mon père…Il est probablement à ma recherche. Il peut nous sauver.
__ Il ne peut rien pour vous. Elle vous a transformé, n’est-ce pas ? Vous avez bu son sang ?
__ Alors, il me tuera avant que je ne devienne comme elle. Et il vous sauvera par la même occasion.
__ Me sauver ? C’est ce que je me disais, avant. Mon père aurait prévenu la police. Il y aurait du monde pour me retrouver. Ils me libéreraient. Et je suis toujours là. Ça doit faire plus d’un mois que ça dure. Pourrez-vous tenir plus d’un mois ?

Dean ne répondit pas. Il ne pouvait qu’être touché par la jeune femme. Plus d’un mois… Elle vivait ici depuis tout ce temps ? Il savait qu’elle avait raison. Il ne pourrait pas tenir si longtemps. Mais, son père était un chasseur. Il le trouverait à temps, il en était persuadé.

__ Quel est votre nom ? demanda t’il.
__ Allison.
__ Allison, mon père peut me retrouver. Il connaît très bien les créatures dans le genre d’Harmony. Il ne mettra pas un mois pour me retrouver. Les vampires laissent toujours des traces derrière eux. Il trouvera celles laissées par Harmony. Il sait où les chercher, comment les retrouver. En attendant, je vais tout faire pour lutter. Je vous le promets.

Trois autres jours s’écoulèrent. Dean tentait de tenir sa promesse comme il le pouvait, mais c’était très difficile. Sa faim grandissait un peu plus chaque jour. Une faim telle qu’il avait l’impression qu’il allait mourir dans la seconde s’il ne se jetait pas sur Allison pour boire son sang. D’ailleurs, celle-ci semblait se rendre compte qu’il la voyait désormais comme une simple source de nourriture. Elle le regardait toujours avec frayeur. Et c’est ce regard qui permettait à Dean de tenir. Ça plus les paroles d’encouragements qu’elle avait à son encontre. Sans ça, il aurait déjà cédé, il en était certain. Cependant, ses paroles commençaient à ne plus avoir d’effet. Son regard effrayé ne la rendait que plus appétissante. Peu à peu sa conscience ne parvenait plus à le raisonner. Il n’y avait qu’une seule chose qui comptait. Sa faim. Cette faim qui lui donnait l’impression de brûler de l’intérieur. Cette faim qui le faisait souffrir dans tout le corps. Ses muscles, ses os, sa chair… Tout n’était que souffrance. Et une seule chose pourrait calmer cette douleur. Cette chose était là, à quelques mètres de lui. Une chose qui baragouinait des paroles dont il ne parvenait pas à comprendre le sens. Sa douleur devenait trop insupportable. Il voulait qu’elle cesse. Il voulait ne plus avoir faim. Peu à peu, il céda. Peu à peu, il laissa ses pulsions meurtrières prendre le dessus. Alors, il s’approcha de sa proie. Il pouvait sentir son parfum, tellement enivrant, tellement appétissant. La peur, la terreur. Il huma doucement son odeur. Puis, presque avec tendresse, il enfonça ses crocs pour la première fois dans de la chair humaine. Il sentait sa proie se débattre. Mais que pouvait faire cette petite chose frêle contre lui ? Il but son sang, et s’arrêta juste avant que le cœur n’émette son dernier battement. C’était une règle. Le sang d’un mort était comme un poison, pour lui. Il se retira donc et lâcha sa victime qui s’effondra sur le sol.

__ Vous m’aviez promis, murmura-t-elle avant d’expirer.

Alors, Dean reprit pleinement conscience. Il regarda Allison, dont le corps sans vie gisait sur le sol. Il avait échoué. Il n’avait pas résisté. Il ne l’avait pas sauvée. Il avait laissé Harmony gagner. Et pire que tout, il ressentait du plaisir à l’avoir tuée. Il avait envie de recommencer. Non, pas ça.

Vite papa, retrouve-moi. Retrouve-moi et empêche-moi de devenir un monstre.
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MessageSujet: CHAPITRE 4 : SE RAPPROCHER POUR MIEUX S'ELOIGNER   Sam 17 Juil - 22:41

Sam, John et Elkins étaient arrivés à New Hope et avaient sans tarder commencé leur enquête. Toutefois, hormis lorsqu’ils prenaient de temps en temps un humain pour le tuer, les vampires se montraient étonnamment discrets. D’ailleurs, une sorte de climat de terreur imperceptible s’était installée dans cette ville. Les gens disparaissaient, soudainement, parfois leurs corps, vidés de leur sang, réapparaissaient. Les autorités faisaient ce qu’elles pouvaient pour ne pas inquiéter les habitants de New Hope, et tentaient désespérément de donner une explication rationnelle à ces étranges disparitions, sans y parvenir. Le mot vampire était formé sur toutes les lèvres, même si personne n’osait le dire. Et paradoxalement, la seule explication niant tout effet surnaturel, était encore plus effrayante. Si ce n’était pas un vampire, s’il ne s’agissait pas de manifestation surnaturelle, alors, il s’agissait d’un être humain, d’un effroyable tueur en série. John et Elkins n’auraient su dire si ce mystère entretenu était de la volonté des vampires, mais, cela jouait en leur faveur. Niant à la fois l’existence d’êtres surnaturels et d’un être humain trop monstrueux pour exister, la confusion et la terreur régnaient sur New Hope. Les gens continuaient leur vie, tentaient de faire comme si rien ne s’était passé. Mais, la vérité, c’était que New Hope se repliait sur elle-même. Les habitants refusaient tout contact avec les étrangers, les rues étaient vides lorsqu’il faisait nuit. Sam sut d’instinct que ce n’était pas avec une enquête sur le terrain qu’ils parviendraient à des résultats. Leur seul espoir, c’était les autorités locales. Cependant, elles n’étaient qu’incompréhension et impuissance face à ces meurtres. Sam comprit que Dean n’aurait jamais dû aller faire cette enquête seul, dès le départ. John semblait s’en rendre compte lui-même. Le cadet décida de taire son ressentiment à l’égard de son père. Celui-ci venait de montrer une fois de plus son incompétence et s’en rendait parfaitement compte. Sam jugeait donc inutile de faire le moindre reproche à son père. Cependant, il ne parvenait pas à maîtriser sa colère et sa rancœur à l’encontre de son géniteur, et avait du mal à cacher son ressentiment. Cela n’échappa pas à Elkins. Alors que John était parti seul en espérant découvrir quelques indices, son ancien mentor décida d’avoir une conversation avec Sam.

__ Tu devrais arrêter d’en vouloir à ton père. Il n’est pas responsable de ce qui est arrivé à ton frère.
__ Mais, je n’ai jamais dit…
__ Sam, je ne suis pas stupide, tu sais. Je ne te connais pas aussi bien que ton frère, mais je peux lire en toi comme dans un livre ouvert. Tu considères que John est responsable, que tout est de sa faute.

Sam aurait voulu nier. Toutefois, il sut que ça ne servirait à rien. Elkins avait parfaitement réussi à le mettre à jour. Il n’eut alors d’autre choix que d’avouer.

__ D’accord. Et alors, ce n’est peut-être pas vrai ? Papa n’aurait jamais dû envoyer Dean tout seul. Il aurait dû vérifier qu’il n’y aurait que des risques mineurs. Cette ville… elle vit dans la terreur. Seul, Dean n’avait aucune chance de…
__ Te rends-tu compte que tu sous-estimes ton frère ? l’interrompit Elkins. Te rends-tu compte que tu méprises totalement et son intelligence et ses talents de chasseurs ? Et te rends-tu compte, qu’à t’entendre, ton père est un idiot inconscient ?
__ Je n’ai jamais dit ça, se défendit Sam.
__ Tu as dit que ton père aurait dû vérifier qu’il n’y aurait aucun risque. Tu l’as peut-être oublié, mais les véritables risques d’une chasse se mesurent sur place. Ton père aurait pu faire des recherches supplémentaires, il n’aurait pas pu prévoir ce qui allait arriver. Ensuite, ton frère est un bon chasseur. Très bon même. Probablement meilleur que moi ou que ton père. John le sait. Il a entièrement confiance en Dean. C’est pour ça qu’il l’a envoyé. N’oublie pas que ton frère a maintenant vingt-six ans. Et depuis que tu es parti, il a chassé des créatures bien plus dangereuses qu’un vampire, seul, et s’en est tiré, parfois salement amoché, c’est vrai. Personnellement, à la place de ton père, j’aurai agi de la même façon. Il ne pouvait pas savoir qu’un vampire revanchard serait présent.

Sam ne sut que répondre. Cependant, sa colère ne se calmait pas. Peut-être qu’il ne savait pas à quel point son frère avait progressé, mais son père avait toujours été assez laxiste en matière de sécurité. Il était tellement obnubilé par ses désirs de revanche qu’il en oubliait le danger que représentait chaque chasse. Pour Sam, John était en grande partie responsable de la disparition de Dean.

__ Il n’empêche que mon père n’a jamais été très à cheval sur la sécurité…
__ Ton père est beaucoup de chose sauf inconscient. Tu as tellement de rancœur contre lui que tu es prêt à lui rejeter la faute pour cette chasse qui a mal tourné. Ce qui est arrivé aurait pu arriver à n’importe qui.
__ Mais…
__ Sam. Ton père va passer sa vie à se reprocher ce qu’il s’est passé. Tout comme il n’arrive pas à se pardonner le fiasco avec l’esprit pédophile qui s’en est pris à ton frère. John est un putain de bon chasseur. Il a parfaitement conscience du danger. Mais, à chaque fois qu’une chasse tourne mal, il se considère comme responsable, même quand il est évident qu’il n’aurait pas pu faire mieux. Pour cette chasse, c’est la même chose. John et Dean chassaient un Wendigo. Ils arrivaient en fin de chasse. John apprend qu’il y a une affaire de vampire. Plusieurs disparitions. Il n’avait que trois choix possibles. Terminer cette chasse au Wendigo tous les deux et partir ensuite. Ça semble peut-être plus sûr, mais l’affaire semblait urgente. Tuer un Wendigo peut prendre beaucoup de temps. John a alors pensé comme n’importe quel chasseur l’aurait fait : se séparer pour pouvoir gérer les deux affaires. D’un point de vu statistique, un Wendigo est beaucoup plus dangereux qu’un nid de vampire. John a préféré garder cette affaire et envoyer Dean à celle qui lui semblait la moins risquée. Comment aurait-il pu se douter que les vampires se révèleraient si dangereux ? De plus, d’après ce que j’ai compris, le chef du nid de vampires en a personnellement après ton frère et ton père. Crois-tu vraiment que la présence de John aurait pu changer quoi que ce soit pour ton frère ?

Sam regarda Elkins. Il devait avouer qu’il n’avait jamais songé à tout ça.

__ Tu as peut-être raison. Mais, je ne peux pas m’empêcher d’en vouloir à mon père.
__ Je peux comprendre. Toutefois, n’oublie pas que lors d’une chasse, la moindre erreur peut-être fatale. Tu devrais laisser ta rancœur de côté et te concentrer sur la chasse. Tout comme ton père met ses doutes et sa culpabilité au placard pour se consacrer uniquement à cette affaire.

Sam acquiesça, songeant toutefois que ce serait plus facile à dire qu’à faire. Ce n’est pas comme s’il n’avait de la rancœur contre son père que depuis cette affaire. Sam fut tiré de ses pensées par l’entrée de John. Celui-ci avait des nouvelles, pas très bonnes, malheureusement.

__ J’ai retrouvé des traces du nid de vampires, fit-il. Mais, il semblerait qu’ils aient déménagé.

Sam sentit le désespoir l’envahir. Une piste qui s’effaçait. Et son frère qui s’éloignait encore un peu plus.

__ Les vampires n’ont pas pris le temps de faire le ménage. Il y avait des cadavres, fit John.
__ Dean ? demanda Elkins.

John répondit par un signe négatif de la tête. Le corps de Dean n’y était pas. Sam ressentit deux choses contradictoires : du soulagement, au moins, Dean n’était pas mort, et de la crainte. Peut-être que Dean avait été transformé. Peut-être que son frère n’existait déjà plus. Un seul regard permit à Sam de comprendre que les autres pensaient comme lui. Il vit alors son père avec énormément de tristesse et de colère dans les yeux. Et toujours autant de culpabilité.

…………………………………………………………………………………………………...

Quelques heures seulement après que Dean ait tué Allison, Harmony le libéra. Plus exactement, elle le fit sortir de sa cellule car ils allaient déménager. L’esprit encore embrumé par sa soif de sang, Dean eut un éclair de lucidité lui permettant de comprendre qu’Harmony fuyait quelque chose. Probablement des chasseurs. Il aurait voulu laisser un indice derrière lui, permettant à ces chasseurs, ou à son père, de le trouver. Mais, Harmony fut assez maligne pour ne pas lui révéler leur nouvelle destination. Dean n’était pas encore totalement un vampire. Il avait faim. Il avait tué. Mais, ce qui faisait de lui Dean Winchester était encore présent, malgré tout. Il préférait prendre ça comme une victoire, même s’il savait que quoi qu’il arrive, la guerre serait gagnée par Harmony.

Moins d’une journée après leur départ, ils arrivèrent à leur nouvelle planque. Harmony fit à nouveau enfermer Dean. Celui-ci savait qu’elle n’accepterait de le libérer que lorsqu’il serait devenu un vampire à part entière. Chose qui se produirait bien plus tôt que ne l’aurait voulu Dean, il en était certain. Il était tenaillé par la faim, cette faim qui lui donnait l’impression que son organisme était brûlé à vif, qui lui faisait perdre peu à peu sa lucidité, qui l’empêchait de se souvenir qu’il avait lui aussi été un être humain. Cette faim qui lui embrouillait peu à peu l’esprit, jusqu’à lui en faire perdre la raison. Ce nouvel état prenait le pas sur tout. Il avait parfaitement conscience que si Harmony faisait entrer un homme dans sa nouvelle cellule, il ne se retiendrait pas. Du moins pas autant qu’il l’avait fait avec Allison. La transformation était sur le point de s’achever, il pouvait le sentir. Maintenant qu’il avait goûté au sang humain, il n’y avait plus qu’une barrière, très fragile, qui séparait l’homme du vampire : sa personnalité. Personnalité qui s’effritait peu à peu, qui se modifiait, qui allait être détruite pour laisser place à la créature qu’il était, désormais. Dean se demandait si ça valait vraiment le coup de lutter. Son chemin était tracé d’avance. S’il devait être tué par un chasseur, pourquoi ne pas accepter que son « moi » vampirique prenne le dessus ? Pourquoi ne pas céder à ses instincts, à ses pulsions meurtrières ? En un sens, c’était tellement tentant. Pourquoi se soucier des autres vies, s’il devait être tué ? De plus, Dean sentait qu’il devenait plus fort, plus puissant. Une acuité sensorielle surdéveloppée. Une force et une vitesse surhumaines. Il pouvait peut-être même mettre ses nouveaux dons au service de la chasse. Après tout, s’il tuait une personne de temps en temps pour calmer sa faim, ça serait vite balayé par les vies qu’il sauverait grâce à ses nouvelles capacités.
Dean se secoua mentalement. Non. Il ne souillerait pas les autres chasseurs en agissant ainsi. On était chasseur ou vampire, mais pas les deux à a fois, c’était impossible. Deux options s’offraient à lui : se laisser tuer par des chasseurs ou devenir le vampire qu’il était censé être. Pour le moment, Dean préférait nettement la première solution. Mais, il fallait que les chasseurs sur les traces du nid d’Harmony, quelqu'ils soient, se dépêchent de le trouver. Le peu de volonté de ne pas faire de mal qui lui restait était en train de s’effacer. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne rêve que de sang et de meurtre.

Alors que la faim de Dean devenait de plus en plus forte, Harmony fit entrer un homme dans la pièce où il était enfermé. Un jeune de tout juste vingt ans qui était totalement effrayé. Mais cette peur ne touchait pas Dean. Tout ce qu’il voyait, c’était une source de nourriture. Tout au fond de lui, il savait qu’Harmony avait bien choisi son moment. Attendre que le moment où la faim serait trop intense pour lui présenter un plat auquel il ne pourrait pas résister. Il savait que c’était un piège. Il savait que s’il tuait l’homme maintenant, sans hésitation, sans tenter de résister, alors, il accepterait de faire partie du monde d’Harmony. Mais sa conscience devenait bien plus faible que son instinct. Il hésita moins d’une seconde avant de se repaître du sang de l’inconnu sous le regard victorieux de la vampire. Quand il eut terminé, celle-ci le regarda et lui dit :

__ Bienvenue parmi nous, Dean.

Dean recula, effrayé par ce qu’il venait de faire. Maintenant que sa faim était calmée, il se rendait tout à fait compte qu’il avait échoué. Mais, il n’était pas encore prêt à accepter ça. Il ne le serait jamais.

__ Tu es l’un des nôtres, maintenant, poursuivit Harmony.
__ Non… Je refuse. Je ne suis pas comme vous. Je…
__ Tss, tss, fit Harmony en s’avançant pour lui prendre le menton entre les mains. Tu as goûté au sang. Ta deuxième victime, tu n’as pas hésité deux secondes avant de la tuer. Et même si tu ressens encore du remord, quelque part, au fond de toi, tu aimes ce que tu es en train de devenir. Tu as la puissance, l’immortalité… Et je suis sûre que tu trouves ça excitant.
__ Non, mentit Dean. (Mais, il avait parfaitement conscience que lui-même n’était pas convaincu.) Tu mens. Je déteste ça. Je ne peux pas apprécier.
__ Le problème n’est pas que tu puisses aimer ça ou pas. Le problème est ce que tu ressens. Et tuer pour te nourrir, tu aimes ça. Ta faim est tellement grande. Accepte-le. C’est le seul moyen pour toi de vivre.
__ Je préfèrerai mourir.

Harmony laissa échapper un petit rire.

__ Tu vois, Dean, c’est ça, notre malédiction. La faim seule ne suffit pas à nous tuer. On peut être consumé par cette envie de boire le sang des autres. On en souffre de façon inimaginable, mais, on ne peut pas en mourir. C’est ça l’immortalité. Au final, tu n’as qu’une seule option : devenir réellement l’un d’entre nous.
__ Tu te trompes. Les vampires peuvent mourir. Mon père a bien tué ton compagnon.
__ C’est vrai. (Les yeux d’Harmony étincelaient à présent de colère.) Mais, crois-tu que je désire que tu meures ? Tu resteras en vie jusqu’à ce que tu acceptes enfin de laisser le vampire que tu es agir à sa guise. Tenter de résister ne t’apportera que souffrance et ne fera que te rendre plus cruel.

Dean sut d’instinct qu’elle avait raison. S’il résistait trop longtemps à sa nouvelle nature, il deviendrait un véritable monstre, sans conscience et sans cœur. En même temps, avait-il le droit de céder ? Non, pas alors que son père était probablement sur ses traces, à deux doigts de le trouver.
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MessageSujet: CHAPITRE 5 : DESESPOIR   Dim 25 Juil - 14:03

Sam, John et Elkins continuaient leurs recherches. Mais, maintenant que les vampires et Dean avaient changé de planque, il était difficile de trouver la moindre piste. Personne ne parlait de la possible, pour ne pas dire probable, transformation de Dean. Les trois chasseurs avaient comme signé un accord tacite. De toutes façons, il n’y avait pas grand chose à dire. Si Dean était réellement devenu l’un d’entre eux, il n’y avait pas cinquante solutions. Si John avait clairement fait savoir qu’il serait incapable de tuer son fils, Sam savait que ce ne serait pas le cas d’Elkins. Celui-ci resterait un chasseur et serait capable d’oublier qui était Dean avant sa transformation. Du moins le pensait-il. Sam avait comme l’impression qu’Elkins, malgré toute sa détermination, serait incapable de mettre son passé de côté et d’agir en conséquence, une fois qu’il serait face à l’aîné des Winchesters. Sam était persuadé que seul un chasseur anonyme, quelqu’un qu’ils ne connaissaient pas, et qui ne les connaissait pas, pourrait agir en tant que tel. Dans le même temps, Sam savait que cette histoire était une affaire de famille. Que Dean préférerait être tué par son père ou son frère plutôt qu’un illustre inconnu. Le jeune chasseur en était certain, parce qu’à la place de son frère, c’est ce qu’il voudrait. Etre tué par un membre de sa famille, c’était comme si on était libéré de sa malédiction. Etre tué par un chasseur inconnu, c’était peut-être simplement pour assouvir les instincts meurtriers de ce dernier. Sam ignorait s’il serait capable d’offrir cette libération à son frère le moment venu, ou si, comme son père, il oublierait que Dean souffrait de cette métamorphose.

En attendant de savoir comment il agirait le moment venu, Sam décida de se lancer dans des recherches. Avant d’enterrer son frère, il fallait savoir si Dean avait réellement été transformé, et s’il n’y avait pas un moyen d’inverser le processus. De plus, Elkins et John se débrouillaient très bien sans lui. Sam resta donc seul au motel pendant que son père et son mentor partaient à la quête d’indices permettant de sauver Dean. Il s’installa devant son portable et commença ses recherches sur les vampires. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les vampires existaient depuis l’aube de l’humanité. Il aurait été faux de dire que ceux-ci n’avaient commencé à faire parler d’eux qu’à partir du Moyen-Age. En fait, les vampires avaient commencé à faire leur apparition dès l’Antiquité. Dès cette époque, on craignait de voir les morts revenir à la vie pour s’abreuver du sang des vivants. Malheureusement pour Sam, en savoir plus sur l’origine des vampires ne l’aidait pas à trouver un moyen d’inverser le processus de mutation.


John et Elkins avaient poursuivi leurs recherches. Cependant, retrouver le nid semblait extrêmement difficile et chacun avait conscience que le temps jouait contre eux. Plus ils tardaient à retrouver Dean, et plus celui-ci avait de chance d’avoir rejoint les vampires. Peut-être même était-il déjà trop tard. Elkins voyait bien que son ami tentait de se raccrocher à l’espoir. Peut-être que Dean n’avait pas été transformé, peut-être qu’il aurait gardé quelque chose d’humain… Peut-être… Elkins, lui, ne voyait pas les choses de cette façon. Les vampires n’étaient pas du genre à conserver leur nourriture. Si Dean n’avait pas été tué, il avait été transformé, c’était aussi simple que ça. De plus, Elkins voyait très bien les avantages qu’aurait Harmony à transformer le chasseur. D’une part, la pire hantise des chasseurs, c’était de devenir une créature semblable à celles qu’ils pourchassaient. La vengeance de la vampire aurait bien plus d’effet en transformant Dean, plutôt qu’en le tuant. D’autre part, les vampires commençaient à se faire de plus en plus rares. Les méthodes pour les tuer étaient de plus en plus efficaces, quant aux chasseurs de vampires, ils se faisaient de plus en plus nombreux. Harmony avait donc meilleur compte de transformer Dean en vampire pour avoir un peu de sang neuf. Et ensuite, Dean avait acquis des instincts de chasseur très développés. Ces instincts, doublés de la force vampirique qu’il aurait obtenu, ne pourraient qu’être les bienvenus dans le clan des vampires. En fait, plus Elkins y réfléchissait, et plus il se disait que s’il avait été un vampire et qu’il avait mis la main sur un chasseur, tel que Dean, il aurait préféré le transformer plutôt que de le tuer. Cependant, Elkins n’était pas assez cruel pour faire part de ses réflexions à John. Dans un sens, il savait que le laisser garder espoir était tout aussi cruel, mais lui dire qu’il était plus que probable que son fils n’était déjà plus lui-même était une chose à laquelle il ne pouvait se résoudre.
Une vérité s’imposa alors à Elkins. John ne pourrait jamais tuer son propre fils. Et il en était conscient. Il savait aussi qu’il ne pourrait pas laisser un tel fardeau sur les épaules du cadet de son ami. Sam était encore trop jeune. Il avait passé trop de temps avec son frère. La relation qu’il y avait eu entre eux allait au-delà d’une relation entre frères. Dean était à la fois un père, un frère et un ami. Demander à Sam de tuer Dean, c’était impossible. Et de toutes façons, il ne faisait aucun doute à Elkins que Sam chercherait le moyen de ramener son frère, plutôt que de le stopper. Le vieux chasseur était persuadé que la mission d'arrêter Dean lui incombait. D’une part, il pensait avoir le recul nécessaire pour ça. Bien sûr, il ne le ferait pas de gaîté de cœur. Il connaissait Dean. Il l’appréciait tant sur le plan humain que sur le plan professionnel. Mais, c’est justement pour ça qu’il se sentait capable de le faire. Un chasseur tel que Dean préférerait mourir, plutôt que devenir un monstre. Ensuite, Elkins avait fait des vampires l’une de ses spécialités. Et c’était son devoir, en tant que tel, de tuer les vampires, quels qu’ils soient, peu importait leur identité humaine. Toutefois, Elkins ignorait s’il devait le dire à John ou pas. Puis, il décida d’être franc avec son ami. En tant que père, il avait le droit de savoir.

__ John, fit-il. Tu sais que si Dean a été transformé, nous devrons le stopper.
__ Je t’ai déjà dit que je ne le pourrais pas, Elkins. Dean est mon fils.
__ Je sais. Tout comme je sais qu’on ne peut pas demander à Sam de tuer son frère. Je m’en chargerai.
__ Pardon ?
__ John, si Dean a été transformé, il faudra bien le stopper. Et je suis sûr que lui le premier préférerait mourir plutôt que devenir un monstre. Et tu le sais. Je comprends très bien que tu ne puisses pas le tuer. Mais, s’il devient comme Harmony et ceux de son clan, il faudra bien faire quelque chose. N’est-ce pas toi qui disait que ce clan était particulièrement cruel et brutal ?
__ Elkins…
__ Je suis désolé, John. Mais nous devrons agir.
__ Et si Sam trouvait quelque chose pour le sauver ?
__ Parce que tu y crois ? demanda Elkins. John, soyons sérieux, veux-tu ? S’il existait un quelconque moyen pour ramener les vampires à l’état d’être humain, il y aurait des traces, au moins des débuts de légende. Mais, ce n’est pas le cas.

Elkins vit son ami le regarder. Et il vit quelque chose qu’il n’aurait jamais cru voir dans les yeux de John Winchester : du désespoir. Le désespoir avec un grand D. Il y vit aussi de l’impuissance. Il comprit que la situation devait être difficile à gérer pour John. Jusqu’à présent, il était toujours parti du principe que tout problème avait une solution, qu’à force de ténacité, de volonté, on parvenait à surmonter tous les obstacles. John était le genre de personne qui avait l’habitude de tout gérer, de tout contrôler. Et là, pour la première fois, il se trouvait dans une situation sur laquelle il n’avait aucune emprise, où toute sa volonté ne pourrait rien changer. Et le pire, c’est que cela concernait son fils, pas une personne lambda.

__ Je suis désolé, John. Je ne te demande pas ton approbation, même si j’aimerais que tu me la donnes.
__ Tu l’as, fit John après quelques instants de réflexion. Si Dean est devenu un vampire, et s’il n’y a vraiment rien à faire pour le sauver, tu seras libre de faire ce que tu veux.

Mais, je ne pourrais jamais te le pardonner, vieil hibou. C’est ce que cru entendre Elkins. Peut-être était-ce son imagination, mais il était certain que John l’avait au moins pensé. Un seul regard lui permit de voir qu’il ne se trompait pas. S’il tuait Dean, John ne lui pardonnerait jamais.

…………………………………………………………………………………………………...

Harmony avait laissé Dean seul, une nouvelle fois. Elle n’avait pas été furieuse du refus de son captif d’être un vampire, tout comme elle. Pourquoi l’aurait-elle été, d’ailleurs ? Tout comme Dean, elle savait très bien que la victoire finale lui appartenait. Ce n’était qu’une question de temps. Dean en avait conscience. Il continuait de se battre, mais, il ne savait même plus contre quoi. Pourquoi se battre pour une cause perdue d’avance ? La faim s’était calmée, depuis qu’il avait tué sa dernière victime, mais, elle restait malgré tout présente. Sa volonté se faisait plus faible. Il devait être honnête avec lui-même. Il baissait les bras. Il abandonnait la partie. Il avait conscience qu’en faisant ça, il n’offrait pas seulement une victoire à Harmony. Il perdait une lutte contre lui-même, et surtout il trahissait son père, Sam, les chasseurs. Il tenta de reprendre ses esprits. Il devait lutter. Il devait permettre à son père de le retrouver, afin de le tuer avant qu’il ne soit réellement trop tard. Alors, qu’il prenait de bonnes résolutions, la porte de sa cellule s’ouvrit. Il vit avec horreur qu’Harmony avait décidé d’utiliser sa première méthode. Elle fit avancer une jeune femme, qui semblait tout juste sortir de l’adolescence, dans la pièce avant de refermer la porte.

Non, pas encore, songea Dean. Pas ça.

Il savait qu’il ne pourrait jamais tenir aussi longtemps qu’avec Allison, sa première victime. Son instinct, plus que la faim, lui ordonnait de la tuer. Il tenta alors d’ignorer la femme, de ne pas ressentir sa peur, de ne pas écouter ses sanglots de terreur, étouffés. Il tenta de ne pas la voir. Mais, c’était difficile, pour ne pas dire impossible. Elle était totalement effrayée. De toutes évidences, si Allison savait de quoi il en retournait, sa nouvelle proie, elle, n’en avait aucune idée. Dean fut effaré en se rendant compte qu’il avait pensé à la jeune adolescente, comme étant une proie. Pas un être humain, mais, son gibier, sa nourriture. Mais, finalement, n’était-ce pas ce qu’elle était devenue ? Il était le chasseur, elle, sa proie, une source de nourriture. Elle n’était pas grand chose d’autre. Après tout, il n’était plus humain. Croire qu’il l'était encore, c’était s’abaisser au même niveau que cette petite chose gémissante, pitoyable. Dean se donna une gifle mentalement. Non seulement, il était en train de donner la victoire à Harmony, mais, surtout, il commençait à se comporter comme un monstre.
Bizarrement, même s’il n’avait pas faim, la présence de la jeune femme rendait plus fort ses nouveaux instincts. C’était comme si la présence même de sa nourriture attisait son appétit. Le vampire qui était en lui prenait peu à peu le dessus, c’était une certitude. Pire que tout, les gémissements de la jeune fille ne faisaient qu’augmenter son envie de boire son sang. Il ne parviendrait jamais à se contrôler si elle continuait comme ça.

__ Fermez-la ! s’exclama-t-il, avec colère et frustration.

L’effet ne se fit pas attendre. La femme se tut aussitôt, réprimant quelques sanglots de terreur. Malheureusement, ce n’était pas suffisant pour apaiser les instincts vampiriques de Dean. Il tenta de garder le plus de distance possible entre lui et elle. S’il avait voulu en savoir plus sur Allison, ce n’était pas le cas avec elle. Il finirait par la tuer, de toutes façons. Ça ne rimait à rien de vouloir faire connaissance.

Une heure plus tard, Harmony ouvrit la porte. Dean avait réussi à résister. La femme était toujours vivante, terrifiée, mais bel et bien en vie. Harmony poussa un soupir de mécontentement. S’il n’avait pas été aussi mal, Dean en aurait probablement souri. Mais, la faim avait commençait à reprendre le dessus. Toujours cette sensation d’être brûlé à vif, comme si un feu particulièrement brûlant le consumait de l’intérieur. Harmony sembla s’en apercevoir.

__ Pourquoi résistes-tu ? demanda-t-elle. Tu souffres, tu as un moyen d’arrêter de souffrir. Pourquoi t’obstines-tu à refuser de l’utiliser ?
__ Je ne veux pas la tuer. Je ne veux plus tuer qui que ce soit, fit-il avec toute la détermination dont il était capable.
__ Mais, tu le feras, tu le sais. A quoi bon résister ? C’est tout bonnement pathétique. Se nourrir pour assouvir sa faim n’a rien de maléfique.
__ Mais, on tue des humains, comme nous…
__ Comme nous ? Nous ne sommes plus humains depuis longtemps, Dean. Du moins, moi. Mais toi non plus, tu ne l’es plus. Continuer à croire le contraire ne fera que retarder l’inévitable et te faire souffrir encore plus. Pourquoi t’obstines-tu ? Je sais… Tu espères sans doute que ton cher père te retrouvera et te tuera avant qu’il ne soit trop tard. Mais, tu te leurres, Dean. J’ai des amis à moi qui surveillent les moindres des faits et gestes du grand John Winchester. Aussi, il ne te retrouvera que lorsque je l’aurai décidé.
__ Mon père est un malin. Il te trouvera.
__ Arrête de rêver. Pourquoi crois-tu que nous avons changé de planque ? Ton père ne te retrouvera que lorsque nous le voudrons. Et pas avant. Maintenant, Dean, je te laisse le choix. C’est toi qui la tues, ou je l’offre à quelques uns de mes compagnons. Tu n’as aucune idée de ce qu’ils pourraient lui faire avant de la faire mourir. Sa mort est une certitude. Mais, tu peux décider comment elle va mourir. Rapidement, ou à petit feu.

Dean observa la jeune femme, qui gémissait toujours de terreur. Il se souvint des cadavres laissés par Harmony, lorsque lui et son père l’avait pourchassée, quelques années auparavant. Les victimes avaient été torturées et atrocement mutilées. Devait-il épargner à cette pauvre femme un tel sort, au risque de se perdre un peu plus, ou bien préserver pour un moment encore le peu d’humanité qu’il lui restait, et accepter qu’elle souffre énormément ? Après réflexion, Dean se dit que quoi qu’il arrive, il était de toutes façons perdu. Autant ne pas emmener la jeune femme dans sa déchéance.

__ Alors, ta réponse, Dean ?
__ Je vais le faire, répondit-il, après encore quelques instants d’hésitation.
__ Très bien, fit Harmony avec un sourire victorieux. Je te laisse seul pendant dix minutes. A mon retour, je veux que tout ce qu’il reste d’elle, ce soit son cadavre. Sinon, elle fera connaissance avec les autres.

Harmony ressortit et ferma la porte derrière elle. Dean fixait la jeune femme qui était de plus en plus terrifiée, désespérée.
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MessageSujet: CHAPITRE 6 : ENTRE ESPOIR ET DESESPOIR   Ven 30 Juil - 10:39

Sam continuait ses recherches, sans rien trouver. Il ressentait le désespoir l’envahir. N’y avait-il donc aucun espoir de sauver Dean ? Il décida de quitter le motel. Internet semblait avoir atteint ses limites. Il était temps de se mettre aux recherches à l’ancienne : les bons vieux bouquins poussiéreux. Rien ne prouvait qu’il parviendrait à un meilleur résultat, mais ça valait le coup d’essayer. De toutes façons, ce n’était pas comme s’il avait le choix. Il fallait bien qu’il essaie de voir partout s’il n’y avait pas une solution. Il se rendit à la bibliothèque. Cependant, il n’était guère convaincu. La vérité était que Sam commençait à perdre espoir. La vérité, c’était que si Dean avait été transformé, alors, il n’y aurait plus aucun espoir. Toutefois, Sam refusait de baisser les bras. Il savait qu’à sa place, Dean n’aurait pas lâché l’affaire. Il savait que son frère aurait remué ciel et terre pour trouver une solution. Il le savait et il en était certain. Dean n’aurait jamais baissé les bras, il n’aurait jamais accepté de devoir tuer son frère. Et Sam était bien décidé à faire de même. Tant qu’il n’aurait pas exploré toutes les possibilités, il chercherait.

A la bibliothèque, Sam dut se rendre à l’évidence. Le peu de documents qu’il y avait sur les vampires était soit des récits romanesques où le héros était un vampire, tel Dracula, soit un ramassis de légendes diverses les mentionnant. En bref, il n’y avait rien. Sam posa le dernier livre avec un soupir. Son dernier espoir venait de s’envoler. Le seul endroit où il n’avait pas cherché, c’était dans les documents que pouvait avoir un chasseur. Mais, les chasseurs avaient pour habitude de tuer les vampires, pas de voir si une reconversion était possible. De plus, Sam ne connaissait aucun chasseur en qui il pourrait avoir suffisamment confiance pour parler du cas de Dean.
Alors qu’il quittait la bibliothèque, désespéré, Sam fut accosté par une jeune femme.

__ Tout n’est pas perdu, lui dit-elle.

Le temps que Sam se retourne, la jeune femme était déjà à quelques mètres. Il ne voyait plus que son dos et sa chevelure brune. Sam crut un instant qu’il avait rêvé. Ce ne pouvait être que ça. Mais, il changea d’avis quand il vit la femme se retourner vers lui avec un sourire et lui lancer un clin d’œil, comme si elle lui disait « Suis-moi ». Ayant parfaitement conscience que ce pouvait être un piège, Sam décida de la suivre. Si cette femme avait une solution pour aider son frère, alors, il fallait qu’il tente le coup. Cependant, il resta prudent. Se préparant mentalement à une embuscade ou autre piège de ce genre, il emprunta le chemin de l’inconnue, la suivant de loin.
Après un quart d’heure de marche environ, Sam arriva près d’un squat. L’endroit idéal pour traquenard. N’importe qui pouvait se faire assassiner sans que quiconque ne le remarque. La plupart des témoins étant des drogués trop pris dans leur trip pour faire attention à la réalité. Pourtant, Sam avait l’impression qu’ici, rien ne pouvait lui arriver. Il trouva enfin la femme, dans une pièce, seule. Elle se retourna vers lui avec un sourire. Sam fut subjugué. De loin, il n’avait pas pu la voir comme il la voyait maintenant. Sa première pensée fut que la femme ne pouvait pas être humaine. Elle était bien trop belle pour ça. Ses longs cheveux bruns encadraient à la perfection un visage délicat et parfaitement dessiné. Les yeux gris étaient admirablement mis en valeur par du maquillage, pourtant pas trop marqué. Cette femme était un ange, c’était obligé.

__ Je m’appelle Aliénor, fit-elle. Je veux vous aider à sauver votre frère.

La méfiance de Sam revint aussitôt. Comment cette femme pouvait-elle savoir pour Dean ? Et si elle voulait tellement sauver Dean, pourquoi ne le faisait-elle pas elle même ?

__ Qui êtes-vous ? demanda-t-il, soupçonneux.
__ Je vous l’ai dit. Mon nom est Aliénor et je…
__ Je rectifie ma question, coupa Sam. Qu’êtes-vous et comment savez-vous pour Dean ?

Le sourire de l’inconnue s’effaça.

__ Et bien, fit-elle. La politesse n’est vraiment pas le fort de la famille Winchester. Tel père, tel fils. Je comprend pourquoi Dean disait que de vous deux, c’est vous qui ressembliez le plus à votre père. Vous êtes aussi rustre que lui.
__ Vous connaissez mon frère et mon père ?
__ Bien sûr, je suis Aliénor Elkins. Je les ai rencontrés plus d’une fois.
__ Alors pourquoi tout ce cirque ? Pourquoi m’emmener ici, comme si vous vous apprêtiez à faire quelque chose de mal.
__ Mon père et moi sommes en désaccord, fit-elle. Notre point de vue sur les créatures surnaturelles est totalement différent. Quand lui ne désire que tuer, moi, j’essaie de trouver un moyen de sauver ces âmes en perdition. En particulier les vampires.
__ Admettons, fit Sam après un instant de réflexion. Ça n’explique toujours pas comment vous savez pour Dean.
__ La vampire, Harmony. Je suis son clan depuis pas mal de temps, déjà. Je ne cherche pas à les sauver. Mais, je cherche à sauver ceux qu’elle transforme ou tente de transformer. Je suis arrivée trop tard pour votre frère. Je suis désolée.
__ Alors, il est vraiment un vampire.

Aliénor acquiesça.

__ Seule, je ne peux rien faire pour lui, poursuivit-elle. Il est bien gardé. D’ordinaire, Harmony se contente de transformer ses victimes et de les lâcher dans la nature. Mais, Dean, c’est autre chose. Elle fait tout pour qu’il n’écoute que sa soif de sang. Si nous pouvons le sortir de là, je pourrais peut-être l’aider.
__ Vous pourriez inverser le processus ?
__ Non, fit Aliénor. C’est impossible. Mais, je peux l’aider à se maîtriser. Certains vampires peuvent combattre leur soif de sang. Il suffit qu’on s’y prenne suffisamment tôt et qu’ils aient une très forte volonté.
__ Bien vu, admit Sam. Mais, vous oubliez une chose. Ils doivent boire du sang pour survivre.
__ Ce n’est pas tout à fait vrai. La vérité c’est que la faim seule ne suffit pas à tuer un vampire. Cependant, elle procure une douleur insoutenable. Avez-vous une idée de ce que ressent un drogué en état de manque ?

Sam réfléchit un instant. Il n’avait jamais pris de drogue lui-même, mais Jami, une de ses connaissances en fac, l’avait été. Sam se souvint d’un jour où son ami avait fait une crise de manque assez impressionnante. Il avait eu l’impression qu’il allait mourir, tellement sa souffrance était grande. Sam hocha de la tête.

__ Et bien, dîtes-vous qu’un vampire qui a faim souffre dix fois plus. Cela dit, le fait qu’il doive boire du sang ne veut pas dire qu’il ne peut boire que du sang humain. Le sang de n’importe quel animal suffit. Bœuf, porc… Certains vampires se servent directement sur le bétail, d’autres préfèrent la discrétion et se fournissent chez des bouchers, sous n’importe quel prétexte. D’autres encore ne peuvent boire que du sang humain, mais vont se fournir dans des banques de sang. Il suffit de connaître les bonnes personnes, et ça évite de tuer.
__ C’est vraiment possible ?
__ Oui. Mais, comme je l’ai dit, il faut s’y prendre suffisamment tôt. Tant que le vampire n'a soif que du sang, on peut lui apprendre à se maîtriser. Mais, s’il tue trop souvent, la faim seule s’accompagne alors du besoin de tuer. A partir de là, c’est trop tard.
__ Est-ce que ça peut marcher avec Dean ?
__ Oui, mais, il faut s’y prendre le plus rapidement possible. Harmony est en train de le conditionner pour devenir une machine à tuer. Alors, vous acceptez mon aide, ou non ?

Sam n’eut pas besoin de réfléchir très longtemps. Bien sûr qu’il acceptait son aide !

…………………………………………………………………………………………………...

Harmony avait fermé la porte depuis quelques minutes, déjà. Pourtant, Dean n’avait pas bougé. Il se maudissait de ce qu’il s’apprêtait à faire, mais, il savait que c’était la seule solution. La femme, peu importait qui elle était, était morte de toutes façons. Autant qu’elle souffre le moins possible. Elle avait parfaitement compris ce qu’il allait faire. Elle le suppliait, lui disait son nom, qu’elle avait une petite sœur… bref, elle essayait de faire appel à son humanité, sans comprendre que c’était justement le peu d’humanité qu’il lui restait qui lui faisait faire ça. Comment aurait-elle pu comprendre, d’ailleurs ? Elle ne voyait que sa propre souffrance, sans penser que lui même pouvait souffrir. Elle ignorait qu’il était en proie à un conflit intérieur terrible. Toute sa vie, il l’avait passée à protéger des humains, à les sauver de la mort. Et maintenant, il avait commencé à tuer, parce qu’il n’avait pas le choix. Parce que son instinct de survie était plus fort que sa volonté de ne pas tuer.A présent, il était dans une situation où quelque soit le choix qu’il ferait, il perdrait le peu d’humanité qu'il lui restait. Il la tuait. Il faisait un pas de plus dans sa transformation, renonçait un peu plus à ce qu’il avait été. Il ne la tuait pas, il la condamnait à être torturée et mutilée, avant de connaître la mort. Etait-il plus humain de tuer pour éviter la souffrance à sa victime ou de refuser de tuer, tout en sachant que la mort serait quand même au rendez-vous ? Il avait pris sa décision, mais était encore récalcitrant. Puis, il se convainquit que de laisser Harmony décider de la mort de la jeune femme serait encore plus monstrueux.
La jeune femme sanglotait silencieusement, tentant de le raisonner. Il refusa de l’écouter. Il devait impérativement faire taire cette maudite conscience qui pouvait la condamner à la souffrance.

__ S’il vous plaît, gémit-elle entre deux sanglots. Ma petite sœur sera très triste. Mes parents ne s’en remettront jamais. Je m’appelle Hope Winters. Je…
__ La ferme, ordonna-t-il.
__ Ne me tuez pas…, supplia-t-elle.
__ Vous n’avez donc pas compris ? Vous êtes déjà morte.

Hope le regarda avec surprise. Il détestait ce regard, mais au moins, elle avait cessé de gémir.

__ Si je ne vous tue pas, c’est elle qui le fera. Vous n’avez aucune idée de ce qu’elle pourrait vous faire. Moi, si. Elle vous torturera, vous mutilera, jusqu’à ce que ça ne l’amuse plus. Vous êtes déjà morte. Si je vous tue, ce n’est pas par gaîté de cœur. Mais, c’est le seul moyen pour vous empêcher de souffrir.

Il n’avait jamais réellement espéré qu’elle accepterait, ni même qu’elle comprendrait ce qu’il venait de lui dire. Son instinct de survie était plus fort que celui qui fuyait la souffrance. Elle tenta à nouveau de le supplier. Mais, il l’ignora. Il devait la tuer. Il n’avait pas le choix… A moins que quelque part ce ne soit ce qu’il avait envie de faire… ? Non, ça ne pouvait pas être ça. Comment aurait-il pu vouloir une chose pareille ?
Mais le temps passait. Il devait agir et vite. Il s’approcha de la femme et enfonça ses crocs dans son cou. Il aspira son sang, un sang tellement bon, tellement savoureux… Quand enfin, il la relâcha, la laissant tomber sur le sol, inanimée, il songea que ce n’était pas assez, qu’il en voulait encore plus. Puis, il recouvra ses esprits. Avant qu’il ne puisse mettre de l’ordre dans ses idées, Harmony ouvrit la porte et regarda le corps sans vie d’Hope avec un sourire ravi. Ensuite, elle observa Dean et sembla se rendre compte de la confusion qui régnait dans sa tête. Alors qu’il sombrait dans le désespoir le plus total, elle s’approcha de lui, et lui caressa la joue avec douceur. Dean fut surpris de la tendresse soudaine dont elle faisait preuve, comme si elle comprenait ce qu’il ressentait, comme si elle comprenait son désarroi, cette impression d’être un monstre, mêlée à une sensation de plaisir. Dean n’avait jamais été du genre à pleurer. Même quand sa mère était morte, il n’avait pas pleuré. Il avait toujours gardé ses souffrances pour lui-même. Mais, là, en l’instant présent, il n’avait plus la force de résister. Il devenait un monstre, alors qu’il ne le voulait pas. Il ressentait un plaisir qui le répugnait. Et il ne pouvait rien y faire. Soudain, il ne put plus retenir ses larmes. Ça paraissait tellement pathétique. Lui, un homme qui se voulait fort, et qui se mettait à pleurer comme une femmelette, dans les bras de la personne responsable de sa chute. Une personne qu’il haïssait plus que tout et pour qui il commençait à ressentir de l’affection malgré lui. Harmony le serra fort contre elle.

__ Je sais, c’est dur. Mais tu apprécieras ce que tu es en train de devenir. Oh, bien sûr, tu ne le veux pas. Personne ne le veut. Mais, tu aimeras cette nouvelle vie. Je t’en fais la promesse.
__ Pourquoi ? Pourquoi tu m’as fait ça ?

Harmony s’écarta de lui et le regarda dans les yeux avec ce qui semblait être de la compassion.

__ Parce que tu devais devenir l’un des nôtres. Ce n’est ni contre toi, ni contre ton père. Mais, c’est par toi que notre race perdurera.
__ Je ne comprends pas.
__ Je sais. Mais tu comprendras plus tard. Je te le promets. Maintenant, cesse de lutter.
__ Je ne veux pas…
__ Je sais. Mais, tu as déjà tué. Résigne-toi. Dean, sais-tu pourquoi ceux de mon clan sont si cruels ? C’est parce qu’ils ont voulu résister jusqu’au bout. Quand ils ont compris qu’ils ne pouvaient rien y faire, leur désespoir s’est transformé en haine et en colère. Ils se vengent de leur infortune sur les autres. Mais, toi, tu peux être différent. Accepte ce que tu deviens, cesse de résister.

Dean la regarda. Il sut qu’elle était sincère, qu’elle disait la vérité. Il sut que le seul moyen de conserver le peu d’humanité qui lui restait, c’était d’accepter ce qu’il était en train de devenir.

__ D’accord, fit-il d’une voix à peine audible.
__ Tu as pris la bonne décision, fit Harmony en le serrant à nouveau contre elle. Tu verras, maintenant, tout ira bien.
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MessageSujet: CHAPITRE 7 : RUPTURE   Mar 10 Aoû - 18:11

Sam était retourné au motel pour faire part de l’information qu’il avait obtenue. Certes, sauver Dean du vampirisme était impossible, mais l’empêcher de devenir un tueur sanguinaire l’était. Sam était bien décidé à accepter l’aide d’Aliénor. Bien sûr, il n’avait pas une confiance aveugle en elle. Il trouvait ça étrange qu’elle arrive juste au moment où Dean a été transformé. Cependant, même si elle était assez mystérieuse, Sam décida de lui laisser une chance. S’il y avait la possibilité, même la plus infime, qu’elle ait raison, il ne pouvait pas laisser passer cette occasion.
Sam avait toutefois décidé de taire l’existence d’Aliénor. D’une part, la jeune femme ne souhaitait pas que son père sache qu’elle était dans les parages, d’autre part, Sam avait parfaitement conscience que son père et Elkins pourraient ne pas voir les choses de la même manière que lui. Si tel était le cas, Sam était bien décidé à faire cavalier seul et à suivre Aliénor. Alors, il lui faudrait laisser le moins d’indices possibles derrière lui.

Elkins et John étaient rentrés au motel après une journée de recherches infructueuses. Pas la moindre petite piste concernant la planque d’Harmony. Conscients tous les deux que chaque jour qui passait éloignait très probablement Dean de son humanité, ils ne parvenaient plus à retrouver espoir. Du moins, John, parce qu’Elkins, lui, avait depuis pas mal de temps pris la décision de penser que tout était perdu. Le temps était contre eux, et ce depuis le début. Depuis combien de temps Dean était-il tombé aux mains d’Harmony ? Deux semaines ? Trois semaines ? Il fallait se rendre à l’évidence, s’il n’y avait pas son corps dans l’ancienne planque de la vampire, c’est qu’il avait été transformé. Sa conversion était probablement bien avancée. Même s’ils trouvaient une solution pour le sauver, ce dont doutait Elkins, Dean voudrait-il seulement être sauvé ? Car là était la question. Elkins savait que tuer des humains pour assouvir leur faim n’était pas le seul moyen de se nourrir pour les vampires. Quand la situation l’exigeait, ils pouvaient se rabattre sur des animaux, du bétail, pour étancher leur soif de sang. Malgré ça, les vampires finissaient toujours par revenir au sang humain. Ils étaient conditionnés pour tuer. C’était comme ça. C’est pour ça qu’Elkins taisait cette information à John. Celui-ci voulait tellement espérer qu’il penserait sûrement que Dean était différent, que sa volonté serait plus forte que ça. Mais, Dean n’était qu’un humain. Dean n’avait rien de plus que tous les autres humains qui avaient été transformés. Il finirait lui aussi par se laisser subjuguer par sa nature de vampire.
Voir John baisser les bras faisait de la peine à Elkins. Le voir abattu, perdre espoir, c’était tellement peu John Winchester… En même temps, que pouvait-il faire pour le réconforter ? Lui dire que tout se passerait bien ? Qu’il ne fallait pas laisser tomber ? Ce ne serait que des mensonges. Non, rien ne se passerait bien, et il y avait plus d’une raison de perdre espoir. Elkins pensait même qu’à l’heure actuelle, abandonner toute espérance était la seule solution. Pourtant, il n’osait pas dire ce qu’il pensait à son ami. Il comprenait trop bien ce que John pouvait ressentir. Lorsqu’une chasse concernait un anonyme, tout était tellement plus simple. Là, même si Dean devenait le pire vampire ayant jamais existé, pour John, il resterait toujours son fils.

Alors que le silence régnait dans la chambre de motel, Sam fit son entrée. Il décida de parler directement de l’information qu’il avait eu, sans mentionner Aliénor, ou que selon elle, Dean aurait déjà été transformé.

__ D’après mes recherches, il semblerait qu’il n’y ait aucun moyen d’inverser le processus de transformation humain/vampire, fit-il. Cependant, tout espoir n’est pas perdu. J’ai trouvé autre chose. Il se pourrait que les vampires puissent se contrôler et ne pas tuer. Je pense que c’est une piste à creuser.

Il n’y eut aucune réaction de la part de John, tandis qu’Elkins semblait être plutôt contre cette idée. Après ce qu’Aliénor lui avait dit au sujet de son père, Sam ne s’était pas attendu à une autre réaction de la part du mentor de John. En revanche, il avait espéré que son propre père montre un peu plus d’enthousiasme.

__ Vous comprenez ce que je veux dire ? demanda-t-il. Il y a peut-être un moyen de sauver Dean, de ne pas être obligés de le tuer.
__ Sam, fit Elkins avec un ton qui se voulait patient. Il est impossible pour un vampire de se maîtriser. Les vampires étaient, sont et seront toujours des tueurs. Et même si c’était possible, il ne faut pas oublier qu’une telle solution ne pourrait marcher que si le vampire en question veut bien être sauvé. Et aucun vampire ne veut être sauvé.
__ Je sais, ils ont le goût du sang. Mais, ils peuvent choisir un autre régime, ne pas être obligés de tuer.
__ Sam, les vampires ont le goût de tuer. Ils aiment tuer. Aucun d’entre eux n’est prêt à renoncer à ça, même si tu réussis à apaiser leur soif de sang.
__ Est-ce que tu as déjà essayé ? demanda Sam avec colère. Est-ce que tu as seulement pris la peine de savoir si c’était possible ?
__ A quoi ça servirait ? C’est impossible. Ce genre de discours, c’est celui de personnes enclines à croire que les vampires sont de pauvres créatures innocentes et incomprises. Et ce sont les premières à mourir !

Voyant qu’il ne réussirait pas à convaincre Elkins, Sam tenta de se tourner vers son père. John voulait autant que lui sauver son frère. Il espérait que ce serait suffisant pour qu’il accepte de l’aider.

__ Papa ?
__ Je sais pas, Sammy. Elkins n’a pas tout à fait tort, tu sais… Jusqu’à présent, je n’ai jamais vu un vampire qui voulait changer.
__ Peut-être parce que vous ne leur en laissez pas le temps…
__ Sammy…
__ C’est Sam ! s’écria celui-ci. (Il se tut un instant.) Très bien, je creuserai cette piste seul.
__ Sam, fit Elkins. C’est trop dangereux.
__ C’est bon, Elkins, l’interrompit John. Sammy, fais ce que tu veux. Nous continuerons à chercher Dean. Si tu le retrouves avant et qu’il a été transformé, et si tu peux réussir à le sauver, alors fais le.

Sam fut surpris. Son père ne faisait pas autant de concessions, d’ordinaire. Il comprit alors que quelque part, John souhaitait que ce soit une solution. Même s’il était convaincu du contraire, il espérait que Sam réussirait.

__ Merci, papa, fit Sam avant de partir.

…………………………………………………………………………………………………...

Depuis qu’il avait accepté la voie proposée par Harmony, Dean avait été libéré de sa prison. C’était bien ce qu’il avait escompté en faisant ça. Il s’était alors vu confronté à deux choix : tenter de fuir pour retrouver son père, et obtenir ce qu’il avait souhaité depuis le début, c’est à dire, la mort,ou rester avec Harmony et son clan. Bien qu’encore sous surveillance, Dean savait que fuir était possible. Il suffisait d’attendre un moment d’inattention de ses « gardiens », de trouver une faille dans leur surveillance. Pour cela, il fallait seulement être un peu observateur, et profiter des opportunités. Opportunités qui s’étaient présentées, deux fois, et que Dean avait laissées s’échapper… de façon purement volontaire. Il avait en effet décidé de rester avec Harmony pour une raison très simple. Peu de temps après sa libération, la vampire avait laissé entendre que sa transformation n’était pas réellement son idée. Qu’au départ, elle avait eu l’intention de le tuer, tout simplement. C’était donc quelqu’un d’autre qui tirait toutes les ficelles et Dean voulait savoir qui. Il avait l’intention de découvrir qui était derrière tout ça et pourquoi on l’avait choisi lui. Il avait conscience que cela le conduirait probablement à sa perte, mais il avait besoin de savoir. Et le meilleur moyen de tout connaître de la vérité, c’était de rester avec Harmony, peu importait ce qu’il adviendrait de lui ensuite. Toutefois, malgré sa décision de rester, Dean était empli de doutes. Il se demandait sans cesse si son choix était le bon, et surtout s’il ne l’avait pas pris dans un autre but. Il s’efforçait de penser que c’était pour découvrir la vérité, mais en même temps, au fond de lui, il savait qu’il y avait peut-être une autre raison. Qu’il était possible qu’il veuille tout simplement devenir un réel vampire. Sa soif de sang était toujours présente en lui. Elle ne le quittait plus. Et il éprouvait chaque fois un peu plus de plaisir à ôter une vie pour pouvoir apaiser sa faim. Cela avait quelque chose d’à la fois effrayant et excitant. Il avait conscience qu’Harmony suivait de loin son évolution et qu’elle en était satisfaite. Et surtout, il avait conscience de perdre chaque jour un peu plus de son humanité, chose qu’il avait voulu éviter en acceptant de céder à son côté vampire. Bien sûr, Harmony n’avait pas menti. Il n’avait aucune envie d’être aussi brutal et sadique que ses autres compagnons, ce qu’il avait cherché à éviter, mais, il n’avait plus vraiment de pitié pour ses victimes. Désormais, il voyait les humains comme une simple nourriture, comme du gibier. Et c’était lui qui était au sommet de la chaîne alimentaire. La seule chose qui le différenciait des autres vampires du clan, c’est qu’il n’avait aucune envie de s’amuser avec cette nourriture, que ce soit en la torturant ou en la manipulant. Il n’offrait qu’une mort rapide et froide.

A peu près deux semaines après sa libération, le souhait de Dean se réalisa. Harmony avait décidé de l’emmener voir son maître. Il ignorait qui était ce « maître » auquel Harmony était si dévouée, hormis que c’était un vampire, l’un des vampires les plus vieux qui soient. La vampire avait même laissé entendre qu’il serait le premier. Mais, dans l’immédiat, Dean avait du mal à le croire. Cette créature aurait dû être sacrément puissante pour échapper aux chasseurs à travers les âges. Et il y aurait au moins eu quelques rumeurs la concernant. Hors, les chasseurs n’avaient jamais parlé du premier vampire ayant jamais existé. Celui-ci devait probablement être mort depuis pas mal de temps.
Dean suivit Harmony jusqu’à une demeure pour le moins surprenante, mais qui collait assez bien avec l’image des vampires dans le folklore et la tradition : un vieux manoir, toutefois très bien entretenu, il fallait bien l’admettre. Et il fallait avouer que cet ancien bâtiment avait quelque chose d’imposant, presque intimidant. Voilà un vampire qui avait bien plus de goût que la plupart de ses congénères. Cependant, Dean ne s’attarda pas trop sur la décoration. Seul le maître des lieux l’intéressait, et rien d’autre. Sans savoir pourquoi, le tout nouveau vampire s’était attendu à un homme âgé, vraiment très âgé. Un peu comme dans les vieilles histoires. Au lieu de ça, le vampire qui les accueillit avait l’air plutôt jeune. Il donnait l’impression d’avoir sensiblement le même âge que Dean, avec peut-être deux ou trois ans de plus. Mais, le plus troublant, c’était que l’ancien chasseur avait l’impression de se retrouver face à un miroir. Lui et le vampire se ressemblaient comme deux gouttes d’eau… à quelques différences près.

__ Bienvenue à toi, Dean, fit le vampire. Mon nom est Nyctos. Mais, tu peux m’appeler Nick.

De façon étrange, Nyctos, ou Nick, inspirait une certaine confiance. Mais, paradoxalement, Dean se sentait intimidé. Maintenant qu’il était face à lui, il se disait qu’Harmony avait sans doute raison, il était probablement le premier vampire à avoir jamais existé.
Dean avait énormément de questions à poser au vampire, mais n’arrivait à en formuler aucune, comme si quelque chose le poussait à ne pas prendre la parole sans y avoir été invité. Bizarre… ce n’était pourtant pas son genre. Jusqu’à présent, aucune créature n’aurait pu le convaincre de se taire ainsi.

__ C’est bon, Harmony, tu peux nous laisser, continua Nick à l’intention de la vampire. Suis-moi, Dean.

Dean obtempéra. Alors qu’ils passaient dans un sombre corridor, il songea à une vieille légende qui disait que tuer le vampire qui avait transformé quelqu’un pourrait redonner forme humaine à cette personne. Si c’était vrai, et si Nick était vraiment le premier vampire, alors, s’il le tuait, il effacerait purement et simplement les vampires de la surface du monde. Et lui-même redeviendrait humain. A sa grande surprise, Nyctos sembla avoir entendu ses pensées.

__ Je suis bien le tout premier vampire de cette Terre, fit-il. Cependant, la légende est fausse. Tuer un vampire ne guérira jamais un autre vampire. Et c’est valable pour tout ceux de notre race. Sauf pour moi. En tant que premier, si on me tue, toute notre race disparaît. Maintenant, avant que tu ne prennes ta décision, j’aimerais que tu m’écoutes et que tu prennes connaissance de la proposition que je veux te faire.

Au même instant, Nyctos ouvrit une porte qui donnait sur un salon très bien agencé. Nick désigna un fauteuil et invita Dean à s’asseoir tandis que lui-même s’installait sur un autre fauteuil.

__ Je sais que tu te poses pas mal de questions, Dean. Je suis prêt à y répondre.
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MessageSujet: CHAPITRE 8 : LE TEMPS DES DECISIONS   Lun 16 Aoû - 20:49

Elkins avait regardé Sam partir. Il fixa alors John avec incompréhension.

__ Quoi ? demanda celui-ci.
__ Pourquoi tu lui as donné ta bénédiction, John ? Si les vampires pouvaient se maîtriser, ça se saurait.
__ Peut-être que Sam a raison. Peut-être qu’on a jamais cherché à savoir si c’était possible ou non.
__ Oh, non ! Pas toi ! Enfin, John. Sois réaliste. Tu voudrais tellement qu’il y ait un moyen de sauver Dean que tu serais prêt à croire n’importe quoi !
__ Mais, je suis réaliste, fit John sans dissimuler sa colère. Je sais très bien que si Dean a été transformé, il n’y aura plus rien à faire. Ça ne me donne pas le droit d’enlever tout espoir à Sam. Et puis, mieux vaut qu’il l’apprenne de lui-même. Si c’est moi qu’il lui dit, il m’en voudra jusqu’à la fin de mes jours.
__ Mais, si ce n’est pas toi qui lui dit, il t’en voudra de l’avoir laissé dans l’erreur.
__ Pas autant que si je lui retire le peu d’espoir qu’il lui reste, fit John. Car c’est ça qui lui permet de tenir. Et qui sait… peut-être que s’il le veut très fort…
__ Les miracles n’existent pas, John.
__ Je sais, vieil hibou, rétorqua John. Mais le lien entre Dean et Sam est très fort, bien plus qu’il n’est censé l’être. J’ai vécu avec eux deux. Je le sais. Si Sam le veut vraiment, il pourra convaincre Dean de ne pas être un tueur.
__ Les liens entre tes deux fils sont peut-être très forts, John. Mais, il ne faut pas se voiler la face. L’instinct des vampires l’est encore plus.
__ Elkins, fit John avec un léger sourire. Tu n’as aucune idée de ce que Dean est prêt à faire pour son frère. L’instinct vampirique ne pourra rien contre ça.

Elkins regarda John avec stupeur. John avait l’air de vraiment croire ce qu’il disait. Etait-il devenu fou ? Oui, ça ne pouvait être que ça. Seule la folie pouvait expliquer ce manque flagrant de clairvoyance. Il s’apprêta à le dire à John, mais s’arrêta aussitôt. Il venait de comprendre que John avait aussi besoin de ce faux espoir pour tenir. Cette idée, bien que parfaitement ridicule, était la seule chose qui permettait à John de tenir le coup. Et Elkins ne se sentait pas le droit de le lui retirer. C’est alors qu’une pensée effrayante se fraya un chemin dans son esprit. Il venait de comprendre que lorsque la réalité frapperait son ami, celui-ci ne survivrait pas. Il ne pourrait jamais supporter la mort de son fils.

…………………………………………………………………………………………………

Sam avait rejoint Aliénor. Il espérait que ce qu’elle disait était vrai, qu’il y avait réellement un moyen de sauver Dean, de l’empêcher de devenir un tueur. Aliénor l’attendait patiemment dans la chambre d’un hôtel situé à l’opposé du motel où il avait laissé Elkins et son père.

__ Alors ? demanda-t-elle, quand il entra dans sa chambre. Comment ça s’est passé ?
__ Et bien, ton père a réagi exactement comme tu le disais. Quand au mien, j’ai l’impression qu’il voudrait y croire, mais qu’il n’ose pas. Cependant, il a accepté que je creuse la piste que tu m’as proposée.
__ Vraiment ? Je dois dire que ça m’étonne de lui. Jusqu’à présent, j’ai toujours cru que ton père était encore plus borné que le mien.
__ Alors, comment on fait, pour Dean ?
__ On le récupère et on lui fait suivre une sorte de cure de désintoxication. Le but, c’est de lui montrer qu’il peut assouvir sa faim sans avoir à tuer qui que ce soit.
__ Ton père prétend qu’un vampire reste un tueur, malgré tout.
__ Mon père est un excellent chasseur, fit Aliénor. Cependant, les quelques expériences qu’il a vécu lui ont confirmé qu’un monstre reste un monstre, qu’on ne peut pas changer. A nous de lui montrer que c’est faux.

Sam avait envie de croire qu’Aliénor avait raison. Il voulait penser que sauver Dean, en faire un « gentil » vampire, était possible. Dans le même temps, il avait quelques doutes. Les propos d’Elkins lui restaient en mémoire. Un vampire était, est, et sera toujours un tueur. C’était ce qu’il lui avait dit. Pourquoi, malgré les promesses d’Aliénor, il pensait que c’était vrai ? Pourquoi ne parvenait-il pas à faire partir ces mots de sa tête ? Il se força à faire taire ses doutes. Il avait peut-être un moyen de sauver Dean. Il devait le tenter. S’il ne le faisait pas, il savait qu’il regretterait toute sa vie de ne rien avoir essayé.

__ Sais-tu où est mon frère ? finit-il par demander à Aliénor.
__ Oui, acquiesça la jeune femme. Mais nous ne pouvons pas partir maintenant. Il nous faut d’abord nous préparer. Le clan d’Harmony est constitué de vampires tous aussi dangereux les uns que les autres. On ne peut donc pas foncer là-bas tête baissée.

Sam acquiesça. De toutes façons, il n’aurait jamais eu l’idée de foncer dans le nid d’Harmony sans la moindre préparation, même si ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Mort, il ne pourrait pas venir en aide à son frère.

__ Maintenant, tu dois savoir que ce sera très difficile, fit Aliénor. Je sais que Dean a déjà goûté au sang humain. Réussir à lui faire changer de mode alimentaire sera compliqué. Il faudra passer par une phase de sevrage. Il ne suffit pas de lui présenter un autre sang. Il refusera probablement de le boire. Il faut l’emmener à avoir tellement faim qu’il n’aura d’autre solution que de boire le sang qui se présentera à lui. Je dirai que c’est une étape proche de la torture, mais malheureusement nécessaire pour que Dean puisse se maîtriser plus tard.
__ Une torture ? demanda Sam. Comment ça une torture ?
__ Je te l’ai déjà expliqué, Sam. La faim, chez un vampire, c’est extrêmement douloureux. Les vampires ont l’impression que leur corps brûle de l’intérieur. Et le pire, c’est que la faim en elle-même n’est même pas mortelle. Ce n’est pas pour survivre que les vampires tuent, c’est pour ne pas souffrir.
__ Est-ce qu’on est obligé de passer par là ? demanda Sam, qui n’avait guère envie de devoir torturer son frère.
__ Malheureusement oui. Il y a une deuxième chose que tu dois savoir. Cette méthode a deux finalités possibles : soit ça marche, et le sujet arrive à se maîtriser, à ne plus tuer d’humain pour se nourrir. Soit, ça échoue, et le vampire perdra un peu plus d’humanité. En d’autres termes, si on échoue, Dean deviendra encore plus dangereux qu’il ne l’est déjà.
__ Les pourcentages de réussite ? demanda Sam.
__ Très faibles, je dois l’admettre. Pas plus de cinq pour cent.

Sam sentit le désespoir l’envahir un peu plus. Une réussite plus qu’incertaine et la possibilité de rendre Dean encore plus inhumain. Devait-il prendre le risque ? Il n’en était plus certain.

__ Maintenant, c’est à toi de voir si tu penses ton frère suffisamment fort pour survivre à ce traitement, fit Aliénor.

Telle était la question. La volonté de Dean, sa personnalité, seraient-elles assez puissantes pour tenir le coup ?

…………………………………………………………………………………………………...

Dean était face à Nyctos. Le tout premier vampire… Il hésitait. Devait-il le tuer ? Nick l’avait admis. Si lui mourait, la race des vampires s’éteindrait avec lui. Dean avait l’opportunité de mettre fin à l’existence de ces monstres. Il avait la possibilité, sinon de redevenir humain, au moins de disparaître en emmenant les autres vampires avec lui. Devait-il le faire ? Devait-il tuer Nick ? Tous ses instincts de chasseurs lui disaient que oui, il fallait qu’il supprime le vampire. Toutefois, Nick lui avait promis de répondre à toutes ses questions. Pouvait-il laisser échapper cette occasion de savoir pourquoi il l’avait désigné ? Pouvait-il renoncer au besoin de savoir quels étaient les plans du vampire le concernant ? Non. Il ne le pouvait pas. Sa transformation n’était pas due au hasard. Elle avait été préméditée parce que Nyctos avait des projets spécifiques. Et Dean, en tant qu’humain, en tant que chasseur transformé contre sa volonté, avait le droit, avait besoin de connaître ces plans. Et puis, ne pouvait-il pas en apprendre plus, puis tuer Nyctos après ça ? Oui, c’est ce qu’il ferait. Il tirerait les vers du nez du vampire, puis, une fois qu’il saurait tout ce qu’il y a à savoir, il le supprimerait, purement et simplement.

__ Alors, demanda Nyctos. Ta première question.
__ Pourquoi moi ? demanda Dean. Pourquoi m’avez-vous fait transformer ?

Nyctos prit un instant avant de répondre.

__ Parce que tu es l’avenir des vampires, Dean.
__ Je suis l’avenir des vampires ? Pour moi, un bon vampire, c’est un vampire mort.
__ C’était un vampire mort, rectifia Nick. Tu en es un, maintenant.
__ Parce que j’y ai été obligé. Je ne veux pas être un vampire. Je ne veux pas être un monstre.
__ Alors pourquoi n’as-tu pas tenté de fuir quand tu le pouvais ?

Dean regarda Nick avec surprise. Celui-ci expliqua :

__ Oui, je sais. Les opportunités de fuite que tu as laissées échapper, c’était des tests. En fait, tu étais toujours surveillé. Alors, dis-moi… pour quelle raison n’as-tu pas essayé de t’échapper ?
__ Pour avoir des réponses, répondit Dean, en essayant de se montrer le plus convaincant possible.
__ Tu es certain ? N’est-ce pas aussi parce que tu voulais rester sur cette nouvelle route ? Après tout, quelle différence entre un chasseur et un vampire, Dean ? Les deux chassent. Les deux tuent.
__ Un chasseur tente de sauver des vies, les vampires veulent seulement sauver leur peau.
__ Les deux essaient de faire perdurer leur race, rétorqua Nick. D’où ta transformation.
__ Je ne vois pas en quoi je pourrais vous être utile. Pourquoi moi plutôt qu’un autre ?
__ Tu n’as donc aucune idée de qui tu es réellement, n’est-ce pas ? Sache que tu es l’un de mes descendants. D’où cette ressemblance frappante.
__ Une ressemblance ? Il y a tout juste un air familier, mentit Dean. Et puis, je ne peux pas être descendant d’un vampire.
__ J’étais humain avant de devenir vampire, fit Nyctos. J’ai eu une famille. Une femme, des enfants.
__ Et comment êtes-vous devenu vampire, si vous êtes le premier ? Comment avez-vous été transformé ?
__ Sais-tu quel est le rêve de l’être humain, depuis toujours ?
__ Je ne sais pas… la gloire, l’argent, la célébrité.
__ L’immortalité. Du moins à mon époque, devenir immortel était le rêve de chacun. Je n’ai pas échappé à la règle. La différence entre moi et les autres ? J’ai réussi. Il m’a suffit d’accepter de sacrifier des vies humaines pour ça.
__ Et vous prétendez être mon ancêtre ? fit Dean avec horreur. Jamais je n’aurais pu avoir de tels ancêtres. Je refuse.
__ Tu n’as pas vraiment le choix, fit remarquer Nick sur un ton presque moqueur. J’ai accepté de sacrifier des vies humaines, j’ai obtenu l’immortalité. Mais, si ça peut te rassurer, j’en paie le prix fort chaque jour. J’ai vu ma femme, mes enfants, leurs enfants, vieillir et mourir tandis que je restais jeune. Je ne savais pas à l’époque que je pouvais transmettre l’immortalité. En même temps, je n’aurais pas pu leur imposer un pareil fardeau. La faim, la solitude, ne plus pouvoir sortir trop longtemps en plein soleil.
__ A quoi bon vouloir quelque chose, si ça ne vous rend pas heureux.
__ Les rêves sont fait pour rester des rêves. Une fois qu’ils sont accomplis, ils ne peuvent qu’apporter le malheur.
__ Foutaises… Je rêve de vous tuer pour ce que vous m’avez fait. Et c’est ce que je ferai.
__ Non, tu ne le feras pas. Si je meurs tué par un vampire, alors le vampire qui m’a tué prendra ma place.
__ Alors je ferai en sorte que mon père vous tue.
__ S’il me tue, notre race disparaîtra, c’est vrai. Peut-être même redeviendras-tu humain. Tu n’es pas un vampire depuis très longtemps. Mais sais-tu quelle race nous remplacera ? Peut-être des êtres pires que nous ?
__ Quoi ?
__ C’est le principe de l’équivalence, Dean. Si notre race disparaît, alors une autre dois la remplacer. Maintenant, si tu n’as pas d’autres questions, voici ma proposition : reste avec nous, accomplis ton destin et tente de changer les vampires de l’intérieur. Ou alors, organise la destruction de notre race avec ce que cela implique.
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MessageSujet: CHAPITRE 9 : CHACUN SA ROUTE   Lun 30 Aoû - 20:27

Elkins et John avaient repris leur enquête, et pour ce faire, ils s’étaient séparés. Etonnamment, Elkins avait l’impression que rechercher Dean était la mauvaise chose à faire. Le fait que Dean soit maintenant une créature comme toutes celles que lui et John pourchassaient d’ordinaire changeait considérablement la donne. Elkins avait toujours cette certitude que John ne survivrait pas très longtemps à Dean si, ou plutôt, lorsqu’ils le tueraient. Et l’instinct humain d’Elkins lui hurlait de laisser cette chasse à d’autres, de ne pas s’en occuper. Tuer Dean, malgré le fait qu’il soit désormais un vampire, ne ferait qu’apporter le malheur. Dans le même temps, son cœur de chasseur lui ordonnait de passer outre cette impression. Dean n’était plus humain. Il avait probablement déjà tué. Il était probablement sur le point de devenir le même genre de tueur sanguinaire qu’étaient les vampires. Alors, non, ils ne pouvaient pas le laisser agir. Ils ne devaient pas le laisser semer la mort.
De plus, Elkins avait la nette impression que John avait besoin de cette chasse, même s’il devait en mourir. Il savait que John ne renoncerait pas. Parce qu’il s’agissait de Dean, parce que le jeune homme, celui qu’ils avaient connu avant cette histoire, n’aurait pas voulu vivre en étant un monstre.
Alors, Elkins fit taire son mauvais pressentiment. Tuer Dean n’apporterait peut-être que le malheur. Mais, ne rien faire détruirait aussi sûrement John. Elkins maudit le destin qui semblait s’acharner sur John. Mary… maintenant Dean. Qu’avait donc fait John pour mériter ça ? Comme beaucoup de chasseurs, Elkins refusait de croire en Dieu. Mais, en cet instant précis, il ne put s’empêcher de prier pour que les choses s’arrangent. Il se mit même à prier pour que le plan de Sam, aussi saugrenu et chimérique qu’il puisse paraître, réussisse. Il aurait été prêt à faire n’importe quoi pour que Dean ne soit jamais devenu un vampire.

…………………………………………………………………………………………………...

Sam avait fini par accepter de poursuivre le plan d’Aliénor. Cependant, il avait encore des doutes. Il ignorait si Dean serait assez fort pour résister au sevrage forcé qu’Aliénor et lui s’apprêtaient à lui faire subir. Il ignorait si à l’issu de ce processus, Dean serait capable de se maîtriser, ou au contraire, serait devenu un véritable monstre. Les chances de réussite étaient faibles, trop faibles. Pourtant Sam ne pouvait se résoudre à tuer son frère sans tenter quelque chose auparavant. Dans le même temps, si Dean devenait trop dangereux, il deviendrait aussi plus difficile à tuer. Aliénor n’en avait pas fait mention. Mais Sam n’était pas stupide, non plus. Son frère avait des talents de chasseur. D’après les souvenirs qu’il avait de la période d’avant Stanford, il se rappelait que Dean était déjà très doué dans l’art du camouflage, à l’époque. Nul doute que ce talent particulier avait dû être développé en quatre ans.

Soudainement, Sam se mit à regretter le passé. S’il avait su à l’époque que la prochaine fois qu’il entendrait parler de Dean, celui-ci aurait été transformé en vampire, alors, il aurait peut-être réfléchi à deux fois avant de partir sans donner ou prendre la moindre nouvelle. Il sut qu’il regretterait toute sa vie sa décision de partir, sans regarder au moins une fois derrière lui. Il culpabilisait d’avoir abandonné son frère. Dean avait donné beaucoup pour lui. Il en était conscient. Pourtant, il ne l’avait jamais remercié. C’était en partie pour ça qu’il voulait tenter le coup. Avant de prendre la décision de supprimer la vie de Dean, il devait au moins lui donner une chance d’être sauvé. C’était la moindre des choses. Tant pis si cette tentative devait être un échec. Dean méritait qu’on lui laisse la possibilité de devenir un autre genre de vampire. Et si Dean devait devenir pire que les autres vampires, alors tant pis. Sam saurait qu’il aurait au moins tenter d’aider son frangin.

__ Il va bientôt être l’heure de partir, Sam. Tu es prêt ? demanda Aliénor.
__ Oui, fit Sam sans hésiter. Je suis prêt.

Toutefois, Aliénor sembla percevoir que Sam n’était pas aussi sûr qu’il voulait le faire paraître.

__ Tu as fait le bon choix, Sam.
__ Je sais. Je n’ai aucun doute là-dessus. Mais j’espère seulement que Dean fera parti des cinq pour cent.
__ Moi aussi. Malheureusement, tout dépend de ton frère.

Après avoir vérifier que tout était prêt pour le sevrage forcé de Dean, ils partirent en direction du repère d’Harmony. Sam tourna ses pensées vers son frère. Il savait qu’une fois que le processus aurait commencé, Dean allait souffrir. Il espérait vraiment que son aîné saurait lui pardonner ce qu’il s’apprêtait à faire. En même temps, il était certain que son frère n’aurait pas hésité à faire la même chose pour lui. Même si la souffrance était terrible, si cela pouvait sauver son frère, alors il fallait le faire.
Sam observa Aliénor qui conduisait. Elle avait l’air concentrée. Il reconnut l’expression typique des chasseurs lorsqu’ils partent en mission. La concentration dès le départ. Réfléchir à ce qu’on allait faire, se souvenir de ce qu’on savait sur la créature à combattre. Tous ces petits détails auxquels on devait penser avant la chasse, au risque de faire des erreurs. Sam eut alors une pensée sur son père. Il comprenait maintenant la responsabilité à laquelle il avait dû faire face en décidant d’envoyer Dean seul dans une chasse. Il comprenait ce qu’avait voulu dire Elkins. Dans la chasse, on n'est jamais sûr que la décision prise est la bonne. Il y a la théorie et la pratique. Et dans ce domaine plus que n’importe quel autre, ce qu’on savait n’avait souvent plus rien à voir sur le terrain. Voilà ce qu’étaient les « inconsciences » de son père : seulement des décisions prises par rapport à ce qu’il savait sur des situations. Et les évènements avaient mal tournés. Sans parvenir à totalement pardonner son père, il le comprenait mieux maintenant. Du moins, il pouvait excuser ses erreurs. Mais, Sam savait qu’il en voudrait toute sa vie à John d’avoir imposé ce style de vie à ses deux fils. Sans ça, peut-être que Dean n’aurait pas été transformé en vampire, aujourd’hui. Cependant, il se promit d’avoir une conversation avec John quand il le reverrait. Il s’apercevait qu’il avait eu un comportement assez dur par rapport à lui.

…………………………………………………………………………………………………...

Après que Nyctos lui ait fait sa proposition, Dean n’avait que les propos du vampire en tête. Détruire la race des vampires, au risque de provoquer l’apparition d’une race encore plus meurtrière, ou accepter le destin que les vampires avaient décidé pour lui.

__ Changer les vampires de l’intérieur ? finit-il par demander. Mais comment ça ?
__ Je n’en sais rien, admit Nick. Ce sera à toi d’en décider. Tu peux les rendre plus humains, par exemple. Ou encore plus cruels. Peu importe, au final. Mais tu dois faire des vampires une autre race, plus grande et plus forte.
__ Comment je pourrais faire ça ? J’ai été formé à vous combattre, vous et vos semblables. Mon rôle, c’est de détruire les créatures surnaturelles, pas de les aider.
__ Comme je le disais, tu as le choix. Détruire la race des vampires au risque d’en créer une pire encore, ou nous aider à devenir un peuple plus fort. Mais, tu n’es pas obligé de prendre ta décision tout de suite.
__ J’ai combien de temps ? demanda Dean, suspicieux.
__ Dean, fit le vampire en riant. Nous sommes immortels, ou presque. Tu as tout le temps que tu veux. Quand tu auras pris ta décision, reviens vers moi. Si tu acceptes de suivre ton destin, je te formerai, t’apprendrai tout ce que tu as à savoir. Si tu le refuses, va avec un chasseur, ton père par exemple, et organise ma mort. Une chose est certaine, quelle que soit ta décision, je n'y survivrai pas.
__ Pourquoi faire ça alors ?
__ Parce que c’est le seul moyen de sauver mon peuple. Notre race s’affaiblit, Dean. Comme a déjà dû te le dire Harmony, nous ne faisons que survivre. Aujourd’hui, nous n’avons plus que trois options. Poursuivre notre décadence jusqu’à devenir des créatures insignifiantes, disparaître pour de bon, ou bien, nous ressaisir et redevenir un peuple puissant. Moi, je ne peux plus rien offrir à mon peuple. Si je veux qu’il devienne plus fort, je dois mourir.
__ Au risque de détruire votre race.
__ Ta race, corrigea Nick. Et dis-toi que la destruction de tout un peuple vaut mieux que la décadence.
__ Je ne vois pas en quoi.
__ Dean, nous pouvons disparaître aujourd’hui, alors que nous sommes encore un peuple qui compte, même si ce n’est pas aussi flagrant qu’il y a quelques siècles. Ou bien, nous pouvons poursuivre notre décadence, tentant de survivre comme de misérables insectes, et en souffrant jours après jours. Personnellement, si nous devons disparaître, je préfère que ce soit maintenant, alors que nous avons encore un minimum de réputation. Je ne supporterais pas de devenir un membre d’une race insignifiante, de laquelle on rirait. Et le seul moyen pour que ça n’arrive pas, c’est de te laisser les rênes. Peu importe si cela signifie notre disparition.


Après sa discussion avec Nick, Dean rejoignit Harmony. Puis, tout deux repartirent en direction du clan. Harmony regarda Dean avec attention. Elle semblait intriguée par les propos que lui avait tenu le maître. Toutefois, elle ne demanda rien sur ce qui s’était dit, comme si tout cela n’aurait aucune incidence sur le futur. A la manière dont elle le regardait, Dean comprit que tout comme Nyctos, elle était persuadée qu’il était la clé du futur des vampires. Seulement, il avait comme l’impression qu’elle ne connaissait que la version « faire évoluer les vampires », mais pas celle qui consistait en la disparition pure et simple de ceux-ci. Comme quoi, Nyctos n’était probablement pas très franc. Mais, cela ne changeait pas le problème de Dean. Que devait-il décider ? En fait, Dean avait la sensation désagréable d’être encore plus dans le brouillard, maintenant qu’il avait rencontré Nyctos.

__ Alors, tu y vois un peu plus clair, maintenant ? demanda-t-elle, finalement.
__ Pas vraiment, non. (Harmony lui jeta un regard interrogateur. Il décida d’éclairer sa lanterne.) Je sais pourquoi il m’a choisi. Du moins, ce qu’il prétend. Mais, je ne vois toujours pas en quoi je pourrai vous être utile. Sans compter le fait que la dernière chose dont j’ai envie, c’est de vous aider.
__ Tout ça viendra avec le temps. Tu voudras bientôt nous aider. Et tu sauras prendre les bonnes décisions pour ça. Le maître l’a dit. Tu es l’élu des vampires. Même si tu n’en as pas encore conscience, tu es vampire dans l’âme. Tu n’aurais pas accepter de lâcher prise aussi facilement, sinon.
__ J’ai fait ça pour éviter de devenir aussi cruel que les autres.
__ Parce que tu m’as vraiment crue ? Dean, sois franc, tu veux. Le fait de résister ne te rend pas plus mauvais. Tu le deviens si tu l’es déjà au fond de toi. Et même en imaginant que tu m’aies réellement crue, tu aurais tenté de résister quand même, inconsciemment. Si tu as accepté de lâcher prise, c’est uniquement parce qu’au fond de toi, tu avais envie de céder, de nous rejoindre… de me rejoindre.

Dean resta un moment silencieux. Non, ce que disait Harmony était faux. Il avait accepté de se joindre aux vampires pour ne pas devenir brutal et inhumain. Il ne voulait pas devenir un monstre. C’était pour ça, pas pour autre chose. Pourtant, alors qu’il luttait de toutes ses forces pour s’en tenir à cette idée, une petite voix se faisait entendre et affirmait qu’Harmony avait raison. C’était son envie de devenir un vampire à part entière qui lui avait fait accepter l’offre d’Harmony.

__ Tu as tort. Je n’ai jamais voulu me joindre à toi ou aux autres. Je…
__ Tu mens, fit Harmony sur un ton moqueur. Mais ça n’a pas d’importance. Tu es l’un d’entre nous, que tu en aies envie ou non. Tu as les mêmes souffrances que nous, la même faim. Tu as le goût du sang en toi. Peu importe ce que tu tentes de croire, tu es comme moi, maintenant, un vampire.

Harmony s’approcha doucement de son oreille.

__ Tu commences déjà à apprécier ça, n’est-ce pas ? chuchota-t-elle. Je sais que tu m’en veux, mais en même temps, tu m’apprécies de plus en plus.

Harmony lui laissa un baiser sur la joue, à la fois trop près des lèvres de l’ancien chasseur, mais en même temps trop loin. Dean ne pouvait que penser que la vampire avait raison. Il la haïssait. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de ressentir de la sympathie, voire même de l’attirance, pour elle. Il trouvait ça extrêmement déconcertant.
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MessageSujet: CHAPITRE 10 : DECISIONS   Mar 14 Sep - 22:57

Sam et Aliénor étaient arrivés en vu du camp d’Harmony. Dans un premier temps, l’observation. Repérer les points faibles, les failles. Finalement, il s’avérait que récupérer Dean serait probablement plus facile que prévu. Du moins, c’était ce que ressentait Sam. Il n’y avait pas de surveillance à proprement parler. Et les vampires dormaient tous durant la journée. Donc, il fallait récupérer Dean à ce moment-là. De plus, Aliénor avait appris à Sam que contrairement à ce qu’on pensait, la lumière du soleil ne suffisait pas à tuer un vampire. Au pire, il avait un énorme coup de soleil s’il restait dehors trop longtemps durant le jour. Selon Aliénor, cette partie du folklore vampirique était dû au fait que ces créatures sortaient plus souvent la nuit. D’abord pour une raison pratique : la nuit, les gens s’isolent plus facilement, ils sont plus facilement accostables. Et puis, c’est bien plus discret. Les gens dorment, ou refusent de voir la réalité. L’être humain est comme ça. Ensuite, les vampires avaient réellement une allergie au soleil. Bien que très minime, elle causait des désagréments. Et pour finir, la « marque de fabrique » des vampires, c’était qu’ils étaient l’opposé des êtres humains, leurs « doubles » maléfiques : leur façon d’agir, leur alimentation, étaient tout le contraire des préceptes des êtres humains. Si on voulait aller plus loin dans cette comparaison symétrique, ils vivaient la nuit, plutôt que le jour.

Malheureusement pour Sam, alors que les choses semblaient bien se présenter, un problème de taille les attendait à l’arrivée. Rien à voir avec les vampires, non. Mais la cible, Dean, n’était pas là. Difficile de capturer quelqu’un d’absent.

__ Je croyais que Dean devait être là, fit remarquer Sam.
__ Hé, fit Aliénor. Je t’ai dit que le nouveau nid des vampires, c’était ici. C’est pas ma faute, si Dean n’est pas là. Et puis, il y a peut-être une raison à cette absence.

Oui, Aliénor avait raison. Il y avait probablement eu une raison à cette absence. Le seul problème, c’est que les raisons qui pourraient pousser un vampire à s’éloigner du nid étaient probablement de celles qui pousseraient Dean à s’éloigner un peu plus de l’être humain. Cependant, il n’osa pas exprimer ses craintes à haute voix, comme si le taire donnait encore une chance pour que toute cette histoire ne soit qu’un horrible cauchemar. De plus, Aliénor semblait en savoir suffisamment sur les vampires pour connaître tout ça.
Ils décidèrent d’attendre le retour de Dean à l’écart du nid. Aliénor trouva un endroit d’où ils pourraient espionner sans être vus. Dean et une jeune femme qu’Aliénor présenta comme l’instigatrice de toute cette histoire, arrivèrent à la tombée de la nuit, période plutôt active pour les vampires. Aliénor décida de remettre l’enlèvement de Dean pour le lendemain, ce qui fut loin d’enchanter Sam. Celui-ci avait parfaitement conscience que plus Dean resterait avec les vampires, plus il serait difficile de le sauver. Cependant, Aliénor n’avait pas tort. Agir de nuit, lorsque les vampires étaient parfaitement éveillés était juste bon pour se faire tuer. Morts, ils ne serviraient à rien et ne pourraient pas sauver Dean. Il valait donc mieux être patients. C’est donc sans Dean qu’ils rentrèrent dans la chambre qu’Aliénor avait réservée.

Le lendemain, ils partirent à l’aube au repère des vampires. Cette fois-ci, Dean était là. Aliénor proposa de laisser passer quelques heures pour donner aux vampires le temps de s’endormir. Il serait ainsi plus simple de récupérer Dean. Sam acquiesça. Même s’il savait que les difficultés ne le dérangeaient pas. Il était prêt à les surmonter si cela pouvait permettre de sauver Dean.

…………………………………………………………………………………………………...

Elkins et John poursuivaient leurs investigations. Plus exactement, Elkins avait décidé d’enquêter sur le mystérieux moyen de sauver Dean qu’avait découvert Sam. Cependant, il faisait cette enquête en parallèle, et dans le plus grand secret. La dernière chose dont avait besoin son ami, c’était de faux espoirs. Parce qu’Elkins était certain d’une chose : réussir à faire taire l’instinct meurtrier d’un vampire était impossible. Dans le même temps, Elkins avait parfaitement conscience qu’il voulait croire en cette solution miracle. Et puis, Sam n’avait pas tort sur un point. Le credo des chasseurs empêchait toutes nuances de gris. En général, il y avait le blanc, les humains et les chasseurs, et le noir, les démons et autres créatures surnaturelles. Elkins s’en était tenu à cette version des choses, comme John et tous les autres chasseurs. Et comme tout le monde, il n’avait jamais remis cet état de fait en cause. Cela dit, lorsqu’une personne que l’on connaissait et que l’on aimait se retrouvait de l’autre côté de la barrière, on était prêt à revoir son jugement. Elkins comprenait mieux pourquoi John avait laissé partir Sam. Même si changer un vampire était probablement une chimère, pouvait-on écarter toutes les possibilités ?
Elkins avait déjà vécu à New Hope, dans le temps. Quand il était parti, il avait laissé à Eline Manster, une chasseuse, quelques tomes de sa bibliothèque personnelle. Des livres qu’il avait laissés derrière lui car ils véhiculaient des pensées « hérétiques », du moins pour les chasseurs. Des bouquins tentant de placer les créatures surnaturelles dans un contexte autre que celui des chasseurs. Les livres ne faisaient pas l’apologie des démons, vampires et autres loups-garou, mais tentaient simplement de montrer qu’en fonction du côté de la ligne duquel on se trouvait, le bien pouvait devenir le mal, et le mal, le bien. Elkins n’avait jamais tenté de lire ces livres. Ils avaient appartenu à son père, un expert en mythes et légendes de tout genre, et les avait gardés en héritage. Peut-être que les bouquins de son père pourraient s’avérer utiles, finalement. Il espérait seulement qu’Eline avait gardé les livres.

Lorsqu’il arriva chez Eline Manster, celle-ci l’accueillit avec surprise. Elle lui annonça cependant qu’elle avait bien gardé tous ses vieux volumes, bien qu’elle ait envisagé de s’en séparer. Sans lui expliquer quoi que ce soit, Elkins s’installa devant ses vieux livres, espérant trouver des réponses.
Après plusieurs heures de lecture intensive, Elkins trouva enfin quelque chose. L’un des livres traitait effectivement d’une possibilité pour un vampire de changer de régime alimentaire. Plus exactement, un vampire pourrait être capable de résister à ses pulsions meurtrières et ne boire que du sang d’animal. Dans l’absolu, l’idée semblait séduisante, Elkins devait l’admettre. Cependant, le livre était incomplet. Un vampire devait tuer. C’était dans sa nature. Si l’inverse était possible, ça se saurait. Cherchant tout de même à approfondir le sujet, Elkins tomba sur un article écrit par un chasseur. Un article intéressant où le chasseur faisait part de sa rencontre surprenante avec des vampires ne s’en prenant pas à des êtres humains. Elkins se demanda un instant si le chasseur qui avait écrit ça en était réellement un. Ce fut le nom du chasseur proprement dit qui finit de le convaincre : Samuel Colt. L’inventeur de la plus prodigieuse arme qui soit. Une arme dont il était devenu en quelque sorte le gardien. Elkins retrouva soudainement espoir. Il y avait une preuve tangible, un véritable témoignage. Cependant, Elkins ignorait s’il devait l’apprendre à John ou non. Il y avait toujours la possibilité que le texte ne soit qu’un canular. Il n’y avait aucune preuve que Colt soit le réel auteur de cet écrit. Pourtant, lorsque, quelques heures plus tard, Elkins retrouva John, il décida de lui faire part de ses découvertes, prenant bien soin de lui faire comprendre que rien n’était certain.

__ Alors, Sam a raison ? fit John, qui ne semblait pourtant guère réjoui par la nouvelle.
__ Peut-être. Rien n’est sûr, mais la piste mérite d’être creusée. Dean peut être sauvé.
__ Oui, tu as raison.

…………………………………………………………………………………………………

Dean et Harmony arrivèrent au campement des vampires quelques heures avant l’aube. Dean s’isola sitôt arrivé. Il était encore perturbé par les propos d’Harmony. Cette faculté qu’elle avait de le manipuler pour lui faire croire en des choses qui n’étaient pas réelles l’agaçait profondément. Parce que Dean en était persuadé, Harmony faisait tout pour qu’il ne sorte pas du brouillard dans lequel sa transformation l’avait plongé. Ainsi, il était vulnérable, influençable, bien plus malléable pour la créature de la nuit. Lui faire croire qu’il avait envie d’être ce qu’il était devenu, le convaincre de suivre son destin de « sauveur » des vampires, lui faire oublier qu’il avait l’occasion rêvée de faire disparaître à tout jamais les vampires… Il avait cru qu’Harmony ne connaissait pas cette dernière version concernant sa destinée. Maintenant, il n’en était plus si sûr. Dean commençait même à se dire que Nyctos lui avait menti en lui parlant d’une possible création de créatures pires que les vampires. Non pas que ça ne soit pas possible, mais Dean commençait à douter. Et si tout ça était une fable dans le but de lui faire oublier qu’il avait le destin des vampires entre ses mains ? Très vite, Dean n’eut que cette idée fixe en tête : il avait le pouvoir de détruire les vampires, il pouvait décider de débarrasser la terre de ces créatures nuisibles. Il n’était pas certain de survivre à cette destruction, mais, il avait le pouvoir de le faire. En l’instant présent, Dean ne voyait qu’une seule chose. Il était un chasseur, transformé malgré lui en vampire. Mais, dans son malheur, il avait le pouvoir de détruire cette race. Il lui suffisait de retrouver son père et de lui apprendre où se trouvait Nyctos.

Alors qu’il réfléchissait à un moyen d’obtenir ce qu’il voulait, il sentit la faim commencer à le tirailler. Il comprit que s’il voulait réussir à mettre son plan à exécution, il fallait qu’il quitte le nid des vampires le plus rapidement possible, avant qu’il ne se mette à penser comme un vampire. Il se convainquit de partir sur le champ, sans faire d’autres victimes. Il n’avait pas encore trop faim. Il pouvait partir et retrouver son père avant qu’il ne soit trop tard, et qu’il ne tue encore quelqu’un. Mais, c’était sans compter Harmony. Cette dernière apparut derrière lui.

__ Tu ne viens pas avec nous, Dean ? Axel et Mina ont trouvé de quoi se nourrir. Deux jeunes hommes d’une vingtaine d’années, tendres et savoureux.
__ J’ai pas faim, mentit Dean, qui sentait la faim, justement, grandir un peu plus.
__ Tu es certain ? Tu aurais peut-être préféré une femelle ?
__ J’ai dit que j’avais pas faim.
__ Que t’arrive-t-il, Dean ?… Oh, je vois, encore cette humanité, c’est ça ? Tu en es encore à ce « pourquoi moi ? » Tu es devenu un vampire, maintenant, tu es l’un des nôtres. Tu ferais mieux d’oublier ta vie d’avant et te concentrer sur ton avenir.

Se concentrer sur l’avenir… il ne faisait que ça. Il n’avait pas besoin d’Harmony pour savoir ça. Oublier sa vie d’avant ? Jamais. Il ne pourrait jamais oublier qu’il avait été un chasseur avant d’être frappé par cette fichue malédiction. Il ne pourrait pas occulter le fait que sa véritable nature, c’était de chasser les vampires. Il avait tenté de le faire, il avait tenté de se dire que le mieux, pour tout le monde, c’était de se comporter en vampire, d’accepter ce qu’il était devenu. Mais, il ne pouvait pas. Il restait désespérément ancré dans son ancienne humanité, tentait par tous les moyens de garder au fond de lui son ancienne nature. Mais, ça, il ne pouvait pas l’admettre devant Harmony. Cependant, elle n’était pas idiote. Elle se douterait vite qu’il n’avait toujours pas renoncé. Si elle ne le savait pas déjà.

__ Maintenant, viens manger, Dean. Rester à ressasser le passé, à avoir des regrets, ce n’est pas bon.
__ Encore une fois, j’ai pas…
__ Arrête de mentir, tu veux ? Tu as faim, je peux le sentir à des kilomètres. Je suis ta créatrice, ne l’oublie pas. Et tu dois m’obéir. Viens te nourrir, maintenant, sinon, on reprend le traitement du début. Je suppose que tu n’as pas vraiment envie de ressentir ce mal intense qui te brûle de l’intérieur ?

Dean se raidit à ces souvenirs. Non, il n’en avait pas envie. Il ne voulait plus jamais avoir ce mal en lui. Il ne voulait plus retrouver cette sensation d’être en feu, au point d’être complètement déconnecté de la réalité. La rage au cœur, il ne put que céder à Harmony, se jurant toutefois qu’avant de détruire cette race maudite, il la tuerait de ses propres mains, non sans la faire souffrir auparavant.

__ C’est bon, j’arrive, fit-il devant l’air réjoui d’Harmony. Laisse-moi juste deux minutes, tu veux ?

Harmony acquiesça avant de le laisser. Dean avait compris qu’il était temps pour lui de quitter le camp. Et dès maintenant. Sinon, Harmony réussirait à faire de lui un véritable tueur, il en était certain. Juste un dernier repas avant de partir, et, dès que le jour se lèverait, il partirait. Maintenant, il savait que le soleil ne nuisait pas aux vampires. Et puis, comme Harmony et les autres seraient endormis, il ne serait que plus facile de les quitter. Alors qu’il s’était remis en route pour la vieille bâtisse qui leur servait de nid, Dean entendit un bruit derrière lui. Il n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit, qu’il ressentit une piqûre à la base du cou, avant d’être englouti dans les ténèbres
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MessageSujet: CHAPITRE 11 : SEVRAGE   Sam 25 Sep - 22:27

Aliénor avait envoyé une fléchette dans le cou de Dean. Rapide, discret, cela permit à la jeune femme et à Sam de capturer Dean sans avoir à faire aux autres vampires, et surtout, sans avoir à se battre contre le nouveau vampire, si celui-ci était déjà trop sous l’emprise de son nouvel instinct. Silencieusement, Sam hissa Dean, inconscient sur son dos. Puis, il l’emmena jusqu’à la voiture d’Aliénor. Celle-ci ligota l’ancien chasseur.

__ Normalement, il ne devrait pas se réveiller avant trois bonnes heures, expliqua-t-elle à Sam. Mais, mieux vaut rester prudent.

Sam ne put qu’acquiescer. Son frère installé à l’arrière, il s’assit sur le siège avant passager, tandis qu’Aliénor prenait le volant.

__ Et maintenant ? demanda Sam à la jeune femme.
__ Maintenant, nous allons dans un endroit isolé pour commencer le sevrage. Comme je le disais, ton frère va souffrir. Mieux vaut que l’on ne soit pas dans un lieu trop exposé lorsqu’il se mettra à hurler.

Sam jeta un regard surpris à Aliénor. Hurler ? Il n’avait jamais été question de hurlement. Aliénor sembla prendre conscience de la surprise de Sam.

__ Je te l’ai dit, Sam, fit-elle. La faim est une sensation extrêmement douloureuse chez les vampires. Au début de leur transformation, ils tentent de résister, mais finissent par céder avant qu’elle ne devienne intolérable. Là, ton frère va explorer une sensation de la faim qu’il ne connaît pas encore. La souffrance qu’il va ressentir ferait même hurler un homme insensible à la douleur, tu peux me croire.
__ Tu ne m’avais jamais parler de ça, fit remarquer Sam. Je ne veux pas que mon frère souffre le martyre.
__ Tu veux sauver ton frère ou non ? C’est le seul moyen, Sam.

Sam hésita. Il jeta un regard à son frère, toujours inconscient. Dire que le jeune homme endormi à l’arrière de la voiture était devenu une créature nuisible, dangereuse… Sam avait du mal à le croire. Mais, il avait vu son frère circuler librement dans le camp des vampires. Malgré cela, il hésitait. Il n’allait pas seulement faire souffrir son frère. Il allait le torturer, purement et simplement. Cela dit, il savait qu’Aliénor avait raison. C’était un mal nécessaire pour avoir une chance de sauver son frère, pour que Dean ne franchisse pas la barrière qui ferait de lui un monstre. Il reporta son regard sur Aliénor, et acquiesça silencieusement.

__ D’accord, fit-il dans un murmure.


Une heure plus tard, Sam et Aliénor étaient arrivés dans un chalet, isolé en pleine forêt. Là, c’était certain, les hurlements de Dean ne dérangeraient personne, hormis quelques animaux vivant dans ces lieux..

__ Ce chalet appartenait à mon grand-père, lui apprit Aliénor. Hormis mon père, personne ne sait qu’il existe. Nous devrions être tranquilles pour sevrer ton frère.

Ils menèrent Dean dans une chambre où ils l’attachèrent solidement sur un lit. Aliénor expliqua les quelques principes de base d’un sevrage.

__ Le but, c’est d’emmener le sujet au stade où la faim est la plus grande. Tu ne dois pas céder, pas proposer de sang à Dean. Ni du sang d’animal, ni celui d’un être humain. Surtout pas d’un être humain, d’ailleurs. Ne te laisse pas avoir, Sam. Quand la faim commencera à faire son apparition, ton frère boira n’importe quoi, pourvu que ça l’apaise. Mais, sitôt que sa souffrance s’arrêtera, il recommencera à vouloir boire du sang humain.
__ Mais comment savoir si ta solution n’aura pas les mêmes effets.
__ Sam, le but est d’emmener ton frère dans un état proche de la mort. (Sam eut un sursaut de surprise et d’inquiétude en entendant cela.) Ne t’inquiète pas, la faim seule ne suffit pas à tuer un vampire. Mais, ça peut le conduire à une sorte de coma. Ensuite, je te l’ai expliqué : soit le vampire a eu une prise de conscience et refusera de se nourrir de sang humain, soit, c’est l’effet inverse qui se produit, et il sera comme avant, sa cruauté ayant été exacerbée par le traitement.
__ N’y a-t-il vraiment aucune autre méthode ?
__ Si, une prise de conscience normale, mais avec le risque que le vampire replonge. Avec cette méthode, si ça marche, le vampire ne boira plus jamais de sang humain.
__ Ne peut-on pas d’abord essayer cette solution, d’abord ?
__ J’aimerai… mais ça serait une perte de temps. A ma connaissance, la seule méthode réellement efficace est celle que je te propose.

Sam hésita. Il regarda son frère. Serait-il capable de supporter cette épreuve ? Dean pourrait-il comprendre qu’ils allaient faire ça pour son bien ? Soudainement, Sam prit conscience que ce n’était pas pour Dean qu’il s’inquiétait. Il connaissait son frère. C’était un dur à cuire. Si quelqu’un pouvait réussir l’épreuve imposée par Aliénor, c’était bien lui. En revanche, le cadet des Winchester avait compris que c’était lui-même qui pourrait ne pas résister. Il ignorait s’il serait capable de voir son frère endurer des souffrances sans nom sans être tenté de lui donner le sang qu’il réclamerait. En étant honnête avec lui-même, Sam avait des doutes à ce sujet. Faire souffrir son frère, il avait l’impression que c’était au-dessus de ses moyens. Et pourtant, il devait le faire, pour sauver Dean, pour l’empêcher de devenir un vampire identique à tous ceux qu’ils avaient combattus. Prenant conscience de cela, Sam fit signe à Aliénor qu’il était prêt.


Dean se réveilla après trois heures de sommeil imposé. La première chose dont il se rendit compte, c’était de la faim qui avait encore grimpé de quelques crans. La seconde, c’était qu’il était attaché, très solidement à un lit. Et, il avait l’impression bizarre que ce n’était pas pour un jeu érotique. Et la dernière chose qu’il remarqua, c’était la présence d’une jeune femme, très belle, et de son frère.

__ Sammy ? fit-il à son frère en tentant de se défaire de ses liens.
__ Oui, Dean, c’est moi, répondit Sam, en tentant de maîtriser ses émotions du mieux qu’il le pouvait.
__ Où est-ce que je suis ? Et pourquoi je suis attaché ?
__ Tu es en lieu sûr, Dean. Et je pense que vu ta nouvelle nature, tu comprendras que l’on se montre prudent. Mais je veux que tu saches que ce qu’on va faire, c’est pour ton bien.

Sammy semblait être dans un état d’esprit totalement opposé à ce qu’il voulait laisser paraître. Dean connaissait bien son frère, maintenant. Et il était certain qu’au moment où il lui parlait, Sam était dans un état d’esprit entre la crainte et la culpabilité.

__ Tu mens, finit-il par dire à son frère. Je ne sais pas ce que vous avez préparé, mais, ce n’est pas pour mon bien.
__ Dean…
__ C’est bon, Sammy. Je ne suis pas idiot, tu sais. Mais, ces liens sont inutiles. Je suis devenu un vampire, mais je n’ai pas oublié qui tu es. Tu crois vraiment que je m’attaquerai à mon propre frère ?

Dean était franc en disant cela. Sa nouvelle condition, son instinct, sa nouvelle vision des choses… rien de tout cela ne lui ferait oublier qui était Sam : son petit frère, un être à protéger, comme il l’avait toujours fait.

__ Je suis désolé, Dean. Mais, tu comprendras que… Enfin… tout ce que je veux, c’est te sauver, t’empêcher de devenir comme les autres.
__ Génial. Alors détache-moi, si tu me veux autant de bien.
__ Je ne peux pas faire ça, Dean, tu le sais.
__ Qu’est-ce que tu comptes faire ? demanda Dean. Me laisser attaché ici, jusqu’à ce que je meurs ? Et bien, renonce. La faim, ce n’est pas suffisant pour faire mourir quelqu’un.
__ Je ne veux pas te tuer, fit Sam sur un ton horrifié. Mon intention est de te sauver, de t’empêcher de devenir un monstre.
__ Tu te répètes, Sam. Alors, quel est ton plan pour me sauver ?
__ Un sevrage, répondit son frère après un instant d’hésitation.
__ Un sevrage ? Tu veux dire que tu vas me laisser mourir de faim ?
__ Tu ne mourras pas, Dean.
__ C’est vrai, ce que tu vas me faire subir ne va pas me tuer, fit Dean qui sentait la panique s’insinuer en lui. Non, tu vas me torturer. Tu n’as aucune idée de ce qu’on ressent quand on a faim. Même la mort paraît plus douce que ça.
__ C’est vrai, je ne sais pas ce que c’est. (Son frère avait maintenant un air sincèrement désolé.) Mais, on n’a pas le choix. Si nous réussissons, tu ne deviendras pas un monstre.
__ Si vous réussissez ? fit Dean en proie à une véritable terreur. En plus, tu n’es même pas certain que ça va fonctionner ? Ne fais pas ça, Sam ! Je t’en supplie ! Tu n’as aucune idée de ce que c’est. Tu ne sais pas la souffrance que l’on ressent.

Dean ne parvenait plus à cacher la peur que lui inspirait cette diète forcée. Les souvenirs des faims qu’il avait ressenties après sa transformation étaient encore trop fraîches dans sa tête. Il se souvenait de ce feu qui le brûlait de l’intérieur, de cette douleur, cette souffrance totalement insupportable. Il ne voulait pas ressentir ça à nouveau. Bien qu’ayant conscience que montrer ses terreurs les plus profondes ainsi n’étaient pas son genre, sa peur était bien trop forte pour qu’il puisse la cacher. Des larmes de terreurs perlèrent sur ces joues.

__ Fais pas ça, Sammy. Je t’en prie.

Sam ne paraissait plus aussi sûr de vouloir faire subir ce régime à son frère. Il hésita.

__ On est vraiment… ?
__ Sam, on en a déjà parlé. C’est le seul moyen, fit la femme.
__ Non, non, non… elle ment. Sam, ne me fais pas ça. Je ne veux plus jamais ressentir ce genre de souffrance. Je préfèrerai mourir.

De simple peur, Dean était passé à une terreur panique, une angoisse son nom qu’il ne parvenait plus à faire taire. Plus jamais, il ne voulait ressentir cette faim atrocement douloureuse. Puis, il décida de parler de sa rencontre avec Nyctos. Peut-être que si Sam découvrait un autre moyen de le sauver, il renoncerait à cette séance de torture.

__ Sammy, fit-il, la panique transparaissant toujours dans sa voix. Il y a un autre moyen. Tu n’es pas obligé de faire ça.
__ Sam, il ment. Ça fait des années que j’étudie les vampires. S’il existait un autre moyen de sauver ton frère, tu ne crois pas que je l’aurais utilisé ?
__ Non, Sam, il y a un autre moyen. Le premier vampire… si tu le tues, toute la race des vampires s’éteindra. Et moi, je redeviendrai humain. Je n’ai pas été transformé depuis trop longtemps, je serai sauvé.

Sam sembla hésiter un instant. De toute évidence, les propos tenus par Dean le faisaient réfléchir. Dean crut qu’il était sauvé, qu’il n’aurait pas à subir ce régime forcé. Mais, c’était compter sans l’inconnue qui accompagnait son frère.

__ Il ment, Sam. Le premier vampire a dû disparaître il y a des siècles. Et même s’il était vivant, je ne pense pas que sa mort changerait quoi que ce soit. Pourquoi aucun chasseur n’aurait tenté le coup, sinon ? Il a peur du traitement et veut tout faire pour l’éviter. Mais, ne l’écoute pas.

Sam eut un dernier instant d’hésitation, mais, Dean devina qu’il avait déjà choisi de croire la femme. Il pouvait le comprendre. Il était devenu un vampire. Son frère avait toutes les raisons de refuser le croire.

__ Sam, je t’en prie, tenta-t-il une dernière fois.
__ Désolé, Dean. Mais, elle a raison, tu sais. Tu es devenu un ennemi, je ne peux plus te faire confiance.

Puis, Dean vit avec horreur son frère et la femme s’éloigner, tandis que sa faim continuait à grandir encore un peu plus. Même si au fond de lui, il comprenait la décision de son frère, Dean ne put s’empêcher de la considérer comme une simple trahison. Une colère sombre l’envahit alors.

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zenzandy
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MessageSujet: CHAPITRE 12 : SOUFFRANCE   Dim 10 Oct - 13:39


Dean était resté attaché sur son lit pendant ce qui semblait être une éternité. Il aurait été incapable de dire si son frère l’avait laissé là quelques minutes ou plusieurs jours auparavant. La faim qu’il ressentait, ce qui pouvait s’apparenter à une trahison de la part de son frère, tout ça le déconnectait totalement de la réalité. Il n’avait plus aucune conscience du temps qui passait, de ce qui était réel ou non. A présent, son univers n’était que douleur, faim, colère et haine. Rien d’autre. Une partie de son cerveau, infime, prenait conscience qu’il devait tenter de surmonter tout ça. Sinon, il perdrait la raison. Il en était presque certain. Il se demandait d’ailleurs si ce n’était pas déjà le cas. Durant un moment, il fut ramené quelques semaines plus tôt, alors qu’il venait tout juste d’être transformé en vampire. Harmony lui avait fait subir le même genre de torture. La seule différence, c’est qu’elle lui avait laissé une alternative : céder à ses instincts de vampire ou souffrir. Mais, là, il n’avait aucune alternative. La faim, la douleur, la colère et la haine. C’est tout ce qu’on lui avait laissé. Et ça lui faisait d’autant plus mal que c’était son propre frère, l’instigateur de tout ça. Mais, bientôt, même sa capacité à ressasser le passé fut balayée par sa faim grandissante, insoutenable, insupportable. Il devait se nourrir. N’importe quoi, du sang d’humain, de porc, de bœuf… même du sang de rat, il le boirait avec joie, tant que cela calmait cette douleur qu’il n’aurait pas réussi à décrire.

Dean tenta de se détacher. Il fallait qu’il sorte d’ici. Il fallait qu’il se sustente. Cette sensation de brûlure, il ne parvenait plus à la supporter. Il n’avait même pas conscience qu’en se débattant, il ne pouvait s’empêcher de hurler. Il n’avait même plus conscience que derrière la porte de sa prison, se trouvait une personne qui aurait pu faire cesser sa torture.

…………………………………………………………………………………………………...

Derrière la porte, Sam et Aliénor entendaient les hurlements de Dean. Si Aliénor semblait impassible, pour Sam, entendre son frère hurler de la sorte était un véritable déchirement. Il n’aurait jamais pensé qu’un jour, son aîné ferait une telle démonstration de la souffrance qu’il ressentait. Pour Sam, Dean avait toujours été une force de la nature. C’était une personne prête à tout pour vous protéger, quelqu’un qui prétendait que tout allait bien, qu’il ne souffrait pas, alors même que tout ces propos n’étaient qu’une façade. Sam eut des souvenirs de son enfance. Dean le gardant pendant que leur père chassait une énième créature surnaturelle. Dean prenant soin de son petit frère, Dean, salement amoché, mais qui prétendait que tout allait bien avec un sourire plus vrai que nature, tout ça, pour que Sam ne s’inquiète pas. Le jeune chasseur pensait à tous ces instants avec nostalgie, prenant conscience que ce genre de scène ne pourrait plus jamais avoir lieu. D’une part, lui et Dean avaient grandi. Ensuite, il y avait eu cette séparation de presque quatre ans. Et enfin, Dean était devenu l’une des créatures qu’il avait si longtemps chassées. Sam prit soudainement conscience que même si le plan d’Aliénor fonctionnait, même si Dean pouvait dépasser son instinct de vampire pour ne boire que du sang d’animal, celui-ci ne serait plus le frère qu’il avait connu. Sam comprit alors que quoi qu’il arrive, son frère avait disparu dès lors qu’Harmony avait fait de lui un vampire. Cependant, il ne pouvait pas prendre ce paramètre en compte. Il devait tenter de sauver Dean, de faire de lui une créature inoffensive, et non assoiffée de sang, comme les autres vampires.

Soudainement les hurlements de Dean cessèrent. Sam ouvrit légèrement la porte et passa la tête au travers pour voir ce qu’il se passait. Son frère avait cessé de se débattre. Cependant, il remuait, comme s’il était en proie à un mauvais cauchemar. Il était en sueur et marmonnait des phrases incompréhensibles. Sam se tourna vers Aliénor pour avoir des explications.

__ Il va bientôt entrer en phase de coma, fit celle-ci. Ne t’inquiète pas, son état est tout à fait normal.
__ Normal ? s’exclama Sam. J’ai l’impression qu’il a pris une grippe carabinée. Il a l’air vraiment mal en point. Tu ne peux pas dire que c’est normal.
__ C’est un sevrage, Sam, répondit sèchement Aliénor. Tu t’attendais à quoi ? Va voir dans les centres de désintoxication comment sont les junkies qu’on tente de sevrer.
__ Mon frère n’est pas un junkie.
__ C’est tout comme. Il ne peut pas se passer de sang humain, ni de tuer. Comment appelle-t-on une personne qui dépend de quelque chose déjà ?

Sam ne sut que répondre.

__ Laisse-moi aller l’aider.
__ Non, c’est quelque chose qu’il doit faire lui-même.
__ Laisse-moi au moins le rafraîchir, fit Sam.

Aliénor acquiesça de la tête, tout en précisant que c’était la seule chose que Sam avait le droit de faire. Le chasseur prit donc un morceau de tissu, le mouilla avec de l’eau, s’approcha de son frère, puis, le passa sur le front de Dean, qui continuait à remuer et à marmonner dans sa semi-inconscience. Le contact avec le chiffon parut calmer un peu son frère. Mais, celui-ci semblait être en proie à un véritable cauchemar, et semblait ne pas réussir à en sortir. Sam aurait aimé faire plus que mouiller un peu le front de Dean. Le chasseur écouta son frère dire un prénom, Allison.

__ Allison, pardonne-moi, disait son frère de façon pratiquement inaudible.

Qui était cette Allison ? Sam l’ignorait. Pourquoi Dean lui demandait pardon ? Il ne le savait pas, non plus. La seule chose dont Sam fut certain, c’est que cette histoire tourmentait énormément Dean, vu que celui-ci ne cessait de répéter la même chose. Sam essuya à nouveau le front de son frère avant de quitter la pièce et retrouver Aliénor. Avant même qu’il n’ait le temps de fermer la porte, il vit soudainement Dean être pris de convulsion. Il retourna rapidement près de son frère, suivi par Aliénor. Alors qu’il essayait de maintenir son frère, il regarda Aliénor :

__ Que se passe-t-il ? demanda-t-il.
__ Il va bientôt entrer en période de coma, répondit Aliénor.

Au même instant, Dean ouvrit les yeux. Avant même que Sam n’ait le temps de réagir, son frère montra ses dents, preuve qu’il appartenait bien au clan des vampires, et tenta de les enfoncer dans le cou du chasseur. Ce dernier eut tout juste le temps de se reculer, évitant ainsi de se faire mordre. Ses yeux croisèrent ceux de Dean. Il fut surpris de voir que ceux-ci étaient emplis de haine. Durant un instant, Sam ne reconnu plus son frère. L’être qu’il avait devant lui ne pouvait pas être Dean. Il avait un air vaguement familier, une légère ressemblance, mais, ça n’était pas Dean. Son frère n’avait jamais eu cette colère et cette haine, dans le regard. Il n’avait jamais observé son cadet avec ce qui semblait être de la convoitise, comme si son frère n’était ni plus, ni moins, qu’un cheeseburger ou qu’une tarte aux pommes. Une fois la surprise passée, Sam lut alors de la souffrance, et c’était cette douleur qui rendait son frère si inhumain. Sam aurait pu le jurer. Sam venait tout juste de comprendre la signification des paroles d’Aliénor au sujet de la souffrance que Dean ressentirait. Dans le même temps, il savait qu’il ne pourrait jamais avoir la moindre idée de ce que ressentait réellement Dean au même instant. Ce que provoquait la faim d’un vampire, seuls ceux de cette race comprenait ce que c’était.
Après ce sursaut de vitalité, Dean s’effondra, plongeant pour de bon dans le coma. Sam passa à nouveau son morceau de tissu imbibé d’eau fraîche sur le front de Dean. Il espérait sincèrement que le plan d’Aliénor allait fonctionner. Sinon, le chasseur savait qu’il faudrait neutraliser celui qui avait été son frère. Dans le même temps, il se doutait que ça ne serait pas si simple. Sam n’avait jamais chassé de vampire, auparavant. Il en avait entendu parler, avait lu des bouquins sur le sujet, savait le B.A.BA sur comment tuer un vampire. Mais, il n’avait jamais mis en pratique ses connaissances. De plus, Aliénor lui avait fait comprendre que beaucoup de choses dites sur les vampires appartenaient plus au folklore qu’à la réalité. Sans en parler à Aliénor, Sam décida de faire appel à son père et à Elkins. Si le plan d’Aliénor échouait, il était persuadé que lui et elle ne parviendraient jamais à stopper Dean. Il devait garder à l'esprit que Dean était un chasseur-né. Ses talents innés pour la chasse, combinés à ses capacités de vampire pourraient faire des dégâts, si Aliénor s’était trompée.

…………………………………………………………………………………………………...

Harmony avait vu Dean disparaître pratiquement sous ses yeux. Enlevé par deux humains. Pourtant, elle n’était pas plus inquiète que ça. Tout ça faisait parti du plan. Elle avait toujours su ce que prévoyait Nyctos : permettre aux vampires de devenir un peuple plus fort, ou bien les faire disparaître. Détruire la race des vampires… non, elle ne pourrait jamais le permettre. Nyctos était peut-être leur père à tous, mais, elle refusait que sa mort soit synonyme de celle des vampires. Elle y veillerait personnellement. Et ce sevrage forcé devrait le lui permettre. Subir la pire des tortures qui soit, pour un vampire, à cause des êtres humains, voilà qui allait forcer Dean à reconsidérer la question du « Je ne veux pas faire de mal à un être humain ». Elle connaissait Aliénor depuis pas mal de temps, déjà. Une humaine qu’elle arrivait à manipuler très habilement. Lui faire croire que les sevrages pouvaient sauver les tout nouveaux vampires, alors que ça ne faisaient qu’accroître leur cruauté… C’était d’une facilité déconcertante. Mais, Aliénor avait une telle haine de son père, une telle envie de s’opposer à lui. Aliénor Martin, fille cachée et non reconnue du chasseur Daniel Elkins. A long terme, l’un des objectifs d’Harmony était de transformer la jeune femme, comme elle avait transformé Dean. Par pure vengeance, cette fois. Dean, certes, il y avait la vengeance. Mais, il avait cette destinée bien à lui. Descendant du tout premier vampire. Cette ressemblance frappante. La transformation de Dean allait bien au-delà de la vengeance, même si Harmony devait admettre que voir le grand John Winchester se détruire à petit feu à cause de ça serait quelque chose d’assez jouissif. Mais, Aliénor, fille du plus grand chasseur de vampires qui soit… Si elle venait à être transformée, c’est bien plus d’un vampire qui serait vengé. Et Harmony veillerait à ce que ça soit Dean lui-même qui soit responsable de sa transformation. Cela devrait détruire la relation qu’il y avait entre John Winchester et son mentor. Elle connaissait Elkins. S’il n’avait jamais reconnu sa fille, ce n’était pas parce qu’elle était non-désirée. Non, c’était avant tout pour ne pas lui faire vivre sa vie et pour la protéger des créatures qu’il chassait. Tout le contraire de John Winchester. Deux chasseurs qui lui avaient fait plus de mal qu’elle ne l’aurait cru possible, en massacrant les membres de ses anciens clans, en tuant des vampires qu’elle avait elle-même enfantés. Et comme le disait si bien Nyctos : connais tes ennemis mieux que tu ne te connais toi-même. Et c’est ce qu’elle avait fait. Elle avait appris à les connaître, découvert leurs points forts et leurs faiblesse. Pour Daniel Elkins, célibataire endurci, chasseur sans attache, il s’agissait de la seule chose qu’il possédait et qu’il aimait plus que sa propre vie, sa fille. Pour John Winchester, qui avait perdu l’amour de sa vie, c’était ses deux fils. Elle n’avait qu’à choisir lequel des deux deviendraient l’un des siens. Et elle avait choisi Dean, qui était resté sur la voie de la chasse, et qui lui aussi, aurait beaucoup à perdre à devenir une créature qu’il abhorrait. Et puis, Sam était déjà chasse-gardée. Les démons… créatures qu’Harmony détestait, mais auxquelles elle ne souhaitait pas se frotter. Sans compter que Nyctos avait été clair. L’avenir des vampires reposait sur les épaules de Dean.
Harmony prépara son clan. Il était temps de reprendre Dean aux chasseurs. Il était temps de faire de lui ce qu’il devait être : le sauveur des vampires, et l’instrument de la vengeance d’Harmony.
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MessageSujet: CHAPITRE 13 : LE CHOIX   Mer 24 Nov - 20:11

Sam veillait sans relâche sur son frère. Celui-ci semblait dormir assez paisiblement. Juste quelques sursauts, probablement dus à la douleur. Aliénor, elle, observait silencieusement la scène, tout en jetant un coup d’œil à l’heure, de temps à autre. Elle avait expliqué à Sam qu’il fallait compter vingt-quatre heures, au moins, pour espérer de réels résultats. Vingt-quatre heures. Pourtant de nature relativement patiente, Sam ne supportait plus l’attente. Il avait l’impression que chaque minute durait des heures, que chaque heure durait des journées, en bref, il voyait le temps passer de façon extrêmement lente. Son impatience grandissant, il avait envie de se lever pour se dégourdir les jambes. Mais, il ne le fit pas, comme si quitter Dean des yeux, ne serait-ce qu’un instant, risquait de tout foutre en l’air. Puis, au bout de dix heures, Dean se mit à remuer violemment dans le lit, comme s’il était en proie à un véritable cauchemar. Sam jeta un regard interrogateur et rempli de panique à Aliénor. Il n’eut pas besoin de poser la moindre question. Maintenant, Aliénor savait reconnaître lorsqu’il voulait des explications.

__ Ce n’est rien. Le combat entre la conscience de Dean et son instinct vampirique vient de commencer. C’est maintenant que tout se décide.

C’est maintenant que tout se décide… Sam eut une drôle d’impression en écoutant cette phrase : une sensation d’impuissance. Sam prit conscience que ce combat, c’était à Dean seul de le mener, et que lui, ne pouvait rien faire, sauf y assister de loin. Pourtant, l’impatience continuait à grandir en lui. Il y avait bien quelque chose d’autre à faire… n’importe quoi qui puisse aider son frère. Soudain, il se leva de sa chaise, brutalement, repoussant celle-ci, qui tomba sur le sol.

__ Bon sang, j’en ai marre d’attendre. On ne peut vraiment rien faire d’autre que regarder ?
__ Tu peux essayer de lui parler, fit Aliénor.

Sam la regarda comme si elle se moquait de lui. Puis, il remarqua qu’elle était vraiment sérieuse en disant cela.

__ Oui, continua-t-elle. Tu sais ce qu’on dit au sujet des personnes qui sont dans le coma. Ils peuvent entendre la voix de ceux qui leur sont proches. Peut-être qu’une voix familière peut aider ton frère à mieux résister.

Sam resta indécis, durant un court instant. Puis, il se dit qu’à défaut de pouvoir faire quelque chose de plus concret, il pouvait toujours essayer. Après tout, ça valait peut-être le coup. Alors, Sam se mit à parler à son frère, lui rappelant les bons souvenirs de leur enfance, leur premier Noël ensemble, toutes les fois où Dean avait appliqué le fameux précepte « Protéger Sam »…

__ Je ne te l’ai jamais dit, Dean, mais merci pour tout. Merci de m’avoir protégé durant toutes ces années, de m’avoir soutenu quand j’ai voulu aller à Stanford. Merci pour m’avoir encouragé même quand tu n’étais pas d’accord avec moi.

Sam continua ainsi durant plusieurs minutes, sous l’œil inexpressif d’Aliénor. Il espérait vraiment que cela convaincrait Dean de se battre.

__ Bats-toi, Dean. Si quelqu’un sur cette terre peut lutter contre le mal qui te ronge, c’est toi. Tu es fort, Dean, ne laisse pas tomber. Ne laisse pas le tueur prendre ta place.

…………………………………………………………………………………………………

Dean était plongé dans un monde fait d’obscurité et de douleur. Peu à peu, cette souffrance s’atténuait. Mais, l’obscurité était toujours là, terrifiante et effrayante. Pourtant, Dean n’avait jamais été du genre à avoir peur du noir. Bien, au contraire. L’obscurité faisait partie intégrante de sa vie, depuis toujours… ou presque. En fait, elle faisait partie de sa vie depuis le jour où sa mère avait été tuée par ce démon. Depuis cette nuit-là, il n’y avait rien d’autre que de l’obscurité, de la souffrance et de la colère. Sentiments qu’il gardait enfouis en lui, mais qui ne demandaient qu’à s’exprimer. Et avec sa nouvelle condition, ce besoin se faisait encore plus ressentir.
Bien que coupé du monde, Dean pouvait encore percevoir la présence de son frère à ses côtés. Une présence qui se voulait réconfortante et bienveillante, mais qui faisait naître en Dean une envie de vengeance. Penser à Sam, c’était aussi penser au fait que ce dernier l’avait attaché et privé de nourriture. Penser à Sam, c’était se souvenir cette sensation de trahison qu’il avait ressentie plus tôt. Aussi, loin de calmer sa colère, la présence de son cadet ne faisait que l’amplifier. Peu à peu, Dean sentit bien plus que la présence de Sam. Il l’entendit aussi. Il entendit sa voix, ses encouragements. Il l’entendait lui demander de se battre, de ne pas laisser le tueur qui était né en lui prendre le dessus. Il l’entendait lui rappeler certains moments de leur enfance. Mais, au lieu de donner à Dean l’envie de lutter, ça ne lui rappelait que s’il en était ici, aujourd’hui, c’était de la faute de Sam.
Dean remarqua alors une chose étrange. Alors que sa colère ne cessait de grandir, sa souffrance s’amenuisait peu à peu.

__ Tu trouves ça étrange ? C’est pourtant tout à fait naturel.

Un double de lui-même lui apparut alors. Cependant, la dentition caractéristique des vampires et un regard rouge de colère lui fit comprendre que ce double n’était autre que son « moi » vampirique.

__ La faim seule ne suffit pas pour nous convaincre de tuer. Notre conscience nous en empêcherait, nous ferait souffrir. C’est pour ça que la haine, la colère, tous ces sentiments qui peuvent amener à tuer, atténuent notre douleur. Ton choix est simple : laisser ta conscience parler et souffrir, ou la faire taire, et supprimer cette douleur par la même occasion. C’est simple, non ?

Son double disparut aussitôt. Dean resta seul, face à ce choix. La souffrance ou devenir un monstre ? Que choisir ? John Winchester lui avait toujours appris à écouter sa conscience, plutôt que la facilité. Son père lui avait tant de fois expliqué que les démons pouvaient offrir de satisfaire tous ses vœux pour le plonger vers le mal. Il lui avait raconté tant d’histoires où des personnes devenaient capables de faire souffrir leur propre famille, pour leur propre bien-être… Mais, John n’avait jamais dû faire face à la terrible sensation de la faim réelle, celle qui vous brûlait de l’intérieur, qui faisait passer la mort pour une véritable délivrance. Qu’est-ce que son père connaissait, après tout ? Et à bien réfléchir, son père n’avait-il pas détruit sa vie pour accéder à sa propre vengeance ? N’avait-il pas préféré sacrifier ses enfants sur l’autel de la vengeance ? Une rancœur insoupçonnée à l’encontre de son père venait de naître en Dean. Et sa douleur se calma encore un peu. Bien que conscient que cette rancœur pouvait le conduire à haïr son père, Dean l’accueillit en lui, comme une amie bienfaitrice. Oui, son père lui avait montré l’exemple. John l’avait transformé en arme en lui apprenant à se battre à l’heure où les enfants vont à l’école. Son père lui avait fait suivre la voie du chasseur quand ceux de son âge se cherchaient et se demandaient quel métier ils allaient bien pouvoir faire plus tard. Lorsque ceux de son âge clamaient « Moi, je serais policier ! », « Moi, je veux être vétérinaire », Dean lui ne voyait qu’un seul chemin : une route faite de ténèbres, de sang, de douleur et de mort. Voilà le cadeau que lui avait offert son père. Et finalement, Harmony lui offrait un autre destin. Une vie où il pourrait faire ses propres choix, répondre à ses envies à lui, et non à celle de son père.
La rancœur se transforma en une légère haine à l’encontre de Winchester Senior. La souffrance se calma encore un peu. Dean avait compris que s’il décidait de suivre cette route, il perdrait peu à peu ce qui faisait de lui un être humain. Sauf qu’il ne l’était plus, humain. Plus depuis qu’Harmony l’avait transformé et convaincu de tuer sa première victime. Prendre conscience de ça fit comprendre à Dean qu’il venait de franchir une première étape : celle où il acceptait ce qu’il était.
Et alors qu’il avait enfin accepté sa nouvelle condition, Dean songea précisément à la première fois où il avait bu du sang humain, à ce qu’il avait éprouvé, véritablement éprouvé. Et même s’il avait du mal à l’admettre, il devait avouer qu’il avait adoré ça. Sur le coup, il avait senti la vie pénétrer en lui, il s’était senti vivant. Il était difficile d’accepter que seule la mort d’une personne pouvait lui procurer ce bien-être, mais, c’était ainsi. Maintenant qu’il parvenait à faire taire sa conscience, Dean devait s’avouer qu’il voullait connaître cette sensation, encore une fois, peu importait le prix. Il était sur le point de passer la deuxième étape : accepter que tuer, c’était un plaisir qu’il voulait ressentir à nouveau. Cependant, il n’était pas encore prêt à la franchir. D’accord, il était un vampire, d’accord, il aimait se repaître de sang humain, comme tout ceux de sa nouvelle race, cependant, malgré la haine qu’il commençait à éprouver envers son père et son frère, il n’était pas encore prêt à faire totalement taire sa souffrance. Nick le lui avait dit. Il pouvait choisir une nouvelle voie pour les vampires, les rendre plus fort, plus cruels, ou bien faire en sorte qu’ils ne soient plus vus comme une menace. Si une part de lui aurait aimé devenir une sorte de maître du monde, faire des siens une race sur laquelle il fallait compter, une autre part voulait vivre en paix, et pourquoi pas en cohabitation avec les humains ? Il y avait des tonnes de moyens de se nourrir de sang, sans forcément tuer. Pourquoi devrait-il choisir de laisser vampire rimer avec tuerie ?
Soudain, Dean prit conscience que, sans même s’en rendre compte, il venait de faire le choix dont avait parlé Nyctos. Il avait choisi d’œuvrer pour les vampires. Il retrouverait Nyctos, apprendrait tout ce qu’il devrait apprendre de lui, avant de le tuer. Ainsi, il deviendrait le tout nouveau chef des vampires. Dean n’avait pas encore une idée précise du chemin qu’il allait proposer aux siens. Mais, il commençait à voir ce qu’il voulait. Plus de conflit, seulement pouvoir vivre normalement, sans être traqué et massacré par les chasseurs. Dean savait qu’il faudrait peut-être passer par une guerre ouverte contre ces derniers, pour pouvoir avoir la paix. Il connaissait les chasseurs pour être le fils de l’un d’entre eux, en avoir côtoyé et en avoir été un lui-même. Et le moins que l’on puisse dire, c’était que ces derniers avaient tendance à être obstinés, têtus et intolérants. Pour le moment, il ne voyait pas comment changer cet état de fait.

Tandis que Dean prenait peu à peu les choix qu’il était destiné à prendre, il se rendit compte que pour le moment, il ne pouvait pas faire grand chose. Il était toujours prisonnier de ce monde de ténèbres, il ressentait toujours une faim atroce, et même si sa souffrance semblait avoir diminué, il savait que ce n’était pas le cas. Une seule souffrance s’était calmé, celle de son âme, si tant est qu’il en avait encore une. Mais, la souffrance physique, elle était encore et toujours présente. Une nouvelle vague de colère et de haine l’envahit. Sentiments dirigés vers celui qui l’avait condamné sans autre forme de jugement : Sam, son propre frère.

…………………………………………………………………………………………………...

Harmony avait atteint le refuge d’Aliénor et de Sam, sans peine. Il fallait dire qu’avoir l’aide de l’une des victimes d’Aliénor l’avait aidée. Lorsqu’elle arriva, elle put ressentir la souffrance de Dean, grâce au lien qui les unissait, elle et celui qu’elle avait engendré. Eprouver autant de souffrance la plongea dans une fureur noire. Elle avait beau savoir que cette sensation était nécessaire pour que Dean devienne le vampire qu’il devait être, elle ne supportait pas de le sentir dans un tel état de détresse. Même elle, n’aurait pas osé aller aussi loin. Les humains n’avaient aucune idée de la signification de la faim, chez les vampires. Un état entre la vie et la mort. Harmony se força à se calmer. Bientôt, elle allait offrir à Dean de quoi calmer sa faim. Le sang d’Aliénor, de celle qui avait fait souffrir tant des siens. Et elle offrirait aussi à Dean de quoi assouvir une vengeance, transformer la fille de Daniel Elkins en un vampire.
La vampire prit soudainement conscience qu’elle s’était attachée à Dean bien plus qu’elle ne l’aurait cru possible. Soudain, ce n’était plus son désir de vengeance à elle qui l’intéressait, mais celui de l’ancien chasseur. Elle avait du mal à comprendre ce que cela signifiait. Elle avait toujours été froide, calculatrice, ne laissant aucune place pour ses sentiments. Même lorsqu’elle avait transformé Dean, elle n’avait rien ressenti, sinon le plaisir de faire souffrir John Winchester. Ce n’était pas la première fois qu’elle tirait l’un des siens d’un sevrage forcé. Et jusque là, elle n’avait jamais fait attention à ce que celui-ci éprouvait. Tout ce qu’elle faisait, c’était pour atteindre son objectif, rien d’autre ne comptait. Et là, la souffrance de Dean lui faisait mal, alors que cela faisait partie de son propre plan.
Elle refoula ses questionnements pour se focaliser sur la situation. Délivrer Dean, le faire revenir, voilà ce qui comptait. Alors, elle donna le signal. Il était temps de prendre d’assaut le refuge des deux chasseurs afin de libérer leur compagnon.

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MessageSujet: CHAPITRE 14 : LE REVEIL   Lun 3 Jan - 11:36

John et Elkins avaient pris la route tout de suite après l’appel de Sam. John conduisait, concentré sur la route. Elkins ne disait rien. Cependant, son esprit était en ébullition. Sam avait Dean. Elkins pouvait sentir à quel point son ami était tendu. Son fils avait été retrouvé, et, il était bel et bien transformé en vampire. Ils le savaient, bien sûr. Ça n’avait pas été une surprise. Mais, quelque part, aussi bien Elkins que John avaient espéré que ce n’était qu’une idée, que Dean serait resté humain. Elkins savait trop bien ce que devait penser son ami, à l’instant présent. Si la tentative de sevrage s’avérait être un échec, lorsque John reverrait son fils aîné, ce serait pour le tuer. Elkins observait son coéquipier à la dérobée. Soudain, il eut l’impression de voir une larme, une seule, couler le long de la joue de John. Cependant, il était certain que ce dernier aurait nié cette preuve de faiblesse. Mais, il n’y avait nul besoin d’aveu pour comprendre ce que devait ressentir John à l’instant présent. Elkins était un père, lui aussi. Et comme tous les parents du monde, il savait la douleur que représentait la perte d’un enfant. Il n’y avait rien de pire. Elkins se souvint de ce que lui avait dit son grand-père à ce sujet. La perte d’un enfant, c’était le sentiment d’un vide absolu, qui ne pourrait jamais être comblé, c’était une impression d’injustice totale. Les enfants devraient être destinés à survivre à leurs parents, et non l’inverse.

__ Elkins ? demanda soudainement John en brisant le silence.
__ Quoi ?
__ Tu penses vraiment qu’il y a une chance pour que le plan de Sam réussisse ? Tu sais, faire en sorte que Dean ne devienne pas un monstre sanguinaire, comme les autres vampires.
__ J’aimerais te dire que je le pense vraiment, fit Elkins, en décidant d’être honnête avec son ami. Mais, le fait est que nous n’avons pas suffisamment de données. Certes, il y a le journal de Samuel Colt, mais, tu sais comme moi que ce pourrait être un faux. Cela dit, si quelqu’un peut résister et ne pas devenir un monstre, c’est ton fils.

John acquiesça silencieusement de la tête. Elkins regrettait de ne pas pouvoir entretenir l’espoir, chez lui. Mais, les faits étaient là. Elkins se souvint du moment où il avait découvert l’article de Samuel Colt concernant les possibilités de sevrage chez les vampires. A cet instant, il avait vraiment cru, ou plus exactement, il voulait vraiment croire, que le moyen de sauver Dean existait. Mais, il avait très vite déchanté. Après quelques recherches, lui et John avaient vite compris que rien ne prouvait que Samuel Colt avait réellement écrit le texte. Et d’autres indices, dans d’autres bouquins, laissaient penser que le sevrage n’était, comme l’avait pensé Elkins dès le départ, ni plus, ni moins qu’un mythe, une belle histoire. Elkins avait même fini par penser que le sevrage, non seulement ne rendait pas le vampire meilleur, mais au contraire, le rendait encore plus mauvais. Mais ça, il le gardait pour lui. John parvenait tout juste à se faire à l’idée que son fils était devenu un vampire, il ne tenait pas à ce que son ami doive aussi imaginer son fils en un être cruel et brutal. Alors, dans l’espoir de préserver son ami, Elkins ne disait pas tout ce qu’il pensait. Mais, il était plus déterminé que jamais à être celui qui mettrait fin à la vie de Dean, si jamais, ou plutôt, quand cela deviendrait la seule option.


Elkins et John arrivèrent à l’endroit dont leur avait parlé Sam au milieu de la nuit. Dès qu’ils furent sur place, ils virent que quelque chose n’allait pas. L’instinct des chasseurs… A peine eurent-ils fait trois pas en direction de la cabane que quatre vampires leur tombèrent dessus. Quatre… Deux par personne. Rien de bien insurmontable pour deux chasseurs chevronnés. Et effectivement, moins de dix minutes plus tard, les corps des quatre vampires gisaient sur le sol, leur tête à côté d’eux. Cependant, les deux chasseurs savaient très bien que ces quatre vampires n’étaient que le début. Harmony et les siens avaient dû décider de récupérer Dean des mains de Sam et de sa complice. Elkins espérait qu’ils n’arrivaient pas trop tard. Que Dean, dans le coma, au moment de l’appel de Sam, l’était encore. Si Dean se réveillait grâce à Harmony, celle-ci pourrait sans problème le convaincre de se retourner contre son propre frère. Sam l’avait condamné à une souffrance indescriptible, elle le sauvait de ça. Il était facile de savoir qui Dean déciderait de suivre, après ça.
A ses côtés, John semblait avoir fait la même analyse qu’Elkins. Il avait soudain accéléré le pas, comme si le simple fait d’aller plus vite pouvait changer les choses. Conscient qu’en agissant ainsi, son compagnon oubliait quelques unes des règles de sécurité, Elkins le retint, tout en lui faisant signe, silencieusement, de ralentir le pas, et de rester sur ses gardes. Les yeux bouillants de colère, John finit tout de même par acquiescer par un hochement de tête. Ils finirent par pénétrer dans la cabane. Ils arrivaient après la bataille, à en voir le mobilier retourné et Sam au beau milieu de tout ça, totalement inconscient. John se précipita vers son fils cadet, tandis qu’Elkins entrait dans une chambre, dont la porte, de toute évidence violemment ouverte, était à moitié sortie de ses gonds. Un léger bruit se fit entendre. Elkins posa son regard sur la fenêtre, et eut tout juste le temps d’apercevoir deux silhouettes qui s’enfuyaient. Même vue furtivement, Elkins reconnut l’une d’entre elles comme étant celle de Dean. Ainsi, ils étaient arrivés trop tard. Dean avait probablement décidé de suivre sa nouvelle race. Elkins n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps à ce qu’il convenait de faire au sujet du tout nouveau vampire. Ses yeux furent attirés par une silhouette étendue à même le sol. Bien que la femme était face contre terre, Elkins aurait reconnu entre mille la chevelure brune de sa fille unique. Bien sûr, Aliénor. Il n’y avait qu’elle qui pouvait tant vouloir aider les vampires… Le cœur serré, il s’approcha de la femme et la retourna. C’était bien elle. Elle respirait encore. Cependant, Elkins put voir les traces de crocs sur son cou, ainsi que du sang sur ses lèvres.

Pourvu que ce soit son sang, songea le chasseur. Pourvu que ce soit son sang à elle, mais pas…

Plongé dans ses inquiétudes, il n’entendit pas John, soutenant Sam, encore groggy, qui entrait lui aussi dans la pièce. Puis se rendant compte de la présence du chasseur et de son cadet, Elkins demanda à Sam :

__ Est-ce qu’ils lui ont fait boire leur sang ?

Sam, toujours pas remis, semblait ne pas comprendre. Elkins se leva précipitamment, et entreprit de secouer le jeune homme.

__ Répond, Sam. Est-ce qu’elle a bu du sang de vampire ?
__ J’en… j’en sais rien, balbutia Sam. J’étais en train de me battre dans la pièce d’à côté. Ils sont arrivés si vite. On…
__ Est-ce qu’elle a bu le sang de l’un d’entre eux, Sam ? Je dois savoir.
__ Ça suffit, Elkins, intervint John. Je sais que tu es mort d’inquiétude, mais tu vois bien qu’il n’est pas en état de parler.

Au même instant, un gémissement se fit entendre. Elkins reporta son regard sur sa fille qui commençait à se réveiller. Il plongea son regard dans celui de sa fille et eut un frisson. Sans même avoir à lui poser la question, il avait compris qu’elle avait été transformée, elle aussi. Aliénor frôla la marque sur son cou, avec sa main, puis ses yeux s’écarquillèrent de terreur.

__ Ils t’ont transformée, c’est ça ?

Aliénor acquiesça silencieusement. Elkins la prit dans ses bras, pendant qu’elle éclatait en sanglot. Elle comprenait sans doute qu’il n’y avait rien à faire et qu’elle était perdue. Elkins, lui, savait parfaitement ce qu'il convenait de faire. Aliénor devait disparaître. Bien résolu à empêcher sa fille de devenir un monstre, il n’en avait pas moins de haine à l’encontre des vampires. Celui qui avait fait ça à sa fille mourrait de sa main, qui qu’il soit.

__ Qui ? demanda-t-il, même si au fond de lui, il connaissait déjà la réponse.
__ Dean… c’est Dean, après son réveil.
__ Très bien, fit-il. Je suis désolé, Aliénor. Même si je ne te l’ai pas toujours montré, je veux que tu saches que je t’aime. Encore une fois, je suis vraiment désolé.

Aliénor regarda son père dans les yeux, puis comprenant ce qu’il s’apprêtait à faire, elle eut un mouvement de recul.

__ Papa, non. Le sevrage… le sevrage peut marcher. Si on s’y prend maintenant...
__ Tu n’as donc pas compris, ma chérie ? fit son père, non sans cacher ses larmes. Le sevrage ne sert qu’à transformer des monstres en de véritables machines à tuer.
__ Papa, ça marche. Je le sais…
__ Non, Dean en est l’exemple. Je suis désolé.

Avant que sa fille n’ait le temps de dire quoique ce soit de plus, Elkins avait tranché sa tête, avec une précision inégalée. Il s’agenouilla ensuite auprès du corps décapité, en larme. Il n’avait plus conscience de ce qui se passait derrière lui. Il n’entendit pas Sam le traiter de vieux fou psychopathe, ni ne vit John retenir son fils, en le traînant à l’extérieur. Tout ce qui comptait à présent, c’était sa fille, son bébé qu’il venait de perdre et qu’il avait dû tuer de ses propres mains. La seule chose qui lui importait, c’était la vengeance que réclamait son cœur.

………………………………………………………………………………………………

Dean suivait Harmony jusqu’au campement. Pourtant, il ne faisait pas réellement attention à ce qu’il faisait. Il était encore dans un état second. Les idées avaient du mal à se mettre en place, dans sa tête. Il se souvenait vaguement avoir été dans le coma, s’être réveillé, grâce à Harmony et avoir transformé la femme qui accompagnait son frère en vampire. Il ne savait s’il devait ressentir du dégoût ou de la satisfaction, à ce sujet. Mais, après ce que la femme lui avait fait subir, il devait admettre qu’il ressentait un certain plaisir à l’idée qu’elle connaisse les mêmes tourments que lui.
Une fois qu’ils furent arrivés au repère, Harmony lui offrit un peu de sang frais. Il était encore affaibli par la torture qu’il venait de subir, et avoir voulu transformer la fille aussi tôt après son réveil l’avait encore affaibli.

__ Tu aurais dû attendre, Dean. Transformer quelqu’un, c’est quelque chose qui demande beaucoup d’énergie.

Dean écoutait à peine. Il savait qu’Harmony voulait qu’il la transforme. Et lui même avait eu envie de se venger. Tôt ou tard, elle aurait été transformée. Alors, pourquoi Harmony semblait-elle regretter qu’il ait agi si vite ? Il n’eut pas besoin de poser la question :

__ Tu l’as transformée trop tôt. Nous avons dû l’abandonner là-bas. Lorsque les chasseurs remarqueront qu’elle a été transformée, ils la tueront.
__ Vu ce qu’elle m’a fait, ce n’est pas moi qui pleurerais pour elle.
__ Tu dis ça, mais quand ils le feront, tu le ressentiras au plus profond de ton être. Un vampire est connecté à ceux qu’il engendre, tu sais. Certains peuvent même ressentir la douleur de leurs « enfants ». Mais, tous, sans exception, ressentent leur mort. Crois-moi, la douleur que tu ressentiras sera atroce, comme si quelqu’un t’arrachait le cœur pour ne laisser qu’un trou béant, à la place.

Dean regarda furieusement Harmony. Comme si les vampires pouvaient se soucier des autres. Pourtant, en croisant son regard, il vit qu’Harmony était sincère.

__ Combien de tes enfants as-tu perdu ?
__ Aujourd’hui, quatre. Dans le passé, une bonne dizaine. Tous tués par ton père, toi ou Elkins.
__ Je suis désolé, fit-il, sentant sa colère à l’encontre d’Harmony le quitter. Je ne savais pas que c’était si douloureux.
__ Mais, à l’époque, tu t’en fichais. Et ça ne t’intéresse pas plus que ça, aujourd’hui.
__ Non, tenta de dire Dean. Je…

Mais, il s’arrêta, pris d’une violente douleur à la poitrine, comme si son cœur en était arraché. Une image s’imposa alors à lui. La femme qu’il avait convertie. Il pouvait ressentir sa peur, son sentiment de trahison. Il pouvait presque l’écouter supplier son père de ne pas la tuer. Puis, soudainement, tout s’arrêta. Comme l’avait dit Harmony, il ressentit comme un vide, au fond de son être. Et comme pour couronner le tout, il savait à présent qui avait été sa « fille », durant quelques heures. Aliénor Elkins. Dean comprit aussitôt qu’il n’aurait plus le choix. S’il voulait survivre, il devait devenir un vampire à part entière. Il connaissait Daniel Elkins. Il savait que ce dernier ne renoncerait jamais à venger sa fille. Le chasseur avait deux raisons de tuer Dean : il était un vampire et il avait transformé sa fille. Dean avait deux raisons de suivre les plans de Nyctos pour lui : il devait survivre, et quelque part, il souhaitait venger la mort de celle qui avait été sa fille pendant quelques heures.

__ Dean, ça va ? demanda Harmony.

Dean se rendit compte que plusieurs minutes étaient passées.

__ Dean ? répéta Harmony.
__ Oui, ça va, finit-il par dire. Je dois retourner voir Nyctos.
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MessageSujet: CHAPITRE 15 : RESOLUTIONS   Mar 25 Jan - 20:12

Elkins était debout devant le bûcher qu’il avait installé pour sa fille. Vampire ou non, elle restait ce qu’il avait eu de plus cher au monde et il avait insisté pour lui offrir les funérailles rituelles des chasseurs. Il regardait les flammes qui consumaient le corps de sa fille danser devant lui, tout en plongeant dans son passé, comme si cela pouvait permettre à Aliénor de rester en vie, encore un peu.
Tandis qu’Elkins était plongé dans ses pensées, Sam et John se tenaient plusieurs pas derrière lui. John comprenait aisément ce que traversait son ami. S’il avait décidé d’assister de loin aux funérailles, c’est parce qu’il ne se sentait pas le droit d’y assister. Il ne pouvait s’empêcher de penser que c’était son propre fils qui avait forcé son ancien mentor à tuer sa fille. John savait que Sam avait été choqué par la façon de faire d’Elkins. Lui-même se demandait comment le chasseur de vampire avait pu se résoudre aussi vite à tuer Aliénor. Le chasseur comprenait. Le père n’y parvenait pas. Dean était devenu un vampire, et même s’il savait que le tuer était probablement la meilleure chose à faire, John ne parvenait pas à s’y résoudre. Il porta son regard sur son fils cadet. Sam semblait être impassible. Il regardait la scène avec ce qui aurait pu passer pour du détachement. Pourtant, John était certain que l’esprit de Sam devait être en ébullition.

Tandis que les flammes commençaient à s’éteindre lentement, John et Sam se dirigèrent vers la cabane, laissant Elkins seul, pour un dernier adieu à sa fille. Sam marchait devant. Il semblait furieux. Soudain, Sam s’arrêta. John fit de même.

__ Que se passe-t-il, Sam ? demanda John.
__ C’est Elkins. Je ne comprend pas. Comment a-t-il pu tuer sa fille, aussi froidement ?
__ Détrompe-toi, Sammy. Tuer Aliénor a probablement dû le rendre malade. Mais quel autre choix avait-il ?
__ Il aurait pu tenter de la sevrer.
__ Sam… tu as tenté le coup avec Dean. Résultat, il est parti avec Harmony, non sans avoir transformé Aliénor avant.
__ Mais, on s’y est peut-être pris trop tard. Et puis, Elkins n’a jamais tenté de savoir si ça pouvait marcher ou pas.
__ Tu as tout faux. Elkins avait revu son jugement après ton départ. Lui aussi a cru que le sevrage pouvait fonctionner. Mais, les documents qu’il a trouvé étaient faux. Le sevrage n’est qu’une légende. Elkins savait qu’il avait le choix entre laisser Aliénor devenir une tueuse, ou bien la tuer tant qu’elle était encore humaine. Il a voulu sauver sa fille, en l’empêchant de devenir comme les autres vampires. Si tu crois qu’il a agi en tant que chasseur, tu te trompes. Ce qu’il a fait, il l’a fait par amour.
__ Par amour… Comment peut-on tuer par amour ?

John ne répondit pas. Il n’y avait pas de réponse. Il se contenta de reprendre la marche, suivi de Sam.
Ils étaient dans la cabane depuis un quart d’heure, quand Elkins arriva. Sans dire un mot, celui-ci commença à préparer ses affaires.

__ Que comptes-tu faire ? demanda John à son ami.

Elkins ne donna aucune réponse. John insista. Il reposa sa question jusqu’à ce que son mentor daigne enfin lui répondre :

__ Je vais tuer celui qui a transformé ma fille, fit-il, avec un regard sombre.
__ Elkins, ce n’est pas une bonne idée.
__ Et pourquoi donc, John ? Parce que c’est Dean ? Réveille-toi, ton fils est mort ! Un monstre a pris sa place, et il faut le supprimer !
__ Non, vieil hibou. Je ne te laisserai pas faire… pas cette fois.
__ Alors ce qu’il a fait à Aliénor n’est pas suffisant, hein ? Qu’est-ce qu’il faut de plus pour que tu acceptes enfin la réalité ? Dean est mort, il ne reviendra pas !
__ Je le sais, rétorqua John. Je sais que mon fils est mort. Dean… MON Dean, n’aurait pas agi comme ça. Mais, s’il revient à quelqu’un de tuer Dean, c’est à moi. Dean est MON fils. C’est MON problème… Pas le tien.

Sam fut estomaqué en entendant cela. Comment son père pouvait-il dire ça ? Il ne pouvait pas décider de supprimer Dean, sans avoir tout tenté auparavant.

__ Papa… on ne peut pas faire ça. Pas avant…
__ Pas avant que quoi, Sammy ? Que faut-il attendre, selon toi ? Que Dean fasse trop de victimes pour que tu ne puisses plus le considérer comme ton frère ? Elkins a raison. Le Dean que l’on connaissait est mort. Et ton frère préfèrerait mourir.
__ Mais, il y a peut-être un autre moyen de sauver Dean.
__ Et quel moyen, hein ? Tu as tenté de le rendre inoffensif, tu as échoué. Maintenant, on doit arrêter d’espérer que Dean pourrait être sauvé. Et même si c’était possible, t’es-tu seulement demandé si le Dean de maintenant le voudrait ?

Sam regarda son père avec surprise. La vérité était qu’il ne s’était pas posé la question. Et à dire vrai, ce que voulait le nouveau Dean ne l’intéressait pas plus que ça.

__ Je me fiche de savoir ce que veut Dean, maintenant. Tout ce que je veux, c’est retrouver mon frère.
__ Et tu sais par où commencer ? demanda John, sèchement. As-tu la moindre idée de comment t’y prendre pour ramener Dean ? Sais-tu comment faire pour faire disparaître le vampire et revenir l’être humain ?

Sam ne sut que répondre. Vu comme ça, il n’avait aucune idée de ce qu’il devait faire. Puis, soudain, il se remémora une parole de Dean. Celui-ci lui avait dit que tuer le premier vampire ferait disparaître cette race. Peut-être que ça valait le coup d’essayer.

__ Le premier vampire, fit-il, sans s’en rendre compte.
__ Pardon ? demanda son père, surpris.
__ Heu, rien, juste une idée, comme ça. Si on tuait le premier vampire, ça pourrait peut-être faire redevenir Dean humain.
__ Peut-être, fit John. Il existe pas mal d’histoire où la disparition du premier d’une espèce ferait disparaître ladite espèce. C’est valable pour les loups-garou, les vampires, et à peu près toutes les créatures issues de transformation. Cependant, rien ne prouve que le premier d’une espèce existe réellement, ni que le tuer pourrait détruire ses « enfants ». Même si j’aimerais le croire, je pense que nous devrions nous en tenir à notre plan premier. Trouver Dean et le tuer.
__ Pas obligatoirement. Papa, c’est Dean lui-même qui m’a parlé de cette solution. Aliénor pensait que c’était une façon d’éviter le sevrage. Mais, il est possible que détruire le premier était ce qu’il désirait pour pouvoir redevenir humain. Et si c’était le cas, alors, il est fort possible qu’il savait où trouver le premier vampire. Si nous parvenons à le trouver, et que ça marche, nous serons tous gagnants. Dean cessera d’être un vampire, nous n’aurons pas à le tuer, et Elkins obtiendra vengeance.
__ Que veux-tu dire ? demanda le chasseur.
__ Que le principal responsable de la transformation d’Aliénor, c’est le premier. S’il n’avait pas existé, Dean n’aurait pas été transformé et n’aurait pas transformé ta fille en vampire.

John échangea un regard avec Elkins. Il avait l’air d’avoir été convaincu par les propos de Sam. Elkins sembla plus réticent. Puis, il finit par hocher la tête.

__ Avoir une chance de détruire tous les vampires en un seul coup, ça me va. Mais, je vous préviens, si ce plan s’avérait être une utopie, je tuerai Dean de mes propres mains.
__ Non, Elkins, c’est moi qui ferait ça, rétorqua John. C’est mon fils qui t’a forcé à tuer ta fille, c’est à moi de devoir le faire disparaître, si le sauver s’avérait impossible. C’est une promesse.


Elkins quitta Sam et John à l’aube. La raison officielle était qu’ils couvriraient plus de terrain en étant séparés et auraient ainsi plus de chance de trouver le premier vampire. Après avoir confirmé qu’il les appellerait dès qu’il aurait du nouveau, Elkins partit sur les routes. Sauf qu’il n’allait pas à la recherche du premier vampire. Peu lui importait que celui-ci soit vivant ou mort. Du moins, pour l’instant. Pour le moment, la seule chose qui importait à Elkins, c’était de voir mourir le vampire qui avait transformé sa fille. Que John et Sam cherchent un moyen illusoire de sauver Dean si ça leur chantait. Pour lui, Dean Winchester était bel et bien mort. Le vampire qu’il était devenu avait probablement détruit toute parcelle d’humanité. Elkins le trouverait et le tuerait. D’une part, il avait compris que ni John, ni Sam ne serait capable de prendre la décision qui s’impose, malgré les dires de son ami. Et ensuite, le désir de vengeance avait été réveillé. Elkins était redevenu le chasseur qu’il avait été à ses débuts. Seul son désir de vengeance guiderait ses actes…

…………………………………………………………………………………………………

Dean et Harmony étaient partis dès le crépuscule suivant. Bien que les vampires ne craignaient pas autant le soleil que voulaient le faire croire les légendes, ils ne l’appréciaient guère, non plus. Voyager de nuit était donc bien plus confortable et agréable. Dean marchait au côté d’Harmony. Il pouvait sentir son regard se poser sur lui, quelque fois, et ressentir sa satisfaction à le voir accepter sa destinée vampirique. Dean faisait comme s’il ne remarquait rien. Il se sentait troublé. Il n’y avait pas si longtemps que ça, il aurait lutter de toutes ses forces pour ne pas suivre les plans des vampires à son égard. Désormais, c’était différent. C’était une question de survie. Avec un chasseur de la trempe d’Elkins à ses trousses, il ne pouvait plus se permettre d’hésiter. Et puis, le sevrage que Sam et Aliénor lui avaient fait subir l’avait forcé à revoir ses considérations à l’égard des êtres humains… Plus exactement, à l’égard des chasseurs. Durant toutes ces années, il avait cru que les chasseurs agissaient pour le Bien. Maintenant, il n’en était plus si sûr. Comment pouvait-on se résoudre à faire souffrir une créature surnaturelle, sous prétexte qu’elle faisait le Mal ? Il savait que Sam pensait bien faire, tout comme Aliénor, probablement. Mais, il savait aussi que bon nombre de chasseurs prenaient plaisir à faire souffrir les créatures qu’ils chassaient. Il savait que ce n’était pas le cas de son père, ni de Sam. Il avait chassé avec eux. Son père avait toujours été pour une exécution propre, rapide, et sans douleur. Mais d’autres chasseurs ne faisaient pas preuve d’autant de « gentillesse ». Il n’avait que très rarement chassé avec Elkins. Cependant, il savait que si ce dernier lui mettait la main dessus, il se ferait un plaisir de lui apprendre quelques nouvelles notions sur la douleur.

__ Dean, ça va ? demanda Harmony.

Dean remarqua qu’il tremblait. Les souvenirs du sevrage étaient encore frais. Et il en était terrifié. Cependant, il ne l’aurait admis devant personne.

__ Oui, fit-il, en se forçant à rester calme. C’est seulement que je ne me suis pas encore vraiment remis du sevrage de mon frère.
__ Tu es certain ? Après ce que tu as vécu, il est normal d’avoir peur. Surtout en sachant que l’un des plus grands chasseurs de vampire va en avoir après toi.
__ J’ai pas peur.
__ Si tu le dis… En tout cas, je suis ravie de voir que tu as enfin décidé d’accepter ce que tu es devenu.
__ C’est pas comme si j’avais le choix. Si je le fais, c’est pour survivre. Et uniquement pour ça. Comme tu l’as dit, un très grand chasseur va vouloir me tuer. J’ai besoin de pouvoir me défendre.
__ Tu es certain qu’il n’y a que ça ?
__ J’admets que j’aimerai venger la mort d’Aliénor. Tu avais raison, elle était ma fille, en quelque sorte.
__ Il n’y a rien d’autre ?
__ Et que pourrait-il y avoir comme autre raison ?
__ La soif de sang, l’envie de devenir un véritable vampire, l’excitation de la chasse. Tuer est dans ta nature, Dean. Quand tu étais humain, c’était des créatures comme nous. La soif de tuer, l’excitation que cela procure, ça a toujours été en toi. Le fait que tu ais passé la barrière a seulement changé ton gibier.

Dean resta silencieux. Il devait admettre qu’Harmony avait raison sur un point. La soif de tuer avait toujours été présente en lui. Aujourd’hui, elle était encore plus présente en lui qu’elle ne l’avait jamais été. Si quelques jours auparavant, il aurait lutté contre cette idée de toutes ses forces, maintenant, il l’acceptait. Il trouvait ça vraiment déconcertant… Il avait changé si rapidement…

__ Tu as peut-être raison, accepta-t-il de dire.

Il put voir le sourire d’Harmony. Elle avait gagné. Le combat qu’il avait entamé avec elle était maintenant terminé. Il prit conscience que cela faisait déjà pas mal de temps qu’elle avait gagné. Et là encore, de façon étonnante, ça ne le dérangeait pas. Il fallait savoir déposer les armes et avancer. Il était temps pour lui de s’y résoudre.

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MessageSujet: CHAPITRE 16 : OBJECTIF... FORMATION !   Jeu 10 Fév - 23:55

Sam et John s’étaient séparés d’Elkins. Les derniers évènements avaient rapproché quelque peu le père et le fils. Bien sûr, ce n’était pas l’entente parfaite. Sam avait encore et toujours quelques rancœurs à l’encontre de son père. John avait toujours du mal à se faire comprendre et surtout à comprendre son cadet. Il avait conscience des efforts que son fils faisait pour tenir ses sentiments à l’écart. Lui-même tentait désespérément de comprendre comment Sam réagissait. Mais, c’était peine perdue. Sam était trop différent de Dean. Il vivait dans un monde totalement opposé du sien et de celui de Dean. John pouvait voir à quel point Sam souffrait d’être revenu dans le monde de la chasse. Et surtout, il pouvait ressentir que son fils cadet souffrait d’autant plus qu’il avait découvert, qu’il avait été forcé d’accepter que sa cible serait celui qui avait été son frère pendant plus de vingt-deux ans.

__ Sam, s’enquit John après quelques instants de silence. Tu tiens le choc ?
__ J’y suis bien obligé, répondit celui-ci. J’espère seulement que cette nouvelle piste ne sera pas un leurre, encore une fois.
__ Je dirais qu’il faut bien tenter quelque chose. Et puis, même si ça ne marche pas, tuer le Premier des vampires, ce serait une victoire. Par contre, il faut bien que tu comprennes quelque chose, Sam. S’en prendre à cette créature implique une nouvelle approche de la chasse. Si le premier vampire existe vraiment, et s’il est toujours en vie, on peut s’attendre à ce qu’il soit bien plus fort que les autres vampires.
__ Et qu’est-ce que tu proposes ?
__ Apprendre une autre façon de chasser les vampires. Je connais un chasseur, Milton Johnson, c’est un spécialiste des vampires lui aussi. Il en sait autant qu’Elkins, peut-être même plus.
__ Et que sais-tu de lui ?
__ Pas grand chose, pour être honnête. Je ne l’ai rencontré qu’une fois. C’était à l’époque où Elkins m’apprenait les ficelles de la chasse. La seule chose que je sais de lui, c’est ce que ce vieil hibou a bien voulu me dire. Il serait en sorte son mentor. Et non, Johnson n’est pas un vieillard de plus de quatre-vingt-dix ans. Il doit avoir cinq de plus qu’Elkins grand maximum. Mais, il s’est retrouvé dans le monde de la chasse bien plus tôt que la plupart des chasseurs. Il devait avoir environ dix-huit ans, quand il a été appelé. Ça a l’air inhabituel, comme ça, mais…
__ Pas tant que ça, rétorqua Sam. Dean avait quoi ? Sept ans, quand tu as commencé à le former. Moi, j’avais environ dix ans. D’ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi j’avais eu plus de chance que Dean, à ce sujet.
__ Contrairement à ce que tu penses, j’ai toujours voulu te préserver. Et j’aurais voulu préserver Dean aussi. Mais, ton frère avait été témoin du surnaturel. Tôt ou tard, il aurait été plongé dedans. Quand à toi, malgré tous nos efforts, à moi et à ton frère, tu as fini par poser beaucoup trop de questions. Je me souviens, à neuf ans, tu es venu me voir, et tu m’as dit que tu ne voulais plus que Dean passe son temps à te protéger. J’ai alors cru que tu voulais parler de la chasse, que tu voulais devenir comme lui.
__ Tout ce que je voulais, c’était apprendre à me défendre pour ne plus dépendre de Dean. Il fallait qu’il surveille tes arrières, quand vous alliez chasser, qu’il veille sur moi, et il n’avait jamais le temps de s’occuper de lui-même.
__ Je n’avais pas vu les choses comme ça. Il faut croire que je ne t’ai jamais réellement connu.

Sam ne répondit pas. Cependant, John pouvait presque l’entendre lui dire qu’il n’avait jamais réellement tenté de le connaître. Et même si Sam l’avait dit, John n’aurait pas pu nier les faits. C’était l’entière vérité. Durant toutes ces années, il avait trop été obnubilé par la vengeance pour tenter de connaître ses fils. Il ne s’était pas vraiment intéressé à ce que ses deux garçons pouvaient ressentir. Dean avait accepté ça, bon gré, mal gré. Il s’était plié aux exigences de son père et était devenu ce que John voulait. Un chasseur, une arme humaine capable de combattre démons, vampires, wendigos, et toutes autres créatures surnaturelles. Il n’avait jamais rien dit, s’était contenté d’obéir, sans poser de questions. Habitué à une obéissance aveugle, John avait été pris au dépourvu avec Sam. Le cadet, lui, osait se rebeller, osait ne pas vouloir obéir à son père, et surtout, n’avait aucunement envie de suivre une voie qu’on avait choisi pour lui, sans lui demander son avis. Le plus ironique était sans doute que Sam avait hérité du caractère de cochon de son père. La même détermination, cette même certitude d’avoir raison… Normal qu’ils n’aient jamais pu s’entendre.

Le reste du chemin se passa dans le silence. Le lendemain, dans l’après-midi, John et son fils arrivèrent chez Milton Johnson. John expliqua au chasseur à qui, lui et son fils, comptaient s’attaquer, et demanda son aide. Milton Johnson but une gorgée de whisky, à même le goulot, avant de répondre :

__ La chasse, je trempe plus dans ce genre de truc. Trop dangereux, pour aucun résultat.
__ Je ne vous demande pas de vous y remettre. Seulement de nous donner quelques trucs pour pouvoir nous en prendre au premier vampire.
__ J’avais saisi. Sauf qu’aider quelqu’un à s’en prendre à Prime vampire, c’est comme s’en prendre soi-même au dit vampire. Désolé. J’ai perdu beaucoup de compagnons de guerre. J’ai pas envie d’en reperdre d’autres, et j’ai pas envie d’être du nombre.
__ Monsieur, intervint Sam. On a vraiment besoin de votre aide.

Johnson observa Sam avec un air à la limite de la condescendance. John en était persuadé. Et ça ne lui plaisait guère.

__ Qui t’es, petit ?
__ Sam, m’sieur.
__ Et bien, Sammy ? Tu te dis chasseur ? Un chasseur n’a pas à être poli. Il n’a pas à balancer des « Monsieur » à un autre chasseur.
__ Et bien, Milton, répondit Sam sans se laisser démonter, parfois, la politesse peut donner de bons résultats. Vous devriez essayer, de temps en temps. Et ensuite, ce n’est pas Sammy, c’est Sam.

A la surprise de John et de Sam, Milton éclata de rire.

__ En tout cas, tu te laisses pas faire, et c’est bien, p’tit gars, approuva Milton. Je crois que je vais vous aider, finalement.

Alors, John comprit.

__ C’était un test.
__ Ouais, approuva Milton, sans un mot de plus.

Milton Johnson entra dans sa maison, en faisant signe à John et à son fils de le suivre. Les deux hommes obtempérèrent. John vit son fils observer rapidement l’intérieur de la maison. C’était tout à fait compréhensible. Cependant, le chasseur savait que le domicile de Johnson ressemblait probablement à ceux de chaque chasseur ayant un lieu d’habitation digne de ce nom. Une bibliothèque tout ce qu’il y a de plus complète dans le domaine du surnaturel, une pièce où on pouvait trouver tout l’attirail du parfait chasseur, et dans la cave, probablement, une panic-room prête à être utilisée en cas de menace.

__ Alors, vous voulez vous en prendre au roi des vampires lui-même ? demanda Johnson en servant une bière à ses deux invités.
__ C’est ça, répondit John.
__ Et bien, la première chose à savoir, c’est qu’il est aussi puissant qu’il est âgé. La légende raconte que sa mort pourrait détruire la race des vampires entière. Cela dit, sa simple existence semble être une légende. Personne ne l’a jamais vu. Personne ne l’a jamais combattu. Du moins aucune personne encore vivante. Il n’existe aucun livre qui parle de lui, ou de comment se battre contre lui. Sauf un seul. Une certaine Belena, une grecque dans l’antiquité, l’aurait rencontré et saurait même son nom. Nyctos, ce qui signifie la nuit. Par chance, j’ai ce bouquin, ainsi qu’une représentation graphique de ce Nyctos.

Johnson se leva, se dirigea vers sa bibliothèque, dérangea quelques livres avant de trouver son bonheur. En retournant vers la table, il feuilleta rapidement dans le livre.

__ Voilà à quoi ressemblerait notre homme. Bon, l’image n’est pas extraordinaire, mais il ne faut pas oublier que c’est l'illustration d’un écrit vieux de près de deux mille ans, voire plus.

Johnson posa le livre ouvert devant Sam et John, qui restèrent interdits. Même si l’image n’était pas très nette, John, comme Sam, avait déjà vu le visage du premier vampire.

__ Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Johnson, devant l’air surpris de ses invités.
__ Rien, fit John en tirant une photo de sa veste. Regarde cette photo, et regarde cette image.

Johnson obéit. Il observa longuement la photo et l’image du livre, passant régulièrement de l’une à l’autre. Puis, au bout d’un moment :

__ Je me trompe, ou ils se ressemblent vachement ? Vous avez rencontré le premier vampire ?
__ Non, fit John. L’homme de la photo, c’est mon fils aîné, Dean.

…………………………………………………………………………………………………

Dean et Harmony arrivèrent chez Nyctos peu de temps avant l’aube. Celui-ci les accueillit avec un sourire. Comme la première fois qu’il l’avait rencontré, Dean fut quelque peu décontenancé par leur ressemblance physique. Si, quelques semaines auparavant, Dean avait tenté de nier cette ressemblance frappante, ce n’était plus le cas. Aujourd’hui, il ne pouvait qu’admettre que lorsqu’il regardait Nyctos, il avait l’impression de se regarder dans un miroir.

__ Alors, Dean, tu as fini par prendre une décision.
__ Oui, répondit celui-ci. Apprenez-moi tout ce que je dois savoir. Je suis prêt à suivre mon destin de vampire.

Le sourire de Nyctos s’étira un peu plus. Dean vit clairement la satisfaction que celui-ci ressentait. Il avait gagné. Mais, comme avec Harmony, cette nouvelle preuve de sa défaite ne le dérangeait plus autant qu’avant. Cependant, Nyctos ne fit aucune remarque sur le fait que Dean avait finalement abandonné le combat.

__ Très bien, Dean, je t’apprendrai tout ce qui fera de toi un très bon vampire.

Le vampire fit signe à Harmony de les laisser, lui et son tout nouvel apprenti.

__ Puis-je savoir ce que tu as prévu pour ta race ? demanda Nick, une fois que la vampire fut partie.
__ Permettre l’émergence d’un grand peuple, répondit Dean. Voir si une cohabitation entre humain et vampire ne serait pas possible.
__ Vraiment ? Nous nous nourrissons du sang humain.
__ Mais, tuer n’est pas obligatoire.
__ En es-tu certain ? Pense à ce que tu as ressenti, lorsque tu as tué ? Les vampires sont comme les chasseurs, Dean. Ils ont soif de sang.
__ Peut-être… Mais, comment en être certain sans avoir essayé ?
__ Admettons que tu aies raison. Et les chasseurs ? Tu sais très bien qu’ils resteront nos ennemis quoi qu’il arrive.
__ Je le sais. Et eux, doivent disparaître.
__ Bien, tu as au moins compris ça. Reste ta lubie de cohabiter avec les humains, de faire taire la véritable nature des vampires.
__ Je suis sûr que c’est possible.

Dean commençait à douter, mais il n’avait pas l’intention de céder encore une fois à Nyctos. Il avait déjà abandonné contre sa nature vampirique. Il n’avait pas le droit de renoncer une nouvelle fois.

__ Très bien, fit Nyctos. Je te propose un test. Une semaine. Tu devras rester une semaine sans tuer qui que ce soit. Si tu réussis, alors j’accepterai ta vision des choses et te formerai comme tu le désires. Si tu échoues, si tu venais à attaquer un humain pour te nourrir, tu suivras la formation que je juge adéquate. N’oublie pas, Dean. Blesse, même sans gravité, un humain et tu perds.
__ OK, fit Dean.
__ Autre chose. Pour qu’un vampire ne souffre pas trop de la faim, il doit se nourrir au moins une fois par jour. Le but étant de voir si tu pourras résister à attaquer un humain, y compris lorsque tu n’as pas faim, tu pourras te nourrir ici, une fois par jour.

Dean acquiesça. Sans la faim, il était persuadé de pouvoir démontrer à Nyctos qu’il avait raison. Du moins, il espérait que ce serait le cas. Car, même s’il refusait de l’admettre, il savait que la simple soif de tuer était tapie en lui. Il fallait seulement qu’il parvienne à se maîtriser.

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MessageSujet: CHAPITRE 17 : ALLIANCES   Jeu 14 Avr - 12:04

Sam et John avaient eu du mal à se faire à l’idée que le Premier vampire et Dean partageaient les mêmes traits. C’était comme si, quelque part, tuer Nyctos revenait à tuer Dean. Hors, l’objectif n’était pas de tuer l’aîné des fils Winchester. Milton Johnson avait pu remarquer à quel point l’idée de tuer un monstre ressemblant à Dean pouvait leur être difficile.

__ Je ne sais pas pourquoi vous voulez tuer Nyctos, fit-il aux deux chasseurs. Mais, il faut bien comprendre une chose. Même si ce vampire ressemble à Dean comme s’il était son jumeau, tous les deux n’ont rien en commun.
__ Ce n’est pas si sûr, fit John.
__ Que voulez-vous dire ? demanda Johnson.
__ Récemment, mon fils aîné a été capturé par des vampires. Nous avions déjà eu à faire à la vampire qui commande le clan. Et elle a décidé de se venger.
__ Elle a tué votre fils ?
__ Il aurait presque mieux valu, répondit simplement John.

Milton Johnson comprit immédiatement ce que voulait dire John. Il posa un regard compatissant sur John et Sam, comme s’il comprenait dans quel état d’esprit pouvaient être les deux hommes.

__ Désolé.
__ Ce n’est pas grave. Vous ne pouviez pas le savoir.
__ Et vous voulez vous en prendre au premier vampire pour vous venger ?
__ Non, répondit Sam. Nous voulons simplement tenter une expérience. Selon une vieille légende, détruire le premier vampire permettrait de faire disparaître la race entière. Etant donné que Dean n’a pas été transformé depuis très longtemps, il est possible que la mort de Nyctos lui permette de redevenir humain.
__ Et même si ce n’est pas le cas, poursuivit John, je suppose que le tuer sera déjà une belle victoire.

Milton observa les deux hommes, semblant réfléchir à ce qu’il venait d’entendre.

__ Oui, c’est possible, finit-il par dire. Il est vrai que selon certaines traditions, tuer la créature responsable de la transformation d’un être humain permettrait de le sauver. Ce serait valable avec les loups-garou, les vampires, et les créatures du même genre. On sait que ce n’est pas vrai avec les vampires et les loups-garou. Cependant, toute légende a sa part de vérité. Peut-être que ce n’est pas tuer la créature responsable de la transformation qu’il faut tuer, mais détruire la créature qui est à l’origine de la race.

Sam et John se regardèrent. Sam commençait à reprendre un peu espoir. Pourtant, Milton ne semblait pas avoir fini de parler.

__ Cependant… Avez-vous réfléchi au retour de flamme ?
__ Pardon ? demanda John.
__ Et bien, répondit Milton. Même si c’est difficile à concevoir, il semblerait que le monde fonctionne selon un certain équilibre. Je suppose que quelque part, les vampires participent à cet équilibre.
__ Ils tuent des êtres humains, s’indigna Sam.
__ Et l’être humain tue des animaux pour se nourrir, rétorqua Milton. Quelle différence avec un vampire, finalement ?
__ Et si vous nous disiez où vous voulez en venir ? demanda John.
__ Je veux seulement dire que si les vampires participent à cet équilibre, et que nous détruisions la race entière, dans le meilleur des cas, nous nuirons à cet équilibre.

Milton s’interrompit un instant comme s’il comptait donner un effet quelconque à sa prochaine déclaration.

__ Et dans le pire des cas ? demanda John, qui ne voulait pas vraiment jouer à ce genre de jeu.
__ Dans le pire, nous provoquons l’émergence d’une race, peut-être pire que celle des vampires. Et non, je ne suis pas parti pris. J’ai toujours chassé les créatures surnaturelles. Mais, je suis pragmatique. Jusqu’à présent, aucun chasseur n’a tenté de détruire une race entière de créatures. Et je suis sûr qu’il y a une raison. Mais, si vous êtes vraiment prêts à prendre ce risque, je vous aiderai.
__ Personnellement, si détruire Nyctos me permet de sauver mon fils, le reste m’importe peu, fit John. Dans le pire des cas, nous tenterons de limiter la casse du mieux que nous pourrons.

Sam acquiesça de la tête. Dans le pire des cas, s’il y avait une nouvelle race de créatures surnaturelles, ils pourraient toujours apprendre à la chasser, comme ils l’avaient fait pour le reste. Et puis, il ne pouvait s’empêcher de se dire que ce n’était qu’une légende. De plus, de manière fortement égoïste, Sam n’en avait pas grand chose à faire s’il provoquait la naissance de nouveaux monstres. Tant que Dean pouvait être sauver.
Devant l’air déterminé de Sam et John, Milton leur dit :

__ Très bien. Alors, je vous apprendrai tout ce que je sais.

…………………………………………………………………………………………………...

Elkins avait commencé de nouvelles recherches pour retrouver le monstre qui lui avait pris sa fille. La vengeance… Un sentiment bien étrange, quand on y réfléchissait. Et dire que quelques jours plus tôt, il faisait encore la morale à John pour sa manie de se venger de tout et de rien. Et aujourd’hui, il faisait exactement la même chose. Mais qu’était-il censé faire ? Laisser faire les choses ? Laisser Dean continuer sur sa lancée, en espérant qu’un chasseur non rempli de haine fasse le boulot ? Faire comme si ce désir de vengeance n’existait pas ? C’était impossible.
Après plusieurs heures de route, Elkins s’arrêta dans un bar. C’était le genre d’endroit idéal pour glaner des informations, l’air de rien. Dans les bars, les gens parlaient, sans prêter attention aux autres. Et lorsqu’on était attentif, que l’on savait décrypter les signes, on pouvait aisément trouver des pistes sérieuses, pour les chasses. Elkins s’attabla donc au comptoir, et commanda un verre de whisky. Ouvrant grands yeux et oreilles, il était à l’affût du moindre comportement suspect, de la moindre parole, pouvant laisser entendre où pouvaient se trouver des vampires. Bientôt, il sentit qu'un regard se portait sur lui. Du coin de l’œil, il aperçut un homme qui le fixait. De corpulence normale, assez grand, sans être un géant, l’homme avait la peau noire. Elkins ne l’avait jamais vu nulle part, mais son comportement était assez suspect. Il finit son whisky et fit mine de partir. Une fois dans la rue, il tourna à un angle, puis, se calant contre le mur, il attendit que l’étranger, qui l’avait suivi, arrive à sa portée. Celui-ci se montrait prudent. Avançant avec précaution, il guettait le moindre bruit suspect pouvant laisser penser à un piège. Elkins retint sa respiration. Puis, quand l’homme fut à sa portée, de manière vive, il le plaqua contre un mur.

__ Montre tes dents, ordonna-t-il à l’étranger.
__ Doucement, je ne suis pas un ennemi, répondit celui-ci, tout en obtempérant.

Les gencives étaient parfaitement normales. C’était bien un humain. Pourtant, Elkins ne lâcha pas l’étranger pour autant.

__ Qui es-tu et pourquoi me suis-tu ?
__ Je m’appelle Walker… Gordon Walker. Je vous ai suivi pour une simple raison. Comportement suspect. Je pensais que vous n’étiez pas vraiment… humain, et je voulais m’en assurer.
__ Chasseur ? demanda Elkins, en lâchant enfin son interlocuteur.
__ Chasseur, confirma Gordon. Alors, vous aussi ?
__ Tu es sur les traces d’un vampire ?
__ Un clan… Mais, je vous arrête tout de suite. Je bosse toujours en solo.
__ Je recherche un seul vampire, fit Elkins. Moi aussi, je bosse toujours en solo. Mais, pour cette chasse, je pense qu’il vaut mieux faire équipe. J’ai une proposition.
__ Je vous l’ai dit, je bosse…
__ En solo, je sais. Mais, ce clan n’a rien de normal, surtout l’un des vampires. C’est un ancien chasseur. Il a été converti il n’y a pas longtemps.
__ Je le tuerai, comme les autres.
__ Ce ne sera pas aussi simple. J’ai bossé avec lui, à une époque, quand il était encore humain. L’un des meilleurs chasseurs que je connaisse. Ajoute à ça les capacités d’un vampire, et c’est une véritable machine à tuer. Ma proposition est simple. On recherche le clan. Je te laisse tout le clan. Mais, lui, je m’en occupe moi-même.
__ Qu’est-ce qu’il vous a fait, ce type ?
__ Ça, ça me regarde. Intéressé ?
__ Tout le clan est à moi ?
__ Exact.
__ Et bien, je crois que pour une fois, je vais faire une exception.

Elkins et lui se serrèrent la main. Elkins ne pouvait qu’être satisfait. Avoir une aide pour localiser Dean lui serait la bienvenue.

…………………………………………………………………………………………………...

Le test proposé par Nyctos durait déjà depuis deux jours. Et pour le moment, Dean ne s’en sortait pas trop mal. Sans la faim, il était bien plus facile de ne pas attaquer les humains. Dean reprenait espoir. Peut-être que son plan, aussi insolite qu’il soit, pourrait fonctionner, après tout. Cependant, il préférait ne pas crier victoire trop vite. Il devait encore tenir pendant cinq jours. Et il gardait à l’esprit que lorsque Nick avait lancé son défi, il l’avait fait comme s’il savait déjà qu’il était impossible que Dean gagne. Il ne pouvait s’empêcher de penser que Nyctos, comme Harmony, lui avaient dit que tuer était dans la nature d’un vampire. Certes, ce pouvait très bien être un moyen pour eux de s’assurer qu’il déciderait d’abandonner ses derniers instincts d’humains, sans combattre. Mais ce pouvait tout aussi bien être la stricte vérité. Après tout, il n’était sans doute pas le premier vampire à avoir voulu tenter l’expérience. Or, de mémoire, il n’avait jamais entendu parler de vampire ayant tenté de ne pas s’en prendre aux humains. En même temps, il ne pouvait s’empêcher de penser que les chasseurs ne prenaient pas vraiment le temps de savoir si un vampire était inoffensif ou non. Lorsqu’ils croisaient la route d’une créature de la nuit, ils la tuaient sans se poser de question. Dean était bien placé pour le savoir. S’était-il demandé une seule fois si la créature surnaturelle qu’il allait tuer ne méritait pas une chance ? Jamais. Il avait été conditionné pour tuer dès son plus jeune âge. C’était quelque chose dans laquelle il excellait.

Perdu dans ses pensées, Dean entra dans un bar. Nyctos avait été clair. Pour que le test soit validé, il fallait qu’il se mêle aux humains. Il aurait été trop facile, sinon, de s’enfermer dans une chambre de motel et de ne sortir que pour retourner se nourrir chez Nyctos. Dean s’installa au comptoir et commanda une bière. Il était étrange de constater que malgré son soudain changement d’alimentation, la nourriture et les boissons « humaines » gardaient quand même toute leur saveur. La seule différence, c’était que désormais, elles ne suffisaient plus à le sustenter. Seul le sang, humain ou non, le pouvait.
Portant son verre à ses lèvres, Dean regarda autour de lui. Etrange de voir que malgré son nouveau statut, il pouvait quand même se faire passer pour un humain. Il comprenait mieux comment les vampires pouvaient si facilement se mêler à la foule, sans se faire remarquer. Soudain, ses yeux croisèrent ceux d’une jeune femme, plutôt attirante. Encore une chose qui n’avait pas changé. Il était toujours aussi attiré par les filles. Celle-ci lui offrit un sourire plutôt engageant. Dean hésita quelques instants, avant de se lancer. Il ne pourrait jamais prouver à Nyctos qu’une cohabitation humain/vampire était possible, s’il se refusait à côtoyer les humains. Il commanda un verre au barman, puis s’approcha de la jeune femme.

__ Je vous offre un verre ? demanda-t-il à celle-ci.
__ Pourquoi pas, fit-elle en acceptant le verre qu’il lui tendait.

Soudain, Dean se sentit pleinement humain. Il avait envie d’elle, et visiblement, elle ne dirait pas non. Pourquoi ne pas se laisser tenter ? Et puis, c’était une bonne façon de montrer à Nick que son idée n’était pas si farfelue que ça. Retrouvant ses instincts de dragueur invétéré, Dean réussit à séduire la belle qui, comme il s’en était douté, n’était pas contre une nuit passée ensemble. Pourtant, il dut vite déchanter. Ce qu’il prenait pour une attirance physique se transforma vite en une envie irrépressible de tuer la jeune femme et de se nourrir de son sang. Ça n’avait rien à voir avec la faim, c’était juste un instinct, ancré au fond de lui. Il tentait désespérément de lutter contre cette pulsion qui l’envahissait. Mais tout ça semblait tellement difficile…
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MessageSujet: CHAPITRE 18 : ABANDON   Jeu 4 Aoû - 18:08

Ses pulsions meurtrières avaient été difficiles à combattre… Très difficiles, même. Mais, dans un regain de volonté, Dean avait su puiser en lui suffisamment de force pour s’éloigner de la jeune femme et partir. Elle avait probablement dû avoir le sentiment qu’il n’avait fait que s’amuser avec elle, et il était fort possible qu’elle le déteste, après ça. Mais, ça n’était pas le plus important. D’ailleurs, s’il devait être honnête avec lui-même, le simple fait d’avoir su résister ne le rendait pas satisfait. Il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il avait été très proche de céder à ses instincts vampiriques. A vrai dire, là encore il n’avait qu’une envie. Faire demi-tour et tuer la fille… Ou trouver une nouvelle victime. Dean prenait peu à peu conscience que tenir le temps du test serait compliqué, voire même impossible. Pourtant, il n’avait pas l’intention d’abandonner… Pas encore.

Il se rendit chez Nyctos pour sa dose de sang journalière. Plusieurs heures étaient passées. Son envie de tuer avait fini par s’estomper. Mais, il savait que ce n’était qu’une question de temps pour que ça le reprenne. Et cette fois-ci, il n’était pas sûr de pouvoir tenir le coup.
Lorsqu’il arriva chez Nick, celui-ci l’accueillit avec un grand sourire. Dean eut l’impression désagréable que le vampire savait déjà qu’il avait failli céder. Impression qui devint certitude lorsque Nyctos lui dit :

- Ne pas céder à l’envie de tuer n’est pas si facile, n’est-ce pas ?

Dean eut presque envie de rétorquer. Mais, il avait conscience que ce genre de bravade était totalement puérile. Les faits étaient là. Il n’avait pas autant de facilité à résister qu’il le pensait. Il n’était pas aussi fort qu’il le croyait. Encore une fois, Nyctos sembla lire dans ses pensées.

- Tu te trompes, ça n’a rien à voir avec de la force ou de la faiblesse. La nature propre d’un vampire est de tuer.

Dean ne prêta pas attention aux dernières paroles de Nyctos. C’était, à peu de chose près ce qu’il avait tenté de lui faire comprendre avant le début du test. En revanche, il était surpris par cette faculté qu’avait le premier vampire à lire en lui comme dans un livre ouvert.

- Comment vous faîtes ça ? demanda-t-il.
- Comment je fais quoi ?
- Savoir ce que je pense comme si vous lisiez dans mes pensées.
- Le premier de chaque espèce a cette capacité, fit Nick, pour toutes réponses.
- Ça n’explique pas comment…, voulut insister Dean.
- Et ce n’est pas le plus important, fit Nick, en levant une main pour le faire taire. Dans l’immédiat, ce qui nous intéresse, c’est comment se déroule ton test.
- Vous savez très bien, comment il se déroule, fit Dean, amer. J’ai failli céder. Mais, je ne l’ai pas fait.
- Du moins, pas encore.

Dean se tut. Nyctos avait parfaitement raison. Il n’avait pas encore cédé. Il n’avait pas encore perdu. Mais, il n’avait pas gagné, loin de là. Et, pour être honnête avec lui-même, il savait très bien que même s’il résistait pendant les quelques jours qui lui restaient à tenir, encore cinq, il n’était pas certain qu’il y parviendrait après le test. Il le savait, et Nyctos le savait aussi… Il l’avait toujours su.

- Tu peux encore abandonner, tu sais, fit Nyctos, d’une voix tentatrice. Tu peux tout laisser tomber et accepter de devenir celui que tu dois être.

Dean hésita. Il savait que Nyctos avait raison. Mais, il savait aussi que son père ne lui avait jamais appris à déposer les armes sans combattre. En même temps, se battre avait-il un quelconque intérêt quand on savait que tout était probablement perdu d’avance ?
Nyctos sourit à nouveau, semblant avoir parfaitement conscience qu’il était sur le point de gagner.

- Je te laisse le choix, Dean. Soit tu abandonnes, maintenant. Soit tu poursuis le test. Mais, si tu décides de continuer, je ne te donnerais pas une autre chance.

Dean réfléchit un instant. Le choix finalement, était très simple. Soit, il abandonnait, ce qui signifiait qu’il devrait suivre les volontés de Nyctos. Soit, il continuait, et s’il échouait, le résultat serait le même. Dean se dit qu’il n’allait pas laisser tomber, du moins, pas sans combattre. Peut-être que les choses étaient courues d’avance, mais, il irait jusqu’au bout.

- Je continue, fit Dean avec toute la détermination dont il était capable.
- C’est comme tu le souhaites, fit Nick qui semblait furieux. Tu peux partir. Mais, n’oublie pas… Si tu échoues, tu devras faire ce que je te demanderais, que ça te plaise ou non.
- Je sais, fit Dean.
- Attends, fit le vampire, se dirigeant vers son stock de sang. Tu as oublié ça.

Il tendit une poche de sang à Dean. Celui-ci s’en empara et la but. Puis, il partit.

…………………………………………………………………………………………………

Lorsque la porte se referma sur Dean, Nyctos eut un grand sourire. Tout se passait exactement comme il le souhaitait. Dean était en train de faire exactement ce qu’il fallait pour devenir ce qu’il ne voulait pas être… Un monstre sanguinaire, bien plus cruel et bien plus brutal que les autres vampires. Telle était la destinée de Dean Winchester. Celui-ci pensait réellement pouvoir gagner le pari… Ou tout au moins, se battre. Mais, tout ceci n’était qu’une illusion. Dean avait déjà abandonné la partie. Il l’avait abandonnée dès le jour où il avait accepté de suivre le destin que Nyctos avait prévu pour lui, peu importait ce que l’ancien chasseur croyait avoir accepté. Et lorsqu’il le comprendrait, sa frustration et sa colère seraient tellement grandes qu’il ne serait plus que haine.
Nyctos sentit une présence derrière lui. Il se retourna.

- Bonjour, Kasyade…

Un homme se tenait devant lui, mais restait dans l’ombre. Puis, il s’avança. Grand, l’allure fière, il était entièrement vêtu de noir. Il portait une large veste dont la capuche recouvrait la tête et cachait le visage.

- Nyctos… Il est temps de rembourser ta dette.
- Je sais. Je te demande juste de patienter encore quelques jours… Pas très longtemps. Je l’ai trouvé. Il ne me reste plus qu’à le façonner pour qu’il puisse t’accueillir en lui…
- Très bien, j’attendrai donc. Mais, n’oublie pas qui je suis, et ce que tu me dois.

Le dénommé Kasyade disparut, laissant Nyctos plongé dans ses pensées. Oui, il était sûr de lui. Kasyade lui avait offert trois mille cinq cents ans de vie… Ni plus, ni moins. L’heure était venue pour lui de mourir… Bientôt. Mais, avant cela, il devait rembourser sa dette en donnant à Kasyade ce qu’il désirait. Et il l’aurait.

…………………………………………………………………………………………………

Trois nouveaux jours passèrent. Dean tentait tant bien que mal de résister à son instinct vampirique. Après un moment, Dean essaya de rester éloigné des humains. Il se mélangeait à la foule, mais ne se permettait plus aucun contact avec les autres. Cependant, même cela ne suffisait plus. Souvent, Dean avait l’impression d’être un loup dans une bergerie qui aurait eu l’interdiction de toucher à ce qui aurait dû être sa nourriture.
Le temps passait, et Dean était convaincu qu’il allait finir par céder. Plus d’une fois, il avait été tenté de le faire. Tout, plutôt que réfréner ces maudites pulsions. Il n’y avait aucune douleur, seulement une sensation d’abstention insoutenable. Mais, toujours, il réussissait à se reprendre… Jusqu’à la fin du troisième jour.

Tout s’était passé très vite. Elle était passé près de lui, le frôlant. Ce contact furtif, son odeur, son physique… Tout en elle lui donnait l’envie de lui planter ses crocs dans son cou afin de se nourrir. Si elle avait continué son chemin, tout simplement, il aurait probablement pu aller de l’avant et essayer de l’oublier. Mais, il avait fallu qu’elle se retourne, qu’elle lui parle. Bien sûr, rien de spécial, un simple « Excusez-moi » en baissant les yeux. Mais, ça avait été suffisant pour que le chasseur en lui prenne le dessus. Il avait une proie. Il l’avait suivi dans une sombre ruelle. Elle était jeune, et, il le devina rapidement, c’était une fugueuse qui squattait dans un vieil immeuble abandonné. La proie idéale. Probablement aucune attache, personne qui se souciait d’elle. Qui irait s’inquiéter de son absence ? Et même si elle avait été une cible à risque, rien n’aurait pu se mettre entre lui et elle. Il attendit le moment propice, puis fondit sur elle, et s’abreuva de son sang. Pas par faim, non… Par simple plaisir.

Quand il eut fini de se repaître du liquide au goût légèrement métallique, il prit conscience qu’il avait perdu. Elle était morte, mais, il s’en fichait. La seule chose qu’il voyait, c’était que Nyctos avait gagné. Il sentit une colère rouge et sombre l’envahir. Il avait besoin de laisser sortir ce trop-plein de rage qui l’envahissait. Et l’occasion se présenta lorsqu’un SDF passa devant lui. Il n’aurait pas su dire si c’était un homme ou une femme, un jeune, ou une personne plus âgé. Et pour être honnête, il n’en avait rien à faire. Il put se défouler, et ce qu’il fit. Il ne goutta même pas à son sang. La seule chose qui l’intéressait, à ce moment là, c’était de le faire souffrir, d’entendre son hurlement, de voir son sang gicler un peu partout… Et surtout de voir sa vie le quitter, de voir l’humain disparaître pour ne devenir qu’une forme inerte et morte. Dean avait perdu et sa vie et son humanité. Cet inconnu devait subir la même chose.
Après s’être acharné de longues minutes sur le corps désormais sans vie de l’homme… Ou de la femme… Dean s’arrêta, enfin calmé. De façon très étrange, il savait qu’il aurait dû se sentir mal à l’aise, avoir honte, être horrifié par ce qu’il avait fait, mais il n’en était rien. Il se sentait calme, très calme, en paix avec lui-même. Et il n’avait envie que d’une seule chose… Recommencer.
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MessageSujet: CHAPITRE 19 : LE RETOUR DE BOBBY   Mar 6 Sep - 15:06

Environ un mois plus tard…


Sam et John étaient partis de chez Milton Johnson depuis presque une semaine. Leur priorité, à l’heure actuelle, était de retrouver ce fameux Nyctos. Cela dit, comme le leur avait fait remarquer Milton, trouver un vampire, ou un nid de vampire, n’était pas toujours facile, alors retrouver ce vampire-là, ce serait « loin d’être du gâteau », pour reprendre l’expression du vieux chasseur. Sam était impatient de mettre la main sur Nyctos, afin de sauver Dean.
John, quant à lui, partageait cette impatience, mais ne voulait pas brûler les étapes non plus. De plus, Milton leur avait bien fait comprendre qu’il ne fallait pas espérer pouvoir s’en prendre au plus vieux vampire du monde, à deux seulement, et sans un minimum de préparation. John partageait son avis. Milton leur aurait été utile sur cette chasse particulière, mais, John avait compris depuis bien longtemps que le vieux chasseur n’avait aucune intention de reprendre du service. Offrir quelques renseignements à des chasseurs dans le besoin, pourquoi pas. Leur donner quelques tuyaux, d’accord. Mais reprendre les armes et courir après des créatures surnaturelles, se battre contre elles, au risque de se casser quelques côtes (dans le meilleur des cas), merci, mais non merci. John considérait de toutes façons que Johnson en avait suffisamment fait comme ça, aussi, il ne demanda rien. John avait alors tenté de faire appel à Elkins, mais, celui-ci était aux abonnés absents. John supposa qu’Elkins suivait ses propres pistes et l’appellerait au moment voulu, même si quelque part au fond de lui, il savait que c’était autre chose qui poussait son vieil ami à ne pas répondre.
John et son fils cadet étaient alors partis en direction du Dakota du Sud, prendre contact avec un vieil ami de Winchester Senior. Celui-ci serait probablement d’accord pour les aider… S’il ne lui prenait pas l'envie de tuer d’abord John avant de le laisser parler. D’après les souvenirs de John, ils ne s’étaient pas vraiment quitté en bons termes, la dernière fois qu’ils s’étaient vus.
John et son fils arrivèrent bientôt au domicile de Robert « Bobby » Singer, mécanicien, propriétaire d’une casse, de manière officielle, et chasseur à ses heures perdues. Comme John le craignait, Bobby l’accueillit avec un fusil chargé avec de véritables balles, semblait-il.

- John, espèce d’ordure ! grogna Bobby, en pointant son arme sur lui.. Comment oses-tu te présenter devant moi ?
- Heu… Salut, Bobby, fit John, sur un ton assez gêné qui sembla surprendre Sam. Tu m’as l’air en forme.
- En forme ? fit le vieux chasseur avec colère. Je l’étais avant que tu n’arrives !
- Ecoute, Bobby. Je suis désolé pour la dernière fois.
-Bien sûr, c’est ce qu’on dit.

Les deux hommes restèrent un instant à se fixer, sous le regard intéressé de Sam. Puis, Bobby abaissa son arme.

- Bon, et si tu me disais ce qui t’amène, John.
- Une chasse, répondit celui-ci.
- Je m’en serais douté. Et si tu m’en disais un peu plus.
- On peut rentrer ? demanda John.

Bobby sembla comprendre que son vieil ami avait quelque chose d’important à lui dire. Il acquiesça en silence et montra la porte de la tête pour faire signe à John et à Sam de rentrer. Puis, tous les trois s’engouffrèrent dans la maison.


Bobby avait fait part de sa surprise de ne pas voir Dean avec son père. John avait alors expliqué à son vieil ami ce qui était arrivé à son aîné. Il lui avait raconté leur séparation pour couvrir deux chasses, comment Dean n’avait plus donné signe de vie, et comment, peu à peu, il avait soupçonné les vampires responsables de sa disparition de l’avoir transformé en l’un des leurs. Une fois que John eut terminé son récit, Bobby regarda son ami avec stupeur.

- Dean…, finit-il par dire. L’un d’entre eux ? C’est… Ce n’est pas possible.
- Malheureusement, si.
- Et ta chasse, c’est pour lui ?
- En quelque sorte, répondit John. En fait, on a en vue un plus gros poisson que Dean.
- Qui ça ?
- Le premier vampire. Celui qui est à l’origine de cette race. Et avec un peu de chance, on pourra même ramener Dean.
- Attends… J’ai bien entendu ? Le premier vampire ? Je te signale qu’il doit pas être évident à tuer… Enfin, en imaginant qu’un tel vampire existe.
- Il existe. Et on sait même à quoi il ressemble.
- Ben voyons, fit Bobby sur un ton qui se voulait moqueur, mais qui laissait transparaître sa mauvaise humeur. Parce que tu as une photo de lui.
- Une gravure, répondit John sans se laisser démonter.
- Et je peux la voir ?
- Non, elle est restée chez son propriétaire. De toutes façons, je n’en ai pas besoin. Ce vampire, Nyctos, je crois, est le portrait craché de Dean.

Bobby Singer en resta bouche-bée. Pourtant, Sam était persuadé que cet ami de longue date en avait vu, durant sa carrière de chasseur. Cela dit, il pouvait comprendre. Apprendre en l’espace de quelques minutes qu’un type, qu’il avait connu tout gamin, était devenu un vampire, et que ce qu’on pourrait considérer comme le roi des vampires était le portrait craché de ce même type, ça avait de quoi être surprenant.

- Alors, finit par demander John à son vieil ami. Je peux compter sur ton aide ?
- Dean était un chic type, répondit Bobby. S’il y a un moyen de le sauver, je suis partant. Et même si ce n’est pas le cas… Je suppose qu’avoir son sosie, monsieur le roi des vampires, en moins, ça serait déjà pas mal. Donc, je te suis.

John eut un sourire de gratitude pour son ami. Sam, lui, se sentait bien mieux que quelques heures auparavant. Comme si la présence de Bobby Singer pourrait faire la différence.

…………………………………………………………………………………………………

Alors que Dean venait de quitter le manoir, Nyctos poussa un soupir de soulagement. Dean avait appris tout ce qu’il fallait pour devenir un vampire tel que le concevait Nyctos. Le problème était qu’il était devenu bien plus qu’un simple vampire. Trop dangereux, trop instable… Nyctos avait établi certaines règles devant permettre aux vampires les plus brutaux d’assouvir leurs pulsions, tout en protégeant un minimum les êtres humains. Ces règles devaient aussi permettre de passer inaperçu. Jusqu’à présent, le système avait parfaitement fonctionné. Les vampires étaient heureux. La plupart des humains, hormis les chasseurs, ignoraient leurs existences… En bref, tout le monde y trouvait son compte. Sauf que Dean était en passe de détruire tout ce que Nyctos avait eu du mal à construire. Il était incontrôlable, n’en faisait qu’à sa tête, et avait même réussi à tenir tête à Nick… Non… Il avait fait plus que ça. Il réussissait à imposer sa propre loi. Tout cela n’aurait jamais dû arriver. Dean était un danger pour tous. Pour les humains et pour les vampires. Plusieurs fois, Nyctos avait du faire le ménage derrière Dean pour éviter que les chasseurs ne remontent jusqu’à eux et que les humains prennent enfin conscience de leur existence. Et en toute honnêteté, sans Kasyade, Nyctos aurait supprimé Dean.
Nyctos sentit une présence derrière lui. Il n’eut pas besoin de se retourner pour savoir qu’il s’agissait de Kasyade.

- Dean est prêt, maintenant, fit-il à celui qui l’avait transformé. Pourquoi ne le prends-tu pas ?
- Il est presque prêt, murmura Kasyade sur un ton froid. Mais, pas encore tout à fait. Il reste trop humain.

Nyctos sentit son estomac se retourner, en entendant ceci.

- Tu plaisantes ? demanda-t-il. Trop humain ? J’ai connu des wendigos et des démons plus humains que lui.
- Il est encore imparfait, répondit Kasyade sans en dire plus.

Nyctos sentit la colère monter en lui. Kasyade le trouvait « imparfait » ? Alors, quand est-ce qu’il serait « parfait » ? Et qu’est qu’il était censé faire en attendant ? Continuer à nettoyer derrière Dean ? Nyctos eut envie de dire le fond de sa pensée à Kasyade. Mais, un regard noir de ce dernier l’en empêcha. Cet être démoniaque pouvait se montrer extrêmement cruel, quand il s’y mettait.

- Ne te plains pas, Nyctos. Si je parviens à mes fins, je ne t’emmènerais pas avec moi. Et qui sait, peut-être que je t’accorderais quelques centaines d’années en plus.

Puis Kasyade disparut. Nyctos eut alors une sorte de révélation. La vie éternelle ne l’intéressait plus. Quelques années plus tôt, il aurait probablement accueilli la nouvelle avec joie. Mais, plus maintenant. Nyctos avait trop vécu. Et surtout, il y avait Dean. Bizarrement, la sécurité de ses « enfants » lui importait plus que la promesse de Kasyade. Dean devenait trop dangereux, et il ne pouvait plus se permettre d’attendre en se contentant de limiter la casse. Kasyade allait être furieux.

…………………………………………………………………………………………………

Une nouvelle victime… Encore une. Dean fixa la jeune femme qu’il venait de tuer. Elle était délicieuse. L’ancien Dean, l’ancien chasseur, était encore présent en lui. Mais, sa présence était de plus en plus faible, presque inexistante. Tuer lui procurait un plaisir qu’il n’avait jamais ressenti, même aux instants les plus heureux de sa première vie. Tuer lui permettait d’évacuer sa colère, sa rage et sa haine bien mieux que toutes les chasses qu’il avait pu faire. L’ancien Dean, celui qui regrettait d’être devenu un vampire, n’existerait bientôt plus. Seul survivrait le nouveau Dean, celui pour qui sa métamorphose était un réel cadeau que la vie avait bien voulu lui faire. Bien sûr, Dean était conscient que pour cela, il devait ôter la vie à des innocents. Mais, quel mal y avait-il à rechercher le bonheur ? N’avait-il pas le droit de penser un peu à lui-même, lui qui avait passé plusieurs années de sa vie à penser à de parfaits inconnus ?
Dean observa à nouveau sa dernière victime. Soudain, il ressentit de la peine pour elle. Elle ne lui avait rien fait. Sa seule erreur avait été de se trouver sur son chemin. Dean sentit les larmes lui monter aux yeux. Alors, la tristesse fut vite balayée par la colère. Encore une fois.
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zenzandy
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MessageSujet: CHAPITRE 20 : LA FOLIE DE DEAN   Lun 19 Sep - 20:46

Sam, Bobby et John étaient repartis sur les routes. Tandis que John restait le regard fixé sur la route, son fils cadet et son vieil ami parlaient du bon vieux temps. John ne put s’empêcher de penser à l’époque où c’était Dean qui était à ses côtés. Comme Sam à présent, son aîné s’entendait très bien avec celui qu’il surnommait affectueusement l’oncle Bobby… Non, c’était plus que ça. La relation de Dean et de Bobby ressemblait plus à une relation père-fils. John ressentit un pincement de jalousie à cette constatation. Jalousie qui s’envola aussitôt. Il devait admettre qu’il s’était plus comporté en sergent-instructeur avec ses deux fils qu’en père. Pas étonnant que l’aîné se soit trouvé un père de substitution en la personne de Bobby, comme Sam en avait trouvé un en son frère. John se rendit soudainement compte qu’il avait perdu énormément. Il avait perdu sa vie, son fils cadet, et maintenant son fils aîné. Il savait très bien que si Sam l’avait suivi, c’était uniquement pour Dean. Une fois A l’issue de cette affaire, quelle qu’elle soit, Sam repartirait.
John se gifla mentalement. L’heure n’était pas aux regrets. Il était trop tard pour ça. Et puis, il avait plus urgent à régler. Il se mit à réfléchir. Comment faire pour trouver un vampire vieux de plusieurs milliers d’années qui avait réussi à passer les siècles inaperçu ?

- Alors, tu as une idée ? demanda Bobby à son vieil ami.
- Pardon ? demanda John, tiré de ses pensées.
- Pour trouver ce fameux Nyctos ? Et surtout pour réussir à le différencier de Dean.
- Crois-tu donc que je serais incapable de reconnaître mon fils de son sosie ? Sans compter qu’il y a Sam.
- Sam ? fit Bobby en regardant le jeune homme.

Sam, lui, sembla comprendre où voulait en venir son père.

- Je serais capable de reconnaître Dean, répondit celui-ci. C’est mon frère. J’ai passé le plus clair de ma vie avec lui. Même s’il est maintenant un vampire, je saurais le reconnaître.
- Ah oui ? Et comment ?
- Je ne lui serai pas indifférent, répondit le cadet. Soit quelque chose l’empêchera de me faire du mal. Soit, il sera hors de lui quand il me verra.
- Là, je suis complètement perdu.
- J’ai tenté de sevrer Dean. Je croyais pouvoir le convaincre que se nourrir de sang humain n’était pas indispensable.
- Attends… Tu veux dire que tu as affamé ton frère ? demanda Bobby.
- Oui, admit Sam avec gêne. Mais, ça n’a pas marché. Bien au contraire.
- Tu m’étonnes, fit Bobby avec colère. Bon sang, mais quelle idée stupide. Le sang, ça représente bien plus que de la nourriture pour un vampire. Ça représente la vie. Lui ôter ça, c’est comme le laisser mourir à petit feu… Sauf, qu’il ne peut pas simplement mourir. Je parie que Dean doit être furieux. Mais, qu’est-ce qui t’est passé par la tête, petit ?

Sam expliqua alors comment il avait rencontré Aliénor, et comment celle-ci l’avait convaincu de sauver son frère grâce à cette solution. Il lui expliqua aussi la fin tragique qu’avait connu la jeune femme.

- La fille d’Elkins a été tuée par Dean ? fit Bobby, surpris.
- Techniquement, c’est Elkins qui a tué Aliénor, objecta John.
- Parce qu’elle avait été transformée par Dean. John, tu sais aussi bien que moi que pour Elkins, ça ne fera pas grande différence. Même si tu réussissais à ramener Dean, rien au monde ne l’empêchera d’assouvir sa vengeance.
- Mais, Elkins était d’accord pour nous aider à trouver Dean, fit remarquer Sam.
- John, tu sais aussi bien que moi qu’Elkins ne laissera pas tomber, fit Bobby sans tenir compte des propos de Sam. A l’heure qu’il est, ce n’est pas Nyctos que recherche Elkins, mais Dean.

John ne répondit pas tout de suite. Il savait que Bobby avait raison. Il avait voulu croire qu’Elkins tiendrait promesse, que lui aussi voudrait sauver Dean. Mais, il avait toujours su que ce n’était pas le cas. Il était chasseur, lui aussi. Et il savait que si c’était l’inverse qui avait eu lieu, si c’était Aliénor qui avait été responsable de la mort de son fils, rien n’aurait pu le lui faire oublier, pas même un hypothétique sauvetage. Sans compter qu’il n’avait eu aucune nouvelle. Il devait arrêter de se mentir à lui-même. Elkins n’était plus de leur côté.

- Je sais, admit-il. C’est pour cela qu’on doit aussi trouver Dean. Pour sa propre protection.
- S’il la veut, fit remarquer Bobby.

John acquiesça de la tête. Il eut l’impression désagréable qu’il devrait bientôt lutter sur trois fronts différents. Contre Nyctos et ses vampires, qui ne voudraient probablement pas laisser partir Dean. Contre Elkins, qui ne désirait qu’une seule chose, détruire Dean. Et probablement, contre Dean lui-même. Plus le temps passait, et plus cette affaire devenait difficile à supporter. John comprit alors pourquoi tant de chasseurs vivaient seuls. A cause de ça. S’attacher aux gens et les perdre, c’était déjà difficile. S’attacher aux gens et les voir devenir des ennemis l’était encore plus. John se rendit compte qu’en éduquant ses fils dans le monde de la chasse, il n’avait pas fait que voler leur vie. Non, il avait signé leur arrêt de mort. Ses fils, Sam compris, n’aurait pas une mort douce, naturelle. Elle serait violente, douloureuse, brutale…Toutefois, John prit conscience que si c’était trop tard pour Dean, ce n’était pas encore vrai pour Sam. Même maintenant qu’il l’avait ramené dans son monde, tout n’était pas perdu. Lorsque cette histoire serait terminée, peu importait comment elle finirait, il dirait à Sam de reprendre sa vie « normale ». A condition que Sam survive. Mais, John ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que Sam ne meure pas. Il ne pouvait pas perdre ses deux fils.

…………………………………………………………………………………………………...

Elkins et Gordon poursuivaient leur enquête. Retrouver Dean s’avérait beaucoup plus compliqué que ce qu’ils auraient imaginé. Elkins avait toujours été du genre patient. Mais, sur cette affaire, il devait admettre qu’il avait hâte qu’elle se termine. Et pas seulement pour pouvoir assouvir sa vengeance. Non, sa revanche, il l’aurait. Ça prendrait le temps qu’il faudrait, mais tôt ou tard, il réglerait son compte à Dean.
Si Elkins désirait tant que ça terminer son enquête, c’était surtout à cause de son partenaire de chasse. Gordon Walker. Pourquoi Diable avait-il voulu faire équipe avec lui ? Gordon était un fou. Un dingue, doublé d’un sadique. Walker ne chassait pas pour débarrasser la terre des créatures néfastes. Non, il chassait pour son plaisir, parce qu’il prenait son pied à torturer et mettre à mort les vampires qui croisaient son chemin. Elkins avait compris rapidement que Walker était un véritable psychopathe. Les vampires étaient, Dieu merci, la seule chose qui l’empêchait de s’en prendre à des êtres humains. Mais, Elkins était persuadé d’une chose, Gordon Walker, sans la chasse, aurait été aussi dangereux pour les humains que les créatures qu’il chassait.
Quelque part, Walker lui faisait penser au jeune Dean, lors de ses premières chasses. A l’époque, comme Gordon, Dean se servait de la chasse pour extérioriser sa haine et sa colère. Sans John, Dean aurait probablement terminé comme Gordon.

- Elkins ? Tu m’écoutes ?

Elkins rapporta reporta son attention aux propos de Gordon.

- Oui. Tu as trouvé un nid de vampire que pourrait avoir fréquenté Dean, c’est ça ?
- C’est même certain. Le chef du clan est une femelle… Qui répond au doux nom d’Harmony.
- C’est elle, fit Elkins. Enfin, on avance.

Elkins et Gordon s’était rendu à l’endroit où Harmony et son clan étaient censés se trouver. Petite ville complètement perdue, Hopeland faisait plus penser à ces villes délaissées lors de la ruée vers l’or. L’endroit idéal pour se cacher et pour trouver des victimes parmi les gens de passage. Car comme beaucoup de petites villes de son genre, Hopeland se voyait régulièrement traversée par des inconnus. Un étranger qui disparaissait… Personne ne s’en souciait. La plupart du temps, on ne se souvenait même plus l’avoir vu. Cependant, l’instinct d’Elkins lui disait qu’Harmony avait choisi Hopeland pour une autre raison. Comme si elle fuyait quelqu’un. Et pas forcément des chasseurs. Après tout, ils étaient monnaie courante dans le monde de la vampire. Elle savait comment les éviter, comment les combattre. La plus belle preuve était qu’Harmony et son clan se montraient étonnamment discrets. Comme s’ils avaient peur. Cependant, Elkins ne se laissa pas distraire pour autant. Harmony pouvait lui donner les informations qu’il recherchait. Peu importait qu’elle se cache ou qu’elle ait peur.

Retrouver la planque d’Harmony fut relativement simple. Des endroits qui pouvait servir de refuge, il n’y en avait pas des masses. Elkins et Gordon passèrent à l’action, au lever du jour, lorsque les vampires commençaient leur « nuit ». Ils entrèrent silencieusement dans l’espèce de grange qui servait de refuge aux créatures de la nuit. Ils eurent la surprise de la trouver vide. Bizarre. Ils avaient vu les vampires rentrer à l’intérieur. Ils auraient dû les voir sortir. Ils avancèrent de quelques pas, quand ils furent encerclés. Un piège. Ils étaient tombés dans un piège. Tous deux se préparèrent à se battre. Mais, les vampires ne firent pas un geste. Soudain, une jeune femme s’avança vers eux.

-Rangez vos armes. Nous ne voulons pas nous battre.

Ni Elkins, ni Gordon n’obéirent. Elle sembla comprendre qu’il en faudrait plus pour qu’ils rangent leurs armes. Elle haussa les épaules.

- Ce n’est pas grave. Gardez-les si vous le voulez. Nous ne vous ferons rien.

Puis, à la grande surprise d’Elkins, elle fit un signe de la tête aux vampires qui quittèrent la grange.

- Quoi? fit Gordon, surpris. Nous venons pour vous tuer. Vous feriez mieux de ne pas prendre les choses à la légère.
- Je ne prend pas les choses à la légère, fit Harmony. Si vous voulez nous tuer… Allez-y. ça empêchera que Lui le fasse.
- Qui ça, lui ? demanda Elkins dérouté par la conversation.
- A votre avis, fit Harmony, la voix tremblante de peur. Celui qui a transformé votre fille.
- Dean ? C’est Dean qui vous fait peur à ce point ?
- C’est un monstre…, fit-elle, la peur semblant s’accentuer un peu plus. C’est un monstre, et c’est moi qui l’ai créé. Tuez-moi… S’il vous plaît.

Gordon s’avança d’un pas, comme pour accéder à sa demande, mais Elkins l’en empêcha.

- Quoi ? c’est elle qui le veut.
- Je sais, mais je veux savoir ce qu’il se passe. Pourquoi Dean vous terrifie à ce point ?
- Il est dingue, répondit Harmony. Complètement dingue. Et il est dangereux.
- Normal, pour un vampire, commenta Gordon.
- Mais, vous ne comprenez rien ! Les vampires obéissent à des règles. Eviter de se faire repérer. Ne tuer que pour se nourrir. Ne jamais s’en prendre à des enfants. Ne pas tuer ceux de sa propre race. Mais, Dean s’en fout totalement. Il tue quand il en a envie, parfois parce qu’il a faim, parfois pour son plaisir. Il s’en prend à n’importe qui. Enfant, vieillard, même les autres vampires… Bon sang… Même Nyctos ne parvient pas à le recadrer. La seule chose qu’il peut faire, c’est nettoyer derrière Dean.
- Qui est ce Nyctos ? demanda Elkins.
- Je crois bien que c’est moi, fit une voix derrière eux.

Elkins et Gordon se retournèrent comme un seul homme vers la voix qui venait de se faire entendre. Elkins fut surpris de voir à qui appartenait cette voix.

- Dean ? fit-il surpris.

…………………………………………………………………………………………………...

La tristesse. La colère. La haine. La rage. La honte. Le sentiment d’horreur qu’il avait pour ce qu’il faisait et contre lui-même. Tout cela commençait à devenir de plus en plus insupportable. Il avait cru qu’en tuant plus, il réussirait à trouver un équilibre, à éloigner cette folie qui l’envahissait. Il avait eu du mal à comprendre que c’était ça. Que sa transformation, puis la prise de conscience qu’il était devenu un tueur le conduisaient vers la folie. C’était ça, le plus douloureux. Savoir que l’on devenait fou sans rien pouvoir faire. Et ça faisait mal. Plus il avait mal, plus ses sentiments contradictoires devenaient violents, et plus sa folie grandissait. Et plus elle grandissait, plus il avait mal. Un cercle vicieux dont il ne pourrait sans doute jamais sortir.
Dean était seul, réfléchissant… Ou plutôt, tentant de réfléchir à ce qui lui arrivait. Sans y parvenir. Seules la folie et la douleur l’accompagnaient, désormais.
Alors qu’il souffrait un peu plus à chaque minute, chaque seconde qui passait. Alors qu'il prenait un peu plus conscience de sa folie, il vit une forme sombre, presque irréelle, s’approcher de lui. A sa grande surprise, la voix parla.

- Je sais ce qu’il t’arrive. Et je sais comment t’aider à aller mieux.
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MessageSujet: CHAPITRE 21 : ALLIANCES   Jeu 29 Sep - 22:11

John, Sam et Bobby s’étaient arrêtés dans un motel. Avant de reprendre la route, il leur fallait un plan d’action pour pouvoir retrouver Nyctos. Force était de constater que ce ne serait pas évident. Leur meilleure chance était de trouver un vampire qui aurait peut-être une information sur le premier vampire. Or, si Nyctos avait réussi à échapper aux chasseurs durant toutes ces années, cela voulait probablement dire qu’il ne s’était pas fait connaître de tous les vampires des environs. Ensuite, en imaginant qu’ils parviennent à trouver une créature susceptible de les aider, il faudrait encore la convaincre de le faire. Et là encore, ça ne serait pas une mince affaire.
Dans un premier temps, le trio avait donc décidé de chasser des vampires. Ils espéraient ainsi, sinon trouver quelqu’un qui pourrait leur dire où était Nyctos, au moins en trouver un qui connaîtrait quelqu’un, qui pourrait les aider. De façons très étranges, trouver des vampires s’avérait plus compliqué que d’habitude. Ceux-ci se montraient étonnamment discrets. Mais, à force de persévérance, les trois chasseurs réussirent à trouver en trouver un, et surtout, à le capturer vivant.

Le vampire était solidement attaché sur une chaise. Sam l’observa longuement. Jusqu’à présent, lorsqu’il avait chassé des vampires, il n’avait jamais pensé au fait que ces créatures avaient été humaines, avant d’être transformées. Il savait que pour son père et Bobby, c’était probablement la même chose. Jusqu’à présent, Sam avait toujours éprouvé de la haine pour ces créatures. Et il devait admettre que c’était par pur égoïsme. C’était à cause des démons, vampires, loups-garou, et « bestioles » en tout genre qu’il avait vu son enfance gâchée, ses chances d’avoir une vie normale amoindries… Mais, aujourd’hui, en voyant le vampire, Sam éprouvait une sorte de compassion. La créature, un homme qui devait avoir à peine trente ans lorsqu’il avait été transformé, n’avait probablement jamais voulu devenir comme ça… Tout comme Dean n’avait jamais voulu être transformé.
Il fut décidé que ce serait Bobby qui mènerait l’interrogatoire. Sam et John se tiendrait à l’écart, tout en y assistant. Avant cela, John prit son fils à part pour mettre les choses au point.

- Sam, fit-il à son fils. Tu dois comprendre que le vampire ne parlera peut-être pas tout de suite. Ça risque d’être assez dur. Mais, quoi qu’il se passe, tu dois me promettre de ne pas intervenir. N’oublie pas que l’on fait ça pour ton frère.

Sam acquiesça. Il se tiendrait tranquille jusqu’à ce qu’ils aient ce qu’ils recherchaient. Alors que Sam et son père étaient un mètre derrière lui, Bobby s’approcha du vampire. Le vieux chasseur ne perdit pas de temps en paroles inutiles et demanda directement ce qu’il voulait savoir.

- On cherche ton chef, un certain Nyctos. Tu peux me dire où il se trouve ?
- Non, répondit le vampire.
- Tu ne peux pas, ou tu ne veux pas ?
- Peut-être un peu des deux.

Bobby se saisit d’un couteau qui avait été plongé dans le sang d’un homme mort. Il se contenta d’une légère coupure au niveau de l’avant-bras de la créature. L’effet ne se fit pas attendre.

- J’ai encore des litres de sang d’homme mort, fit Bobby. Je peux continuer comme ça indéfiniment. Maintenant, dis-moi ce que je veux savoir et j’arrête. Et avec un peu de chance, je te laisserai même la vie sauve.

Le vampire jeta un regard à la fois apeuré et plein de colère à son bourreau.

- Je dis la vérité. Je ne sais pas où se trouve Nyctos. Et je ne tiens pas à le savoir. A cause de lui, nous sommes dans le pétrin jusqu’au cou.
- Que veux-tu dire ?
- Le petit nouveau… Le chasseur qui a été transformé… C’est un dingue. Et c’est Nyctos qui a ordonné sa transformation. C’est tout ce que je sais.
- Tu veux parler de Dean Winchester ? demanda Bobby.
- Oui, je crois que c’est son nom. Il met le bordel partout où il passe. Il s’attaque à tout ce qui bouge, et parfois, juste pour s’amuser, rien d’autre.
- Dean ne peut pas faire ça, s’écria Sam, oubliant sa promesse. Mon frère ne ferait jamais une chose pareille.
- Et bien, ton frère a changé, on dirait, fit le vampire avec un sourire sans joie. Ton frère est devenu un monstre.
- Oui, c’est ce que tu dis, fit Bobby avant que Sam ait le temps de dire autre chose. Maintenant, sais-tu où se trouve Nyctos ou si quelqu’un sait où il se trouve ? Réfléchis un peu. Tu viens de dire que tout était de sa faute. Aide-nous à le trouver.
- Je ne sais pas où il se trouve. Mais, cherchez du côté du clan qui a transformé le chasseur. Je crois qu’ils sont du côté de Hopeland.
- Merci, fit Bobby en levant sa machette.
- Quoi, fit le vampire. Vous avez dit que vous me laisseriez en vie !
- J’ai dit que je te laisserai peut-être en vie, corrigea Bobby en insistant sur le « peut-être ».

Puis Bobby trancha net la tête du vampire, sous le regard horrifié de Sam.

- En route vers Hopeland, fit le vieux chasseur sans faire attention au regard noir que lui lançait Sam.

…………………………………………………………………………………………………

Le sosie de Dean Winchester se tenait devant Ekins et Gordon.

- Non, pas vraiment, fit-il en réponse à Elkins. Je suis Nyctos. Je voudrais passer une alliance avec vous.

Elkins et Gordon étaient surpris. Elkins plus à cause de la ressemblance plus que frappante entre Dean et Nyctos, Gordon par l’idée saugrenue que des chasseurs puissent s’allier avec un vampire.

- Moi, je préfèrerai vous tuer, fit Walker en commençant à s’avancer vers Nyctos.
- Attends ! intervint Elkins. J’aimerais savoir de quel genre d’alliance il s’agit.
- Tu es dingue ? C’est un vampire. Le roi des vampires. S’il y a quelqu’un à tuer, c’est bien lui !
- Je t’ai dit d’attendre, Gordon. Allez-y. (Il s’adressa à Nyctos.) Expliquez-nous quel genre d’alliance vous voulez faire.
- Dean Winchester… ça a été une erreur de le transformer. J’ai besoin de vous pour le stopper.
- Vous ne pouvez pas le faire vous même ? demanda Elkins, sur un ton moqueur.
- Oh, si… Je pourrais… Très facilement, même. Mais, la personne qui est derrière la transformation de Dean ne sera pas très contente, si elle apprend que je suis de près ou de loin, responsable de sa mort.
- La transformation de Dean n’est pas que le fruit d’une vengeance ?
- Non, bien sûr que non. Monsieur Elkins… Vous êtes dans le milieu de la chasse depuis longtemps. De combien de cas de chasseurs transformés avez-vous entendu parler ?
- Aucun, enfin, à part Dean.
- Exact. Et il y a une raison logique à cela. Un chasseur a de trop fortes valeurs morales, qui vont en totale contradiction avec la nature vampirique.
- Alors, pourquoi avoir transformé Dean ?
- Je l’ai dit. Il y a quelqu’un derrière tout ça. Quelqu’un qui a ordonné la transformation de votre ami.
- Qui ça ?
- Je ne peux pas le dire. Mais, ce que je peux vous dire, c’est que Dean devient une menace aussi bien pour les humains que pour les vampires. Ma proposition est très simple. Je vous emmène Dean, vous le tuez.
- Et la contrepartie ? demanda Elkins.
- J’apprécie votre sens des affaires. La contrepartie est simple. Vous ne la tuez pas, elle. (Il désigna Harmony, qui parut surprise.) J’ai des projets pour elle, et elle ne doit pas mourir… Ni maintenant, ni jamais. Promettez-moi que vous ne la tuerez pas, que vous ne la rechercherez pas, et que vous ne lui ferez jamais le moindre mal, et je vous livre Dean sur un plateau d’argent. Alors, qu’en pensez-vous ?
- Votre offre est alléchante, je dois dire, fit Elkins.
- Mais, nous refusons, termina Gordon.
- Non, nous acceptons.
- Quoi ? fit Gordon, étonné. C’est un vampire ? Depuis quand faisons-nous un pacte avec les vampires ?
- Depuis qu’il m’offre exactement ce que je veux. Ce n’était pas une surprise, Gordon. A l’heure actuelle, seul Dean m’intéresse. Tu trouveras bien d’autre vampire à tuer.

Gordon resta sans voix, fixant Elkins surpris, comme si celui-ci venait de trahir le monde des chasseurs… Ce qui était peut-être le cas, finalement.

…………………………………………………………………………………………………..

Dean resta quelques instants à observer la forme sombre qui venait d’apparaître.

- Qui êtes-vous ? finit-il par demander.
- Je me nomme Kasyade. Je suis celui qui peut t’aider. Tu deviens fou, n’est-ce pas ? Tu es partagé entre tes envies de meurtres et le dégoût que cela te procure ? Je sais comment faire pour t’enlever tout ça.
- Enlever tout ça ? Et en échange de quoi ? Parce que vous n’allez pas m’aider gratuitement, j’imagine…
- C’est vrai. En échange, je veux que tu m’appartiennes corps et âme.
- Alors, vous êtes un démon, c’est ça ?
- Un démon ? Non, je n’ai strictement rien à voir avec cette sous-espèce qui se fait appeler démon. Je suis Kasyade, ange déchu, et pas l’une de ces minables créatures créées par mon frère !
- Les anges, ça n’existe pas. Ca ne peut pas exister.
- J’oubliais… Ta mère croyait en eux, n’est-ce pas ?
- Taisez-vous…
- Elle croyait en eux, mais, ils n’ont rien fait lorsque ce démon est venu pour la tuer.
- Fermez-la !
- Alors, tu as décidé qu’ils n’existaient pas… Parce que le petit garçon que tu étais à l’époque ne pouvait pas accepter que les êtres dont sa mère parlait toujours, n’aient rien fait lorsqu’elle est morte.
- La ferme !
- Mais, ils existent, Dean. C’est juste que… Les humains, ils s’en fichent. Ta mère est morte, assassinée par un démon ? Et alors… Bien d’autres personnes ont subi la même chose.
- Taisez-vous, fit Dean, en pleurant. Taisez-vous s’il vous plaît.
- Non, Dean. Tu dois écouter ce que j’ai à te dire. Tu dois comprendre. Les autres, ils n’en ont rien à faire des humains. Mais, ce n’est pas mon cas. Je peux t’aider… Je peux t’aider à aller mieux, à te venger, tout ce que tu veux. La seule chose que je te demande, c’est de te donner à moi, corps et âme.
- Et pour ça, qu’est-ce que je dois faire.
- Verser le sang de quelqu’un… Ton frère. Tu n’as pas besoin de le tuer, juste de le blesser.

Dans un premier temps, Dean se souvint de l’épisode du sevrage, et Sammy qui le regardait, l’écoutait, mourir de faim sans intervenir. Il réfléchissait aux paroles de Kasyade. Ne plus être en proie à cette folie qui le rongeait de l’intérieur… Pouvoir venger sa mère… N’était-ce pas pour cette raison que son père et lui arpentaient les routes ? Pour venger Mary Winchester ? L’offre semblait alléchante. Sauf que… sauf qu’il y avait Sammy… Ce petit frère qu’il avait juré de protéger quoi qu’il en coûte. Il y avait Sammy qui avait probablement dû souffrir autant que lui de ce fameux sevrage. Un petit éclair de lucidité fit prendre conscience à Dean que Sam avait fait ça pour l’aider.

- Non, trouva-t-il la force de dire. Je refuse.
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zenzandy
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MessageSujet: CHAPITRE 22 : RENCONTRE   Mar 6 Déc - 22:20

Nyctos partit, une fois que l’accord avec Elkins avait été conclu. Gordon Walker regardait son compagnon avec un regard noir. Elkins ne fit pas attention à Gordon. Il avait toujours été franc avec lui. Une seule chose l’intéressait : avoir la peau de Dean Winchester. S’il devait faire un pacte avec un vampire, le roi des vampires, pour cela, il le ferait.
Comme il s’en était un peu douté, Walker n’avait pas l’intention de laisser passer ce qu’il tenait probablement pour une trahison.

- Je peux savoir ce qui t’a pris ? demanda Walker avec fureur. Faire une alliance ? Avec un vampire ?
- Je te l’ai déjà dis, Gordon. Une seule personne m’intéresse. Dean.
- Et alors ? Est-ce une raison pour t’allier avec les autres vampires ? Je ne sais pas ce que ce Dean t’a fait. Mais, je trouve inacceptable que tu trahisses les autres chasseurs pour une simple revanche personnelle.
- Une trahison ? fit Elkins en retenant un rire. Mais, réveille-toi, Gordon. Tu crois vraiment que je suis le premier chasseur à faire une alliance avec une créature surnaturelle ?

Gordon le regarda avec des yeux ronds. Elkins n’en était pas surpris. Gordon avait une vision tellement manichéenne des choses. Pour lui, tout était soit blanc, soit noir. Mais, il n’y avait pas de place pour le gris. Pendant longtemps, Elkins avait été pareil. Mais, des années de chasses l’avaient changé. Il avait fini par apprendre la terrible réalité de la chasse. Les créatures surnaturelles n’étaient pas forcément mauvaises. Les chasseurs n’étaient pas toujours la représentation du bien. Et parfois, lorsque les circonstances l’imposaient, les ennemis de toujours devaient faire front commun pour affronter une menace bien plus grande.

- Des chasseurs ? S’allier à des créatures ?
- Bienvenue dans le monde réel, Gordon. Tu as entendu Nyctos. Dean est une menace pour tous. Une alliance devient nécessaire, si on veut le stopper.
- Peut-être ou peut-être pas. Tu l’as dit toi-même, Elkins. Seul Dean t’intéresse. Je sais que je suis souvent à la limite du bien et du mal. Mais, une seule chose m’importe, supprimer autant de créatures que possible. Toi, ce n’est que la vengeance qui te motive.
- Et c’est toi qui me dis ça ? Je me suis renseigné sur toi, tu sais. Ta sœur a été transformée par un vampire, et tu l’as tuée. De plus, tu chasses uniquement des vampires, rien d’autre. Tu ne crois pas que c’est la vengeance qui te guide ?

Gordon lança un regard furieux à Elkins. Celui-ci savait qu’il avait tapé dans le mille. Mais, il savait aussi qu’il n’avait pas été vraiment fair-play, sur ce coup-là. Gordon était comme tout le monde. Personne ne se lançait dans la chasse parce qu’il pensait que ça pourrait être « cool ». Tous les chasseurs avaient leur histoire. Utiliser la blessure de Gordon ne le rendait pas heureux. Il en avait presque honte. Elkins vit Gordon se raidir, comme s’il s’apprêtait à lui flanquer un coup de poing dans la mâchoire. Mais, rien de vint. Gordon se contenta de dire :

- Tous les chasseurs ont leurs blessures secrètes. Mais, aucun n’irait s’allier avec des démons pour une simple vengeance.
- Tu ne t’allierais pas avec eux par vengeance, rectifia Elkins. Mais, crois-moi, des chasseurs qui laissent de côté leur valeurs morales pour ce genre de choses, ça a toujours existé, et ça existera toujours.

Gordon observa Elkins avec stupeur et colère. Elkins n’avait aucun mal à comprendre ce que devait ressentir le chasseur, à cet instant. Il avait toujours su que Walker était un fanatique. L’un de la pire espèce qui soit. Celui qui était certain que ses valeurs morales étaient les meilleures. Encore une fois, Elkins perçut à quel point Gordon était dangereux. Gordon Walker, un chasseur cruel, sadique et brutal, persuadé que sa vision du bien et du mal était la bonne. Elkins se rendait compte qu’il aurait dû se séparer de Gordon depuis longtemps. Sa décision de se joindre à lui n’était pas si bonne que ça. Cependant, quelque chose lui disait que son partenaire pourrait encore lui être utile. Surtout lorsqu’ils se retrouveraient face à Dean.

- Maintenant, j’aimerais savoir ce que tu comptes faire, Gordon. Me laisser tomber ou continuer à me suivre.
- Je te suis, répondit le chasseur après un court instant de réflexion. Je n’aime pas ça, mais, je suis toujours avec toi. Mais, je te préviens. Je ne me sens nullement concerné par l’accord que tu as passé avec ce Nyctos. Ta promesse n’engage que toi.
- C’est ton droit, approuva Elkins.

Elkins était globalement satisfait. Gordon l’aiderait à se débarrasser de Dean, il en était certain. Bon, il fallait qu’il s’attende à quelques problèmes, mais, il ne pouvait aucunement forcer Gordon à faire quelque chose dont il n’avait pas envie. Dans le même temps, il n’avait jamais dit à Nyctos que Gordon obéirait à leur accord.

………………………………………………………………………………………………….

Kasyade avait laissé Dean seul. Etrangement, il n’avait pas insisté. Pourtant, Dean était certain qu’il n’avait pas renoncé. Bien au contraire. Plus il y réfléchissait, et plus il se disait que l’ange déchu était parti trop rapidement. Il s’était contenté de dire « comme tu le souhaites », avant de disparaître. En fait, Dean était presque certain que Kasyade était persuadé qu’il finirait par céder. Toutefois, il était bien décidé à ne pas lui donner satisfaction. Dean se souvint alors qu’avec Harmony et Nyctos aussi, il ne voulait pas céder. Pourtant, il l’avait fait. Serait-il capable de s’en tenir à ses résolutions, cette fois-ci, ou laisserait-il gagner Kasyade ?

- Si tu veux mon avis, tu te poses les mauvaises questions, fit une voix derrière lui.

Dean se retourna et se retrouva face à un homme qui semblait ne pas avoir plus de trente ans. Cependant, il sut que ce n’était qu’une apparence. L’homme, un vampire, était beaucoup plus âgé qu’il ne le paraissait à première vue.

- Qui es-tu ? demanda Dean. Et que me veux-tu ?
- Je m’appelle Damon. Ce que je veux, c’est t’aider, tout simplement.
- Toi aussi ? fit Dean sur un ton sarcastique. C’est bizarre, il y a tout un tas de personnes prêtes à m’aider. Et au final, c’est toujours moi, le perdant. Je crois que je me passerai de ton aide.

Dean se détourna pour partir.

- Tu es sûr de ne pas vouloir m’écouter ? fit Damon, derrière lui. Pourtant, ça pourrait t’intéresser.

Une nouvelle fois, Dean, lui fit face.

- Admettons que tu ais réellement quelque chose à m’offrir, fit-il sans cacher son agacement. Je serais curieux de savoir ce que ça va me coûter.
- C’est donc ça, fit Damon, un sourire narquois aux lèvres. Tu crois que quiconque veut t’aider va forcément te demander quelque chose en retour.
- Il y a de ça, répondit simplement Dean.

Damon le regarda sans paraître surpris. A vrai dire, hormis un sourire moqueur, il ne laissait transparaître aucune émotion.

- Ouais, c’est bien le genre de Nyctos, ça. Il te donne, mais, tu dois lui donner encore plus. Je le sais, il m’a fait le même coup.
- Ça ne répond pas à ma question, fit Dean. Qu’est-ce que tu attends de moi, au juste ?
- Au risque de te surprendre, rien du tout.

Dean lui lança un regard suspicieux. Damon prit un air innocent, avant de répondre :

- Si, si, je t’assure. Tout ce qui m’intéresse, c’est de t’aider.
- Et qu’est-ce que ça t’apporte, au juste ?
- Tu veux dire hormis la satisfaction personnelle d’avoir fait une bonne action ? Et bien, je dois admettre que ça m’apporterait pas mal de chose, en fait.

Dean leva les yeux aux ciel. Il en était certain. C’était toujours la même histoire. Au final, ce serait encore lui le perdant, dans cette histoire. Il décida qu’il en avait assez écouté et voulut une fois de plus partir. Damon le retint :

- Attends, laisse-moi finir. Tu veux savoir ce que ça m’apporte ? La satisfaction de voir Nyctos et Kasyade se faire avoir. Voilà ce que ça m’apporte. Tu crois être le seul chasseur à avoir été transformé ? Erreur. Il y en a eu d’autre. Et je suis le seul survivant. Les autres, ils sont tous devenus dingues. Ils l’étaient tellement que Nyctos a été obligé de les supprimer. Et c’est ce qui te pend au nez si tu continues sur cette voie.

Dean l’observa avec attention. Damon avait l’air sincère. Il pouvait presque ressentir la haine et la colère qui l’habitait, alors qu’il parlait de Nyctos. Puis, soudain, des tonnes de questions apparurent dans sa tête. Il n’était pas le premier ? Qu’est-ce que cela signifiait, au juste ? Les plans de Nyctos pour lui n’étaient-ils qu’un leurre ? Etait-il seulement une autre tentative dans ses plans ? Et qu’est-ce que recherchait Nyctos, au juste ? Un sauveur pour ses « enfants » ? Autre chose ?

- Tu sais ce que recherche Nyctos ?
- Je sais ce qu’il veut, confirma Damon. La mort.
- La mort ?
- Ouais, fit Damon, l’air songeur. J’imagine qu’après plusieurs millénaires de vie, il doit se dire que l’immortalité, ce n’est plus si amusant, finalement.

Dean réfléchit un instant. Il pouvait comprendre. Lui-même n’était pas vampire depuis très longtemps. Mais, déjà la perspective de vivre éternellement lui pesait. Savoir qu’il devrait vivre avec cette folie qui le rongeait à jamais avait quelque chose de désespérant. Mais, cela n’expliquait pas pourquoi Nyctos tenait tant à avoir un héritier. Il posa la question à Damon.

- Nyctos n’a pas vraiment le choix. Il ne peut mourir qu’avec l’extinction de sa race, ou qu’avec un nouveau chef. C’est là que Kasyade intervient. C’est lui qui a offert la vie éternelle à Nyctos. En échange, Nyctos doit lui obéir. Tu penses bien que Kasyade n’est pas prêt à le laisser partir en emmenant tous les vampires avec lui.

Dean acquiesça. Voilà qui expliquait bien des choses. Mais, il restait encore une question en suspend.

- Pourquoi a-t-il besoin de chasseur, pour ça.
- Parce que seul un chasseur peut devenir le nouveau roi des vampires. Parce que Nyctos lui-même était un chasseur à l’époque. Malheureusement pour lui, tous les chasseurs ne semblent pas convenir. Il a essayé plusieurs fois, sans résultat. Comme je le disais. Les autres sont tous devenus fous. Tellement fous, qu’ils n’avaient plus rien d’humain en eux.
- C’est ce qu’il va m’arriver ? demanda Dean, inquiet.

Damon le regarda un instant, avant de donner sa réponse.

- Non. Les autres… Ils étaient à peine vampire qu’ils avaient déjà perdu toute lucidité. Toi, même si elle te domine souvent, tu parviens encore à la combattre pour garder un peu lucidité.

Dean ne savait que penser. Certes, il avait encore un peu de lucidité, mais, la plupart du temps, il était comme prisonnier de son côté vampirique. La plupart du temps, il n’avait qu’une envie. Tuer. Et une fois que c’était fait, il se détestait tellement qu’il avait un besoin irrépressible de se défouler sur les autres. Plus le temps passait, et plus sa lucidité risquait de complètement disparaître.
Soudain, il se rendit compte que pendant sa conversation et depuis qu’il discutait avec Damon, sa folie avait perdu du terrain. Il se sentait bien plus lucide qu’il ne l’avait été depuis pas mal de temps. Damon sembla deviner ce qu’il pensait.

- Kasyade a besoin de personne lucides pour pouvoir pactiser avec elles. Moi, je peux repousser la folie des autres comme j’ai pu combattre la mienne. Et c’est ce que je t’offre. Tu es intéressé ?

Dean ignorait s’il pouvait avoir confiance en Damon. Cependant, il semblait avoir pas mal de réponses à lui donner. S’il pouvait aussi lui permettre de combattre sa folie meurtrière, c’était tout bénéf’. Etant donné qu’il n’avait rien à perdre, Dean décida d’accepter l’offre de Damon.
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MessageSujet: CHAPITRE 23 : NOUVELLE VISIONS DES CHOSES   Jeu 4 Oct - 22:29

Sam, Bobby et John avaient repris la route. Sam restait encore perturbé par la scène qui s’était déroulée devant lui, quelques heures plus tôt. Il avait beau être chasseur et détester les créatures surnaturelles, la vision de Bobby, décapitant froidement le vampire, lui restait en tête. Non, ce n’était pas ça. Des vampires, il en avait tué. Tout comme son père et comme Bobby. Tout comme Dean. Son paternel et son frangin n’avaient jamais réellement fait preuve de compassion . Loin de là. Et lui-même n’avait pas été mieux qu’eux. Non, ce qui le dérangeait, c’était le fait que Bobby avait laissé un espoir de survie au vampire, alors qu’il n’avait jamais eu l’intention de le laisser vivre.
Sam se souvint alors de ce qu’avait dit son père. Ce qu’avait fait Bobby, c’était dans l’optique de sauver Dean. On ne lui demandait pas de se comporter comme l’avait fait l’ami de son père. On ne lui demandait même pas d’être seulement d’accord. Tout ce qu’on lui demandait, c’était de faire ce qu’il fallait pour son frère. De faire ce qu’aurait fait son frère, si c’était lui qui s’était retrouvé à sa place.

Sam, Bobby et John arrivèrent à New Hope en début d’après-midi. Ils n’attendirent pas pour se mettre à la recherche de la douce Harmony. Très vite, il fut décidé que les trois chasseurs se sépareraient. Bobby chercherait d’un côté tandis que Sam et John partirait de l’autre. De façon étrange, Sam était satisfait d’être avec son père. Il avait parfaitement conscience que c’était dû à ce qu’avait fait Bobby, quelques heures plus tôt.

Sam et son père partirent enquêter, comme Bobby. Ils se retrouvèrent en fin d’après-midi au motel. Ils firent le point sur la situation. Bobby avait réussi à trouver un vampire qui avait accepté de « coopérer ». Sam se doutait de ce que cela signifiait, mais il se tut. Comme son père le lui avait déjà fait remarquer, les méthodes de Bobby ne lui plaisaient peut-être pas, mais, elles étaient nécessaires pour retrouver et, si possible, sauver Dean. De leur côté, Sam et John n’avaient trouvé aucun vampire, mais, ils avaient réussi à trouver l’endroit où les créatures faisaient leurs « provisions ». En regroupant les informations de Bobby à celles de Sam et de son père, les trois chasseurs se firent une idée d’où trouver le nid de vampires. Il ne restait plus qu’à trouver un plan pour attaquer et retrouver Harmony, vivante, bien entendu.


Trouver le nid fut plus facile que prévu. Sam, John et Bobby étaient prêts et armés. L’attaque se déroula sans incident. Il y avait moins d’une dizaine de vampires. Un jeu d’enfant pour un chasseur. Enfin, c’est probablement ce qu’aurait dit un John Winchester ou un Bobby Singer, quelques mois auparavant. Avant que Dean ne se fasse enlevé et transformé. Aussi, les trois chasseurs avaient décidés d’être prudent, de ne pas foncer tête baissée. Et le résultat fut au-delà de leurs espérances. Deux vampires capturés, les autres tués. Tout allait bien, donc. Sauf que la cible des trois chasseurs n’était pas présente. Pas d’Harmony dans les environs. Bobby et John interrogèrent donc leurs captifs.

- Où est Harmony ? demanda Bobby au premier vampire.
- Je n’en sais rien, répondit le vampire en question.

Bobby lacéra le bras droit du vampire avec une lame trempée dans le sang d’un homme mort. Le vampire grimaça de douleur.

- Harmony est le chef de votre clan. Tu dois bien savoir où elle se trouve.
- Harmony est notre chef, c’est vrai. Elle n’a pas besoin de nous dire où elle va. Elle fait ce qu’elle veut.

Une nouvelle fois, Bobby lacéra le bras du vampire avec sa lame. Encore une fois, celui-ci grimaça en gémissant légèrement.

- Cesse de mentir, tu veux. Où est Harmony ?
- J’en sais rien, je vous dis, fit le vampire en élevant la voix. (Il avait l’air d’avoir peur, d’éprouver de la colère.) Harmony a disparu. On ne sait pas où elle se trouve.
- Elle ne vous aurait pas laissés comme ça. D’après ce que je sais, elle est très attachée à ses enfants et à son clan.
- Elle a disparu, je vous dis. On ne sait pas où elle est. La dernière fois qu’on l’a vue, elle se préparait à aller chercher des provisions avec deux d’entre nous. Aucun d’entre eux n’est revenu.
- C’est ce que m’a dit son copain, là-bas, fit John en désignant le corps décapité de l’autre vampire. Elle est partie en chasse avec deux d’entre eux. Et depuis, plus rien.

Bobby échangea un regard avec John. C’était là une bien mauvaise nouvelle. Ils venaient de perdre une piste pour trouver Nyctos. Et dire que tout avait si bien commencé.

- Qu’est-ce qu’on fait, alors ? demanda Sam.

Bobby haussa les épaules.

- On poursuit nos recherches. (Il se retourna vers le vampire.) Tu n’aurais pas une idée, par hasard ?

Le vampire lui lança un regard surpris.

- Sur l’endroit où elle se trouve, expliqua Bobby.
- Non, j’en sais rien. Je vous l’ai dit. Herman vous l’a dit aussi. Harmony a disparu.
- Tu crois que ça pourrait être un chasseur ?
- A votre avis ? Qui pourrait en vouloir à des vampires, sinon des chasseurs ?
- Un clan adverse, par hasard.

Le vampire leva les yeux au ciel, comme s’il était face à quelqu’un qui ne connaissait rien aux vampires.

- Il y a des règles. Il nous est interdit de tuer un autre vampire, sauf s’il a fait quelque chose en désaccord avec les règles. Harmony est l’une des plus proches du premier vampire. Tout ce qu’elle fait, c’est ce que lui commande. Alors pourquoi un autre vampire s’en serait pris à elle, hein ?
- Désolé, mais je n’y connais rien au règlement des vampires. Faut dire que tout ce qui m’intéresse, chez vous, c’est savoir comment vous tuer de la manière la plus efficace possible.

Le vampire leva à nouveau les yeux au ciel.

- Je m’en serais douté.
- Donc, selon toi, ce pourrait être des chasseurs ?
- C’est une évidence.

Bobby leva le bras et s’apprêta à faire retomber sa machette sur le cou de vampire. Mais, il fut arrêté par Sam.

- Qu’est-ce qui te prend, gamin ? demanda Bobby à la fois surpris et furieux.
- On peut encore avoir besoin de lui, répondit-il sans tenir compte des regards noirs que lui lançaient son père et Bobby.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda son père.

Sam prit le temps de réfléchir à ce qu’il allait répondre. Il n’était pas certain que son père et Bobby partagent son avis, mais, il était certain que tuer tout ce qui bougeait, comme ils le faisaient actuellement, n’allait en rien aider Dean.

- Est-ce que ça te dirait de savoir où se trouve Harmony ? demanda-t-il au vampire.

Trois paires d’yeux surpris se posèrent sur lui. Mais, il n’y fit pas attention. Après tout, ce qu’il faisait, c’était pour son frère. Pour le sauver, il était même prêt à un partenariat avec un vampire.

- Nous n’en avons pas grand-chose à faire, d’Harmony, expliqua-t-il au vampire. Tout ce qu’on veut, c’est retrouver mon frère. Elle peut nous y aider. Aide-nous, et nous te laisserons la vie sauve, à toi et à Harmony. C’est promis.

Le vampire eut un rire narquois.

- Parce que tu penses que je vais te faire confiance. Les chasseurs tuent les vampires.
- C’est une promesse, insista Sam.
- Sam, je peux te parler ? intervint John.


*
* *



Depuis que Dean avait décidé de rester avec Damon, il pouvait enfin réfléchir de façon claire. Il ne ressentait plus la folie, du moins, plus autant qu’avant. Dean ne savait pas encore s’il pouvait faire confiance à Damon. A vrai dire, il restait persuadé que le vampire n’était pas digne de confiance. Jusqu’à présent, tous ceux qui voulaient soit disant « l’aider » ne cherchaient qu’à l’utiliser pour leurs propres plans. Aussi, Dean avait bien l’intention de faire pareil avec Damon. Pourquoi devrait-il être le seul à être manipulé ? Damon pouvait lui permettre de rester sain d’esprit. Aussi, il était bien décidé à en profiter. Maintenant, il pouvait réfléchir plus facilement à toutes les possibilités qui s’offraient à lui. La première, accepter le destin que Nyctos avait prévu pour lui, et devenir le nouvel alpha des vampires. Imposer ses propres règles. Ensuite, il pouvait accepter l’offre de Kasyade. Cela dit, le fait de devoir faire du mal à Sam rendait cette option peu acceptable. Il pouvait aussi choisir de supprimer la race des vampires. Mais, l’idée qu’une autre race, peut-être plus menaçante, puisse prendre sa place, rendait cette solution un peu moins envisageable. A bien y réfléchir, aucune option n’était satisfaisante. Il ne désirait pas rester un vampire. Il ne voulait pas qu’une race plus dangereuse que celle des vampires apparaisse. Il voulait encore moins que Kasyade ait ce qu’il désire.
Il ignorait encore ce que désirait Damon. Avant de prendre la moindre décision quant à son avenir, il voulait au moins savoir quelles cartes il avait en main.

- Tu n’as pas dit ce que tu me proposais, dit-il à Damon.

Ce dernier le regarda, surpris.

- Tout ce que je sais, c’est que tu veux m’aider à baiser Kasyade et Nyctos, expliqua-t-il. Je ne suis pas contre. Mais, qu’est-ce que tu me proposes ? Je sais ce que recherche Nick, Kasyade, mais, toi. Rien.

Damon réfléchit un instant.

- OK, Dean, dit-il. Je vais tout te dire.
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