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 The Winchester’s Childhood

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HermioneMulder
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MessageSujet: The Winchester’s Childhood   Ven 7 Jan - 16:49




The Winchester’s Childhood


Résumé : Une entrée directe dans l’enfance de Dean et Sam, depuis leur naissance jusqu’à leur majorité. Leurs sentiments, leurs aventures, leur relation entre eux et avec John. Parfois des pages d’équivalents de journaux intimes seront insérées pour mieux connaître leur intériorité. Les deux frères seront aussi bien mis en valeur l’un que l’autre.


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MessageSujet: Re: The Winchester’s Childhood   Ven 7 Jan - 16:50

Chapitre 1 : Premier-né


24 janvier 1979

Naître est une action plus pénible et difficile qu’il n’y paraît. C’est vrai que la maman doit faire le maximum dans cette affaire mais le bébé…on ne parle jamais assez des efforts du bébé qui ne veut qu’une seule chose : rester dans le ventre de sa maman et non en sortir comme ces grandes personnes le veulent tant. Il fait si chaud, si douillet dans ce ventre, le bébé s’y sent si bien que pour rien au monde il ne veut le laisser pour un monde froid et cruel.

Si ce sentiment est commun à tous les bébés au monde, dans une moyenne mesure, il était encore plus présent pour le premier-né de Mary et John Winchester. Eux qui n’avaient jamais eu d’enfant et qui n’avaient jamais vu de femme accoucher, là, c’était plutôt pour leur donner une mauvaise impression. Quand il fut temps pour Mary d’accoucher alors qu’elle perdait les eaux, et que le médecin arriva pour l’accoucher chez elle, il fut plus que surpris. Non que cette grossesse fut anormale ou quoique ce soit car Mary devait accoucher ou le pire se produirait pour la mère comme pour l’enfant. Mais quand la jeune femme poussa de toutes ses forces pour mettre au monde son enfant, le dit enfant résista et s’acharna à vouloir rester là où il était. Apparemment, ce n’était pas lui qui avait demandé à sortir, bien au contraire. Le médecin le tirait mais l’enfant tenait bon. Heureusement, le médecin était un adulte et donc le plus fort dans l’affaire et le bébé dut bien se résigner quand il n’eut plus assez de force pour résister tout comme sa maman qui était au bord de l’évanouissement à force de pousser.
-C’est un garçon !s’écria le médecin, essoufflé.
John tendit alors les bras tandis que le médecin lui donnait son petit garçon. Il l’admira avec fierté, les larmes aux yeux, le donnant ensuite à Mary qui le prit avec tendresse, des larmes de joie et d’épuisement lui coulant sur les joues. Elle le regarda comme si elle n’avait jamais vu quelque chose d’aussi beau. Les nouveaux parents restaient à regarder leur premier enfant, ne cessant de l’admirer. Le médecin était déjà sorti que les parents s’en étaient à peine aperçus.
-Tu veux l’appeler comment, ma chérie ?
-Si ça t’ennuie pas, je voudrais bien comme ma mère…Dean…
-C’est parfait, ça lui va comme un gant, sourit John.
-C’est vrai…continua de sourire Mary.
-Alors, dit John en s’adressant au bébé, bienvenue chez toi, Dean Winchester.
Bien que ce fusse impossible si vite, ils crurent pourtant apercevoir un mince sourire apparaître au coin des lèvres de leur bébé endormi.

Les jours qui suivirent furent des jours heureux. Mary se remit de son accouchement et allaitait son bébé qui avait toujours faim et seulement d’elle, moins des biberons. John avait insisté pour lui donner le biberon s’il en demandait de trop, pour ne pas épuiser Mary mais ils durent bien se rendre à l’évidence que leur bébé faisait la moue devant le biberon et pleurait de plus belle pour réclamer sa maman et son alimentation préférée. Alors, ils cédaient et devenaient des parents gâteaux.
John reprit son travail au garage où il était employé pendant que Mary choyait leur enfant plus que tout autre trésor en ce bas monde. Mary pensait souvent, bien sûr, sans en parler à John, à son éducation de chasseuse et faisait tout l’inverse de ce que ses parents lui avaient dit avoir fait pour elle à sa venue au monde. Mais elle ne pouvait s’empêcher d’appliquer quand même quelques petites choses de ses parents, plus précisément de sa mère qui l’avait tant choyée, critiquant son père de vouloir lui inculquer si jeune des idées de chasseur et de paranormal. Mary reprenait donc de sa mère des petits airs de musique, la façon de lui parler et quelques petites choses bien spécifiques à sa mère Deana. Les mois passèrent, doux et heureux…

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MessageSujet: Re: The Winchester’s Childhood   Lun 10 Jan - 20:12

Chapitre 2 : Premières années d’un enfant gâté


24 janvier 1980

Un an était passé depuis la naissance de Dean. Quand ce jour arriva, il fut bien entendu évident que John et Mary fêtèrent le premier anniversaire de leur enfant en le gâtant autant que leurs moyens le leur permettaient. Dean piqua même une crise pour manger plusieurs fois du gâteau fait par Mary : barbouillé de partout, cela déclencha des éclats de rires de ses parents. Tout l’après-midi, l’enfant joua avec les petites voitures que ses parents lui avaient offerts et bredouillait des « vroum » à tout va. Ses parents le regardaient souvent d’un air attendri, espérant être heureux ainsi pour longtemps.

Un mois après

Mary était en train de préparer le dîner quand elle entendit un bruit sourd et lourd. Elle se précipita, craignant pour Dean ou la présence d’un quelconque démon ou créature et ce qu’elle découvrit ne fut rien de tout cela. Dean était par terre, au milieu de la salle à manger, l’air tout surpris. Voyant sa mère, il mit ses petites mains en avant, déplia les jambes et prenant appui sur ses mains, il se mit debout : il se mit alors à courir vers sa mère en rigolant de plus belle, et arriva content de lui jusqu’à sa mère qui l’attrapa et le prit dans ses bras.
« Oh, mon voyou de p’tit garçon, tu es vraiment le meilleur !s’exclama Mary en l’élevant dans les airs. Jamais ton père va me croire… Ou alors, c’est lui qui t’a entraîné, c’est pas possible autrement.
Quand John rentra une heure après, il fut autant surpris que Mary, voire davantage jusqu’à l’incrédulité :
-Mary, tu es sûre de ce que tu as vu ? Notre Dean ne peut pas encore marcher, voyons, il est trop petit.
-Parce que maintenant, j’ai des hallucinations ?sourit Mary.
A ce moment, sans rien dire à personne, Dean se sortit de sa chaise haute, comme si de rien n’était et alla à une table basse où trônaient ses jouets et regarda son père, en rigolant. John, ayant vu la scène, resta bouche bée :
-Excuse-moi, ma chérie, je suis impardonnable. Mais on dirait qu’il en a l’habitude, dis donc tellement il se tient bien sur ses p’tites pattes.
-Je sais, je sais, John et ne t’excuse pas, moi aussi, j’ai eu du mal à y croire. Remarque, je pense que je l’ai entendu parce qu’il est tombé : il ne s’y attendait pas mais ça ne l’a pas arrêté pour autant. Je sens qu’on pourra pas le tenir en place, notre p’tit bonhomme.
Mary ne croyait pas si bien dire…

Avril 1981

Une chaise, enfin… Mary s’assit dessus de fatigue. Elle avait joué avec Dean toute la matinée à cache-cache et elle n’en pouvait plus. Son fils était infatigable et ne voulait jamais arrêter de jouer. Elle ne trouvait jamais Dean dans ses cachettes. Ce petit bonhomme de deux ans était si mince et si malin qu’il pouvait se couler n’importe où. Bien sûr, il va s’en dire que Dean la trouvait tout le temps et s’en vantait en rigolant. Mais quand Mary fut trop fatiguée pour continuer pendant que Dean courait partout dans la maison, ce dernier s’aperçut de la fatigue de sa mère et courut vers elle : avant que Mary ne réagisse, il l’enlaça avec ses petits bras et lui fait un énorme câlin :
-S’cuse-moi, M’man, t’es fatiguée… On arrête… De t’façon, chuis fatigué aussi.
Et Dean s’assit près de sa mère, ses jambes n’arrêtant pas de s’agiter, comme prêtes à repartir pour une course. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait : Dean adorait lui faire des câlins qui, parfois, duraient facilement plusieurs minutes. Mary était vraiment attendrie de ce trop plein d’affection que Dean lui prodiguait chaque jour et elle en remerciait le ciel d’avoir un fils aussi adorable, malgré son hyperactivité. Au contraire, ça ne plaisait pas trop à John que son fils soit aussi affectueux. Il avait été également attendri les premières fois mais finit par s’en lasser. Dean était toujours dans l’action avec lui, peut-être parce qu’il travaillait toute la journée ou était un homme, tout simplement. Mais cela engendrait quelques petites disputes bénignes entre lui et Mary qui défendait toujours Dean contre vents et marées.
Mais on en revient à Mary et Dean assis l’un à côté de l’autre avec les jambes de Dean toujours en activité intense. Mary s’aperçut de l’ennui de son fils :
-Mon chéri, vas jouer un peu, moi ça va aller…
-D’acc, M’man.
Et aussitôt dit, aussitôt parti : Dean partit comme une flèche, ses jambes ne le portant presque comme plus, comme s’il volait. Sa mère sourit et partit s’occuper de l’entretien de la maison.

Septembre 1982

Le temps avait passé depuis que Dean galopait comme une flèche, épuisant sa mère à jouer à cache-cache. Il courait toujours aussi vite, c’est certain et avait toujours un caractère joyeux et câlin avec sa maman mais aujourd’hui, c’était différent. Il était assis sur une chaise et boudait. On était lundi et c’était son premier jour d’école à la maternelle de Lawrence. Il entrait dans la plus petite classe bien sûr. John et Mary avaient voulu qu’il y aille pour rencontrer d’autres enfants de son âge, faire des activités intéressantes, le socialiser en somme. Mais Dean était loin d’être de cet avis. Lui, il ne voulait pas aller à l’école et encore moins quitter la maison. Il voulait rester avec sa maman et jouer toute la journée, surtout avec elle, non avec d’autres enfants, ça relevait de l’impossible. Donc, la seule solution trouvée à ce problème : il boudait et ne voulait pas bouger de sa chaise. Il avait consenti à s’habiller le matin, juste pour faire comme d’habitude mais pour un premier jour d’école, c’était pas la peine de rêver. Mary, devant son attitude, commença à céder, en voyant ses yeux la supplier du regard mais John ne fut pas pris à ce jeu et prit son fils par le bras pour l’entraîner dehors de gré ou de force. Dean alors voulut tellement rester les pieds collés au sol que John le traîna littéralement, le faisant pleurer pour ne pas y aller.
-M’man, j’t’en prie, veux pas y aller !!! Veux rester avec toi !! Si te plaît !!!ne cessait de crier Dean en pleurant toutes les larmes de son corps.
Mary en pleura elle-même, trop bouleversée pour continuer cette torture qu’elle ne supportait pas. Elle arrêta John et le prit à part dans la pièce voisine pour lui parler, conversation que Dean, séchant vite ses larmes, alla écouter de près :
-Mary, c’est du cinéma, tout ça, t’as pas compris ? Il faudra bien qu’un jour, il sorte de cette maison et aille à l’école, toi-même tu étais enthousiaste.
-J’étais enthousiaste pour qu’il s’amuse et rencontre d’autres enfants, pas pour qu’il pleure comme un enfant martyrisé ! Il est encore très jeune pour y aller, tu le sais, on peut réessayer dans un an, il sera plus mûr et verra les choses d’un autre œil, j’en suis sûre !
-Vraiment ?douta John.
-Bien sûr, mon chéri. Et puis, franchement, qu’est-ce qu’il va rater à son âge ? Faire des gribouillages avec d’autres enfants et ce genre-là ? Il peut aussi bien le faire ici et je peux toujours inviter le petit garçon de la maison d’en face, à peine plus âgé que lui, ça sera pareil, tu verras.
-Très bien, on va faire comme ça mais Mary, l’année prochaine, il n’y échappera pas, je te le promets !
-Je suis d’accord.
Quand Dean entendit cette bonne nouvelle, il se précipita dans les bras tour à tour de ses parents et les embrassa en leur faisant de gros câlins. On pouvait dire qu’il était content de lui. Il se promit que l’année suivante, il referait le même coup puisque ça avait bien marché aujourd’hui.
La nuit tombée, Mary alla coucher et border son petit garçon qui n’avait pas quitté son sourire :
-Ah, toi, on peut dire que t’es content de ton coup, hein ?
-Ouais…rigola Dean.
-Allez, n’y pense plus, tu pourrais faire des cauchemars. Bonne nuit, mon p’tit cœur, dors bien et ne t’inquiète pas, les anges veillent sur toi, lui dit-elle comme elle lui souhaitait chaque soir.

Début décembre 1982

Quand les flocons commencèrent à tomber, Mary apprit une nouvelle qui la remplit de joie. Elle attendit avec fébrilité que John soit rentré de travail pour le prendre à part, pendant que Dean jouait et lui dire fièrement :
-Je reviens de chez le médecin et tu sais ce qu’il m’a dit ? Je suis enceinte, John !!sautilla Mary sur place.
-Enceinte ?s’étonna John. Alors qu’on essayait depuis presque deux ans, on a réussi ?finit-il par crier de joie en prenant Mary dans ses bras. Oh, j’y crois pas !
-Eh si, mon chéri, bientôt, des pleurs vont à nouveau se faire entendre dans notre maison, rigola Mary.
John posa doucement sa main droite sur le ventre de sa femme, déjà ému qu’un petit être grandisse à l’intérieur. Mais ils furent interrompus par Dean dévalant l’escalier et les regardant, étonnés :
-Qu’est-ce s’is passe ?demanda-t-il avec des yeux tout ronds.
John et Mary se regardèrent, s’approuvant du regard et le regardèrent, attendris :
-Mon bonhomme, dit John, ta maman vient de m’annoncer une excellente nouvelle et elle va te la dire elle-même.
-Je vais avoir un nouveau jouet ? Une belle voiture ?demanda Dean, déjà ravi.
-Non, mon chéri, c’n’est pas pour toi cette fois.
-Ah bon ?dit Dean, tout déçu en faisant une petite moue.
-Mais tu dois en être content : tu vas bientôt être grand frère. Tu vas avoir un petit frère ou une petite sœur très bientôt, dit Mary, tendrement.
-Ah bon ?s’étonna Dean en fronçant les sourcils. Comment ça se fait ?
-C’est la nature, mon ange, dit Mary. Elle prit la petite main de Dean et la mit sur son ventre. Tu vois, il grandit là… Et toi, tu pourras veiller sur lui et t’occuper de lui si tu fais comme il faut, ça te plairait ?
Dean regarda le ventre de sa mère sur lequel sa main était toujours posée et réfléchit.

Quelques instants après, son visage s’éclaira et il regarda son père puis sa mère, un grand sourire sur les lèvres, rassurant ses parents, inquiets de sa réaction.

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MessageSujet: Re: The Winchester’s Childhood   Ven 21 Jan - 21:08

Chapitre 3 : L’enfant cadet


Février 1983

Les mois défilaient et Dean voyait, avec une petite inquiétude, le ventre de sa mère s’arrondir. Il s’inquiétait pour sa mère bien sûr car il se demandait pourquoi ça se produisait.
-M’man ?
-Oui, mon cœur ?
-Pourquoi t’as le ventre qui grossit de plus en plus ?demanda Dean devant sa mère qui s’étonna de sa question mais qui en sourit.
-Tu te souviens quand ton papa et moi, on t’a dit que t’allais avoir un p’tit frère ou une p’tite sœur ?
-Ben vi…
-Eh bien, ce bébé grandit en moi et pour grandir, il prend de plus en plus de place dans mon ventre, donc mon ventre grossit, comme lui. Mon ventre va continuer à grossir, mon chéri, donc ne t’inquiète pas, maman va bien, tout est normal. Avant de te mettre au monde, j’avais aussi un gros ventre car tu prenais de plus en plus de place avant de naître aussi.
-Donc, moi aussi…réfléchit Dean, je viens de là ?s’étonna-t-il en pointant son doigt sur le ventre de sa mère.
-Oui, tout à fait.
-Oh…
Et Dean se tut, cogitant tellement qu’il se perdit dans ses idées. Il essaya de se rassurer avec les paroles de sa mère mais il avait du mal. Il avait quand même peur que son ventre n’éclate et chuchota, quand sa mère fut endormie sur le canapé :
-Eh dis donc, toi, si tu m’entends, dit-il en parlant au ventre de sa mère, il faudrait pas que tu fasses du mal à maman, d’accord ? Packe c’est la meilleure maman de tout l’univers, alors sois gentil avec elle et je t’promets, bébé, que je serais gentil avec toi aussi.
Puis, il monta dans sa chambre, jouer avec le circuit électrique que ses parents venaient de lui offrir pour son anniversaire et qui lui fit oublier tout ce qu’il venait de dire, trop concentré sur le circuit et les voitures qui roulaient à toute allure.
Au rez-de-chaussée, Mary continuait de sourire des paroles de son petit garçon, presqu’émue aux larmes de tant d’attention.

Quelques heures après, John rentra et vint s’asseoir près de Mary, complètement réveillée :
-Dis donc, je m’disais que ça serait bien que tu nous emmènes voir ta famille ce week-end, j’aimerais bien les connaître.
-John, ne recommence pas avec ça, s’il-te-plaît, soupira Mary, en levant les yeux au ciel.
-Et pourquoi ? Je n’ai jamais vu ta famille. Je comprends que vu que ton père m’aimait pas, ils peuvent avoir des réticences à mon sujet mais quand même, j’aimerais les voir et savoir qui ils sont.
-Ce n’est vraiment pas la peine, dit-elle, embarrassée. De toute façon, ils n’habitent pas par ici, je connais pas leurs adresses… Il n’y avait que Papa et Maman qui savaient où ils étaient.
-Ah bon ? C’est nouveau, ça… Avant, tu disais “non” et maintenant, tu connais pas leur adresse, il faudrait te décider, se fâcha John.
-Je t’avais dit “non” parce que, justement, je savais pas ! Laisse tomber, s’il-te-plaît, n’en parlons plus, dit-elle en se levant.
-Pourquoi qu’à chaque fois qu’on parle de tes parents, de leur mystérieux décès ou de ta famille en général, tu veux pas m’répondre, Mary ?
-Parce qu’il n’y a rien à dire, tout simplement.
-Moi, je crois que si. Tu as des secrets : je suis ton mari, je dois les connaître !s’énerva encore plus John.
-Tu es mon mari ? Alors, agis comme tel au lieu de croire à la conspiration !dit-elle en passant devant l’escalier, suivie de John.
John allait répliquer quand ils virent tous deux Dean, assis dans l’escalier, le visage aussi pâle que bouleversé.
-Excuse-nous, mon chéri, dit Mary en allant prendre dans ses bras. On recommencera plus, c’est promis, dit-elle en regardant John, l’accusant du regard. Ce dernier leva les bras au ciel et partit dans le garage, marmonnant tout seul.
Dean s’enserra fort dans les bras de sa mère, se retenant pour ne pas pleurer.


02 mai 1983

Il arrive des choses imprévues…ces choses peuvent être prévues pour d’autres alors qu’elles ne l’étaient pas pour vous. Et quand elles arrivent, vous restez là, sans bouger, espérant que tout va bien se passer et que vous n’allez pas rester seul au monde.
C’est ce que ressentit Dean quand John emmena Mary, qui avait perdu les eaux, à l’hôpital, le confiant à leur voisine, Mrs Dunlow. Cette fois, ils n’avaient pas voulu faire l’accouchement chez eux, ça aurait été trop choquant pour Dean, qui était assez impressionné comme ça. Durant les heures qui suivirent, Dean ne bougea pas, ne mangea pas et ne joua pas, faits très étonnants dès qu’on connaissait un tant soit peu ce petit garçon comme la voisine qui pourtant, l’engagea à faire ces trois choses. Mais Dean, comme on l’a déjà vu, était un garçon entêté et qui n’en faisait qu’à sa tête. Donc, il restait assis sur le canapé, à fixer la porte d’entrée comme si cette porte était devenue la chose qui allait lui rendre ses parents et surtout sa mère. Il avait peur de les avoir perdus à tout jamais et il le croyait si fort que ça l’avait paralysé.

Durant ce temps, le couple Winchester était à l’hôpital. Le service hospitalier les avait pris en charge aussitôt, en voyant l’état avancé dans lequel se trouvait la jeune femme. Ils l’avaient emmenée presqu’ensuite en salle d’accouchement. Heureusement, John avait été autorisé à entrer pour soutenir sa femme qui voulut se retenir de crier pour pousser. Elle dut malgré tout, lâcher quelques cris pour l’aider et elle, comme John, qui appréhendaient cet accouchement, sachant combien le premier avait été rude et de peu de repos, furent surpris. En quelques minutes, le petit bébé sortit à l’extérieur, pleurant et criant bien sûr. Les jeunes parents, trop heureux, surtout Mary, d’avoir pu le libérer sans trop de mal, imputèrent cette différence à l’efficacité du service néo-natal. Ils ne furent pas déçus que ce soit un deuxième garçon, peu leur importait du moment que leur bébé soit en bonne santé.
-Comment veux-tu l’appeler, ma puce ?lui demanda John. Tu sais bien qu’on ne voulait pas réfléchir à un prénom tant qu’on ne l’aurait pas devant nous, en bonne santé.
-Je sais, John… mais j’avais choisi pour Dean, maintenant ce serait à toi de choisir, dit-elle, épuisée.
-Non, Mary, je tiens à ce que ce soit toi. C’est toi qui as le mérite de mettre nos enfants au monde, moi, je n’en ai aucun, donc vas-y.
-Eh bien, une fois de plus, ce serait par rapport à mes parents. Sam, ça irait ?
-Bien sûr… même si ça en est le diminutif, je préfère Sam à Samuel sans te vexer, sourit John.
Mary répondit avec le sourire et s’endormit aussitôt, son bébé dans les bras, durant plusieurs heures.

De l’autre côté de la ville, un petit garçon attendait toujours ses parents, le soir arrivé : mais au lieu de lui ramener deux personnes, la porte en dévoila non deux mais trois. Bien sûr, Dean n’en vit que deux au début et trouva la démarche de sa mère bizarre. Ils n’avaient pas voulu rester à l’hôpital, préférant que Mary se repose chez elle, contrairement à l’avis des médecins mais pour Mary, être chez elle entourée de son mari et de ses enfants relevait du bonheur, alors que l’hôpital était d’une atmosphère trop froide pour elle et son nouveau-né.
Dès leur entrée, la voisine ne s’imposa pas et sortit en souriant aux parents, et leur promit de revenir dans quelques jours. John se précipita vers le canapé, que Dean venait de quitter de joie de voir revenir ses parents, arrangea les coussins et fit asseoir Mary tout en douceur. Mary s’assit en faisant attention, ses bras tenant toujours délicatement quelque chose que Dean put enfin voir quand il s’assit près d’elle. Mary regarda son aîné en souriant :

-Alors, voilà, Dean, ce qu’on attendait tant s’est produit. Voici ton p’tit frère, je te présente Sam, dit Mary en souriant au petit garçon, montrant un bébé endormi dans ses bras.
-Mon p’tit frère ?répéta Dean, en regardant le bébé avec surprise, étonné que cet être si fripé et si différent de lui soit son frère.
-Oui, Dean, répondit John, tu sais qu’on en avait déjà parlé, ta Maman avait le ventre très rond, tu te souviens. On ignorait si tu aurais un p’tit frère ou une p’tite sœur, eh bien, voilà, c’est un garçon. Ton p’tit frère est arrivé ce matin, on revient de la clinique, c’est pour ça que Mrs Dunlow t’a gardé.
-Je peux le prendre ?demanda Dean soudain troublé et changeant d’attitude.
-Oui, vas-y, mais fais attention, Dean, il est très fragile, ne le fais surtout pas tomber, prévint Mary en lui mettant soigneusement dans les bras.
-Salut, toi, murmura Dean en le serrant avec précaution et le regardant en souriant. J’suis sûr qu’on va bien s’entendre, tous les deux…Et pis, ch’suis ton grand frère maintenant, donc je te protégerai, Sammy, vi, fais-moi confiance.


10 juillet 1983

Une fois de plus, quand Mary alla dans la nurserie nourrir son bébé, elle trouva Dean, auprès du berceau, en train de regarder son petit frère gigoter dans son lit. Apparemment, il prenait son rôle très au sérieux et surveillait Sam, au moins toutes les heures mais Mary pensait que c’était peut-être moins que toutes les heures car à chaque fois qu’elle cherchait Dean ou qu’elle allait couver, changer ou nourrir son petit Sam, elle trouvait les deux ensemble. Bien sûr, si le bébé avait besoin de quelque chose et se mettait à pleurer, Mary avait à peine le temps de se déplacer que Dean venait la prévenir que son petit frère avait un problème ou était malheureux. Il était souvent surpris que le fait de lui donner à manger ou de le changer calmait Sam mais Mary lui avait expliqué que les besoins d’un bébé étaient différents d’un petit garçon comme lui de quatre ans et que lui aussi était content quand il avait mangé. Même si Dean avait compris le principe, il n’en restait pas moins étonné que son frère pleure pour si peu vu que lui, ne pleurait pas s’il voulait manger mais il avait arrêté de trop chercher à comprendre et essayait tout le temps de chatouiller son petit frère et de lui agiter des jouets devant lui. Il s’était vite aperçu, avec surprise et déception, que les voitures n’intéressaient aucunement Sam mais bon, d’un sens, il ne les lui piquerait pas : donc, il s’était contenté des jouets que ses parents avaient mis à disposition, avec des grelots à l’intérieur. Sam alors, s’agitait en rigolant dans son berceau en tendant ses petites mains vers l’objet pour l’attraper. Si Dean tardait trop à lui donner, il commençait à pleurer, ce qui faisait en sorte que Dean lui donnait aussitôt, trop ennuyé d’avoir fait pleurer son petit frère.

Quand Dean, après que Mary ait redescendu l’escalier, ayant nourri Sam, entendit son père claquer la porte, il eut un frisson d’appréhension, craignant que les voix ne s’élèvent de nouveau et malheureusement, il eut raison. Ses mains serrèrent fort les barreaux du berceau et il attendit, entre crainte et désarroi.
-Comment s’est passée ta journée, mon chéri ?demanda Mary.
-Pas trop mal. Au moins, au boulot, les gens ne viennent pas me mentir sur leur caisse, dit-il, avec une colère sourde.
-S’il-te-plaît, ne recommence pas, John, soupira Mary.
-Pourquoi ? J’ai le droit de savoir pourquoi tu me caches tant de choses. La nuit de notre départ de chez toi, tu m’avais promis de me révéler quelque chose d’important, sauf que tu n’as rien dit puisque ton père nous a interrompus.
-T’oublie que c’est toi qui m’a interrompue en me demandant en mariage !
-Ouais, ben j’aurais mieux d’attendre tes révélations, ça m’aurait évité autant d’années de secrets ! T’as jamais voulu m’dire pourquoi ton père était là ou comment il est mort soudainement, tout comme ta mère, pourquoi, Mary ?
-Parce qu’une fois de plus, John, dit Mary en tentant de rester calme, j’ignore ce qu’il s’est passé, c’est tout, c’est si difficile à comprendre ? Et sache que parler une énième fois de la mort de mes parents, ça me fait vraiment souffrir, dit-elle, les larmes aux yeux.
-Vraiment ? Alors, pourquoi n’as-tu jamais cherché la cause de leur mort ?
-Je n’ai rien à te dire à ce sujet et sache que tu te fais des idées tout seul. N’en parlons plus.
-Non, Mary, je n’arrêterai pas, je ne resterai pas dans cette maison tant que tu ne m’auras pas dit toute la vérité !
-Alors, vas-y, ne reste pas ! Car je ne te dirai rien de plus de ce que tu veux entendre.
John, en colère et vexé, prit les paroles de Mary au pied de la lettre et monta dans leur chambre prendre un sac et quelques affaires. En passant devant la nurserie, il vit Dean, des larmes coulant silencieusement sur son visage. Il vint et s’agenouilla près de lui :
-P’pa, bredouilla Dean, pars pas, s’t’eu plaît…
-Désolé, mon grand, mais ça va aller, t’en fais pas. Veille bien sur Sammy pendant mon absence, ok ?
Il lui caressa les cheveux et sortit de la chambre après un dernier regard à ses deux fils. Mary lui tournait le dos quand il franchit le seuil de la porte et ne tenta pas de le retenir, trop en colère et bouleversée par cette scène pour faire ou penser quoique ce soit.


15 juillet 1983

Dean venait de quitter la nurserie à pas de loups, son petit frère s’étant endormi. Il était venu jouer à son circuit électrique dans sa chambre, et se demandait, tristement, quand reviendrait son papa qui lui manquait tellement. Sa mère n’était plus pareille depuis son départ et semblait pleurer souvent. Le petit garçon se demandait souvent comment il pourrait aider sa maman à être moins triste, à ce que son papa revienne mais toutes ces affaires d’adultes semblaient bien compliquées.
Quand sa mère ouvrit la porte de sa chambre en lui souriant, Dean se précipita vers elle, se disant qu’après tout, sa maman était là et c’était déjà ça. Le visage de sa mère avait le bienfait de lui ôter tous ses chagrins.
-Dean, tu as faim ?
Un grand sourire lui répondit par l’affirmative. S’asseyant à la table à sa place habituelle en balançant les jambes, Dean se dit que peut-être, quand sa maman s’occupait de lui, elle ne pensait plus à son papa et n’était plus triste, donc que ça irait mieux. Mary s’approcha de lui et des tranches de pain posées devant lui :
-Tu veux que je t’enlève la croûte ?
-Oui, M’man, s’t’eu plaît…
Mary le fit en souriant, sous le regard affectueux de Dean qui n’arrêtait pas de l’admirer silencieusement. Quand elle finit juste à temps, le téléphone retentit, interrompant les mâchouillages de Dean qui avala aussitôt et se retourna, écoutant la conversation de sa mère, même s’il n’entendait que sa voix et non celle de l’interlocuteur :
-Allô ?
Non, John… Je refuse de parler encore de ça… Le temps de penser à quoi ? Tu as deux petits garçons à la maison… Très bien, alors, non… Il n’y a rien de plus à ajouter.

Dean sut bien sûr que c’était son père au téléphone, il connaissait son prénom et le ton de sa mère ne le trompait plus. Quand Mary raccrocha, Dean vit à quel point elle était bouleversée et triste : lui aussi, il l’était, il voyait bien que rien ne s’arrangeait entre ses parents et ça l’attristait beaucoup. Il ne savait pas quoi faire pour arranger les choses mais la seule chose qu’il pouvait faire, il la fit en se levant de sa chaise. Il s’approcha de sa mère et lui dit :
-Tout va bien, M’man. P’pa t’aime toujours, tu sais. Et moi aussi, j’t’aime. J’te quitterai jamais, finit-il en la prenant dans ses petits bras.
-Tu es mon petit ange, lui dit-elle avec tellement d’amour, trop touchée pour pleurer. Ces simples paroles mais remplies de tellement de sens par un petit garçon si jeune l’émurent beaucoup mais Mary voulait que son petit Dean soit gai et non triste et se régale aussi bien qu’il le faisait d’habitude. Alors, elle reprit sur elle, ne voulut pas être celle à réconforter et reprit son rôle de mère bien en main et changeant de visage et en lui souriant :
-Un peu de tarte, maintenant, mon chéri ?
-Ouiiii !!!s’écria Dean en levant les bras et en courant s’asseoir. Mary garda son sourire sur les lèvres.

Le lendemain, John rentrait à la maison et ne reparla pas à Mary de leur dispute. Il embrassa sa femme, ses deux petits garçons et ils reprirent leur vie, comme si rien ne s’était passé. Dean, avant d’oublier cette histoire, se sentit fier de son papa. Ben oui, après tout, ça pouvait faire comme lui, quand il boudait et ne voulait pas faire quelque chose. Et là, c’était son papa qui avait boudé mais qui avait renoncé à faire la tête pour être avec lui, Sammy et sa maman. Dean se dit que ça n’arriverait plus et n’y pensa plus du tout.

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MessageSujet: Re: The Winchester’s Childhood   Mar 24 Mai - 17:27

Chapitre 4 : Le drame


Septembre 1983

Bizarrement, et contrairement à l’année d’avant, ni John ni Mary ne durent forcer Dean à aller à l’école. Bien sûr, Dean adorait toujours autant jouer chez lui plus qu’ailleurs mais peut-être était-ce du à l’arrivée de son petit frère ou à une maturation mais Dean semblait tout à fait prêt à aller à l’école. John en fut soulagé et bien que Mary le fusse également, elle s’inquiétait que les autres enfants ne fassent du mal à son petit bonhomme ou que Dean se sente malheureux là-bas, tout seul, sans eux et surtout sans elle. Cependant, John lui fit remarquer une chose pertinente : c’est surtout elle qui n’arrivait pas à le laisser partir. Alors, accompagnée de Sam dans la poussette, elle conduisit Dean à l’école maternelle et arrivés à destination, Dean prit sa mère en pleurs dans ses bras, lui fit un gros câlin et la rassura :
-T’en fais, M’man, ça ira, je vais être bien ici…et toi, t’as Sammy maintenant pour être avec toi, je reviendrai vite, tu verras.
Il lui fit un grand sourire et courut rejoindre les autres enfants en faisant des signes d’au revoir à sa mère et son petit frère. Les larmes de Mary coulèrent encore un peu et comme si Sam avait ressenti cette soudaine absence inhabituelle et la tristesse de sa mère, il se mit à pleurer aussi.
-Je sais, je sais, mon bébé, il est parti mais on va le revoir vite, t’en fais pas, lui sourit Mary en le consolant en revenant chez eux.


31 octobre 1983

Le jour d’Halloween. Mary n’avait pas été d’accord de fêter une fois de plus cette occasion qu’elle détestait mais John insista tellement qu’elle finit par céder, trop heureuse que tout aille pour le mieux entre eux et dans leur petite famille. Et puis, Dean était tellement endiablé que jamais il n’aurait accepté que sa mère ne veuille pas qu’il se déguise et aille frapper aux portes pour des bonbons qu’il engloutirait encore mieux que l’an passé. Bon, bien sûr, Mary savait bien que ses origines et éducation de chasseuse était pour quelque chose dans ses réticences et déjà, elle s’imaginait son pauvre père monter sur ses grands chevaux s’il avait su que sa fille accompagnerait son petit-fils pour frapper aux portes demander des bonbons. Mais elle avait toujours fait contre son père, alors autant continuer. Elle avait déguisé aussi son petit Sam pour l’occasion et lui avait choisi un costume de citrouille qui donnait à sa bouille toute ronde une expression de candeur et d’innocence encore plus grande. Mary pensa en plaisantant que son bébé était à croquer. Ce ne fut pas l’avis de Dean qui, quand il vit son petit frère, se mit à tellement rigoler qu’il s’en écroula par terre.
-Dean, c’est pas gentil de te moquer de ton petit frère comme ça, il va être vexé.
-C’est sûr qu’il va pas être content mais c’est de son costume qu’il va s’plaindre, pas parce que j’ai rigolé.
-Va t’habiller au lieu de dire des sottises.
-Et toi, tu t’habilles aussi ?
-Non, moi je reste simplement ta maman, comme d’habitude.
-Mais, M’man, les gens vont pas m’donner des bonbons s’ils te voient comme ça !s’exclama Dean, indigné.
-Eh bien, ils devront s’y faire et de toute façon, c’est à toi qu’ils en donnent, pas à moi, gros malin. Va vite t’habiller, je ne veux pas qu’on y aille trop tard.
-Mais c’est la nuit que ça se fait, M’man, ça fait plus peur !sourit Dean.
-Beaucoup font ça aussi en journée et c’est moi qui décide. Comme ça, tu pourras regarder la télé ce soir plus tard exceptionnellement en mangeant tes bonbons et du pop-corn, d’accord ?
-Ouais !!!dit Dean en partant s’habiller dans sa chambre.
Mary soupira, bien contente que Dean n’ait pas trop rechigné à revenir tard, espérant déjà être revenue, elle détestait frapper aux portes et elle détestait encore plus Halloween. Dommage que John soit au garage tout l’après-midi.

Ils partirent une demi-heure plus tard, Dean tout fier dans son costume de Batman. Mary lui avait pourtant bien précisé qu’Halloween n’était pas Mardi-Gras mais c’était la seule chose que Dean avait voulu, trop admiratif des aventures de Batman pour penser à un autre déguisement. Et puis, avait-il dit, les chauves-souris, ça faisait peur et c’était la nuit qu’elles volaient : deux points que dut bien admettre Mary vu qu’on voyait des imitations de chauves-souris un peu partout pour Halloween. Donc Dean, sûr de lui, marchait fièrement devant Mary, son sceau, encore vide de friandises, accroché au bras et Mary ne put s’empêcher de rire en le voyant comme ça, portant Sam dans ses bras qui avait l’air grognon de sortir, ne partageant pas du tout l’enthousiasme de son frère. Mais à six mois, il ne se rendait encore compte de rien.
Sur le chemin, ils passèrent au garage et John s’empressa de les prendre dans ses bras et de rire avec Mary de leur déguisement, en les montrant à ses collègues, très fier de ses deux petits garçons. Contrairement aux habituelles visites au garage, Dean ne voulut pas s’attarder du tout aux voitures, à leur fonctionnement, aux moteurs mais tapa du pied nerveusement, trop pressé de partir faire sa cueillette de bonbons qu’il estimait avoir bien méritée.
Peu après, Mary repartit avec eux faire le quartier. Dean récolta de nombreux bonbons et presqu’aucune porte ne refusa de friandise à ce petit bonhomme tellement enthousiaste. Bon, il faut aussi signaler que trois autres arguments s’ajoutaient en faveur de Dean : d’abord, le charme de Mary autant que sa gentillesse, ensuite la bouille de Sammy qui faisait craquer encore plus dans son costume et enfin, et peut-être, le plus important, les menaces couvertes de Dean quand il informait qu’il donnerait des farces s’il n’avait pas de friandises. Certaines personnes semblaient un peu s’en apeurer tellement il prenait un air sérieux mais la plupart rigolait de ses menaces si peu vraisemblables et donnait encore davantage de bonbons.

Pourtant, à un croisement de rue, ni Mary ni Dean et encore moins Sam ne remarqua un homme qui les observait. Il ne les suivit du regard qu’un court moment et si quelqu’un l’avait vu, cette personne aurait pu s’effrayer de la lueur jaune fugitive qui passa dans ses yeux…Il disparut rapidement en un éclair…

A peine la nuit tombée, la joyeuse compagnie était de retour devant de bons dessins animés spécial Halloween. Sam, totalement éreinté, s’était endormi dans son berceau pendant que Dean dévorait le reste de ses bonbons malgré son mal de ventre qui augmentait, ses parents pelotonnés l’un sur l’autre sur le canapé, presqu’endormis. A la fin des dessins animés et aussi parce que la réserve des bonbons et de pop-corn était à sec, Dean, trop ko pour continuer à rester, embrassa ses parents sur leurs mains et partit se coucher, sans qu’on lui demande quoique ce soit. Heureusement, son mal de ventre se passa presqu’aussitôt couché.


01 novembre 1983

Le lendemain d’Halloween fut moins agité mais à peine car connaissant Dean et son entrain, vous devinerez que rien ne l’arrêtait, pas même la fatigue d’un Halloween bien fatiguant.

Le petit garçon se rendit compte aux préparatifs de sa mère que l’heure était arrivée… L’heure du goûter…l’heure préférée de Dean, c’était certain et lui comme Mary le savaient parfaitement. D’ailleurs, Sam, dans son berceau, devait également s’en apercevoir un peu en entendant la joie et l’enthousiasme de son frère aîné qui ne pensait plus alors à le surveiller mais à manger et s’amuser. Il est vrai que Dean avait eu sa dose de bonbons la veille mais Mary avait encore voulu le gâter en lui faisant des cookies. Si Dean aimait le goûter, là, il l’adorait tellement il raffolait des cookies, la meilleure nourriture sur terre pour lui, surtout faits par sa maman. Ils étaient excellents.
Mais pour l’instant, ils étaient tout chauds et Mary interdit son petit garçon d’y toucher et encore moins d’en manger. Vu que sa mère lui tournait le dos, Dean fit semblant d’être sorti de la pièce en se glissant sous la table, caché partiellement par une nappe. Mary alors, ne craignant plus rien, s’absenta quelques minutes de la cuisine. Dean en profita pour sortir de sous la table et prendre trois cookies dans ses petites mains et voulut se blottir à nouveau sous la table avant le retour de sa mère. Mais Mary revint plus rapidement que prévu et aussi rapide que l’était son Dean, elle l’attrapa avant qu’il n’aille se cacher sous la table. Mary était prête à vraiment gronder Dean pour ce qu’il avait fait, elle qui l’avait interdit d’y toucher et elle devait bien le gronder de temps en temps. Pourtant, quand elle vit la bouche de Dean qui était pleine à craquer des cookies qu’il avait englouti pour ne pas être pris, elle explosa de rire. Sa bouche était barbouillée de chocolat et de gâteau et Dean prenait l’air le plus innocent du monde, comme s’il n’avait rien fait du tout. Devant les éclats de rire de sa mère, il sourit à son tour, fier de son coup. Mary, ne pouvant résister, embrassa son petit garçon plusieurs fois sur les joues et une fois les bouchées de cookies toutes avalées, elle balança en l’air son petit garçon en le chatouillant, le faisant rire aux éclats. Dean regardait sa maman avec un tel amour qu’une fois de plus, ça émut Mary et lui fit prendre conscience à quel point son petit ange l’aimait. Quand elle le reposa par terre, Dean, nullement étourdi pour avoir été balancé dans les airs, courut dans la maison en disant à sa mère :
-M’man, t’es nulle si tu m’trouves pas !!

Et le jeu de cache-cache recommença : Mary eut de nouveau toutes les peines du monde à trouver son petit garçon alors que lui la trouvait sans arrêt, comme toujours quoi. Mais au bout, au moins de la dixième fois, quand Dean se fut caché et que Mary, désespérée de le trouver, lui demanda de venir, elle ne reçut aucune réponse. Elle éleva davantage la voix, soudain inquiète :
-Dean !! Réponds-moi, mon chéri !
Puis, elle recommença, s’affolant alors qu’il ne lui soit arrivé quelque chose, qu’il soit tombé, ne puisse plus sortir de sa cachette si elle était trop petite pour lui ou se soit fendu le crâne quelque part et ne puisse plus répondre ou pire encore :
-DEAN !! Réponds !! C’n’est plus drôle du tout !! DEAN !!!
Elle chercha alors dans la maison entière, dans tous les recoins, mieux qu’elle ne l’aurait fait si elle avait vraiment joué à cache-cache. Elle criait si fort le nom de Dean que Sam finit par se mettre à crier et à pleurer. Allant avant tout le calmer, Mary alla dans la nurserie et vit comme par enchantement, Dean sortir de sous le berceau, tout fier de lui et criant à sa mère, les bras levés au ciel :
-J’ai encore gagné !!
Mary, oubliant un instant les cris de Sam, trop rassurée et bouleversée en même temps, se précipita et prit Dean dans ses bras, pleurant en le serrant contre elle :
-Ben, M’man, qu’est-ce t’as ?

Mais Mary ne répondit pas, trop en pleurs pour le pouvoir, la gorge serrée, pouvant à peine respirer tellement son angoisse avait pris le dessus d’elle. Sam avait arrêté de pleurer et s’était rendormi. Pendant presqu’une demi-heure, Mary resta bouleversée, assise sur une chaise dans la nurserie et Dean resta calmement assis sur ses genoux, à l’enlacer doucement et en la consolant. Il n’avait rien entendu des cris de sa mère, trop bien caché sous le berceau, sa cachette presque capitonnée. Et dès que Sam avait pleuré, il s’était bouché les oreilles, toujours pour ne pas s’avouer vaincu. C’est seulement en voyant les pieds de sa mère qu’il était sorti. Dean se sentait un peu coupable de tout ça et donc, resta près de sa mère. Ca lui faisait de la peine de voir sa maman si triste et malheureuse : il avait envie de pleurer mais se retint pour rester fort et consoler sa maman. Ses yeux le piquèrent mais il cligna plusieurs fois des yeux pour ne pas les laisser couler et serra les dents. Il ne choisirait plus jamais cette cachette, non, jamais…il ne voudrait jamais refaire de peine à sa maman qu’il aimait tant.
Ensuite, Mary prit sur elle et emmena Dean à la cuisine : elle lui permit de manger tous les cookies qu’il voulait. Il ne se le fit pas redire deux fois et s’attabla, enfournant les cookies comme des bonbons, un grand sourire heureux sur les lèvres, oubliant ce qu’il venait de se passer. Mary, tout simplement heureuse que son petit garçon aille bien, se contentait de le regarder, souriante. Une ou deux fois, Dean lui proposa quand même un cookie mais elle lui laissa tous les manger, sachant combien il aimait ça. Elle savait bien que gâter ainsi son enfant n’était pas bon mais elle ne pouvait résister à Dean et elle se douta que ce serait la même chose pour Sam dès qu’il grandirait un peu. Elle adorait ses enfants, elle n’y pouvait rien, tout simplement…
Quand John rentra le soir, elle ne lui en parla pas et Dean semblait déjà avoir oublié. Elle ne voulait pas revivre cette angoisse. Ils allèrent tous les trois coucher Sam, à qui elle venait de donner à manger puis elle alla coucher Dean. Elle lui lut son histoire préférée sur des voitures pendant laquelle il s’endormit, trop fatigué de tout ce qui s’était passé et lui dit que les anges veillaient sur lui, comme chaque nuit.


02 novembre 1983

Cette journée s’annonçait aussi ordinaire que les autres, entre les allées et venues de John de son garage à la maison, les repas de la petite famille, Dean courant et jouant à tout va dans la maison et dans le jardin, sous le regard attentif de sa mère, Mary s’occupant de sa maison et de son cadet, toujours aussi calme. Pourquoi d’ailleurs en aurait-il été autrement ? Pourquoi aurait-il fallu que John et Mary se rendent compte que ce jour des six mois de leur Sammy changerait quoique ce soit dans leur vie ? Peut-être que Mary aurait pu y penser… peut-être que la chance aurait-elle permise qu’elle repense à un pacte fait il y a si longtemps, presque dans une autre vie… Mais il n’en fut pas ainsi…

Mary se leva ce matin-là et s’occupa de ses garçons comme d’habitude même si Dean s’occupa de lui-même très rapidement. John partit au garage après avoir embrassé sa femme et ses fils. Plus tard, Mary conduisit Dean à l’école et la journée passa rapidement entre quelques courses et le ménage de la maison. L’heure arriva d’aller chercher Dean, car Mary ne voulait jamais qu’il revienne seul, aimant aller le prendre à la sortie de l’école.
Puis le soir vint…

Mary entra dans la nurserie avec Dean dans les bras, tous deux prêts à se coucher :
-Allez, dit bonne nuit à ton frère.
-Bonne nuit Sam, dit l’aîné en se penchant sur le berceau et en embrassant son frère sur le front.
-Bonne nuit, mon amour, dit Mary à son tour en faisant la même chose, faisant gazouiller Sam.
Ce fut à ce moment que John entra dans la pièce et appela Dean qui se jeta dans ses bras.
-Hé, mon chéri ! Alors qu’est-ce que tu en dis ? Ton frère serait prêt à jouer au football, tu crois ?sourit John en désignant Sam.
-Non, pas encore, rigola Dean.
-Non ?
-Tu t’occupes de lui ?lui demanda Mary en montrant Dean qui enlaçait son père étroitement.
-D’accord, répondit John en éteignant la lumière. Bonne nuit, Sam, dit-il avant de sortir de la pièce.
Quand la pièce fut plongée dans l’obscurité, le mobile suspendu au-dessus de Sam qui le regardait, commença à tourner.
Pendant ce temps, John était parti coucher Dean mais il fut rejoint par Mary qui ne pouvait se coucher sans dire bonsoir à son petit bonhomme dans son lit.
-Bonne nuit, M’man, dit Dean ensommeillé.
-Bonne nuit, mon cœur, les anges veillent sur toi, dit Mary en l’embrassant.
Elle rejoignit ensuite son lit, faisant bien attention que l’interphone de son bébé soit bien sur ON. Et elle s’endormit, John étant resté à regarder un film de guerre dans le salon.

Le petit Sam s’était à peine endormi qu’une présence le réveilla et il s’agita pour regarder autour de lui. Un homme inconnu, dans l’obscurité, s’avança devant lui. Il se coupa le poignet et fit couler des gouttes de son sang dans sa bouche. Sam ne réagit pas vraiment, ne sachant pas trop ce qui se passait mais il n’aimait pas ça, ce n’était pas du tout comme le lait de sa mère. Il fit la grimace mais l’homme n’en tint pas compte, et continua. Sam, paniqué par ce goût dans sa bouche et cet homme effrayant et bizarre, se mit à pleurer. Il voulait sa maman.

Il sembla à Mary qu’elle ne s’était endormie que quelques minutes quand elle entendit les pleurs de Sam par l’interphone. Etrange…il ne pleurait plus la nuit depuis pas mal de temps déjà. Elle voulut réveiller John à côté d’elle en l’appelant mais elle était seule. Ensommeillée, elle se leva et alla dans la nurserie : elle vit un homme debout devant le berceau :
-John, il a faim ?demanda-t-elle.
-Chut, répondit-il.
-D’accord, dit-elle en sortant de la pièce, rassurée.
Sur le chemin de sa chambre, Mary remarqua pourtant une lampe dont la lumière clignotait. Tapotant dessus, la jeune femme trouva ça bizarre, n’ayant plus l’habitude d’écouter son instinct. Prête à entrer dans sa chambre, elle s’arrêta en entendant la télévision. Descendant quelques marches, elle vit son mari endormi devant la télé. Se rendant compte de la présence de l’intrus près de son bébé, elle redoubla en courant, totalement paniquée et arriva dans la nurserie. Quand elle vit ses yeux jaunes, elle sut et alors tout son passé remonta à la surface :
-C’est toi !s’exclama-t-elle.
Mais elle ne put en dire davantage que l’homme la plaqua contre le mur. Une force invisible la souleva lentement contre le mur et la plaqua contre le plafond. Quand Mary se rendit compte qu’elle allait mourir, elle cria pendant un bref instant, l’homme l’empêchant d’en dire davantage. Mary ne pouvait rien dire, rien faire, la terreur n’étant pas seule la cause de sa paralysie. Elle ne pouvait rien faire et quand elle vit son bébé juste en-dessous d’elle qui la regardait, elle ne put même pas pleurer. Ce fut encore pire quand l’homme, ou plutôt dirons-nous le démon aux yeux jaunes, la blessa très gravement à l’abdomen, la faisant saigner abondamment, trempant sa chemise de nuit… Mary souffrait atrocement mais elle savait, elle sentait que ce n’était que le début. Des larmes silencieuses coulèrent sur ses joues un bref instant pour atterrir au sol ensuite. Elle pensa une dernière fois à John, à ses petits Dean et Sam…comment pourraient-ils s’en remettre ? Elle ne les reverrait jamais…

Il était difficile de réveiller Dean mais les cris de sa mère l’avaient tiré de son lit et étant juste à côté, il regarda par l’entrebâillement de la porte et comme s’il savait ce qu’il fallait regarder, son regard se leva au plafond. Entre l’horreur et le désespoir intense qui le gagnaient, Dean recula, trop paniqué pour avancer dans la chambre ou pour dire quoique ce soit. Quelque chose s’était brisé en lui de voir sa maman qu’il aimait tant, toute sa vie, collée au plafond, mourante et lui lançant un regard paniqué et désespéré. C’était comme si toute joie était impossible à retrouver un jour. Totalement paralysé par un froid intense qui le serrait comme dans un étau, il resta dans un coin du couloir, trop bouleversé pour aller chercher son père ou appeler au secours…

De la même manière que son fils aîné, John fut réveillé en sursaut par les cris de sa femme. Montant quatre à quatre en appelant Mary à plusieurs reprises, il ne vit même pas Dean dans l’ombre d’un coin du couloir qui garda le silence. John se précipita dans la nurserie et en voyant Sam calme, il fut rassuré mais il remarqua une soudaine tâche de sang sur la couverture du berceau, une autre tombant ensuite sur sa main : levant alors les yeux au plafond, son sang se glaça et il s’effondra par terre en voyant sa femme plaquée au plafond. L’instant d’après, le plafond s’enflamma, embrasant aussi Mary.
-Non, Mary, non !s’écria John.
Le plafond s’enflammait de plus en plus, faisant presque disparaître la pauvre jeune femme, commençant à s’en prendre aux murs. Mary n’aurait jamais cru autant souffrir de sa vie, toute sa chair, ses yeux, ses cheveux brûlaient… Elle voulait crier sa douleur absolument horrible mais elle voulait aussi crier à John de prendre leurs enfants et de quitter la maison, il était déjà trop tard pour elle… D’ailleurs, la douleur insurmontable eut raison d’elle et elle mourut, priant l’espace d’une seconde pour son mari et ses fils.
John dut se résoudre et prit Sam dans son berceau, lequel s’enflamma l’instant d’après. Il sortit de la nurserie en flammes et vit Dean en face de lui qui, alerté par les flammes avait quand même avancé de nouveau. Voulant à tout prix sauver Mary, John se pencha sur Dean, mettant Sam dans ses bras :
- Tu vas emporter ton frère dehors aussi vite que tu peux ! Te retourne pas ! Allez, vas-y Dean, cours !
Dean, toujours aussi choqué mais voulant sauver son frère et obéir à son père, courut le plus vite qu’il put. Il fit attention de ne pas tomber avec Sam dans l’escalier, ouvrit la porte et sortit à l’extérieur sur la pelouse, regardant désespérément la fenêtre de la nurserie, inquiet pour ses parents. Un bref instant, il crut apercevoir un homme à la fenêtre, dans les flammes, qui le regardait fixement mais c’était impossible, non ?
Juste après, son père, qui n’avait absolument rien pu faire pour revenir dans la nurserie et donc pour sauver sa femme, sortit à son tour, prenant Dean dans ses bras, les éloignant de la maison désormais toute en flammes. Derrière eux, la fenêtre de la nurserie explosa…
Même après l’arrivée des pompiers et de la police, Dean et John, qui avait pris Sam dans ses bras, restèrent immobiles, trop paralysés par la douleur et le chagrin…

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MessageSujet: Re: The Winchester’s Childhood   Mar 16 Aoû - 18:06

Chapitre 5 : Mourir pour renaître


03 novembre 1983

Ce qui s’était passé cette nuit-là, ce ne pouvait être qu’un rêve, qu’un cauchemar, pas vrai ?
Quand Dean se réveilla dans un lit d’hôpital le lendemain matin, il eut du mal à prendre conscience de ce qui s’était réellement passé. Et pourtant, il était là, tout seul, sans sa maman et se souvenait parfaitement de la nuit d’avant, de cette horrible nuit. Enfin bon, il n’était pas vraiment tout seul. Sam était dans la même chambre que lui, dans un berceau hospitalier. Comment s’étaient-ils retrouvés là ?
Ah oui, c’est vrai…leur papa les avait emmené à l’hôpital après que les pompiers aient renoncé à sauver leur maison et à retrouver leur maman. Ils avaient dit que lui et Sammy devaient être examinés par des docteurs. Leur papa avait été réticent mais il avait du quand même le faire. Dean se souvenait bien avoir lâché quelques larmes quand les docteurs lui avaient enlevé Sam des bras pour lui faire des examens mais face à des adultes, que faire quand on est un petit garçon de quatre ans ? On lui avait fait un bilan complet et on l’avait mis ensuite dans une chambre avec Sammy. Leur papa était resté longtemps avec eux mais apparemment là, il était parti.
Se levant de son lit trop grand pour lui, Dean alla près du berceau et vit que Sam dormait tranquillement, inconscient de tout ce qui passait autour d’eux. D’ailleurs, que s’était-il passé exactement ? Dean savait seulement que leur maman était partie et que les anges n’existaient pas, qu’ils n’avaient pas le droit d’exister sinon c’était obligé qu’ils auraient dû sauver sa maman. Sa maman répétait toujours que les anges veillaient sur lui. Dean ne savait pas pourquoi elle lui disait tout le temps ça mais en tout cas, c’était faux : car si les anges existaient et s’ils veillaient alors sur lui, ils n’auraient pas permis que sa maman parte, ça le rendait trop malheureux. Toute sa vie s’était écroulée.
Et puis, comment ça se faisait que sa maman avait été collée au plafond ? Il savait bien lui qu’on pouvait pas rester au plafond, il n’y avait que Spiderman qui pouvait faire ça et pas sa maman. Dean revit encore, comme un souvenir brûlant éternellement en lui, le ventre plein de sang de sa maman collée au plafond et son regard suppliant et désespéré : une image que jamais il ne partagerait avec personne, une image qu’il garderait en tête pour toujours.

Ce fut ce moment que John choisit pour revenir dans la chambre de ses garçons, une expression de détresse désespérée sur le visage. Pourtant, son visage s’éclaira d’un léger sourire à la vue de son fils aîné réveillé, veillant près de son cadet.
-Bonjour, mon grand. T’as réussi à dormir alors ? Comment tu te sens ?
Mais un silence fut la seule réponse à ses questions. Dean le regarda, l’expression de ses yeux suffisamment éloquente. Comprenant ce qu’il avait, John fondit en larmes et prit Dean dans ses bras. Ils restèrent un moment ainsi, John ayant tellement besoin de ce soutien affectif que Dean lui apportait. Dean restait également ainsi car il sentait à quel point son père voulait être réconforté : ils n’étaient plus qu’eux trois désormais. Quand John desserra enfin son étreinte, il essuya rapidement ses larmes et sourit à Dean qui le regardait.
-Tu sais, on te l’a jamais dit mais il faut que tu le saches : tu as les mêmes yeux que ta maman. Allez, viens, Dean, on sort d’ici.

John prit Sam dans ses bras, Dean le suivant, toujours dans le pyjama du drame.
Il avait les mêmes yeux que sa maman ? Eh ben, ça, il ne l’avait jamais remarqué. Quand il repensa alors à sa maman et à ses yeux pour vérifier, la seule image qu’il eut en tête fut quand elle était collée au plafond de la nurserie. Maman… il voulait sa maman, il fallait qu’elle revienne… Ne pouvant les réprimer plus longtemps, Dean laissa couler quelques larmes, pleurant quelques minutes silencieusement, sans que John ne le remarque, Dean étant dans un siège enfant à l’arrière de la voiture.


04 au 10 novembre 1983

Les jours qui suivirent furent calmes mais étranges. John était allé avec eux chez des amis qui les hébergèrent, le temps qu’il trouve une solution. Durant tous ces jours, à part la nuit, John resta absent et le couple d’amis ne savait pas du tout ce qu’il pouvait faire, ses recherches ne paraissant pas du tout être en rapport avec la quête d’un logement.
Restant la plupart du temps dans la chambre d’amis, Dean avait souvent Sam dans les bras ou à côté de lui sur le lit, essayant qu’il ne reste jamais seul. Car il avait peur qu’il ne parte lui aussi s’il le laissait et puis, en plus, ce soir-là, son papa lui avait demandé de veiller sur lui, alors, il le faisait.
Les amis de John essayèrent de réconforter Dean en le faisant jouer ou manger des choses qu’il aimait. Mais Dean ne répondait pas et se contentait de faire ce qu’on lui disait comme manger ou dormir. La seule crise qui eut lieu fut un après-midi, quand la femme lui proposa des cookies. A la vue des gâteaux, Dean trembla de tout son corps, éclata en sanglots et alla se cacher dans sa chambre. Quand John revint le soir et eut vent de l’incident, il alla voir Dean, toujours pelotonné dans un coin et lui demanda ce qui s’était passé. Malheureusement, le moulin à paroles qu’avait été Dean n’était plus là et aucun son ne sortit de sa bouche. John, ne voulant pas le forcer à quoique ce soit, le serra seulement dans ses bras et alla le coucher.
Dean ne parlait plus mais personne ne comprenait pourquoi. Mais pourquoi devrait-il reparler ? Sa dernière phrase avait été pour sa maman et sa maman n’était plus là. Elle n’était plus là pour l’embrasser, le cajoler, lui faire des cookies. Personne ne le bordait plus le soir, personne ne lui lisait plus d’histoires pour s’endormir, personne ne l’embrassait comme elle et plus personne ne le ferait désormais. De plus, le choc de l’avoir vue mourante au plafond le hantait jour et nuit et il ne savait pas ce qui avait fait ça à sa maman. Tout seul dans son grand lit froid et inconnu, Dean pleura encore mais longtemps cette fois-ci et toujours en silence. Entre deux crises de larmes, il alla chercha Sam dans son berceau qui commençait à pleurer lui aussi et il le serra contre lui dans le lit, leur présence mutuelle leur faisant du bien à tous les deux, même si les larmes de Dean continuèrent à couler et cela, pendant toute la nuit.

Le surlendemain, un papa survolté et angoissé revenait en pleine journée et annonçait à ses amis qu’il partait avec ses fils immédiatement, qu’ils étaient en danger et devaient s’éloigner de cette ville le plus rapidement possible. Les amis eurent beau l’interroger, John ne répondit pas à leurs questions et après les avoir remercié, il fila en voiture après avoir pris ses fils et leurs affaires.
Les amis eurent à peine le temps de voir la Chevrolet tourner à l’angle de la rue qu’ils étaient déjà partis.



11 novembre 1983 et jours suivants

Les jours suivants, Dean dut bien avouer qu’il ne comprenait rien au comportement de son papa qui avait toujours été très calme ou triste. Il l’avait bien sûr vu en colère, contre sa maman par exemple mais jamais dans cet état.
John les trimballait de ville en ville comme s’ils échappaient à quelque chose ou à quelqu’un. Ce fut ainsi que Dean, pour la première fois de sa vie, vit à quoi ressemblait l’intérieur d’un motel. S’il s’attendait à trouver un bon lit douillet et un cadre agréable, il fut vite déçu. Il ne pensait pas retrouver sa propre chambre, bien sûr mais il pensait que ça serait un peu comme chez les amis de son papa.
Quand il s’assit la première fois sur un lit dur, froid et malpropre, il esquissa une grimace. John ne faisait même pas attention et allait et venait dans la seule et unique pièce. Regardant autour de lui, Dean ne vit pas de jouet, de nourriture et encore moins de petit lit pour Sam. L’ayant toujours dans les bras, il l’emmitoufla avec douceur dans le lit pour ne pas qu’il tombe ou qu’il ait froid. Puis il alla interroger son père d’un regard triste mais curieux. John le regarda et après quelques secondes, il lui dit :
- Je sais, Dean. Laisse-moi le temps de réfléchir, tu veux bien… Je reviendrai dans la soirée, veille sur ton frère et ne sors pas d’ici. Ferme bien la porte à double tour surtout.
Le ton était ferme, sec et précipité. John sortit ensuite en prenant un sac. Dean entendit les pneus de la Chevrolet crisser puis s’éloigner. Ce n’était que le premier matin que Dean dut endurer ainsi.
La plupart du temps, c’était la même chose. John partait le matin, leur laissant un peu de nourriture et ne revenait que le soir seulement, fatigué et même éreinté, avec une expression bouleversée sur le visage. Dean, toujours silencieux, faisait en sorte que Sammy aille bien en donnant le biberon à son frère et quelques petits pots ; de plus, il le berçait, essayant, du mieux qu’il pouvait, de remplacer leur mère même s’il s’en savait incapable et de le faire dormir. Enfin, il tentait de faire de même pour son papa en lui enlevant ses chaussures le soir et en lui servant à manger à partir de boîtes de conserve que lui-même mangeait. John lui octroyait de légers sourires mais ne lui disait rien, le silence étant apparemment contagieux.

Dean se demandait pourtant ce que faisait son papa toute la journée. Que faisait-il ? Essayait-il de ramener sa maman auprès d’eux ? Parce que d’après lui, les laisser aussi longtemps sans arrêt ne pouvait être que pour cette raison, aucune n’était aussi importante.
Alors, un soir, il profita que son papa s’était endormi en laissant son sac à découvert et se leva sans bruit. La curiosité l’emporta sur la peur que son papa ne le découvre. Il alla alors regarder dans le sac que son papa emportait toujours avec lui. Il y trouva des armes…des fusils, des revolvers et un tas de trucs bizarres. Son papa était peut-être un agent secret après tout comme dans les films de James Bond… Mais si son papa était agent secret, pourquoi y avait-il dans le sac du sel dans un bidon et une odeur d’essence qui se dégageait du sac. Il ne savait pas comment les agents secrets travaillaient mais c’était quand même trop bizarre cette affaire-là. Plein de questions en tête, il alla se recoucher mais non sans avoir remarqué le scintillement d’une arme sous l’oreiller sous son papa.
Le lendemain matin, Dean ne posa aucune question à son père vu que le silence était toujours présent. Il ne montra aucun signe non plus quand John alla prendre son sac et fouilla dedans, ne montrant aucune curiosité. Il fit comme d’habitude et prépara à manger à Sammy qui gazouillait dans le lit, prenant ses petits pieds qu’il mettait à sa bouche, seul bruit joyeux dans la chambre. Sam avait ainsi le cœur de remonter un peu le moral de Dean. John quitta la chambre après avoir donné ses instructions habituelles, les laissant seuls, une fois encore.
Quand John revint le soir, ils quittèrent le motel pour aller dans une nouvelle ville faire quelque chose à quoi Dean avait bien du mal à comprendre. Toute la journée et malgré la télé, il se demandait ce que fabriquait son papa et ne trouvait qu’une seule réponse : il poursuivait des méchants. C’est sûrement pour ça qu’il avait ces armes et qu’un soir, il était revenu avec plein de sang sur lui, lui faisant très peur alors. Mais Dean en avait un peu assez d’être trimballé comme ça dans ces motels, il voulait retrouver sa vie d’avant et surtout, sa maman. Il voulait aussi que son petit frère soit en sécurité et reste dans une même maison.
Malheureusement, les désirs, même très forts, d’un petit bonhomme de quatre ans et demi sont rarement exaucés et les siens ne le furent pas non plus.

Ils repartirent donc et cela, pour une durée indéterminée…


24-25 décembre 1983

Depuis quelques jours et pour seulement la deuxième fois, la chambre qu’ils avaient prise était séparée en deux pièces, la chambre séparée par une porte, ce qui arrangeait beaucoup Dean qui avait toujours toutes les peines du monde à endormir Sammy par le bruit occasionné par son père à côté d’eux.
Cette nuit-là, quand Sam se fut enfin endormi, Dean s’était levé sans bruit de leur lit et s’était posté devant l’interstice de la porte de leur chambre pour observer ce qui se passait derrière. Il n’en avait jamais eu l’occasion auparavant mais cette nuit, il allait enfin avoir la réponse à sa question. Dean osait à peine respirer ou fermer les yeux, craignant que « la chose » ne soit dérangée dans son travail. Pourtant, il attendit pendant des heures, à genoux, ses yeux guettant sans cesse ce qui se passait autour du maigre arbre de Noël qu’il avait trouvé dans des broussailles près du motel. Mais la fatigue et le désespoir commençaient à le gagner car minuit était passé et toujours aucune trace de ce qu’il attendait si passionnément. N’ayant pas l’habitude de veiller aussi tard, son ventre commençait à gargouiller légèrement car le petit pamplemousse et la fine tranche de saucisson mangés le soir d’avant, avaient du mal à le soutenir et il aurait bien mangé autre chose.
Il risqua tout de même un rapide coup d’œil derrière lui mais pas un bruit, pas un mouvement. Soudain, un bruit se fit entendre et Dean sut aussitôt ce que ça devait être. Retenant sa respiration et écarquillant les yeux de fébrilité et de joie, il fixa son sapin de Noël. Ses mains étaient devenues moites tellement l’attente avait été rude mais pleine d’espoir. Mais ce fut son père qu’il vit rentrer et cela par la porte d’entrée. Poussant un soupir énervé presqu’audible, Dean eut soudain très peur que son père n’ait gâché son arrivée à lui. Comme si cela était devenu une habitude pour cette nuit, Dean n’alla pas se recoucher dans son lit mais il resta à sa place et observa son père. Ce fut alors dans un complet désarroi et une tristesse sans bornes que Dean le vit déposer un mince cadeau près de la chaussette trouée de Dean au pied du sapin.
Dean comprit soudain à une vitesse grand V que le père Noël n’existait pas et que tout ce que lui avaient raconté ses parents n’était que mensonges. Il avait échafaudé tellement de théories tarabiscotées à propos de la vitesse à laquelle devait aller le père Noël pour satisfaire les enfants du monde entier mais là, la vérité était tombée comme un couperet. C’était les parents, et non ce soi-disant père Noël si merveilleux, qui apportait les cadeaux. C’était plus logique que tout ce qu’il aurait pensé évidemment mais dénué de magie et de foi. Pour la première fois depuis la veille au soir, il pensa à sa mère qui lui enjoignait tant de croire en Dieu et aux anges. Eh bien, se dit-il, c’était la même chose, la même déception, le même désespoir : il avait su il y a un peu plus d’un mois maintenant que Dieu n’existait pas de même que les anges sinon sa maman ne serait pas morte ; et aujourd’hui, il savait que le père Noël n’existait pas non plus. Dans un grand désarroi, il retourna se coucher, presque mécaniquement, en se demandant ce qu’il devait croire ou non et en qui, car son père lui avait menti. C’est en tournant machinalement la tête vers Sam dormant près de lui, que Dean sut en qui croire pour toujours, tant qu’il vivrait : en son frère qui jamais ne pourrait le décevoir ou lui mentir. Pour cela, Dean se jura une fois de plus de le protéger de tout et d’essayer de le maintenir dans sa bulle d’innocence plus longtemps que lui afin que chaque 25 décembre, Sam ait l’impression que le père Noël venait de déposer ses cadeaux pour lui.

Quand il se leva le matin, Dean alla chercher son cadeau, ne feignant aucune joie ou surprise, son père l’observant pourtant. Il le déballa et découvrit une petite voiture noire métallisée, ornée de quelques tâches de rouille. Sachant désormais qui remercier, il alla vers son papa et lui fit un baiser sur la joue, allant ensuite jouer quelques minutes avec, le temps que Sammy se réveille à son tour.
John resta immobile, bouche bée et comprit ce qui s’était passé. Son fils aîné, pourtant encore très jeune, avait perdu cette innocence et il pensa qu’il l’avait perdue plus tôt qu’il ne l’aurait pensé. Bientôt, il serait temps qu’il lui confie ce qu’il se tramait, bientôt Dean devrait se tenir prêt à son tour. Mais avant, il devrait devoir reparler et ça, John ignorait comment faire sans le brusquer ou le choquer. Car après tout, il n’y avait pas que lui qui avait perdu Mary cette nuit-là. Dean avait perdu sa maman et il devait être compréhensif, même si désormais, le temps pressait. Même s’il détestait cette idée, John savait qu’il devrait faire perdre à Dean sa complète innocence et le charger de choses qui le dépassaient complètement…

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