AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Other life, same destiny - (spoilers)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 14 Mai - 18:40

Other Life, same destiny

Résumé : Et si Dean n’avait pas élevé par John avec Sam et qu’il avait été enlevé enfant par un couple d’humains ? Qu’en serait-il de lui, de sa famille et de l’apocalypse ? A vous de le découvrir. Spoilers saison 5



**********************************************************************************
Chapitre 1 : Prologue

02 Novembre 1983 - Laurence, Kansas

Assis sur le capot de sa voiture, un homme restait les yeux rivés face à lui, dans le vide, tenant très fort contre lui son bébé de six mois. A ses côtés, son fils aîné de quatre ans avait le même regard mais fixé ailleurs, comme fasciné, vers une fenêtre à l’étage de leur maison en flammes, secourue par les pompiers…


15 Novembre 1983 - Laurence, Kansas

Dans une chambre d’amis, deux garçons dormaient, tous deux dans le même lit. Enfin, semblaient dormir car un seul dormait profondément. L’autre gardait les yeux ouverts, fixés sur le plafond, ressassant sans cesse ce qui s’était passé presque deux semaines plus tôt. Leur père était sorti une fois de plus, sûrement pour trouver des réponses et les avait laissés à des amis. L’aîné des garçons gardait la main sur son ptit frère, souhaitant plus que tout le protéger depuis cette fameuse nuit. Aucun mot ne s’était échappé de ses lèvres depuis que leur père lui avait mis son frère dans les bras durant l’incendie…C’était comme si dire un seul mot aurait fait échapper des sanglots de sa poitrine alors qu’il se contentait de larmes silencieuses sur ses joues pâlies.
Un léger bruit dans le couloir le sortit de sa contemplation du plafond. L’obscurité ne lui permettait de ne rien voir et il ne voulait pas trop bouger pour ne pas réveiller son cadet. La porte s’ouvrit tout doucement…Son cœur battait à tout rompre…Il savait que c’était pas son père ou l’amie de son père…Mais comment crier quand votre voix est partie en même temps que votre maman ?

Ce fut quand il ne sentit plus la présence et la chaleur de son frère que le bébé pleura…L’amie de leur père arriva et le trouva, pleurant et criant, paniqué…Il était seul, dans ce lit qui paraissait maintenant immense…



Chapitre 2 : Se souvenir…plus facile à dire qu’à faire

16 Novembre 1983 - Carroll, Iowa

Dans une chambre d’enfant, le petit garçon se réveilla en sursaut. Tremblant de tous ses membres, essoufflé, il se leva aussitôt en ne reconnaissant pas ce lit inconnu pour sortir de cette chambre semblant si étrangère. Mais il n’en eut pas le temps que deux personnes entrèrent. Ils lui sourirent tendrement :
« Alors ça y est, Dean, t’es réveillé ?demanda l’homme en se penchant vers lui. »
Mais Dean recula vivement, craignant ces inconnus et cherchant une sortie le plus rapidement possible. Comment était-il arrivé là ? Qui étaient ces personnes ? Où était son papa ? Et Sammy, il l’avait laissé, il devait être perdu tout seul, où était-il ? Etait-il dans cette maison aussi, dans une autre chambre aussi étrangère ? Des centaines de questions se bousculaient dans sa tête et aucune ne voulait émerger de sa bouche. Seule son expression apeurée laissait apercevoir ses craintes et ses doutes.
L’homme et la femme se regardèrent d’un coup d’œil entendu et le regardèrent ensuite en souriant de concert, d’un sourire trop artificiel pour être sincère. La femme se pencha davantage vers Dean en se rapprochant, tendant une main vers l’épaule de Dean :
« Ecoute, mon chéri, je sais que c’est dur…Tu viens de sortir d’un long sommeil…Les docteurs nous ont dit que tu pourrais pas reparler tout de suite…et que tu ne saurais peut-être plus qui tu es ou que nous sommes tes parents… »

Comment ça ? Non mais elle est folle, celle-là… Qu’est-ce qui lui prend ? Eux, mes parents ? Elle a dû se cogner la tête. Mon papa va venir m’chercher avec Sammy, c’est sûr ou alors j’vais me réveiller, c’est un cauchemar, c’est pas vrai, Maman m’rassurait toujours quand je m’réveillai…Maman, s’t’eu plaît, viens me réveiller…

Mais l’homme et la femme insistèrent et bouleversèrent encore plus Dean qui l’était déjà assez. Alors, il fallait qu’il extériorise…jamais il ne l’aurait fait si ce sombre cauchemar n’avait pas commencé mais là, personne ne le comprenait, aucun visage familier ne se montrait pour lui dire que c’était une blague…Il était là, tremblotant dans son pyjama face à des inconnus prétendant être ses parents, alors il fallait que ça s’arrête… Peut-être que ça s’arrêterait en parlant après tout, ça dissiperait ce cauchemar…
« NON !!! Laissez-moi, vous êtes pas mon Papa et ma Maman… Je veux mon Papa à moi et Sammy… »
Premiers mots désespérés qui furent suivis des sanglots inévitables et des pleurs ponctués de « Non » hurlés. Ni l’homme ni la femme ne réussirent à le calmer par la parole ni par la tendresse puisque Dean refusait catégoriquement d’être cajolé ou même touché par l’un d’eux. Alors, ils firent l’impensable dans cette situation. Un bout de tissu. Du chloroforme. Et le sommeil envahit de nouveau Dean.

Les jours suivants furent loin d’être une partie de plaisir, pour Dean comme pour le couple. C’était même un réel cauchemar. La scène vécue le premier soir se répéta plusieurs fois jusqu’à ce que Dean ne fut plus en état de parler tellement il fut drogué de calmants. L’asseyant dans son lit, ils ne cessaient de lui dire :
« Tu étais plongé dans un long sommeil, et tu t’es réveillé. Tu as inventé tes autres parents et ton soi-disant frère. Nous, on est tes parents. Tu t’appelles Dean Tanfield. Et nous, on est tes parents…Lauren et Mark Tanfield…
Mais Dean hochait la tête de gauche à droite malgré la fatigue qu’il ressentait, les larmes coulant toujours sur ses joues.
Tu n’as pas de petit frère… Peut-être qu’un jour, on t’en fera un ou une petite sœur mais pour l’instant, tu es fils unique… On est tes parents, Dean et on t’aime, mon chéri…Sois gentil. Quand tu auras accepté que nous sommes ton papa et ta maman, tu seras guéri et on te donnera plus de médicament… »
Mais Dean ne répondait que par ses hochements de tête plus vifs que jamais et des moues haineuses à leur égard.

Le temps passa et Dean continuait à refuser l’idée que Lauren et Mark puissent être ses parents, il avait trop de souvenirs de ses propres parents et de son frère et ce malaise intérieur ne le quittait jamais, sentant très bien que son cœur était ailleurs, près de deux personnes qui lui manquaient tellement qu’il en aurait crié s’il en avait eu la force. Mais les calmants l’empêchaient de s’exprimer comme il aurait voulu. Il pensait parfois que c’était peut-être une punition…il n’avait pas parlé depuis le départ de sa maman et son papa était si triste…peut-être que c’était lui qui lui avait fait ça…peut-être aussi qu’il lui reprochait le départ de sa maman…il aurait dû la protéger, c’est vrai… Mais alors, il se souvenait du regard aimant de son père et de ses câlins et là, les doutes disparaissaient. Il sentait que plus le temps passait et plus ses souvenirs voulaient se dissiper : ça lui faisait très peur, il voulait se souvenir de son papa, de sa maman et de son ptit frère. Parfois, il se réveillait en sursaut la nuit et murmurait le nom de Sam. Il réussissait à murmurer, seul dans son lit, les yeux à semi-ouverts :
« Sammy…je dois m’souvenir de ton nom…Sammy…Sammy…Sammy…aide-moi…je dois m’souvenir toujours de ça…Sammy… »


02 Décembre 1985 - Carroll, Iowa

Mais un enfant de quatre ans a une mémoire fragile…forte au début mais au fil du temps, quand on vous rabâche sans arrêt que tous vos souvenirs ne sont que mensonges et inventions, que votre passé dont vous vous souvenez avec tant de hargne est irréel alors que ce que vous voyez devant vous en ce moment même est bien réel avec des parents bien présents, des photos vous montrant nouveau-né et des souvenirs à la pelle qu’on vous présente devant vos yeux…alors la résistance finit par lâcher prise et un esprit fragilisé par un violent drame finit par accepter une réalité toute autre et meilleure…
Et puis, il faut bien, non ? Au bout de deux ans de drogues de calmants et de lavage de cerveau avec des souvenirs mis à la place de d’autres ainsi qu’une famille substituée à une autre, ça devient trop long et trop fatiguant pour un môme de six ans de continuer la lutte quand personne ne va dans votre sens et que personne, pas même ce père qu’on aimait tant et qu’on trouvait si courageux, ne vient vous délivrer.
Alors, pour la première fois depuis ces deux années, Dean fit oui de la tête et Lauren et Mark se regardèrent, victorieux. Ca avait été beaucoup plus long que prévu mais ils y étaient arrivés. Enfin, Dean put sortir de sa chambre, s’habiller et manger à table sans y être forcé. C’était l’heure du goûter. A la vue des gâteaux, Dean eut une brève vision de cookies et du visage tendre et aimant d’une maman, trop tôt disparue mais elle se dissipa en cinq secondes et il sourit légèrement à Lauren puis s’installa pour manger.

Une fois Dean endormi le soir d’un sommeil normal, les deux adultes s’assirent pour discuter :
« Bon, enfin…je dois dire qu’un peu de plus et je le fichais dehors ce môme…dit Mark.
-Mais on a réussi à lui faire accepter qu’on était ses parents…J’espère qu’il nous en sera reconnaissant un jour, au moins.
-T’as entendu que son père s’était mis là-dedans aussi ? Heureusement qu’on lui a pris ce gosse à temps, il l’aurait rendu dingue…C’est nous qui devions l’élever.
-C’est surtout qu’il doit avoir un sacré potentiel ce môme pour être aussi résistant et en plus, j’ai entendu dire que sa mère était d’une lignée de chasseurs.
-Ouais, t’as raison, il fera un excellent chasseur…De toute façon, même s’il veut pas, on le corrigera et il saura ce qui est bon pour lui, sourit l’homme, suivi de sa femme. »


16 Novembre 1983 - Lawrence, Kansas

De l’autre côté, donc deux ans plus tôt, le drame avait continué et avait même empiré. Quand John était rentré ce soir-là, convaincu de connaître la vérité, ayant rencontré Missouri Mosley, il avait appris une autre vérité, bien plus déconcertante et inattendue alors qu’il croyait être prêt maintenant à tout entendre sans surprise. Son amie Julie lui avait annoncé avec effroi que des gens avait pénétré chez elle et son mari sans qu’elle ne s’en aperçoive pendant la nuit et avaient emmené Dean…son Dean…son Dean si triste et silencieux… Non, ce n’était pas possible qu’une telle chose arrive…pas après Mary…pas seulement deux semaines après le drame… Sam ne cessait de pleurer et même s’il se calma légèrement quand John le prit dans ses bras, il recommença de plus belle quelques minutes après, ne percevant pas la présence de son frère. C’est vrai, Dean était toujours là quand son papa le serrait dans ses bras…
Persuadé que c’était des démons ou des créatures mal intentionnées, John appela de nouveau Missouri qui vint aussitôt. Elle inspecta la maison entièrement, la porte de la chambre, les bords de fenêtre et déclara, un air étrange et presqu’apeuré sur le visage :
« John…je suis navrée de vous l’apprendre…moi-même, je m’y attendais pas mais…
-Non ! Me dites pas que Dean est mort ! Me dites surtout pas ça, Missouri !!hurla John.
-Mais non, pas du tout…d’après les vibrations qu’il y a ici en tout cas, Dean a quitté cette maison sans égratignures.
-Eh bien quoi, alors ? Qui l’a enlevé ? Des démons, des esprits ou je-ne-sais-quoi que je connais pas ?
-Non, John, c’est ce que j’essaie de vous expliquer…rien de surnaturel n’a emmené votre enfant… Ce sont des humains qui ont fait ça… De simples humains comme vous et moi…
-Pas comme vous et moi, non…Ils sont peut-être humains, ils sont peut-être voleurs d’enfants mais croyez-moi, Missouri, dit John, une expression de colère, de dégoût et de haine dans ses yeux pleins de larmes, croyez-moi, quand je les retrouverai, ils seront traités comme ils le méritent et pas comme des humains… »

John finit par se calmer quand même en berçant Sam qui en avait tant besoin et quelques jours après, il plongea, sous le regard désolé de Missouri :
« Après Mary, je pensais ne plus rien perdre, que j’aurais tout sous contrôle…mais ils m’ont pris mon enfant, Missouri, mon petit garçon…il n’a que quatre ans…quatre ans, Missouri…Il doit être si effrayé…déjà qu’il était perdu et bouleversé depuis le drame mais là…il va croire que je l’ai abandonné…et c’est vrai, Missouri…j’ignore où il est, s’il est encore en vie, s’il va bien, ce qu’ils peuvent lui faire… Ca doit être terrible pour lui, il avait déjà perdu sa mère et maintenant il a perdu son père… Mary l’aimait tellement…c’était notre premier enfant, elle était si heureuse alors, on aurait dit que jamais elle n’avait été si heureuse. Je vais jamais le revoir…il m’reste plus rien, ils sont partis…
-John !s’écria Missouri qui voulut le secouer. Vous n’êtes pas bien de dire des choses pareilles ? Bien sûr que votre fils est vivant et bien sûr que vous le retrouverez sain et sauf ! Et vous n’êtes pas tout seul quand même, votre Sammy alors, il a besoin de vous, il compte plus pour vous ?
-Si mais…
-Y a pas de mais avec moi ! Le monde ne tourne pas autour de vous, alors arrêtez ça tout de suite et levez-vous. Si vous voulez revoir votre petit Dean, ce n’est pas en restant assis dans ce fauteuil à vous lamenter que vous allez le retrouver. Il doit y avoir des pistes, quelque part…un humain en laisse toujours, croyez-moi et je vous aiderai. Si vous restez là, oui, vous allez vraiment abandonner votre petit garçon, ça c’est certain… Mais soyez fort…pour lui…C’est sûrement ce que votre femme aurait voulu.
-Vous avez raison, Missouri, dit-il, se levant, une expression déterminée sur le visage, je vais le faire pour lui…et pour Mary. Je vais le retrouver et ça, dans quelques semaines ou quelques mois au plus tard et je l’élèverai avec Sam aussi bien que voulait le faire Mary. »
Malheureusement, tout ne se passe pas aussi bien qu’on vous le voudrait. Les semaines, les mois et les années passèrent sans que ni John ni Missouri n’ait trouvé la moindre piste. A croire que les humains se débrouillaient mieux pour brouiller les pistes que les démons.
Alors John apprit à être un excellent chasseur, à élever Sam tant bien que mal en lui apprenant la chasse également et aussi à chercher celui qui avait tué sa femme ; et tout en faisant tout ça, parfois, le soir, quand aucune piste démoniaque ou surnaturelle n’était en vue et que Sam dormait, il cherchait encore et encore une trace de Dean n’importe où, les yeux traînant parfois sur une photo de son aîné, le sourire aux lèvres, tenant Sam dans ses bras…Pourquoi il ne le retrouvait pas ? Pourquoi avait-il disparu plus profondément qu’un démon ou une créature surnaturelle ? Etait-il encore en vie au moment où il y pensait ? Bien sûr que oui, il l’était, il le sentait dans son cœur…mais alors où était-il ? Il fallait qu’il le retrouve, même s’il se perdrait dedans, jamais il n’abandonnerait, non, jamais…

L’espoir est coriace mais il finit par s’amoindrir et par disparaître au bout de plus de dix ans.


Dernière édition par HermioneMulder le Dim 16 Mai - 20:16, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 14 Mai - 18:41

Chapitre 3 : Rencontres funestes

Printemps 1994 - Carroll, Iowa

Neuf ans, c’est long, surtout dans une famille à laquelle vous ne voulez et vous n’avez pas l’impression d’appartenir.
Dean était dans une voiture, buvant une bière, attendant le prochain vampire qui débarquerait pour lui trancher la tête avec sa machette déjà en main. Ca en faisait cinq qu’il tuait ce soir et il espérait que celui-là serait le dernier. Mark, celui qu’il se refusait à appeler son père pour une raison qu’il n’arrivait pas à comprendre, lui avait ordonné de faire cette chasse. Normalement, à quinze ans, on a d’autres soucis en tête mais apparemment, Mark ou Lauren s’en fichaient pas mal, ils l’avaient élevé en parfait chasseur depuis ses six ans, le frappant dès qu’il voulait jouer ou rire. Il avait été en cours en cachette au collège et au lycée mais il venait d’abandonner : c’est bien d’y aller mais c’est bien de pouvoir aussi étudier et quand on est sans arrêt en planque ou en recherches, ça devient impossible à faire. C’est pour toutes ces raisons que Dean avait décidé depuis le matin même de partir. Son sac était dans le coffre de la caisse qu’il avait fauché et il attendait le dernier vampire pour lui régler son compte. Il ne tarda pas et dix minutes après, Dean fonçait vers un avenir qu’il se promettait plus brillant que jamais. Il aurait bien tué ses parents avant de partir mais il avait pas trop envie de devenir un hors-la-loi, quoi.

Deux jours plus tard, Mark, le regard heureux et victorieux, embrassait une femme à un croisement de routes. Quatorze ans…c’est ce qu’il avait obtenu pour être très riche et satisfaire toutes ses envies…pour l’heure, il n’enviait pas trop Dean qui ignorait qu’il ne lui restait que quatorze ans à vivre, bien sûr. D’habitude le deal était de dix ans mais apparemment, on vous fait une petite rallonge quand on sacrifie un adolescent.



Printemps 2008 - Newcastle, Wyoming


Courant dans une ruelle, un homme avait entendu une femme crier et se précipitait à l’origine de ce cri. Arrivé au coin de la ruelle, il regarda en catimini de l’autre côté et vit un homme d’une vingtaine d’années violenter une jeune femme. Arme au poing, il se précipita et annonça :
« Police, on ne bouge plus ! »
Mais le violeur ne demanda pas son reste et partit en courant, le policier lui courant après et lui sautant dessus rapidement : le plaquant à terre, il lui mit les menottes et l’arrêta.
« Sal*****, pourquoi vous vous arrêtez jamais quand on vous le dit, vous avez de la cire humaine dans les oreilles ou vous avez une case de vide ? Oh, les deux, peut-être…Mais en tout cas, ça m’éviterait de vous courir après, dit-il en le relevant. »
Arrivé au poste de police, il confia la jeune femme perturbée aux soins d’une conseillère et mit en cellule le violeur, jetant ensuite les clés à un autre derrière un bureau :
« Alors, inspecteur, encore un d’arrêté ? Ca vous fera combien cette semaine ?sourit-il.
-Oh, j’en sais rien, sourit également Dean. C’est pas mon truc de les compter. J’y vais, à demain, Malcolm !
-Attendez, inspecteur. Vous avez toujours le rapport sur la fusillade de jeudi dernier à remplir et il le faut pour demain sans faute.
-Et m****…Je pensais y échapper…c’était même pas moi le responsable…
-Je sais, inspecteur…Tenez, dit-il en lui tendant la feuille que prit Dean avec une grimace.
-Qu’on me dérange pas au moins ! »
Assis derrière un bureau, Dean remplissait la feuille. Il avait horreur de ce genre de choses mais il fallait bien le faire, surtout dans son job. Malcolm frappa à la porte :
« J’avais demandé qu’on me dérange pas !grogna Dean.
-Je sais, inspecteur mais c’est une affaire urgente.
-Très bien, soupira-t-il en se levant. De toute façon, ce foutu rapport me donnait la nausée. Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Je vous présente Mrs Huxley. Elle est venue vous parler personnellement. Mrs Huxley, dit-il en montrant à Dean à une femme séduisante d’environ trente ans, voici l’inspecteur Dean Artwood.
-Mrs Huxley, enchanté de vous rencontrer, que puis-je faire pour vous ?demanda Dean en la regardant mais au même moment, les yeux de la jeune femme se voilèrent de noir, tendant tout le corps de Dean. Mais son subordonné ne vit rien.
-Oh, je veux juste vous parler…en privé, de préférence. Mais j’aimerais que cet homme, en désignant le subordonné de Dean, nous surveille à travers la fenêtre de votre bureau, ça vous va ?
-Euh…oui, bien sûr, répondit Dean, sachant très bien qu’il ne pourrait rien faire contre le démon. Veuillez entrer, en désignant son bureau.
-Merci, inspecteur, ironisa la femme derrière laquelle Dean referma la porte soigneusement.
-Qu’est-ce que vous voulez, exactement ? Je n’ai pas ennuyé vos congénères depuis quatorze ans, alors laissez-moi peinard.
-En fait, Dean, je viens vous voir car curieusement, ce n’est pas à cause de vous que vous avez des ennuis. Je tiens à vous informer et ça, je le fais à chaque fois dans cette catégorie, qu’il ne vous reste plus que deux heures à vivre.
-QUOI ??hurla presque Dean, faisant se retourner son subordonné derrière la vitre.
-Je sais, tout le monde réagit comme ça…
-C’est une menace ?se calma Dean, tentant de comprendre.
-Oh non, pas du tout chéri, les dés ont été jetés depuis longtemps à un carrefour, tu ne peux rien y changer.
-Un pacte a été conclu sur moi ?comprit Dean. Par qui ?
-Ton père, Mark Tanfield, il y a quatorze ans.
-Je vais le tuer, ce sal******…
-T’auras du mal, il est mort il y a deux ans, saoul dans un accident de voiture, sourit le démon.
-Et pourquoi quatorze ans et non dix comme d’habitude ?
-Le faire contre la volonté de la personne est différent et puis, t’étais pas majeur à l’époque, seulement un adolescent fugueur.
-Je préfère même pas savoir ce qu’il a eu en échange…réfléchit Dean à voix haute.
-De l’argent, essentiellement, tous ses désirs de satisfaits…D’ailleurs il a tué sa femme en revenant d’avoir signé le pacte. Et on dit que les humains sont mieux que les démons, laisse-moi rire…
-Mais vous avez pas le droit de faire ça, je demande à l’annuler, on peut pas sacrifier une personne comme ça, surtout un enfant, c’est contre les règles !
-C’est vrai mais Mark s’y connaissait en matière de règles et a fait et dit ce qu’il fallait pour ça. Seule une tierce personne pourrait s’y opposer mais toi comme moi savons très bien que tu n’as plus aucune famille, sourit-elle en connaissant pourtant très bien la vraie identité de Dean.
-Et m****…Allez-vous-en avant que je vous exorcise devant tout le poste de police, menaça Dean en évitant de la regarder.
-Désolée, mon chou, dit-il en se levant…dommage pour toi qui avais décroché mais au moins, rassure-toi, tu vivras des choses plus palpitantes en enfer qu’ici dans ta misérable vie. »
Elle quitta la pièce ensuite, laissant Dean tellement anéanti qu’il n’arrivait plus à bouger. Les yeux fixés sur l’horloge, il avait l’impression que les minutes passaient beaucoup trop vite pour que ça soit normal. Et dire qu’il ne connaissait plus personne dans la chasse qu’il aurait pu contacter pour tenter de défaire son pacte…Quand il avait fugué cette nuit-là, il avait pris soin de laisser derrière lui et d’effacer de sa mémoire autant qu’il le pouvait tous les noms et contacts de chasseurs connus de ses parents. Il était plus naïf et inconscient à quinze ans qu’il ne l’aurait cru…Mais comment aurait-il pu savoir que son propre père, à peine parti de chez lui, lui tirerait une balle dans le dos et qu’il n’en ressentirait la douleur que quatorze ans plus tard ? Il ne pouvait pourtant rien faire pour retarder l’échéance ni même fuir assez loin, il le savait pertinemment et ses parents l’avaient habitué à l’idée que l’espoir n’était qu’un leurre. Donc il ne fit rien pour s’en défaire, sachant très bien qu’il était bien trop tard pour ça…
Rapidement, il arriva 23h30 et il dut bouger de son apathie pour faire ce qu’il fallait.
« Eh, Malcolm ! Je vais dans le bois de la ville pour une enquête sur des attaques de loups…
-Des attaques de loups ?demanda le subordonné nommé Malcolm. Qu’est-ce que c’est que cette enquête ?
-C’est cette femme…qui est venue me voir qui m’en a parlé. Je vais seulement y jeter un coup d’œil, je reviendrais au ptit matin finir mon rapport. A tout à l’heure !lança Dean avec un pincement de cœur, sachant très bien ne jamais revenir dans ce lieu qui avait été sa maison plus qu’aucune autre.
-Faites attention, inspecteur et appelez des renforts si besoin, dit Malcolm avant que Dean ne franchisse la sortie, sachant très bien que Dean préférait ne jamais en appeler. »

Le bois n’était pas très loin, il ne lui fallut que dix minutes pour l’atteindre et dix autres pour s’enfoncer assez profondément, afin que ses cris, s’il y en avait, n’affolent pas trop la population. Il allait à ce rendez-vous, tellement empli de sentiments de solitude et de regrets qu’il en avait mal dans la poitrine, c’en était atroce. Ces regrets, il ne les connaissait que trop, il aurait tellement aimé vivre dans une famille aimante pour laquelle il se serait sacrifié sans hésitation et à qui il aurait pu parler sans détour de tout ce qui trottait dans sa tête. Mais non, justement, il n’avait personne…Personne ne l’aimait, personne ne l’avait aimé et personne n’aurait jamais l’occasion de l’aimer et lui-même, il le regrettait amèrement, n’aimait personne. Et cette solitude…elle avait fini par l’anéantir à force…jamais il n’avait rencontré une fille qui puisse l’intéresser vraiment, seulement des filles d’une nuit…Mais bien sûr, aucune d’elle n’avait su remplir ce vide à l’intérieur de lui.
Assez enfoncé dans le bois, Dean s’arrêta et s’adossa contre un arbre, buvant une dernière gorgée de sa petite bouteille d’alcool qu’il prit quand même soin de ranger dans sa veste. Il avait gardé soigneusement dans sa poche intérieure aussi son badge et sa plaque, au cas où on aurait du mal à l’identifier. Il ne voulait pas être pris pour un John Doe non plus et c’est aussi pour ça qu’il avait voulu que son subordonné sache où il était.
Cinq minutes…C’est tout ce qui lui restait et il n’avait qu’une légère appréhension… Etrange…peut-être qu’en même temps il se sentait soulagé…oui, soulagé que cette vie, qu’il avait continué de détester, s’arrête enfin. Même en ayant changé de vie, en ayant laissé ses parents et la chasse derrière lui, il s’était toujours senti mal dans sa peau, comme pas à sa place, vivant davantage comme un automate qu’autre chose. Personne ne l’avait jamais aimé, alors à quoi bon vivre ?
Ce fut quand les grognements retentirent que son sang se glaça dans ses veines. Il ne résista pas quand les chiens de l’enfer se jetèrent sur lui et lui déchiquetèrent la poitrine, le faisant souffrir alors comme il n’avait jamais souffert. Des larmes de douleur s’échappèrent de ses yeux serrés et il se sentit partir…Mais il finit par murmurer avant de mourir, sans en être conscient, un nom oublié depuis des décennies, un nom plus réconfortant qu’aucun autre pour lui :
« Sammy… »


Quatre jours plus tard - Sioux Falls, Dakota du Sud

Un jeune homme parcourait un livre, feuilletant plus qu’il ne le lisait, l’esprit ailleurs, un malaise intérieur l’ayant pris quelques jours auparavant.
« Hé, Sam ! Viens là !dit un homme barbu, raccrochant son portable.
-Qu’est-ce qu’il y a, Bobby ? T’as trouvé quelque chose sur Lilith ?
-Euh…non, pas du tout. Assis-toi, je t’en prie, dit Bobby, assez embarrassé.
-C’est si grave que ça ? T’as pas fait cette tête depuis la mort de Papa.
-J’étais en ligne avec l’un de mes vieux potes, Rufus…Il m’a appris une nouvelle bizarre…Dans le Wyoming, un homme d’environ trente ans a été trouvé mort dans un bois, la poitrine déchiquetée…
-Son cœur était encore là ?
-Oui…
-Pas de loup-garou alors…Ca peut être une créature surnaturelle assoiffée de sang ou un pacte démoniaque avec les chiens de l’enfer qui ont fait ça, ça serait pas la première fois, déclara Sam, je vois pas ce qu’il y a de bizarre là-dedans.
-Eh bien, Rufus m’a dit qu’un chasseur venait d’aller enquêter là-bas et qu’il semblerait que c’était un inspecteur de la ville en question. Il n’avait plus aucune famille, était célibataire…
-Bobby, viens-en au fait !dit Sam, soudain pris d’un doute.
-Il a recherché sa famille mais vu qu’il avait changé son nom, ça a été dur mais il a réussi…Ce couple n’était pas censé avoir d’enfant selon les voisins mais ils ont vu un jour un gosse de quatre ans débarquer dans cette maison…
-Non, ne m’dis pas que c’est lui !s’affola Sam en pâlissant.
-Personne n’a su qui était ce gamin arrivé de nulle part mais son prénom est resté le même apparemment…continua Bobby.
-Dean…murmura Sam. C’est pas possible, ça peut pas être lui, Bobby, ton ami se trompe !
-Le chasseur a envoyé une photo à Rufus et avec certains procédés, Rufus l’a identifié : c’est bien Dean…finit par murmurer Bobby, anéanti.
-Non, j’y crois pas…Ca ne peut pas être vrai…Mon grand frère que Papa a recherché durant toute sa vie avant de le croire mort, a en fait été élevé par un couple ordinaire voleur d’enfants, était en vie durant toutes ces années, vient de mourir et son âme est allée en enfer ?
Et pourquoi aurait-il passé un pacte en plus de tout ?
-Apparemment, c’est son…enfin, l’homme qui l’a enlevé, qui a vendu l’âme de Dean quand il n’avait que quinze ans…
-Mais…c’est horrible ! Faire ça à l’adolescent qu’on a kidnappé et qu’on a élevé ? Ce deal n’aurait jamais dû marcher pour un gosse non majeur.
-Je sais mais les démons savent s’y prendre apparemment, tout comme des humains aussi cruels que des démons.
-Bobby, dit Sam après quelques minutes pour digérer la nouvelle, son regard bouleversé devenu déterminé, viens, on va dans le Wyoming.
-Pourquoi ?
-D’abord, pour savoir qui était mon frère et ensuite pour le ramener. »


Deux jours après, les deux chasseurs étaient à Newcastle, se faisant passer pour des agents du FBI. Demandant à rester seuls dans la salle de la morgue, Sam était aussi pâle que les résidents de la pièce.
« Sam, ça va ?demanda Bobby, inquiet.
-Oui, ça va aller, Bobby, je veux juste qu’on en finisse…
-Très bien, t’es prêt ?demanda Bobby qui était lui-même très anxieux et inquiet. »

Un hochement de tête lui confirma et il ouvrit la porte du tiroir au nom de Dean Artwood. La respiration haletante, saccadée, tremblant légèrement, Sam n’arrivait pas à regarder la personne qui était étendue devant lui. Il n’entendait même pas Bobby qui restait aussi silencieux qu’une tombe, respirant à peine également. Enfin, prenant une grande inspiration teintée de quelques larmes dans les yeux, Sam baissa les yeux et regarda qui avait été ce frère si longtemps disparu et qu’il n’avait jamais connu. Dès qu’il le vit, Sam ne fut pas étonné, comme si…comme s’il l’avait toujours connu et comme si les quelques photos de lui que lui avaient montré leur père l’avaient toujours préparé à le reconnaître. Oui, il savait que c’était lui, ce grand frère qu’il aurait tant aimé connaître et apprécier. Il n’avait aucune blessure sur le visage, comme s’il n’avait été qu’endormi. Sam aurait tout donné pour que ces yeux, dont il ne se souvenait pas de la chaleur, rayonnent à nouveau et lui fassent goûter à une fraternité qu’il avait toujours tant désirée.

Ils réussirent à faire en sorte d’emmener son corps aussi discrètement que possible et Sam insista une fois de plus pour l’enterrer et non l’incinérer comme le demandait Bobby. Sam ne put prononcer aucune parole pendant qu’ils l’enterraient, à l’orée du bois, sa gorgée trop serrée pour dire quoique ce soit, pensant à son frère souffrant les pires tortures en enfer alors qu’il ne l’avait jamais demandé. Il pensa aussi beaucoup à son père qui l’avait cherché avec tant d’acharnement et s’était désespéré à ça, pleurant souvent et culpabilisant de ne pas l’avoir assez bien protégé. Contrairement à son père durant les dernières années, Sam avait toujours conservé un léger espoir, sentant son frère en vie quelque part mais il n’aurait jamais cru le retrouver alors qu’il était trop tard. Les larmes coulant sur ses joues toujours aussi pâles, Sam décida de tout faire pour le ramener, dont contacter Ruby le lendemain même.

Mais Dean était à l’endroit même où les démons le voulaient et Sam ne put convaincre aucun démon, conclure aucun deal, ouvrir aucune porte et finit par abandonner pour se donner à sa vengeance contre Lilith qu’il sut responsable du deal de son frère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 14 Mai - 18:42

Chapitre 4 : Un passé trouble

Automne 2008 - Newcastle, Wyoming


Du sang, des cris, de la chair déchiquetée et brûlante, encore du sang, des hurlements…et une culpabilité que rien ne pourrait effacer…

Ouvrant soudainement les yeux, Dean était dans l’obscurité totale : farfouillant sur lui, il trouva un briquet qu’il alluma : il se vit alors allongé dans une caisse un bois…un cercueil ? L’affolement prit le pas sur la surprise, suffoquant et tapant contre le couvercle, appelant désespérément à l’aide avec sa voix qui n’avait presque plus de souffle… L’oxygène lui manquait de plus en plus. Il réussit à défoncer quand même un morceau de bois du couvercle, la terre tombant directement sur lui.
Plusieurs minutes après, sa main rencontra enfin de l’espace et il put sortir à l’extérieur, prenant une énorme bouffée d’air.
Mon Dieu que ça faisait du bien de respirer de l’air frais. Ayant sorti tout son corps à l’extérieur de la tombe, il put pleinement apprécier ce sentiment et resta quelques minutes allongé par terre, appréciant ce seul fait d’être en vie. Se mettant enfin debout, il cligna des yeux tellement le soleil l’aveuglait soudain et n’en crut pas ses yeux : tous les arbres autour de sa tombe étaient couchés à terre, déracinés comme si la force gigantesque qui l’avait sortie de l’enfer avait déployé de grands moyens. Ca eut l’effet de lui couper le souffle.
Il se reprit et partit de là, rencontrant non loin un petit ruisseau où il enleva la fine couche de terre restée sur ses vêtements et se nettoyant le visage en même temps. Puis, il fit la seule chose qui lui paraissait censée : se rendre au poste de police et savoir depuis combien de temps il était parti. Il y arriva une dizaine de minutes plus tard, ne rencontrant âme qui vive sur son chemin :
« Eh Malcolm ! Ca fait rudement plaisir de vous revoir !s’écria Dean en souriant, en voyant le jeune homme dans le bureau, lequel sursauta tellement qu’il en devint très pâle.
-Inspecteur Artwood ? Mais…mais…vous êtes mort !dit-il en reculant, comme si Dean n’était qu’un zombie.
-Ben non, apparemment, si j’suis là, c’est que j’suis bien vivant…j’étais juste…dans le coma…dit Dean, trouvant la meilleure réponse.
-Dans le coma ?répéta-t-il. Mais inspecteur, vous aviez de telles blessures : vous aviez la poitrine en lambeaux et je parle pas de tous vos organes qui…
-D’accord, arrêtez, j’ai compris mais bon, ils m’ont réparé tout ça à l’hôpital où j’étais et ils…ils ont sûrement vu que j’étais encore en vie.
-On vous avait mis à la morgue !insista le jeune homme.
-C’est pour ça que j’ai encore les pieds gelés, j’suppose, sourit Dean.
-Ce sont alors ces deux agents du FBI qui ont vu que vous étiez encore vivant, je vois que ça…pensa Malcolm tout haut.
-Quels agents ?s’inquiéta Dean soudain.
-Deux hommes, un homme assez âgé et un assez jeune. Ils sont allés à la morgue et quand je suis allé vous voir, vous aviez disparu. On en a conclu que c’étaient eux les responsables mais on a trouvé aucune trace d’eux ou de vous, alors on a clôt l’enquête.
-On tient à moi ici, ça fait peur…Mais ils m’ont déposé dans un hosto et ça va, c’est le principal. On va reprendre notre routine d’avant et…
-Euh…inspecteur…vous n’êtes plus…inspecteur, dit-il. On vous a remplacé vu qu’on vous croyait mort.
-C’est rapide, dites donc !
-Non, ça fait quatre mois que vous êtes mort.
-Ah…dit Dean, surpris. En effet, le temps passe vite. Maintenant que je suis là, je peux reprendre ma place, je serais sympa avec mon remplaçant, promis, sourit-il.
-Non, vous ne comprenez pas, il va rester ici, vous…vous n’avez plus de…
-Ok, soupira Dean en baissant la tête, je comprends, n’insistez pas. Merci de m’avoir expliqué. »

Dean sortit, tellement penaud et désemparé qu’il traversa la route sans regarder. Il faillit être renversé par une voiture qui s’arrêta à temps à quelques centimètres de lui. Sans prendre garde à cet incident ou même au conducteur qui lui hurla dessus, Dean continua son bonhomme de chemin, droit devant lui. Toutes ces années, il n’avait donné du sens à sa vie que dans son travail, il n’avait vécu que pour ça. Et maintenant, tout était fini. Un sal***** de démon l’avait tiré de l’enfer et à son retour, il découvrait que tout avait changé et qu’il n’y avait plus de place pour lui dans cette vie. Il passa machinalement à son appartement, encore sous scellés, les brisa et farfouilla sous la lame du parquet de sa chambre dans laquelle il prit un revolver, son revolver fétiche qu’il avait toujours pris soin de cacher. Il datait de quand il chassait mais il l’avait toujours entretenu, au cas où. Le reste de l’appartement n’avait plus rien d’autre, tout avait été débarrassé mais de toute façon, il ne tenait à rien en particulier sauf à son revolver trop bien caché pour être trouvé.
Une minute après, il sortit sans même prendre le soin de fermer la porte et continua sa route plus comme un fantôme qu’autre chose. Pourquoi quelqu’un l’avait sorti de l’enfer ? C’est vrai qu’il était plutôt content de ne plus y être mais quand même, il avait l’impression de vivre un genre de cauchemar, comme l’avait été toute sa vie jusqu’ici. Marchant sans arrêt, il ne vit même pas qu’il quittait la ville qu’il n’avait jamais quittée depuis des années. Il marchait, c’est tout, sans but, ne pouvant même pas avoir une vengeance en tête ou une personne à qui penser et à rejoindre.


Le lendemain soir, à une dizaine de kilomètres de Sundance, Wyoming

Alors que ses pas le menaient au hasard, tard le soir, à proximité d’une vieille usine, il entendit des cris. Ce seul son eut l’effet de le sortir de sa morosité et sans réfléchir, il courut en sortant son arme jusqu’à l’origine des cris. Parmi des gravas, deux hommes étaient à terre, l’un d’âge mûr, barbu et l’autre plus jeune et assez grand. Tous deux étaient inconscients. Un démon était prêt à les tuer quand Dean lui tira dessus. Bien sûr, ça n’eut pas beaucoup d’effet mais Dean le savait pertinemment. Le démon, sourire aux lèvres, s’approcha :
« Eh bien, eh bien, le fils prodigue de retour parmi nous ? On t’avait envoyé en enfer pourtant ? Dommage…je vais t’y réexpédier en colis express.
-J’crois pas, non, sourit Dean en lui envoyant de l’eau bénite en plein visage. »
Heureusement qu’il avait mis machinalement un flacon avec son arme sous le parquet. Le démon, en colère, le projeta quelques mètres plus loin. Mais il n’eut pas le temps de davantage s’en prendre à Dean qu’un homme arriva de nulle part dans une lumière blanche très intense : le démon n’eut pas le temps de s’enfuir que cet homme le projeta à terre violemment et mit sa main sur son front, une lumière s’échappant de ses yeux et sa bouche. Le démon s’écroula ensuite, mort.
Dean, surpris, avait regardé toute la scène silencieusement et se releva quand l’homme s’approcha, prêt à riposter avec son arme. L’homme, vêtu d’un imper beige, mais que Dean voyait toujours enveloppé d’une intense lumière, s’agenouilla près des deux hommes inconscients et sourit quand il sentit leur pouls. Puis il se redressa et regarda Dean :
« Bonjour, Dean, je souhaitais vivement te rencontrer au plus tôt.
-Qui êtes-vous ?dit-il, un peu craintivement.
-Je m’appelle Castiel, je suis celui qui t’a sauvé de l’enfer.
-Merci mais vous êtes quoi ?
-Je suis un ange du Seigneur, Dean, je pensais que c’était évident.
-N’importe quoi…pourquoi un ange me sauverait moi ?
-Je ne peux pas te le révéler pour l’instant…
-Comme vous voulez mais de toute façon, j’y crois pas, vous n’êtes pas un ange, les anges n’existent pas…
-Comment peux-tu dire ça alors que tu vois ce que de rares humains ont eu l’occasion de voir ?
-De quoi vous parlez ?dit Dean en continuant à plisser les yeux devant cette lumière.
-Tu ne vois pas seulement l’homme que j’habite mais aussi ma véritable apparence à travers lui et je suis certain que si tu me voyais sans mon vaisseau, tu entendrais et comprendrais ma voix aussi.
-C’n’est pas parce que je vous vois briller comme une torche électrique que ça veut forcément dire que vous êtes un ange, mon pote.
-Et quelle autre explication donnes-tu à ce phénomène ?
-Ben…j’en sais rien, moi…
-Alors, regarde ceci, et retiens-le, je ne le ferai pas une deuxième fois… »
D’un seul coup, Dean recula d’un pas tellement il fut impressionné : d’immenses ailes s’étendirent en un éclair de chaque côté de Castiel, aussi brillantes et lumineuses que le reste de son corps mais ces ailes étaient tellement impressionnantes et magnifiques, vues de son point de vue que Dean en resta interloqué. De plus, il eut soudain la conviction profonde que Castiel ne mentait pas, il sentit dans tout son être qu’il était bien face à ce qu’il n’avait jamais admis comme existant. Des frissons le parcoururent de part en part.
Castiel redevint alors tel qu’il lui était apparu :
« Ok…soupira Dean en ayant toujours du mal à le regarder. Mais rentre en toi cette lumière, c’est trop éblouissant…
-C’est à toi de te concentrer, moi je ne peux rien faire. Concentre-toi pour l’intérioriser dans mon corps et tu pourras me regarder normalement. »
Dean le fit et peu après, Castiel lui apparaissait comme un être normal, même s’il résidait toujours en lui une chaleur intense qui faisait de Castiel un être différent.
Après un regard aux deux hommes encore inconscients, Dean tourna les talons :
« Bon, j’me casse, emmène ces deux-là à l’hôpital ou soigne-les, ils n’ont pas l’air en forme.
-Dean, tu ne peux pas partir maintenant, il faut… »
Mais Dean n’avait rien écouté et était parti rapidement, ne voulant surtout pas être impliqué dans quoique ce soit car il sentait que ça pourrait être déjà le cas.

Castiel ramena les deux hommes à leur motel. Ils se réveillèrent quelques heures plus tard.
« Comment on s’en est sortis ?demanda Sam en se relevant, groggy. Ce démon allait nous tuer…t’es arrivé juste à temps, je suppose ?
-Non, ton frère vous a sauvé, dit Castiel, calmement, comme une évidence.
-Mon…mon frère ? Attends, j’ai du mal comprendre, là…Tu parles de Dean ?
-Pourquoi parlerais-je de quelqu’un d’autre ?
-Il est vivant ?demanda Bobby, tout aussi interloqué que Sam.
-Oui, je l’ai ramené de l’enfer hier. Je vous l’avais dit.
-Tu nous as aussi dit que tu n’arrivais plus à le trouver et j’ai cru, j’sais pas moi, que tu l’avais perdu en route et que t’osais pas nous le dire !s’écria Sam.
-Il est en vie et très proche d’ici, c’est l’essentiel, conclut Castiel.
-Et…et comment il est ? En forme ? Il a dit quelque chose sur moi ?
-Ton frère ne sait encore rien sur sa vraie identité mais l’important est le fait qu’il peut voir ma véritable apparence et sûrement entendre ma voix.
-Quoi ? Y a des humains qui peuvent faire ça et Dean aussi ?demanda Bobby.
-Oui mais ils sont rarissimes et c’est essentiel que Dean en fasse partie, on ne pouvait pas espérer mieux.
-Pourquoi, je comprends pas ?demanda Sam.
-Vous le saurez en temps voulu, dit Castiel avant de disparaître.
-Génial…dit Sam en secouant la tête. Mon frère est de nouveau en vie mais j’ignore où il est, encore une fois.
-Réfléchis, Sam. Si ton frère était sur une route à cette heure, tu crois pas que sa vie est partie en vrilles et qu’il sait plus où aller ? Il doit pas être loin, sûrement dans un motel proche de l’usine. Un chasseur laisse des traces, crois-moi. »
Ils cherchèrent alors, donnèrent plusieurs coups de téléphone et eurent l’impression enfin qu’il était dans un motel à une dizaine de kilomètres de l’usine concernée. Ils ramassèrent rapidement leurs affaires et deux heures après, ils y étaient.

Sundance, Wyoming

« Sam, tu vas frapper oui ou m**** ?grogna Bobby.
-Tu t’rends pas compte, toi ou Castiel…affirma Sam, le regard figé sur la porte de la chambre. Je le cherche depuis toujours, Papa l’a fait avant moi…là, il revient de l’enfer…et je devrais me comporter normalement ? »
Mais Bobby grogna une fois de plus et frappa lui-même à la porte. Quelques secondes après, Dean, les yeux ensommeillés, ouvrit la porte et les reconnut :
« Qui êtes-vous ? C’n’est pas parce que je vous ai sauvé les fesses dans cette usine que vous avez le droit de déranger les gens en pleine nuit !
-Dean…écoute…commença Sam.
-Non, toi, écoute, dit Dean d’un ton autoritaire. Je supporte pas qu’on vienne me réveiller comme ça, alors foutez le camp, c’est pas le bon moment pour causer de démons, d’anges ou de je-ne-sais-quoi d’autre !
-Dean, je suis ton frère !s’écria Sam sans le vouloir. Mais l’instant d’après, il s’en voulut de l’avoir dit aussi vite.
-Quoi ?demanda Dean, fronçant les sourcils.
-Tu nous as été enlevé à moi et Papa quand tu n’avais que quatre ans. Ceux que tu crois être tes parents le sont pas, crois-moi, je t’en prie.
-Et pourquoi je croirais un inconnu ?
-Tiens, regarde, dit Sam en sortant une photo de sa poche, c’est nous quatre, toi, t’es là à droite et moi, je suis le bébé que Maman tient dans ses bras. Tu dois bien savoir que c’est toi là ?
- Ecoute, dit Dean, assez troublé après avoir regardé longuement la photo qu’il avait prise en main, je ne connais pas ces gens et puis, tous les gosses se ressemblent à cet âge.
-Tu t’souviens pas de faits étranges à cet âge environ, que t’étais pas à ta place ?tenta Sam, malgré l’air peu engageant de Dean. Aucun souvenir, rien ? Car tu t’appelles Dean Winchester…Winchester et pas un autre nom. On avait comme parents Mary et John Winchester et moi, c’est Sam. Crois-moi, j’t’en prie ou essaie de te souvenir de quelque chose au moins !
-Non, je m’souviens de rien, désolé, mon vieux, tu perds ton temps, je suis pas celui que tu cherches, dit enfin Dean en leur fermant la porte au nez. »

Derrière la porte, Sam avait les larmes aux yeux, prêt à s’effondrer : ça faisait tellement longtemps qu’il attendait ces retrouvailles qu’il les avait imaginé de mille manières et toujours chaleureuses. Il était déçu à un point qu’il n’aurait pas cru…mais Bobby lui posa une main réconfortante sur l’épaule qui l’aida. Son vieil ami lui sourit pour le réconforter et Sam pensa qu’il lui faudrait du temps pour convaincre Dean mais qu’il en faudrait sûrement aussi pour que son frère se fasse à cette idée. Ils prirent alors une chambre à deux lits juste à côté de celle de Dean, au cas où.

De l’autre côté du mur, Dean restait debout, perturbé plus qu’il ne l’avait jamais été, même par l’apparition de cet ange. Il avait gardé la photo de cette famille à la main et la déposa sur une table, ne voulant plus la regarder mais ne sachant pas lui-même pourquoi il ne l’avait pas redonnée à ce jeune homme qui lui avait pourtant semblé si sincère. Mais il ne pouvait pas croire qu’il avait eu des parents qui n’étaient pas les siens et qui avaient été encore plus pourris qu’il ne l’avait imaginé. Déjà que sa vie n’avait été qu’un monticule de déceptions et de tristesse, alors savoir que vos parents n’étaient que des voleurs d’enfants, ça devenait insupportable. Il finit quand même par s’allonger et au bout d’un temps qui lui parut interminable, il s’endormit.

*Un flash douloureux…
Une impression que quelque chose n’allait pas…l’entrée dans une chambre d’enfant…un regard vers le plafond qui le glaça d’horreur…une femme, aux longs cheveux blonds, l’abdomen en sang, fixée au plafond, le suppliant de partir…le feu, le feu envahissant la chambre qu’il venait de quitter…un homme qui lui mettait un bébé dans les bras…ce sentiment de devoir protéger plus que tout ce petit être dans ses bras…la fuite à l’extérieur de la maison…le même homme sortant et le prenant dans ses bras loin de l’explosion de la maison…*

*Un autre flash tout aussi douloureux…
Il devait se souvenir…groggy dans un lit d’enfant, il voulait se souvenir…alors il se remémorait ces souvenirs si chers…une femme, sa maman, qui lui souriait si tendrement…le couchait dans son lit…lui préparait des cookies…l’embrassait avec tant de tendresse…son papa si en forme et le prenant dans ses bras, le lançant en l’air…ses rires…Des drogues prises encore et plus rien…cette ardoise était devenue nette…mais il répétait en boucle en murmurant le même prénom…Sammy, Sam, Sammy…De nouvelles drogues données par des gens inconnus et pourtant reconnus…Se souvenir…toujours…Sammy…Sam…S…D’un seul coup, le murmure ne se finit pas et la drogue avait raison de lui…*

Ne jamais oublier…Il n’aurait jamais dû oublier…Mais maintenant il n’oublierait plus jamais…Alors, il le cria…oui, Dean le cria, il ne voulait plus jamais l’oublier, ni ce nom ni autre chose. Il se réveilla en le criant :
« SAM !!!! SAMMY !!!! SAM !!!!!!!!!!!! »
Alors, sa porte fut ouverte à la volée et Sam et Bobby se précipitèrent pour trouver Dean assis dans son lit tellement bouleversé qu’il faisait peine à voir. Le visage désespéré, des larmes coulaient avec abondance sur ses joues et il tremblait de tous ses membres, tenant sa tête dans les mains. Le mouvement fut automatique et Sam s’avança, comme s’il l’avait toujours fait, et le prit dans ses bras, Dean sanglotant alors comme il ne l’avait pas fait depuis son enfance. Ni Sam ni Bobby n’auraient cru que cette émergence de souvenirs serait si soudaine ni si douloureuse mais elle était arrivée et ils avaient été là, c’était l’essentiel. Dean ne se calma pas de la nuit mais tous trois restèrent silencieux : Dean, détaché des bras de Sam, restait tremblant dans son lit, les larmes continuant de couler sur ses joues, le visage très pâle, le regard fixé sur quelque chose que ni Sam ni Bobby ne pouvaient voir. Sam avait posé une couverture sur les épaules de Dean, resté assis dans son lit tellement il semblait avoir froid. Il le regardait avec tendresse, espérant lui donner de cette chaleur humaine dont son frère avait tant manqué.
S’apercevoir d’un seul coup que votre vie n’a été pratiquement que mensonges perturbe énormément, même un homme de la trempe de Dean. Alors, il restait là, attendant que ce malaise se passe et qu’il y ait un déclic qui pourrait le sortir de cette catatonie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 14 Mai - 18:43

Chapitre 5 : Accepter l’évidence

Durant la journée entière, Dean resta dans la même position ou presque. Au bout de quelques heures, il s’adossa, toujours silencieux et comme l’esprit ailleurs, et finit par s’endormir. Sam resta sans cesse à son chevet, ne se lassant pas d’être à ses côtés. Il avait tellement rêvé de ces moments-là avec son frère, son grand frère, ce Dean dont son père lui avait tant si souvent parlé, qu’il ne pouvait s’empêcher de vouloir échanger les rôles : c’était lui qui devait le protéger, et tant pis si c’était lui le cadet, son frère avait besoin de lui et il serait toujours là. Bobby sortait de temps en temps pour recevoir des appels de chasseurs qui lui donnaient des infos ou lui en demandaient mais Sam ne bougeait pas, comme si décoller de sa place aurait ressemblé à un abandon. Plusieurs fois son téléphone vibra sur le nom de Ruby mais il n’y prit pas attention, sachant très bien ce qu’elle lui demanderait et ne souhaitant surtout pas rompre cette synergie avec Dean.

Le soir venu, le sommeil de Dean devint pourtant plus agité.
Des cris…des gémissements…du sang…la chair déchiquetée…
Sans cesse, la même séquence se revivait dans l’esprit de Dean. Respirant avec peine, il avait l’impression d’étouffer et de sentir encore cette odeur si omniprésente en enfer…Essoufflé, il ressentit de nouveau la douleur insupportable, il se sentit de nouveau tellement mal qu’il se réveilla en sursaut, le visage en sueur, son corps tremblant encore. Il vit alors un jeune homme assis à côté de lui, le visage inquiet, n’osant prononcer aucune parole. Alors, il se souvint. Les souvenirs prirent le pas sur la surprise de ne pas être seul comme il l’était depuis très longtemps. Mais il ne savait comment réagir, tout était tellement embrouillé dans son esprit qu’il ne savait comment démêler le vrai du faux. Et soudain, alors qu’il réfléchissait à la meilleure manière de débrouiller les choses, le cauchemar dont il venait de sortir lui rappela, comme un coup de bâton, une parole qu’il n’avait jamais bien comprise. Et alors il sut que c’était la vérité et qu’il avait été enlevé : que ce type à côté de lui était bien son frère…
« Alors…commença Dean en s’éclaircissant la voix. Comment tu m’as retrouvé ?
-Par hasard…mais attends…tu m’crois maintenant ? Comment ça se fait ? C’est les souvenirs de ton enfance qui t’ont…
-En partie, oui même s’ils sont embrouillés. En fait, bizarrement, la seule chose que je voulais retenir plus que tout c’était un nom…Sam…le tien alors, je suppose. Je m’souviens que je m’y rattachais comme à une bouée de sauvetage…
-Oh…se contenta de dire Sam, soudain ému que ce soit lui dont son frère avait voulu se souvenir avec autant de force.
-Mais y a aussi une chose…en enfer…dit Dean, en faisant soudain écouter son frère encore davantage…je m’souviens seulement d’une chose là-bas, c’est une parole…d’un démon assez puissant…il m’disait souvent ça et j’ai fini par le retenir sans savoir ce que ça voulait dire. Il disait : “t’arriveras à craquer, Winchester…” Donc, je suppose que les démons connaissaient ma vraie identité.
-Je m’en doute, oui…mais Dean, pourquoi disait-il que t’allais craquer ?demanda Sam, soucieux.
-Ah…j’en sais rien non plus, je m’souviens de rien d’autre sur mon séjour là-bas…
-Vaut mieux alors, mais Sam vit que Dean lui cachait des choses importantes. »

Un silence plus qu’embarrassé suivit ce court échange de paroles. Les deux frères se regardaient à tour de rôle, sans jamais rencontrer le regard de l’autre, s’observant, souhaitant plus que tout se connaître mais n’arrivait pas à aller plus loin dans leur discussion. Le téléphone de Sam vibra de nouveau et quand il vit que c’était Bobby, Sam décrocha, rompant le lourd silence :
« Yep, Bobby, qu’est-ce qu’il y a ?
-T’en es où avec Dean ?
-Ca va aller, je pense…n’osa pas en dire davantage Sam, sachant très bien que Dean écoutait.
-Bon, ok, c’est pas l’enthousiasme, à ce que je vois…Ecoute, je suis reparti étudier certains présages…Alors, un conseil, gamin, si tu veux apprendre des choses sur ton nouveau frère, emmène-le sur une chasse, y a rien de tel pour apprendre à se connaître tout en parlant d’autre chose.
-Ok, Bobby mais t’en as une sous la main ?
-Evidemment, sinon j’en parlerai pas, imbécile heureux. C’est à Miles City, dans le Montana, vous n’êtes pas trop loin et puis, la route, ça crée des liens.
-Et c’est quoi ?
-Tu verras en t’activant les méninges. Mais ça sera pas trop dur pour que vous deux vous ayez le temps de discuter un peu.
-Merci, Bobby, j’te tiens au courant.

-C’est qui ce Bobby, si c’est pas trop indiscret ? Ton oncle ou quelqu’un comme ça ?demanda Dean, une fois que Sam eut raccroché.
-Euh…pas vraiment un oncle au niveau du sang mais je l’ai toujours considéré comme ça. C’était le meilleur ami de Papa…
-Ah…dit Dean en se levant, les membres encore ankylosés.
-Ca te dirait une affaire dans le Montana ?osa demander Sam, frileux.
-Une chasse ?demanda Dean en se retournant vers lui, le visage soudain en colère.
-Navré, Dean mais je pensais pas que tu serais contre…
-Ecoute…c’est pas ta faute mais depuis toujours j’ai vu la chasse comme mauvaise, tellement mauvaise que j’ai abandonné et tout laissé tomber quand j’avais quinze ans… La chasse, c’est mauvais car lié à ceux qui m’ont enlevé, tu comprends ça ?
-Oui, je le comprends, dit Sam, après quelques instants, Dean lui ayant coupé la voix. Mais là, c’est différent…
-Différent en quoi ?
-Par plusieurs choses. Ceux qui t’ont enlevé t’ont appris d’une certaine façon alors que moi, Papa m’a appris d’une manière qui va te plaire, tu verras… Et puis, à ce que je vois, tu détestais ces deux personnes et tu avais raison…mais là, c’est chasser avec moi, personne d’autre, Dean, rien que toi et moi…
-Non, écoute…
-Je t’en prie, fais un ptit effort, ok ?supplia Sam, sentant qu’il perdait une fois de plus son frère. On vient juste de se retrouver… Ca ne représente peut-être rien pour toi, tu ne te souvenais même pas que t’avais un frère, je l’comprends…mais moi…j’ai attendu toute ma vie de te revoir un jour, Dean, alors je t’en supplie, me laisse pas tomber et viens dans le Montana. Fais-le pour moi et fais-le aussi surtout pour toi. T’as sûrement été seul durant longtemps mais là, je t’donne la chance d’avoir un frère et je t’décevrais pas, Dean, je te l’jure, finit Sam, les larmes aux yeux. »
Dean regarda longuement Sam avec un regard mêlé de surprise et de trouble. Jamais il n’aurait pensé qu’une personne tiendrait suffisamment à lui pour lui tenir un tel discours, c’était à l’encontre de tout ce qu’il avait connu chez ses parents, ou plutôt chez ses kidnappeurs. Il avait tellement souvent formulé le vœu d’être aimé par un parent qu’il avait fini par croire que c’était un vœu impossible à réaliser. Et là, alors qu’il s’y attendait le moins, un frère se présentait à lui sur un plateau…un frère qui ne demandait qu’à l’aimer et à être aimé, deux choses que Dean avait tant souhaité et tant regretté, même avant de mourir. Troublé par les larmes de son frère et souhaitant, pour la première fois, le connaître davantage, Dean se contenta d’hocher la tête, ne pouvant pas accepter oralement quelque chose qu’il avait haï pendant des années.
Mais pour Sam, ce fut une victoire et il regarda son frère avec un grand sourire.

Quand ils eurent emballé leurs affaires chacun de leur côté, Dean rejoignit Sam à l’extérieur du motel. Sam fut soulagé de le voir le rejoindre, ayant eu peur que son frère lui fasse faux bond et parte sans le lui dire mais apparemment, Dean n’était pas comme ça. Quand Dean arriva près de Sam qui se tenait à côté de l’Impala, il resta bouche bée et montra la voiture :
« Me dis pas que cette petite merveille est à toi ?
-Ben si, pourquoi ? Qu’est-ce que cette caisse a tant de si extraordinaire ?
-Mais…Sam voyons ! Tu n’y connais rien en bagnoles ? Ca, c’est une voiture de collection avec tellement de potentiel, de caractère…dit-il en faisant le tour de la Chevrolet. Dis-moi si je me trompe mais c’est bien une Impala Chevrolet de 1967, 275 chevaux à quatre cylindres ?
-J’en sais rien, peut-être bien…dit Sam, soudain surpris. C’était à mon…enfin, notre père, il adorait les bagnoles…tu tiens de lui, à ce que je vois, finit-il par sourire.
-Eh ben…quel petit bijou de mécanique, il faut la chouchouter la chérie…répondit Dean en la caressant légèrement de la main, légèrement troublé par les dernières paroles de Sam. Elle doit être merveilleuse à conduire, un ronronnement sûrement extraordinaire…
-Tu sais quoi…réfléchit Sam en souriant et en sortant les clés de sa poche qu’il jeta à Dean. Elle est à toi maintenant, je te la donne.
-Tu plaisantes ?demanda Dean, éberlué.
-Pas du tout. Considère ça comme un cadeau de retrouvailles. Et puis…je suis certain que Papa aurait voulu qu’elle soit à toi…
-Je sais pas quoi dire, Sam…Moi, j’ai rien à t’offrir…
-Arrête, voyons…Ta présence est le seul cadeau que je demande.
-Eh ben…merci, Sam, vraiment, merci, c’est…le plus cadeau que j’ai jamais eu…en fait, c’est le seul cadeau que je me rappelle avoir eu et c’est le plus beau que je pouvais avoir…merci… »
Dean, ému, regarda son frère, des larmes aux yeux de joie et de reconnaissance et même si aucune étreinte ne fut faite, ces seules paroles et ce regard souriant rendirent Sam tellement heureux que ça faisait longtemps qu’il ne l’avait été.

Ils conduisirent toute la journée et Dean ne lâcha pas le volant une seconde même s’il était encore fatigué, trop heureux de pouvoir conduire une voiture de ce calibre. Ils discutèrent très peu pendant le trajet, ne sachant pas trop quoi se dire, incertains de pouvoir se faire confiance tant ils se connaissaient si peu.
Ils arrivèrent enfin à Miles City en fin de journée et choisirent de prendre un motel pour se reposer de ce voyage, voyage plus éprouvant pour Dean qu’il ne voulait bien l’avouer. Sam fut tenté de rectifier la demande de Dean qui demanda deux chambres mais il dut bien se résoudre à l’idée que son frère avait besoin de temps pour accepter ou même avoir l’idée de prendre une chambre à lits jumeaux. Malgré tout, Sam frappa à la porte de la chambre voisine de son frère quelques minutes après pour deux raisons, dont une seulement qu’il déclara à Dean. Il voulait l’habituer au fait qu’ils étaient ensemble et qu’il ne pourrait pas se défaire de lui aussi vite mais aussi pour discuter de ce qu’ils feraient le lendemain. Ils passèrent une partie de la soirée à fabriquer de fausses cartes pour Dean qui n’en avait jamais vraiment eu même s’il insista plusieurs fois sur le fait d’utiliser l’identité qu’il s’était forgée durant de nombreuses années en tant qu’inspecteur. De guerre lasse, Sam finit par accepter, sachant que ce n’était pas une si mauvaise idée, Dean s’étant fait une assez bonne réputation dans le Wisconsin comme inspecteur. Puis, ils discutèrent de l’affaire à proprement dite :
« Ecoute, Sam, j’suis fatigué, on peut pas en parler demain ?demanda Dean, la mine fatiguée.
-Ca prendra seulement deux minutes, s’il-te-plaît, Dean…promit Sam en faisant des yeux de puppy qui eurent l’effet d’abord de déconcerter Dean, n’ayant jamais vu un tel regard.
-Bon…ok, finit-il par accepter, ne pouvant pas refuser à un tel regard, Sam se promettant de lui refaire le coup, ça marchait encore mieux avec Dean qu’avec son père.
-Merci. Donc, nous avons dans un complexe d’appartements, cinq meurtres commis depuis trois semaines environ. Tous des hommes d’une quarantaine d’années qui étaient fiancés ou avaient une petite amie plus jeune qu’eux. Ils habitaient un appartement ou alors ils étaient en visite. L’un d’eux était même un plombier venu pour une réparation. Ils ont disparus d’un seul coup et ont été retrouvés morts à la cave.
-Un esprit ?
-Apparemment… Et ce serait assez facile de deviner qui en regardant la liste des décès. Quand les meurtres ont commencé il y a trois semaines, ça faisait dix ans qu’une femme de trente ans était morte, tuée par son fiancé de 44 ans qui s’est suicidé ensuite, une balle de revolver dans la tête.
-Et je suppose que c’est comme ça que meurent ces hommes.
-Parfaitement.
-En tout cas, je comprends sa colère à cette fille, remarqua Dean pour lui-même. Et où elle a été enterrée ?
-Dans le cimetière du quartier, on aura pas loin à chercher.
-Pas besoin d’interroger qui que ce soit alors, conclut Dean.
-Peut-être quand même, si. Il vaudrait mieux confirmer notre théorie car on aurait un témoin selon cet article de journal. La copine de la dernière victime aurait vu quelque chose, alors on peut l’interroger demain et si elle confirme, alors, tout droit le cimetière la nuit prochaine, ça te va ?
-D’accord…allez, bonne nuit…dit Dean en faisant un mouvement vers son lit.
-Euh…Dean…je peux te parler de quelque chose ?
-Je suppose que je suis plus à cinq minutes, soupira Dean.
-Quand tu nous as sauvé moi et Bobby dans cet entrepôt, tu ignorais qui j’étais ?
-Evidemment…
-Alors, pourquoi l’avoir fait ? Tu te serais fait tuer par ce démon sans Castiel…
-Je sais pas quoi te dire, Sam…je pense que c’est toujours mon instinct d’accourir quand quelqu’un est en danger même si je risque ma vie…
-Et une dernière chose…selon Castiel, tu vois sa vraie apparence, c’est vrai ?
-…
-Dean ?
-Bah oui, même si je suis le dernier à y croire, oui, j’ai vu que c’était un ange et je l’ai ressenti jusque dans mes tripes, j’explique pas comment… »
Les deux frères se regardèrent aussi troublés l’un que l’autre par ce fait étrange et en silence, Sam retourna dans sa chambre pendant que Dean s’allongeait et hésitait plus qu’il ne voulait le dire à s’endormir car ça voudrait dire, retourner au pays des cauchemars. Mais il finit par plonger dans un sommeil, aussi agité et douloureux qu’il l’avait craint.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 14 Mai - 18:44

Chapitre 6 : Au-delà des apparences

Sam dormit à peine cette nuit-là, trop excité et inquiet à l’idée d’avoir retrouvé son frère qui se trouvait de l’autre côté du mur. Plusieurs fois, il tourna la tête de ce côté comme s’il avait voulu voir à travers et vérifier que c’était bien Dean qui dormait de l’autre côté et que tout ça n’était pas un rêve. Il n’osa par contre pas intervenir et violer l’intimité de son frère quand il entendit des gémissements en provenance de sa chambre ponctués de « non » douloureux et essoufflés. Il sentit que son frère se souvenait davantage de l’enfer qu’il ne voulait l’admettre et il craignait que ça ne l’atteigne profondément. S’il avait pu l’aider, il aurait tout donné pour ça mais voilà, il fallait déjà faire admettre à Dean qu’il en avait des souvenirs mais aussi qu’il était là pour l’aider, que c’était le rôle d’un frère, d’une famille, ce que Dean n’avait apparemment jamais connu après son enlèvement.
Finalement, quand il sentit du mouvement dans sa chambre, Sam décida de quitter son ordinateur portable et d’aller chercher deux cafés qu’il apporta à Dean dix minutes après, accompagnés de pâtisseries que Dean mangea avec un grand sourire qui ne laissait plus rien voir de ses cauchemars nocturnes.

Une heure après, ils étaient garés devant le complexe d’appartements.
« Miss Weber ?demanda Dean à une jeune femme leur ouvrant sa porte. Je suis l’inspecteur Artwood et voici mon collègue, l’inspecteur Curtis. On peut vous parler ?
-Oui, bien sûr, entrez, dit-elle après avoir vérifié leurs plaques, les yeux fatigués et plein de cernes. Je suppose que vous venez à propos d’Eric, mon fiancé ?
-Oui, Miss, nous aimerions savoir ce que vous avez vu cette nuit-là, dit Sam.
-Eric était dans la cuisine quand je l’ai entendu crier. Je l’ai vu disparaître juste à temps, traîné par une femme…comme ça, on dirait qu’elle n’était pas réelle. Avec le visage plein de haine…mon Dieu, je m’en souviendrai toute ma vie du regard qu’elle m’a jeté et du sourire en coin pervers qu’elle a affiché. J’étais figée d’horreur. Elle a alors disparu en une seconde devant moi, emmenant Eric avec elle, dit-elle, les yeux remplis de larmes.
-Nous sommes navrés, Miss Weber, cette épreuve doit être terrible à traverser, répliqua Dean, étonnant son frère par cette soudaine empathie. C’est elle ?demanda Dean en sortant une photographie.
-Oui, sans hésitation mais plus pâle et moins…vivante…
-Avez-vous vu autre chose ?
-Quoi, vous me croyez quand j’ai dit qu’elle a disparu devant mes yeux, vous me traitez pas de malade mentale comme les autres flics ?s’étonna-t-elle.
-Disons que nous avons l’habitude et oui, nous vous croyons, vous n’êtes pas folle, dit Sam en la rassurant.
-Merci…ça fait du bien…même si ça ne ramènera pas Eric.
-Avez-vu autre chose, un détail insolite ?
-Oui, je n’en ai pas parlé aux flics car ils ne me croyaient pas mais en effet. Ca m’a paru étrange mais elle avait un revolver à la main…ça doit être logique, je suppose vu qu’Eric a été tué par…enfin, je ne comprends pas qu’on n’ait pas retrouvé l’arme.
-Très bien, merci beaucoup pour votre temps, Miss, finit Dean.
-Non, merci à vous, au moins, quelqu’un me croit et ça fait vraiment du bien, vous savez. »

Revenus au motel, les frères restaient perplexes.
« T’as déjà connu un esprit accro aux armes à feu ?demanda Dean.
-Non, d’habitude, ils simulent le coup de feu, je croyais que c’était le cas mais non. Comment elle a pu se procurer ce flingue ou même avoir l’idée de l’utiliser ?
-Bonne question, Sherlock…Peut-être que les esprits innovent et se modernisent, va savoir…En tout cas, on tient notre esprit, on sait que c’est cette chère Rita la coupable. Direction le cimetière ce soir…
-Tu trouves pas ça trop simple ?
-Non, à part pour le flingue…il faudra juste qu’on fasse gaffe quand on va la brûler, c’est tout, elle risque de réveiller tout le quartier sinon…
-Ouais, répondit Sam, t’as probablement raison même si ce détail m’ennuie… »

Le soir venu, les frères prirent leur matériel et allèrent au cimetière, trouvant vite la tombe de l’esprit. Ils déterrèrent rapidement la tombe et arrosaient déjà le corps de sel et d’eau bénite quand l’esprit se manifesta en envoyant Sam s’écraser contre une pierre tombale quelques mètres plus loin. Dean était prêt à envoyer le briquet dans la tombe quand elle lui tira une balle dans le ventre d’un revolver venu de nulle part. Le coup de feu avait été tiré en silence, plus étouffé encore que s’il avait été muni d’un silencieux. Dean ressentit vivement la douleur, comme un coup de poignard. Il s’écroula près du trou mais lança quand même le briquet, faisant disparaître l’esprit qui hurla dans les flammes. Sam avait étouffé un cri quand il avait vu plus qu’entendu le coup de feu. Se relevant rapidement, n’ayant qu’une égratignure à la tête, il se précipita auprès de Dean :
« Dean, j’t’en prie, reste avec moi, tu vas t’en sortir…
-J’espère bien, j’ai pas envie de déjà retourner en enfer, soupira-t-il.
-Allez, viens, appuie-toi sur moi, on retourne au motel, je vais te soigner ça… »
Sam le hissa à l’arrière de la voiture et quand ils arrivèrent au motel, il vit que Dean s’était évanoui. Craignant une hémorragie interne, Sam le transporta aussi vite que ses forces le lui permettaient dans sa chambre.
Quelques heures après, il attendait impatiemment son réveil. Il avait retiré la balle et avait recousu l’abdomen de Dean grâce à son kit de secours. Normalement, il ne devait y avoir aucun problème mais Sam s’inquiétait tellement qu’un nœud s’était formé dans son estomac à l’idée de perdre son frère une nouvelle fois. Il sentait même quelques larmes pointer dans ses yeux tellement ils lui piquaient. Mais Dean profita de ce moment pour ouvrir les siens en étouffant un grognement. Sam arriva aussitôt à ses côtés et l’empêcha de trop bouger :
« Hé ! Ca va ? T’as pas trop mal ?
-Ca peut aller, j’ai connu bien pire…Sal***** d’esprit, elle aurait pas pu laisser tomber son flingue pour une fois ?
-T’es sûr, ça va aller ?insista Sam, le regardant sous toutes les coutures.
-Je t’ai dit que ça allait, voyons…Mais t’es aussi pâle qu’un zombie, qu’est-ce t’as ?remarqua Dean avec surprise. Elle t’a blessé aussi, tu vas bien ?s’inquiéta-t-il en se levant à moitié.
-Oui…enfin, ça va, je veux dire…hésita Sam, gêné. C’est rien, ça va aller maintenant.
-Tu t’inquiétais pour moi ?demanda Dean, très surpris.
-Quoi ?sourit Sam. Non…pourquoi tu dis ça ?
-Ok…ben…on repart demain, alors ?
-Euh, oui…je te laisse ma chambre, je prends la tienne pour cette nuit, j’t’ai apporté tes affaires ici, comme ça, t’auras pas à bouger… Bonne nuit… »

Pour une fois, Sam ne demanda pas son reste pour partir de la chambre, ne laissant pas le temps de répondre à Dean. Il n’avait pas voulu montrer à Dean à quel point il s’était inquiété pour si peu apparemment. La peur de déjà le perdre l’avait complètement envahi, le faisant vraiment paniquer. Il ne voulait pas que son frère voit en lui une quelconque faiblesse, ça n’arrangerait pas leurs rapports et il se disait que son frère aimait les durs, ceux qui ne montraient aucune émotion, comme lui quoi, donc il devait s’adapter. Mais il esquissa quand même un sourire en pensant que Dean s’était quand même inquiété de savoir s’il était blessé ou non comme si ça lui importait. Soulagé de savoir que son frère allait bien, il alla dormir.

De son côté, Dean était resté dans la même position, semi-allongé, semi-assis, tellement il n’en revenait pas. Quelqu’un s’était inquiété pour lui…Bon, ok, lui-même avait fait un petit pas en s’inquiétant pour Sam pendant deux secondes…mais Sam avait fait quelque chose qui l’avait dépassé tellement il ne se rappelait pas d’une telle attention. Une personne avait vraiment eu beaucoup d’inquiétude pour lui, l’avait veillé en stressant et ça, rien que pour lui ! Et en plus, c’était son frère et pas un étranger ou un médecin. Mais son frère à lui. Cette fois, personne ne l’avait réveillé en sursaut et l’avait obligé à se mettre debout pour ne pas s’apitoyer sur son sort. Personne n’avait frappé sur sa blessure exprès pour le raffermir tout en le blessant plus encore…Personne n’avait ri de sa souffrance…Personne ne s’était moqué que l’esprit l’avait blessé…Personne n’avait jamais pâli pour lui jusqu’à en avoir les larmes aux yeux d’inquiétude…
Malgré sa douleur à l’abdomen, Dean sourit et en eut lui-même les larmes aux yeux tellement il se sentait heureux. Oui, heureux d’avoir été blessé pour se rendre compte à quel point son frère pouvait tenir à lui et même apparemment, l’aimer. Aimer : un mot étrange pour Dean qui l’avait tant demandé sans jamais l’obtenir depuis sa petite enfance. Son frère voulait qu’il vive et qu’il soit avec lui et ça, c’était la chose la plus importante dont il se rendait compte sur Sam. Il l’aimait et lui-même se rendait compte alors que, même avant ce constat, il aimait Sam aussi. Ils se connaissaient mal, c’est vrai mais ils avaient tout le temps pour ça et un frère, ça reste pour la vie, non ?
La veille encore, il pensait ne faire que cette chasse avec Sam et ensuite lui faire comprendre qu’ils ne pouvaient pas chasser ensemble éternellement pour partir de son côté. Mais là, tout avait changé. Oh non, il ne quitterait pas Sam, il tenait à présent trop à lui et il se rendait compte que Sam tenait à lui davantage qu’il ne l’aurait cru. Et puis, chasser en frères, ça devait être pas mal, après tout.
Cette nuit-là, Dean ne dormit pas : il ressassait sans arrêt cette idée que son frère l’aimait et repensait à cette poignée de souvenirs encore très flous de lui à quatre ans veillant sur son frère ainsi que les soucis que Sam avait affiché sur son visage si blafard. Et puis, il ne voulait pas s’endormir, craignant plus que tout que ses cauchemars infernaux ne viennent gâcher ce tout nouveau bonheur qui s’offrait à lui : un amour fraternel lui paraissait être le plus beau cadeau qu’on ne lui ait jamais fait.

Le lendemain matin, Dean se leva avant Sam. Sa blessure était pratiquement remise. Mais il réveilla son frère en lui annonçant, éberlué, avoir entendu au coffee shop du coin une nouvelle étrange. Un autre homme avait trouvé la mort la nuit d’avant dans l’immeuble. Même âge, même description que d’habitude mais l’ennui est qu’il était mort environ une demi-heure après qu’ils aient tué l’esprit. Quelque chose leur échappait mais quoi ?
Ils retournèrent sur les lieux, espérant y trouver quelque chose et reçurent un témoignage plus qu’étrange du concierge qui était là depuis le début des meurtres :
« Ben, écoutez…c’qui m’étonne c’est qu’un seul type soit mort hier soir…non pas que je voulais que d’autres meurent, vous méprenez pas…mais les autres allaient par deux…
-Comment ça ?demanda Sam. Personne ne nous a rien dit ?
-Ah bon ? Vous vous tenez au courant, ça fait peur par chez-vous !
-Expliquez-nous, monsieur, s’il-vous-plaît, demanda Dean avec courtoisie, voyant son air devenu peu engageant.
-Très bien…mais c’est ben parce que vous zêtes sympa…en fait, vous avez pas dû faire le lien entre les deux car à chaque fois, ils mourraient pas pareil…deux hommes sont morts chaque soir des meurtres : un avec une balle dans la tête et l’autre…étouffé…
-Etouffé ?dirent ensemble Dean et Sam qui, surpris de leur concordance, se regardèrent un instant gênés.
-Ben oui, comme j’l’dis. Comme de l’intérieur qu’ils disaient vos collègues. Ils ont dit que c’était sûrement naturel…je veux pas vous vexer mais franchement ça m’étonnerait qu’on se fasse ça tout seul…et pis, je sais pas ce qu’ils y faisaient ces mecs mais ça puait le souffre. »

Dean et Sam, revenus à leur motel, restèrent un moment silencieux, trop surpris pour parler, cherchant une autre explication que celle qui se présentait naturellement à eux. Sam finit par rompre ce silence :
« C’est pas possible, enfin ? Un démon et un esprit tuant au même endroit le même soir ?
-C’est ce que je m’dis aussi mais je ne vois qu’un démon pour du souffre, surtout qu’il y en avait chaque soir et pas les autres soirs sans morts… Ca collabore ce genre de choses ?
-J’en sais rien, j’ai jamais vu ça avant…Surtout que je ne vois pas l’intérêt du démon là-dedans.
-Ok mais j’ai pas envie d’attendre une semaine avant de buter ce démon.
-Je connais une manière…on va l’invoquer là-bas…ce soir. »
Surpris et impressionné, Dean regarda alors son frère et se demanda s’il serait bon de l’invoquer. Il n’avait été en présence de démons que deux fois dans sa vie. Une fois vers ses dix ans, lors d’une chasse et la deuxième fois quand le démon lui avait appris sa mort imminente. Assez frileux à cette idée, il répondit à peine et souhaita vraiment que Sam échoue dans sa tentative d’appeler le démon responsable mais ce qu’on veut souvent très fort se réalise pratiquement jamais malheureusement.

Le soir venu, ils étaient tout deux à la cave, lieu de tous les meurtres. Sam dessinait des symboles à la craie par terre, accompagné d’ingrédients divers et de bougies. Dean, pendant ce temps, surveillait l’entrée tout en observant Sam.
« Et où t’as appris à invoquer le démon qu’on souhaite ?
-Une fille qui s’appelle Ruby…murmura Sam, embarrassé.
-Une chasseuse ?
-Si on peut dire…
-Et j’ai une autre question concernant les démons, si tu peux invoquer qui tu veux…Dans mes flashes, je me suis souvenu, comme tu sais, de…Maman…mais euh…si c’est un démon qui l’a tuée, est-ce qu’il est mort ? Vous vous êtes vengés toi et Papa ?
-Oui, c’est moi qui l’ait tué l’an passé mais pas en l’invoquant.
-Comment alors ?
-On peut pas en parler plus tard, c’est vraiment pas le moment, là ?s’impatienta Sam.
-Ok, comme tu veux mais je veux qu’on finisse cette conversation.
-Très bien mais si tu veux savoir des choses sur moi, ce sera donnant donnant. Tu devras me dire aussi ce que t’as vécu, avec les salopards qui t’ont enlevé et aussi ce que t’as vécu en enfer et me dis pas que tu t’en souviens pas, j’te crois pas, précisa Sam.
-Mais…commença Dean, inquiet à l’idée de se confier.
-J’ai fini, on peut commencer, l’interrompit le cadet. »

Sam récita alors une incantation étrangère tout en brûlant une allumette qu’il jeta dans la poudre préparée à cet effet. Elle brûla un bref instant puis s’éteignit. Sam se releva et tous deux regardèrent autour d’eux, attendant l’apparition du démon responsable.
« Quel honneur vous me faites…Les Winchester en personne et qui plus est, réunis…N’est-ce pas adorable ? dit un homme d’une quarantaine d’années apparaissant dans le coin de la cave et s’avançant vers eux. Sam restait impassible mais Dean semblait tellement bouleversé que son visage en était décomposé.
-Pourquoi tu tuais ces hommes avec cet esprit ?demanda Sam qui n’avait pas remarqué l’état de son frère.
-On a fait un ptit marché ensemble…Elle m’offrait son âme si je l’aidais à tuer un homme de plus chaque semaine, pas trop mal…
-C’est toi qui lui a proposé ça, non ?devina Sam.
-Dans ce sens ou dans l’autre, peu importe, vous m’avez avancé les choses en me la tuant hier soir, merci bien les gars, sourit le démon.
-Son âme ne te servira pas longtemps, promit Sam.
-Ah non ? Parce que vous allez m’exorciser ou quelque chose comme ça ? Je vous tuerai avant, les gars…
-Tu crois ça ? »
Le démon, devant cette dénégation de Sam, sourit et fit un geste pour envoyer les frères contre le mur. Sam ne bougea pas d’un millimètre et n’en fut pas surpris. Quant à Dean, ça le fit reculer d’environ deux mètres mais il se ressaisit rapidement et n’en fut aucunement bloqué, il trébucha seulement après avoir reculé. Dean ne comprit pas, tout comme le démon ou même Sam à l’égard de son frère. Mais Sam ne laissa pas le temps au démon de réagir en n’attendant pas plus longtemps et tendit la main vers lui tout en se concentrant et fermant les yeux. Le démon, s’étranglant, s’agenouilla et la fumée noire s’échappa de son corps progressivement jusqu’à disparaître en feu sur le sol, laissant l’hôte, mort. Dean, au bout de sa surprise, regarda son frère en se demandant bien qui était Sam. Ce dernier, un peu gêné, sortit aussitôt en emportant le corps de l’homme en vue de l’enterrer.

De retour au motel, Sam s’aperçut que Dean l’attendait. Il se lava les mains en silence.
« Alors, t’as rien à m’dire ?demanda Dean.
-Sur quoi exactement ? J’ai également des questions à te poser, figure-toi.
-Ok mais je suis le premier à avoir commencé. Comment as-tu pu exorciser un démon avec simplement un geste de la main ?
-Je vais être honnête, je vois pas à quoi ça sert de te le cacher, soupira Sam. Prépare-toi, je vais lâcher une bombe et je comprendrais que tu ne veuilles plus de moi ensuite…Le soir où Maman est…a été tuée, le démon qui l’a assassinée était juste avant dans ma nurserie et m’a fait boire des gouttes de son sang. J’avais que six mois, comme tu le sais. Ca m’a fait développer des pouvoirs au cours du temps. D’abord des visions prémonitoires et ensuite ça, il y a peu de temps. Papa n’en a jamais rien su, il savait seulement pour les prémonitions et on avait du mal à s’entendre pour cette raison, entre autres. Ca m’a permis de sauver pas mal de gens mais je n’ai aucune excuse, je sais. Je comprendrais que tu me mettes au rang des démons, puisque j’ai du sang de démon en moi, ce que j’déteste par-dessous tout, finit Sam en gardant les yeux baissés. Il n’osait regarder son frère, de peur d’y voir de la haine, du dégoût et un tas d’autres sentiments négatifs qu’il aurait eu du mal à supporter de la part d’un frère duquel il s’était promis de faire tant de choses avec lui. Culpabilisant pour ce qu’il avait fait, quelques larmes pointèrent dans ses yeux mais il les retint. Finalement, Dean prit la parole, à la plus grande appréhension de Sam.
-Non, Sam…je peux pas te détester pour ça…c’est pas ta faute si un salopard de démon, celui-là même qu’a tué Maman, t’a mis ça en toi. Tu veux faire le bien, j’comprends, c’est pas comme si t’avais demandé à avoir ce sang en toi. J’ai seulement été très surpris, c’est tout et je comprends mieux maintenant pourquoi ce démon t’a pas envoyé au tapis…T’en fais pas, j’vais pas te lâcher à cause de ça.
-Vraiment ?sourit Sam en regardant son frère.
-Ouais…affirma Dean, toujours soucieux. C’est comme ça alors que t’avais tué le démon qu’a tué Maman ?
-Nan…c’est avec une arme, le Colt.
-Le Colt ? C’est une légende, ça…ceux qui m’ont enlevé m’en parlaient.
-Ben non, justement, Papa l’a trouvée par un ami chasseur qui a été tué et après le décès de Papa, j’ai pu le tuer avec. C’était lui qui m’avait trouvé et il croyait que j’allais accepter de le suivre mais j’ai pas pu l’empêcher juste avant de lui faire ouvrir une porte de l’enfer…
-Il s’en est passé des choses, j’ai du mal à suivre, dit Dean. »
Sam lui raconta alors comment leur père avait été tué par le démon aux yeux jaunes lors de l’une de leurs confrontations et comment le démon essayait de recruter des jeunes comme Sam dotés de sang de démon pour former une armée. Il en avait convaincu un, qui s’appelait Jake, d’ouvrir une porte de l’enfer, libérant des centaines de démons et de créatures surnaturelles, ce qui expliqua à Dean l’effervescence d’activités démoniaques depuis cette date. Puis, comment Sam avait surpris le démon en le tuant en plein cœur.
« Ok…et tu chasses ces démons et créatures surnaturelles encore plus depuis ?
-On peut dire ça, oui, et mon pouvoir m’aide pas mal, avoua Sam, gêné.
-T’as pas à être gêné pour ça, j’te l’ai dit, Sammy…
-Sammy ?grimaça le concerné.
-Oh…désolé, c’est parti tout seul, j’recommencerai pas…dit l’aîné tout en regrettant de ne pouvoir continuer car ça lui rappelait cette époque qu’il appelait bénie de leur petite enfance ensemble.
-Je préfère, oui.
-Maintenant qu’on a éclairci les choses pour toi, j’aimerai vraiment pouvoir résoudre deux questions qui me perturbent…
-Lesquelles ?demanda Sam même s’il en avait déjà une en tête.
-Comment un démon n’a pas pu me bloquer ? Toi, j’ai compris mais moi ? Il n’était pas assez puissant ou quoi ?
-Si, j’ai senti sa puissance m’atteindre et c’est la même qui nous a poussé, toi et moi, je sais pas comment t’as résisté.
-Très bien…rassurant, sourit Dean amèrement. Et deuxième question : comment je peux voir le vrai visage des démons ?
-Quoi ?s’exclama Sam. Tu vois à travers l’hôte ?
-Disons que je vois les deux en fait, comme si l’hôte était transparent, c’est pas facile à décrire. Mais c’est tout bonnement…horrible, grimaça Dean en y repensant avec effroi.
-J’imagine…
-Est-ce que ça a un rapport avec mon séjour en enfer ?s’inquiéta Dean ouvertement. Est-ce que j’suis revenu changé de là-bas ? Je suis devenu démoniaque ou quoi ? »

Sam regarda son frère, tout aussi inquiet, ne sachant quoi lui répondre. Dean avait le visage tellement bouleversé et alarmé que des larmes coulèrent sur ses joues blafardes. Il ne pouvait imaginer qu’il soit devenu démoniaque ou quelque chose dans ce goût-là. Il ne sentait absolument aucune différence en lui. Il était effrayé d’autant plus qu’il se rappelait de ce qu’il avait subi et fait en enfer et il craignait plus que tout autre chose au monde que ça l’ait changé définitivement, qu’il soit devenu la pire chose qu’il craignait et détestait. Les jambes devenues très faibles, il dut s’asseoir, pris d’un malaise soudain. Sur le lit, il se prit alors la tête dans les mains, souhaitant que ce cauchemar finisse.
C’est à ce moment qu’une tierce personne arriva dans la chambre sans crier gare…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 14 Mai - 18:45

Chapitre 7 : Souvenirs…quand tu nous tiens…

« Salut, Castiel…Quoi de neuf ?demanda Dean, toujours la tête dans la main.
-C’est bien que tu arrives à sentir ma présence sans me voir, dit Castiel.
-Castiel, dis-nous ce qui se passe pour Dean, s’il-te-plaît et rassure-nous… Pourquoi Dean voit les démons avec leur vrai visage ?
-Pourquoi cela vous étonne-t-il ? Dean, tu vois pourtant bien le vrai visage des anges, non ?
-C’est pas pareil, ça, grogna Dean en regardant l’ange. Avant, je n’ai jamais vu le vrai visage des deux seuls démons que j’ai eu le malheur de croiser. Mon séjour en enfer m’a changé, c’est ça ?
-Oui et non.
-Je vais pas me contenter de ça, Cas ! Tout ange que t’es et même si je vois qui t’es sous ton costume, je peux très bien te botter les fesses, ça m’en empêchera pas si je peux avoir des réponses…
-Dean, laisse-le parler.
-Nan, je veux des réponses, Cas et je les veux maintenant !s’énerva Dean.
-Tu ne voyais pas les démons auparavant car ce don n’était pas actif en toi, dit toujours très calmement Castiel. Et il n’était pas actif car il ne peut être activé que lorsque la personne subit un grave traumatisme surnaturel ou a l’occasion de reconnaître un ange. Toi, tu as subi les deux, donc tu ne pouvais que voir le vrai visage des démons, il ne pouvait pas en être autrement.
-Très bien, Monsieur-je-sais-tout mais ça n’explique pas pourquoi ce démon n’a pas pu m’immobiliser contre le mur. J’ai seulement reculé un peu.
-Ca vient de la même chose. Dean, tu as un don…et ce don ne vient pas de l’enfer ou des démons mais du Ciel… Tu n’es pas atteint par ce genre de pouvoirs démoniaques car on l’a voulu ainsi.
-C’est rassurant, j’peux pas le nier, soupira Dean en souriant. T’es sûr que ça n’a rien à voir avec l’enfer alors ? Ou ce qui s’y est passé ?
-Non, aucun rapport, sois-en certain, assura Castiel en sachant très bien de quoi Dean parlait.
-Et ce truc que j’ai reçu de là-haut…ça me réserve d’autres surprises, peut-être ? »

Mais Castiel, après un léger sourire, s’envola, faisant jurer Dean.
« Alors, rassuré ?sourit Sam, soulagé lui-même.
-Ouais mais ça m’fait bizarre de savoir que j’ai ce truc en moi, ce don comme il l’appelle.
-Ouais mais c’est mieux que d’avoir du sang de démon dans les veines, tu peux m’croire.
-C’est vrai…désolé…se rendit compte Dean. Alors, et maintenant ? Une autre chasse ou quoi ?
-Je suppose que Castiel ne t’a pas encore mis au courant pour les sceaux.
-Des sceaux ? Sauter à la corde ou remplir des sceaux d’eau ?
-Ni l’un ni l’autre, malheureusement, rigola Sam amèrement. En résumé, Bobby…tu sais, celui qui m’accompagnait, l’ami de Papa…il a découvert il y a peu de temps qu’un très puissant démon, nommée Lilith, était en train d’ouvrir des sceaux, comme des verrous sur des portes : elle doit en ouvrir exactement 66.
-Pour quoi faire ?craignit Dean de poser la question.
-Pour provoquer l’apocalypse et…tiens-toi bien, libérer Lucifer.
-Lucifer ?s’exclama Dean. Il existe vraiment ?
-Je suppose…C’est Castiel qui nous a raconté tout ça après que moi et Bobby on ait empêché l’ouverture de deux sceaux sans le savoir. Et il devait savoir que j’étais ton frère, donc que je devais être au courant.
-Ok, je comprends mieux comment vous avez fait sa connaissance.
-D’ailleurs, tu as toi-même participé à empêché l’ouverture d’un sceau quand tu nous as sauvé l’autre jour en passant, sans savoir qui on était.
-Ah, ce démon était censé faire ça ?
-Oui, il avait tué déjà pas mal de monde dans cet entrepôt mais pas tous et vu qu’il devait en tuer un certain nombre, on l’en a empêché juste avant qu’il nous assomme et que t’arrives.
-Bon…et on sait où tous ces sceaux peuvent s’ouvrir et ce qu’ils sont ?
-Malheureusement non, on a eu de la chance pour ces trois-là mais c’est jamais prévisible et on surveille un peu partout mais le problème est que Lilith n’a qu’à en ouvrir seulement 66 et elle a le choix parmi des centaines ou des milliers, j’en sais rien.
-Ouais…c’est perdu d’avance, quoi, conclut Dean, en soupirant.
-Pas forcément, non, sois pas défaitiste…Avec la fille que j’connais, Ruby, j’essaie toujours de localiser Lilith pour la tuer avec mes pouvoirs.
-Elle est pas trop puissante pour ça ?
-Non, je suis sûr que je pourrai y arriver, j’me suis entraîné suffisamment. Et je vais te dire un truc qui va sûrement te remonter contre elle.
-Quoi donc ?
-J’ai appris, juste après que tu sois allé en enfer que c’est elle qui détenait ton contrat et qui avait voulu le garder à tout prix, j’ignore encore pourquoi. Donc si je la tue…
-Mon âme sera libre…finit Dean, surpris de cette nouvelle. Moi, j’suis partant alors, j’vais pas dire que ça m’soulagerait pas, c’est évident mais, Sam…
-Quoi ?
-C’est pas trop dangereux pour toi de te mesurer à elle si elle est si puissante ? Je suppose que ton pouvoir doit avoir des sortes d’effets secondaires, c’est pas possible que tu les aies seulement pour tuer les démons, j’imagine.
-J’avais mal à la tête au début mais ça va maintenant, dit Sam, touché que son frère s’inquiète pour lui au dépend de sa propre âme.
-Bon, on verra alors mais j’préférerais être avec toi quand tu la tueras, au cas où, confirma Dean, toujours un peu inquiet.
-C’est d’accord. Ca t’dirait d’aller chez Bobby ? Il aura seulement pas mal d’infos à nous communiquer sur les sceaux, dit Sam en souhaitant que Dean fasse connaissance avec Bobby en même temps.
-Si tu veux, allons-y. »

Le lendemain, ils arrivaient chez Bobby. Mais Dean eut une mauvaise impression en arrivant alors que Bobby les accueillait.
« Alors, ça a été cette chasse ?demanda Bobby, embarrassé devant Dean qui détournait les yeux, également gêné.
-Ouais sauf qu’un démon était impliqué…répondit Sam. Du coup, on s’est aperçu que Dean voyait aussi le vrai visage des démons.
-Vraiment ? Ca alors, je pensais pas ça possible non plus…même si c’est un peu logique après les anges, réfléchit Bobby.
-Bon, voilà quoi…dit Sam, gêné à son tour par ce silence entre son frère et Bobby. Euh…Dean, je te présente bien sûr Bobby Singer, vu que t’as pas eu vraiment l’occasion de le voir l’autre jour au motel.
-Ah, bah…bonjour, se contenta de dire Dean en regardant Bobby.
-Salut, Dean, répondit Bobby. Et désolé de pas t’avoir retrouvé plus tôt avec ton père…on avait pourtant eu l’impression de te chercher partout… »
Mais Bobby s’interrompit en voyant le regard de Dean. Sam regarda son frère à son tour et remarqua sa soudaine pâleur et ses yeux fixés sur un objet dans le salon de Bobby. Chancelant à moitié, Dean s’avança davantage dans la pièce et pointa du doigt l’objet de son regard en demandant d’une voix vide à Bobby :
« C’est là depuis combien de temps ?demanda-t-il en montrant le tisonnier de la cheminée.
-Depuis une éternité, j’lai toujours eu, pourquoi ?demanda Bobby, ne comprenant pas.
-Dean, qu’est-ce t’as ?demanda Sam à son tour, inquiet de l’état de son frère. »

******************************
Flash-back
10 février 1987 - chez Bobby

« Bobby, donne-nous cette info, on en a besoin, j’te dis !s’énerva un homme face au concerné.
-Ecoute, Mark, je ne veux pas que vous y alliez la tête baissée sans réfléchir, comme d’habitude quoi…Ce démon a l’air plus dangereux qu’il en a l’air et j’ai pas réuni toutes les infos sur lui.
-C’est pas grave, ça, donne-la nous et on fera avec, insista-t-il, appuyé par sa femme.
-Vous n’entendez pas ce que j’vous dis ou quoi ? En plus, vous avez un môme avec vous, vous m’aviez pas dit que vous aviez eu un gosse, dit Bobby en montrant un enfant de huit ans derrière eux, les yeux baissés.
-C’est notre affaire, ça, il était trop jeune avant pour venir avec nous, c’est tout, grogna Mark.
-Je vous donnerai pas cette info tant que ce gosse ira avec vous sur cette affaire ! Vous oubliez que ce démon s’attaque aux gamins ou quoi ?
-Très bien…c’est peut-être notre gamin, céda Lauren, mais garde-le pendant ce temps, toi et on reviendra le chercher après ça.
-Moi ? Sûrement pas !s’exclama Bobby, ennuyé par la tournure des choses.
-Tu verras, il est facile : depuis hier, ajouta Mark, il a été sévèrement puni et n’a plus le droit de parler pendant deux jours, pas vrai, Bastien ? Hé ! J’te cause !finit-il par s’exclamer en donnant un coup sur l’épaule de l’enfant. Ce dernier, surpris, hocha rapidement la tête tout en gardant les yeux baissés. Voilà, c’est bien.
-Très bien, soupira Bobby en soupirant, je m’occuperai de lui, j’ai quelques gâteaux qui traînent…
-Des gâteaux ?s’écria Lauren. Sûrement pas, je t’interdis de lui en donner. Il est puni, c’est pas pour rien. Bon, on y va…
-Attends, dit Mark. J’aimerais parler à mon fils seul à seul avant de partir…si ça t’fait rien, Bobby.
-Non, bien sûr, j’vais accompagner ta femme à l’extérieur, dit Bobby mais il ne remarqua pas le soudain tremblement de Dean à ces paroles.
-Bon, alors…dit Mark, une fois seuls dans la pièce et donc dans la maison. Je vais mettre quelques petites choses au clair : tu sais très bien que t’es puni depuis hier, donc que tu ne dois pas parler du tout, même avec Bobby ni aucun autre ou même tout seul…si tu l’fais, je le saurais, tu sais comment ça marche, je sais tout ce que tu peux dire aux autres…ensuite, quand je serai parti, tu t’assoiras par terre, sur ce tapis et tu n’en bougeras pas jusqu’à ce qu’on revienne, compris ?demanda-t-il à Dean, le faisant opiner de la tête. Et enfin, tu sais que tu ne t’appelles Dean qu’à la maison. Ton premier prénom c’est pour l’extérieur, c’est Bastien…et tu ne dois pas répondre au nom de Dean quand on est à l’extérieur mais à celui de Bastien, aucun autre…tu m’as humilié tout de suite devant celui qui va t’accueillir quelques heures…et pour ça, tu mérites un ptit rappel… »

Alors Mark, devant la surprise mêlée d’effroi de Dean, prit le tisonnier à côté de lui, et d’un coup sec et violent en frappa l’abdomen de Dean qui s’en plia en deux et atterrit par terre de douleur, lui arrachant des larmes de souffrance. Se mordant les lèvres pour ne pas crier quand Mark le refit une seconde fois, Dean ne lâcha pas un cri mais seulement une plainte gémissante. Mark le releva brutalement et essuya d’un geste brutal les larmes de Dean qui avaient émergé de ses yeux. Gardant son bras dans la main après avoir remis le tisonnier à sa place, il regarda Dean dans les yeux :
« Si tu dis un seul mot, je le saurai…et si tu montres un quelconque signe de cette punition, tu n’auras plus jamais l’occasion de dire ou de montrer quoique ce soit… »

Il le lâcha alors quand il entendit la porte d’entrée qui s’ouvrait sur Bobby.
« C’est bon, j’suis prêt, dit-il en s’avançant vers lui. Le touche pas, il est assez puni pour ça. Et fais pas attention, il vient d’être pris d’un mal de ventre, finit-il par dire légèrement. A tout à l’heure. »

Bobby, surpris, regarda Dean qui s’était assis en tailleur sagement sur le tapis et fixait le sol, essayant de réprimer les tremblements et les sanglots qui menaçaient de survenir à chaque seconde. Mais Bobby ne voyait rien de tout ça et alla s’asseoir sur une chaise à quelques mètres de lui, le regardant :
« Ecoute, gamin…Je sais que je suis pas le meilleur baby-sitter mais ça va aller tant que tu fais pas trop de bruit. Si t’as besoin de quelque chose, fais-moi signe. »

Bobby, ne remarquant pas le total désarroi de Dean, retourna à ses bouquins et travailla tout en passant des coups de fils de temps à autre. Une heure et demie après, Dean n’avait pas bougé d’un millimètre. Bobby l’avait bien remarqué et commençait à être ennuyé de cette attitude totalement passive. Se grattant la barbe, il réfléchit à la meilleure manière de pouvoir arracher un sourire à cet enfant si triste. S’approchant de lui, il remarqua quand même le léger mouvement de recul de Dean quand il tendit la main vers son épaule :
« T’en fais pas, je vais pas te faire du mal…les gosses n’ont rien à craindre de moi, tu sais, seulement les démons et créatures surnaturelles, sourit Bobby. Je sais, les punitions, c’est pas marrant mais tu sais, quand on est gosse, ça passe plus vite qu’on ne croit et quand on devient adulte, on peut faire davantage ce qu’on veut…bon, ok, on a toujours des devoirs et tout ça mais c’est bien mieux, là, c’est qu’un mauvais passage, tu verras…dit Bobby. Il vit alors Dean qui le regardait avec un mélange de surprise et de joie, comme si on lui avait fait une révélation. Bon, allez, pour ce beau regard, sourit Bobby, peu importe ce que ta mère a dit, moi, je vais t’offrir quelques gâteaux, viens dans la cuisine…mais Dean baissa aussitôt la tête, ne bougeant pas. T’en fais pas, mon garçon, elle saura rien. Viens avec moi dans la cuisine, tu mettras pas de miettes ici, ça se verra pas et après tu pourras reprendre ta place si tu veux. Et puis, tu te nettoieras un peu les dents pour que ça se voit pas, sourit Bobby malicieusement. Parce que tu sais, elle m’a interdit à moi et pas à toi…et moi, je m’en fiche totalement, alors lève-toi. »

Dean releva la tête et rencontra alors ce regard si chaleureux et amical : comme hypnotisé par cette toute nouvelle attitude à son égard, il se leva en grimaçant intérieurement par sa douleur au ventre et suivit Bobby dans la cuisine. Là, s’asseyant près du chasseur, il prit un gâteau au chocolat que ce dernier lui donnait et le mangea d’abord par petites bouchées tellement ça lui semblait délicieux et ensuite par grosses bouchées tellement il en raffolait. Ca lui en faisait de grosses joues toutes arrondies. Malgré ça, il réussit à offrir à Bobby un très beau sourire reconnaissant. Ce fut donc avec joie et ravissement que Dean accepta sans peine les trois autres gâteaux que Bobby lui tendait et qu’il mangea mais avec moins d’empressement pour le dernier, comme s’il voulait savourer ce gâteau, voulant le garder au maximum dans ses souvenirs gustatifs. Bobby le regardait avec amusement et attendrissement et se rendait compte une fois de plus à quel point il aurait aimé avoir un enfant à lui.
Dean ensuite, alla se laver la figure au lavabo et se rinça suffisamment la bouche et les dents pour qu’aucune trace du délit ne fut suspectée. N’ayant mis miraculeusement aucune trace sur ses vêtements, Dean, avant de quitter la cuisine, regarda profondément Bobby. Il ne pouvait pas parler car même si Mark ne l’aurait pas su, lui savait que s’il prononçait un seul mot, il dirait d’un coup tout ce que ses parents lui faisaient endurer et ça, il ne le pouvait pas sinon Mark le tuerait : mais son regard exprima toute la reconnaissance et la joie qu’il avait ressenties de ce goûter improvisé. Il esquissa aussi un faible sourire où il exprimait également ces sentiments. Enfin, il retourna s’asseoir à sa place, dans la même position, et Bobby crut en entrant dans la pièce qu’une statue n’aurait pas plus bougé.

Une heure après, Bobby reçut un appel :
« Oui, je sais, John…tu sais très bien que je fais beaucoup de recherches aussi mais…oh, laisse-moi parler quand même ! Tu sais très bien qu’on ne va pas le retrouver comme par miracle ! Sois patient…ok…je sais que t’en as marre depuis tout ce temps…Sam a besoin de son frère aussi, tu m’apprends rien…dit Bobby, en ne voyant pas que Dean au nom de “Sam” avait soudain tourné la tête vers Bobby, comme happé par la conversation, comme si un souvenir trouble revenait à la surface de sa mémoire. Ecoute, John, je fais d’mon mieux…on retrouvera Dean quand il sera temps, c’est tout, alors calme-toi, tu reverras ton fils, t’as ma parole. »
Bobby raccrocha alors, retournant à ses recherches en soupirant amèrement. Dean était plus que troublé. Le nom de “Sam” avait quelque chose d’inexplicablement familier pour lui et il avait cité son prénom, Dean. Mais Dean n’eut pas le temps de cogiter davantage que la porte s’ouvrit sur Mark en sang qui fit signe à Dean de se lever.
« Eh, Mark, ça va ?demanda Bobby en se levant aussi, mais inquiet.
-Ouais, ouais, on a eu la peau de ce p***** de démon mais Lauren est blessée, je la ramène à la maison…
-Allez à l’hôpital plutôt…
-Il t’a pas posé de problème ?dit Mark en pointant Dean, qui avait de nouveau les yeux baissés.
-Non, il n’a pas bougé de ce tapis durant tout ce temps, dit Bobby innocemment.
-Bien…allez, en route, toi. »

Mark sortit alors de la maison mais Dean, avant de sortir, regarda de nouveau Bobby profondément avec de la reconnaissance dans les yeux : à l’étonnement de ce dernier, Dean prit alors la main de Bobby et la serra pendant une poignée de secondes. Il s’échappa en courant ensuite pour rattraper son soi-disant père, oubliant totalement la dernière conversation téléphonique de Bobby. Ce dernier resta debout dans la pièce pendant plusieurs minutes, touché par ce garçon qu’il ne devait pas revoir de sitôt.

Fin du flash-back
******************

« Non, Dean, me dis pas que c’était toi ce gamin ?pâlit Bobby.
-Ben si…j’aurais préféré que non, soupira Dean en tournant le dos au tisonnier.
-Mon Dieu…si j’avais su…j’ai été totalement aveugle,…comment j’ai pas pu voir que t’étais battu ?
-Ecoute, Bobby, quand on sait pas, on peut pas toujours deviner…
-Non, Dean, je n’ai aucune excuse. Et en plus, j’aurais dû te reconnaître mais en presque quatre ans, tu avais tellement changé…
-Tu pouvais pas me reconnaître, ça c’est certain, je pense que j’avais trop changé.
-Mais j’aurais dû voir ce qu’ils te faisaient…seulement…je connaissais ces chasseurs et jamais, jamais je n’aurais pensé qu’ils pouvaient battre ou même enlever un enfant.
-Je sais, beaucoup de gens se trompaient à leur sujet, tu n’es pas le premier, crois-moi.
-J’suis désolé, Dean, dit Sam avec écœurement et tristesse, je savais pas qu’ils te battaient. Ils méritaient mille fois pire que ce qu’ils ont simplement eu…Si Papa avait su qu’en plus t’étais battu…
-Il les aurait tué, c’est certain, finit Bobby. Et au sens littéral. Je regrette, fiston…t’as vécu trop d’horreurs dans ta vie.
-Oh, c’est rien, murmura Dean, en baissant les yeux, lui faisant repenser à ce souvenir si pénible.
-Mais sans être indiscret, pourquoi t’avais été puni ? Tu t’en souviens ?
-Oh oui vu que c’était chaque mois comme ça, soupira Dean. En fait, chaque début de mois, ils m’emmenaient chez un type bizarre…ils disaient que c’était une sorte de médium révélateur, un truc dans ce genre. Je devais m’asseoir en face de lui et il faisait tout un tas de gestes au-dessus de moi en demandant à ce que la chose en moi se révèle au grand jour. Je savais pas du tout ce qu’il faisait ou ce que, moi, je devais faire. En tout cas, ça durait pendant une heure et après, mes parents…enfin…mes kidnappeurs me ramenaient à la maison et disaient que tout était de ma faute, que je n’y mettais pas du mien, que je devais leur faire plaisir…et j’étais puni.
-Pour ça ?s’étonna Sam. Mais attends, Dean, tu n’y pouvais rien, toi !
-Je le sais bien mais eux apparemment cherchaient un coupable et ne voulaient surtout pas accuser cet homme, alors ça tombait sur moi.
-Et c’était qui ce médium ?demanda Bobby.
-J’en sais rien mais après réflexion, je pense que c’est lui qui a dû leur dire de m’enlever. Il avait dû pressentir quand même que j’avais ce don de voir les anges et les démons, même si lui ne savait pas de quoi il retournait et il leur a sûrement dit. C’est sûrement pour ça qu’ils m’ont enlevé moi et pas toi, Sam.
-Oui, ça expliquerait bien des choses, réfléchit Bobby.
-Euh…dit soudain Dean, gêné. J’ai besoin de prendre l’air, j’étouffe ici, dit-il en sortant à l’extérieur.
-Non, Sam, dit Bobby en retenant le cadet qui allait voir son frère. J’y vais. »

Bobby sortit rejoindre Dean à l’extérieur, au milieu des voitures de son garage. Dean avait le dos tourné et restait plongé dans ses pensées, comme perdu. Bobby finit par s’éclaircir la voix pour révéler sa présence :
« J’veux être seul, si ça t’gène pas, dit Dean, restant le dos tourné.
-Je préfère pas, je préfère qu’on en discute. Seul à seul.
-Bobby, écoute…
-Non, toi, écoute et m’interromps pas…Ce jour-là…quand je t’ai gardé pendant ces quelques heures…ça m’a marqué plus profondément que tu n’croies. J’ai toujours un peu culpabilisé de ne pas savoir comment t’allais ou te revoir tout simplement. Les rares discussions que j’ai eu avec Mark étaient trop rapides et même, il refusait de me répondre quand je lui parlais de toi. Mais maintenant que je sais la vérité, Dean, c’est pire même si ça me soulage de savoir qui tu étais vraiment tout en me rendant coupable doublement. Je t’ai eu à quelques mètres de moi durant plusieurs heures et j’aurai pu te faire rejoindre ton père et ton frère : il avait même appelé et moi…j’ai rien vu du tout…j’ai été stupide au point de même pas voir que tu souffrais tellement t’étais battu par ce maudit chasseur. Excuse-moi, Dean, je ne t’ai pas libéré de tes bourreaux et de tes kidnappeurs…je suis impardonnable, finit Bobby, les larmes aux yeux.
-Bobby, dit Dean embarrassé, lui faisant face. Je t’l’ai dit, tu pouvais pas savoir qui j’étais vraiment, en plus ils faisaient exprès de m’appeler Bastien pour pas qu’on me reconnaisse ou qu’on ait un doute…et puis, ils frappaient là où ça se voyait pas, donc tu pouvais pas savoir, tu n’as pas à culpabiliser. Je t’en veux pas du tout et puis…
-Et puis, quoi ?demanda Bobby curieux devant la soudaine hésitation de Dean.
-Et puis, sourit alors Dean, ce souvenir est peut-être mauvais à cause de Mark mais en même très bon grâce à toi, Bobby. Tu m’as offert deux merveilleuses heures, surtout au moment des gâteaux…
-Vraiment ?sourit Bobby, commençant à être soulagé.
-Oui et en plus, je voyais pour la première fois que quelqu’un était gentil avec moi et chaleureux, patient…humain, quoi. Et j’avoue que je voulais tellement rester avec toi…c’était mon rêve de retourner te voir…si tu savais comme j’ai prié intérieurement pour que les deux autres se fassent tuer pendant qu’on était ensemble. Comme ça, je m’disais que t’allais sûrement me garder et que je serais enfin heureux.
-Dommage que t’as pas été exaucé, soupira Bobby.
-Et ton discours sur quoi être gamin ne durerait pas et qu’une fois adulte, ça irait mieux, tu peux pas savoir comme ça m’a aidé à surmonter ce que j’ai vécu avec eux ensuite…je m’en suis souvenu jusqu’à ma fuite de chez eux et je crois que sans toi, je me serais même jamais enfui.
-Mais il n’aurait pas fait ce pacte pour toi non plus, alors…
-Non, c’est vrai mais il avait failli me tuer quelques jours après. J’pense que si j’étais resté, il aurait réussi.
-Oh…alors, valait mieux comme ça, alors…mais je suis content de t’avoir un peu aidé, fiston.
-Moi aussi…T’as représenté le meilleur père que j’imaginais alors et je rêvais vraiment de pouvoir être ton fils, tu sais…finit Dean, les larmes aux yeux en regardant Bobby.
-J’en aurais été fier, tu peux en être certain. »
Pendant plusieurs minutes, ils se regardèrent ainsi, émus de pouvoir enfin se retrouver et de se dire ce qu’ils pensaient l’un de l’autre. Bobby finit par donner une tape sur l’épaule de Dean et ils revinrent vers la maison.
Sam, durant ce temps, les avait observé en catimini par le coin de la fenêtre et il avait un grand sourire de les voir être devenu si proches.

« Alors, et ces sceaux ? Des nouvelles ?demanda Dean en souriant pendant que Bobby jetait derrière lui le tisonnier à la poubelle. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 14 Mai - 18:45

Chapitre 8 : Une question de confiance

Pendant plusieurs heures, Bobby et Sam racontèrent à Dean ce qu’ils savaient des sceaux, lesquelles avaient été rompus et ce que Castiel leur avait dit tout comme le texte de l’apocalypse.
« Bon, et maintenant ? On fait quoi, y a des pistes ?demanda Dean.
-Pas vraiment. On sait jamais ce que c’est.
-Donc, en attendant, on fait des chasses et parfois, très rarement on peut avoir la chance de tomber sur un sceau mais faut pas trop compter dessus, continua Sam. Ca te va comme mode de vie ?demanda-t-il un peu craintivement.
-En attendant mieux, oui et puis de toute façon, il faut bien que j’accepte que je pourrais jamais retourner à ma vie, qui était mieux que chasseur quand même, toute pourrie qu’elle était.
-Ouais…bon, allez, un peu de repos d’abord et on repart demain matin.
-Mais attends, dit Dean, tu n’as pas mentionné une fille qui pourrait nous aider…Ruby, c’est pas ça ?
-Ruby ?s’étonna Bobby en regardant Sam. Tu lui as pas encore dit ?
-Pas dit quoi ?demanda Dean.
-Rien d’important, dit Sam, embarrassé. J’arrive pas à la contacter ces temps-ci de toute façon…
-Qu’est-ce que tu m’as pas dit, Sam ? C’est une criminelle, ou quelque chose comme ça ?
-Quelque chose comme ça, approuva Bobby.
-Bobby, arrête, dit Sam, ennuyé. On en parlera plus tard, Dean, promis.
-Ok mais tu ne perds rien pour attendre, dit l’aîné avant d’aller dormir. »

Cette nuit-là fut de nouveau très agitée pour Dean. Bien sûr, il rêva de nouveau de l’enfer mais un nouveau souvenir, très court mais très intense fit son apparition, comme si ça faisait longtemps qu’il attendait d’être dévoilé…
Sam trouva donc son frère faire une tête d’enterrement lors de son réveil.
« Qu’est-ce t’as ?
-Rien…rien d’important, dit Dean, les yeux dans le vague.
-Ca sert à rien de m’mentir, Dean, alors s’il-te-plaît, dis-moi.
-C’est pas grand-chose, seulement un souvenir de cinq secondes mais rien d’important…
-Dean, insista Sam.
-Très bien…Je me suis encore souvenu de cette nuit-là…quand Maman, ajouta-t-il quand Sam l’interrogea du regard…a été tuée…mais là, c’était différent. Je venais de sortir avec toi dans mes bras, on attendait que Papa sorte aussi et c’est là que j’ai regardé la fenêtre de ta nurserie en flammes et là, j’ai vu…
-T’as vu Maman ?demanda Sam, la gorge serrée, devant l’hésitation de son frère.
-Non…j’ai vu le démon…sous sa vraie forme, pas l’homme qu’il possédait…j’ai même deviné ses yeux jaunes sous sa forme démoniaque.
-T’as vu Azazel ?s’exclama Sam.
-Azazel ?demanda Dean, surpris.
-Oui, j’ai oublié de te dire que c’était le nom de celui qu’a tué Maman.
-Alors, oui, je l’ai bien vu… Je pense que je m’en souvenais pas avant car je ne savais pas que je pouvais voir la vraie forme des démons. C’est sûrement le choc qui a déclenché ça en moi…
-Et qui t’a sûrement rendu intéressant aux yeux de ce maudit médium.
-Ouais, sûrement…Mais je m’souviens de tout de cette nuit-là maintenant, toutes les pièces du puzzle sont rassemblées, soupira Dean avec peine. Une soirée normale…Maman me bordant dans mon lit en m’disant que les anges veillaient sur moi…un bruit bizarre et toi qui pleurait…mon arrivée dans ta nurserie et quand je l’ai vue au plafond si…désespérée et souffrant…ma peur et ma fuite…Papa te mettant dans mes bras…ma fuite hors de la maison…et maintenant ce démon que j’ai vu juste avant l’explosion de la chambre. Bon sang, combien de fois je vais rêver de cette maudite nuit… »
Dean, le visage encore bouleversé, partit dans la salle de bains, ne laissant pas à Sam le temps de réagir mais de toute façon, il n’aurait pas su quoi lui répondre.

Peu après, ils partirent et trouvèrent une nouvelle affaire dans l’état d’à-côté. Cette fois-ci, Dean retrouva ses vieilles habitudes de chasseur mais il continua à être surpris de la manière de faire de Sam qui se trouvait être très différente de celle qu’il avait apprise dans son enfance. C’était ainsi un retour aux sources et également un renouveau : Dean en était heureux car il appréciait beaucoup plus la chasse qu’avant et puis chasser avec son propre frère était bien agréable qu’il ne l’aurait cru. Sam avait une attitude à l’opposée de ses kidnappeurs et Dean avait l’impression chaque jour de vraiment faire partie de cette famille. Parfois, rêveur, il regardait les photos que lui avait montré Sam de lui avec ses parents et Sam bébé et il ne pouvait s’empêcher de regretter plus amèrement encore de n’avoir jamais connu, ou du moins de se souvenir, de leurs parents. Dire que leur père l’avait cherché tant d’années sans résultat, et qu’il n’avait malheureusement jamais cherché dans le cercle des chasseurs.
Un soir, alors qu’ils venaient de finir une histoire sur un loup-garou, Dean s’était justement une fois encore mis à rêver sur ces photos et s’était endormi, la tête posée sur la table et sur l’une des photos. En ramenant à manger, Sam le trouva dans cette position et un souvenir plus que palpable remonta à la surface, aussi douloureux que pénible.

***************************************
25 juin 1990 – un motel quelque part en Oklahoma
« Oui, Bobby, je sais que tu emploies une partie de ton temps à ça mais…je suis seulement découragé, c’est tout…après tout ce temps, on n’a toujours aucune piste…ok, merci, tiens-moi au courant, on sait jamais. »
John raccrocha et resta perdu dans ses pensées, assis à une table, contemplant une fois de plus une photo, celle de Dean souriant avec Sam dans les bras. Plus que pour lui-même qu’autre chose, il chuchota : « Mais, bon sang, Dean, où es-tu ?
-T’en fais pas, Papa, on le retrouvera, dit soudain Sam, apparaissant dans l’embrasure de la chambre, le visage aussi triste que celui de son père.
-Sam… mais que fais-tu debout à cette heure ?
-Je peux pas dormir, dit-il en s’asseyant face à son père.
-Je t’comprends, Sammy.
-M’appelles pas comme ça, grogna Sam.
-Très bien, Sam mais tu es mon fils, j’en ai le droit, tu sais, finit par sourire légèrement John.
-Alors, tu crois aussi qu’on le retrouvera Dean ?
-J’espère, Sammy…excuse-moi, Sam…j’espère tellement mais ça devient de plus en plus difficile à mesure que les années passent.
-Parle-moi de lui, s’il-te-plaît, murmura Sam.
-Ecoute, Sam, va te coucher plutôt, il est tard, t’as école demain…
-Papa, s’il-te-plaît, insista Sam en faisant alors à son père son plus profond regard de puppy.
-Arrête avec ce regard, tu sais bien que ça marche pas toujours…
-Papa, tu m’parles jamais de Dean, comment il était, j’ai envie de le connaître, au moins par toi.
-Très bien, céda John avec tristesse. C’est vrai que tu as le droit de connaître ton frère…Eh bien, que dire, soupira-t-il en se remémorant à l’aide des photos étalées sur la table. Ton frère, avant cette nuit-là, était l’enfant le plus joyeux qui pouvait exister, je crois, il ne montrait pas sa tristesse même s’il en avait. Il était superactif, jamais fatigué, il voulait tout le temps que je le lance en l’air ou faire l’avion…il était très gourmand aussi, l’heure du goûter était sa préférée, tu peux m’croire mais il ne rechignait jamais non plus à manger n’importe quoi…se mit-il à rire en repensant à tout ça. Mais je crois que sa plus grande joie c’est quand ta mère et moi on lui a annoncé qu’il allait avoir un ptit frère ou une ptite sœur.
-Vraiment ?demanda Sam, les yeux brillants de joie.
-Oh oui, tu peux me croire, Dean était tellement heureux et quand tu es venu au monde, il était le plus heureux des frères. Il t’admirait et il veillait sur toi sans qu’on lui demande, c’était presqu’instinctif, on aurait dit qu’il avait ça dans les veines. Pas un soir il n’aurait manqué de te souhaiter bonsoir dans ton berceau, il adorait aussi te donner le biberon. Tu avais le meilleur des frères qui puisse exister, Sam, tu dois le savoir. Mais après que ta maman nous ait quitté, il a changé à tout point de vue sauf sur un : toi.
-Comment ça ?demanda Sam.
-Lui qui avait été un moulin à paroles, il n’a plus parlé après ce soir-là, pas un mot et pas un sourire non plus. Il fallait le forcer à manger aussi, c’est comme si toute joie de vivre l’avait quitté et qu’une importante partie de lui était partie avec ta maman. Le choc avait été terrible sur lui, pire encore que sur moi, j’ai l’impression…Mais une seule chose restait, une chose qui s’était même amplifiée : il ne te quittait plus du tout, il dormait même avec toi dans un grand lit. Il te donnait à manger, te faisait tout, ne te quittait pas des yeux comme s’il avait eu peur de te perdre aussi…et il faisait tellement sérieux à faire tout ça qu’on aurait dit que c’était sa responsabilité de veiller sur toi, que personne d’autre, pas même moi, ne pouvait le faire.
-Et qu’est-ce qui s’est passé ?demanda Sam, avide d’en savoir davantage.
-Tu dois te douter de la suite. Même pas deux semaines après le drame, mon amie t’a entendu pleurer et bien sûr, tu pleurais pour une bonne et même excellente raison. Dean n’était plus avec toi pour la première fois…ces sales individus venaient de nous le prendre.
-Mais, Papa…dit Sam après plusieurs minutes de silence de tristesse partagée, dis…tu crois qu’il est encore vivant ?
-Je sais plus, Sam, j’ai espéré longtemps mais aujourd’hui, je sais plus quoi penser…
-Eh ben, moi, je vais te dire…je sais, je sens que Dean est encore là, quelque part…j’espère seulement qu’il va bien, affirma Sam avec une telle assurance que John eut la sensation que Sam le ressentait vraiment et alors, il crut son fils cadet.
-T’as raison, Sam, ton frère est encore en vie, encore nous faut-il le retrouver.
-Mais, Papa, je me demandais un truc justement si on arrivait à le retrouver…est-ce qu’il se souviendrait de nous ?demanda Sam avec une angoisse peinte sur le visage. »
Cette question si facile et évidente, posée si naïvement, déconcerta John autant qu’elle le désespéra. Il s’était posé peu de questions, les vitales comme de savoir si Dean allait bien, qui l’avait enlevé, où il se trouvait mais peu de choses autrement. Mais jamais il ne s’était posé le doute que Dean ne pourrait pas se souvenir de lui, de Mary et même de Sam tellement ça lui avait semblé évident qu’il ne pourrait pas les oublier. Mais un gosse de quatre ans, ayant subi plusieurs chocs consécutifs et devenu fragile, pouvait sûrement souffrir d’amnésie. Ce doute puis cette certitude que Dean ne les reconnaîtrait pas après toutes ces années s’emparèrent de John et le glacèrent jusqu’au sang.

Fin du flash-back
********************************
Quelques minutes s’étaient écoulées durant lesquelles Sam avait repensé à ce souvenir tout en contemplant son frère toujours endormi. Qu’est-ce que John n’aurait pas donné pour être à sa place et pouvoir connaître et voir son fils aîné ? Avec un pincement au cœur, Sam repensa à leur père et se jura de tout faire pour que Dean se sente chez lui en sa compagnie, même s’il se rendait compte avec joie que Dean commençait à éprouver ce sentiment.

Les semaines défilèrent tout comme les enquêtes et ils n’avaient pas déniché d’autres sceaux durant tout ce temps. Castiel ne leur rendait que de rares visites, ponctuées du fait que Lilith s’empressait de détruire les sceaux et que la bataille semblait perdue d’avance. Malgré tout, les frères continuaient, espérant y mettre un terme en tuant Lilith.
Un soir, alors qu’ils discutaient dans un bar de pistes probables, une jeune femme brune apparut et se planta devant Sam :
« Tu voulais m’voir ?
-C’est pas le bon moment, Ruby, dit Sam, gêné que Dean soit présent.
-Alors, c’est elle, Ruby ?demanda Dean, la regardant, dégoûté. Bobby a employé un euphémisme quand il parlait de criminelle…T’aurais pu m’dire que tu faisais ami-ami avec une saloperie de démon, non ?finit-il par murmurer à Sam.
-Oh, ça va, pas d’injures, s’il-vous-plaît et puis, franchement, j’aurais préférée que nos présentations se passent mieux…mais les rumeurs étaient vraies, alors, Dean, tu vois le vrai visage des démons…j’imagine que ça te rappelle l’enfer, ça, non ?sourit Ruby malicieusement.
-Toi, la ferme !s’énerva Dean en se levant.
-Eh, du calme…dit Sam en s’interposant entre eux, faisant taire les discussions autour d’eux, les regards fixés sur eux trois. On sort d’ici…
-Bon, et là, je peux la tuer ?demanda Dean une fois à l’extérieur, en sortant le Colt, arme qui était devenu son arme fétiche depuis que Sam lui avait confié quelques semaines avant.
-Dean, s’il-te-plaît, arrête…
-Ton frère est plus désagréable que je ne l’avais imaginé…
-Pourquoi t’es venue, Ruby ?
-J’avais des démons aux fesses sans arrêt, donc je pouvais pas te contacter avant…mais j’ai une info importante à te livrer…mais qui ne devrait vous plaire.
-Vas-y…
-Un démon est revenu exprès d’en bas pour toi, Dean. On dirait que Lilith n’apprécie pas trop que tu sois de retour, donc elle a envoyé son démon favori t’envoyer te chercher…et paraît-il, ce démon ne demande qu’à te trouver vu votre passé commun…
-Alastair…murmura Dean, soudain effrayé.
-Bingo !dit Ruby légèrement. Il emploie la moitié de son temps à ta recherche, alors faites gaffe. Voici ce qui devrait le retarder pour un temps, dit-elle en leur donnant des sacs à sortilèges.
-Et qu’est-ce qu’il fait l’autre moitié de son temps ?demanda Sam.
-Sûrement s’employer à briser des sceaux. La prochaine fois, Sam, ne remplis pas ma boîte vocale, dit-elle avant de disparaître.
-Qui est Alastair ?demanda Sam à son frère encore troublé et anxieux.
-Je te le dirai quand je saurai que tu m’caches plus rien toi non plus, soupira Dean. T’aurais au moins pu m’dire que tu fréquentais un démon, ça m’aurait évité d’avoir l’air stupide.
-Parce que t’aurais voulu m’écouter ?
-Non mais t’aurais pu essayer… Pourquoi tu lui fais confiance ?
-Parce qu’elle m’a sauvé la vie…plusieurs fois. Elle est contre Lilith et a tout fait jusque là pour m’aider…et elle continue, comme tu vois.
-Ouais, ben c’est pas toi qui doit voir sa sale tronche…Explique-moi davantage car si peu, ça me suffit pas. »

Sam se lança alors dans une explication détaillée de comment Ruby était un jour apparue dans sa vie et lui avait promis de l’aider à chasser Lilith, qu’elle-même trouverait son intérêt à la voir morte. Il expliqua quelques unes de leurs aventures, de démons qui avaient été prêts à le tuer lui et que Ruby était toujours venue le sauver.
Dean ne dit rien après ce récit, ne sachant plus que penser.
« Et qui te dit qu’elle n’est pas de mèche avec Lilith ou un autre gros démon et qu’elle te manipule comme la nature des démons le veut ?
-Parce que j’ai déjà rencontré ce genre de démon, un peu rebelle aux autorités démoniaques.
-Quand ça ?
-Quand j’étais gosse…un démon m’a donné une info et elle s’est avérée être entièrement exacte, il n’a jamais rien demandé en échange.
-Et c’était quoi cette info, c’était si important ?
-Oui, ça te concernait toi. Il disait t’avoir retrouvé, révéla Sam. »

**************************************
Flash-back
06 Septembre 1992 –Burlington, Iowa

Un jeune garçon de neuf ans revenait de l’école à pied jusqu’au motel où lui et son père avaient élu domicile depuis peu de temps. Passant près d’un carrefour, il fut interpellé par un homme d’une quarantaine d’années, en costume :
« Eh petit ! Tu peux me donner l’heure, s’il-te-plaît ?
-Euh oui…il est 5h30pm, monsieur, répondit Sam en regardant sa montre. Relevant les yeux, il découvrit les yeux rouges de l’homme. Reculant vivement, il farfouilla en tremblant dans sa poche, sortant une bouteille d’eau bénite.
-Allez, je vais pas te faire de mal, Sam, je suis là pour t’aider. Range ça, tu veux, qu’on discute tranquillement.
-Laissez-moi tranquille !
-On en aura pas pour longtemps…J’ai entendu dire que toi et ton père vous cherchiez ton frangin, je m’trompe ?
-Comment vous savez ça ?s’écria Sam, toujours aussi effrayé.
-Eh bien, c’est mon boulot de savoir ça…enfin, pas mon vrai job qui est plus administratif avec papiers, contrat, tout le tralala, quoi mais mon loisir est d’écouter aux portes pour connaître les infos quotidiennes, quoi…et j’ai entendu dire que ton frère est à Marshalltown depuis peu.
-C’est faux ! C’est un piège…vous connaissez pas mon frère, vous savez rien !
-Sans te vexer, toi non plus, tu le connais pas. Mais moi, je voulais juste te dire ça au passage, c’est tout…Maintenant, excuse-moi, tu ferais bien d’y aller, j’ai un client qui arrive, finit par sourire Crowley. »
Sam partit à toute vitesse en courant. Quand il arriva au motel, John était déjà revenu :
« Sam, qu’est-ce qu’il y a ? »
Sam lui raconta alors tout ce que le démon lui avait dit. John, absolument furax qu’un démon ait osé interpeller son fils cadet et parle de son fils aîné, alla directement au croisement de routes mais n’y trouva personne.
« Tu crois qu’il dit la vérité ?réfléchit Sam.
-Pourquoi un démon serait sympa avec nous, Sam ? Les démons restent les démons, c’est tout…grogna John. Mais un doute, un incroyable doute faisait jour dans son esprit. Il n’avait pas de pistes sur Dean depuis des années et s’il ne vérifiait pas, il le regretterait toute sa vie. C’était sûrement un piège, c’est vrai mais il devait essayer. Il partit aussitôt et voulut le faire seul, craignant trop d’emmener Sam qui pourrait se faire tuer si cette info s’avérait être un piège. Mais Sam était trop têtu pour se laisser faire et invoqua le fait que l’info lui avait été transmise à lui et non à personne d’autre. Et puis, Sam avait trop hâte de retrouver son frère aîné pour retarder leurs retrouvailles, espérant aussi le reconnaître d’instinct.

Le lendemain, ils étaient à Marshalltown, toujours en Iowa. John avait téléphoné à Bobby qui lui avait confirmé la présence de plusieurs couples en ville, dont certains avaient un garçon de treize ans. John se fit passer pour un homme du recensement en Iowa et prit les adresses des familles qui comptaient un garçon de treize ans. Malheureusement, aucune des familles ne souhaita le recevoir, malgré son insistance. Il alla alors au seul endroit où il pensait que Dean pourrait être : le lycée de la ville. Il fit croire qu’il visitait pour y inscrire Sam quelques années après et donc, à deux, ils firent le tour de l’établissement. Subtilisant la liste des classes des treize ans, John espéra y trouver des informations mais deux garçons portaient le nom de Dean et leur description était à l’opposée du petit garçon que Dean avait été. Se doutant alors que bien sûr, ses monstres de kidnappeurs avaient dû changer son prénom, il réussit à pointer une classe qui l’intéressait par plusieurs garçons qui correspondaient. Aidé de Sam, John réussit à démarquer cinq garçons qui pouvaient correspondre à Dean. Il ne put en espionner que quatre. Lui et Sam purent les approcher d’assez près dans les couloirs et la cour mais aucun ne correspondait exactement car John savait qu’il pourrait repérer Dean d’un seul coup, par son regard, son expression, ce quelque chose qui faisait de lui son fils. Alors que John se dirigeait vers la sortie, il se fit violemment arrêter car la directrice s’était aperçue de son comportement étrange. De loin, il vit un garçon qui le regardait curieusement, sortant de l’infirmerie. Embarqué dans la voiture qui passa près de l’adolescent, John ouvrit la bouche de surprise : un regard vert, un visage qui lui était étrangement familier, une expression triste qu’il ne pouvait pas oublier…Oui, ça ne pouvait être que Dean. A la surprise se succéda la joie, l’espoir mais aussi la rage d’être dans cette voiture, stupidement arrêté. Le temps qu’ils arrivent au poste de police, que John présente une fausse carte du FBI, le temps de revenir au lycée aussi vite qu’il le pouvait…l’adolescent s’était envolé.
Sam avait suivi son père quand il avait été embarqué par la police, plus ennuyé qu’autre chose, sachant que son père sortirait rapidement mais il craignait qu’ils n’aient manqué Dean. Alors qu’ils suivaient la voiture à pied, il vit un adolescent regarder la voiture aussi ardemment que lui alors que les autres lycéens ne regardaient que curieusement. Un doute, un fol espoir s’emparèrent de Sam qui se rapprocha de ce garçon mais une voiture apparut de nulle part derrière lui, manquant de le renverser au passage et s’arrêta devant l’adolescent en question. Sam, courant pour le voir, le vit soupirer pour monter dans la voiture. Mais alors qu’il arrivait au niveau de la voiture, il vit le garçon se retourner avant de monter pour regarder Sam. Ce dernier s’arrêta net, se demandant si son instinct lui disait vraiment la vérité. Ce visage, bien que devenu très différent des photos, et devenu mûr, ne pouvait être que celui de son frère. Sam cria alors le nom de son frère mais le ronflement de la voiture redémarrant en trombe, ne le fit pas entendre même si Sam recommença à appeler Dean et à poursuivre la voiture. Mais ce fut peine perdue.
Bien sûr, quand John rechercha l’adolescent qu’il disait être Dean, il ne trouva personne. Aucune piste, rien, ne le menait à lui et ses kidnappeurs, tout ce qu’ils avaient laissé, jusqu’à la fiche de lycée, étaient faux. Même la plaque d’immatriculation retenue par Sam ne donna rien ni même le modèle de la voiture.
John, de nouveau désespéré d’avoir perdu son fils de si peu, redevint plus acharné que jamais et délaissa Sam de son affection et de son attention. Bien sûr, ni John, ni Sam ne savaient sans doute possible si c’était Dean ou non qu’ils avaient vus mais ils se raccrochaient à cet espoir. Mais de nouveau, les mois et les années passèrent sans résultat et John finit par croire qu’il avait eu une illusion en ne voyant que ce qu’il voulait bien voir.

Fin du flash-back
*********************************************
Sam resta silencieux, attendant la réaction de Dean qui ne fit pas longtemps attendre. D’un seul coup violent et rageur, Dean cassa les deux lampes de la chambre et renversa la table, une expression de vive colère sur le visage mais aussi de grande déception :
« C’était bien toi, alors…conclut Sam.
-Oui, c’était moi…On était dans cette ville pour plusieurs affaires…Le vampire de la veille m’avait tellement esquinté que j’étais tombé dans les pommes pendant un cours le lendemain, donc direction infirmerie. Quand j’en suis ressorti, j’ai vu cet homme être embarqué par les flics. J’avais l’impression de le connaître, j’étais attiré comme un aimant vers lui, donc je me suis rapproché quand la voiture est passée et quand cet homme m’a regardé, je me suis senti enveloppé d’une chaleur que je n’aurai jamais crue possible, comme un souvenir ressurgissant en moi mais trop ancien pour vraiment m’en rappeler. Je ne comprenais ni mon trouble ni celui de cet homme…Bien sûr, mes kidnappeurs sont arrivés juste après, ils savaient sûrement que Papa était en ville et avaient déménagé en toute hâte. Avant de monter, c’est là que je t’ai vu, Sam…et toi aussi, tu m’as fait exactement la même impression que Papa…c’en était même bizarre, j’avais envie de te serrer dans mes bras, je comprenais pas ce qui m’arrivait…mais Lauren m’a pris par le bras pour me forcer à monter et on est parti…J’aurais voulu éclaircir les choses à notre retour chez eux, savoir qui vous étiez mais bien sûr, ils s’en doutaient et donc, nouveau lavage de cerveau, quoi…
-Quoi ?s’étrangla Sam. Un lavage de cerveau ?
-Euh non…se dédit l’aîné, embarrassé. Pas un lavage de cerveau, j’exagère les choses…
-Dean, dis-moi ce qu’ils t’ont fait, t’en as trop dit de toute façon.
-Très bien mais tu vas regretter de savoir ça…soupira Dean. Tu ne t’es jamais étonné que je ne me souvienne pas de mon nom, de toi, Papa, Maman ou que je n’étais pas tout simplement leur fils ?
-Si mais à quatre ans, les gosses ne sont pas…
-Si, justement, Sam, je me souvenais de tout. Je savais qui j’étais. J’avais beau être en état de choc à cause de Maman et de cet enlèvement, je savais qui était ma famille. Ca a duré des mois, ils me droguaient aux médocs, me répétaient que j’étais leur gosse, que j’avais imaginé tout le reste…J’crois que les médocs ont dû prendre le dessus de moi…j’en suis sorti vers mes six ans…
-T’as tenu deux ans ?s’étonna Sam. Les salauds, si je pouvais leur faire la peau, je te jure qu’ils souffriraient…
-Pour moi, j’ai pas tenu assez longtemps mais peu importe…ils ont recommencé après qu’on se soit vus et j’ai fini par me lasser, j’en pouvais plus, ça a duré presqu’un an. Quelques mois après, je m’enfuyais mais ils m’avaient fait trop vous oublier pour que je repense à ça, malheureusement…
-J’suis désolé, Dean, finit par dire Sam, le visage bouleversé.
-De quoi ?
-Jamais…jamais j’aurais imaginé qu’ils t’avaient fait souffrir autant entre les lavages de cerveau et les maltraitances…si Papa l’avait su…d’un sens, heureusement qu’il n’a jamais rien su, il en serait sûrement tombé malade…
-Après les avoir trucidé…Mais tu n’as pas à être désolé, Sam, c’est pas de ta faute, c’est comme ça, c’est tout, on ne peut plus rien y changer…au moins, j’ai compris ce que tu voulais dire : ce Crowley avait eu raison à mon sujet…et peut-être que je devrais te faire confiance pour Ruby… »
Mais aucun sourire ou soulagement n’éclaira le visage de Sam. Sa tristesse et sa rage restaient intenses et douloureuses à l’égard des bourreaux de son frère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 14 Mai - 18:46

Chapitre 9 : Alastair

Dean commençait sérieusement à se lasser de ne pas avancer concernant les sceaux et ne pas savoir comment arrêter leur destruction. Sam essayait de le calmer mais Dean restait fidèle à lui-même, donc impatient. Sam avait d’ailleurs remarqué que Dean refaisait des cauchemars de plus belle. Il l’avait d’autant mieux remarqué que depuis quelques semaines, ils partageaient la même chambre à double lit. Ca l’avait lui-même surpris mais un jour, Sam avait pris l’initiative de demander une chambre double et Dean n’avait pas bronché, comme si leur relation devenue plus proche les menait maintenant vers ce point précis. Sam avait énormément apprécié que son frère accepte mais il avait fini par s’apercevoir, comme c’était encore le cas, que son frère voulait pourtant cacher des choses enfouies au fond de lui et il se doutait bien que c’était des souvenirs de l’enfer, de son enfance pourrie ou même des deux.
Un soir, il finit par aborder ce sujet sensible en essayant de prendre des pincettes, sachant que son frère avait en ce moment les nerfs à fleur de peau entre l’apocalypse se rapprochant à grands pas et Alastair qui voulait le ramener en enfer. Assis sur leurs lits à nettoyer leurs armes, Sam en profita :
« Dean…je sais que c’est dur d’en parler mais je pense qu’il serait temps que tu m’en parles…de l’enfer.
-Pourquoi je t’en parlerai ?demanda pourtant Dean calmement, nettoyant toujours.
-Parce que tes cauchemars ne peuvent pas te soulager alors que m’en parler, si…Et me dis pas que tu t’en souviens pas, moi, je sais que tu t’en souviens, c’est évident.
-Ecoute, Sam…c’est pas le bon moment.
-Mais quand ce sera le bon moment, alors, tu vas me dire ?
-Quand toi aussi, tu m’auras révélé les p’tits secrets que tu m’caches et tu m’en caches de gros, je parie.
-C’est différent, dit soudain Sam, gêné. Je ne t’cache rien d’important, pas autant que toi.
-Très bien, alors on revient à la case départ, sourit Dean. Bonne nuit. »

Sam insista mais il eut beau essayer, Dean s’était très rapidement couché et avait éteint sa lumière, tournant le dos à Sam, faisant déjà mine de dormir. Agacé, Sam soupira, même s’il savait que c’étant donnant-donnant et qu’il lui faudrait révéler aussi ce qu’il cachait à son frère. Lui-même termina rapidement et se coucha à son tour, sans toutefois s’endormir, réfléchissant à la meilleure manière d’aborder les choses avec Dean.
Vers deux heures du matin, Sam fut réveillé par Dean qui remuait vivement dans son lit tout en gémissant, le visage tendu et torturé. Sam le secoua et le réveilla :
« Hé, Dean ! Ca va ?
-Euh…répondit Dean en sueurs, le visage encore bouleversé. Il s’assit en se mettant la tête dans les mains, tentant de cacher son trouble à son frère.
-J’t’en prie, Dean, je veux juste t’aider, rien d’autre.
-Je sais, Sam, je sais, dit-il en se découvrant. C’est seulement que je sais pas comment avouer ce qui s’est passé ni par où commencer.
-Commence par le début…mais Sam dut attendre environ une heure pour que Dean soit capable de répondre. Il restait encore bouleversé par ses cauchemars et un combat faisait rage en lui pour savoir s’il devait se confier ou non. Le silence fut donc de mise et Sam le respecta, commençant à connaître son frère et à se rendre compte quand il fallait insister et quand il ne le fallait pas, la décision étant trop difficile pour en parler sans arrêt. Enfin, Dean reprit la parole.
-C’est pas facile, Sam…c’est pire qu’aucun flash-back de mon enfance, même dans les pires moments et pourtant, il y en a eu d’horribles…
-Vas-y quand même…
-Très bien…mais Sam, ne me juge pas d’après ce que je te dirai, s’il-te-plaît…
-Tu commences à me connaître, tu sais que je ne le ferai pas.
-Ca n’a pas duré quatre mois là-bas…mais plutôt quelque chose comme quarante ans…
-Si long ?s’exclama Sam. Mon Dieu, Dean…j’aurais jamais imaginé…
-L’enfer est indescriptible tant qu’on y est pas allé, continua Dean. Jamais je n’aurai imaginé telles horreurs, telles abominations…Tout n’est que sang, chair déchiquetée, chair brûlée, souffrances et cris. Ils dépeçaient mon corps millimètre par millimètre…me brûlant chaque morceau avant et le broyant aussi avec des techniques impossible à concevoir sur terre…ma peau devenait lambeaux jusqu’à ne plus ressembler à rien d’humain…même le visage y passait…et tout d’un coup, quand il ne restait plus rien à déchiqueter, tout mon corps se reconstituait comme neuf, prêt de nouveau à recommencer…C’était sans arrêt, pas une seconde de repos, même entre la destruction et la reconstitution…C’est alors que chaque jour, intervenait ce démon, Alastair, grand inquisiteur et maître de la torture en enfer…il me proposait à chaque fois que mes bourreaux arrêtent leur travail sur moi, que mes souffrances cessent et qu’à mon tour, je fasse souffrir les autres âmes damnées…qu’à mon tour, je devienne bourreau… J’ai refusé un grand nombre de fois, dégoûté à l’idée d’accepter…mais au bout de trente ans, j’avoue avoir cédé…ma résistance avait échoué…alors, il m’a conduit à ma première victime et là, j’ai commencé ce que moi-même j’avais tant souffert. Seul Alastair me guidait et je répugnais à l’écouter mais je le faisais, sachant qu’il me renverrait à ma potence si j’émettais un seul refus ou une seule hésitation…Mon Dieu, Sam, je n’oublierai jamais la première âme que j’ai torturé…c’était une jeune femme…je lui ai fait des choses impardonnables et jamais…non jamais, je ne pourrai me pardonner ce que je lui ai fait à elle et à tant d’autres âmes…Je suis navré, Sammy…tu mérites pas d’avoir un frère comme moi… »
Dean s’arrêta de parler, trop envahi par les sanglots. Durant son récit, les larmes avaient commencé à couler dès qu’il avait mentionné avoir accepté la proposition d’Alastair et s’étaient amplifiées jusqu’aux sanglots. La tête, dans les mains, posée sur ses genoux pliés, Dean sanglotait de sa culpabilité et non des souffrances atroces qu’il avait subies en enfer. De son côté, Sam ne savait pas du tout comment réagir, il restait interloqué, ne s’étant pas du tout attendu à ce que son frère lui fasse pareilles révélations. Il avait simplement cru que Dean avait souffert mille horreurs mais que jamais ça n’avait été qu’une partie de son enfer. D’un geste plus instinctif qu’autre chose, Sam se leva et posa une main réconfortante sur l’épaule de son frère :
« C’est moi qui suis désolé, Dean…jamais j’aurai pensé que t’avais autant souffert. C’est abominable ce qu’ils t’ont fait…mais tu as tenu trente ans, Dean, c’est énorme là-bas, je suis sûr que…moi-même, je suis certain que j’aurais jamais pu tenir autant. Tu n’avais pas d’autres solutions que d’accepter, on le sait tous les deux. Alors ne t’en veux pas, je t’en supplie, tu te tortures pour rien. Moi, en tout cas, je te pardonne entièrement…et sois certain que je suis plutôt fier de t’avoir comme grand frère, j’aurais pas pu rêver mieux, sourit légèrement Sam.
-Merci, Sam…mais moi, je pourrai jamais me pardonner, c’est trop…
-J’comprends…Rendors-toi, t’as l’air épuisé. Je vais te donner un médoc qui fait dormir comme du plomb, tu devrais pas faire de cauchemars, comme ça. »

Une fois le cachet pris, Dean s’endormit aussitôt, trop exténué par ces cauchemars et ce récit pour discuter davantage. Sam veilla sur lui et repensa que son frère l’avait appelé “Sammy” à la fin de son récit. Sam ne l’avait pas repris et ne comptait pas lui en reparler. Il détestait ça, même de la part de son père mais venant de Dean, alors qu’il n’avait pas accepté ce surnom à leurs retrouvailles, il s’aperçut que maintenant, ça ne le dérangeait pas plus que ça et que même, il appréciait, comme si c’était un geste de tendresse voilé. Souriant à demi, Sam pensa que cet aveu devrait les rapprocher davantage encore. Mais seul un écueil et pas des moindres, restait : son secret envers Dean et seule cette pensée lui enleva le sourire aux lèvres.

Quelques jours après, Ruby rendit visite à Sam pendant que Dean était parti aller chercher du café et lui révéla une information. Une jeune femme du nom d’Anna Milton était recherchée par les démons avec l’ordre de la capturer vivante. Même si Dean n’approuva pas que cette info vienne de Ruby, il suivit Sam quand même. Anna s’était échappée de l’hôpital psychiatrique où elle était enfermée depuis peu. Les frères allèrent voir ses parents mais ils avaient déjà été tués par des démons, selon le souffre encore sur place chez eux. Conscients qu’Anna, vu que son père était diacre et qu’elle-même semblait très croyante, voudrait se réfugier dans un lieu rassurant, Dean et Sam allèrent à l’église où le père d’Anna officiait. Arrivant tout en haut de l’église, armes sorties au cas où, ils eurent la stupéfaction de voir Anna, morte sur le plancher, aux pieds d’un homme d’âge mûr que Dean n’eut aucune peine à reconnaître, ayant conservé le même visage que dans ses pires cauchemars :
« Alastair…déglutit Dean avec difficultés.
-Bonjour, Dean…tu vas m’épargner la peine de te chercher plus longtemps, je commençais vraiment à m’impatienter.
-J’croyais qu’il vous fallait Anna vivante ?demanda Sam, prêt à abattre Alastair.
-En fait, oui…figurez-vous qu’elle entendait les anges parler dans sa p’tite tête, alors évidemment, les conversations privées des célestes, ça intéressait Lilith…mais je crois y avoir été un peu fort quand je l’ai menacée et j’ai dû lui briser la nuque sans le vouloir…les humains sont tellement fragiles, il suffit d’un rien pour les casser. C’est tellement différent en enfer où tout est possible…et où j’ai l’habitude de recommencer à volonté. Mais Dean en sait quelque chose, n’est-ce pas mon garçon ? Sinon, je vais bientôt te rafraîchir la mémoire…
-Tu peux mettre ta menace là où j’pense, je n’y retournerai pas !
-Oh vraiment et grâce à quoi ou à qui ?
-Grâce à moi, dit Sam en tendant la main vers Alastair. Mais son pouvoir eut seulement l’effet de faire reculer légèrement Alastair et de le faire tousser pendant cinq secondes. Devant l’air médusé de Sam et l’air désespéré de Dean, Alastair sourit de plus belle.
-Apparemment, Sam, tu ne peux pas encore jouer dans la cour des grands… »
Et d’un geste, Alastair les envoya tous deux s’écraser contre les armoires au fond de la pièce. Tentant avec difficulté de se relever, Sam aida Dean qui avait atterri plus violemment et s’était fait de vilaines blessures et chercha une voie de sortie. Malheureusement, la seule possible était maintenant bouchée par les débris des armoires. Alastair sourit largement et coupant toute tentative de fuir, les fixa au mur côte à côte.
« Eh bien, eh bien…on commence à s’amuser, on dirait. Je me demande, Sam, si ta place est réservée toi aussi en enfer car je me ferais un plaisir de t’emmener avec ton frère, tu sais. Deux Winchesters pour le prix d’un, c’est à saisir sans tarder, surtout des frères, c’est un vrai cadeau.
-Va te faire foutre !répondit Sam. Tu n’emmèneras ni moi ni Dean.
-Tu ne me croies pas ?s’étonna le démon. Attends, regarde bien et instruis-toi. Sur ce, Alastair assomma à moitié de coups de poings le visage et l’abdomen de Dean qui ne tenait plus debout que par la force démoniaque d’Alastair. Le démon le torturait littéralement en lui broyant à distance les entrailles. Dean étouffait, crachait du sang, suffoquait…Quelques larmes qu’il voulut retenir perlèrent pourtant auprès de ses yeux tellement la souffrance était insupportable. Il aurait voulu tomber dans l’inconscience mais Alastair le maintenait conscient exprès pour qu’il souffre davantage. Il avait à peine la force de garder les yeux ouverts mais avait l’impression que toute force l’abandonnait.
Tu vois, Sam ! C’est très facile de tuer ici, j’ai bientôt fini avec ton frère alors qu’en fait, j’ai l’impression de ne lui avoir rien fait du tout…
-Arrête…prends-moi plutôt à sa place, supplia Sam en voyant l’état de son frère.
-Quel sens du sacrifice ! T’es pas comme ton frère, toi…Dean n’a pas dû te dire ce qu’il avait fait en enfer pour nous, sourit Alastair, voulant ajouter la torture morale à la torture physique de Dean qu’il ciblait le plus.
-Si, il m’a tout raconté, je sais ce qu’il a fait en enfer.
-Oh vraiment ? Dean, tu m’surprends, je pensais pas que tu dirais ça, t’es plus honnête que je croyais…mais Dean a fait beaucoup plus qu’il ne le croit, il nous a rendu un grand service, immense même…Tu n’es pas au courant? Non ? Toi non plus, Dean ?demanda-t-il en récoltant avec joie leurs regards surpris. Eh bien, Dean, dit-il en s’adressant particulièrement à l’aîné, quand tu as commencé à torturer cette fille brune pleurnicharde…c’est toi qui aies brisé le premier sceau…
-C’est faux…réussit à murmurer Dean, toujours la bouche en sang, absolument ahuri mais sachant pourtant que c’était la vérité, comme s’il l’avait toujours su.
-Tu sais que non…La prophétie disait que si un homme vertueux torturait en enfer, il briserait le premier sceau. Et bien sûr, on devait attendre que le premier sceau soit brisé par toi, Dean Winchester, pour que tous les autres soient brisés à leur tour. C’est grâce à toi que l’apocalypse va se déclarer, mon garçon.
-Nooon…murmura Dean, choqué et bouleversé, alors que Sam, à côté, l’était tout autant.
-Et maintenant, tu vas pouvoir retourner en enfer et devenir bientôt un démon comme tu le mérites, rigola Alastair en commençant à étrangler Dean pour le tuer. Personne, pas même ton cher Sam qui s’agite pour te délivrer, ne pourra te sauver, et tu pourras le retrouver en enfer et le torturer lui aussi…Personne ne viendra…
-Si, moi, dit une nouvelle personne dans la pièce. »
Castiel réussit à envoyer Alastair à l’autre bout de la pièce et sans tarder, toucha le front des deux frères et disparut avec eux, faisant hurler de rage Alastair.

Castiel les déposa, non à leur motel mais directement à l’hôpital, vu la gravité des blessures de Dean. Heureusement, il était arrivé à temps pour épargner à Dean le coma qu’il évita de justesse. Il fut quand même soigné pendant plusieurs heures, et resta branché sur son lit à des appareils. Les médecins n’avaient pas été du tout confiants de son état mais avaient fait du mieux qu’ils avaient pu, et Dean échappa miraculeusement à la mort. Ses organes vitaux avaient été touchés mais pas suffisamment pour devenir des lésions trop graves et mortelles. Quand, deux jours après, il se réveilla avec difficulté, ayant mal absolument partout, il trouva Sam et Castiel, silencieux, à ses côtés.
« Alors, c’est vrai, Castiel ? J’ai vraiment brisé le premier sceau ?murmura Dean avec difficulté, la gorge encore très douloureuse mais le demanda avec désespoir.
-Oui, je suis désolé, Dean, soupira l’ange.
-Pourquoi sauver le misérable et l’ordure que je suis, alors ?demanda Dean, totalement dégoûté de lui-même.
-Parce qu’il est dit dans la même prophétie que celui qui ouvre le premier sceau en enfer est le seul qui pourra stopper l’apocalypse. Quand on a connu le reste de la prophétie, inconnue des démons qui ne connaissent que le début, on s’est précipité pour venir te chercher mais tu étais bien caché par Alastair et ses démons et on n’a pu te délivrer que trop tard, malheureusement.
-Mais je n’y arriverais pas, Cas…Stopper l’apocalypse ou encore mieux tant qu’on y est, Lucifer ? C’est pas pour moi, ça…Vous vous êtes trompés, je ne pourrais pas…
-Il faut espérer que si, tu es notre seul espoir, dit Castiel en disparaissant de la pièce.
-Ecoute, Dean, dit Sam en s’asseyant à côté de Dean dont les yeux laissaient échapper quelques larmes de culpabilité. Moi, je sais que tu peux le faire, j’en suis persuadé.
-Mais j’ai brisé le premier sceau, Sam, j’ai fait une chose horrible et qui vaut une médaille d’or d’égoïsme!
-Tu l’as fait en l’ignorant et c’est ça le plus important. Maintenant, ce qu’on sait, c’est que tu dois stopper l’apocalypse et j’ai confiance en toi pour le faire…
-Et comment ? Tu vois pas comment je suis vraiment, Sam...je suis faible, j’suis bon à rien et ça s’est empiré depuis mon retour de l’enfer…je me sens comme le dernier des hommes et même de toutes les abominations…alors comment veux-tu que je fasse cet exploit ?
-Parce que je serai avec toi et ensemble, nous ferons ce qu’il faut et ça implique tuer Lilith et Alastair parce que sans ces deux-là, on a toutes les chances d’arrêter que les sceaux soient brisés et que Lucifer soit libéré. Je suis là pour t’aider, Dean, ne l’oublie pas. Et tu n’es pas si faible ou le dernier des hommes, tu es quelqu’un de très bien qui ne savait pas ce qu’il faisait, tout le monde aurait pu en faire autant et même pire que toi. T’es revenu de l’enfer avec une santé mentale intacte alors que n’importe qui tomberait fou des horreurs que t’as vu là-bas. Alors, Dean, ne te sous-estime pas, tu es plus fort que tu ne le croies.
-Mais j’ai aucune confiance en moi, Sammy…Je sais pas de quoi je suis capable.
-Alors dis-toi une chose : moi, j’ai confiance en toi, et si tu as un minimum confiance en moi, alors garde espoir, on y arrivera. »

Dean regarda alors son frère et y découvrit tout l’espoir et la certitude dont lui-même manquait tant. Il s’y accrocha comme à une bouée de sauvetage et approuva d’un geste de la tête. Oui, il avait confiance en son frère, plus qu’il n’avait jamais eu confiance en lui-même ou en quiconque. Ca lui faisait beaucoup de bien d’avoir enfin quelqu’un en qui avoir confiance et que ce quelqu’un se trouve être son propre frère, celui qui, désormais, veillait sur lui depuis leurs retrouvailles. Il espéra seulement qu’il arrêterait bientôt d’être une victime et qu’il pourrait à son tour veiller sur son frère cadet qui en avait peut-être besoin. Après tout, il était l’aîné et il devrait jouer son rôle un jour ou l’autre et ça lui ferait sûrement le plus grand bien. Fermant les yeux de fatigue et de douleur, il se rendormit dans un sommeil lourd du à la perfusion, mais sommeil salvateur pour son corps et son esprit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Mar 18 Mai - 19:59

Chapitre 10 : Errer dans le noir…


Au bout de deux semaines de convalescence, Dean sortit de l’hôpital après lequel il avait râlé toutes les cinq minutes, n’en pouvant plus des infirmières désagréables et des médecins qui posaient trop de questions. De plus, rester inactif ne l’intéressait pas du tout mais il n’avait pas eu assez de forces pour s’échapper avant.

Donc, retour dans les chambres des motels miteux, retour aux chasses à et l’espoir de dénicher un sceau. Plus que tout, les frères tentaient de se cacher d’Alastair, plus puissant que Sam ne l’avait prévu et d’ailleurs, il n’avait pas voulu reparler de sa défaite contre lui, trop déçu et en colère que ses pouvoirs aient aussi peu marché sur lui. Dean ne lui en parlait pas et ça l’arrangeait mais le plus étonnant pour Sam est que son frère ne lui disait pas un mot du secret qu’il lui cachait encore alors que Dean s’était révélé à lui et n’avait rien demandé en échange.

Une nuit, alors que les frères dormaient tranquillement, Dean se réveilla en sursaut et vit un homme dans le fond de la pièce. Se levant en sursaut, il n’eut pas le temps de sortir son arme que l’homme sortit de l’ombre et que Dean put le reconnaître comme ce qu’il était.
« Un ange ? Encore ? Vous n’en avez pas marre de vous pointer sur terre ?soupira Dean. Qui êtes-vous ?
-Je ne suis pas n’importe quel ange, Dean, je suis le supérieur de Castiel, je m’appelle Zachariah. J’ai cru comprendre que tu n’allais pas assumer le rôle qui t’est imparti.
-Quel rôle ? Arrêter les sceaux ? On essaie de faire que ça, Sam et moi, je vous signale.
-Je ne parle pas des sceaux mais de ce que pourquoi on t’a ramené.
-Stopper l’apocalypse, Lucifer, c’est ça ?
-A peu de choses près, oui.
-Vous n’avez pas trouvé le bon mec, c’est tout.
-C’est ce que tu croies et c’est pour ça que je suis là, pour te faire reprendre confiance en toi.
-Si vous croyez que vous m’impressionnez, vous vous mettez le doigt dans l’œil, votre apparence d’ange est mieux que le pauvre mec dont vous avez pris le corps mais tout de même, j’en ai rien à battre de vos foutaises…
-Ecoute ce que j’ai à te dire d’abord…Je connais très bien ton passé, Dean, ce que tu as vécu, ton enlèvement…et c’est pour que tu saches qui était ta famille que je vais te faire une faveur.
-Quelle faveur ?
-Je vais t’envoyer faire un tour dans le passé, voir tes parents, savoir qui ils étaient, ce qu’ils pouvaient représenter…
-Pourquoi vous feriez ça ?
-Tu sauras pourquoi après y être allé. Partant ?
-Oui, bien sûr…mais, Sam…dit Dean après avoir jeté un coup d’œil à son frère toujours endormi. Il va se poser des questions sur ma disparition si vous m’emmenez comme ça.
-Ne t’en fais pas, Sam ne s’apercevra de rien du tout, tu ne vas partir que quelques heures pour lui, le temps sera différent.
-Bon, si je peux les connaître, alors…
-Quelques détails seulement…tu vas aller dans trois époques différentes…pour les deux premières, tu ne seras que spectateur, invisible pour tous. Mais la dernière sera différente, tu seras réel, en trois dimensions, agissant comme tout un chacun mais nous devrons modifier quelque peu ton apparence…sinon il serait possible que tu sembles un peu trop familier ou reconnaissable.
-Vous allez me changer de tête ?
-Oui, mais tu seras toujours séduisant à ta manière, je sais que tu y tiens.
-Mais pourquoi je serais réel que dans la dernière époque seulement ? Pourquoi pas dans les autres ?
-Eh bien, je dirais simplement que plus on recule dans le temps, plus on risque de l’influencer, même à petite échelle.
-Alors, pourquoi me laisser dans la dernière époque agir comme je veux ?
-Parce qu’il sera alors trop tard pour que l’influence bascule le cours des choses. Mais tu comprendras mieux en voyant ces époques. On y va ?
-Et comment je reviendrais ?
-Seulement quand tu auras compris qui tu es et pourquoi tu auras vécu ça. »

Après un hochement de tête, Dean vit Zachariah poser deux doigts sur son front et le décor changea brusquement.
Dean rouvrit les yeux et se retrouva dans un living-room typique des années 1980. Il vit entrer dans la pièce un homme un peu plus jeune que lui qu’il crut reconnaître comme étant son père, selon les photos qu’il avait vu. Cela faisait tellement bizarre et irréel à Dean de voir son père bouger et être vivant comme si de rien n’était. Il avait presque l’impression de pouvoir le toucher mais même si la tentation était forte, il savait bien qu’il était invisible et pareil à un esprit. John s’avança dans la pièce, et arrangea des coussins dans le canapé, se précipitant ensuite dans l’entrée en entendant des pas descendre l’escalier. Bien sûr, il ne voyait pas Dean, totalement invisible mais Dean le regardait intensément, troublé. Dean vit alors son père réapparaître au bras d’une belle jeune femme blonde derrière lesquels arrivait en trottinant un petit garçon d’à peine quatre ans devant lequel Dean pâlit et eut un sursaut de surprise. Mary s’installa dans le canapé, portant quelque chose :
« Alors, voilà, Dean, nous voulons t’annoncer une grande nouvelle. Voici ton ptit frère, je te présente Sam, dit Mary en souriant au petit garçon, montrant un bébé endormi dans ses bras.
-Mon ptit frère ?répéta Dean, en regardant le bébé avec surprise.
-Oui, Dean, répondit John, tu sais qu’on en avait déjà parlé, ta Maman avait le ventre très rond, tu te souviens. Eh bien, ton ptit frère est arrivé ce matin, on revient de la clinique, c’est pour ça que Mrs Dunlow t’a gardé.
-Je peux le prendre ?demanda Dean soudain troublé.
-Oui, vas-y, mais fais attention, Dean, il est très fragile, ne le fais surtout pas tomber, prévint Mary en lui mettant soigneusement dans les bras.
-Salut, toi, murmura Dean en le serrant avec précaution et le regardant en souriant. J’suis sûr qu’on va bien s’entendre, tous les deux…Et pis, j’suis ton grand frère maintenant, donc je te protégerai, Sammy, vi, fais-moi confiance. »

Devant cette scène et ces paroles, le Dean adulte regardait en souriant, certain qu’effectivement ce souvenir était quelque part dans sa mémoire. Il regardait intensément le visage de ses parents et lut dans leurs yeux tout l’amour qu’ils portaient à leurs deux garçons. Jamais il n’aurait cru avoir été aussi heureux, aussi aimé. Ils formaient donc une famille parfaite à cette époque, Dean aurait eu du mal à le croire s’il ne l’avait pas vu de ses propres yeux. Leur visage rayonnait de bonheur et d’une chaleur tellement réconfortante que Dean serait bien resté avec eux, dans cette ambiance magique tellement cette scène ressemblait au paradis. Mais Dean se sentit de nouveau happé et quand il rouvrit les yeux, le décor avait complètement changé.
Il était cette fois dans une chambre inconnue, sombre bien qu’éclairée faiblement par le clair de lune. Il s’avança dans la pièce et aperçut deux enfants couchés dans un grand lit. Il reconnut le petit garçon qu’il avait été, pas beaucoup plus âgé. Le garçon entourait de ses bras un bébé, Sam, âgé de six mois seulement. Dean pensa alors que le drame venait sûrement de se produire à voir l’expression de lui-même enfant, tellement désespérée mais aussi tellement protectrice envers Sam. Le petit garçon gardait les yeux ouverts, fixant le plafond, comme si un souvenir pire que l’enfer se reflétait encore sur ce plafond. Dean s’étonna de sa pâleur comparée à la forme qu’il avait observée dans le souvenir précédent. Mais vu qu’il avait assisté au drame, ce n’était pas si étonnant de le voir encore aussi bouleversé. Dean remarqua que le bébé, contrairement à son frère, était endormi très paisiblement, comme s’il s’était senti plus en sécurité que nulle part ailleurs. Soudain, la porte s’ouvrit tout doucement derrière lui : son sang se glaça quand il reconnut ceux qui l’avaient élevé. Vêtus de noir, le couple s’avança et posa une main sur la bouche de l’enfant, dégageant ses bras de son ptit frère, l’emportant tellement rapidement que le Dean enfant n’eut pas le temps de réagir. Plein de rage, et ne pouvant strictement rien faire, Dean les vit ouvrir la fenêtre et la franchir avec lui-même, voyant ainsi la vérité dans tout son éclat mais aussi dans toute son horreur. A peine une minute après, Sam se réveilla et se mit à pleurer intensément, faisant prendre conscience à Dean à quel point il y avait une connexion entre eux. C’était évident que Sam avait ressenti aussitôt l’absence de chaleur de son père et cette protection sécurisante qu’il lui avait apporté jusque là. En tout cas, ses cris furent intenses, comme s’il voulait appeler à l’aide. Ensuite, tout se précipita : l’amie de leur père arrivant, constatant l’enlèvement avec terreur, et appelant John sur son portable. Quand Dean vit son père arriver et constater l’affreuse évidence, son cœur bondit en même temps qu’il souffrit de voir son père aussi bouleversé et défait. Son chagrin, son désespoir et sa haine furent siennes aussi et Dean put alors se rendre compte de nouveau à quel point il avait été aimé. Il fit la connaissance de Missouri qui révéla à John que les kidnappeurs n’étaient pas démoniaques mais humains pour voir ensuite son père promettre de le retrouver et de se venger. Un sourire triste passa sur le visage de Dean, il savait très bien qu’il n’en serait jamais rien. Il vit son père aller réconforter son cadet, toujours en proie à une terrible angoisse. Désormais, ils ne seraient plus que deux après avoir été quatre quelques jours avant.

Une fois de plus, Dean se sentit transporté ailleurs et cette fois, il sut qu’il ne serait plus spectateur mais acteur dans son passé, ce qui le soulageait mais l’angoissait aussi, espérant se comporter comme il le devrait, sans influencer le cours des choses, même dans un sens, il sourit en espérant poser sa marque quelque part. Il se retrouva dans un motel, assis sur un lit, face à un miroir. Il eut un choc quand il se vit, car même si son apparence n’était pas complètement différente, elle l’était quand même un peu et Dean eut de la peine à croire que c’était bien lui et non un étranger en face de lui. Se détaillant sous toutes les coutures, il se rendit compte qu’après tout, il n’était pas si mal et que les anges auraient pu le rendre plus moche. Légèrement plus grand, assez carré, il avait les cheveux noirs, un peu plus longs et des yeux bleus. Après s’être détaillé, il pensa quand même préférer sa vraie apparence. L’avantage est qu’il avait gardé les mêmes traits. Prenant ses affaires, il vit un journal avec la date : 21 mars 1993. Donc il devait avoir quatorze ans, un an avant sa fuite. Posant le journal, Dean espéra vivement voir son père et son frère rapidement. Il vit qu’il avait les armes habituelles d’un chasseur et que son identité était au nom d’Alex Fallaway.
La nuit était sombre, car même si le clair de lune était bien là (décidément, il était abonné aux pleines lunes, lui…), il était voilé par de gros nuages sombres. Dean ne vola pas de voiture et marcha un moment, sentant qu’il ne devrait pas chercher très loin. Il devait écouter son instinct, il ne l’avait jamais trahi. Passant près d’un petit bois, il entendit un faible cri. Sortant son arme, il accourut et vit un loup-garou prêt à tuer sa victime à terre. Par chance ou par un fait exprès, son arme contenait des balles en argent (même si Dean n’avait pas eu le temps de vérifier) et quand il atteignit sa cible, le loup-garou s’effondra, mort. Dean s’empressa d’aller voir comment allait la victime qui se trouva être un jeune garçon que Dean reconnut instinctivement. Un homme plus âgé que lui arriva juste après, arme au poing, relevant le garçon :
« Sammy ! Comment vas-tu ? Il ne t’a pas blessé ?
-Nan, ça va, j’ai rien…grâce à ce type…dit Sam en montrant Dean.
-Merci…j’ignore qui vous êtes mais merci, monsieur, dit John en tendant la main à Dean dont il serra la main. Vous avez sauvé la vie de mon Sammy…
-C’est Sam, grogna le concerné.
-Si tu veux…Je me présente, John Winchester et voici mon Sam… »
Dean resta un instant muet, trop heureux et trop bouleversé de ce contact, de cette rencontre et de cette scène tant désirée. Il n’avait plus l’impression d’être réel mais plutôt d’être irréel comme auparavant, dans les deux autres souvenirs…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Lun 31 Mai - 19:55

Chapitre 11 : Une famille enfin réunie ?


Dean se ressaisit pourtant et se présenta en souriant :
« Alex Fallaway, enchanté de vous connaître…tous les deux.
-Je vous suis reconnaissant, monsieur Fallaway…je vous offre un verre ?
-Euh…oui…volontiers…
-Venez au motel, nous y serons plus tranquille pour discuter et Sam…je vois que t’as une blessure, t’aurais pu le dire tout de suite !
-C’est rien, P’pa !dit Sam, gêné devant l’inconnu.
-Allez, on y va. »
En fait, il se trouvait que John et Sam résidaient dans une chambre double, juste à côté de celle de Dean : coïncidence, quand tu nous tiens… John s’occupa d’abord de la blessure de Sam et voulut ensuite l’envoyer se coucher mais c’était sans compter l’entêtement de Sam qui devenait très curieux à propos de Dean. Ce fut donc deux whiskey et un jus d’orange.
« Alors, monsieur Fallaway…
-Appelez-moi Alex, sourit Dean.
-Très bien, alors ce sera pareil pour moi, ce sera John. Dites-moi, Alex, que faites-vous en ville ? La même chasse que nous ?
-Euh…non, pas vraiment, répondit Dean, soudain à court d’idées. Je viens ici pour une affaire personnelle…j’espérais retrouver quelqu’un que j’ai perdu il y a longtemps…
-Oh, navré…je ne voulais pas être indiscret.
-Vous ne l’êtes pas, John…mais disons que c’est compliqué et puis, je viens de savoir que c’est encore une fausse piste.
-Je suis bien placé pour vous comprendre, soyez-en sûr, Alex, avoua John soudain triste.
-Et vous avez perdu qui ?demanda soudain Sam, captivé.
-Sam ! Ca ne se demande pas.
-Ben quoi ? On a bien perdu Dean, nous ! C’est normal de demander ! »
A cette phrase, Dean avait sursauté sans que John ou Sam ne le remarque. Il se sentait de plus en plus gêné et embourbé dans son mensonge. Mais il était si bien en présence de son père et de son frère qu’il ne voulait terminer cette conversation sous aucun prétexte. Jamais il n’aurait cru vivre une telle situation, alors autant en profiter au maximum. Dean observait son père : John était tellement différent de tout ce qu’il s’était imaginé : plus fort, plus autoritaire, tellement changé de quand il l’avait vu avec Mary, dix ans auparavant. Et pourtant, Dean décelait dans son regard une expression d’infinie tristesse et de dégoût, comme si un gouffre s’était ouvert en lui et qu’il n’arrivait pas à le refermer. Pendant ce temps, les deux Winchester bataillaient ferme mais Dean les interrompit après que John ait commandé à Sam d’aller se coucher, ne faisant pourtant pas bouger le garçon de dix ans.
« Ecoutez tous les deux, c’est pas un problème, je peux vous le dire…J’ai perdu mon père…c’était il y a pas mal d’années…quand j’étais gosse…il a disparu du jour au lendemain mais pour moi, il est vivant, c’est certain…
-Vraiment navré…C’était un chasseur, aussi ?demanda John.
-Oui, donc forcément, s’il se cache, il le fait bien. Un démon était après lui, il ne voulait pas nous faire courir de danger à ma mère et moi.
-Alors, comment savez-vous qu’il est vivant ?
-Je le sais, John, c’est tout, j’en ai la certitude sinon ça me servirait à quoi d’espérer ?
-Tu vois, P’pa, c’est comme pour Dean, il faut pas se décourager, j’te l’ai déjà dit, Alex a raison, il est comme moi.
-Sam, ça suffit, répondit John sèchement. Va te coucher, t’as école demain. C’est mon dernier avertissement.
-Ok…soupira Sam en y allant. Bonne nuit, Alex, à bientôt peut-être et merci pour tout à l’heure.
-De rien, Sam, bonne nuit, répondit Dean en souriant avant que Sam ne referme la porte.
-Je suis désolé, Alex, mon fils s’emporte facilement…
-Je vous en prie et puis, ça ne me regarde pas.
-Oui, c’est vrai mais en même temps, vous m’avez confié pour votre père, alors…sachez seulement que mon fils aîné m’a été enlevé il y a juste dix ans par de simples humains…il n’avait que quatre ans alors. Je l’ai toujours cherché sans relâche mais j’ai fini par désespérer…
-Je vous comprends, John et je suis vraiment navré, répondit Dean tristement. Mais sachez que l’espoir n’est jamais perdu, surtout pour les êtres aimés.
-Merci, Alex mais à cette heure, je n’espère plus grand-chose, soupira John avec rancœur. Même s’il n’est plus de ce monde, je retrouverai un jour ces personnes et je leur ferai payer d’avoir enlevé mon Dean. Bonne nuit et merci également pour Sam.
-Bonne nuit, John et à bientôt, qui sait… »

Dean revint dans sa chambre et resta toute la nuit, assis sur son lit, tellement troublé par son père et son jeune frère que les larmes lui montèrent aux yeux de joie et de tristesse.
Le lendemain, le journal leur appris séparément qu’un autre meurtre avait eu lieu la nuit précédente avec une victime au cœur arraché. Un autre loup-garou sévissait en ville.
John avait été le premier à se lever et donc à découvrir la nouvelle. Alors qu’il n’aurait jamais fait ça avec un autre, il alla prévenir Dean qui venait d’être au courant, comme si s’associer à lui était une chose essentielle et instinctive…ce que John ne comprenait absolument pas mais il avait l’impression de voir en Alex quelque chose ou quelqu’un de terriblement familier. John voulut d’abord envoyer Sam à l’école pour ne pas avoir d’ennuis, sans lui dire ce qui s’était produit, craignant une nouvelle attaque s’il mettait son fils de nouveau dans l’affaire. Après tout, Alex avait sauvé son Sam, alors pourquoi ne lui ferait-il pas un minimum confiance ? Et puis, peut-être qu’en le connaissant un peu mieux, il pourrait résoudre ces mystères de savoir qui il était vraiment et pourquoi Alex semblait si troublé mais également si désireux de leur présence. Il avait pris soin de vérifier qu’Alex n’était pas un démon en lui offrant une bière dans laquelle il avait ajouté de l’eau bénite, à la manière de son vieil ami Bobby Singer. Bien sûr, Alex n’avait eu aucune réaction :
« Alors, rassuré ?demanda Dean en reposant la bière.
-De quoi ?
-De savoir que je ne suis pas un démon…
-Mais je ne…
-John, je sais reconnaître de l’eau bénite quand j’en bois, même mélangée, sourit Dean.
-Désolé Alex mais je devais être sûr.
-Ca ne fait rien.
-Alors pourquoi n’avez-vous pas vérifié pour moi ?demanda John brusquement.
-Croyez-le ou non mais je sais reconnaître un démon quand j’en vois un et ne me demandez pas comment, vous ne me croiriez pas.
-Très bien mais j’espère que vous finirez par me faire confiance et me le dire, je serais quand même curieux de le savoir.
-Alors…finit Dean en se raclant la gorge. Qui était notre loup-garou d’hier soir que j’ai tué ?
-Un employé municipal…il avait été mordu il y a un an environ…
-Marié ?
-Oui, avec trois enfants.
-Génial…l’embarras du choix, quoi…
-Allons les voir et on saura ce qu’il en est. »
Une heure après, ils étaient au domicile des Slafand. La femme était presqu’en pleurs quand ils arrivèrent vu que la police venait de l’avertir de la mort de son mari. Entourée de ses trois enfants, des triplés de six ans, elle réclamait justice avec force. Alors que John l’interrogeait, Dean faisait mine d’inspecter la maison mais jetait des coups d’œil vers la femme. Son cou ne montrait aucune trace, alors il jeta un regard vers les enfants, espérant quand même qu’ils ne soient pas infectés mais alors qu’il les regardait, la manche de la femme se releva brièvement et Dean entrevit une morsure cicatrisée sur son avant-bras. Lançant un regard expressif à John, ils prirent congé.
« Vous êtes sûr de vous, Alex ?insista John encore une fois.
-Oui, parfaitement.
-Bon, attendons cette nuit pour en être certain alors. »
Ils durent prévenir Sam à son retour et ce dernier dut s’enfermer dans sa chambre quand John le lui ordonna. Ils se séparèrent pour mieux couvrir le terrain et Dean insista pour parcourir la zone où la dernière victime avait été trouvée pendant que John surveillait la maison des Slafand, guettant la sortie de la femme. Alors que la nuit était presque finie, ils n’avaient trouvé aucune trace du loup-garou et craignaient s’être trompé puisque John ne l’avait pas vue sortir, donc John rejoignit Dean près d’un hangar. Débouchant de nulle part, le loup-garou les prit par surprise, espéra avoir deux victimes au lieu d’une seule mais les chasseurs furent plus rapides que la créature ne l’avait pensé. Ils tirèrent au même instant, inscrivant deux balles dans son cœur. Ils avaient été totalement synchrones et quand John s’en aperçut, il regarda Alex, se demandant bien qui il pouvait être. Un excellent chasseur, certes mais d’où venait ce terrible sentiment de familiarité ? En tout cas, le loup-garou se trouvait bien être la femme de l’employé. Malheureusement, car ça laissait trois jeunes orphelins.
Quand ils revinrent au motel, Sam se jeta dans les bras de son père, inquiet pour une fois. John remercia Dean et ce dernier regagna sa chambre, plus perturbé que jamais. Ca lui avait fait un bien fou de chasser avec son père durant cette journée, il n’aurait jamais cru, comme si…comme si cette association était naturelle.
Il entendit de l’autre côté son père aller se coucher et décida d’une chose qu’il n’aurait jamais pensé faire, espérant qu’elle aboutirait, que les anges n’interviendraient pas. S’asseyant à la table de sa chambre, il sortit une feuille, un stylo, une enveloppe et commença à écrire.
Deux heures après, il entra avec précaution dans la chambre de John et Sam, tous deux profondément endormis. Déposant la lettre dans la poche de la veste de son père, Dean sortit aussi doucement qu’il était entré, volant un dernier regard empli de tendresse envers cet homme qui représentait tant maintenant pour lui et qu’il reconnaissait à sa vraie valeur.
Il marcha le long de la route plongée dans l’obscurité et se sentit une dernière fois happé par les ténèbres. Il se réveilla chez Bobby, en sueurs. Sam était déjà levé et le regarda en souriant, lui demandant ce qu’il avait. Dean ne répondit pas et pria mentalement pour que son père lise sa lettre avant que quiconque ne s’aperçoive de ce qu’il avait fait.

Quand John se leva, il s’aperçut avec surprise qu’Alex était déjà parti. Il était un peu déçu que ce mystère qu’il représentait ne soit résolu et qu’aucun au revoir n’ait été dit, ayant étrangement commencé à s’attacher à lui et à ce charisme qu’il dégageait. Prenant sa veste machinalement, une lettre en tomba. Voyant qu’elle lui était adressée, après avoir vérifié que Sam était toujours endormi, il l’ouvrit, intrigué, en remarquant qu’elle venait d’Alex :


« John,

Je sais, vous devez sûrement vous demander pourquoi je vous écris une lettre au lieu de vous dire en face ce que j’ai à vous dire. Sachez seulement que vous le dire de vive voix aurait été impossible, autant pour moi, j’en aurais jamais trouvé la force, que matériellement car certaines personnes m’auraient empêché de vous parler de ce que je m’apprête à vous apprendre. Qui sont ces personnes, me demanderez-vous ? Je ne peux pas vous le dire non plus, sachez seulement que ce sont eux qui ont fait en sorte qu’on se rencontre avant-hier mais ce ne sont pas des démons, soyez-en sûrs.
Par où commencer ? Il est très difficile d’écrire ce que vous allez apprendre tellement vous serez à la fois bouleversé et vous ne me croirez sûrement pas. Peu importe, je ne le saurai jamais et au moins, j’aurais la conscience tranquille de savoir que j’ai essayé de vous l’apprendre. Mais écoutez bien, John, c’est très important.
L’année dernière, il y a environ six mois, je crois, vous avez cru pouvoir retrouver votre fils aîné, Dean, au lycée de Marshalltown en Iowa. Vous avez même cru le reconnaître, quand vous vous êtes fait embarquer par la police, dans un jeune homme qui sortait de l’infirmerie. Eh bien, oui, c’était bien lui. C’est pour ça que dès qu’ils ont découvert votre présence, ses kidnappeurs l’ont emmené loin de vous, sans laisser de traces. Comment je sais tout ça, me direz-vous et comment je peux en être sûr ? John, vous croyez déjà deviner la réponse.
Eh bien, c’était…moi. Je suis ton fils aîné. Oui, mon vrai nom est bien Dean Winchester et je me souviens de ce jour où je me suis senti tellement bizarre quand je t’ai aperçu et j’ai même cru te reconnaître. Je sais, tu as du mal à me croire, c’est normal, tu dois me prendre pour un dingue mais je te dis la vérité et intérieurement, tu le sais. Mes kidnappeurs avaient réussi à me faire oublier qui j’étais et qui était ma famille pour se mettre à ta place et à celle de Maman. Très longtemps, j’ai cru être leur fils et sache que, ça devrait te réconforter, je les haïssais. Je ne te dirais pas pourquoi, je ne préfère pas, mais je les haïssais de tout mon être, c’est pour ça que l’année prochaine, je m’enfuirai définitivement. C’est Sam qui m’a retrouvé, assez récemment. Oui, Papa, il y est arrivé et il m’a dit qui j’étais. J’ai peu à peu recouvert mes souvenirs de toi, de Maman, de Sammy bébé…
Mais bien sûr, tu doutes encore et tu te demandes comment ton fils aîné peut être adulte alors qu’il n’est en fait qu’un adolescent. Je viens tout simplement du futur. Ce sont les personnes dont je t’ai parlé qui m’ont permis de venir ici et de te connaître pour me rendre compte de qui tu étais. Ils ont changé un peu mon apparence pour que tu ne me reconnaisses pas. Alors, oui, c’est vrai, crois-moi, je suis bien ton fils Dean, écoute ton instinct et ton cœur et tu ne douteras plus. Je voulais savoir qui tu étais et je dois dire, Papa que tu as comblé tous mes espoirs. C’est vrai que tu n’es pas exactement comme je me l’imaginais, tu es mieux : ta force, ton caractère, ton amour envers Sam, ton charisme, tu as tout ce qu’un fils peut espérer d’un père et sache que je suis fier d’être ton fils. J’ignore par contre et j’ignorerais sûrement toujours ce que tu as pensé de moi…
Ne dis rien à Sam de cette lettre, de mon identité ou du fait que c’était bien moi que vous avez vu l’année dernière, peu importe, il est de toute façon convaincu que je suis en vie. Pour ça, ne t’en fais, Papa, je ne t’en veux pas d’avoir désespéré, il y avait de quoi après tant d’années et tant d’échecs. Mais je te demande une dernière chose qui va être la plus difficile pour toi : n’essaie pas de me retrouver car tu n’as jamais réussi dans mon passé. Tu sais que je vais faire une fugue, c’est vrai mais tu ne vas pas pouvoir retrouver tous les jeunes fugueurs de quinze ans, surtout qu’il faut te dire que je me suis très bien caché pour que mes kidnappeurs ne me retrouvent pas. Tu ne dois pas me retrouver, c’est dans l’ordre des choses : tu as du mal à l’accepter, je sais et je dois t’avouer que j’ai l’impression de me trahir en te demandant ça mais c’est comme ça, sinon…eh bien, sinon, ceux qui m’ont emmené près de toi sauront que je t’ai fait connaître mon identité et ils effaceront cette lettre et ta mémoire de moi, ils en seraient capables et tu ne t’apercevrais de rien, fais-moi confiance. Alors, au lieu de faire cette bêtise, conserve l’idée que je suis en vie, que je le resterai et qu’un jour, Sam et moi seront réunis et heureux d’être frères car oui, je suis vraiment content d’avoir un frère qui soit comme Sam, je ne pouvais pas rêver mieux. On chasse ensemble, tout va bien. Alors, je sais, Papa, tu dois te douter depuis le début de cette révélation que tu n’es plus là pour faire partie de nos retrouvailles. Et j’en suis le premier attristé. Mais au moins, tu sauras la vérité et c’est un plus que je t’apporte, ça devrait t’aider.

Adieu, Papa. Je sais que t’aurais voulu me parler face à face, comme un père à son fils disparu et retrouvé mais c’est moi qui en souffre le plus en ce moment car j’ai eu l’opportunité de le faire et je n’ai pas pu à cause d’eux…Maintenant que je t’ai connu un peu, je sais qui tu es et ça vaut tout l’or du monde pour moi. »

Quand John reposa la lettre, ses yeux étaient remplis de larmes de joie, de surprise mais aussi de tristesse. Il croyait ce que disait cette lettre car tout son être et toute son âme lui criaient de croire ces mots. C’était donc bien lui…cet homme était son Dean, celui qu’il avait désespéré d’être vivant quelque part…ce formidable chasseur était son fils. Comment n’avait-il pas pu s’en apercevoir, bon sang ? Bien sûr, son apparence avait été changée mais quand même…John s’en voulut de n’avoir pas écouté son instinct et son cœur. Un sourire triste passa sur son visage quand il essuya rapidement ses larmes. Ainsi donc, son Sam avait retrouvé son frère et ils allaient bien dans le futur, tous les deux, ils étaient ensemble. Qu’aurait-il pu espérer de mieux ? Faire partie encore de ce futur, oui, bien sûr mais quand on mène une vie comme la sienne, on ne peut pas espérer vivre éternellement. John se posa des questions sur les personnes qui avaient amené Dean à leur époque et s’inquiéta de leur identité, espérant que Dean n’aurait rien à leur devoir. Mais alors que Sam se levait, cette inquiétude passa quand John essaya de graver dans son esprit chaque minute passée en compagnie de son fils aîné, chaque expression de son visage maintenant révélatrice de son identité, chaque mouvement dont certains qu’il pensa retrouver en lui-même…Toujours aussi pâle, il se promit de garder tout ça à l’esprit et d’essayer de s’empêcher de retrouver l’année suivante un jeune fugueur. En pensant à lui, il retint désormais, sachant que c’était son fils, l’image de cet adolescent vu brièvement l’an passé. Ainsi, c’était à cette apparence que Dean ressemblait vraiment. Mais ses yeux et son expression étaient assez inoubliables pour que John puisse conserver son visage en mémoire.
Maintenant qu’il avait l’esprit tranquille, il devrait se concentrer sur Sam…mais comment oublier son fils kidnappé qu’on a eu près de soi sans le savoir, pendant presque deux jours ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Dim 20 Juin - 21:35

Chapitre 12 : Être ôté d’un poids


Quand Dean raconta à Sam ce qui s’était passé dans ces trois époques, son frère resta muet d’étonnement. La dernière époque le cloua vraiment au sol, lui faisant fixer un point invisible. Dean, un peu inquiet, vint le secouer l’épaule :
« Ca va ?
-Je m’en souviens…je me souviens de toi…ce type débarqué de nulle part et que je voyais comme un grand frère de substitution… Quand je me suis réveillé ce matin-là, Papa faisait une tête…jamais il n’avait été aussi pâle, il regardait ailleurs comme s’il voyait un fantôme, ça m’avait marqué car je comprenais pas pourquoi mais maintenant je vois…c’était toi ce fantôme…
-Donc il l’a vraiment lue, sourit Dean avec joie. Ca me soulage à un point, tu peux pas savoir. Mais fais gaffe de ne pas évoquer ça devant les anges, dit-il en baissant la voix, je préférerais qu’ils ne lui effacent pas la mémoire. Même si…j’ignore si Papa m’a cru.
-Je pense, à me souvenir de son expression… Mais t’exagère de lui avoir dit de ne rien me dire, j’aurais voulu savoir, moi…
-Je sais, Sam mais il aurait fallu que vous en parliez un jour ou l’autre, t’étais trop jeune pour tenir ta langue après avoir lu une lettre, tu le sais bien et là, ils s’en seraient aperçus…
-C’est vrai…Mais je pense à un truc, dit Sam soudain en fouillant dans ses affaires, sortant le journal de leur père. S’arrêtant à une date précise, il le montra à son frère : regarde, t’es dedans ! “22 mars 1993, l’affaire du loup-garou du Vermont…un homme Alex Fallaway a sauvé Sam et m’a aidé à résoudre l’affaire…DJ”. Euh…tu sais ce que ça veut dire, “DJ” ?
-Je sais que certains chasseurs et certains flics l’emploient pour dire “document joint” mais attends…Papa m’aurait laissé quelque chose ?se réjouit Dean avec espoir.
-Attends, n’espère pas trop vite, Dean, faut la trouver déjà. »
Ils cherchèrent dans toutes les affaires de leur père, dans le coffre, dans les coins et recoins de l’Impala sans le moindre succès. Même Bobby leur dit n’avoir aucune connaissance d’un document laissé par John. Alors qu’ils désespéraient, Sam regardait encore le journal et eut un grand sourire en regardant Dean : il lui montra le quatrième de couverture légèrement plus bombé. Faisant une légère entaille dans la couverture, ils y trouvèrent une lettre, adressée à Dean. Emu et inquiet, souhaitant la lire seul, Dean alla au sous-sol de la maison de Bobby et s’assit sur les marches. Fermant les yeux quelques secondes, il essaya de calmer son cœur qui tambourinait furieusement tellement l’angoisse et l’impatience étaient vives et ouvrit la lettre, les mains légèrement tremblantes :

« Cher Dean,
Cette lettre a dû vraiment s’aplatir à l’instant où tu l’ouvres mais je ne voyais pas où te la laisser d’autre. Ca ne fait que quelques jours que tu t’es évaporé et que tu m’as laissé cette terrible révélation en tête.
Il y a tellement de choses que je voudrais te dire…Mais d’abord, merci. Merci de m’avoir dit la vérité même par une lettre, merci d’être en vie, merci de rester avec Sammy, merci de ne pas me considérer comme le pire des pères. Car oui, Dean, je me considère ainsi, j’ai le sentiment depuis ton enlèvement de n’avoir pas été à la mesure de mon rôle de père et que ta mère aurait honte de moi, tout comme toi. J’avais peur que tu croies que je t’ai abandonné et puisque tu as vu que j’avais abandonné en plus tout espoir, tout aurait pu t’éloigner de moi…mais non. J’avoue être surpris, Dean, je ne pensais pas, je dois te le dire, que tu conserverais cette bonté et cette condescendance que Mary et moi t’avions inculqué et pourtant, tu es comme je le désirais depuis toujours et même, mieux. Tu es un meilleur homme et meilleur chasseur que je ne le serais jamais, Dean car même si on est resté peu de temps ensemble, j’ai su te juger à tes paroles, tes gestes, ton comportement d’homme et de chasseur. Ta lettre n’a fait qu’ancrer plus profondément cette conviction. Je suis le plus fier des pères, Dean et sache que je ne t’oublierai jamais, jusqu’à ma mort et même au-delà. Tu es bien un Winchester et le plus accompli qui soit.
J’ignore ce que tu as pu affronter avec tes kidnappeurs, pourquoi tu les haïssais tant et pourquoi tu t’es enfui, j’aurais aimé le savoir mais je me doute que ça ne doit pas être beau. Ca me renforce dans mon idée de vengeance envers eux, même si je sais que je ne pourrais sûrement jamais l’accomplir mais ma haine envers eux les poursuivra à travers la mort s’il le faut.
Excuse-moi, Dean, oui, excuse-moi de ne pas t’avoir retrouvé moi-même, j’ai manqué à tous mes devoirs, d’abord de père puis de chasseur. Je sais que tu es fier de moi et ça, c’est un cadeau que je n’aurai jamais cru possible. Tu es en vie, bien portant, avec Sam et je n’en demande pas plus. J’espère que les personnes qui ont favorisé notre rencontre ne te causent aucun souci et qu’ils ne s’apercevront de rien.
Vu que je suis mort alors que tu lis cette lettre, j’espère alors avoir rejoint ta mère.
Merci encore une fois Dean et merci de m’avoir révélé cette vérité d’abord bouleversante mais tellement hors de prix.
Reste sur tes gardes où que vous alliez Sam et toi. Je tenterai de veiller sur vous, où que je sois.
Ton père qui t’aime,
John. »

Dean gardait les yeux fixés sur la lettre, incapable de bouger tellement son bonheur était intense. A son tour, des larmes de joie et d’émotion avaient émergé dans ses yeux et coulaient en toute impunité sur ses joues. Il resta là, pendant plusieurs heures…Il ne partagea son bonheur avec son frère qu’ensuite, en lui faisant lire la lettre, devant laquelle Sam, ému également, sourit, heureux pour son frère.
Enfin, Dean se sentait partie intégrante d’une famille qu’il n’avait jamais espéré avoir et même si son père était mort et qu’ils ne s’étaient jamais parlé réellement depuis son enlèvement, il considérait cela comme secondaire. Il sentait maintenant qu’il n’était pas un Winchester pour rien.
Les semaines passèrent de nouveau mais cette fois, Sam sentit vraiment un réel changement : Dean était comme il l’avait toujours espéré : joyeux, très impliqué dans les chasses, lui lançant des vannes à chaque fois que c’était possible et surtout il sentait que Dean se considérait vraiment comme son frère à part entière. Lors de plusieurs affaires, Dean n’hésitait pas à se mettre devant Sam pour le protéger ou lui demandant de faire attention, comme s’il avait voulu rattraper tout ce temps perdu de manque de protection. Pour la première fois, Sam sentait que Dean était son frère aîné et ça lui faisait un bien fou, plus qu’il ne l’aurait jamais imaginé, comme s’il retrouvait un sentiment de sécurité oublié avec le temps…sûrement à l’époque de quand il était bébé et que Dean le protégeait…
Malgré tout, une ombre restait à l’esprit de Sam et il ne voulait pas que cette ombre perdure, cela gâchait trop ce bonheur fraternel, même si Dean semblait ne se rendre compte de rien. Un après-midi, alors qu’ils roulaient vers une affaire probable, Sam décida de se lancer et d’avouer son secret, en priant pour que Dean ne change pas de comportement à son égard :
« Dean…il faut que je t’avoue quelque chose…
-Quoi ? Que t’as le béguin pour la fille du motel ? Sam, voyons, t’as vu sa tête ? Remarque, si tu l’aimes pour autre chose, je peux comprendre…vous n’allez pas vous marier quand même ?
-Dean !commença à s’énerver Sam, ahuri que son frère pense à cette femme d’une cinquantaine d’années et puant l’alcool à plein nez.
-Très bien, j’arrête…mais t’avoueras que toi aussi t’aurais pu me le dire.
-C’est sérieux, Dean…
-Ca concerne les sceaux ?demanda Dean, cette fois impliqué, sentant le malaise de son frère.
-Pas vraiment, non…c’est le…truc…que je ne t’ai pas dit…tu sais…le…
-Ouais, j’ai compris, le secret que tu me caches…Je voulais pas te forcer, Sam mais si vraiment ça t’ennuie, dis-le…
-C’est que…je ne veux pas de secret entre nous mais en même temps,…j’ai peur que tu ne veuilles plus de moi quand tu sauras la vérité…
-Sam, voyons, c’est ce que je t’avais dit avant de te dire pour l’enfer et tu m’as accepté comme ça, je ferai pareil…
-Oui mais c’est totalement différent…toi, tu n’avais pas le choix là-bas…Moi, je l’avais…et j’ai fait une chose…horrible…
-Ecoute, si tu veux pas en parler, je comprendrais, commença à craindre l’aîné.
-Non, non, je veux, je dois te le dire…ça me pèse de trop, j’arrive plus à te regarder en face à cause de ça…dit Sam, et en effet, Dean se rendit compte que les derniers jours, Sam avait évité de le regarder dans les yeux.
-Très bien, vas-y, dit-il en arrêtant la voiture sur le côté de la route.
-Voilà…dit Sam en gardant les yeux baissés sur ses genoux, ne souhaitant pas rencontrer un probable et futur regard haineux de son frère. C’était environ un an après la mort de Papa…donc, pour te situer, il y a deux ans environ…un jour, j’ai rencontré une femme…Ruby…j’ignorais qui elle était, je l’ai découvert que par la suite mais elle disait que j’étais spécial et que je pourrais venger ma famille, la mort de Maman, ta disparition, la mort de Papa…je pouvais vous venger tous les trois en utilisant des pouvoirs que j’avais depuis mes six mois…elle était prête à m’aider…Bien sûr, j’étais d’accord, je voyais pas ce qu’il y avait de mal à ça même si je me disais quand même qu’utiliser des pouvoirs démoniaques n’était pas très indiqué, que ça ne pouvait que faire du mal…et j’avais raison…environ cinq mois après, j’étais en pleine mesure de mes pouvoirs…j’ai eu beaucoup de migraines, je te l’cache pas mais j’étais heureux, j’allais enfin pouvoir me mesurer aux démons responsables de ma misérable vie. J’avais eu un soir, un indice comme quoi un des démons qui avaient collaboré avec Azazel s’était montré. Ruby me disait que c’était une fausse piste mais elle m’a accompagné quand même…Arrivé à la maison où il était, j’y suis rentré et j’ai plaqué cet homme au sol sans la moindre difficulté. Alors que j’étais prêt à le tuer, Ruby m’a arrêté et a voulu me prévenir de quelque chose mais tout à ma colère, j’l’ai pas écoutée et sans le vouloir, je l’ai jetée au loin et elle a été assommée…C’est alors que, quand j’étais en train de tuer ce démon…je me suis aperçu que ce n’était pas un démon…seulement un homme, innocent et qui ne comprenait rien à mon attaque. Je l’écrasais de l’intérieur et même si je savais que ce n’était qu’un être humain, je me suis pas arrêté, j’ai continué…je l’entendais hurler mais j’arrivais plus à me contrôler, c’était plus fort que moi…j’étais tout à ma rage et j’arrivais pas à l’évacuer : c’est comme si tout mon être me criait de le tuer, que c’était vital et nécessaire…je voulais pas continuer mais je le faisais…et enfin, il est mort, dans des souffrances horribles, le pauvre, sanglota Sam. C’est alors que je m’suis aperçu que mes pouvoirs étaient réellement démoniaques, aussi méchants et cruels que mes pires cauchemars me l’avaient murmuré… Je n’arrêtais pas de revoir cet homme hurlant, à l’agonie…je savais que Ruby avait voulu me prévenir, et qu’elle n’y était pour rien, elle me l’a elle-même dit et répété mais j’ai rompu les ponts avec elle, je savais que c’était à cause d’elle tout ça, que sans elle j’aurais jamais autant développé mes pouvoirs…si dévastateurs…Jamais je ne pourrai me pardonner pour ce que j’ai fait…c’est au-delà de tout pardon et je comprendrais parfaitement si tu ne veux plus me parler ou même rester avec moi…Je suis plus infâme que tout ce que t’aurais pu imaginer, je le sais… Je suis un…monstre. »
Sam s’arrêta de parler, la voix pleine de dégoût, de culpabilité et de sanglots. Jamais il ne s’était mis dans un état pareil, même quand John était mort. Il n’osait affronter la réaction de Dean qu’il n’avait toujours pas regardé tellement il craignait qu’il le regarde comme ce qu’il pensait être : un monstre. Le silence s’était établi dans la Chevrolet et seul le vent se faisait entendre à l’extérieur. Enfin, Dean soupira et cela, plusieurs fois. Sam leva légèrement les yeux et vit que Dean avait le regard tourné vers la route.
« Oh, Sam…jamais j’aurais imaginé que tu m’cachais un secret d’une telle taille…
-Je sais, j’aurais dû te l’dire avant mais j’avais peur que tu me rejettes mais plus j’attendais, pire c’était…
-Sam, l’interrompit Dean brusquement. Arrête de te justifier, j’ai compris. Et si t’avais dit ça il y a un mois, j’aurais complètement réagi différemment…
-Et alors tu…
-Je peux pas t’en vouloir, Sam…dit enfin Dean. Pas avec ce que j’ai commis en enfer…pas avec ce sang de démon qui coule dans tes veines comme si tu l’avais demandé…et parce qu’on est avant tout des frères…une famille prête à s’aider quelles qu’en soient les conséquences. Alors, non, Sammy, je t’en veux pas et je ne te vois pas comme un monstre car un monstre est plus qu’un aspect ou des caractéristiques physiques, dans le sang…non, c’est plus que ça…un monstre a le comportement d’un monstre, n’a aucune peine, aucune culpabilité, aucune pitié, aucun amour…alors que toi, tu as tout ça, Sam et bien plus encore, tu as tout d’un humain…un monstre, c’est pas quelque chose de génétique mais bien de mental. Alors, Sam, désolé, mais je reste avec toi, même si t’en as déjà marre de moi, je reste et je compte bien t’enlever cette maudite idée de monstre de la tête, finit par sourire Dean.
-Merci…se contenta de dire Sam, les larmes encore aux yeux mais cette fois-ci de bonheur et de reconnaissance.
-Pas de quoi…tu pourras remercier Zachariah de m’avoir montré et fait vivre le passé familial, ça a aidé pour moi comme pour toi.
-Oui, je vois ça…mais justement, je me demande depuis ça…pourquoi t’a-t-il fait vivre ça ? Qu’est-ce que ça peut bien apporter aux anges ?
-Alors là, mon vieux, j’y réfléchis depuis ces trois semaines et j’ai toujours pas trouvé une bonne raison…
-Peut-être qu’à deux, on trouvera… » Mais Sam fut interrompu par son portable. C’était Bobby. Il avait trouvé où se cachait Lilith.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Jeu 1 Juil - 21:44

Chapitre 13 : Espoir à l’horizon ?


« Bon, c’est loin d’être une info sûre et certaine mais c’est au moins une piste, alors les gars, vous emballez pas, prévint Bobby à leur arrivée en les voyant frétillant.
-On le sait, Bobby mais dis-nous ce que t’as trouvé, dit Dean.
-Très bien, j’ai fait une recherche différente de la localisation de Lilith et apparemment, elle se serait posée dans une ville, à Baker, Montana mais j’ignore pourquoi et pour combien de temps.
-Je crois que la pêche aux infos recommence de plus belle, réfléchit Sam.
-Tu veux recontacter Ruby, après que…
-Oui, après ce qu’il y a eu et puis, elle m’a été utile, nous a été utile, pour Alastair et d’autres choses, tu peux pas le nier. Je lui demande des infos, rien d’autre, je te l’promets, Dean.
-Très bien, soupira l’aîné, vas-y, moi j’espère pouvoir parler à Castiel, mais la communication terre-ciel peut être difficile, ils n’ont pas de téléphone. »
Pendant que Sam rencontrait Ruby dans un motel proche, Dean ne cessait d’appeler Castiel à l’extérieur de la maison de Bobby, espérant qu’il viendrait rapidement. Il ne tarda pas effectivement à arriver en face de Dean, tout essoufflé.
« C’est vraiment…tellement dur…de…descendre…ici…quand je te…le demande ?demanda Dean, à bout de souffle.
-Je n’ai pas eu besoin de descendre, j’étais déjà sur terre mais ailleurs, je pouvais pas venir sur l’immédiat : je te rappelle que je ne suis pas à ton service, dit calmement Castiel mais en fronçant les sourcils.
-Très bien…alors, et les sceaux, vous en êtes où, toi et tes potes anges ?
-Tous les sceaux ont été brisés sauf trois.
-Quoi ?!s’exclama Dean presqu’en s’étouffant. Et tu m’annonces ça comme si t’allais en vacances !
-Nous avons fait tout ce que nous avons pu, dit Castiel en détournant les yeux.
-Ouais, ben révisez votre tactique et vos indics la prochaine fois…mais on a repéré Lilith, elle est dans le Montana, une fois dézinguée, elle et les sceaux poseront plus de problème et vous pourrez vraiment nous remercier.
-Très bien…alors, il est temps…
-De quoi ?
-Vous allez au-devant d’un danger imminent en allant affronter Lilith, il n’est pas sûr que vous en ressortiez vivant.
-Merci, j’suis au courant et tes encouragements me vont droit au cœur.
-Nous ne voulons pas que tu te retrouves en enfer si tu meures, ce qui sera le cas si Lilith te tue…
-Et Sam alors, vous pensez à lui ?
-Il n’ira pas en enfer car lui a de fortes chances d’en ressortir vivant par son sang de démon mais toi, non. Lilith a des pouvoirs que tu ignores et elle peut te tuer sans tuer Sam, donc nous ne voulons pas que ça arrive car ton âme est toujours en possession de Lilith.
-Très bien, je veux pas non plus y retourner…et ?
-Il n’y a qu’un seul moyen pour ça, que ton âme reste sur terre…
-Que je ne meure pas, donc, c’est ça ? Lequel ?
-Nous promettre, à moi, à Dieu et à ses serviteurs une complète et entière dévotion.
-Tu t’fiches de moi ? C’est à moi que tu demandes un truc pareil ?
-Oui, Dean et je sais que tu vas le faire…
-Pourquoi ?
-Pour deux raisons : si tu meurs, tu retournes en enfer et nous pourrons pas retourner te chercher, tu y resteras et au fil des siècles et des tortures, tu deviendras un démon, tu en es conscient…et si tu meurs, Sam sera à la merci de Lilith : il ne mourra peut-être pas mais sa solitude, son désir de vengeance envers ta mort seront pires que tout, tu le sais et ça pourrait le transformer définitivement en quelque chose que tu ne souhaites pas.
-Ok, j’ai pigé…mais en quoi promettre allégeance, si on peut dire, peut changer quelque chose ?
-Parce que tu seras officiellement sous notre protection car à notre service.
-J’aime bien le côté protection mais pas trop service…
-C’est ainsi, tu n’as pas l’un sans l’autre.
Alors, Dean réfléchit intensément et pensa à tout ce que les anges pourraient lui demander mais rien ne lui semblait trop difficile et puis, il leur devait une fière chandelle, comme à Zachariah même s’il n’aimait pas cette tête chauve, de lui avoir fait vivre ces moments si particuliers avec ses parents et son frère dans le passé, c’était un cadeau qu’il n’aurait jamais osé rêver. Et puis, retourner en enfer, devenir un démon et savoir son frère se transformer étaient des peurs bien réelles et tellement horribles qui clouaient Dean sur place. Il répondit enfin à Castiel, après quelques minutes de silence :
-Très bien…je vais l’faire, murmura Dean, les yeux baissés, comme s’il avait honte de lui.
-Tu jures de te dévouer corps et âme au service de Dieu et de ses anges ?demanda Castiel avec fermeté et sérieux.
-Oui, je le jure, affirma Dean en regardant l’ange dans les yeux.
-Tu jures de faire tout ce que les serviteurs du Seigneur te demanderont ?
-T’en demandes beaucoup, là…soupira Dean. Oui, Cas, je le jure.
-Très bien, Dean, désormais, tu es sous la protection du Ciel, dit Castiel en posant une main sur l’épaule gauche de Dean, celle-là même qui avait la marque de sa main. »

Quand Sam revint d’avoir vu Ruby, il trouva son frère pensif, les yeux baissés, comme embarrassé.
« Qu’est-ce que t’as ?
-Rien…alors, Ruby, elle a confirmé ?
-Je te dirai rien tant que tu m’auras pas dit ce que t’as : plus de secrets entre nous, tu t’souviens ?
-J’ai vu Cas et…je lui ai promis fidélité à lui, ses potes anges et à…Dieu…
-Quoi ? Pourquoi ?
-En échange de leur protection, parce que d’après Cas, j’ai de fortes chances d’y rester face à Lilith alors que ton sang de démon te protège, alors vu que je veux pas retourner en enfer, j’lai fait…
-Ok, d’accord…
-C’est tout ? Tu n’es pas plus surpris ?
-Non, t’as fait ce qu’il fallait, je l’aurais fait à ta place, je l’comprends.
-Bon…et Ruby ?
-Elle a bien confirmé la présence de Lilith là-bas mais c’est trop tard, elle y était pour briser un sceau et c’est fini, elle est partie…
-Et je suppose qu’elle ne sait pas où sera sa prochaine étape de croisière ?
-Si, justement, je te dis ça tout de suite et elle m’a donné une info de taille, dit Sam, victorieux. C’est Lilith elle-même qui doit briser le dernier sceau, donc si elle meurt…
-On empêche l’apocalypse et la délivrance de Lucifer, comprit Dean. Tu seras assez fort pour la tuer, tu crois ? Car avec Alastair, ça n’avait pas été une réelle réussite.
-Je sais, soupira Sam mais à ce sujet, Ruby m’a donné une autre info importante : Alastair, qui nous recherche toujours d’ailleurs, ne peut pas être tué tant que Lilith est en vie…
-Génial…
-Mais attends…on peut enfermer Alastair dans un objet et on sera plus puissant pour tuer Lilith.
-Comment ça, plus puissant, ça veut dire quoi ?
-J’en sais rien mais c’est apparemment un bon point pour nous.
-Et on va l’enfermer dans quoi, ce salopard, à condition qu’on le trouve ?
-Elle m’a donné un médaillon, ça fait l’affaire et c’est facile à avoir sur soi, dit Sam, en sortant un lourd médaillon enfilé sur une chaîne. Il reste plus qu’à l’attirer à nous et d’aller empêcher Lilith de briser le dernier sceau.
-Je sais pas pourquoi mais j’aime pas ce plan…mais vu que c’est le seul qu’on a, on peut pas faire autrement, soupira Dean, ennuyé par la tournure des choses, comme s’il prévoyait quelque chose de dramatique. »

Les frères savaient que Lilith ne briserait pas le dernier sceau avant quelques jours, derniers sceau, qui serait sa dernière destination, dans le Maryland : ils avaient repéré une forte activité démoniaque et surnaturelle dans l’Iowa. Espérant empêcher l’avant-dernier sceau d’être brisé, ils espéraient également y trouver Alastair, apparemment maître d’œuvre des opérations de Lilith. Ce fut effectivement le cas quand ils surent qu’il devait sacrifier une école entière d’enfants de primaire. Malheureusement, ils n’arrivèrent que trop tard, les démons leur avaient barré la route par de multiples accidents et incendies. Pourtant, les sachant en ville, Alastair les avait attendu, le sourire aux lèvres, la chemise pleine de sang des enfants, un rasoir ensanglanté à la main :
« Salut, les gars, ça fait un bout de temps, non ?sourit le démon.
-On t’a pas manqué, au moins ?sourit Dean à son tour.
-Oh, si, Dean, te torturer ou te voir torturer les autres m’a manqué à un point…j’ai tellement hâte de reprendre mon enseignement, tu auras sûrement besoin d’une bonne mise à jour.
-C’est ça, rêve toujours…
-Ah non ? Car tu crois être protégé par Sam ? Ou par ces anges à qui tu as promis fidélité et service ?
-Mais…
-Oui, Dean, je suis au courant, ça se voit, ils laissent des marques quand ils font ça… Et vous croyez me tuer ? Je vous en prie, les gars, vous n’êtes pas naïfs à ce point, quand même ! Et toi, Sam, tu as échoué pitoyablement la dernière fois, tu t’en souviens pas ?
-Oh si, et j’ai appris davantage que tu n’croies, sourit Sam, sûr de lui.
-T’as l’air bien sûr de toi, j’ai hâte de voir ça.
Sans prévenir, Alastair fit un geste de la main pour les projeter mais ça ne marcha que sur Dean, Sam n’en sembla nullement atteint. Dean avait bien atterri et se releva rapidement. Alastair semblait légèrement décontenancé, donc au lieu d’attaquer Sam qui ne bougeait pas, il s’en prit à Dean en le plaquant au mur et en l’assommant de coups de poings, le faisant saigner abondamment du nez et de la bouche, lui cassant des côtes au passage. Sam le laissa faire sans broncher et Dean prenait tous les coups sans rien dire non plus, faisant encore plus enrager Alastair. Il s’aperçut bien vite qu’il s’était précipité dans un piège. Sam prononça une formule qui paralysa Alastair sur place. Dean en profita et sortit le médaillon de sa poche pour le jeter ensuite aux pieds d’Alastair après l’avoir ouvert. Alors qu’Alastair se rendait compte de ce que les frères faisaient, il les regarda à tour de rôle, gardant toujours la main serrée sur la gorge de Dean :
-Vous n’avez rien compris, les gars…et c’est moi qui aurai toute la gloire…vous remportez cette bataille mais pas la guerre…et vous n’aviez pas prévu, vous et les célestes, un léger détail : Dean, je vais pas te tuer, je peux faire ça avec ces anges sur ton épaule…
Et sous le regard ahuri de Dean, toujours paralysé par Alastair qui le tenait et le regard incompréhensif de Sam qui ne pouvait rien faire, ne pouvant arrêter de réciter la formule pour emprisonner Alastair, ce dernier récita sa propre formule en resserrant l’étau de sa main sur la gorge de Dean et en le regardant fixement. Dean essayait de se défaire de son emprise mais il était devenue trop faible sous les coups du démon et Alastair n’était pas blessé : Dean ne pouvait pas bouger d’un pouce. Il regardait son frère avec du désarroi et une forte inquiétude, sentiments bien rendus par Sam pendant son incantation. Aucun des frères ne savait ce que le démon faisait mais la formule de Sam prit fin en même temps que celle d’Alastair. Sa main se desserra la gorge de Dean et dans un hurlement, il fut aspiré par le médaillon dans une explosion de fumée, faisant tomber à la renverse les deux Winchesters et le médaillon se referma dans un clic audible. Quand la fumée se dissipa un peu, Sam put se relever et se précipita près de Dean. L’aîné était resté allongé, le visage contre le sol, la gorge durement meurtrie et la face en sang avec le nez cassé. Sam le retourna avec précaution :
-Dean, tu m’entends ? Ca va ? Réponds-moi, je t’en prie, Dean !
Mais il ne reçut aucune réponse. Il tâta son pouls et avec soulagement, en ressentit un faible mais bien là. Il le transporta jusqu’à l’Impala. Ils étaient trop loin d’un hôpital, donc il alla directement à leur motel. Sam allongea son frère et soigna ses blessures au visage et aux côtes en ne cessant d’appeler Castiel. Il avait aussi appelé Bobby en urgence. Après plusieurs heures, Castiel arriva dans la chambre, le visage sombre.
-Soigne-le, tout de suite !s’écria Sam. Toi et les autres anges, vous ne l’avez pas assez bien protégé !
-Nous n’y sommes pour rien, Sam. Je ne peux pas le soigner. Je n’ai pas ce pouvoir. Et quand bien même je l’aurai, il ne se réveillerait pas pour autant.
-C’est Alastair, c’est ça ? Il a récité une formule dans une langue étrange avant d’être emprisonné dans le médaillon.
-Oui, il a précipité ton frère dans les limbes.
-Les limbes ? Mais…mais…on en sort pas de là-bas !!!s’exclama Sam, complètement paniqué.
-Non, en effet…mais d’habitude, les âmes n’ont plus de corps à rejoindre car ils sont morts, les limbes sont un entre-deux où la souffrance et le désarroi sont constants. Donc il y a un espoir pour Dean puisque son corps est encore en vie.
-Il faut trouver le moyen de le ramener…murmura Sam, reprenant espoir.
-Après avoir tué Lilith, bien sûr.
-Mais je vais pas laisser Dean comme ça ! Et je vais pas le faire tout seul, je devais le faire avec Dean !
-Tu n’as plus le temps, Sam…Lilith se rend au couvent Ste-Mary, à Ilchester, Maryland. Elle y brisera le dernier sceau, tu dois y être.
-Et Dean ?
-Je veillerai sur lui en attendant l’arrivée de Bobby. Pars en toute confiance, je ne laisserai pas tomber ton frère.
-Merci, Cas. »
Après un sourire à Castiel, Sam revint sur ses pas et se pencha sur Dean en lui chuchotant :
« Dean, je te promets de vaincre Lilith et de stopper l’apocalypse…je vais faire ça le plus vite possible et ensuite, je te ramènerai, je te l’jure, je te laisserai pas là-bas… »

Ensuite, Sam sortit de la chambre, laissant Castiel. Ce dernier s’avança vers Dean en le regardant comme jamais il ne l’avait fait jusqu’alors, avec un mélange de tristesse et de culpabilité. Il lui dit :
« Je suis vraiment navré, Dean…pour ce que tu es en train de subir…et pour ce que Sam va faire…Pardonne-moi… »
Quand Castiel entendit Bobby arriver, il n’attendit pas pour lui fournir des explications mais disparut de la pièce, comme en proie à une urgence.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Lun 12 Juil - 21:39

Chapitre 14 : Limbes, vous avez bien dit limbes ?


Quand il ouvrit les yeux, tout n’était que brume, brouillard…des formes indécises, indistinctes se dessinaient ci et là sans savoir si elles étaient à un mètre ou à un kilomètre. Tout n’était que brouillard… On aurait dit qu’il n’y avait plus ni temps ni espace : il était là, tout simplement et encore dire “là” ne signifiait rien puisqu’il n’y avait pas non plus de lieu à proprement parler. Il avait la sensation de marcher quelques pas en sachant très bien qu’il n’avait pas bougé d’un millimètre.
Il n’y avait plus rien qui pouvait compter car tout ce qu’il formait dans sa tête, idées, sensations, sentiments, souvenirs…tout…tout était aspiré par cette brume qui lui embrouillait le cerveau et le vidait de tout son passé, tout son être…
Mais, comme si cette scène avait dû eu lieu, comme si on avait déjà essayé de le faire oublier tout ce qu’il était, un seul mot restait en lui et un seul sentiment. Le sentiment, c’était l’espoir, comme s’il en avait toujours eu en lui, même dans les pires moments où il avait cru ne plus en avoir. Mais cet espoir était là, bien présent, emplissant entièrement son âme. Et le mot, c’était celui qu’il n’avait jamais pu oublier, non jamais, comme une bouée de sauvetage à laquelle il s’était toujours accroché de toutes ses forces : Sam. Pourquoi ce nom ? Que signifiait-il ? Qui était-il ? Alors là, Dean était bien en peine de le savoir, il ne se souvenait même plus de son propre nom. Il savait que ce nom, Sam, n’était pas le sien mais d’une personne à laquelle il tenait plus que tout. Alors, sans savoir pourquoi il le faisait, s’il était croyant, s’il existait une entité capable de l’entendre, il pria et rassembla l’espoir avec ce nom. Cette association le rendit plus fort qu’il ne l’aurait pensé. Il réussit, de lui-même, à dissiper légèrement la brume autour de lui et à distinguer des immeubles et des rues. Bon, ok, y avait pas un chat mais c’était quand même mieux qu’un néant total et Dean avait l’impression d’être quelque part et non nulle part, sentiment plutôt rassurant quand on ne sait plus rien de soi-même…

************************
De l’autre côté…
Sam était avec Ruby face à Lilith, plein de haine et de fureur…Il avait le médaillon au cou dans lequel Alastair était emprisonné et cette énergie démoniaque lui donna la force supplémentaire pour en finir. Lilith s’effondra à terre, morte et l’improbable, l’impossible se produisit quand Sam se rendit compte qu’il avait toujours eu tort… Le sang de Lilith se répandit et forma un symbole… Ruby se dévoila sous son vrai jour de manipulatrice…Sam ne pouvait plus utiliser l’énergie d’Alastair car le médaillon, à la mort de Lilith, était tombé naturellement de son cou en explosant. Alors, comme Ruby savourait sa victoire et s’attendait à l’arrivée de son maître, Sam sortit, en un centième de seconde, son couteau et la tua.
Il se précipita pour sortir avant que Lucifer n’arrive mais les portes se refermèrent devant lui. Seul, complètement paniqué devant le trou lumineux qui s’ouvrait devant lui, Sam ne sut quoi faire et il pensa alors à Dean dont le sort était maintenant aussi désespéré que le sien. Alors qu’un son strident lui faisait boucher les oreilles tellement il était fort et qu’il fermait les yeux, Sam se sentit transporté ailleurs…

**************************


Etrange comme la vie qu’on a vécu peut se révéler aussi peu palpable et que votre identité, vos souvenirs peuvent s’envoler aussi facilement, aussi légers que des plumes…
Dean parcourait une ville fantôme. En tout cas, c’est le nom qu’il lui donnait car il n’y avait pas un seul être vivant, même mort dans cet endroit. Rien que des sortes d’immeubles ou plutôt des formes car si Dean voulait y entrer, l’immeuble s’évanouissait dans les airs. C’était comme des nuages qui auraient pris la forme et la couleur d’immeubles et de maisons. Dean continuait pourtant à marcher, allant vers un nulle part mais ne sachant quoi faire d’autre, craignant même de s’asseoir tellement le sol avait peu de contenance, comme s’il allait l’engloutir d’un instant à l’autre. Levant les yeux vers ce qui devait être le ciel, il ne voyait rien d’autre que le même brouillard qui régnait partout, sur le sol, partout…Il avait l’impression à force d’être là depuis des semaines, des années, des siècles…Complètement désespéré, perdu, laissant même tomber cet espoir et le nom de Sam, Dean s’assit tout simplement et laissa les choses se faire. Inexorablement et comme attendant cela, le sol se creusa et engloutit Dean qui ferma les yeux, retenant sa respiration, prononçant pour la dernière fois : « Sam ».

******************************************************
Quand Sam rouvrit les yeux, il se retrouvait à l’extérieur du motel, une main se dégageant de son épaule.
-Castiel…comment t’as su ?
-J’ai su, c’est tout ce qui importe même si j’ai dérogé aux règles en allant te chercher. Je vais être sévèrement puni d’avoir fait ça, réfléchit Castiel en regardant dans le vide, comme s’il n’en revenait pas encore de l’avoir fait.
-Pourquoi ? Tu devais pas me sauver, je comprends pas ?
-Je ne peux rien te dire, Sam, pas tout de suite…
-Mais c’est la catastrophe, Cas ! Lucifer est libre ! A cause de moi ! L’apocalypse est déclenchée à cause de mon idiotie ! J’aurais dû écouter Dean… Et Dean ? Comment on le réveille dans l’histoire ?
-Ne t’en fais pas pour ton frère, maintenant que Lucifer est libre, mes supérieurs ne vont pas le laisser dans les limbes et vont tout faire pour l’en sortir.
-Comment ? T’as dit que c’était impossible ! Et pourquoi vont-ils avoir besoin de lui ?
Mais Castiel disparut sans répondre, faisant jurer Sam. Il rentra alors dans la chambre. Bobby était assis près du lit de Dean et consultait l’ordinateur de Sam.
-T’as une tête comme si t’avais fait la plus grosse boulette de toute ta vie…
-Comment il va ?éluda Sam.
-C’est pareil mais tu réponds pas…
Sam lui expliqua alors tout en détail, le regard fixé sur autre chose. Une fois qu’il eut fini, Bobby se leva et balança une lampe à travers la pièce. Il ne dit rien mais sa déception et sa colère étaient assez visibles. Il sortit de la chambre en claquant la porte, laissant Sam seul avec son frère. Le cadet s’approcha et prit la place de Bobby. Il remarqua le front légèrement en sueur de Dean et alors qu’il lui prenait la main, un mot sortit de nulle part le fit jaillir de sa chaise :
-Sam…
-Dean ! Tu m’entends ? T’es là ? Dean !
Mais Dean se taisait à nouveau, son corps redevenant aussi silencieux qu’auparavant…

***********************************************
Dean rouvrit les yeux. Toujours le même brouillard opaque et étrange en guise de ciel… Génial, il était encore là, toujours au même point… Ca valait bien le coup de s’être fait avalé par le sol, tiens…
-Qui je suis ?demanda une voix inconnue. Qui vous êtes, vous ?
Un homme se tenait à quelques mètres de Dean, le regardant dans toute sa hauteur. Son regard était étrange, tellement vide et sans identité qu’il en faisait peur. Tout pourtant aurait pu indiquer quelque chose en cet homme habillé en costume, les cheveux encore bien coiffés mais son teint livide et ses yeux ne mentaient pas, eux. Dean se demanda de quoi lui-même avait l’air. Dommage qu’aucun miroir n’était possible ici.
-Vous êtes là depuis combien de temps, vous savez ?demanda Dean en s’approchant de lui.
-J’en sais rien ! Qui vous êtes ?
-Je sais pas…c’est étrange… vous vous souvenez, vous ?
-Qui je suis…pourquoi vous me demandez pas ?rugit l’homme. Et d’abord, c’est pas votre endroit à vous, je veux pas de vous ! Trouvez ailleurs où embêter les gens !
-Vous voulez dire qu’il y a d’autres gens comme nous ici ?
-Ici ? Y a pas d’ici !hurla-t-il puis, son regard se vida encore plus et il regarda Dean. Qui vous êtes, vous ? Qui suis-je ?
-Vous vous souvenez pas de moi, on vient de…
-C’est mon endroit…PARTEZ !!!!!!hurla-t-il de plus belle.
Dean décolla rapidement, ne sachant où aller mais il savait maintenant qu’il y avait d’autres personnes dans cet endroit, quel qu’il soit et il comptait bien les trouver, souhaitant démêler ce qui lui était arrivé et ne jamais devenir comme cet homme qui avait dû passer trop de temps dans cet endroit.

Au bout d’un temps qui lui parut interminable, il aperçut une silhouette humaine en face de lui qui disparut quelques secondes après mais dans ce brouillard, c’était très difficile de s’y retrouver. Dean la poursuivit et la rattrapa. Il l’appela mais aucune réponse ne lui parvint. Il la retourna par l’épaule et en recula d’horreur quand il vit son visage. L’homme, ou ce qui avait dû être un homme, n’avait plus de visage : ses yeux, son nez, sa bouche, tout avait disparu. Il le laissa repartir, muet de surprise. Il n’osa plus chercher, de peur de découvrir d’autres horreurs comme ça. Pourtant, il fallait bien qu’il marche, il ne pouvait faire que ça. Il aperçut d’autres personnes sans visages dont il n’approcha pas mais à force, il réussit à rencontrer d’autres hommes et femmes à qui il restait un semblant de personnalité, faute d’identité. Certains étaient furieux, comme le premier homme que Dean avait rencontré. D’autres encore ne parlaient déjà plus, le visage dans une neutralité qui faisait déjà peur. Il rencontra un homme et une femme, fraîchement arrivés, à qui tout ce brouillard semblait étrange et qui craignaient tout, affolés par leur perte d’identité. Dean essaya de les raisonner mais apparemment, il était impossible de tirer quoique soit d’eux. Il finit par abandonner l’idée de trouver quelqu’un de censé dans cet endroit et pensa que seul lui était encore sain d’esprit…ou peut-être était-ce les autres qui étaient sains d’esprits et lui qui était fou, c’est pourquoi tout le monde le fuyait ?
Dean en avait assez et s’arrêta finalement à un endroit où personne n’avait encore élu domicile. En fait, il préférait sa précédente solitude à cette multitude de folie et d’horreurs. C’est alors qu’une fois de plus son découragement avait atteint un nouveau seuil qu’il l’aperçut. Tout en blanc et mauve, elle semblait ressortir de tout ce brouillard, contrairement à tous les autres en gris clair. Elle n’avait pas les yeux vides malgré la pâleur de son visage. Ses cheveux, d’un châtain presque blond, lui tombaient avec souplesse sur les épaules. Dean eut l’impression de voir un ange, comme si elle venait le sauver de cet éternel cauchemar. Elle aussi pourtant semblait perdue. Il alla l’aborder, voulant l’aider alors qu’il voulait qu’elle l’aide.
-Hé ! Salut ! Je peux vous aider ?
-Salut…répondit-elle en le regardant, ce qui soulagea Dean, ça faisait du bien d’entamer une conversation normale. Vous pouvez vraiment m’aider ? Parce que, sans vous vexer, vous semblez aussi perdu que moi…
-Vous êtes observatrice…sourit Dean, gêné. Vous vous souvenez de votre nom ?
-Non…et vous non plus, je suppose ?sourit-elle, à son tour.
-Nop… Vous êtes là depuis longtemps ? Question stupide, je sais mais…
-Non, pas tant que ça… J’en sais rien mais depuis plus longtemps que vous.
-Pourquoi ?
-Vous n’êtes pas encore livide, seulement un peu pâlot. Moi, je crois être très pâle…à regarder mes mains en tout cas…
-Et ça veut dire quoi ?
-Plus de temps on passe ici, plus on devient livide et plus vite on devient…comme eux…vous avez dû rencontrer les sans visages.
-Ah…je vous avais jamais vue pourtant…
-C’est très grand…et j’évite les bains de foule. J’ai vu tout le monde ici, je pense, j’aime bien me tenir au courant des arrivées. Je vous ai senti arriver, alors je suis venu chercher qui était le nouveau.
-Je suis le dernier arrivé ?
-Oui et non…deux autres sont arrivés juste après vous mais ceux-là sont déjà perdus.
-Ouais, je leur ai parlé pour voir. Comment vous savez ça ?
-Je me concentre et quand on le fait, on peut avoir une sorte de carte de cet endroit avec des points plus lumineux que d’autres, le vôtre y était beaucoup. Essayez pour voir.
Dean se concentra et resta quelques minutes comme ça et finalement, il vit et ressentit, comme en 3D une cartographie de cet endroit brumeux mais s’il n’en voyait pas de limites mais il vit avec surprise que des milliers, peut-être des millions de points gris, presque blancs, étaient regroupés à un endroit et d’autres étaient parsemés par-ci, par-là, mais toujours gris ou blancs. Il ressentit l’endroit où il était lui et vit un point très lumineux à côté de lui. C’était elle. Rouvrant les yeux, Dean la regarda :
-Oui, je pense que nous sommes les deux seuls points lumineux de cet endroit…bizarre et effrayant mais rassurant depuis que vous êtes là…je me sens moins seule, lui sourit-elle.
-Moi aussi, ça me fait du bien de parler à quelqu’un de normal, j’avais l’impression d’être le fou de l’histoire.
-Vous vous souvenez de quelque chose de votre vie ?
-Je sais que j’ai toujours eu ce sentiment d’espoir en moi…
-Moi, c’est pareil…c’est peut-être ce qui nous a sauvé d’être comme eux.
-Et ce nom…c’est pas le mien mais à quelqu’un que j’aime beaucoup…Sam…
-Intéressant, vous avez ça à vous raccrocher, encouragea-t-elle.
-Et vous ?
-Un visage…je me souviens d’elle sans savoir qui elle est et pourtant, je sais que je l’aime plus que tout… Elle comme ce Sam peuvent être notre famille, vous croyez ?lui demanda-t-elle avec espoir.
-Peut-être…j’espère…oui, assura Dean. On va sortir d’ici, je te le promets.
-J’te crois…je sais pas pourquoi mais je veux te croire… J’ai exploré un peu partout, même si on a l’impression qu’il n’y a pas de limites mais j’ai essayé d’aller jusqu’au bout, sans savoir si c’était le bout ou si je tournais en rond.
-On le fait ensemble ?
-D’accord…
Ils se prirent alors la main, conscient qu’ils pourraient se perdre l’un l’autre dans ce brouillard omniprésent, et partirent explorer.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Mar 27 Juil - 22:17

Chapitre 15 : Une aide imprévue


Le voyage fut plus long que Dean n’aurait cru… Il était même tellement long qu’il avait l’impression qu’il était interminable et même dénué de sens. Tout ce qu’il voyait à longueur de temps, c’était du brouillard…sans arrêt du brouillard, sans jamais une petite chose à laquelle il se raccrochait pour espérer sortir d’ici. Pourtant, malgré ce désarroi, la mince chaleur de sa main dans la sienne et un léger sourire de temps à autre le réconfortaient et le faisaient continuer à marcher, coûte que coûte.
Parfois, ils rencontraient des personnes dont l’esprit était déjà perdu ou des sans visages qu’il valait mieux ne pas trop approcher sinon, ils étaient capables, selon elle, de devenir violents. A certains moments, ils s’arrêtaient, se concentraient et visualisaient où ils étaient mais ils avaient l’impression d’être sur un tapis roulant, sans but à atteindre.
Finalement, ils s’arrêtèrent ensemble, se regardant découragés.
-On arrête les frais ?demanda-t-elle.
-Vaudrait mieux sinon on va user ce brouillard, dit Dean en la faisant rire.
-C’est lui qui va nous user plutôt. Tu sais ce que je trouve bizarre est qu’on se souvient quand même de trucs…tiens, par exemple, je me souviens boire, manger, dormir…
-Faire l’amour…ajouta Dean en se souvenant.
-Et on se souvient de rien d’autre que ça…pas les personnes avec qui on l’a fait, dans quel endroit, quel jour…rien de tout ça comme si on n’avait que les bases… J’aimerais tant me souvenir de qui est cette femme que je vois tout le temps…elle me rassure et en même temps, je ne veux plus me souvenir de son visage, ça me fait tellement de peine de pas savoir qui elle est…
-C’est pareil pour Sam… Je sais qu’il est important, même vital pour moi et en même temps, ça m’agace qu’il revienne tout le temps dans ma tête…Et en plus, je sais même plus de quoi j’ai l’air…alors que je sais que mon image est importante pour moi. Dis-moi à quoi je ressemble…je t’en prie…dis-moi…
-Tu es…plutôt pas mal, sourit-elle en le regardant dans les yeux.
-Pas mal ?grimaça Dean.
-Non, bien plus que pas mal, rigola-t-elle. Selon des critères auxquels je comprends rien, je dirais que tu es…très beau…tu dois être un vrai séducteur avec un tel visage, toutes les filles doivent être raides dingues de toi. Tes cheveux sont châtains coupés courts mais très fournis…pas de risque de calvitie, sourit-elle, le faisant soupirer de soulagement. Et tes yeux…sont verts…d’un magnifique vert qui vous englobe tout entier. Ils sont moqueurs sans être blessants, ils sont dragueurs mais aussi…tellement rassurants, adorables…finit-elle en baissant les yeux, légèrement gênée.
-Et toi, tu veux savoir comment tu es ?
-Peu importe…c’est toi le plus beau ici…
-Tu t’trompes, t’es très mignonne, tu sais…tu sais déjà pour tes cheveux mais tes yeux sont d’un beau bleu ciel, magnifiques quoi…ton petit nez est très bien fait aussi, t’as aucun défaut, je dirai…tu sembles très affectueuse, très douce et tes yeux sont intelligents, ça se sent…
-Vraiment ?sourit-elle, flattée.
-Oui…et ma bouche, tu n’en as rien dit…
-Elle a l’air très douce…
-Vaudrait mieux vérifier…murmura-t-il.

Et sans un mot de plus, ils s’approchèrent doucement et s’embrassèrent en fermant les yeux, dégustant ce moment, essayant de le faire durer longtemps. Ils oublièrent tout pendant ce baiser, ce brouillard, cette perte d’identité, leur désespoir…seuls eux comptaient. Quand ils se détachèrent l’un de l’autre, ils rouvrirent les yeux, se souriant affectueusement.
-J’espère que toi ou moi on n’est pas marié dans la vie sinon ça fera mal si on revient, plaisanta Dean.
-Si on revient un jour…
-Je vois qu’on s’amuse ici, dit soudain une troisième personne, les faisant tous deux se retourner brusquement.
-Qui êtes-vous ?demanda-t-elle.
-C’est un ange, dit Dean avec assurance en voyant ses ailes sous l’homme presque chauve, souriant dans son costume.
-Au moins, t’as pas perdu à me reconnaître, Dean, c’est bon signe…
-Je m’appelle Dean ?
-Oui, Dean Winchester…et j’ai le plaisir de te dire que je suis venu te chercher…tu rentres au bercail…
-Pas sans elle, dit Dean en la regardant.
-Kathleen va très bien se débrouiller sans toi, t’en fais pas…
-C’est mon nom ?demanda-t-elle sans y croire.
-Félicitations, tu viens d’hériter d’un nom !se moqua Zachariah. Bon, Dean, on y va…
-Je vous ai dit pas sans elle…pas sans Kathleen.
-Dean, c’est pas négociable, dit l’ange.
-Je ferai tout ce que vous voudrez, assura Dean en insistant, faisant tendre l’oreille à Zachariah.
-Vraiment ? Tu feras tout ce que je te demanderai à l’avenir ?
-Oui, tout…emmenez-la avec moi, c’est tout et qu’elle soit en bonne santé, saine et sauve.
-Dean, je t’en prie, dit-elle en intervenant, ne fais pas ça pour moi…En plus, je le sens pas net cet ange, il veut quelque chose, c’est certain.
-Comment ça ? Vous n’avez pas confiance dans les anges ? Dans votre vie, vous êtes croyante, pourtant, je tiens à vous le signaler, dit l’ange.
-Peut-être la “moi” de sur terre mais la “moi” d’ici vous dit d’aller vous faire voir. Dean, il veut quelque chose de toi, crois-moi, alors ne m’emmène pas, ne fais pas cette promesse, ça te sera néfaste plus tard. Je veux pas qu’il t’arrive une bourde à cause de moi.
-Mais je vais pas te laisser là…
-J’suis pas importante, c’est pas grave, suis-le et sors d’ici.
-Pas sans toi, non…et pourquoi crois-tu qu’il veut un truc de moi ?
-C’est ce que je voulais demander, justement, dit Zachariah.
-Je suis observatrice, tu me l’as dit quand on s’est rencontré, tu t’souviens. Et lui, dit-elle en montrant l’ange, il savait exactement où nous trouver…pourquoi on s’est rencontré, pourquoi on s’est attaché l’un à l’autre et pourquoi il a attendu de se montrer après qu’on se soit embrassé…il savait que tu voudrais me sauver en faisant une promesse de ce genre… si ça se trouve, il a même besoin de moi dans cette histoire à laquelle je comprends rien…je me fais peut-être des films mais il a besoin de toi et si ça se trouve, il me laisserait pas dans ce coin pourri de brouillard parce que je ne crois pas, Dean, que ce soit un hasard si toi comme moi, on a conservé notre personnalité et notre raison alors que les autres ont flanché…c’est pas normal…
-En deux mots, petite, intervint Zachariah, tu t’fais effectivement des films. Je m’fiche de toi, je viens seulement pour Dean.
-Arrêtez votre manège, vous mentez…vos yeux vous trahissent.
-Quoi ?rigola l’ange, sûr de lui. Dean, allez, prends ta décision. On n’a pas toute la journée.
-Je vous suis…dit Dean, et il ajouta un peu honteux : mais je vous promets de faire tout ce que vous voulez si vous emmenez Kathleen avec moi.
-Dean, non…
-Désolé, Kath, je ne veux pas te perdre sur la base de ton seul instinct.
-C’est conclu, alors, allons-y les enfants, sourit Zachariah de toutes ses dents, en mettant une main sur l’épaule de chacun. Dean et Kathleen échangèrent un dernier regard avant de se retrouver dans le noir.

Dean se réveilla en sursaut, sur son lit, faisant sursauter Sam et Bobby. Ils se précipitèrent à son chevet.
-Dean ! T’es bien là ? Tu m’entends ?
-Oui, Sam, je t’entends, murmura Dean en se relevant avec lourdeur. Qu’est-ce qui s’est passé ?
-Alastair a fait un drôle de truc et il t’a envoyé dans les limbes…je pensais pas que t’en reviendrais aussi facilement… Comment t’as fait ? Tu t’souviens de quoi ?
-C’est Zachariah…il est venu là-bas et nous… enfin, il m’a ramené, dit-il gêné en repensant à elle.
-Pourquoi t’allais dire nous ?demanda Bobby, attentif.
-C’est une longue histoire… Et toi, Sam, et Lilith ? Tu y as pas été tout seul, j’espère ?
-Euh…dit Sam en détournant la tête.
-Sam !
-Raconte et je te dirai tout ensuite, je te le promets, Dean, assura Sam.
-Très bien mais c’est un peu confus.
Dean raconta, avec tous les détails dont il se souvenait, ce qu’il avait vécu d’abord seul puis avec ces personnes et enfin avec elle. Il parla abondamment du brouillard, de son amnésie, du nom de Sam qu’il avait seulement gardé en mémoire, flattant beaucoup son frère au passage, et hésitait sur la partie avec Kathleen. Sam et Bobby demandèrent des détails sur elle, alors il dut les leur donner mais pas trop, omettant le baiser et ne cessant de penser où elle devait être et si, comme lui, elle se souvenait de tout. Son frère et Bobby échangèrent pendant ce temps un regard, conscients que Dean était épris d’elle.
-T’aurais jamais dû promettre un tel truc à Zachariah. Cette fille…
-Kathleen…rectifia Dean.
-Oui, Kathleen avait raison, Dean, t’as pris un gros risque, j’espère que les intentions de Zachariah ne sont pas trop mauvaises.
-Faut espérer que non…à toi maintenant…
-Dean, t’es fatigué, tu sors des limbes, tu devrais te reposer…
-Sam ! J’attends et plus j’attends, plus je vais m’énerver car vu tes hésitations, j’imagine le pire, alors balance qu’on en finisse.
Alors Sam s’y colla à son tour, faisant le plus court possible et essayant de montrer la manipulation de Ruby davantage que son propre rôle mais les faits étaient là et il n’en déguisa aucun. Dean resta silencieux, et soupira, surpris autant que déçu.
-On fait quoi, maintenant ?demanda Dean.
-Tu m’en veux ?demanda Sam, timidement.
-Evidemment…je t’en veux un peu mais c’est pas comme si t’avais su que t’allais le libérer et que t’avais regretté après, soupira Dean. Je t’en veux d’avoir fait confiance à Ruby, c’est tout mais tu t’es rattrapé en tuant cette salope. Et Castiel, des nouvelles ?
-Non, pas depuis la semaine. Tu crois que les anges te veulent quoi ?
-C’est ce que je m’apprêtais à vous dire, dit soudain Zachariah en apparaissant devant eux. Ravi que t’ailles bien, Dean.
-C’est le dernier de vos soucis, alors que me voulez-vous ? Où est Kathleen ? Elle va bien ?
-Ca fait beaucoup de questions, ne te soucie pas d’elle, elle n’en vaut pas la peine, je l’ai ramenée, c’est l’essentiel.
-Répondez-moi ou je vous jure que je vous botte les fesses, tout ange que vous êtes.
-Tu étais plus poli avant d’aller dans les limbes, toi… Newport, Virginie, se contenta de dire Zachariah en faisant la moue. Hôpital St-Georges.
-Merci…vous voyez, c’était pas si dur. Alors, que me voulez-vous pour m’avoir sorti de l’enfer et ensuite des limbes ?
-Comme vous le savez, Lucifer est sorti, il est parmi nous et si on attend, il va trouver son vaisseau et tout détruire sur terre en déchaînant tout sur son passage avec les meilleures armes qu’il a à sa disposition.
-Et alors ? On doit l’arrêter, ok, on a compris.
-Dean, ça doit pas être si facile d’arrêter Lucifer, comprit Sam.
-Et un bonus pour Sam ! En effet, Lucifer est plutôt coriace et la meilleure arme contre lui est Michael.
-L’archange Michael ?s’étonna Sam.
-Il attend là-haut que son vaisseau accepte de le recevoir et tout sera joué, Michael pourra affronter Lucifer et tout le monde sera content.
-Qui est son vaisseau ?craignit de demander Dean. C’est Sam ?
-Mais non…C’est toi, imbécile…on voulait pas que tu sois trop abîmé pour recevoir Michael.
-Je veux pas, dit Dean après une minute, alors arrêtez de prêcher dans le vent.
-Tu t’souviens ?dit Zachariah en souriant, s’approchant de Dean, le regardant dans les yeux. Tu as promis obéissance et fidélité à Castiel et aux autres anges… Et tu m’as promis dans les limbes de faire tout ce que je voudrais. Et c’est cela que je veux.
-Vous avez besoin de mon consentement pour que je sois son vaisseau ?
-Oui mais tu vas le donner, tu as promis et cela deux fois.
-Désolé mon vieux, ça m’engage à rien pour moi, trouvez quelqu’un d’autre, je veux rester maître de ma vie et pas qu’un salaud d’archange me triture comme une marionnette. Et en plus, combien d’innocents vont mourir durant ce duel fraternel, hein ? Vous vous en fichez ?
-Oui, je m’en moque royalement, il faut seulement que tu acceptes et je ferai tout pour, crois-moi, fiston.
-Ah ouais, et vous ferez quoi ?le défia Dean.
-Des trucs comme…ça, dit-il en pointant un doigt sur Sam qui s’écroula de douleur.
-C’est toujours non !résista Dean.
-Vraiment ? Eh bien, continuons…dit-il en le faisant cette fois sur Bobby. Tous deux se tordaient de souffrance sur le sol, du sang sortant de leur poitrine.
-NON !
-Je t’avais oublié dans l’histoire, n’est-ce pas incroyable ?rigola-t-il en faisant éclater des organes de Dean et lui brisant plusieurs os. Alors, on continue ?demanda-t-il en faisant souffrir de plus belle Sam et Bobby.
Dean, allongé sur le sol, regardait Sam et Bobby qui lui faisaient signe de tenir bon mais il commençait à flancher. Il ne voulait pas être revenu deux fois, de l’enfer, dans une vie familiale et des limbes pour voir son frère, celui auquel il tenait tant, mourir pour avoir refusé quelque chose que l’ange obtiendrait sûrement un jour. Alors qu’il était prêt à dire à Zachariah qu’il acceptait, il vit Castiel apparaître.
-Arrête tout de suite, défais ce que tu leur as fait…
-Mais…hésita Zachariah en le regardant comme un fantôme. Tu ne peux pas être là, Raphaël t’a réglé ton compte il y a une semaine.
-Pourtant, je suis bien là. Pose-toi la question de qui a pu me ramener et là, tu diras autre chose… alors soigne-les et va-t-en, menaça Castiel. Zachariah semblait avoir peur, alors même que Castiel n’avait rien fait. Il s’en alla après avoir défait leurs blessures.
-Eh, Cass, comment t’as fait ?dit Dean en se relevant.
-Peu importe, tu es revenu, c’est le plus important, Dean. Partez d’ici et avant que j’oublie…dit-il en appliquant sa main sur leurs poitrines puis sur celle de Bobby, les faisant grimacer de douleur pendant un instant. C’est un sort énochien, il empêche à n’importe quel ange de vous repérer, y compris moi et Lucifer.
-Pourquoi Lucifer voudrait nous retrouver ?demanda Sam.
-Je vous appelle dès que j’en sais plus.
-Comment ça, tu nous appelles ?demanda Dean mais Castiel disparut.
-Qu’est-ce qu’on fait ? On trouve un moyen de tuer Lucifer sans l’aide des anges ?
-Ca va être du gâteau, commenta Bobby, ironique.
-On essaie de trouver et en chemin, je vais voir Kathleen, conclut Dean. Je veux m’assurer qu’elle va bien et savoir pourquoi elle était là-bas, si elle a quoique ce soit à faire là-dedans, en espérant que non.
Bobby et Sam échangèrent de nouveau un regard éloquent et surent qu’il était inutile de dire quoique ce soit qui empêcherait Dean d’aller voir cette fille, même si ce voyage retardait les plans qu’ils devaient faire pour contrer Lucifer.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Dim 8 Aoû - 22:01

Chapitre 16 : Rester étranger à ses sentiments


Durant les heures de route vers la Virginie, Dean essayait de rester de marbre mais il avait du mal, surtout avec Sam qui semblait s’inquiéter pour lui, comme s’il allait péter un câble pour tout ce qui s’était passé et tout ce qui risquait de se passer. Bobby était retourné chez lui faire des recherches, ne voulant pas se mêler de cette histoire entre Dean et Kathleen. Sam avait bien pensé faire pareil mais il ne voulait pas abandonner son frère si ça tournait mal, si cette fille ne se souvenait de rien ou si le pire était arrivé, surtout vu qu’elle était dans un hôpital.
Ils ne parlèrent que très peu mais Sam sentait que son frère était encore fâché contre lui d’avoir libéré Lilith et il le comprenait mieux qu’il ne l’aurait voulu. Il se demandait comment était cette fille à laquelle soudain Dean tenait tant. Pourtant, son frère, autant qu’il avait pu l’observer depuis leurs retrouvailles, n’était pas du genre à s’attacher mais apparemment, leur séjour dans les limbes avait été plus intense qu’il ne l’aurait pensé.
Dean ne cessait de penser à Kathleen et à ce qu’elle pensait, si elle avait des sentiments pour lui car beaucoup de choses avaient changé : ils n’étaient plus perdus, ils avaient retrouvé leur vie avec tous ses avantages et inconvénients. Ils n’avaient plus autant besoin l’un de l’autre que là-bas et pourtant, Dean voulait à tout prix la retrouver comme si c’était un besoin, une obsession. Il craignait cependant qu’elle ne veuille pas de lui ou qu’elle ait une vie qui l’exclut totalement comme un petit ami ou un mari. A cette pensée, la jalousie de Dean l’emporta sur tout le reste et il serra les mains sur le volant, non prêt à cette éventualité. Pourquoi tenait-il tant à elle ? Qu’avait-elle de si particulier pour qu’il laisse tout pour aller la retrouver ? Il ne se comprenait plus, jamais il n’avait été comme ça, jamais il n’avait été attaché à une fille et pourtant, le plus drôle dans l’histoire, c’est qu’il ne l’avait jamais rencontrée en réel, il n’avait vu que son âme et sans un corps, c’était très différent. Malgré tout, Dean savait, de ses nombreuses expériences, que faire face à l’âme d’une personne montrait qui était vraiment cette personne et interdisait tout mensonge, toute illusion, toute déception.
Respirant à fond, Dean pensa que de toute façon, il saurait la vérité sur elle dans quelques heures. Restait à savoir si elle allait bien, vu qu’elle était dans un hôpital…

Le lendemain, ils arrivèrent à Newport, à l’hôpital St-Georges. Une boule dans le ventre, Dean pénétra dans le bâtiment avec Sam et demanda le numéro de chambre de Kathleen. Heureusement, elle seule avait ce prénom dans les patients et ils usèrent de leurs fausses cartes pour lui rendre visite en toute liberté.
Arrivé devant la porte de sa chambre, Dean n’arrivait pas à frapper. Son frère lui proposa de le faire à sa place mais Dean refusa. Il prit une grande inspiration, expira en fermant les yeux et finalement, frappa. Une femme d’âge mûr ouvrit :
-Oui, c’est pour quoi, messieurs ?
-On…on…voudrait voir Kathleen, s’il-vous-plaît, madame, demanda Dean.
-Et qui êtes-vous, je vous prie ?demanda-t-elle en les embarrassant.
-Qui est-ce ?demanda une voix dans la chambre que reconnut aussitôt Dean avec un frisson.
-C’est rien, juste deux hommes qui viennent te voir…
-Fais-les entrer, dit-elle avec un accent d’angoisse et d’impatience dans la voix.
Quand Dean entra suivi de Sam, un calme se produisit dans la pièce. Ils se voyaient enfin, pour de vrai. Dean regarda Kathleen et elle le regarda comme s’ils n’en revenaient pas. C’est comme si le monde s’était figé pendant quelques minutes. Assise dans son lit, Kathleen regardait Dean et l’admirait même, comme elle ne l’avait jamais fait auparavant. Dans le cas de Dean, c’était la même chose, il regardait tout en elle, son visage, sa chevelure, ses yeux et sa bouche… Pour eux, tout était exactement pareil chez l’autre, comme s’ils venaient de se quitter la minute d’avant et pourtant…tout était si différent, si réel, si matériel.
Enfin, cet instant cessa quand une fenêtre claqua, rétablissant le bruit dans ce silence si apaisant. Même la femme et Sam l’avaient ressenti, comme un instant de bonheur à ne pas briser au risque de déclencher des tempêtes de fureur.
Dean s’approcha enfin de son lit :
-Bonjour, Kathleen…dit-il doucement en lui prenant la main, comme si ce geste était naturel. Elle ne le repoussa pas, lui faisant doublement plaisir.
-Bonjour, Dean, sourit-elle.
-Je te présente mon frère, lui dit-il, Sam.
-Oh…comprit-elle. Le fameux Sam…enchantée, dit-elle en regardant le concerné qui sourit en voyant que son frère avait bien dit vrai.
-Ravi de te connaître, j’ai beaucoup entendu parler de toi, dit Sam en souriant toujours.
-Quel compliment, dit-elle en regardant Dean. Je vous présente, continua-t-elle en montrant la femme derrière elle, ma mère. Je l’aime tellement que je n’oublierai jamais son visage, dit-elle spécialement à Dean.
-Je m’en suis rendu compte, dit-il.
-Maman, dit-elle à sa mère, je te présente deux anciens collègues avec qui j’ai bossé sur une affaire, Dean et Sam Winchester.
-Ah je comprends mieux, dit sa mère en les regardant. Ravie de vous rencontrer, messieurs. Mais son portable sonna. Excusez-moi, dit-elle en sortant de la chambre, les laissant tous les trois.
-Une affaire ?interrogea Dean.
-Oui, avant mon coma, j’ai été détective privée…Ca faisait seulement un an que j’exerçais après ma sortie de l’école de police et voilà, je me suis faite avoir par un type qui m’a tiré une balle dans la tête. Hémorragie cérébrale, coma pendant deux ans…les médecins ont voulu me débrancher pendant plusieurs mois, ma mère ne voulait pas…finalement elle a accepté et hop…direction les limbes. Apparemment, je suis pas morte pour autant et bien sûr, je me suis réveillée il y a deux jours devant les médecins ahuris et ma mère ravie. Je peux pas encore marcher avec mes jambes dont les nerfs sont un peu atrophiés mais un peu de kiné et je devrais être sur pied dans un mois, selon eux. Et vous ?demanda-t-elle en les regardant, tout spécialement Dean.

Mais ils hésitèrent alors. Comment lui dévoiler un monde de démons, de créatures monstrueuses et d’esprits alors qu’elle semblait n’avoir aucune idée de tout ça ? Elle avait rencontré un ange mais c’était peu comparé au reste. Les frères se regardèrent, n’ayant aucune idée de ce qu’ils allaient lui dire. La mère de Kathleen les interrompit alors en revenant dans la chambre de sa fille.
-Alors, comme ça, vous étiez collègues ?leur demanda-t-elle.
-Maman…arrête d’être aussi curieuse. Sam, je le connaissais pas à cette époque-là, c’est seulement avec Dean que j’avais travaillé, rectifia-t-elle. Mais il m’avait parlé qu’il bossait avec son frère, c’est pour ça…
-Pourquoi n’êtes-vous pas venu la voir avant, alors ? Pendant son coma…
-Maman, s’il-te-plaît…
-Non, chérie…je veux juste te protéger. Ils pouvaient trouver le temps durant deux ans, non ? Qu’est-ce que vous lui voulez ?leur demanda-t-elle directement.
-La vérité, madame, répondit Dean, c’est qu’on a appris seulement récemment le coma de Kathleen, on n’était plus dans ce job et donc on savait pas…et quand on a su, on a pas pu venir tout de suite, on avait des problèmes…familiaux.
-Très bien…je suis navrée… Je veux juste protéger ma fille, veuillez excuser mon impolitesse. Depuis cet homme qui l’a agressée et ce coma, j’ai du mal à faire confiance aux étrangers.
-C’est rien, madame, répondit Sam, on a l’habitude.
-On aime beaucoup Kath, dit Dean, et jamais je ne voudrais qu’il lui arrive aucun mal.
La mère de Kathleen observa Dean pendant un moment, comme si elle voulait lire en lui.
-Je vous crois. Je sais pas ni comment ni pourquoi mais vous tenez à ma fille plus que j’aurai cru. Je vous laisse seuls, je crois que vous voulez que je débarrasse le plancher.
-Mais non, Maman, voyons, tu l’sais, lui dit-elle.
-Je sais ce que c’est, ma chérie, t’en fais pas et je comprends. Je t’aime, dit-elle en embrassant sa fille sur la joue puis sortant de la chambre.
-Je t’aime aussi, lui dit Kathleen avant qu’elle ne sorte.
-J’vais me chercher un café, dit Sam, conscient qu’il fallait les laisser ensemble. A tout à l’heure. Il sortit de la chambre en souriant, se disant que cette fille était pas si mal.
-Enfin seuls, soupira Dean en souriant, s’asseyant au pied de son lit.
-Ouais…dit-elle, soudain gênée. Puis, un silence s’instaura. Ils n’osaient pas se regarder, mal à l’aise. Un baiser dans les limbes, c’était difficile d’en reparler et l’un comme l’autre ne savait pas si l’autre ressentait la même chose. Alors, parler d’autre chose sembla plus facile pour l’instant.
-Et cet ange, il veut quelque chose de toi ? Il est revenu te voir ?demanda-t-elle.
-Oui, il veut bien quelque chose, t’avais raison.
-Il veut quoi si c’est pas trop indiscret ?
-Euh…c’est pas facile à dire…tu sais pas vraiment qui j’suis ou ce que j’fais, alors…
-Alors, explique-moi, je ne demande que ça. J’t’ai déballé ce qui m’est arrivé en quelques phrases mais toi…tu restes pour moi seulement Dean, le merveilleux homme des limbes, c’est tout…finit-elle par rougir.
-Tu vas sûrement me traiter de cinglé et vouloir m’faire enfermer si je te raconte qui je suis…
-J’suis célibataire, Dean, donc j’ai une imagination débordante à force d’avoir bouquiné et regardé la télé, alors, vas-y… Je suis moi-même un peu dingue, alors bon… Et puis, je ne demande qu’à mieux te connaître.

Dean, voyant sa détermination, se lança alors, sachant que Sam ne le blâmerait pas de lui dire la vérité, ils avaient traversé les limbes ensemble, c’était pas une petite expérience, elle avait le droit de savoir. Il expliqua qui il était, ses origines, son enlèvement, la vie de chasseur, les démons et créatures monstrueuses, sa mort, son retour, ses retrouvailles avec Sam et le rôle des anges dans son retour à la vie. Il finit par le démon qui l’avait envoyé dans les limbes, la libération de Lucifer et le rôle que les anges lui demandaient de jouer dans cette histoire d’apocalypse. Au fur et à mesure de son récit, il avait vu que Kathleen pâlissait de plus en plus, surtout en apprenant l’existence des démons et esprits. Elle avait ouvert la bouche de surprise au récit de sa mort et avait eu les larmes aux yeux à sa description des tortures infernales. Finalement, elle devint blême quand elle sut que Lucifer était libre, que l’apocalypse était amorcée. Malgré ces différents symptômes d’angoisse, Dean avait continué son récit, sachant que s’il s’arrêtait maintenant, il n’aurait plus la force de lui raconter la suite. Mais quand il s’arrêta, elle ne dit pas un mot, se contentant de regarder par la fenêtre. C’était comme si ce monde n’était plus du tout le même soudain et qu’il était devenu un lieu où les pires cauchemars se réalisent vraiment, un endroit où la sécurité était impossible, un monde où l’amour aurait bien du place à survivre face au Mal. Pendant près d’une heure, Kathleen resta ainsi, Dean la laissait, il fallait bien la laisser digérer. Il espérait simplement que ni Sam, ni la mère de Kath, ni aucun personnel hospitalier ne viendrait les déranger.
Finalement, elle regarda Dean, le regard encore troublé :
-Avant toute chose…on est d’accord, tu t’fiches pas de moi avec cette histoire de démons, de monstres et d’apocalypse ?
-J’aimerais bien mais non, j’te dis la vérité, je te le jure, promit Dean avec sérieux.
-Ok…j’ai du mal à comprendre comment toutes ces choses peuvent exister sans que personne…les gens ordinaires, ne voient rien. J’ai donc été si stupide durant ma vie…soupira-t-elle, gênée et contrariée.
-Pas du tout, Kathleen. Ils sont nombreux, très nombreux mais la plupart sont comme toi et moi, personne ne sait qu’ils sont des monstres avant qu’ils ne montrent qui ils sont.
-J’comprends…mais Dean, j’ai l’impression d’avoir voulu débusquer des moustiques pendant que les grosses bêbêtes couraient toujours.
-C’est normal de penser ça et crois-moi, t’es pas la seule, un agent du FBI m’avait fait la même remarque que toi quand il avait découvert la vérité.
-J’espère que tu m’en veux pas, Dean mais j’ai…besoin d’être toute seule…pour y réfléchir parce que là…j’ai l’impression d’habiter un monde que je ne connais pas. Excuse-moi…
-Très bien, je te laisse…
-Reviens demain, s’il-te-plaît, finit-elle. J’aurai quelques p’tits trucs à te dire aussi…
Dean n’en demanda pas plus et sortit de la chambre pour retrouver Sam à la cafétéria. Il avait espéré qu’elle aurait une meilleure réaction, il était un peu déçu. Sam le rassura en lui faisant comprendre qu’il était tout à fait normal pour une personne ne sachant rien de réagir de la sorte et encore, Kathleen ne l’avait pas traité de fou, de cinglé ou de menteur. Elle l’avait cru, tout bonnement et c’était déjà une bonne chose. Maintenant, il restait à découvrir si elle avait un rôle à jouer dans cette histoire d’anges et de démons.
Tous les sentiments de Dean s’étaient réveillés en présence de Kathleen même s’il les avait fait taire aussitôt pour ne pas se laisser emporter à l’embrasser aussi fougueusement qu’il le souhaitait. Il ne savait toujours pas si elle ressentait quelque chose pour lui, si ses sentiments étaient aussi forts mais il se promit de le savoir le lendemain même si elle ne voudrait rien lui dire. Il devait savoir.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Jeu 19 Aoû - 22:49

Chapitre 17 : Secrets voilés et dévoilés


La nuit suivante, dans sa chambre d’hôpital, Kathleen se réveilla en sursaut, sentant une présence. Allumant aussitôt sa lampe, elle vit face à elle l’ange qui les avait tirés elle et Dean des limbes, le sourire aux lèvres.
-Bonsoir, Kathleen.
-Qu’est-ce que voulez ?demanda-t-elle directement.
-On peut dire que t’es directe, toi…Tu pourrais au moins me remercier de t’avoir tirée des limbes, non ? Parce que je peux t’y ramener tout de suite, alors sois plus polie, dit-il avec un sérieux menaçant.
-Vous ne me faites pas peur…Vous pouvez m’y ramener, soit…j’ai toujours cru aux anges, soit…mais je ne vais pas vous remercier et vous montrer un quelconque respect après ce que vous avez fait à Dean, soyez-en sûrs.
-Dean est venu ici ?demanda-t-il, soudain avide. Où est-il ?
-Il est reparti aussitôt quand je lui ai dit que je le croyais pas avec ses histoires de démons et d’apocalypse. J’ai toujours cru aux anges, ok mais faut pas exagérer.
-Tu crois que j’vais avaler que tu l’as renvoyé comme ça et qu’il va pas revenir ?rigola Zachariah.
-Croyez ce que vous voulez, je m’en fiche. Dean n’est qu’un menteur cinglé, je ne veux pas le revoir et il l’a compris. Alors, laissez-moi dormir en paix.
-Donc…si je te demandais de convaincre Dean d’accepter ma proposition, tu refuserais, je suppose ?
-Je sais pas de quoi vous parlez mais je refuse de revoir ce sale menteur, donc oui, je refuserais.
-Tu dois comprendre, Kathleen que j’ai demandé à Dean quelque chose de vital pour ce monde et qu’il doit accepter sinon…insista Zachariah.
-Sinon quoi ?
-Les pires choses se produiraient, comme la fin de ce monde.
-Et ça y est, vous voilà parti dans cette histoire d’apocalypse aussi, vous êtes cinglé.
-Si tu acceptes de le convaincre, tu auras ma promesse d’être en sécurité toi et ta mère et de n’encourir aucun danger, dit-il en se rapprochant de son lit. Si tu acceptes, tous tes désirs seront réalisés.
-C’est ça, je vous crois… Ecoutez-moi bien car je vais pas vous le répéter trente-six fois… J’en ai ma claque de vos histoires à vous ou à Dean de fin du monde, de démons, d’apocalypse…ça ne me regarde pas et je ne veux jamais vous revoir vous, un autre ange, Dean ou son frère. J’ai payé pour mon job et je ne veux pas m’insinuer dans des histoires rocambolesques et aussi surnaturelles. Je refuse. J’ai ma vie à reprendre comme elle était et ça me convient, j’ai pas besoin de tout ce que vous m’offrez.
Sur ces mots, Zachariah prit une expression coléreuse et partit en un souffle.
Kathleen n’avait rien montré mais elle soupira tellement elle était essoufflée. Des sueurs froides lui coulaient dans le dos et des malaises l’empêchaient de trop bouger. Cette visite inattendue l’avait totalement prise de cours et lui avait montré toute l’ampleur des dires de Dean. Alors, bien sûr qu’elle avait menti tout du long à l’ange mais elle ignorait ce qu’il ferait ou s’il reviendrait. Elle resta angoissée durant toute la nuit, guettant le moindre bruit ou la moindre ombre suspecte, craignant qu’on ne l’espionne encore, ignorant ce dont les anges étaient capables. Elle redoutait plus que tout de retourner dans les limbes et elle espérait seulement que cet ange ne mettrait jamais ses menaces à exécution, surtout s’il savait qu’elle devait revoir Dean.
Le lendemain matin, à l’aube, elle ne tint plus et envoya un sms à Dean qui lui avait donné son numéro de portable :
« Tu te souviens de mes dernières paroles ? Parce que je les pense toujours et sache que toute visite inattendue aurait l’effet inverse de celle reçue cette nuit, nuit très claire avec quelques nuages gris épars. »

-Qu’est-ce que ça veut dire ?demanda Dean à la réception du message.
-Fais voir.
-C’est la fin qui est pas très nette… Elle veut toujours que je revienne aujourd’hui mais j’crois qu’elle veut quelqu’un d’autre, non ?
-Elle est maligne, ta copine, sourit Sam.
-C’est pas ma copine !s’insurgea Dean. Qu’est-ce que t’as compris, toi, le gros malin ?
-Pour moi, elle dit qu’elle veut effectivement te revoir mais que vu qu’on lui a rendu visite la nuit dernière, elle demande une protection de quelqu’un de puissant.
-Qui lui a rendu visite, un démon ? Ca a rapport avec la nuit et ce qu’elle en dit mais je vois pas…
-Je peux me tromper mais d’après son physique, je dirais que c’est Zachariah. La nuit très claire pour l’ange et son crâne dégarni et les nuages gris épars pour ses cheveux, très peu nombreux.
-C’est pas vrai, il faut qu’il se mêle de ce qu’il regarde pas, celui-là… J’espère qu’il lui a pas fait de mal, il va me l’payer sinon…dit Dean en composant le numéro de Castiel, qui arriva aussitôt.
-Que se passe-t-il ? Une piste pour Lucifer ?
-Nan, pas vraiment…
-J’en aurais peut-être une…
-Laquelle ?
-Il s’agirait de trouver Celui qui par tout s’arrêterait.
-C’est-à-dire ?
-Dieu…Il est le seul à pouvoir tout remettre en place.
-Tu veux trouver le grand Manitou ?demanda Dean, douteux.
-Oui…mais j’ignore encore comment faire…
-Ca attendra…C’est pas pour ça qu’on t’a appelé, Cass, on a besoin que tu protèges quelqu’un comme t’as fait pour moi, Sam et Bobby l’autre jour.
-Je ne protège pas n’importe qui, Dean, seulement des personnes très importantes et vitales pour…
-Non, écoute-moi. Elle est vitale, crois-moi et très importante… Tellement que Zachariah est allé la voir.
-Qui est-ce ?s’intéressa soudain Castiel à cette dernière phrase.
-La fille avec laquelle j’étais dans les limbes et avec qui j’suis revenu… Kathleen Stevens.
-J’ignore qui elle est, assura Castiel, surpris.
-Pas grave mais va la marquer comme nous, Cass, elle est à l’hôpital St-Georges, chambre 74. S’il-te-plaît, fais-le… J’suis sûr que Zachariah veut quelque chose d’elle et on peut pas y retourner tant qu’elle est repérable. Et elle croit aux anges, ça va te faciliter la vie.
-Très bien, j’espère que ça en vaudra la peine, dit-il avant de disparaître.
-A un moment, j’ai eu peur qu’il me demande de remplir un formulaire, sourit Dean soulagé. On peut pas dire qu’il y va de bon cœur.
-Ca doit lui demander pas mal d’énergie, pensa Sam.

Castiel apparut dans la chambre 74 et y trouva la jeune femme dont Dean lui avait parlé. Kathleen se redressa en sursaut en le voyant.
-Ne t’en fais pas, je viens de la part de Dean. Je m’appelle Castiel et plus personne ne viendra te voir contre ton gré, parmi les anges tout du moins.
-Merci…
Castiel posa sa main sur sa poitrine. Kath en eut un sursaut de douleur, elle n’aurait jamais pensé être protégée de cette manière.
-Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
-Je t’ai gravé une protection dans les os…c’est de l’énochien.
-Oh…plus de radio ou de scanner, alors, sourit Kathleen. Sinon ma mère va disjoncter. Mais vous pourriez pas lui faire à elle aussi vu qu’elle reste près de moi sans arrêt ?
-Je ne le fais qu’aux personnes ayant connaissance de ce que tu sais et vraiment indispensables.
-Oui mais…
-Je peux t’emmener hors d’ici, comme ça, Zachariah ne saurait même plus où tu es…
-Zachariah ?
-L’ange qui est venu cette nuit…
-Oh, je vois…mais je peux pas laisser ma mère à sa merci, je sais pas ce qu’il pourrait lui faire, s’inquiéta-t-elle.
-Il ne lui fera rien si elle ne sait rien, tu as ma parole.
-Très bien, j’accepte de vous suivre mais je peux pas encore marcher, mon coma m’a laissée trop longtemps dans un lit…
-Tu peux marcher avec des béquilles ?
-Oui, j’crois.
-Alors, ça va aller.
-Attendez, je laisse un mot, je peux pas partir comme ça…dit-elle en écrivant sur un bloc-notes un court message pour dire à sa mère qu’elle était en danger et qu’elle devait partir pour une durée indéterminée, ne voulant pas la mettre aussi en danger.
Ensuite, elle réunit rapidement ses affaires et fut emmenée par Castiel avant même que le service des infirmières ne s’aperçoive de quoique ce soit.

Castiel la déposa dans une des chambres du motel des frères.
-J’ai amené votre amie dans la chambre 10, j’ai fait ce qu’il fallait, dit Castiel aux frères en disparaissant ensuite. Les frères y allèrent aussitôt, la trouvant assise sur le lit.
-Super votre ami ange. Il est pas très bavard mais il est pas mal. Je suppose qu’il pouvait pas me guérir de mes jambes…
-Il a pas de don de guérison, nan, sourit Dean en s’asseyant près d’elle.
-Tant pis…
-On se revoit plus tôt que prévu.
-Oui, on dirait qu’on peut pas restés éloignés l’un de l’autre, sourit-elle aussi en regardant Dean.
-Euh…se manifesta Sam. Que voulait Zachariah ?
Kathleen leur répéta ses paroles et sa demande de convaincre Dean. Ils furent surpris que l’ange passe par elle pour persuader Dean.
-Y a sûrement une autre raison pour laquelle Zachariah t’a ramenée, réfléchit Sam.
-Oui, je pense aussi, dit Kathleen, mais je peux pas me vanter d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire dans ma vie, elle a été bien ordinaire.
-Rien de spécial dans ton boulot de détective privée ou avant de le devenir ?demanda Dean.
-Nan, rien, une vie banale.
-Et dans ton enfance ? Aucun fait étrange ou inhabituel ?continua Sam, questions auxquelles Kath pâlit légèrement.
-Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?s’inquiéta Dean.
-Tu nous as pas tout dit, apparemment, dit Sam.
-Ecoutez, les gars, se tourna-t-elle vers le mur. Ce qui s’est passé ne regarde personne d’autre que moi… ça regarde ni vous ni les anges ni quoi que ce soit de surnaturel. C’est quelque chose de purement humain et y a rien à ajouter.
-Mais Kath, on doit savoir ce qui…
-Non, Dean ! Tu dois comprendre, comme toi Sam, que je peux pas tout vous dire sur moi…c’est trop…personnel. Vous m’avez protégé de Zachariah, je suis sortie des limbes grâce à toi, Dean et je t’en serai éternellement reconnaissante… mais maintenant, laissez-moi s’il-vous-plaît, je vais me débrouiller toute seule.
-Tu peux pas marcher, remarqua Dean en se levant.
-Je vais me débrouiller, je te dis, merci !
Les frères sortirent de la chambre, ennuyés mais non découragés de la faire changer d’avis.
Kathleen s’allongea, et comme dans un mauvais film diffusé en boucle ou dans un cauchemar, elle revécut ce qu’elle ne voudrait jamais raconter à personne.

*************************
Flash-back – été 1988 – quelque part en Alabama

Se cacher peut être chose aisée et même très facile pour un enfant. Seulement, quand il faut se cacher d’adultes experts en cachettes, là…c’est beaucoup plus difficile.
Une petite fille de six ans s’était trouvée la meilleure des cachettes, selon elle : sous le tiroir d’une grande armoire. Personne ne devait jamais avoir regardé là à compter les nombreuses toiles d’araignées qui jonchaient la place. Elle les avait regroupées dans un coin pour ne pas en être recouverte et ça devait bien faire deux heures qu’elle attendait, espérant qu’il ne la trouverait pas. Elle tentait de s’endormir, tellement fatiguée par les nombreuses insomnies de ces derniers mois mais chaque grincement, chaque souffle d’air la faisait tenir en éveil, trop craintive de baisser la garde. Finalement, le manque de sommeil, sa faible constitution, l’obscurité et un calme soudain plus apaisant eurent raison d’elle et elle tomba dans les bras de Morphée.
-Ah !!!!!!!s’exclama soudain une voix au-dessus d’elle, la réveillant brusquement. Te voilà, toi ! J’te cherchais partout, sale gosse ! Tu m’as fait perdre du temps, Kath et tu vas me l’payer !dit-il en la soulevant à l’extérieur de l’armoire par le bras.
-Non, arrête, je t’en supplie, Papa !pleura-t-elle.
-Oh non, j’vais pas arrêter ! J’suis suffisamment en retard à cause de toi !
-Excuse-moi, P’pa, je voulais pas…
-Oh si, tu l’savais, friponne ! Les femmes sont toutes pareilles ! J’vais te mettre chez le vieux Lands, tu verras s’il est aussi gentil que moi, c’lui-là !
-Nan, pas chez lui !craignit-elle.
-Oh si ! Mais avant, une ptite chose indispensable pour te rappeler qui est le patron…
Le regard d’horreur qu’elle jeta à son père aurait pu frémir quiconque mais pas lui, il y était habitué. Il l’emmena dans sa chambre et fit ce qu’aucun père ne devrait avoir l’idée de faire avec sa fille. Ce n’était pas la première fois…son bâillon l’empêchait de crier mais les pleurs ne cessèrent de couler.
Après ça, il l’emmena, plus inerte qu’autre chose, chez le vieux Lands qui habitait une vieille maison en-dehors de la ville. Réputé pour frapper les enfants, seuls les parents indignes de ce nom lui emmenaient les leurs pour une garde de quelques heures ou pire de quelques jours.
Kathleen y fut déposée dans l’après-midi, son père devant la reprendre dans la nuit. Sachant ce qui l’attendait, elle regarda à peine le vieil homme à tête de fou qui l’emmena aussitôt dans la cave où il la jeta après l’avoir à moitié assommée de coups. La petite fille alla, aussitôt la porte refermée, se caler dans un coin, pouvant pleurer enfin à son aise.
Aucun autre enfant n’était présent ce jour-là, contrairement à d’autres fois où ils étaient plusieurs et où les autres se tapaient dessus, trop contents de pouvoir frapper et non d’être frappés.
Pourtant, à peine vingt minutes après, la porte s’ouvrit de nouveau, faisant recroqueviller encore plus Kath. Une nouvelle fois, le vieux Lands frappa l’enfant qu’il envoya valser plus loin dans la cave. L’enfant atterrit, avec un geignement de douleur, Kath se rendant compte qu’il s’était embroché le bras sur un outil pointu. Même si seulement un mince filet de lumière arrivait dans la cave, Kath aperçut le visage de l’enfant et contrairement aux autres fois, elle alla vers lui. Elle ne l’avait jamais vu. Il était un peu plus âgé qu’elle, deux ans maximum.
-Hé ! Attends, j’vais t’aider, lui dit-elle.
-Nan, ça va, c’est rien, je vais m’débrouiller, grimaça le gamin, toujours le bras pris.
-A trois, je tire, ok ?dit-elle en prenant l’outil.
-Ca m’va, dit-il en se préparant, sachant qu’il ne pourrait rien faire seul.
-Un…deux…et elle tira, lui arrachant un cri de douleur.
-Mais ça va pas ? T’avais dit à trois !
-J’sais bien mais ma maman m’disait toujours que ça faisait moins mal quand on n’est pas préparé.
-C’est vrai d’un sens mais t’aurais dû me prévenir…dit-il en serrant son bras qui saignait pas mal.
-Attends…dit-elle en sortant un mouchoir qu’elle serra autour de son bras. Ca devrait aller, je pense, j’espère que ça va pas s’infecter.
-Merci…murmura-t-il en la regardant davantage.
-De rien, sourit-elle en retournant dans son coin.
-Dis donc, s’approcha-t-il près d’elle. Qu’est-ce tu fais là si ta maman est comme ça avec toi ?
-J’sais pas où elle est…un jour, mon père m’a prise et j’suis jamais retournée près d’elle, j’sais pas où elle est et il m’a interdit d’en parler.
-Désolé…
-Et toi ?
-Mes parents me déposent là quand leur boulot devient trop dangereux…ils doivent me reprendre demain normalement si ça marche comme ils veulent.
-Bizarre qu’on s’est encore jamais vu…
-Ouais…c’est génial de tomber sur une comme toi, les autres d’habitude, ils sont chiants…
-J’sais bien, ils se bagarrent sans arrêt…
Les deux enfants n’en dirent pas plus sur les brutalités commises, surtout par sur eux. Chacun savait qu’ils étaient maltraités l’un et l’autre, c’était trop évident pour le dire et leur présence dans cette cave l’impliquait naturellement. Se regardant par coup d’œil, ils appréciaient la présence de l’autre. Chacun aurait bien aimé que l’autre soit son grand frère et sa petite sœur, ça aurait été une consolation à leur monde de violence. Finalement, ils échangèrent une dernière parole :
-En fait, moi, c’est Kathleen…ou Kath si tu préfères.
-Et moi Bast…commença-t-il mais il se rétracta…nan, c’est Dean…mon vrai nom, c’est Dean.
Un mince sourire d’échangé et ils s’endormirent l’un contre l’autre, la tête de Kath posée sur l’épaule de Dean. Ils avaient l’impression d’être plus en sécurité l’un avec l’autre que nulle part ailleurs depuis longtemps.
A l’aube, le grincement de la porte les réveilla. Kath se releva en sursaut pour rejoindre son père qui attendait à la sortie mais un dernier regard vers Dean lui fit regretter de partir. Derrière la porte, elle vit un couple qu’elle devina être les parents de Dean.
C’était la première et dernière fois qu’elle l’avait rencontré là-bas car deux jours plus tard, la police arrêtait enfin son père, la rendant à sa mère.

Fin du Flash-back
*********************************************************

Le lendemain, les frères eurent de nouveau la visite de Castiel.
-Votre amie Kathleen est toujours là ?
-Je suppose, elle nous a foutu à la porte hier, soupira Dean, toujours grognon. De toute façon, dans son état, elle peut pas aller loin. Pourquoi ?
-Je pense que si Zachariah ne réussit pas à la convaincre, il voudra la tuer, ça doit être pour ça qu’il l’a sortie des limbes. Pour la convaincre de l’aider ou la tuer.
-Mais pourquoi elle représenterait un danger pour les anges ?demanda Sam.
-Je l’ignore…
-On pense que ça a peut-être avoir avec un truc dans son passé, son enfance…on a évoqué ça et ça l’a tout de suite mise mal à l’aise, c’est pour ça qu’elle veut plus nous voir.
-Tu sais quelque chose, Cass ?demanda Sam.
-Pourquoi elle ne vous a rien dit ? Surtout à toi, Dean, dit Castiel, étonné.
-J’en sais rien, s’énerva Dean mais si toi, tu sais, vas-y, crache le morceau, arrête de nous faire attendre !
-Eh bien, elle a eu plusieurs années de son enfance assez désastreuses, on va dire. Son père l’a enlevé à sa mère quand elle avait trois ans et la police ne les a retrouvés que trois ans après.
-Et alors ? Ca arrive souvent ce genre de choses, s’étonna Sam.
-Oui mais son père n’était pas idéal…dit Castiel, soudain gêné.
-Qu’est-ce qu’il lui a fait ?demanda Dean, soudain inquiet.
-Il la frappait et la violait régulièrement, dit Castiel en baissant les yeux.
-QUOI ?s’exclama Dean hors de lui, suivi de son frère.
-Elle a dû suivre une longue thérapie quand on l’a retrouvée.
-Ok, c’est horrible, admit Sam. Mais pourquoi aurait-elle dû nous le dire ? C’est pas le genre de choses qu’on dit facilement à pratiquement des étrangers comme nous.
-Parce qu’un jour de l’été 1988, son père l’a confiée à un homme aussi cruel pendant une nuit. Et c’est là qu’elle a rencontré un autre enfant et c’était toi, Dean.
-Nan…se souvint Dean avec des sueurs froides. Me dis pas que c’était elle ! Je me souvenais même plus de son nom.
-Si, c’était bien elle et apparemment elle non plus ne doit pas se souvenir de toi.
-La thérapie, sûrement…conclut Sam. Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire, encore ?
Dean raconta à Sam ce qui s’y était passé, faisant comprendre à Sam pourquoi son frère était aussi perturbé par cette révélation.
-Je m’étais toujours demandé ce qu’elle était devenue, j’espérais toujours la revoir quand j’y retournais…Pas étonnant, elle avait retrouvé la vie qu’elle méritait, sourit Dean. Viens, Sam, on va la voir, je dois lui dire qui je suis aussi.
Castiel était déjà parti quand Dean finit ces mots. Ils sortirent de leur chambre et frappèrent à celle de Kath. Elle leur répondit d’entrer.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Sam 28 Aoû - 17:45

Chapitre 18 : Avancer sur une route verglacée


-Je vous avais dit de pas revenir, non ?sourit à moitié Kath, quand même soulagée qu’ils ne soient pas partis.
-Ben oui mais on doit être un peu têtus…dit Sam alors que Dean la regardait différemment.
-Oui et parce qu’on a appris quelque chose sur toi, enchaîna Dean, la faisant froncer les sourcils.
-Quoi donc ?
-D’un certain soir dans ton enfance…ton père t’avait mise chez un homme violent…tu t’souviens du garçon que t’as rencontré un soir là-bas ? La toute dernière fois que tu y es allée ?demanda Dean, frémissant, en espérant qu’elle se souvienne.
-Non…me dis pas que c’était toi ce garçon ?dit-elle en se levant à moitié et en le regardant encore plus attentivement.
-On dirait que si…
-J’avais oublié ton nom avec la thérapie que j’ai eue ensuite mais ton visage…je pouvais pas l’oublier tellement notre soirée m’avait marquée, dit-elle en essayant de faire correspondre les deux visages, l’enfant et l’adulte.
-Moi, c’est pareil…ton nom m’avait échappé…
Ils se regardèrent alors avec ce souvenir en eux et chacun reconnut l’autre, reconnut leur regard, leur expression, et même leur sourire. Dean étant assez près de son lit, Kath n’eut pas à se lever et se jeta dans ses bras, trop heureuse d’enfin savoir qui était ce mystérieux petit garçon si courageux. Elle était contente de savoir que c’était Dean, celui qui l’avait libéré des limbes et auquel elle tenait tant sans vouloir l’avouer. Quant à Dean, il ne la repoussa et au contraire, resserra son étreinte. Elle avait été dans son enfance pourrie une petite lumière de courage et d’innocence qui lui avait fait beaucoup de bien pour résister aux maltraitances de ses kidnappeurs.
Sam, resté à l’écart, se sentait un peu de trop mais les laissa en silence à leurs nouvelles retrouvailles pendant quelques minutes.

Ils se séparèrent finalement pour se regarder avec tendresse.
-Merci, Dean, tu m’avais fait beaucoup de bien à l’époque. Je croyais que les hommes n’étaient que brutalité et…enfin, obsession. Avec toi, tout a changé.
-Non, merci à toi, Kath, toi aussi tu m’avais redonné espoir.
-Donc, Castiel vous a tout dit à propos de mon enfance, alors ?rougit-elle.
-Oui, l’essentiel et le pire, soupira Dean mais il n’en dit pas plus, faisant bien comprendre qu’ils étaient au courant de l’aspect horrible que son père lui avait fait endurer.
-Sacrée coïncidence en tout cas qu’on soit retombé l’un sur l’autre dans les limbes au même moment, sourit-elle.
-Il n’y a pas de coïncidence, dit Castiel en arrivant soudain. C’était calculé que vous vous rencontriez.
-Comment ça, calculé ?demanda Dean.
-Zachariah savait que vous vous étiez connu dans votre enfance et a dû favoriser votre rencontre dans les limbes.
-Le libre-arbitre, génial, commenta Kathleen. Et pourquoi ? Je suis rien dans ce grand projet d’apocalypse, pourquoi moi ?
-Tu as raison, dit Cass mais Zachariah devait se douter que tu jouerais un rôle dans la décision de Dean sur Michael et donc il t’a recrutée.
-Je m’en serais bien passée mais dans l’autre, je t’ai revu, Dean et ça n’a pas de prix, lui sourit-elle.
-Qu’est-ce qu’on fait, alors ?demanda Sam. Il faut protéger Kathleen ?
-Normalement, oui car si elle ne peut pas ou ne veut pas convaincre Dean, il la tuera, c’est presque certain. Donc il ne vaut mieux pas qu’il la retrouve. Je vous tiendrai informé, dit-il avant de disparaître.
-Bon, très bien, Kath, tu vas te préparer, dit Dean en se levant, assez joyeux, suivi de Sam qui semblait y être moins.
-Attendez…dit Kathleen. Vous n’allez pas m’embarquer dans votre voiture et me traîner de ville en ville en étant en train de combattre Lucifer et l’apocalypse tout de même ?
-Ben si…pourquoi ?demanda Dean, surpris.
-Vous êtes dingues de vouloir qu’une fille à moitié handicapée vous reste sur les bras. Nan, je peux pas vous suivre, refusa-t-elle.
-Mais t’as entendu Cass. Zachariah va te poursuivre pour te convaincre ou te tuer et il arrivera à te trouver, il est fort, fais-moi confiance.
-Dean, tu comprends pas…je serais une charge pour vous, je sais rien dans le monde de la chasse, rien du tout…
-On pourrait t’apprendre, continua Dean.
-Et quand bien même, vous n’avez pas besoin d’une fille avec vous.
-Comment ça ?
-Dean…tu crois pas que j’ai remarqué ta complicité avec Sam, votre relation de frères qui semble si exceptionnelle ? Son prénom était le seul truc dont tu t’souvenais dans les limbes, c’est pas rien, crois-moi. Je ne ferais que mettre de la distance entre vous si je vous accompagnais et je le refuse, vous êtes mieux sans moi.
-Kath, non, tu…
-Non, je me trompe pas, Dean et non, je me fais pas d’idées, dit-elle alors qu’il s’apprêtait à dire ces mots. Je vous demande seulement une chose : me déposer dans une ville assez loin d’ici et des traces que j’ai laissé à Zachariah et je me débrouillerai.
-Kath, je veux pas que ce soit à cause de moi, dit Sam, culpabilisant de son manque d’enthousiasme.
-T’as rien fait, Sam, t’es génial, c’est pas ça, vous êtes très bien tous les deux, ça doit pas changer, c’est tout.
Dean vit bien qu’il serait inutile d’essayer de la persuader, elle était campée sur sa position et même s’il aurait très heureux de l’avoir avec eux, il savait au plus profond de lui qu’elle avait raison sur tous les points.
Quelques heures plus tard, ils l’aidèrent à prendre ses affaires et à monter à l’arrière de l’Impala qu’elle qualifia de “voiture hors du commun”, ignorant qui était son propriétaire, flattant encore plus Dean au passage. Ils la déposèrent dans un état voisin, à Nashville dans le Tennessee, dans un hôtel. Avant de se séparer, ils ne dirent pas un mot, leur cœur trop en peine de se quitter : alors qu’ils franchissaient la porte, Dean voulut faire ce qu’il désirait depuis le début et embrassa Kathleen durant de longues minutes, baiser qu’elle lui rendit tout autant, soulagée qu’il l’aime autant qu’elle. Ce baiser fut très différent de celui des limbes : très matériel, très puissant, très fougueux et tellement tendre. Ils savaient tous deux qui ils étaient et ce qu’ils représentaient l’un pour l’autre. C’était le plus important. Ce n’était pas un baiser d’adieu mais une promesse de bientôt se revoir.
Le lendemain, alors qu’elle avait pris plusieurs rendez-vous pour réinstaller sa petite vie dans ce lieu, Kathleen reçut un coup de téléphone :
-Allô Maman ?s’étonna-t-elle.
-Où es-tu ma chérie, je te cherche partout, répondit sa mère en pleurs.
-Mais ma lettre t’expliquait tout…je suis désolée, Maman, je voulais pas m’en aller mais j’étais obligée…
-Reviens vite…ou encore mieux, dis-moi où tu es et je prends le premier vol…
-Ecoute, c’est pas la peine, je t’mettrai en danger, il faut pas que tu…
-Je veux seulement me rendre compte par moi-même que tu vas bien, ma chérie et ensuite, je te laisserai, promis. Dis-moi où tu es, je t’en prie…
-Bon, ok, mais tu resteras pas longtemps. Attends, je regarde le nom de l’hôtel…
Derrière le téléphone, souriait Zachariah. Tout marchait comme il le voulait.

Deux mois plus tard, Dean et Sam n’avaient pas eu de nouvelles de Kath et n’avaient pas cherché à en avoir, sachant que se téléphoner entretiendrait des liens impossibles dans leur situation. Dean avait souvent pensé à elle. C’était la seule fille à laquelle il s’était attaché durant toute sa vie. Bien sûr, il avait eu pas mal de filles mais c’était des coups d’un soir, pour passer le temps. Mais depuis sa rencontre avec Kath, il n’avait posé les yeux sur aucune fille, même dans des bars où pourtant certaines étaient aguichantes et plus séduisantes que Kath. Sam remarquait que Dean restait sérieux, concentré sur leurs affaires et mieux, paraissait fidèle à Kath, comme si fréquenter d’autres filles, aurait été presqu’une trahison. Ce nouvel aspect de son frère plaisait à Sam qui se demandait si Kath était aussi fidèle à son frère que lui l’était. Pourtant, aucune promesse de se revoir un jour n’avait été prononcée. C’était comme si fréquenter d’autres filles était devenu impossible.
Un soir, alors qu’ils étaient dans leur chambre, en train de ramasser leurs affaires après avoir chassé un esprit, Castiel apparut :
-Où est Kathleen ?
-Tu pourrais au moins dire bonjour, on t’a pas revu depuis deux bons mois, j’te signale, bougonna Dean, ennuyé qu’il pose cette question un peu sensible.
-Où est-elle ?
-Elle avait pas voulu venir avec nous quand tu nous as laissé la dernière fois, donc on a respecté son choix, dit Sam, un peu embarrassé du regard que lui lança Castiel.
-Quoi ? Vous plaisantez, j’espère ? Vous auriez dû la forcer à vous suivre, comme toi et Bobby l’avait parfois fait, dit-il à Sam.
-Pourquoi t’es affolé à ce point ? Elle va bien, je pense.
-Tu penses ou tu en es sûr ?
-Je…je pense, on a pas eu de ses nouvelles depuis. Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ?
-Il y avait des rumeurs, je voulais pas les croire puisque je croyais qu’elle était avec vous mais j’ai bien peur maintenant qu’elles ne soient fondées.
-Quelles rumeurs ?demandèrent les frères ensemble.
-Que Zachariah aurait réussi à berner Kath, l’aurait retrouvée et tuée, dit-il en baissant les yeux.
-Non !s’écria Dean. Je peux pas croire ça, c’est pas possible ! Kath va bien !
-Tu crois ça ? Pourquoi n’avez-vous eu aucune nouvelle, alors ?
Un silence dramatique et oppressant suivit ses paroles. Sam et Castiel se sentaient un peu peinés pour Dean. Ce dernier avait déjà les larmes aux yeux, se maudissant de l’avoir écoutée et de l’avoir laissée seule, sans protection ni connaissance du surnaturel.
-Attends…dit soudain Sam. T’as essayé de l’appeler au moins ? On a son numéro…
Dean bondit sur son portable et composa le numéro d’une main fébrile, transpirant déjà. A son soulagement, il reçut une tonalité mais personne ne répondit. Les tonalités s’enchaînaient, faisant désespérer Dean mais Sam s’était déjà mis au travail sur son ordinateur et repérait le portable. Il indiquait qu’elle se trouverait non plus à Nashville mais dans les alentours de la ville. Espérant la trouver en vie et bien portante, les frères partirent rapidement. Le trajet fur interminable, Sam essayant de rassurer son frère du mieux qu’il le pouvait mais Dean gardait un silence angoissé, craignant le pire. Soudain, Sam prit la parole, ennuyé :
-Dean, tu as pensé que son portable fonctionnait encore parce que Zachariah voulait qu’on le retrouve et nous piéger ?
-Evidemment que j’y ai pensé, ronchonna Dean.
-Et tu sais aussi ce que cela implique…
-Oui…
-Que Kath ne s’en serait pas s…
-Tais-toi, Sam ! Je sais qu’elle est en vie, je l’sens, il peut pas en être autrement.
-Mais si c’est un piège, on court tout droit dedans et Zachariah pourrait…
-Sam, j’t’en prie, la ferme ! Même si c’est un piège, m’en fous, je dois savoir si elle va bien et où elle est, rien d’autre m’importe.
Sam se tut, conscient qu’il ne pourrait jamais raisonner son frère mais il le comprenait, lui-même avait aimé une fille passionnément plusieurs années avant et il savait comme c’était douloureux de perdre celle qu’on aimait, même si pour lui, rien de dramatique ne s’était produit, il l’avait seulement perdue au profit d’un autre, plus disponible que lui.

Ils n’arrivèrent que le lendemain matin. Les alentours étaient plus que grands et boisés. Ils se séparèrent pour couvrir davantage de terrain.
Pendant des heures, ils parcoururent les environs sans rien trouver. Ni Kath, ni son portable, ni aucune trace de quoique ce soit. Réunis, ils refirent sonner son portable au cas où et cela, dans plusieurs endroits. A un moment donné, enfin, ils crurent entendre une sonnerie et se précipitèrent à l’endroit d’où le son provenait. La sonnerie ne dura pas et ils durent recommencer pour continuer à le localiser, craignant le pire. Enfin, ils découvrirent le portable dans un buisson. Aucune trace de Kath. Dean voulut fouiller la terre à côté mais tout montrait qu’aucun corps n’avait été enterré, récemment en tout cas. Sam le raisonna et ils revinrent à leur motel. Dean était tellement désemparé qu’il laissa conduire Sam, ne cessant de regarder le portable de Kath comme s’il allait lui faire une révélation. Elle n’avait laissé aucun message dessus lui permettant de penser qu’il y avait un quelconque espoir.
A peine arrivés dans leur chambre, Dean s’allongea et fit mine de vouloir dormir. Sam, voulant le laisser tranquille, fit de même mais il feignit de pas entendre les quelques sanglots émis quelques minutes après.
La nuit était tombée quand Dean, toujours éveillé, entendit leur fenêtre s’ouvrir sans bruit, laissant seulement filtrer un vent frais. Prenant un couteau sous son oreiller en faisant aucun geste brusque, il vit une personne entrer en silence dans leur chambre. Dean se jeta alors sur l’inconnu, réveillant Sam au passage qui alluma la lumière, leur faisant découvrir l’identité de leur invité :
-Kath !s’écria Dean, moitié surpris moitié ravi, en la prenant dans ses bras.
-T’es en vie ?s’étonna Sam.
-Sois pas trop déçu, Sam, sourit Kathleen.
-Mais nan, j’suis très heureux…sourit Sam à son tour.
-Et moi, je suis enchanté !!s’exclama Dean. Il la prit aussitôt dans ses bras, presqu’ému aux larmes de voir qu’elle était en vie et bien portante. Au bout seulement de plusieurs minutes, il la lâcha. Alors, raconte-nous tout.
-Ok…dès votre départ, j’ai reçu un étrange coup de fil…c’était ma mère apparemment qui voulait venir me voir mais j’ai senti alors que j’allais lui dire où j’étais que c’était un piège et j’ai raccroché. Je savais que ma mère ne parlait pas de cette façon…
-Sûrement Zachariah qui avait pris sa voix, réfléchit Sam.
-C’est ce que j’ai pensé aussi, alors j’ai eu peur de ne plus être en sécurité et je suis partie. Mais en quittant la ville, j’ai senti que quelque chose ou quelqu’un me suivait et que mon portable devait y être pour quelque chose à cause de Zachariah. Alors je suis allée dans ces bois, j’ai dissimulé mes traces et j’ai laissé mon portable dans un buisson. Je me suis installée plus haut dans une sorte de cabane et avec des jumelles, j’ai espionné si mon portable était découvert, ce qui n’a pas tardé. Le lendemain, j’ai vu un homme s’approcher du buisson, regarder dedans sans toucher au portable et chercher aux alentours. On peut dire que je me suis vite planquée et j’ai eu de la chance qu’il me voit pas ou me sente pas, je savais pas qui il était ou ce qu’il était. Ensuite, il a dû partir, je l’ai jamais revu, il a dû croire que j’avais abandonné mon portable là.
-Mais tes batteries n’étaient jamais à plat vu qu’il était tout le temps allumé ?s’étonna Dean.
-En effet, j’ai dû penser à ce problème au bout d’une semaine, donc j’ai dû aller le prendre une nuit par semaine pour le recharger. Encore heureux que la cabane avait une prise murale…pourrie, c’est vrai mais qui marchait encore. J’avais peur sans arrêt d’être prise quand j’y allais mais j’ai eu de la veine, je dois le dire. Jusqu’à hier, en tout cas, sourit-elle, où j’ai vu deux hommes prendre mon portable dans le buisson.
-Mais pourquoi ne pas l’avoir laissé tomber et être partie très loin d’ici ?demanda Sam.
-Parce que je craignais plusieurs choses et j’en espérais d’autres : j’étais à pied et désolée de l’avouer, je voulais pas voler de voiture…je savais pas du tout si Zachariah ou d’autres me poursuivraient sur la route…j’avais encore du mal à marcher, j’ai dû faire une rééducation toute seule et là, ça va, tout est revenu à la normale ; mais j’espérais que vous me recherchiez.
-Et pourquoi tu nous as pas appelé ?s’écria Dean.
-Dis-moi, Dean, sourit-elle, tu n’as pas changé de portable récemment ?
-Non, j’ai…dit Dean mais soudain, il se souvint qu’il avait cassé le sien le lendemain d’avoir quitté Kathleen et qu’il avait totalement oublié de lui donner son nouveau numéro. Désolé, murmura-t-il.
-Et Bobby ?demanda Sam.
-Qui est Bobby ?demanda-t-elle.
-Ah…oui, évidemment…dit Sam, embarrassé à son tour.
-Ecoutez, le principal est que vous m’ayez retrouvée, c’est tout. Je sais que tout est de ma faute, j’aurais dû prévoir un autre plan ou je sais pas quoi mais laissez tomber.
-On n’a pas pris de tes nouvelles pendant deux mois, Kath !s’exclama Dean, en colère contre lui-même. J’aurais dû savoir que ça allait pas ou au moins savoir si ça allait pour toi ou non !
-Et moi j’aurais dû savoir que vouloir reprendre ma vie n’irait pas, sourit-elle, alors arrête de culpabiliser, Dean, s’il-te-plaît.
-Je peux pas, tu serais morte que j’en aurais rien su…
-Et alors ? Il y a encore trois mois, on se connaissait pas, alors, tu sais.
-Peu importe, je tiens trop à toi pour faire des erreurs pareilles.
-Moi aussi je tiens beaucoup à toi, Dean…c’est pour ça qu’on doit plus parler de tout ça, ok ? On est ensemble et ça va aller.
-T’acceptes de nous accompagner, alors ?demanda Sam.
-Seulement si vous réglez cette histoire avant l’année prochaine. Vous avez un plan ?
-On y réfléchit, soupira Sam.
-Je vais vous y aider, si vous voulez, dit-elle.
-Si tu veux mais avant, on dégage de ce maudit endroit, dit Dean en ramassant leurs affaires, ils pourraient encore te retrouver.
Ils partirent du motel et dégagèrent rapidement, même si Kathleen ne se sentait toujours pas très à l’aise d’être à l’arrière de l’Impala, comme si elle n’y avait pas sa place.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Mar 7 Sep - 18:07

Chapitre 19 : Réflexions


Ils franchirent pas moins de trois états pour être en sécurité et qu’aucun risque ne soit pris. Enfin, c’était plutôt Dean qui voulait ça que Sam ou Kathleen auxquels un seul état aurait suffit mais désormais, seule la sécurité de Kath importait pour Dean. C’est pour cette raison qu’ils allèrent chez Bobby pour la protéger et en même temps, lui faire connaître leur vieil ami. Durant les jours de route, ils parlèrent à Kath de leurs chasses, des créatures qu’ils avaient chassées, des démons qui leur avait pourri la vie comme Azazel, Lilith ou Alastair, de leur vie ambulante sans port d’attache, de Bobby qui avait été toujours comme un père pour eux. Bien sûr, ces deux derniers faits concernaient bien plus Sam que Dean mais l’aîné avait l’impression que cette année passée avec son frère était plus qu’une année mais une vie entière. Enfin, Kath en apprit davantage sur eux en quelques jours qu’elle ne l’aurait cru et elle dut bien s’avouer qu’ils n’avaient aucun secret pour elle. Même Sam avoua être le responsable de l’apocalypse et de l’arrivée de Lucifer mais il n’en donna pas les donnants et aboutissants. Elle ne demanda rien de plus, ne voulant pas qu’ils en disent plus qu’ils ne voulaient. Durant leurs récits, les frères avaient l’impression de revivre leurs expériences et ce faisant, Kath se sentait transportée dans leurs récits et parfois, frissonnait de terreur. Elle se rendait compte ainsi de toute l’horreur de leur vie et de la réalité bien palpable de ces créatures surnaturelles. Ils acceptèrent de lui laisser parcourir le journal de leur père qu’elle feuilleta avec un soin particulier, craignant d’abîmer quelque chose, comme si c’était quelque chose de sacré.
Progressivement, une profonde tristesse l’avait envahie. Elle avait sous-estimé l’importance que la menace de ces créatures et démons représentait dans le monde et tout ce qu’ils pouvaient détruire dans des familles comme celle des Winchesters. Elle se sentait profondément troublée et elle qui était sensible, elle avait de la peine pour eux : elle eut même du mal à refouler ses larmes à plusieurs reprises mais elle prit sur elle.
Dean comme Sam ne dirent rien de ce trouble mais s’en aperçurent et chacun d’eux, à sa manière, fut touché de l’importance qu’elle prenait à leurs vies. Dean ne put s’empêcher de sourire dans l’ombre en pensant que ce n’était pas pour rien qu’il l’aimait autant. Une fille banale, comme il en avait rencontré souvent dans les bars, n’aurait jamais eu une telle sensibilité et autant de compréhension, de discrétion. Même ses goûts semblaient concorder avec les siens comme il s’en rendit compte dans leurs chambres de motels : en plus d’aimer sa voiture, elle aimait presqu’autant manger que Dean en gardant une taille de guêpe, elle fit plusieurs fois des références cinématographiques bien connues de Dean mais par contre, ses goûts musicaux semblaient plus en concordance avec ceux de Sam même si elle ne se plaignit pas un seul instant de la musique sur la route.

Enfin, ils arrivèrent dans le Dakota du Sud, chez Bobby qu’ils avaient prévenu de leur arrivée pour qu’il ne soit pas trop surpris de celle qui les accompagnerait. A leur arrivée à son garage, Kath, très curieuse et observatrice, regarda un peu partout et accorda un grand sourire à Bobby sur le pas de sa porte :
-J’ai entendu beaucoup parler de vous, Mr Singer.
-Appelle-moi Bobby, j’t’en prie, dit-il, la détaillant. Pas en mal j’espère ?
-Oh non, en bien, sans arrêt, sourit-elle en entrant.
-Du nouveau, Bobby ?demanda Sam.
-Nan, rien, vous auriez les premiers à le savoir sinon. Tenez, dit Bobby en leur présentant des verres de whiskey à tous trois.
-Euh…nan, pas à moi, j’y tiens pas trop, ça me tourne la tête si c’est trop fort, dit Kathleen, gênée.
-Ok, de l’eau alors…lui servit Bobby, quelques minutes après.
-Merci, dit-elle en buvant aussitôt. Alors, rassuré ?
-Quoi ?grogna Bobby, faisant l’innocent.
-Je reconnais de l’eau bénite quand j’en bois même si je suis pas de votre milieu.
-Oh…désolé…simple précaution, les garçons pourront te l’confirmer, je leur fais même à eux.
-Quoi ? Encore aujourd’hui ?s’insurgea Sam, aussi surpris que Dean.
-On n’est jamais trop prudent, vous l’savez mieux que quiconque.
-C’est normal, j’vous comprends, dit Kathleen, je ferais pareil si j’étais à votre place.
-Bon, on a du boulot pour arrêter Lucifer…dit Bobby. J’ai une probable piste démoniaque dans le Nebraska mais y a que des perturbations météorologiques, alors c’est peut-être rien.
-On va aller voir quand même pour s’en assurer, dit Dean après avoir consulté le dossier, on sait jamais, ça me semble trop important pour être naturel. Tu viens, Kath, ou pas ?
-Euh…je sais pas trop, hésita-t-elle soudain.
-Pourquoi ? Je croyais que t’avais hâte de voir ça plus près.
-Je sais, Dean mais y a plusieurs raisons. Primo, je vais être plus un boulet qu’autre chose, j’y connais rien et j’ai jamais utilisé une arme ou combattu quoique ce soit…secundo, je tombe de fatigue de la route qu’on a fait, j’ai du mal depuis mon coma…tertio, mon instinct me dit que je dois surtout pas me mêler de votre monde, comme si…c’est difficile à expliquer…comme si je devais rester les pieds et la tête dans le monde que j’ai toujours connu. Je peux prendre connaissance du surnaturel mais pas y participer, comme si ça avait une grande importance. C’est pas de la peur, mais autre chose… J’ai toujours écouté mon instinct, sauf une fois et c’est là que je me suis faite tirer dessus, donc il m’a toujours très bien guidé jusque-là, je dois l’écouter. Désolée, Dean…je voulais pas te décevoir…
-C’est pas grave, je vais m’en remettre, dit-il en sortant aussitôt, sans la regarder.
-Je suis navré, Kath, l’excusa Sam, il est juste surpris, ça ira mieux quand on reviendra.
Sam sortit à son tour. Kathleen regarda Bobby qui avait haussé les sourcils.
-Me regarde pas comme ça. T’en fais pas, comme l’a dit Sam, tu verras que Dean va vite oublier sinon je lui botterais les fesses. Tu lui as rien fait que je sache.
Mais Kathleen resta silencieuse, triste et déçue. Elle n’aurait pas cru que Dean deviendrait aussi froid et distant mais même si elle comprenait sa déception qu’elle ne veuille pas l’accompagner dans leur monde dans lequel il était tant embourbé, elle ne regrettait rien.
Bobby lui proposa d’aller se reposer à l’étage : elle accepta de bon cœur, trop fatiguée pour quoique ce soit.

De leur côté, Dean et Sam étaient restés silencieux. Sam jetait des coups d’œil à son frère qui gardait un visage froid et fermé. Il n’avait pas osé parler depuis leur départ de chez Bobby mais là, il ne tenait plus.
-Dean…pourquoi tu lui en veux comme ça ?
-A qui ?
-Fais pas l’innocent…tu sais très bien de qui je parle.
-Toi peut-être mais moi, non.
-Elle n’a rien fait !
-Justement, Sam, elle n’a rien fait du tout !
-Tiens, tu sais de qui je parle tout d’un coup…
-…
-Dean, tu peux pas lui reprocher de pas vouloir participer à notre monde. C’est pas toi qui disais que les femmes ne devaient pas se mêler de ça ?
-C’est différent. Elle, je sais qu’elle en serait capable.
-Et comment ?
-C’est difficile à expliquer…n’oublie pas que j’étais dans les limbes avec elle, donc j’étais avec son âme et ça…quand tu vois l’âme de quelqu’un, tu vois qui il est réellement…
-Et qu’est-ce que t’as vu, alors ?
-J’ai pas à te le dire… Je pensais pas qu’elle ne voudrait pas être avec m…
-Quoi ? Tu crois qu’elle refuse de venir chasser, donc d’être avec toi, c’est ça ? C’est stupide et puéril, Dean… Elle ne connaît rien à la chasse, elle pourrait se faire tuer en moins de deux, tu l’sais aussi bien que moi. Moi, j’la comprends parfaitement, cette fille et au moins, elle a du bon sens, elle sait ce qu’elle fait.
-Si tu la trouves si super que ça, t’as qu’à l’épouser, tant que t’y es !
Sam resta muet d’étonnement et ne put répondre à part lancer un regard furax à son frère qui ne broncha pas.

Ils firent leur enquête et découvrirent qu’il n’y avait en fait aucune matière à une affaire et que seule la nature semblait responsable de ces phénomènes climatiques. Ils prirent un motel pour la nuit avant de reprendre la route. Cette enquête avait calmé Dean et il culpabilisait d’autant plus d’avoir dit une chose pareille. Il se sentait donc plus coupable envers Kathleen qu’envers Sam : doublement pour Kath pour son départ et sa dernière phrase à Sam dans la voiture même si elle n’en savait rien et envers Sam pour cette dispute qui n’en valait pas la peine. Il réfléchissait et pensait que c’était vraiment ironique que lui qui avait toujours souhaité une vie normale et avait même fui pour l’avoir, souhaitait de toute son âme plonger dans la chasse celle qu’il aimait. Qui était-il devenu et qu’avait-il fait de cet ado qui voulait plus que tout mener une vie banale et sans monstres ?Apparemment, l’enfer l’avait davantage changé que tout le reste : ce très long séjour là-bas était plus responsable de son changement d’esprit que le fait d’avoir retrouvé son frère, il en était certain et l’espérait même, ne souhaitant pas regretter ses retrouvailles avec sa famille le moins du monde, alors que l’enfer, il pouvait avoir toutes les raisons du monde de l’accuser. Il ne pouvait pas en vouloir à Kath de vouloir rester les pieds dans son monde, il l’enviait même un peu, sachant que lui-même ne pourrait sûrement jamais obtenir cette vie à laquelle il tenait tant.
Dean était au milieu de ces pensées quand Castiel apparut dans leur chambre plongée dans le noir. Sam, réveillé également, alluma.
-Cass ? T’as vu l’heure ?remarqua Dean.
-Je n’ai pas beaucoup de temps, j’ai peur d’être suivi, écoutez-moi…Vous avez retrouvé votre amie, elle est en vie ?
-Oui, on l’a conduite chez…
-Non, ne me dites pas où…
-Quoi, t’as des micros sur toi maintenant, t’es le nouveau Will Smith d’Ennemi d’état ?demanda Dean en souriant à moitié.
-Je comprends pas…mais vous devez faire attention…Depuis quelques jours, je sens que je suis suivi, je pense avoir semé ma piste pour venir vous voir.
-D’ailleurs, comment tu savais qu’on était là ?demanda Sam.
-Bobby m’a renseigné. Mais vous devez absolument rester avec votre amie, elle ne doit plus vous quitter.
-Cass…murmura Sam, voyant que Dean ne disait rien. Elle ne veut pas nous suivre dans nos affaires, elle veut rester en-dehors de tout ça.
-Peu importe. Elle peut être spectatrice et non actrice.
-C’est tout ?s’étonna Dean. Rien d’autre à nous dire ?
-Si… Lucifer a de plus en plus de puissance, les quatre cavaliers sont déployés dans le monde entier, vous devez rapidement trouver une solution. Je cherche moi-même mais on ne peut pas faire durer les choses, dit Castiel gravement. Sinon, le monde périra avec ses milliards d’humains.
-Ok, Cass, on va se creuser encore plus les méninges, répondit Dean sans grand espoir malgré tout.
Castiel disparut ensuite, laissant les frères perplexes.
-Il aurait au moins pu nous donner de bonnes nouvelles au lieu de mauvaises, rouspéta Dean en composant le numéro de Bobby, lequel répondit aussitôt. Bobby, tu peux m’passer Kath, s’t’eu plait ?
-A condition que tu lui parles normalement, ok, gamin…
-Hé, salut, Dean…répondit ensuite Kath, d’une voix anxieuse. Ca va ?
-Oui mais on vient te chercher tout de suite, on a eu des nouvelles, on t’dira ça, prépare-toi.
-D’accord…
-Kath…bredouilla Dean.
-Oui ?
-Euh…excuse-moi pour tout à l’heure…j’arrivais pas à comprendre que tu veuilles rester dans le monde que tu connais, j’étais trop sûr que tu me…enfin, que tu nous suivrais…
-C’est pas grave, Dean, j’t’en veux pas, sourit Kath. Moi aussi, je pensais vous suivre mais dis-toi que ma décision n’a rien à voir avec toi…avec nous deux…enfin, dit-il en bredouillant, si y a quelque chose, quoi… Je pourrai te suivre au bout du monde, n’importe où, Dean mais le monde surnaturel, c’est…différent, ça n’a rien à voir.
-Donc…il se passe vraiment quelque chose entre nous, alors ?se réjouit Dean en souriant.
-Euh…rougit Kath. On en discutera quand on se verra, ok ?
-A tout à l’heure alors, sourit Dean, impatient. Mais avant, on passe la nuit ici, on se voit demain matin.
Dean se recoucha ensuite, de même que Sam, soulagé que son frère se soit réconcilié avec Kathleen.

Deux heures après, les deux frères ne dormaient toujours pas. Peut-être par ce stress et cette double menace, angélique et démoniaque, qui pesait sur eux comme une épée de Damoclès.
Dean pensait beaucoup durant cette insomnie et en vint à des réflexions dont il voulut faire part à son frère qu’il sentait éveillé :
-Hé Sam ?
-Quoi ?
-Tu crois qu’on va réussir comment à stopper Lucifer ?
-Aucune idée pour l’instant mais faut espérer que l’occasion se présentera, qu’on aura une info pour le faire…
-Ca fait des semaines, des mois qu’on cherche, comme Bobby et Cass, et toujours rien. Lucifer réussit à avancer et nous, on fait du sur-place…
-Qu’est-ce que tu veux dire ?se redressa Sam à moitié.
-J’ai beaucoup réfléchi…Je me demande si…enfin…Tu crois que j’ai raison de refuser d’être l’hôte de Michael ?
-Dean !s’écria Sam, étonné. N’y pense même pas !
-Mais y a déjà plein de morts à cause de Lucifer et qu’on n’y fait rien !
-Dis-toi qu’il y en aura encore plus si tu dis oui. Des millions et peut-être des milliards d’êtres humains mourront de la confrontation de Michael et Lucifer. Là, on y est pas encore arrivé, heureusement.
-On y est presque…
-Non, pas encore et dis-toi que je chasse depuis beaucoup plus d’années que toi, alors écoute-moi quand je t’dis qu’il est pas encore trop tard.
-Peut-être que quand on est possédé, on peut réagir et empêcher tous ces morts.
-T’as déjà été possédé ? Par un démon, j’entends, parce que les anges, c’est nouveau quand même.
-Non…jamais…pourquoi ?
-Parce que moi, si, se souvint Sam et je peux te dire qu’on peut rien faire du tout…on est prisonnier de sa propre chair, incapable de bouger et presque…de respirer.
-Tu m’as jamais raconté ça : ça t’est arrivé quand ?
-Ya environ cinq ans…c’est trop long à raconter, Dean mais je peux t’dire que le démon qui m’a possédé n’était pourtant pas très puissant mais je pouvais rien faire…alors un archange, Dean, ça serait autre chose de vouloir le combattre, j’peux te l’dire.
-Ok, n’en parlons plus…
Un nouveau silence s’abattit entre les deux frères mais aucun d’eux ne s’endormit : Sam, trop inquiet que son frère n’accepte et Dean, toujours pensif et pas entièrement convaincu des paroles de son frangin.

Alors que l’aube se levait et que les frères avaient trouvé un semblant de sommeil, Dean se réveilla en sursaut et vit que lui et Sam se trouvaient dans un lieu totalement inconnu. Une pièce meublée de fauteuils, de tables et de tableaux. Ils avaient été allongés sur deux divans le long du mur. Se redressant, Dean vit Sam se réveiller et le regarder avec la même expression d’étonnement. Une voix les fit frémir :
-Bien le bonjour, les garçons. Bien dormi ?
Zachariah se dressait devant eux, aussi souriant que s’il avait eu ses plats favoris devant lui.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Mar 14 Sep - 21:54

Chapitre 20 : Ancienne et nouvelle connaissances


-Comment tu nous as trouvé ?s’étonna Dean en se levant aussitôt, de même que Sam, pressés de fuir ce lieu et surtout son occupant.
-Disons simplement que ce traître de Castiel aurait mieux fait de ne pas aller vous voir cette nuit.
-Donc, j’avais raison, il avait un mouchard sur lui !s’exclama Dean, surpris.
-Appelle ça comme tu veux mais on vous a vite repéré.
-Et Castiel ?demanda Sam.
-Il ne s’est pas envolé assez vite après ça mais je serais vous, je ne m’inquièterais pas pour lui mais pour vous…
-Il est pas mort quand même ?s’inquièta Dean.
-Non, il aurait été capable encore de s’en sortir…on l’a mis dans un endroit d’où il est tout bonnement impossible de sortir. Un peu comme vous, en somme. Dean, il est temps, mon garçon. Lucifer fait des ravages et on ne peut en tolérer davantage sans notre chef contre lui.
-J’croyais que votre chef c’était Dieu, ironisa Sam.
-Dean, j’attends, continua Zachariah, n’écoutant pas Sam.
-Je pensais pas que les anges pouvaient avoir Alzheimer, c’est dommage pour vous, plaisanta Dean.
-Dean, ne recommence pas ou je…
-Ou quoi ? Vous allez recommencer comme dans la chambre de motel ?
-J’étais gentil ce jour-là et aujourd’hui, y aura personne pour vous sauver, pas le moindre ange ou quoique ce soit, alors accepte, gamin, qu’on en finisse !se fâcha Zachariah en se dressant davantage devant Dean qu’il fusillait du regard.
-Dean n’acceptera jamais, il y a d’autres solutions pour tuer Lucifer ou le renvoyer dans sa cage, je l’sens, dit Sam, espérant donner du courage à son frère qu’il savait chancelant.
-Sam s’est exprimé à ma place, sourit Dean, soulageant son frère.
-Vous êtes naïfs, les garçons, vraiment…innocents… Des solutions pour battre Lucifer ? Vous croyez encore aux contes de fées ou quoi ?
-Parfois, oui, j’y crois encore, plaisanta Dean. Vous n’avez jamais vu le père Noël quelque part, par hasard ? Quoique…vous devez pas voir grand-chose, vous voyez jamais rien, vous…
-Du respect, gamin !imposa Zachariah à Dean. Tu devrais pourtant, toi qui me vois tel que je suis.
-Désolé mais j’aime pas du tout votre apparence, ni la vôtre ni votre hôte humain, j’y peux rien, je vous l’ai déjà dit. Je n’accepterai jamais d’être le vaisseau de Michael, autant vous y faire, trouvez quelqu’un d’autre.
-Malheureusement, y a personne d’autre…j’aimerais bien pourtant mais non…Michael ne peut avoir qu’un seul hôte possible sur terre et il se trouve que c’est toi, alors, accepte ou je t’jure que je ferais plus de mal que tu n’peux l’imaginer à toi et à tous ceux à qui tu tiens, en particulier Sam mais aussi Bobby et cette chère Kathleen.
-Vous ignorez où ils sont.
-Oh, mais je finirai par les trouver, c’est évident, ils ne pourront pas toujours se cacher.
-Je refuse toujours, tint bon Dean.
-Très bien. Passons alors aux festivités.

Les deux frères s’effondrèrent alors par terre, en proie à d’horribles souffrances. Ils crachaient du sang et avaient l’impression que tout l’intérieur de leur corps allait sortir par leur bouche. Leurs organes semblaient ne plus du tout vouloir remplir leur fonction. Le souffle leur manquait, le cœur faiblissait de seconde en seconde, chacun souffrait de l’estomac et de l’œsophage comme s’ils allaient éclater. Allongés sur le sol, chacun regardait son frère souffrir autant que lui.
-On s’amuse déjà, n’est-ce pas ?se réjouit Zachariah. Pas assez, je crois…Dean, tu ne t’es jamais fait électrocuter, je crois ?
Et sur cette parole, alors qu’aucun instrument n’était présent, le corps de Dean se souleva dans un sursaut, tendu à l’extrême, électrocuté et cela, plusieurs fois. Dean souffrait le martyre : il croyait que son cœur allait sans cesse lâcher pour de bon mais quand son cœur allait s’arrêter, il repartait très légèrement, mais suffisamment pour que Dean continue à vivre et à souffrir. Sam tentait de se lever, espérant que son sang de démon l’aiderait à se jeter sur Zachariah mais aucun moyen, il restait au sol et l’ange en rajouta en lui écrasant les os des mains et des pieds de l’intérieur, le faisant gémir de douleur. Au bout d’une heure de ces souffrances et de d’autres toutes plus variées les unes que les autres, Zachariah les suspendit :
-Alors, on change d’avis peut-être ?dit-il à Dean en le prenant par le col de sa veste.
-Retourne dans ton p***** de paradis !bafouilla Dean, complètement épuisé et en rage.
-J’aimerais bien mais j’ai une mission…tant pis, continuons joyeusement.
Mais avant que Zachariah ne relance leurs souffrances, il fut interrompu.
Ce fut un violent son strident pour Sam qui grimaça et s’en boucha les oreilles. Ce fut une voix pour Dean et Zachariah :
-Zachariah, arrête.
-Vous n’étiez pas censé intervenir, dit Zachariah.
-Je devais intervenir, il le fallait, dit la voix. Dean, va dans la pièce derrière toi, je dois te parler.
-Mais monsieur, tenta Zachariah.
-Et laisse-nous parler en privé, Zachariah. Durant ce temps, laisse Sam tranquille.
-Et pourquoi je voudrais vous parler ?s’insurgea Dean. Je sais même pas qui vous êtes en plus !
-Ca ne te tuera pas de venir, tu sauras comme ça qui je suis.
-Ok, ça marche.
Dean put se lever alors sans mal, toutes ces souffrances et blessures disparues. Il regarda Sam qui allait aussi bien que lui, hormis un petit saignement d’oreilles normal à cause de la voix qu’il ne supportait pas. Sam le regarda, inquiet et lui fit un hochement de tête pour l’encourager. De toute façon, rien ne pouvait être pire que Zachariah.
Dean, bien qu’angoissé, fit un sourire ironique à Zachariah furax, et pénétra dans la pièce d’à-côté, assez semblable à l’autre mais plus petite, ressemblant davantage à un boudoir. Il referma la porte derrière lui.

La pièce était encore vide. Dean n’eut pas le temps de s’asseoir qu’une vive lumière apparut devant lui, faisant apparaître une silhouette que Dean reconnut, sans pourtant l’avoir jamais rencontrée : cette silhouette était beaucoup plus belle que tout ce que Dean aurait pu imaginer et changeait de ce que Dean avait pu voir auparavant. Si Dean avait été un minimum croyant ou féru de religieux, il s’en serait presqu’agenouillé.
-Michael…
-Bonjour, Dean. Ca fait longtemps que je veux te rencontrer.
-Ouais…ben, pas moi…
-Tu parais surpris…tu ne te doutais pas que c’était moi ?
-Nan, je pensais pas que vous pourriez vous déplacer…comme ça…sans personne pour vous recevoir…hésita Dean en se sentant trop concerné.
-Si, je le peux mais seulement quand la personne est un ange ou un être exceptionnel comme toi et quand la situation devient trop urgente.
-Vous auriez pas dû…je vois pas ce que vous pouvez y faire. Zachariah a voulu faire très convaincant pourtant. A moins que vous me fassiez souffrir encore plus mais ça m’étonnerait.
-Dean…sembla sourire Michael. Que crois-tu ? Que je vais te faire souffrir ? Moi ?
-Je peux pas savoir, moi… Vous permettez bien à l’autre imbécile de le faire, alors pourquoi pas vous ?
-Sache que j’avais confié une mission à Zachariah sans savoir par quels moyens il l’accomplirait.
-Alors, les tortures sur moi, Sam, Bobby…la poursuite et les menaces sur Kathleen…l’emprisonnement de Cass…tout ça, vous n’êtes pas au courant ? Vous, un archange ? Laissez-moi en douter.
-Je sais en effet pour Castiel mais il mérite ce qu’il lui arrive, il nous a trahi. Quant aux tortures, souffrances que toi, ton frère et tes amis avaient pu subir, je n’en ai pas eu connaissance et je ne les approuve pas. Zachariah poursuit seulement un but honorable.
-C’est ça, à d’autres…laissez-moi tranquille, c’est tout ce que je demande.
-Dean…tu sais que je ne vais pas te laisser tranquille. On se ressemble et tu l’sais pertinemment. Tu ne veux pas l’avouer, c’est tout.
-Je refuse d’être votre hôte, affirma Dean.
-Pourquoi te posais-tu la question alors cette nuit ?demanda Michael.
-Quoi ? Comment le savez-vous ?s’étonna Dean, reculant d’un pas.
-Je l’sais parce que tes souvenirs me sont partiellement ouverts, de même que tes émotions. Nous sommes étroitement liés, Dean, tu le sens toi aussi. C’est la seule solution pour mettre un terme définitif aux tueries de Lucifer et de ses hordes de démons, crois-moi, jamais je ne te mentirai. Pas à toi.
-Et les millions ou milliards d’êtres humains qui vont mourir de cet affrontement, vous en faites quoi ?
-J’essaierai d’abréger le combat pour qu’il y ait moins de morts. Mais quelle autre solution proposes-tu, Dean ?
-Il doit bien en exister une, même très mince, à exploiter.
-Non, Dean, il n’en existe aucune, crois-moi, je le saurais sinon et je te le dirais. Sinon, nous aurions déjà fait ce qui doit être fait.
-Pourquoi moi ? J’suis un type ordinaire.
-Pas ordinaire du tout, Dean. Tu as eu des parents chasseurs, une enfance, même si tu étais resté chez toi, ancrée dans la chasse, un frère cadet que tu protèges et que tu adores malgré ce qu’il est et un père que tu aurais voulu adorer malgré votre distance l’un de l’autre. Tu me ressembles sur tous les points, c’est pour ça que tu es tellement important.
-Je dois alors vous poser une question qui m’taraude…pourquoi ne pas avoir accepté que je change le cours des choses quand j’étais gosse et que je retrouve mon père ? Ou tout simplement ne jamais avoir été enlevé par ces fumiers ? Pourquoi vous n’êtes jamais intervenu si j’suis aussi important que vous le dites ?
-Ton évolution aurait été différente de la tienne et tu…
-J’aurais refusé encore plus votre proposition, c’est ça ?
-Disons que tu aurais été davantage buté et tu n’aurais pas vu l’importance de l’enjeu en cours.
-Génial…c’est donc à cause de vous que j’ai eu une enfance pourrie ? Comment pensez-vous que je vais accepter, après ça ?
-Parce que tu es intelligent et que tu ne dois pas t’arrêter à ça. Ton adolescence montre ta force et ton courage d’avoir su échapper à tes ravisseurs que tu croyais être tes parents et échapper aussi à ce monde de chasse et d’horreur qu’était le tien. Si tu avais eu une enfance et une adolescence près de ton père et de Sam, jamais tu n’aurais été doté de cette force particulière.
-Ouais mais ça n’empêche que je vous en veux !
-Je n’ai rien fait pour que tu subisses ce malheur. Et les anges ne doivent pas interférer avec les actions des humains, donc non, tu n’as aucune raison de m’en vouloir. Nous n’y sommes pour rien, nous avons seulement vu la situation comme elle était.
-C’est pas une excuse…
-Dean, j’ai besoin de toi sinon Lucifer détruira tout ce que tu aimes dans ce monde et bien plus encore.
-Et si j’accepte…mon corps…enfin, je pourrai revenir après ?
-Sans problème. Je partirai de toi comme un mauvais souvenir, tu n’en sentiras aucune conséquence corporelle ou spirituelle.
Dean ne répondit pas et pour la première fois, y réfléchit très sérieusement. Michael s’aperçut bien sûr de cette réflexion et ne s’y immisça pas, laissant à Dean le temps de faire son choix, ne le précipitant pas. Dean avait l’impression de penser à cent à l’heure tellement il voulait penser à tout. Enfin, il prit sa décision :
-C’est d’accord, j’accepte…
-Vraiment ? Tu dis “oui” ?
-Mais seulement à trois conditions.
-Enonce-les.
-Je vais vous nommer des personnes à protéger : ces personnes ne devront pas subir le moindre mal jusqu’à ce que Lucifer meure et que je sois libéré de vous : il y a Sam, Bobby, Kathleen mais aussi Castiel.
-Castiel est emprisonné et purge une peine qui…
-Peu importe, je veux qu’il soit libéré dès que j’aurais dit “oui”.
-Très bien pour ces quatre personnes, ça sera fait, soupira Michael. Quoi d’autre ?
-Vous devez éliminer Zachariah.
-L’éliminer ?s’étonna l’archange. Le tuer, tu veux dire ?
-Tout à fait sinon c’est pas la peine de vous repointer devant moi.
-Je n’tue pas les anges, Dean.
-Eh bien, envoyez quelqu’un qui peut le faire sinon c’est pas la peine, demanda Dean avec sa rage contenue contre l’ange.
-Très bien, soupira Michael quelques minutes après. Mais ça n’est pas de gaieté de cœur, Zachariah est un très bon serviteur…
-Vous fichez pas de moi, vous l’détestez aussi !dit Dean en sentant une parcelle d’émotion de Michael. Il aime torturer les humains, on peut pas dire qu’un très bon serviteur du Ciel adore ça.
-Et quoi d’autre enfin ?
-Oui…le plus important…je ne vous dirai “oui” que demain, à midi. Et quand ça sera fait, vous devrez me laisser deux heures pour essayer de surmonter cette possession et reprendre le contrôle de mon corps.
-Un combat entre nous, en somme ?
-Tout à fait.
-Tu ne pourras pas me tuer ainsi.
-C’est pas mon intention, seulement je ne veux pas de millions de morts, alors si je réussis à reprendre mon corps, on agira à ma manière, pas à la vôtre.
-Et si tu échoues ?
-Alors, je vous laisserai agir complètement, je serais coopératif à 100%.
-Très bien, marché conclu pour ces trois conditions. Elles ne seront effectives que quand tu m’auras dit “oui” quand je viendrai te voir demain. Bien sûr, dit-il en s’approchant et en posant la main sur le torse de Dean qui sursauta de douleur, ta protection énochienne n’est plus nécessaire maintenant. A demain, Dean.
L’archange disparut alors et Dean se retrouva alors dans sa chambre de motel, avec Sam qui le regarda bizarrement.
-Non, dis-moi que tu n’as pas fait ce que j’crois !
Dean n’eut pas la force de lui répondre, se sentant trop coupable envers lui.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Lun 20 Sep - 11:09

Chapitre 21 : Dean et Michael


Dean s’assit sur le lit et raconta toute sa conversation avec Michael et enfin, ses trois conditions. Sam n’avait cessé de montrer sa colère durant tout son récit et finalement, éclata quand Dean finit :
-Et alors, quoi, tu veux la fin du monde ?
-T’as rien compris, j’crois !
-Tu voulais déjà accepter l’autre nuit, je vois pas ce que tes conditions changent, on va tous y passer de toute façon.
-Non, Sam, personne ne va mourir. Zachariah oui mais pas nous.
-Ecoute, je suis content de savoir pour Zachariah, c’est vrai…mais comment vas-tu réaliser l’exploit de reprendre le contrôle une fois que Michael te possédera ? J’t’ai déjà expliqué pourtant comment une possession marche, tu peux rien faire, rien !
-J’y arriverai, je l’sais, dit Dean avec conviction.
-Très bien, admettons. Même si tu réussis à surmonter la possession de Michael, alors quoi ? Comment tu vas réussir à tuer ou renvoyer en enfer Lucifer sans tuer personne ? Surtout qu’aucun ange n’avait trouvé d’autre solution, j’te rappelle.
-Je suis convaincu qu’ils nous cachent quelque chose…réfléchit Dean. Et puis, d’abord, dis-moi, toi qui sais tout, comment on aurait fait autrement pour vaincre Lucifer, hein ? On n’avait toujours aucun plan ! Alors, j’aimerais bien que tu m’épaules un peu, s’t’eu-plaît !
-Désolé…soupira Sam, calmé et comprenant la solution de son frère. C’est tellement ce que je craignais depuis le début…j’ai peur que ça finisse mal, c’est tout.
-Je sais…moi aussi, j’en ai peur, Sammy…mais il fallait bien faire quelque chose. Lucifer détruit plus chaque jour et on peut pas continuer comme ça.
-Alors, ce sera à midi demain ?
-Ouep.
-Et tu veux faire quoi pour cette dernière journée ? Aller jouer, voir des filles, te saouler ?sourit Sam en coin.
-Non, rien de tout ça. Si tu l’veux bien, j’aimerais bien qu’on reste là et qu’on discute…qu’on s’raconte des souvenirs, qu’on s’amuse ensemble pour une fois.
-Quoi ?demanda Sam, surpris.
-Ouais…enfin, tu sais… Depuis qu’on s’est retrouvé y a un an environ, on a chassé presque tout le temps, on n’a pas eu beaucoup de temps pour…parler, tout simplement ou passer du bon temps ensemble. Et j’aimerais mieux t’connaître avant de…enfin, au cas où…dit Dean en baissant les yeux. Mais si tu veux pas, je…
-Non, non !s’exclama Sam, ému que son frère veuille ce qu’il désirait lui-même le plus. J’adorerais !dit-il en souriant.
-Ok, alors, sourit Dean à son tour. J’vais nous acheter des bières et des pizzas et on s’fait nos flash-back.
Dean sortit alors de la chambre, laissant Sam entre anxiété du lendemain et joie de pouvoir passer ces moments avec son frère qu’il avait tant désiré tellement leurs récits de souvenirs avaient pu être brefs et remplis de souffrance. Il sentait que là, tel ne serait pas le cas et qu’ils allaient tous deux apprendre plus de choses sur eux qu’ils n’en avaient appris en un an. Avant le retour de Dean, il tint quand même Bobby au courant, lequel sauta de surprise à cette nouvelle de possession et jura plusieurs fois contre Dean, mais Sam lui fit promettre de ne rien dévoiler à Kathleen.

L’après-midi qu’ils passèrent au milieu des bières, des pizzas et des bonbons, que Dean avait ajoutés, fut la meilleure de toute leur vie. Ils avaient d’abord conclu de ne se raconter que des souvenirs heureux, bien que Sam n’avait craint alors que Dean en aurait peu, au vu de son enfance. Pourtant, Dean raconta de nombreuses aventures bien amusantes et toutes se passaient sans ses kidnappeurs bien sûr. Il raconta par exemple comment il avait appris à bricoler des voitures et à les apprécier alors qu’il était seul vers ses douze ans grâce à un vieux mécanicien qui lui avait fait aussi goûter sa première bière. De même, il raconta comment il s’en était sorti quand il s’était enfui car pour lui, cette période avait été très heureuse même si la peur d’être retrouvé était constante, surtout jusqu’à sa majorité. Sam découvrit ainsi avec surprise que son frère, pour devenir inspecteur, n’avait enfreint aucune règle sauf celle de son identité car il avait fait l’école de police et avait été ensuite vite promu inspecteur grâce à ses talents qui provenaient de la chasse. Il fit le récit aussi de plusieurs de ses aventures avec des filles, toutes plus différentes les uns que les autres à part un point commun : leur côté insipide qui avait fait que Dean ne s’était attaché à aucune d’elle. Il évoqua quelques affaires aussi qui s’étaient révélées plus amusantes que criminelles.
De son côté, Sam raconta plusieurs de ses chasses avec leur père, comment il avait appris que le père Noël n’existait pas quand il avait seulement quatre ans. Mais aussi comment il adorait l’école malgré qu’ils changeaient tout le temps de ville. Dean fut surpris d’apprendre que Sam était quand même allé à l’université mais pendant seulement six mois car il s’était enfui et le temps que son père le retrouve, il avait pu faire un semestre entier. Mais ce fut une merveilleuse expérience pour lui et il faillit bien tenir tête à son père pour ne pas repartir avec lui. Il avoua que c’était l’espoir de retrouver Dean qui l’avait fait reprendre la route avec John. Quand il vit l’air coupable et triste de Dean, il le rassura en lui disant préférer être resté puisqu’il avait la récompense de l’avoir effectivement retrouvé. Tout se serait sûrement passé différemment s’il avait continué la fac. Face au sourire retrouvé de Dean, Sam continua ses histoires, même des bagarres quand il était gosse.

Chacun des frères raconta un tas de leurs aventures, même certaines qu’ils pensaient avoir oublié. Ils y passèrent même la nuit et ne virent pas l’aube se lever tellement ils s’amusaient, riant aux éclats ou captivés par ce qui arrivait à l’autre. Chacun revivait, ce faisant, ses propres souvenirs. Les partager avec son frère était encore plus beau que d’avoir vécu le souvenir raconté. Ils ne s’aperçurent de l’heure que lorsqu’un orage retentit violemment dans le ciel. Il était déjà 10h30 a.m. Après un regard vers la fenêtre, leurs yeux se rencontrèrent et le même voile de tristesse et de désarroi passa dans leur regard. Ils restèrent alors un moment silencieux, baissant les yeux, une boule au creux du ventre, un frisson leur passant sur la nuque, comme si d’un coup, la température de la pièce avait baissé de dix degrés et que cet orage avait désintégré toute la joie et l’innocence présent dans leurs cœurs.
Quand ils regardèrent de nouveau l’heure, leur montre indiquait 11h. Plus qu’une heure ensemble…Plus qu’une heure libre de ses mouvements…Plus qu’une heure avant un combat éreintant…Plus qu’une heure…Cette pensée était commune, comme si leurs esprits ne faisaient plus qu’un, comme si avoir tant partagé durant ces vingt-quatre heures les avait autant rapproché que s’ils ne s’étaient jamais quittés.
Dean prit enfin la parole :
-Merci, Sam…merci pour cette fabuleuse journée et pour ton soutien, ça représente énormément pour moi.
-Nan, merci à toi Dean…
Sam ne put finir, les mots s’étranglant dans sa gorge alors qu’il regardait Dean en pensant qu’il ne serait plus son frère moins d’une heure après.
Bobby choisit ce moment pour leur téléphoner et leur demander où en était leur moral.
-Ca va, Bobby, ça va, répondit Sam sans enthousiasme. Pourquoi t’appelles ?
-Ben, d’abord pour vous demander où vous en êtes mais aussi parce que j’ai une enquiquineuse à côté de moi qui me harcèle de questions. Elle veut parler à Dean.
-Attends, je te l’passe.
-Oui, Kath, qu’est-ce qu’il y a ?demanda Dean d’une voix légèrement anxieuse.
-Dean, je sens qu’il y a un truc pas net. Bobby me cache quelque chose, je veux savoir quoi, dit-elle avec inquiétude.
-T’as tort, y a rien à dire…
-Dean,…j’te vois pas mais je suis sûre que ton nez est en train de s’allonger, dit-elle, faisant réagir Dean qui tâta son nez au cas où. Dis-moi la vérité, tu m’la dois bien, je l’apprendrais tôt ou tard et je préférerais que ça vienne de toi.
-Ecoute, Kathleen…
-Dean, s’il-te-plaît…
Dean lui raconta alors ce qui s’était passé la veille avec Michael et le choix qu’il avait fait. La jeune femme était restée silencieuse tout du long.
-J’comprends, Dean…
-Tu m’approuves alors ?s’étonna Dean.
-Nan, pas vraiment mais j’comprends ton choix. C’est vrai que j’y connais rien à tout ça sauf que tout semble indiquer que t’as fait une belle bourde. Et tu te trouveras bien bête si une fois que t’auras gagné contre Michael, tu n’vois aucune autre solution.
-Je sais mais pour moi, y en a une, c’est obligé.
-J’espère que t’as raison mais fais attention, Dean et garde autant ta force avec Michael que tu l’avais fait dans les limbes, c’est crucial. Garde la tête froide et t’emballe pas, ok ?
-Ok, j’y penserai…
Ils n’arrivèrent plus à parler, trop émus. Leurs soupirs échangés montraient à quel point ils pouvaient tenir l’un à l’autre. Enfin, Dean murmura un “au revoir” à Kath et raccrocha. Sam ne dit rien et se demanda comment il pourrait dire également au revoir à son frère sans être trop ému.

Vers 11h45, les frères étaient toujours restés silencieux, trop anxieux pour savoir quoi se dire. Une troisième personne arriva alors sans crier gare.
-Castiel !s’écria Dean avec un léger sourire.
-Alors, ça y est, ils t’ont laissé sortir de ta cage !dit Sam, soulagé aussi.
-Oui, grâce à toi, Dean, je t’en remercie.
-De rien, je pouvais pas te laisser croupir là-bas quand même, Sam aura besoin de toi, dit Dean en lui tapant sur l’épaule. Et Zachariah, il est bien mort ?
-Oui, j’ai entendu son cri alors que je sortais de ma prison. Jamais je n’aurais cru que Michael accepterait ta condition, Dean mais il l’a fait. Tu as eu tort de demander la mort d’un ange, mais on ne peut revenir en arrière. Quant à avoir accepté, c’est très imprudent ce que tu as fait là, Dean, dit Castiel avec sérieux. Ne sous-estime pas Michael, il est le plus fort des archanges, ne baisse jamais ta garde.
-Ok, général, dit Dean en se mettant au garde-à-vous. Castiel, je te confie Sam, qu’il ne lui arrive rien.
-Compte sur moi, répondit l’ange.
-Sammy, continua Dean en se tournant vers son frère alors que l’heure indiquait 11h55. Merci pour tout…de m’avoir retrouvé, d’avoir veillé sur moi, de m’avoir sauvé, d’avoir été honnête et d’être le meilleur frère qui soit.
-C’était normal, Dean, répondit Sam avec quelques larmes qui émergèrent. Je suis fier d’être ton frère, crois-moi, jamais j’aurais pu imaginer que tu serais aussi super… Merci à toi.
Les deux frères se prirent alors quelques instants dans les bras l’un de l’autre tandis que 12h sonnait.
Dean sécha ensuite rapidement quelques larmes échappées de ses yeux encore embués et regarda Sam, espérant pouvoir lui reparler un jour.
Le son strident attendu arriva, bien qu’il ne le fut que pour Sam. Dean et Castiel entendirent Michael dire à Dean qu’il l’attendait et Dean, après un dernier regard vers Sam, dit “oui” distinctement à Michael. Ce dernier n’attendit pas davantage pour envahir Dean qui brilla alors d’une lumière intense, aveuglant Sam et Castiel. Cela ne dura que quelques minutes durant lesquelles Dean souffrit le martyre complet. Il avait l’impression que venant en lui, Michael brûlait tout sur son passage, sang, organes, muscles, os, peau, absolument tout. Il avait l’impression que cette torture allait durer des siècles. Pourtant, ça s’arrêta brusquement et quand Dean s’en aperçut, les brûlures avaient cessées pour faire place à un autre genre de souffrance : il était complètement dépossédé de son corps et c’était si douloureux de voir son corps regarder ses mains, se regarder dans le miroir sans y être pour quelque chose, que Dean eut l’impression d’être enfermé dans un cauchemar avec une camisole de force. C’était comme s’il était spectateur et ça, Dean ne le supportait pas tellement il avait été acteur de sa vie. Même en enfer, nom d’un chien, il ressentait tout et pouvait bouger et souffrir comme il voulait. Là, rien…aucune souffrance physique, comme s’il flottait. Seule restait la souffrance morale à en crier. Il eut envie de crier mais ne le put même pas, comme devenu aphone.

Sam et Castiel regardaient Dean et savaient que ce n’était plus lui. Il se regarda dans le miroir, regarda ses mains et regarda enfin Sam et Castiel. Si Sam avait encore eu des doutes sur la possession de son frère, là, il n’aurait plus à en avoir quand il vit le regard de son frère. Un regard dur, étranger, fier, sans aucune chaleur. Et le ton de sa voix fut du même acabit :
-Bonjour, Sam. Désolé que tu me voies sous l’aspect de ton frère, ça doit être assez…perturbant mais il ne pouvait en être ainsi. Ca devait être Dean, personne d’autre.
-Oui, j’ai compris, dit Sam, en colère. Maintenant, accordez à Dean ses deux heures promises pour qu’il tente de reprendre le dessus et…
-Deux heures ?dit Michael en souriant avec ironie.
-Oui, Dean vous les a demandées dans ses conditions !
-En effet, il l’a fait…mais il a oublié de préciser où ça pourrait se passer. A bientôt, Sam.
Et Michael disparut alors dans le corps de Dean. Sam jura, ne comprenant pas du tout les paroles de l’archange. Il se tourna vers Castiel qui avait baissé les yeux tristement.
-Cass, dis-moi ce qu’il voulait dire !
-Il ne vaut peut-être mieux pas que tu saches, Sam, murmura Castiel.
-Nan, dis-le moi !
-Dean n’a pas pensé à préciser…et pourquoi y aurait-il pensé d’ailleurs, il l’ignorait…il aurait dû demander à ce que ce combat se fasse sur terre. Parce qu’au ciel, le temps est différent et passe beaucoup plus vite que sur le sol terrien.
-Quoi mais c’est injuste !s’exclama Sam, outré.
-C’est pourtant ainsi.
-Il n’a pas le droit, il a triché ! Il ne vaut pas mieux que les démons !
-Fais attention à ce que tu dis, Sam…
-Très bien…et combien ça fait deux heures là-haut ?
-Deux minutes.
Cette réponse effondra Sam qui se rendit compte qu’à l’heure qu’il était, son frère ne pouvait déjà plus rien faire et que le duel entre Michael et Lucifer serait très proche tout comme les millions de morts qui allaient avec. Il n’osa même pas tenir Bobby au courant, lui-même restait sans voix. Le plan de son frère avait totalement échoué.

Avant que Michael ne disparaisse de la chambre avec lui-même, Dean avait eu la même réaction de surprise que son frère. Que voulait dire Michael exactement par où ça devait se passer ? Il s’empressa de demander à son hôte qui lui répondit intérieurement :
-Disons que quand tu as émis tes conditions, tu n’as pas précisé que notre petit combat devait se passer sur terre.
-Ben ouais, où voulez-vous que ça se passe ?
Mais Dean eut sa réponse l’instant d’après quand il se vit sur une plateforme translucide, entourée de merveilleux nuages plus irréels les uns que les autres.
-Me dites pas qu’on est au Ciel et qu’on va faire ça ici, sur des pu***** de nuages !s’exclama Dean.
-Si, Dean, tout à fait. Tes deux heures sur terre commencent maintenant et sont réduites ici à environ…deux minutes.
-Vous vous foutez de moi ??rugit Dean. Pourquoi je vous ai pas demandé une semaine aussi, moi ?
-Parce que je n’aurai pas accepté. Mon temps est précieux, Dean. Je dois affronter mon frère Lucifer et je n’ai pas de temps à perdre avec ton petit duel ridicule, alors allons-y, qu’on en finisse.
-Mais c’est d’la triche, jamais j’ai voulu seulement deux minutes et…
-Il te reste une minute dix…dit Michael, faisant réagir Dean.
Dean se tut et se concentra de toutes ses forces pour essayer de bouger ses mains, la tête, même un orteil mais tous ses efforts restaient vains. L’anxiété en plus de voir le temps s’écouler si vite n’y aidait pas. Michael restait calme et ne semblait même pas combattif, comme si c’était trop facile pour lui pour qu’il se mette en position de défense. Dean pourtant ne se décourageait pas : il était totalement épuisé mais continuait à essayer quand Michael dit :
-Voilà, c’est fini, les deux minutes sont écoulées.
-J’ai pas fini ! Vous n’êtes qu’un sale tricheur ! Vous valez pas mieux que les démons, tout archange que vous êtes !
-Attention à tes paroles, Dean, je ne tolérerai pas de telles insultes. Les démons sont si répugnants qu’aucune comparaison ne doit être tolérée avec les anges, encore moins avec les archanges.
-Je m’en fiche, j’ai pu rien à perdre. Vous saviez ce que je voulais dire avec mes deux heures, vous saviez que je les voulais sur terre et vous avez fait exprès de venir dans votre pu**** de paradis pour me donner aucune chance.
-Dean, tu t’adresses à un archange, alors arrête ou je vais sévir…
-Ah ouais ? Même pas en rêve, mon vieux ! Apparemment vous avez été mal élevés, vous connaissez pas le sens de l’honneur…vous trahissez même votre père et moi, jamais j’aurais pu faire ça…vous n’êtes qu’un fils indigne et bientôt un frère tout aussi indigne pour tuer son propre frère, tout démonique est-il !
-Ca suffit !!!rugit Michael en faisant tellement souffrir Dean de l’intérieur que jamais Dean n’aurait cru souffrir autant, même en enfer. Il se retrouvait sans pouvoir parler, complètement bâillonné, avec la respiration presqu’inexistante, comme s’il allait étouffer. Il avait l’impression que toute son âme était en ébullition, presque en feu et qu’il allait bientôt exploser : il frissonnait de toute son âme, et s’évanouit presque, si son âme pouvait s’évanouir.
Désormais, finit de dire Michael, tu seras complètement coopératif, comme tu me l’avais promis, tu ne tenteras rien, absolument rien…et si jamais tu étais désobéissant, je peux te promettre que ta condition de voir Sam et tes amis sains et saufs ne serait plus d’actualité, bien au contraire. Alors, fais attention, Dean, tu ne sais pas à qui tu as affaire.

Dean, trop paralysé, souffrant de partout, et ne pouvant répondre, lâcha prise et sentit que Michael redescendait sur terre pour rechercher Lucifer et l’affronter. De grosses larmes de culpabilité coulèrent seulement sur ses joues au milieu de quelques sanglots…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Sam 25 Sep - 12:32

Chapitre 22 : Savoir-faire, savoir-être


Les heures qui suivirent furent les plus douloureuses et les plus pénibles que Dean n’ait jamais connu, même en enfer car s’ajoutait à la douleur physique la douleur morale de voir que tout ce qu’il avait espéré avait échoué et que la fin du monde, ou plutôt les millions de morts, serait de sa faute et de son conviction qu’il pourrait tout arranger et trouver une faille à exploiter en Michael. Quand Dean pensait à son frère, il aurait tant voulu s’excuser auprès de lui. C’est alors qu’il pensait à lui qu’une volonté farouche rejaillit en lui tel un feu ardent. Il ne voudrait jamais que Sam paye les pots cassés de cette gigantesque erreur. Il aimait trop son frère pour qu’il meure probablement au milieu de ce combat en voulant l’empêcher. Il connaissait trop bien Sam, il savait qu’il finirait par le retrouver pour qu’il n’affronte pas Lucifer et il ne voulait surtout pas que Sam soit sacrifié à cause de lui. Il n’avait pas confiance en Michael, il sentait que cette condition de le protéger ne serait pas toujours valable. Alors, autant miser le tout pour le tout et quitte à être tué, il valait mieux que ce soit en combattant la possession de Michael plutôt qu’en restant passif et lâche.
Sachant que Michael se concentrait pour retrouver Lucifer quelque part sur terre, Dean fit en sorte qu’il ne perçoive pas son intention et sa concentration. Alors de toutes les forces qu’il put trouver en lui, prenant son temps, avec le plus de calme qu’il n’en avait jamais canalisé auparavant, il se concentra et essaya à nouveau de surmonter la possession. Il savait que c’était le moment idéal pour ça, que Michael ne s’y attendrait pas. Le seul ennui est que s’il ne parvenait à rien, Sam, Bobby et Kath en subiraient les conséquences, de même que Cass probablement. Il devait y arriver, c’était sa seule chance. Il avait déjà réussi à se défaire de sa paralysie provisoire. Michael ne pouvait le surveiller sans arrêt, tout à sa recherche. L’archange le croyait incapable de recommencer et de braver l’interdit. Il était pourtant extrêmement difficile et délicat de pouvoir faire ça sans que l’archange ne s’aperçoive de rien. Mais peu à peu, il sentait qu’il gagnait du terrain et s’introduisait plus avant dans la gestuelle de Michael. Ses efforts et sa concentration étaient telles qu’il avait l’impression que sa tête allait exploser tellement il en souffrait, même si bien sûr, c’était son âme qui souffrait mais lui avait vraiment la sensation que c’était sa tête. Quand Dean réussit enfin à bouger un doigt, Michael s’en aperçut et revint à l’attaque. Il était trop tard.

-Dean, que fais-tu ?
-Ca se voit pas ?demanda Dean tout en continuant d’arrache-pied.
-Tu n’as plus le droit ! Ton temps a été écoulé, nous…
-Non, pas de nous ! C’est vous qu’avez décidé que ce serait deux minutes et ça fait presque deux heures que je m’acharne comme un malade à surmonter votre possession, alors me parlez pas de droit !
-Tu n’peux pas réussir et sache que maintenant je m’en suis aperçu, tu n’auras aucune chance de renouveler l’expérience.
-Vraiment ?sourit enfin Dean en bougeant le bras, faisant un doigt d’honneur devant Michael. J’t’ai eu, put-il articuler avec sa voix, Michael relégué à son tour dans son intériorité.
-Ce n’est pas possible, tu n’as pas pu, tu n’es qu’un humain, tu n’es rien…
-C’est là que tu t’trompes, mon pote. J’ai réussi et ça en un peu moins de deux heures, comme je l’avais demandé au départ. Et n’oublie pas que tu t’adresses à Dean Winchester, et pas à n’importe qui, sourit Dean.
Dean n’aurait pu décrire à quel point pouvoir bouger, parler avec son corps, ressentir tout ce qu’il y avait autour de lui…la brise…le sol…respirer…le tout lui faisait un bien fou, jamais il n’aurait cru que tout pouvait revêtir une telle importance. Il ressentait tout, comme si c’était la première fois et qu’il n’avait pu le faire pendant des siècles. De plus, il ressentait une grande puissance, due à la présence de Michael. Il ne l’avait pas ressentie auparavant, tout à sa douleur et sa paralysie mais là, c’était différent et il se sentait si fort, si puissant, si invincible qu’il aurait foncé tête baissée vers Lucifer pour le dégommer. Mais Dean garda la tête froide grâce à ses nombreuses expériences passées et appliqua ce qu’il voulait depuis le début : chercher une autre solution dans l’esprit même de Michael qui rouspétait tellement que Dean s’en amusait. Dean aurait pensé que les anges avaient des insultes bien à eux mais non, apparemment Michael se bornait à des insultes ordinaires. Dean avait bien sûr pris soin de l’enfermer beaucoup plus étroitement que Michael ne l’avait fait avec lui, ne pouvant lui permettre aucun effort ni concentration. Dean se rendit compte qu’il était très à l’aise avec son propre esprit et qu’enfermer Michael était plus facile que ça ne l’avait été quand ce dernier avait voulu faire taire Dean : normal aussi, Michael s’était retrouvé dans un corps et un esprit étranger. Il s’introduisit dans l’esprit de l’archange et y chercha un moyen de battre Lucifer sans faire de victimes. Malheureusement, il dut bien s’avouer qu’à part un ego surdimensionné, l’esprit de Michael ne contenait pas grand-chose d’autre.
Malgré tout, Dean ne voulut pas se laisser aller à un découragement et voulut faire comme d’habitude : chercher avec celui en qui il avait le plus confiance.

Quand Dean se présenta devant lui, Sam eut un mouvement de recul, craignant une attaque inattendue de Michael qu’il pensait certain qu’il contrôlait encore son frère. Sachant que son frère pensait qu’il n’était toujours pas lui, Dean voulut lui faire une plaisanterie, en rigolant à l’avance. Il avait bien remarqué comment Michael parlait à son frère juste après sa possession et il adopta donc le même ton froid et distant :
-Bonjour, Sam.
-Que me voulez-vous ?demanda Sam, un peu craintif mais très en colère de s’adresser à Michael dans le corps de son frère. Vous en avez pas eu assez de mon frère, vous voulez m’avoir aussi ?
-J’avoue être très tenté, en effet car puisque tu en parles, ton frère a été battu à une vitesse ridicule, je l’ai écrasé en beauté. Il ne mérite pas de s’appeler Winchester, si tu veux mon avis.
-Arrêtez tout de suite de l’insulter, vous ne lui avez donné aucune chance ! Il pouvait rien faire en si peu de temps, vous n’êtes pas différent des démons !s’écria Sam, furieux.
-Vous n’êtes pas frères pour rien, mais fais attention Sam, je pourrais te faire souffrir plus que tu ne le croies.
-Alors allez-y, vous gênez pas !dit Sam en écartant les bras. Mais ma protection fait partie des conditions de Dean, alors faites gaffe.
-En effet, je ne vais rien te faire… mais on dirait que tu tiens vraiment à ton frère, pourtant vous vous connaissez si peu, c’est étonnant et difficile à croire.
-Pourtant c’est vrai…j’ai pas l’impression de ne connaître Dean que depuis deux ans mais plutôt…depuis toute ma vie, comme si on avait passé tous nos instants sur terre ensemble, c’est bizarre…
-Et tu le considères vraiment comme ton frère, pas seulement comme un cousin ou un ami ?demanda Dean, voulant connaître la vérité, même s’il savait que son frère lui en voudrait par la suite.
-Evidemment que je l’considère comme mon frère ! Jamais j’aurais imaginé être si proche de lui et me sentir si bien et en sécurité avec lui, c’est dingue et difficile à expliquer…réfléchit Sam à voix haute. En tout cas, c’est en lui que j’ai le plus confiance et à qui je confierais ma vie sans hésitation. Alors me dites pas ça, j’aime Dean et jamais je l’abandonnerai !finit Sam, les larmes aux yeux.
-Très bien…dit simplement Dean, essayant de ne pas montrer qu’il était ému.
-Mais en fait, pourquoi vous êtes là et pas à chercher Lucifer, vous voulez quoi ?demanda Sam en revenant à la réalité de la possession de son frère.
-Surprise !s’exclama Dean avec un grand sourire et en levant les bras.
-Quoi ?s’étonna Sam, ayant du mal à comprendre. Dean ?
-Le seul et l’unique !rigola Dean.
-Mais comment…c’est pas possible ! Vous êtes encore Michael et vous m’jouez un tour !
-Pas du tout, mon grand, dit Dean en reprenant son sérieux, c’est bien moi. J’ai réussi, Sammy et j’ai pu ramener ce bâ**** de Michael au fond de moi…j’peux t’dire qu’il est furax.
-Mais…t’as pas pu faire ça en seulement deux minutes, Dean !
-Tu m’sous-estimes, sourit Dean. Mais t’as raison, je pouvais pas…alors vu qu’il m’avait berné sur ce coup-là, ben, j’ai attaqué quand il s’y attendait pas et vlan ! Je lui ai mis la pâtée du siècle ! Et cerise sur le gâteau, j’ai respecté le délai, j’ai fait ça en un peu moins de deux heures, maintenant il est pieds et poings liés, je suis le seul à agir et parler, Sammy.
-Waoh…soupira Sam, surpris. J’en reviens pas que t’aies réussi contre un archange, Dean…
-Quoi ? T’es pas content ?
-Nan, c’est pas ça, j’suis tellement surpris que j’sais plus…mais je sais une chose…
-Quoi ?demanda Dean.
-Je suis tellement heureux de te revoir, mec, dit Sam qui vint serrer Dean dans ses bras, ému, le cœur battant à toute allure. Je pensais pas que t’étais aussi fort, Dean, chapeau.
-Ah…ben…c’était pas si dur…
-Dean, on sait tous les deux que ça l’était, j’suis fier de toi, ton plan a réussi en fin de compte…
-Eh ouais, confirma Dean, fier de lui.
-Mais en fait, réagit Sam, pourquoi tu m’as posé toutes ces questions en te faisant passer pour Michael ? Je m’disais bien que c’était bizarre qu’un archange se vante autant.
-C’était une blague, seulement pour te faire marcher…
-Ouais, très drôle, j’y ai cru, moi et t’en as fait exprès aussi que je déballe tous mes sentiments devant toi ?
-J’pouvais pas savoir, moi que tu t’confierais à Michael, chochotte !
-J’m’suis pas confié, j’ai répondu à ses questions, je voulais montrer que je tenais à toi, c’est tout mais si j’avais su que c’était bien toi, alors…
-Alors quoi ? T’es pas content que je t’ai fait une blague ? C’est normal même si c’était hilarant… T’es pas content de m’avoir dit tout ça ? Ben, moi, j’en suis heureux, Sam. Je pensais pas que tu me dirais tout ça mais ça m’a plu, j’savais pas que tu pensais tout ça sur moi et…j’t’avoue que j’avais toujours peur que tu m’rejettes vu qu’on s’est retrouvé récemment. Mais j’suis rassuré et j’t’en remercie, Sammy, dit Dean, ému.
-De rien…sourit Sam, ému aussi.
-Bon, alors, dit Dean, s’éclaircissant la voix. Du nouveau ?
-C’est pas plutôt à moi de t’demander ça ? T’as l’esprit de Michael qui t’est ouvert, non ?
-Ouais, j’y suis allé faire un tour justement…et y a rien, aucune autre piste que celle qu’il propose.
-T’as regardé partout ?
-Sam…grogna Dean.
-Ok, mais n’empêche que c’est pas rassurant, soupira Sam. Qu’est-ce qu’on va faire pour empêcher leur affrontement ?
-J’sais pas, on va essayer de…essayer de…ah, nom d’un chien !dit Dean en s’agenouillant par terre, se tenant la tête dans les mains.
-Dean ! Qu’est-ce t’as ?demanda Sam, affolé, se précipitant près de lui.
-J’sais pas, j’ai un mal de tête…si tu savais, Sam…c’est atroce.
-Dean…ton nez…il saigne.
-Oh…génial…un retour de flammes de sir Michael, je suppose…remarqua Dean en grimaçant.

Sam aida son frère à s’allonger sur un des lits même si Dean ne tint pas couché et dut s’asseoir sur le lit, le dos contre le mur, la tête dans les mains, gémissant légèrement. Le saignement de nez continuant, il dut garder un mouchoir sur ses narines. Sam voulait qu’il mette la tête en arrière pour arrêter le saignement qui lui paraissait le plus important mais Dean ne pouvait même pas garder la tête droite, alors la mettre en arrière, c’était impossible. Sam alla lui chercher des médicaments qui, malheureusement, n’eurent aucun effet.
-Qu’est-ce qu’on va faire ?bredouilla Dean, de plus en plus faible.
-J’ai appelé Bobby, il cherche une solution…
-T’as appelé Bobby ?s’exclama presque Dean. Mais tu vas inquiéter Kath, voyons !
-Il va rien lui dire et quand bien même, il faut bien te soigner, tu peux pas rester comme ça.
-Ben tiens…qu’est-ce tu crois ? C’est la puissance de Michael qui se fait ressentir. Vu qu’il est plus là pour piloter l’engin, ben, ça se détraque.
-Tu crois que c’est les pouvoirs de Michael qui te mettent dans cet état ?
-J’en suis sûr, je ressens ses pouvoirs à une puissance telle que j’ai l’impression d’aller à toute vitesse. Je pensais que c’était cool de pouvoir me téléporter d’un endroit à un autre en un claquement de doigt…ben, en fait, c’est pas si marrant, c’est comme si mon cœur allait lâcher…
-Tu t’déplaces pas, pourtant.
-C’est comme si. J’en peux plus, c’est à peine si j’arrive à bouger. C’est éreintant d’accueillir un archange, je pensais pas.
-Dean, craignit Sam en voyant son frère de plus en plus pâle et s’affaissant sur le lit, ne t’évanouis pas, Michael pourrait reprendre le contrôle, c’est peut-être une ruse, il provoque tout ça en toi pour que tu t’affaiblisses et que tu…
-Ca va, ça va, je contrôle la situation…

Mais le temps de finir sa phrase, Dean s’évanouit complètement sur le lit. Sam se précipita et s’empressa d’essayer de le réveiller par tous les moyens qu’il connaissait mais même le sceau d’eau froide ne fit rien, encore moins que les gifles qu’il lui donnait. Sam craignait le pire, il craignait qu’au réveil, Dean ne soit plus Dean et que Michael ait repris le contrôle, leur faisant regretter d’être nés à tous deux. Marchant de long en large, Sam cherchait une solution mais au bout de plusieurs heures, quand il entendit un gémissement venant de son frère, il se figea comme une statue, l’observant attentivement pour savoir lequel des deux était là : Dean ouvrit les yeux et regarda Sam :
-Quoi ? J’ai une tête si moche que ça ?
-C’est bien toi, Dean ?
-Evidemment…l’autre imbécile d’archange n’a pas réussi à venir à la surface…il a essayé mais j’étais quand même le patron.
-Génial…soupira de soulagement Sam. Comment tu t’sens ?
-Un peu mieux. Moins faible, je saigne plus du nez on dirait, dit-il en regardant son mouchoir. Toujours mal au crâne mais c’est supportable. Cet évanouissement m’a fait beaucoup plus de bien que tes médocs en fait.
-Tant mieux alors, sourit faiblement Sam.
-Ca va aller, Sammy, t’en fais pas, sourit Dean. Désolé de t’en faire baver comme ça.
-C’est pas grave, c’est pas ta faute. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?dit-il en s’essuyant fugitivement quelques larmes qui émergeaient de ses yeux.
-J’ai peut-être une idée mais ça va pas te plaire.
-Essaie toujours, on n’a rien à perdre.
-J’ai envie d’aller voir Lucifer.
-Tu peux répéter ?
-T’as très bien entendu.
-Non, justement, Dean…Tu veux aller droit là où on veut éviter, alors c’est non !
-Tu veux bien me laisser m’expliquer un peu avant de faire ta tête de cochon ?
-Vas-y…soupira Sam.
-Je veux donc rencontrer Lucifer et l’interroger pour savoir comment faire pour sauver ce monde et l’envoyer paître par la même occasion.
-Bien sûr, rigola Sam, et il va gentiment t’en donner le mode d’emploi évidemment.
-Sam, il ne s’agit pas d’être convaincant et je sais pas quoi mais de fouiller dans sa ptite tête car avec les pouvoirs de Michael, je sais que je pourrais y arriver.
-Tu peux pas en être certain, t’es pas télépathe et Michael non plus.
-Non mais je lirai en lui et il me dira pourquoi on en est là. Aie confiance en moi, Sam, je sais que j’peux y arriver.
-Même si tu peux, comment tu réussiras à le vaincre, dis-moi ?
-Justement, selon ce qu’il m’dira.
-C’est de la folie, Dean, tu peux pas faire ça ! J’ai confiance en toi mais là… c’est courir au suicide.
-Et tu vois quoi d’autre comme solution, hein ? Y en a aucune, tu l’sais aussi bien que moi.
-Très bien, même si j’étais d’accord…et j’ai pas dit que j’y étais…comment tu le trouveras ? Même Michael n’y arrivait pas.
-Je vais faire ça au feeling et avec le GPS de Michael, en conciliant les deux, ça devrait le faire, j’suis plus malin que lui.
-Dean, tu peux pas…
-S’il-te-plaît, Sam, fais-moi confiance, c’est tout ce que j’te demande. Tu m’as fait confiance pour la possession de Michael, non ?
-Ouais, enfin, j’ai pas eu le choix, c’était déjà fait…
-Oui mais tu as cru quand même un peu en moi. Et j’ai réussi. Alors recommence, frérot et tu verras que tu seras pas déçu.
-Ok, Dean mais j’espère que Lucifer nous tendra pas de piège.
-Parce que tu veux venir avec moi ?
-Evidemment, tu vas pas jouer le sauveur du monde tout seul, je viens, t’auras pas tous les mérites, sourit Sam.
Dean se concentra pendant un long temps et finit par sourire : il l’avait trouvé. Il posa alors sa main sur l’épaule de son frère et il les téléporta à l’endroit où se trouvait Lucifer.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Ven 1 Oct - 18:32

Chapitre 23 : Un tournant final imprévu


Quand ils arrivèrent là où devait se trouver Lucifer, ils remarquèrent qu’ils se trouvaient sur un terrain vague, près d’une vieille église. Le terrain était désert.
-Euh…Dean ? Ton radar fonctionne bien ou quoi ?demanda Sam, mi-soulagé, mi-inquiet.
-Evidemment, il marche au poil mais Lucifer a pu partir alors qu’on arrivait, j’y peux rien question timing. D’avoir fait ce voyage, j’ai déjà le cœur prêt à exploser.
-On est où ?
-Près de Twin Falls, dans l’Idaho, dit soudain une troisième voix.
-On a failli attendre, sourit Dean, malgré son angoisse.
-Arff…désolé les garçons, j’ai eu une affaire de dernière minute, sourit Lucifer.
-Et laquelle ?
-Juste ici, dit Lucifer en pointant la porte de l’église qui s’ouvrit sur Kathleen.
-Kath ?s’exclama Dean. Qu’est-ce qu’elle fait ici ?
-Disons que c’est une petite…assurance, dirons-nous.
-Kath, ça va ?demanda Dean qui s’étonnait qu’elle n’avançait pas vers eux.
-J’peux pas bouger d’ici, Dean mais autrement, ça va, il m’a rien fait…
-Espèce de salopard…jura Dean.
-Et Bobby ?s’inquiéta Sam tout comme Dean.
-Il va bien, je l’ai pas touché, y a qu’elle qui m’intéressait vraiment.
-Et pourquoi ? Comment tu l’as trouvée, aucun ange ne le pouvait ?
-Voyons, Dean… Tout le monde, anges, démons, chasseurs…tout le monde quoi…, sait que dès qu’il y a un danger, zou, vous allez chez votre ami Bobby pour vous planquer vous ou des personnes à protéger, alors c’est facile de trouver son adresse dans l’annuaire.
-Et pourquoi l’avez-vous amenée ?
-Pour une raison très simple : tu vas laisser mon frère Michael sortir de là où tu l’as enfermé pour qu’on fasse ce petit combat auquel il tient tant sinon… eh bien, tu n’auras qu’à dire adieu à ta chère Kathleen.
-Impossible, elle est protégée, vous pouvez pas…
-Oh, tu parles de cette condition que tu as passée avec Michael pour elle, Sam et Bobby ? Mais Dean, t’as oublié un point essentiel.
-Ah oui, et lequel ?demanda Dean qui pourtant commençait à s’en douter.
-En enfermant Michael au fond de toi…et en passant, bravo pour ça, il est pas facile à avoir mon frangin…donc en l’enfermant, il ne peut plus assurer ce qu’il a promis vu qu’il est passif. T’avais pas pensé à ça, hein ? Apparemment non, à voir ta tête…
-J’suis sûr que j’peux les protéger vu que j’ai ses pouvoirs, réfléchit Dean à voix haute, angoissé.
-Tu convaincras personne avec ça et tu sais pas te servir de ses pouvoirs. Pour te téléporter, ça va mais c’est tout, prévint Lucifer. Il faut des centaines d’années pour s’entraîner et tu les as pas.
-Je vous laisserai pas faire votre duel ridicule et tuer des millions de personnes en même temps.
-Millions, pas vraiment, je dirais plutôt milliards, rectifia Lucifer.
-Y a forcément une autre solution, je l’sais, dit Dean en essayant de s’introduire dans l’esprit de Lucifer.
-Non, y en a pas, Michael te l’a dit et c’est pas en regardant dans ma tête que tu vas en trouver une. Passons aux choses sérieuses, veux-tu et libère mon frangin.
-J’ai une question avant : pourquoi vouloir la mort des humains ?demanda Dean.
-Intéressante question…réfléchit Lucifer. Je vais te dire pourquoi. Toi, ton frère, comme vos semblables, vous êtes inachevés, imparfaits, impurs, plein de vices. Pas une seule personne sur cette planète ne vaut la peine d’être sauvée, aucun de vous ne contient assez de pureté pour sauver l’humanité : certaines contiennent un peu de pureté mais jamais assez pour être vraiment pures. Et bien sûr, je parle des personnes normales, pas dans le monde des chasseurs car ceux-là, ils peuvent peut-être s’arranger…
-Je vois…c’est donc pour ça, réfléchit Dean, se parlant à lui-même.
-Quoi donc ?
-Et si je pouvais vous citer une personne de vraiment pure, vous abandonneriez ?
-Peut-être…ne cite pas Sam, il a un peu trop de colère…et c’est un chasseur.
-J’en ai pas l’intention, sourit Dean. Cette personne est ici même, dit-il en pointant le doigt sur Kathleen qui s’était assise sur les marches mais qui s’en releva rapidement quand Dean la cita.
-Cette fille ?pouffa de rire Lucifer.
-Tout à fait. Vous l’avez amenée ici en ne regardant même pas son âme, c’était un tort.
-Elle baigne dans le monde des chasseurs, ça ne…
-Si ça compte car elle nous côtoie mais elle n’est pas devenue chasseuse pour autant alors qu’elle l’aurait pu à plusieurs reprises, elle est restée dans le monde normal.
-Ca veut pas dire qu’elle soit pure pour autant.
-Vraiment ? Sachez que j’ai été dans les limbes avec elle et je ne le réalise que maintenant mais son âme était d’une blancheur et d’une pureté puissante. Elle n’a jamais fait de mal à qui que ce soit, même au criminel qui lui avait tiré dessus l’envoyant dans le coma… même son père qui la maltraitait, elle s’en est jamais vengée… J’suis sûr qu’elle n’a pas de vices ou de pensées vicieuses…et j’en donnerai ma main à couper qu’elle est encore…vierge.
-Dean !s’écria Kathleen, rouge écarlate. Elle avait été bien embarrassée de tout ce qu’il disait sur elle mais le dernier point la mettait très mal à l’aise.
-C’est vrai ?demanda Lucifer, surpris, en la regardant.
-Ca vous regarde pas !s’exclama-t-elle.
-Kath…réponds-lui, c’est important…lui dit Dean calmement.
-Eh bien…oui…c’est vrai, dit-elle en baissant les yeux, les pommettes toujours aussi rouges.
-Je dois regarder son âme profondément pour m’assurer de tous ces faits, dit Lucifer en les regardant à tour de rôle.
-Ce sera dangereux ?demanda Dean.
-Non, aucun risque, je ne ferai que regarder.
-Kath ?
-Ok, si ça peut arranger les choses, dit-elle en pâlissant soudain, faisant un contraste rapide avec sa précédente rougeur.

Lucifer s’approcha de la jeune femme et resta à un mètre d’elle, la regardant profondément dans les yeux. Kath ne pouvait se défaire de son regard, comme hypnotisée. Elle vécut alors la plus mauvaise expérience de sa vie, elle se sentait complètement mise à nu et avoir son âme à nu était bien pire que si ça avait été le corps. Cela dura quelques minutes et finalement, Lucifer rompit le contact et revint vers les frères, laissant Kathleen complètement épuisée, s’asseyant sur les marches de faiblesse.
-Alors ?demanda Dean.
-C’est vrai, elle est aussi pure que vous l’avez dit, soupira Lucifer, étonnant tellement Kath qu’elle en resta muette de surprise.
-Vous voyez, vous n’avez plus votre raison de détruire l’humanité, dit Dean en souriant.
-Et si on a pu vous montrer l’exemple de Kath, il y a certainement d’autres personnes vraiment pures aussi, ajouta Sam, appuyé de Dean qui en doutait quand même un peu plus.
-Vous aviez raison et ça, je ne le réfute pas mais j’ai quand même envie de rester.
-Vous aviez dit que vous aban…commença Dean.
-Non, j’ai dit peut-être. C’est pour ça que je vais vous laisser le choix. Dean, tu n’es pas obligé de faire intervenir mon frère, tu peux m’affronter toi-même, avec les pouvoirs dont tu disposes et là, tu pourras gérer combien de morts il y aura.
-Mais vous aviez dit que j’étais incapable de savoir utiliser ces pouvoirs, c’est comme vous accorder la victoire !s’insurgea Dean.
-Ne me dis pas que tu croyais, en trouvant une seule personne pure, sauver le monde et que je retourne en enfer comme ça, se moqua Lucifer en claquant des doigts. C’était pas trop facile ? Te plains pas, je te laisse le choix. M’affronter et éviter des morts innombrables…ou laisser Michael reprendre sa place et un affrontement entre frères avec les morts qui vont avec.
-C’est un choix impossible, dit Dean en regardant son frère, tout aussi dérouté que lui.
-Je vais être bon prince et te laisser quelques minutes en discuter avec ton frère et ta ptite amie.
-On est pas…commencèrent en même temps Dean et Kath.
-Peu importe, concertez-vous, les gosses, moi, je vous attends, dit Lucifer en s’éloignant suffisamment pour leur laisser l’intimité de leur conversation.

Les frères s’éloignèrent encore plus et rejoignirent Kathleen sur les marches de l’église.
-Dean, entre parenthèses, c’était pas la peine de prendre mon exemple, franchement, je savais plus où m’mettre, soupira Kath, encore très embarrassée.
-Désolé Kath mais c’était vrai… Alors qu’est-ce qu’on fait ?
-Tu crois que tu t’sens la force de l’affronter toi-même ?demanda Sam avec crainte.
-Franchement, j’en sais rien du tout, je ressens cette puissance sans savoir l’utiliser et j’ai toujours cet énorme mal de crâne…
-Oui mais si tu laisses Michael le faire, ça sera pire, non ?demanda Kath.
-Ca dépend, si Dean perd, là, aucun moyen de revenir en arrière, on sera foutu et tout le monde mourra, dit Sam en réfléchissant.
-Ca revient à ce qu’il vaut mieux sauver des milliers ou millions de vie plutôt qu’aucune, c’est ça ?demanda Dean. Mais j’aurai fait tout ça pour rien et j’déteste ça.
-Parfois, il faut savoir laisser tomber, dit Sam. Même si…
-Même si quoi ?
-Même si j’ai davantage confiance en toi pour vaincre Lucifer qu’en Michael.
-Vraiment Sammy ?
-Oui, moi aussi, Dean, ajouta Kathleen. On s’connaît encore assez mal, c’est vrai mais comme tu l’as si bien dit tout à l’heure, on a été dans les limbes ensemble, j’ai vu et su qui tu étais là-bas et je ressens au plus profond de moi que tu es capable de le faire.
-C’est gentil à vous deux mais si vous vous trompiez ?douta Dean avec angoisse.
-Eh bien, sache au moins une chose : tu nous as nous, à tes côtés et ça, tu peux t’dire que c’est déjà une force car on te soutiendra alors que lui…dit Sam en pointant Lucifer, il n’a personne ou au moins personne qui l’aime autant que nous on tient à toi. Tu es mon grand frère, Dean et je sais que si tu vas au bout de tes forces, comme tu l’as fait avec Michael, tu peux y arriver mais tu dois avoir suffisamment confiance en toi et la conviction d’y arriver.

Sam se tut et laissa son frère réfléchir. Dean baissait les yeux, réfléchissant à cent à l’heure. A l’intérieur de lui, il entendait Michael lui demander instamment de le libérer et qu’il ne pourrait jamais y arriver, qu’il en était incapable mais Dean ne l’écoutait pas, ne l’entendait pas, tout concentré qu’il était par les paroles de son frère et de Kath. En même temps, il analysait les pouvoirs dont il disposait tellement il les ressentait vivement. Finalement, au bout de plusieurs minutes de profonde réflexion, Dean rouvrit les yeux et tout en souriant, adressa un regard confiant et déterminé à son frère et à son amie. Ils comprirent tous deux ce que ça voulait dire et lui murmurèrent bonne chance du bout des lèvres. Dean se retourna et alla derechef vers Lucifer, les laissant sous le porche de l’église. Lucifer le regarda et comprit :
-Bon, pas de duel entre frères, alors, ça ne sera qu’avec toi ?
-Tout à fait et je pense que vous me sous-estimez vraiment, sourit Dean.
-Tu crois ? On va bien voir qui de nous deux va gagner. Et dis adieu à ton frère et à ta ptite amie, ils vont pas faire long feu aux premières loges.
-Oh mais je m’inquiète pas pour eux, ils se trouvent sous le porche d’une ancienne église qui est, j’ai remarqué, bénie et donc, elle protège ceux qui se trouvent sur son sol, surtout les croyants, ce qui est leur cas.
-Dans ce cas, commençons, grimaça Lucifer.

Le duel démarra alors dans un déchaînement de coups de poings qui allait à grande vitesse. Dean, au plus grand étonnement de Lucifer, tenait le rythme et renvoyait, avec autant de force que lui, chaque coup. Parfois, la main de Lucifer s’appliquait quelques secondes sur le torse de Dean, lui envoyant une onde de choc à travers le corps, faisant vaciller son cœur mais à chaque fois, Dean faisait la même chose à Lucifer. C’est quand la quatrième onde lui fut envoyée dans le corps que Dean eut une idée et changea légèrement. L’onde suivante, Dean lui envoya, non dans le corps mais dans la tête. Ce fut bien plus efficace : Lucifer recula de plusieurs mètres, la tête lourde et douloureuse. Il revint aussitôt à la charge, entreprenant de faire la même chose à Dean mais ce dernier l’avait prévu et l’esquiva facilement.
Leur combat entraînait des vents violents et leur vitesse était telle que Sam et Kath, déjà moitié aveuglés par la poussière, ne voyaient plus rien, un brouillard de poussière et de sable formé entre eux et les deux duellistes.
Les coups de poings ne les avançant pas, Lucifer changea de tactique et utilisa la nature : il fit trembler le sol sous leurs pieds, provoquant crevasses et fumées toxiques sortant du sol alors qu’elles n’avaient pourtant aucune raison d’être là. Légèrement effrayé et surpris au début, Dean se reprit rapidement, tout essoufflé, la moitié du visage en sang ainsi que ses mains et son torse. Lucifer était à peu près dans le même état physique que lui. Dean décida alors d’employer l’autre côté et provoqua un orage : il réussit plusieurs fois à foudroyer Lucifer qui s’écroula à une reprise mais il finissait toujours par se relever. Lucifer était très étonné et même abasourdi des pouvoirs que Dean déployait sur lui : jamais il n’aurait imaginé qu’un simple humain puisse utiliser des pouvoirs d’archange aussi rapidement et avec tant de puissance. Mais apparemment ce Dean Winchester était spécial, plus qu’il ne l’aurait cru, assez en tout cas pour servir d’unique vaisseau à Michael. Il n’aurait jamais dû accepter de se battre avec lui mais maintenant, il ne pouvait plus reculer.
Dean sentait que Lucifer s’affaiblissait progressivement, suite à ses coups et aux forces qu’il déployait lui-même. Le seul hic est que lui aussi s’affaiblissait et il craignait de s’affaiblir davantage et plus rapidement que son ennemi.
Alors que Lucifer avait été prêt à l’ensevelir par deux fois dans l’une de ses crevasses, Dean décida d’en finir et de tenter le tout pour le tout car il savait qu’il ne tiendrait pas toujours comme ça. Son cœur menaçait de le lâcher à tout instant et son mal de tête qui n’avait fait que d’empirer l’empêchait de plus en plus de se concentrer. En une rapidité surprenante dans son état, Dean se précipita sur Lucifer et lui plaqua une main sur le cœur et l’autre sur la tête, provoquant plusieurs ondes de choc à la suite et en même temps, avant que Lucifer ne puisse réagir, Dean foudroya son ennemi plusieurs fois, Lucifer s’écroulant au sol. Dean ne cessait de lui envoyer des ondes dans le cœur et la tête mais tout en le foudroyant, Dean recevait également les chocs électriques en lui et devait résister pour ne pas s’évanouir ou même mourir complètement. Lucifer était proche de la fin, il le savait, il le sentait, il ne devait pas arrêter, surtout pour Sam et Kath…ils avaient tant confiance en lui, il ne devait pas arrêter sinon tout serait fichu. Les dents serrées par la douleur et les chocs électriques qui faisaient des éclairs bleus en lui et en Lucifer, Dean continuait à abattre Lucifer. L’archange se tordait dans les sens, tentait d’échapper à l’emprise de Dean qui l’empêchait de bouger, il criait et son visage devenait livide de souffrance et d’agonie. Finalement, Lucifer se tordit dans une dernière douleur et sa fin provoqua une grande explosion en un souffle blanc rougeoyant. Ce souffle envoya Dean dix mètres plus loin, rasant tout ce qui pouvait se trouver là, à part l’église, intacte.

Sachant que Lucifer était mort, Sam et Kathleen quittèrent leur abri et se précipitèrent sur Dean, resté sans bouger, le visage contre terre. Quand ils le retournèrent, ils restèrent sans voix : Dean était presque défiguré. Les nombreux éclairs qui lui avaient traversé le corps indirectement lui avaient à moitié brûlé le visage et les mains, une longue cicatrice sanglante parcourait son cuir chevelu. Son bras droit était cassé en plusieurs endroits de même que plusieurs de ses côtes, ayant le torse en sang. Kath pleurait et sanglotait et Sam avait aussi du mal à contenir ses propres sanglots, les larmes lui coulant sur les joues. Il tâta rapidement le pouls de son frère, avec peu d’espoir. Il le chercha pendant d’interminables secondes. Enfin, il en trouva un très faible et discontinu, comme si à peine un fil le retenait à la vie. L’ennui est qu’aucun véhicule n’était proche ni aucun secours. Sam, encore à genoux à tenir son frère dans ses bras, regarda l’église et pria. Quelques secondes après, Castiel apparut.
-J’avais le plus grand mal à vous repérer, tu as bien fait de prier depuis une église, c’était la plus grande force.
-Cass, aide-le, supplia Sam.
-Bien sûr, dit Castiel avec sérieux. C’est Lucifer là-bas ?demanda-t-il en pointant le corps plus loin.
-Oui…il est vraiment mort ?demanda Sam.
-Oui, il est mort, dit Castiel après s’être approché du corps de Lucifer et l’avoir fixé.
-Emmenez-le aux urgences rapidement, Castiel, dit Kath que la lenteur des choses ennuyait.
-Tout de suite. D’abord, je dois vérifier que Michael est bien parti de lui sinon son départ provoquerait beaucoup de morts à l’hôpital, dit Castiel en mettant une main sur le front de Dean. C’est bon, il est parti…affaibli mais bien reparti et en vie, ajouta-t-il enfin.

Castiel put ensuite les emmener tous trois aux urgences de l’hôpital général de Salt Lake City, dans l’Utah, qui prirent Dean aussitôt dans le service des grands brûlés et qu’ils opérèrent presqu’immédiatement. Heureusement, il s’avéra que les brûlures de Dean n’étaient pas aussi graves qu’on l’avait pensé et il guérit plus rapidement de ses brûlures que n’importe qui dans son cas : petit cadeau de Michael en partant de son corps. Les blessures de Dean avaient touché de nombreux organes mais les médecins purent les soigner suite à plusieurs opérations de choc. Après deux semaines de traitement chirurgical, Dean était complètement guéri. Sauf que…il ne se réveillait toujours pas. Selon les médecins, le choc qu’il avait eu à la tête était énorme et avait provoqué des caillots qui l’avaient plongé dans un profond coma. Aucun ne sut dire quand il pourrait se réveiller ou s’il le pourrait un jour. Mais Sam et Kath, restés à son chevet ainsi que Bobby, ne perdaient pas espoir. Dean n’avait pas combattu les deux plus puissants archanges pour rester pour toujours dans le coma. Il allait se réveiller. Mais quand ?


Les semaines, les mois passèrent…
Il s’avéra que le combat de Dean contre Lucifer avait quand même fait des victimes. Sam fut désolé d’apprendre que la ville de Twin Falls et une ville avoisinante, Burley avaient été pas mal décimées : 30 000 personnes au total étaient décédées par les tremblements de terre, les ondes de choc et les foudroîments d’orage. Sam comme Bobby et Kath fut anéanti par la nouvelle qui leur parvint des semaines après quand les autorités locales purent fournir le nombre de morts. Il y avait également des milliers de blessés. Ils essayèrent de se consoler en pensant que le combat entre Michael et Lucifer aurait fait, selon ce dernier, des milliards de victimes et non des dizaines de milliers mais quand même, la rancœur restait présente. Sam savait que quand Dean se réveillerait et saurait le nombre de victimes, il aurait du mal à s’en remettre. Mais encore, il fallait qu’il se réveille et plus les semaines et les mois passaient, plus les médecins disaient qu’il n’avait pratiquement plus aucune chance. Malgré tout, Sam venait quotidiennement voir Dean à l’hôpital et lui parlait de lui, de Bobby et bien sûr de Kathleen.
-Tu sais, tu n’en reviendrais comme le temps passe vite ici. Bobby a recommencé à chasser des créatures et des démons mais il téléphone presque tous les jours pour savoir comment tu vas, lui dit Sam, assis à côté de lui. Kath a repris la route de chez elle vu qu’elle n’est plus menacée par les anges et elle a repris son job de détective privée, apparemment elle est douée, elle a plein de boulot. Mais elle va venir demain comme chaque week-end pour te voir. Elle est presqu’aussi impossible à détacher que moi de cette chambre. Elle me téléphone aussi tous les jours pour prendre de tes nouvelles…elle t’aime vraiment cette fille, elle est presqu’en pleurs chaque week-end quand elle vient ici, sourit Sam. Castiel, lui, est retourné au paradis, apparemment, ils lui ont pardonné vu que tout s’est bien fini, je l’ai pas revu et j’pense pas le revoir. Et moi, ben, j’arrive pas à ne pas venir chaque jour…j’espère tellement que tu vas t’réveiller, Dean…en attendant, j’ai trouvé un job dans la bibliothèque du quartier, comme ça, j’suis à côté de toi. Dean, réveille-toi, j’t’en supplie…t’as vaincu le diable pour de bon et t’as plus à te soucier de Michael, il est parti pour toujours aussi, alors, reviens, Dean, j’ai besoin de toi…

Sam, comme tous les jours, finit par avoir les larmes aux yeux mais même sa main posée sur celle inerte de Dean sur le lit ne changeait rien. Les yeux de Dean restaient hermétiquement fermés. Dean n’avait aucune réaction, ne faisait pas le moindre mouvement…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
HermioneMulder
Admin
avatar

P'tit smile! :
Féminin Messages : 643
Date d'inscription : 13/05/2010
Prénom : Myriam
Age : 36
Localisation : avec Dean

MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   Sam 9 Oct - 21:40

Chapitre 24 : Epilogue


Deux ans après…


Comme chaque soir, les infirmières voyaient passer un beau jeune homme triste et semblant fatigué, comme s’il n’avait pas dormi depuis des siècles, de grosses cernes sous les yeux. Chaque infirmière et médecin de l’hôpital savait qui il allait voir et chacun doutait, qu’un jour, un quelconque changement se produise.
Pourtant, ce jour-là ne fut pas comme les autres mais ni Sam, ni Dean, ni le personnel hospitalier ne s’en doutait encore…

Comme toujours, Sam entra dans la chambre et s’installa sur son fauteuil, regardant Dean avec cette avidité tellement il avait besoin de le voir quotidiennement. Il le regardait avec un mélange de tristesse mais aussi un éternel espoir de le voir ouvrir les yeux. Durant tout ce temps, il avait essayé de le réveiller de plusieurs manières, conseils des médecins et spécialistes dans les comas à long terme : musiques préférées avec ACDC, Black Sabbath et bien d’autres, glaçons passés sur le corps, longs monologues de Sam qui lui rappelait des aventures qu’ils avaient eu ensemble, récits de son enfance avec leur père,… Mais rien n’avait produit le moindre changement chez Dean, pas le moindre battement de cils, rien… Sam avait arrêté de passer de la musique et les glaçons mais il n’arrêtait pas de lui parler chaque soir qu’il venait depuis ces deux ans. Sam, à son travail à la bibliothèque, essayait toujours de trouver un peu de temps libre pour chercher un moyen de faire réveiller Dean, que ce soit dans les bouquins comme sur internet. Toutes ses recherches étaient restées vaines malgré quelques pistes, ça et là, de médiums ou de guérisseurs qui s’avéraient fausses.
Les blessures physiques de Dean avaient, quant à elles, presque toutes guéries et cicatrisées complètement. Sa cicatrice sur le cuir chevelu se voyait encore légèrement mais les cheveux de Dean la cachaient presqu’entièrement : seuls quelques centimètres sur le front étaient encore visibles mais la cicatrice étant devenue blanche, il était difficile de s’en apercevoir quand on l’ignorait.
Il n’avait revu Castiel qu’une fois, un an plus tôt : il était venu lui dire qu’il était désolé pour Dean, comme n’ayant aucun espoir et était reparti sans promesse de retour. Il avait précisé de ne pas pouvoir guérir Dean et qu’aucun de ses supérieurs, pas même Michael, n’acceptait de le faire, faisant rager et jurer Sam. Bobby passait parfois, au moins tous les deux mois et restait un week-end avec Sam dans la chambre de Dean, à parler à ce dernier aussi même s’il racontait essentiellement ses dernières chasses. Quant à Kathleen, Sam avait été sûr que la jeune femme se découragerait après plus d’un an que Dean ne montre aucun signe de vie. Mais au contraire, elle continuait à venir chaque week-end, prenant la main de Dean dans la sienne et le suppliant à chaque fois de se réveiller. Parfois, Sam espérait que sa présence et même leur double et voir triple présence quand Bobby était là, remuerait Dean. Il finit par penser que Dean n’entendait rien. Il continuait à lui parler par habitude, tout en espérant mais les médecins étaient plus décourageants qu’autre chose à lui demander de débrancher Dean, car, selon eux, plus rien d’autre que les machines ne le retenaient à la vie. Sam s’accrochait à son espoir qu’un miracle allait se produire et donc, refusait avec hargne.

Ce soir-là, Sam était tellement fatigué de si peu dormir depuis tant de temps, qu’il s’endormit à moitié sur le lit de son frère, assis dans son fauteuil, la tête reposant sur le lit. Il ne crut s’être endormi que quelques minutes quand son réveil fut loin d’être de tout repos. Il fut rudement plaqué contre le mur opposé de la chambre par deux démons :
-Alors, Sam, on veille les morts ?sourit l’un des démons.
-Mon frère n’est pas mort, rugit Sam. Qui êtes-vous ?
-Des démons qui veulent se venger que leur maître est mort par ta faute à toi et ton frère. On voudrait bien s’en prendre à Dean mais c’est plus la peine, ça servirait à rien, il est déjà mort.
-C’est faux !
-Donc on s’en prend à toi. Et dès qu’on trouvera ton ami Bobby et cette fille dont on parle tant, eh ben…ils te rejoindront en enfer, dit le second démon en serrant la gorge de Sam.
-C’est à Michael qu’il faut s’en prendre, pas à nous, essaya Sam.
-Faux, Sammy…on sait que seuls les pouvoirs de l’imbécile d’archange sont intervenus, pas l’archange lui-même, c’est ton frère qui s’en est servi. Adieu, Sam et laisse des places bien chaudes à tes amis, tu vas rejoindre Dean en enfer.

Alors que Sam croyait y passer vu qu’il était en train d’étouffer, l’improbable se produisit et il entrevit, entre les démons, son plus grand espoir se réaliser mais d’une manière qu’il n’aurait pas crue possible. Dean se redressa vivement de son lit et plaqua une main sur la tête du plus proche démon. Ce dernier cria et une vive lumière se fit en lui alors qu’il était réexpédié en enfer. L’autre démon, aussi ahuri que l’autre et voyant l’urgence, lâcha Sam, qui tomba à terre, et s’avança vers Dean pour le tuer mais Dean fut plus rapide et plaqua à nouveau sa main sur la tête du démon qui rejoignit l’autre en enfer quelques secondes plus tard. Sam regardait Dean sans le voir, tellement il était surpris de ce retournement de situation : son frère avait les yeux presque brillants et froids pendant qu’il exorcisait les démons. Quand il en eut fini avec le deuxième démon, Dean s’effondra par terre, inconscient. Sam s’empressa d’appeler de l’aide en prétextant que son frère s’était réveillé alors que des intrus l’attaquaient et qu’il les avait assommés. Heureusement, personne ne demanda avec quoi il avait pu les assommer. Ils recouchèrent Dean et lui firent des examens.
Une heure après, Sam attendait qu’on lui ramène son frère de radiologie. Il ne tenait pas en place, excité et espérant que Dean revienne réveillé. Comment avait-il pu exorciser ces deux démons ainsi, ça, Sam l’ignorait mais son cerveau allait à cent à l’heure. Il n’avait prévenu ni Bobby ni Kathleen, ne voulant pas leur donner de faux espoirs avant de connaître le pronostic du médecin.

Enfin, ils ramenèrent Dean, toujours inconscient, dans sa chambre et le médecin vint parler à Sam :
-Ecoutez, Mr. Winchester, je n’y comprends vraiment rien. En vingt ans de carrière, jamais je n’ai vu un cas comme votre frère. Selon le scanner et l’IRM, votre frère n’est plus dans le coma, il est seulement inconscient et ne devrait pas tarder à se réveiller, dit-il en provoquant un très grand sourire de Sam.
-Alors, pourquoi êtes-vous si surpris ?
-Votre frère s’est remis d’un coma de deux ans en quelques minutes et s’est levé comme ça. J’ignore si un facteur comme l’adrénaline ou quoique ce soit y est pour quelque chose mais je ne peux appeler ça qu’un miracle. Le scanner a même montré que son cerveau avait légèrement changé alors qu’aucun coma ne produit jamais ça. J’espère que votre frère va être comme vous l’avez connu, je ne vous le cache pas, il peut avoir de graves lésions ou être partiellement amnésique. Son caractère peut être changé également. Tout est à envisager vu la nouvelle configuration de son cerveau. Soyez prêt, Mr. Winchester, à voir votre frère différent d’avant. Prévenez-moi dès qu’il se réveillera, nous ferons d’autres examens.
-Très bien, merci, docteur, répondit Sam, moins enchanté par ce discours.
Il se rassit près de Dean, guettant le moindre signe de réveil. Son frère…différent ? Non, ça ne pouvait pas être possible. Dean resterait toujours Dean. Et pourtant…la possession de Michael, le combat contre Lucifer, le fait d’avoir de si puissants pouvoirs en lui, ce long et profond coma…autant de facteurs qui pouvaient profondément changer un homme et le rendre méconnaissable aux yeux de ses proches. Quand Sam pensa à ça, quelques larmes se pointèrent dans ses yeux mais il les retint, préférant positiver et ne pas croire le médecin.

Alors, de longues et interminables heures passèrent à nouveau.
Trois heures du matin…
Un battement de cils…un faible clignement d’yeux…un doigt à peine remué…

Quand Sam sentit sa main trembler dans la sienne et vit ses yeux bouger, des frissons de joie le parcoururent.
-Dean ? Dean, tu m’entends ? Ouvre les yeux, j’t’en prie, tu peux l’faire !
-Sam ?murmura Dean, les lèvres et la gorge sèches.
-Oui, c’est moi, Dean, c’est bien moi…ouvre les yeux…
-J’ai du mal…
-Je sais, je sais mais tu vas y arriver, vas-y…il faut que tu t’réveilles maintenant, alors ouvre les yeux et regarde-moi.
-S…salut, sourit Dean en ouvrant enfin les yeux avec bien du mal et regardant son frère.
-Oh, Dean, si tu savais comme j’suis heureux de t’entendre, rigola Sam en ne retenant pas ses larmes. Il vint enlacer son frère dans son lit, retenant ses sanglots, tellement heureux que son frère aille si bien. Dean ressentait les émotions de son frère et en était vraiment ému. Mais il n’en dit rien. Sam finit par le lâcher. Comment tu t’sens ?
-Ca va pas trop mal, j’ai mal partout, les jambes engourdies et la tête comme du plomb mais ça va…
-Tu t’sens comme avant ?hésita Sam, inquiet.
-Comme avant quoi ? Avant ma possession par ce fumier ? Evidemment…mais j’ai surtout la dalle et j’suis épuisé.
-Ok, ça va alors, sourit Sam, rassuré.
-Et Lucifer ?s’inquiéta soudain Dean. J’l’ai eu ce salopard ?
-T’en fais pas, tu l’as eu en beauté, il est bien mort, Castiel avait vérifié.
-Génial, soupira Dean en refermant les yeux quelques instants de fatigue. Et Kath, et Bobby, ils vont bien ?
-Au poil, ils sont en parfaite santé.
-Tant mieux…soupira Dean, rassuré de tout ça. Ca fait combien de temps que j’suis là ? Un mois ?
-Euh…j’ferais mieux d’appeler ton docteur, hésita Sam.
-Sammy…dis-moi, comprit Dean.
-Y a une semaine…ça a fait deux ans.
-Quoi ? Nan…c’est pas possible, nia Dean en réfléchissant.
-Si je te le dis c’est que c’est vrai pourtant, assura son frère.
-Nom d’un chien…réalisa Dean avec surprise. Mais et Kath ? Elle m’a oublié ?
-Bien sûr, elle s’est marié et a eu des enfants, des jumeaux il y a un mois, plaisanta Sam. Mais non, ajouta-t-il en voyant l’affolement se peindre sur le visage de Dean. Elle t’aime encore et vient chaque week-end sans en manquer un seul. Elle ne vit que par toi, cette fille, t’as de la chance qu’elle t’ait attendu, mon vieux.
-Oh, merci mon Dieu…remercia Dean, soulagé.
-Mais alors, tu t’souviens vraiment pas de tout à l’heure ?
-Quoi tout à l’heure ? Tu m’dis que ça fait deux ans que j’suis dans les vapes.
-C’est pas de ça dont je parle. C’est quoi ton dernier souvenir ?
-Mon combat avec Lucifer et toutes ces décharges que j’lui envoyais dans le corps, c’est tout. Pourquoi, qu’est-ce qui s’est passé ?
Sam lui raconta alors en détail ce qui s’était passé mais à peine avait-il fini que le médecin entra, constatant le réveil de Dean. Il l’emmena donc faire des examens, laissant à peine le temps à Dean de réaliser les paroles de Sam.

Une heure après, Sam le vit revenir et le médecin le regarda en souriant :
-Apparemment, nous nous étions alarmés pour rien, Dean se porte à merveille et n’a aucune lésion, même pas de nerf atrophié de son long coma. Il est seulement très fatigué et a besoin d’un repos de plusieurs semaines, c’est tout.
-Ok, merci, doc, sourit Sam, rassuré.
-Ce pingouin m’a dit tout ce qu’il craignait…ben dis donc, j’comprends pourquoi tu faisais cette tête, dit Dean quand le médecin fut sorti. Donc…j’ai fait ça ? J’ai réexpédié en enfer deux démons avec ma force mentale ou j’sais pas quoi ?
-Ouais, c’était bizarre, t’étais comme en transe, assura Sam, on aurait pas dit que c’était toi.
-C’est parce que ce n’était pas lui entièrement, dit soudain Castiel, arrivant de nulle part.
-Cass ?s’étonna Sam. T’aurais pu venir avant ! Pour aider Dean ou au moins pour me sortir de ce pétrin avec les démons !
-Je ne dois pas intervenir sur terre. Même si je suis heureux, Dean, dit-il en le regardant, que tu te sois réveillé, c’était inespéré et presqu’impossible.
-Alors pourquoi t’es là ?demanda Dean.
-Pour vous fournir la réponse à votre question et vérifier ce qu’il en est.
-Qu’est-ce qui s’est passé alors ? Raconte, fais pas durer le suspense !s’énerva Sam.
-Quand Michael est parti de ton corps, Dean, une fois Lucifer mort, il ne s’est pas rendu compte qu’une petite partie de ses pouvoirs était restée accrochée à toi. Il était trop faible pour s’en rendre compte. Moi-même, je n’ai rien vu car je n’ai regardé que si Michael était bien parti de toi. Michael a fini par s’en apercevoir mais il ne pouvait rien faire pour récupérer cette partie. Ce reste de pouvoirs a été salvateur et dévastateur pour toi, Dean : d’un côté, ça t’a permis de ne pas mourir et de soigner partiellement tes blessures mais de l’autre côté, ça t’empêchait de te réveiller car ça te pesait trop sans personne pour les diriger et sans leur hôte initial, donc Michael. Cette puissance t’empêchait de mourir mais aussi de sortir du coma.
-Ok, ça explique le coma mais comment j’ai joué au super archange ?sourit Dean.
-Eh bien, cette partie est restée accrochée à toi car tu as de nombreux points communs avec Michael comme il te l’avait expliqué lors de votre entrevue. De plus, tu ressentais, Dean, plus ou moins ce qui se passait dans ta chambre. Pas les conversations ou les émotions ordinaires mais seulement les extrêmes. Quand tu as ressenti profondément ton frère en danger de mort, alors tu as voulu intervenir et tes pouvoirs, voulant t’aider, sont intervenus en ta personne sans que tu les diriges et donc, ils ont exorcisés ces démons sans que tu en aies conscience. Ce choc et l’extériorisation des pouvoirs leur ont permis de sortir de toi et donc d’alléger ton coma pour en sortir enfin. Ils ont rejoint Michael à l’heure qu’il est. Il m’a envoyé pour vous fournir les explications et vérifier qu’aucun reste de pouvoir n’était encore là.
-Vérifie alors, que je m’sente définitivement débarrassé, demanda Dean. Alors, Castiel s’approcha, posa un doigt sur le front de Dean et se concentra pendant quelques minutes. Enfin, il sourit et recula.
-C’est bon, il n’y a plus rien d’eux en toi.
-Génial…soupira Dean. On te reverra peut-être un jour, Cass ?
-J’espère que non, sourit légèrement Castiel avant de disparaître.
-Eh ben…soupira Dean en même temps que Sam, autant surpris l’un que l’autre par ces révélations.
-Merci, Dean, sourit Sam.
-Pourquoi ?
-Pour pas mal de choses. D’abord, d’avoir réussi à vaincre Lucifer avec tellement de courage et de puissance que ça en semblait irréel. Ensuite, d’être resté toi-même…
-De pas avoir pris la grosse tête, tu veux dire ?rigola Dean.
-Tout à fait. Mais aussi de t’être réveillé alors que la plupart désespéraient…et enfin, de m’avoir sauvé encore une fois là où j’en avais le plus besoin.
-C’est rien, sourit Dean, légèrement gêné.
-Si, c’est beaucoup pour moi, j’t’assure.
-Tant qu’on est aux remerciements…merci, Sammy…merci d’avoir espéré en moi, de m’avoir fait confiance et d’être resté tout ce temps-là à me veiller…c’est la plus belle chose que tu pouvais faire…
Dean s’arrêta, trop ému, quelques larmes perlant dans ses yeux. Il regarda quand même Sam et les deux frères se comprirent mieux que les paroles n’auraient su traduire leurs émotions.

Le soir même, Dean reçut deux visites qui lui tenaient à cœur. D’abord, Bobby qui était le plus près et qui le serra dans ses bras, tellement heureux que celui qu’il considérait comme son autre fils soit en vie et si bien portant. Ensuite, Kathleen…quand elle entra dans la chambre, aucun d’eux n’aurait su dire par des mots à quel point elle était retournée et émue. Elle se jeta littéralement dans les bras de Dean, pleurant à chaudes larmes. Dean ne put la calmer qu’en l’embrassant, baiser qu’elle lui rendit aussi tendre qu’il le voulait. Aux larmes succédèrent les rires de soulagement. Elle le dévorait des yeux et ne semblait plus du tout retenir son amour envers lui, comme si elle craignait que chaque instant perdu soit regretté jusqu’à la fin des temps. Bien sûr, les frères racontèrent à leurs amis ce qui s’était passé avec les démons et les explications de Castiel.
Les semaines suivantes se passèrent dans une ambiance heureuse et parfaite et un repos complet pour Dean…enfin, presque complet. Lui et Kath se rattrapèrent et purent savourer leur amour de nombreuses nuits au motel qu’ils avaient pris. Kathleen, trop honteuse des paroles de Dean lors du combat sur sa pureté, avait voulu rompre le tout et consommer entièrement son amour débordant pour Dean. Jamais Dean n’aurait cru qu’elle l’aimait autant. Elle était aux petits soins avec lui, d’une gentillesse exemplaire mais avec de l’humour et une joie de vivre débordante. Finalement, ils s’aimaient tellement qu’ils décidèrent de franchir une étape capitale.

C’est ainsi que la vie reprit son cours pour les frères mais avec un rythme vraiment différent de tout ce qu’ils avaient connu précédemment. Dean avait fini par apprendre le nombre de morts et de blessés engendrés par son combat avec Lucifer et avait eu du mal à s’en remettre mais la présence de Sam, de Kath et de Bobby l’avaient aidé à surmonter. Ils reprirent la route au bout de deux mois et recommencèrent à chasser autant de créatures et de démons que possible, parfois aidés de Bobby. Mais le week-end, Dean rentrait se reposer chez lui. Oui, vous avez bien lu “chez lui”. Désormais, il vivait dans une vraie maison, et ça avec Kathleen. Elle continuait son boulot de détective privée et parfois Dean lui donnait des conseils sur certaines de ses affaires. Fous amoureux l’un de l’autre, ils avaient décidé de cet arrangement et sans être mariés pour autant, ils vivaient ensemble dans une maison de banlieue. Sam, et Bobby parfois, venait dîner avec eux le week-end mais pas toujours, tentant de trouver sa place dans un monde normal. Ils ne revirent jamais Castiel ou aucun autre ange.

Pourtant, ils ne vécurent pas heureux pour toujours, comme dans les contes de fées, car il en était ainsi dans leur monde : on ne pouvait vivre une aussi belle vie pour toujours…pas pour eux. Mais ça, c’est une autre histoire qui ne sera pas contée ici…


THE END


*********************************************

Vos commentaires par ICI. Merci !!

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://huntersfanfics.forumactif.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Other life, same destiny - (spoilers)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Other life, same destiny - (spoilers)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Life on Mars / Ashes to Ashes
» Life On Mars
» Resident Evil : After Life (3D)
» Unordinary Life
» Life

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hunter's Fanfics :: 
Séries Fanfics;
 :: . . Supernatural . . :: . . Univers Alterné [AU] . . :: Fanfictions :: Fanfics finies
-
Sauter vers: