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 It Waits

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hecate
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MessageSujet: It Waits   Mar 18 Mai - 23:04

Résumé : Attention, une bébête peut en cacher une autre... il faut se renseigner avant de chasser !

Personnages principaux: Sam et Dean Winchester.

Cette fic peut se situer dans n'importe quelle saison, il s'agit en fait d'une chasse particulière pour les frères Winchester mais ne traite pas de l'histoire de fond de supernatural ( l'apocalypse ou autre), il n'y a donc pas de spoilers.

Comme d'habitude le titre est tiré d'un film d'horreur américain de 2000.

ENJOY !!!
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hecate
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MessageSujet: chapitre 1   Mar 18 Mai - 23:05

chapitre 1


Il faisait sombre, horriblement sombre. Il en venait à se demander si ses yeux étaient réellement ouverts ou si cette obscurité attenante n’était qu’en fait que l’imagination temporaire et contiguë de son mal être. Une douleur lancinante à la base de son crâne lui rappelait irasciblement qu’il était toujours en vie. Une vie précaire, certes, mais il était tout de même conscient. A savoir si c’était une bonne chose, il n’en était pas certain.

Il s’était redressé, accoudé dans un premier temps, il se positionna assis au bout de quelques secondes, le dos plaqué contre ce qui semblait être un mur de pierres, impassible et froid.
Il y avait cette odeur, âpre, humide et nauséabonde, une odeur qu’il ne connaissait que trop bien, une odeur rappelant incontestablement celle de la mort. Quelque chose pourrissait assurément, renvoyant ces relents insoutenables de chair en décomposition et polluant le peu d’air qu’il arrivait à emmagasiner dans ses poumons douloureux.
Le sol était recouvert d’un liquide visqueux dont il ne voyait, ni ne connaissait l’origine. Sa première idée étant le sang, il se tata le corps à la recherche d’une blessure éventuelle. Ses côtes lui étaient très douloureuses mais pas de plaie ouverte, à part cette entaille au niveau de sa tête, qui aussi sérieuse soit elle, n’avait pas pu causer une marre de sang de cette envergure. Peut être venait il alors de ce corps quelque part qui se putréfiait dans la pénombre, mais étant donné la puanteur qu’il dégageait, le sang en question aurait du être coagulé depuis un certain temps, non il s’agissait d’autre chose. De la boue? Trop visqueux. De la bave ! Oui c’était probablement cela. Après tout il chassait cette créature hideuse, peut être était il dans son antre. En tous cas, ça n’annonçait rien de bon.

Pourquoi avait-il fallu qu’ils se séparent. Son frère avait raison, ils auraient dû rester ensemble, c’était bien trop dangereux, ils ne connaissaient même pas cette chose qu’ils devaient chasser. Ils auraient du faire plus de recherches avant de se jeter dans la gueule du loup.
Il souffla de dépit toute l’air qu’il avait amassé dans ses bronches, il était persuadé qu’il aurait pu voir cette fameuse fumée qui s’échappe de sa bouche quand l’air est glacial, mais il ne voyait rien. Le noir total, déroutant et même angoissant.

Il avait froid, tellement froid, et faim aussi. Il tremblait, ses habits étaient humides et le givre commençait à se former sur sa chemise, il pouvait le sentir. Il tenta de se mettre debout. Mauvaise idée. Sa jambe d’appuis se mit à craquer sous son poids le renversant et le renvoyant à son point de départ, assis contre ce mur glacé et imperturbable. Seul son hurlement de douleur résonna dans cet endroit qu’il ne pouvait même pas définir. Son tibia semblait être cassé. Il ne s’en était pas rendu compte tout de suite puisque ses membres étaient endoloris par cet air gelé et qu’il n’avait pas essayé de se servir de sa jambe, enfin jusque là.

Il s’était donc résigné à rester assis, du moins pour le moment, jusqu'à ce que cette douleur lancinante se calme.
Il n’arrêtait pas de se ressasser toutes ces questions dans sa tête : comment était-il arrivé là et depuis combien de temps moisissait-il dans ce trou à rat. Des jours ? Peut-être plus. Difficile à dire, l’endroit était totalement clos, pas une fissure pour laisser entrer un soupçon de lumière, pas de vent, pas d’air, juste le clapotis de gouttelettes d’eau tombant sur le sol moite. Peut être n’était-il là que depuis quelques heures, mais il n’aurait pu le dire.
Que s’était-il passé ? Il se souvient s’être aventuré dans cette forêt avec son frère à la recherche de la chose qu’il leur tenait tête depuis trois jours et qui laissait sans repentance des morts derrière elle en guise de traces de pas. Ils avaient trouvé une piste menant à ce bois et sans ménagement, ils avaient décidé d’y aller, sans plus de précaution que des armes pour se défendre. Quelle belle erreur. Il avait pourtant bataillé dur avec son frère pour qu’ils se séparent, couvrant ainsi plus de terrain, et il avait gagné comme toujours. Deuxième grossière erreur. La troisième fût s’en nul doute d’avoir oublié de recharger son portable avant de partir, empêchant d’avertir son frère qu’il s’était retrouvé dans une situation plus que délicate.
Non, ils n’auraient jamais du se séparer.

Il releva sa tête d’un coup sec comme si la fatalité venait de le frapper de nouveau. Et si son frère était lui aussi en danger, et si il était blessé quelque part en attendant son aide ? … il allait bien, il pouvait le sentir, il était probablement entrain de remuer ciel et terre pour le retrouver, à savoir s’il y parviendrait.

Il réitéra un second souffle bruyant, preuve de son incompressible amertume. Il ne percevait en outre, que cet écho confus, sa respiration rapide et saccadée au milieu de ses gouttes d’eau horripilantes qui s’esclaffaient sur le sol visqueux. Il aurait tout donné pour entendre la voix si rassurante de son frère mais il n’y avait rien, juste son propre souffle, nerveux et accablé à la fois.
Il appuya sa tête contre le mur inébranlable juste derrière lui pour calmer un peu les tambours qui semblaient s’acharner à l’intérieur de son crâne et enfin trouver une solution qui lui empêcherait une mort certaine. Mais quelque chose le bloqua dans sa réflexion. Un frisson parcourut son échine, il pouvait sentir ce malaise que l’on ressent lorsque quelqu’un, ou plutôt quelque chose vous observe sans que vous ne puissiez vous-même le voir. Des yeux se braquaient sur lui. Où était elle, où était cette créature qui le scrutait sournoisement dans la pénombre. Il ne voyait rien. Cette noirceur l’horripilait, cette odeur l’horripilait, cet air glacial l’horripilait, ce ronronnement l’horripilait. Ce ronronnement ? Mais qu’est-ce que c’était, il ne l’avait pas entendu jusqu’à maintenant. Il était proche. Très proche. Trop proche. On aurait dis un gémissement ou peut être même un rauquement, rien d’humain en somme. Cela ne pouvait signifier qu’une chose, elle était là, juste à proximité de lui, mais où.
Une goutte tomba sur son visage blême. Elle était tiède et visqueuse, rien à voir avec de l’eau. Non, il s’agissait de la même substance qui était étalée partout sur ce sol répugnant. Il ferma ses yeux tout en essuyant la bave qui lui coulait sur la joue, il pouvait maintenant sentir le léger souffle chaud d’une haleine putride faisant frémir ses cheveux. Il savait. Il savait maintenant où elle était. Il resta figeait comme si le fait de ne pas bouger empêcherait la créature de le tuer. Il roula ses yeux vers le plafond, toujours sans bouger le moindre muscle, mais ne vit que le néant inconditionnel. Il faisait trop sombre pour voir quoique ce soit. Elle était pourtant là, à seulement quelques centimètres de sa tête.
Sa respiration s’accéléra, tout comme les battements irréguliers de son cœur. Ses doigts se crispèrent, ses membres se mirent à trembler de plus belle, seulement cette fois il ne s’agissait pas du froid.
Il ne lui restait qu’une seule chose à faire. Crier.

- « DEAN !!!!!!!!! ».
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hecate
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MessageSujet: chapitre 2   Mar 18 Mai - 23:06

chapitre 2


Alridge, IDAHO
80 heures plus tôt.


Le vent froid de ce début décembre glaçait les branches nues des arbres qui se balançaient inlassablement sous une demi-lune argentée. L’endroit était endormi, paisible, seul le hululement d’une chouette effraie venait perturber doucement le silence majestueux de la vallée. Quelques points lumineux témoignaient d’une civilisation peuplant modestement ce petit village pittoresque au milieu de ces imposantes montagnes recouvertes de neige.

Lily et Jeff McAllister faisaient partie de la petite minorité de personnes qui n’était pas originaire de la région.
Après 25 ans en tant que cadre dans une grande entreprise d’investissements pour elle et tout autant d’années comme ingénieur en télécommunication pour lui, le couple quinquagénaire avait décidé de se retirer dans un lieu calme où pollution, building et trafic dense seraient bannis de leur langage. Ils avaient fait construire cette petite maison en bois de deux étages au milieu d’un amas de fermes et productions agricoles en tout genre. Cela faisait maintenant quatre ans qu’ils se régalaient de ce paysage hypnotique et de cette ambiance relaxante où chaque voisin s’appréciait et se côtoyait amicalement.



Ils n’avaient jamais pensé à avoir des enfants, les empêchant d’évoluer significativement dans leur carrière respective.
Mais ce soir, Lily, après ces années de repli dans cet environnement rasséréné et rassurant, regrettait de ne pas avoir tenté la grande expérience d’être mère. Elle cogitait dans son bain moussant pensant au vide maternel que son corps lui réclamait, mais à son age la question ne se posait même plus. Peut être qu’un animal de compagnie pourrait un peu combler ce vide, pensait-elle, aussi grand soit-il.

- « Chéri ? Qu’est-ce que tu penserais d’acheter un chien ? » Réclama la femme depuis la salle de bain du premier étage.

- « Hum hum » Répondit une voix masculine d’un certain age, complètement désintéressée.

Jeff était assis sur son canapé en cuir beige dans le salon faiblement éclairé par une petite lumière d’ambiance, la télécommande juste à côté de lui, une bière dans une main tandis que l’autre bougeait nerveusement à chaque point que son équipe préférée de football américain perdait.
Il criait et injuriait son téléviseur plasma dernier cri autant de fois que l’image se brouillait par la force du vent extérieur faisant trembler l’antenne d’émission, et n’était donc pas du tout disposé à écouter les questions futiles et sans intérêts de son épouse au premier étage.
Il avait répondu vaguement en marmonnant un semblant de réponse, histoire de faire croire qu’il s’était intéressé ne serait-ce qu’une seconde à ce que Lily lui demandait mais n’en connaissait aucunement le sujet puisqu’il n’avait absolument rien entendu, délibérément. Son équipe perdait et c’était probablement d’une importance capitale face aux balivernes de sa femme.

Cette dernière savait pertinemment que son mari ne l’avait pas écoutée, c’était un grand match pour son équipe favorite et elle savait qu’elle n’aurait pas l’exclusivité sur la demi-finale de la ligue, de toute façon elle avait plus lancé cette question à propos d’un chien parce qu’elle voulait se persuader elle-même de la nécessité d’une bête à poils dans cette maison. Elle s’enfonça un peu plus dans son bain et se détendît au milieu des bulles à la recherche du prénom de son futur animal de compagnie.

Lily se redressa immédiatement lorsqu’elle entendit un objet lourd tombé sur le plancher du rez-de-chaussée. Elle fronça les sourcils et se tenta à interrompre une fois de plus son époux en plein milieu du match pour connaître les raisons de ce vacarme.

- « Jeff ? Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que tu as cassé ? »

Aucune réponse. Ce qui ne l’étonnait guère. Il avait probablement renversé son pack de bières et essayait désespérément de cacher sa bévue avant qu’elle ne s’aperçoive que son parquet était totalement taché.
Elle se ré allongea, remit ses rondelles de concombres sur ses yeux et souffla bruyamment devant l’immaturité continuelle de son mari. A cinquante ans, il se comportait toujours comme un adolescent pré pubère, mais c’était aussi un trait de sa personnalité qu’elle appréciait tant chez lui. Il la rendait, elle aussi, jeune et insouciante des années qui passaient, et elle lui en était totalement redevable.

Quelques minutes passèrent sans qu’elle n’entende les moindres protestations et vociférations habituelles de la part de son cher mari devant son programme télévisé préféré. Il s’agissait probablement de la mi-temps. Mais c’est lorsqu’elle entendit du bruit dans les escaliers, que ses interrogations se renforcèrent, sans toutefois s’inquiéter.

- « Le match est déjà terminé ? Je pensais qu’il ne devait pas finir avant 22h ? » Lança t-elle toujours allongée dans son bain.

Une fois de plus, aucune réponse ne lui revint.
Lily se mit à sourire lorsque la porte de la salle de bain grinça en s’ouvrant doucement, pensant que son mari venait la rejoindre lui faire un câlin malicieux dans la baignoire. Quelque chose caressa sa jambe dans l’eau chaude ce qui eût pour effet de la faire frissonner de désir.

- « Dis moi chéri, le football n’a jamais eu cet effet aphrodisiaque sur toi juste que là ! Si j’avais su, je t’aurais laissé regarder des matchs plus souvent… » Lança t-elle ironiquement sans enlever les concombres sur ses yeux, rendant cet état d’incertitude aveugle bien plus excitant.

Là encore elle n’eût aucune réponse à part cette caresse tiède le long de ses jambes frémissantes.
Elle se laissa aller un instant, ses mains accrochées sur le bord de la baignoire, mais cette sensation devenait de plus en plus dérangeante au fur et à mesure que la soit disante caresse remontait rapidement vers sa poitrine. Comment pouvait elle sentir la main de son mari à la fois sur l’ensemble de sa jambe et également s’enroulant autour son cou.
Une main qui ne ressemblait en fin de compte plus réellement à celle d’un homme. Cette sensation n’était plus du tout agréable, elle était même réellement déplaisante, contrariante et inconfortable. Lily se redressa tout d’un coup, faisant tomber les rondelles de concombres de ses yeux et renvoyant l’image insupportable de la chose qu’elle avait en face d’elle. Une créature ressemblant à un serpent de très grande taille s’était glissé à son insu dans la baignoire et se dandinait aisément, dans l’eau devenue tiède, entre ses membres, de manière presque immorale.

La bête s’était enroulée autour du cou de Lily et la regardait droit dans les yeux lui annonçant sans vergogne que sa fin était proche. Elle pouvait même apercevoir ce sourire malsain se dessiner de façon sadique sur ce visage hideux et terrifiant.

Lily commençait à suffoquer. Ses yeux embués de larmes cherchaient désespérément une solution à ce cauchemar vivant. Ses doigts glissants tâtaient le bord de la baignoire en désespoir de cause jusqu’à ce qu’elle eût posé la main sur ses ciseaux à ongles juste à ses cotés. Elle attrapa l’objet précipitamment et l’enfonça vigoureusement dans ce qui semblait être le corps visqueux, écailleux et mou de l’animal. Sous la douleur la chose se désenroula du cou de la femme qui prit cette opportunité pour sortir de la baignoire et se diriger vers la sortie.


L’eau et la mousse coulant sur ses pieds, Lily n’arrivait pas à courir aussi vite quelle le désirait mais elle s’accrochait tout de même pour pouvoir survivre. Elle attrapa la rambarde des escaliers et commença à descendre les marches quatre à quatre afin de trouver de l’aide auprès de son mari. Mais une fois arrivée en bas, elle dérapa sur le plancher recouvert de sang. Celui de son époux. Jeff était là, allongé par terre sur le ventre, les yeux grand ouverts, les doigts crispés, les ongles arrachés, restés plantés dans le parquet. Son corps avait été lacéré à plusieurs endroits, ses intestins ressortaient de son abdomen, s’étendant sur le sol, son épaule totalement démantibulée faisait ressortir sa clavicule à travers sa peau, et sa tête était étrangement retournée à cent quatre vingt degrés, renvoyant son visage au niveau de son dos.

Lily tenta de hurler mais aucun son ne put sortir de par la strangulation qu’elle avait subit quelques secondes plus tôt. Elle entendit ce bruit sourd dans les escaliers, et voulu se retourner. Trop tard. La créature avait déjà planté ses crocs incroyablement longs dans ses reins, l’empêchant d’avancer et de se sauver. La chose ouvrit sa gueule démesurément grande et commença à happer sa proie toujours en vie. Cette dernière se démenait férocement mais il ne fallut que quelques minutes insoutenables pour que son corps entier soit avalé par la bête répugnante. Lily essaya une dernière fois de crier, sa tête à l’intérieur de la bouche de la créature, en vain. La chose referma sa gueule, broyant doucement les os de la femme vivante se débattant à l’intérieur de ce corps flasque. Puis la bête déglutit, et un large sourire s’étendit à ses lèvres, laissant entrevoir quelques cheveux colorés de sang entre ses dents jaunes.
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hecate
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MessageSujet: chapitre 3   Mer 19 Mai - 9:53

chapitre 3


Les frêles rayons du soleil commençaient difficilement à percer les épais nuages gris sombres de ce tout début de matinée.
La route semblait totalement déserte jusqu’à ce que deux yeux ronds, jaunes et brillants se distinguent sur l’asphalte noire et humide. Le ronronnement particulier s’accompagnant à ces prunelles parfaites et tellement symétriques qualifiait aisément ce caractère significatif de la Chevrolet Impala, et qui plus est de ‘cette’ Chevrolet Impala, noire de 1967. Elle roulait à vive allure, laissant ses empruntes partielles et dérisoires sur le goudron mouillé.

- « Alors ?

- Alors non !

- Pourquoi non ?

- Parce que je l’ai dit…

- Dean, c’est à peine à 4h d’ici, ça vaut le coup de jeter un œil ?

- Non !

- Donne moi une raison valable de ne pas s’occuper de cette chasse…

- Si c’est bien une chasse… Sammy !

- Je viens de te lire l’article pourtant, ça ne te titille pas toi, que ces deux personnes soient mortes de façons totalement différentes dans leur propre maison, soient disant dévorés par des animaux sauvages… qui soit dit en passant n’ont pas laissé d’empruntes de pas !!

- Il neige tout le temps là-bas, ça a probablement effacé les empruntes, et qui te dis que les loups font pas amis amis avec les ours maintenant… ?

- Tu crois vraiment à ce que tu dis là? » Sam fit une pause et réfléchît quand à la meilleure technique possible pour convaincre son frère d’enquêter sur cette affaire. « En plus, l’article est de ce matin, les meurtres ont été commis hier en début de soirée d’après eux , ce qui veut dire que la maison n’a pas été nettoyée, et que les pistes n’ont pas du être recouvertes par la soit disant neige…. Les corps ont été découverts il y a seulement quelques heures, c’est une aubaine…

- Sammy, on va pas aller se peler les miches dans l’Idaho au mois de décembre parce qu’un couple de retraités a décidé de s’installer sur le territoire de bestioles mangeuses d’hommes. C’est la loi de la nature mec, on y peut rien !

- Mais Dean, et si ce n’était pas une bestiole ‘recensée’ dans le dictionnaire terrien, et si il s’agissait de quelque chose d’autre, quelque chose qui ferait parti de notre dictionnaire ‘maison’ ?

- Y a pas de Wendigo dans l’Idaho, fait trop froid…

- C’est peut être autre chose qu’un Wendigo! Je sais pas moi, y a plein de monstres surnaturels différents qui auraient pu faire ce carnage…mais je suis sûr d’une chose, c’est ni un loup ni un ours… et certainement pas les deux ensembles, qui ont massacrés ces personnes. »


Dean Winchester souffla longuement, le tout en passant une main fatiguée sur son visage aux traits tirés, reflet de longues et éreintantes heures de conduite.

Son passager s’était arrêté de parler et il connaissait parfaitement les raisons de ce changement d’attitude, il était passé à une autre méthode, celle qui consistait à le fixer avec ses yeux de chien battu, jusqu’à que lui, le grand frère, craque, jusqu’à ce qu’il cède, encore une fois. S’il se retournait vers lui, il était foutu, il succomberait aux yeux larmoyants de son petit frère comme toujours, car il ne supportait pas de voir ce visage si triste sur la personne à laquelle il tenait le plus. Il ne pouvait pas définir ce regard, cette expression, celle qui fait qu’il donnerait toujours entière satisfaction à son auteur.

Il fallait qu’il tienne bon, il ne voulait pas de cette chasse, elle ne lui inspirait rien de bon, il avait toujours confiance en ses pressentiments, et ils étaient loin d’être favorables en ce qui concernait cette affaire. En plus rien à voir avec un esprit ou un démon, les autorités locales n’auraient probablement pas de mal à s’en charger seules ; non, ce travail n’était vraisemblablement pas pour eux.

Sans bouger la tête il tourna le bouton de son autoradio, renvoyant le son doucereux et guttural de Metallica dans l’habitacle de sa chère voiture, ses yeux fixés droit devant lui, ses mains crispées sur son volant de cuir, essayant de faire abstraction à l’insistance ostensible du regard de son cadet.

Seulement Sam Winchester n’avait pas dit son dernier mot. En un geste rapide, il éteignit l’autoradio qui replongea les occupants de le Chevy dans le néant sonore, ce que son aîné avait du mal à accepter et à supporter. L’effet escompté ne se fit attendre. Le grand frère se retourna vers Sam, incrédule, exaspéré et fulminant. Ce geste eût pour conséquence la rencontre de ses yeux avec le regard déterminé mais surtout compatissant, sensible, tendre,…de son petit frère. Trop tard, l’aîné avait déjà capitulé.

- « Pourquoi tiens-tu absolument à traiter cette affaire ?

- Et pourquoi toi tu ne veux absolument pas la traiter ?

- J’ai posé ma question le premier !

- Dean ! » Souffla Sam dépité.

- « Quoi ? …En plus il fait un froid de canard là-bas et tu détestes le froid…

- Mais des personnes sont mortes…

- Des gens meurent tous les jour Sammy…

- …De façon étrange !

- Elles ont servi d’amuses gueule à Baloo, je vois pas ce qu’il y a d’étrange.

- Dean !

- Quoi ? Tu préfères Winnie ? »

Sam se retourna sur son siège, indigné, sa tête droite, ses yeux fixes sur la route qui défilait. Troisième méthode, il allait ignoré son aîné en boudant comme un enfant de 5 ans qui ne pouvait pas avoir le jouet qu’il désirait. Seulement Dean avait déjà abdiqué rien qu’avec les yeux de chien battu, mais il aimait bien faire poireauter son cadet, histoire de faire comprendre à ce dernier lequel des deux était l’aîné même si au bout du compte c’était toujours Sam qui gagnait.

- « Sammy ?

- Hum ? » Grogna le passager comme si de rien était.

- « Elle est où dans l’Idaho exactement ‘ta scène de crime’? » Finit par marmonner Dean avec un semblant de sourire sur le visage.

Sur cette question, Sam sortit la carte routière de la boite à gant en quatrième vitesse. Il la déploya devant lui et indiqua le point rouge annoté sur la feuille de papier à son frère.

- « Comment ça se fait que cette ville soit déjà marquée en rouge ? T’avais déjà fait des recherches avant que je sois d’accord pour aller faire cette chasse ? »

Il n’eût pour réponse que le large sourire enjôleur de son frère accompagné de son regard de chien battu habituel, encore.

Dean souffla de dépit, prit son air faussement offusqué, leva ses sourcils et appuya sur la pédale d’accélération à contre coeur. Direction la petite ville d’Alridge.
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hecate
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MessageSujet: chapitre 4   Mer 19 Mai - 9:53

chapitre 4


La route était sinueuse, cabossée et recouverte de neige. Le chemin parfait représentatif des montagnes Rocheuses d’Amérique du nord. De chaque coté de l’allée, des pins à perte de vue, plus hauts les uns que les autres, dansaient sous la poudreuse épaisse.

- « Je croyais qu’on devait y être en quatre heures ?

- Ben c’était p’t’être plus cinq…

- Sam, ça fait cinq heures et demi qu’on roule, elle est où ta ville ?

- On devrait pas tarder à arriver, on est sur la bonne route : ‘Black Foot River’ !

- Quelle route ! T’appelles ça une route toi, moi j’appelle ça un chemin de bouillasse…ça va abîmer les jantes de mon bébé…

- Arrête de te plaindre Dean, je suis sûr que les premières maisons vont apparaître d’une seconde à l’autre !

- Ah oui ? Parce que moi tout ce que je vois c’est des champs, des montagnes et encore des champs… recouverts de neige qui plus est !! Sans parler de ces arbres de merde qui font tomber des épines sur ma carrosserie…ça va la railler… ».


Sam faisait totalement abstraction des plaintes incessantes et puériles de son aîné. Il scrutait la route à la recherche de panneaux leur indiquant qu’ils n’étaient effectivement pas perdus. Mais plus le temps passait, plus les craintes se confirmaient inexorablement. Lui-même n’était plus vraiment sûr d’avoir pris la bonne décision en partant pour cette affaire. Il espérait silencieusement ne pas avoir poussé son frère dans un guet-apens. La mauvaise humeur habituelle de ce dernier ne serait rien en comparaison à ce qu’il lui ferait endurer si cette chasse se révélait caduque.

- « Là ! regarde, derrière la petite colline, c’est une ferme, on est donc plus très loin… » S’exclama Sam en pointant du doigt la pittoresque bicoque de bois, probablement inhabitée, en contrebas de la vallée.

- « Une ferme c’est pas une ville, Sam, d’accord ? Y a des fermiers qui vivent à des kilomètres de la civilisation…

- De toute façon Alridge c’est pas non plus New York ou Philadelphie… c’est juste un village relativement modeste…

- Qu’est-ce que tu entends par relativement modeste, hein ?... Vas-y ! Combien de personnes vivent dans ce trou à rat ? » Souffla Dean de moins en moins patient, les yeux rivaient sur la route ; enfin ce qui servait de route.

La seule réponse fût une grimace piètrement cachée de la part de son cadet.

- « Sam ? Combien ? » Insista l’aîné, les dents serrées, en ce retournant, cette fois, vers son frère.

- « … Heu 500 personnes ? En plein été…, avec les touristes…et peut être les chiens aussi … mais ça n’empêche que ce couple est mort de façon bizarre Dean ! »

L’aîné se passa la main sur le visage, s’interdisant de ne pas hurler après son petit frère pour l’avoir embarqué dans ce merdier inconditionnel.

- « Autre chose à savoir sur ce coin paumé ?... Sam ?

- Ben, heu… les routes sont en majorité impraticables…

- Ça j’avais remarqué…

- Comme on est au mois de décembre, la température moyenne est de – 7°C avec 85% d’humidité et on est aussi dans une zone à forts risques sismiques mais….

- Bon ça suffit, on fait demi-tour !

- Quoi ? Non !

- Sam, on voit pas à 3 mètres devant nous, on est paumé au milieu des montagnes, y a pas un chat, pas un panneau pour indiquer le bon chemin et ton affaire de monstre ressemble plus à une attaque d’animal sauvage, comme c’est d’ailleurs mentionné dans ton article… avec ces conditions climatiques n’importe quelle bestiole chercherait de la bouffe pour survivre, ce qui veux dire que pour elle : humain égale viande et protéines pour passer l’hiver … y a pas de gros vilain monstre qui se cache là-dessous et j’ai pas envie de me taper des engelures sur les orteils parce que deux vieux satrapes de la ville ont décidé de camper de façon permanente dans le trou du cul du monde… »

Sam s’apprêtait à répliquer, il regardait droit devant lui l’air bougon, sentant le regard furibond de son aîné posé sur lui. Seulement son expression se mit à changer du tout au tout, il passa du chasseur agacé prêt à employer l’une de ses méthodes redoutables pour faire capituler son aîné une fois de plus, à un jeune homme perplexe, fronçant les sourcils devant cette chose à peine visible qui descendait de la montagne sur sa droite, rapidement. Trop rapidement. Il ouvrit ses yeux aussi grands qu’il le pouvait et prit une inspiration suffocante.

- « Dean attention !!! »

La chose en question avait coupé la route juste devant la Chevrolet.
Dean appuya de toutes ses forces sur le frein et tourna le volant par réflexe pour éviter l’impact avec la créature, mais l’état du chemin et la quantité de neige accumulée firent virevolter l’Impala hors de la voie.

L’aîné essayait désespérément de reprendre le contrôle de son véhicule qui continuait de descendre sur la pente neigeuse, au milieux des arbres, prenant toujours plus de vitesse avec ce sol glissant, tandis que Sam s’accrochait comme il pouvait pour ne pas passer par le par brise avant et se tuer par la même occasion, à chaque impact, de plus en plus violent, avec les pins qui eux ne cillaient pas.

- « Oh non, Dean regarde ! »

Sam tandis le bras vers l’horizon enfin dégagé, qui changeait du tout au tout 200 mètres plus loin. La fameuse colline sur laquelle il descendait malgré eux se terminait brusquement en un précipite de probablement plusieurs centaines de mètres, vue l’altitude qu’ils avaient atteint.

- « Sammy saute de la voiture !

- Quoi, t’es malade !

- Sam, saute de la voiture ! Maintenant !

- Et toi ?

- Je vais essayer de m’arrêter, mais si j’y arrive pas je veux te savoir en sécurité !

- Ça va pas non, tu n’y parviendras pas et il est hors de question que je te laisse…

- Bordel Sam tu sautes de cette putain de voiture, on a plus le temps de discuter ! Fais le… tout de suite!!

- Non ! » Sam regarda intensément son grand frère, les yeux luisants, sa main accrochée solidement à la portière passager. Il ne le laisserait pas. Aucun moyen de le faire changer d’avis.

Rien qu’en voyant le regard déterminé de son cadet, Dean comprit que c’était peine perdu. Il lui fit tout de même un léger sourire accablé comme pour lui faire comprendre qu’il s’agissait peut être de leurs derniers instants. Mais qu’importe, ils étaient ensembles.

Dans une dernière tentative, Dean enclencha le frein à main et braqua à fond vers la droite. La voiture se mit à tournoyer, renvoyant une vague de neige dans les air, le précipice était maintenant plus qu’à quelques mètres.
L’impact fût brutal.
La Chevy percuta un arbre se trouvant à la limite du ravin stoppant l’Impala dans sa course, la moitié de la voiture se trouvant dans le gouffre et l’autre coté dansant fébrilement sur la neige, à deux doigts de se renverser.
Sam avait heurté violemment la vitre coté passager qui se brisa sous la collision alors que la porte conducteur s’ouvrit lors du choc pour éjecter l’aîné hors de la voiture. Ce dernier avait réussi à attraper la poignée de sa portière avant de tomber dans le précipice. Il était donc en suspens dans le vide, retenu uniquement par la force de ses bras, ses mains gelées accrochées solidement à la porte qui menaçait de céder à tout moment.
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MessageSujet: chapitre 5   Mer 19 Mai - 9:54

chapitre 5


Le manteau neigeux recouvrait en totalité la région aux allures de coton. Les arbres étaient gelés, pas une fleur, pas un bruit, juste la nature encaissant silencieusement les caprices du temps.
Seules des traces de pneus récentes venaient perturber ce paysage innocent et vierge de toute pollution humaine. Des traces qui quittaient brusquement ce chemin de neige pour dériver finalement sur le versant nord d’une colline parsemée de pins glacés. Au bout de ces traînées grossières, se trouvait une vue surprenante révélant le contraste ambigu de la poudreuse blanche et pure, à la carrosserie noire et métallique d’une Chevrolet Impala, ancien modèle, qui semblait en balance au bord d’une falaise. Une situation plus qu’inconfortable pour le conducteur suspendu dans le vide, accroché à la portière.

- « Sam !! Sam ? »

Dean appelait sans cesse son frère depuis près de cinq minutes sans obtenir la moindre réponse de ce dernier. Il ne savait pas ce qu’il l’inquiétait le plus : le fait que ses doigts endoloris se gelant petit à petit par le froid ne tiendraient probablement pas cinq minutes de plus, le faisant tomber dans le gouffre, ou bien le néant sonore venant de l’habitacle de la voiture lui confirmant inexorablement que son cadet était inconscient, donc blessé, ou même pire. A cette dernière pensée, il tressaillit, manquant de glisser, une fois de plus.

Ce ne sont qu’après quelques minutes supplémentaires, qui lui parurent des heures, que les premiers indices encourageants vinrent apaiser ses craintes. Un grognement sourd, caractéristique de son petit frère au réveil, retentit dans la Chevy.

- « Sammy ?

- …Hum ? »


Le cadet bougea très légèrement, sa tête appuyée sur le chambranle de la porte, le sang coulant sur ses yeux fermés et dans sa bouche à demi-ouverte.

Il se redressa doucement sur son siège, comme si la douleur fulgurante s’atténuerait s’il ne faisait pas de gestes brusques. Seulement le simple fait qu’il bouge fit danser dangereusement la voiture. Il ne s’en rendit pas compte tout de suite, pensant probablement que cette impression de vertige n’était sans doute du qu’au résultat du choc qu’il avait subit.

- « Dean ? » Appela t-il de sa voix faible et cassée.

La réponse qu’il obtint lui parut lointaine, sachant que son frère devait normalement se tenir à ses cotés.
Malgré ses réticences à braver la luminosité qui accentuerait probablement son incroyable mal au crâne, Sam essaya d’un geste las d’ouvrir ses yeux humidifiés de sang pour comprendre pourquoi la voix de son aîné s’avérait si faible. Ses paupières semblaient aussi lourdes que du béton et il n’arriva pas à les soulever au dessus du quart de ses iris. Il tourna la tête difficilement et ne distingua guère autre chose que des formes floues teintées de rouge. Il se concentra quelques secondes et s’essuya une deuxième fois les yeux pour commencer à discerner les différents éléments de l’intérieur de l’Impala et les multiples couleurs qui s’y attachaient. La voix de Dean l’appelait toujours incessamment mais son propre souffle étouffait les paroles de son frère.

Lorsque son cou lui autorisa à se retourner à plus d’un quart de sa position initiale, le cadet découvrit alors avec horreur que la place conducteur était vide. Ses yeux s’ouvrirent entièrement cette fois, la peur surpassant la douleur. Sa respiration s’accéléra et son cœur se mit à tambouriner la chamade dans sa poitrine. Il resta figé sur le siège vide une demie douzaine de secondes jusqu’à ce que sa vue fut attirée par la porte ouverte, une main blanche accrochée à la poignée et le vide démesuré juste en dessous d’eux.

- « DEAN ! »

Malgré son état déplorable, Sam s’élança sur le coté conducteur afin de venir en aide à son frère le plus vite possible. Mais il n’avait pas bougé d’un centimètre que la voiture se mit à grincer dangereusement pour ensuite glisser un peu plus vers le précipice et enfin se bloquer fébrilement, une fois de plus. Le cadet comprit alors que la situation était plus que délicate.

- « Sammy ! Ne fais plus un geste, surtout ne bouge pas… » Cria Dean lorsqu’il comprit que son frère faisait contrepoids, évitant que la voiture de tombe définitivement dans le ravin.

- Nom de Dieu, Dean…

- Oui je sais, la situation à l’air moche comme ça mais …

- … à l’air moche ? Dean, tu es suspendu par la portière au dessus de… de rien du tout, c’est le vide total !

- Oui je sais, merci de me le rappeler ! Combien de mètres d’après toi ?

- J’en sais rien et on s’en fou, bien assez pour nous ratatiner quand on s’explosera en bas…

- Ok sammy, ne cède pas à la panique.

- D’accord, d’accord… Il faut trouver le moyen de te remonter! Tes doigts ne vont pas te soutenir longtemps avec ce froid…

- Je me demande bien comment ils ont fait jusque là… je crois que mon sang a gelé dans mes veines… »


Sam se releva très doucement afin d’observer les alentours, la voiture se remit à grincer mais sans bouger cette fois.

- « Putain, Sam, arrête de te dandiner, qu’est-ce que tu fous ?

- J’essaye de trouver une solution ! Je ne vais pas attendre sans bouger que tu lâches la poignée !

- Je t’avais pourtant dis de sauter de la voiture quand il en était encore temps… tu aurais du m’écouter !

- Et tu serais mort à l’heure qu’il est !

- Mais au moins toi tu serais vivant et en sécurité.

- Arrête tes conneries, tu veux ? On va s’en sortir… tous les deux ! »


Dean ferma les yeux et serra les dents. Il était en danger de mort et ce n’était pas la première fois, il pouvait accepter son sort, mais que son frère le soit aussi, ça il ne pouvait pas du tout s’y résigner. Son souffle accablé reflétait son anxiété, ses nerfs étant mis à dure épreuve et son moral à néant.

- « Je crois qu’il reste un moyen de s’en sortir. » Finit par lancer le cadet en toisant le côté arrière de l’Impala.

- Vas y, je t’écoute…

- Ok, tu n’es pas si loin de l’arrête de la falaise, seulement t’es pas du bon coté de la portière…

- Alors quoi ? Tu veux que je passe de l’autre coté de la porte et que j’essaie d’atteindre le bord ?

- Ben, oui, quelque chose comme ça…

- Mais t’es malade ! Si je bouge, on tombe je te rappelle !

- Pas forcément ! C’est moi qui fais contrepoids, j’agirais en conséquence. Il faut juste que tu ailles doucement, et une fois du bon coté tu pourras …

- Sam, Stop! Si je fais un faux mouvement, la voiture tombe et nous avec ! Je veux pas avoir ta mort sur la conscience…

- Si t’es mort t’auras plus de conscience, donc pas besoin de t’inquiéter pour ça et de toute façon t’as une meilleure solution à proposer ? »

Dean regarda intensément son frère pendant quelques secondes, ses yeux luisants trahissant facilement ses intentions.

- « Dean, je t’interdis de penser ça !

- Ecoute Sammy, on n’a pas à y passer tous les deux …

- Arrête tout de suite ! » Sam n’écoutait déjà plus les paroles de son aîné sachant pertinemment ce que son grand frère allait lui suggérer.

- « c’est mon poids qui fait chavirer la voiture vers l’avant…

- Arrête j’te dis !

- Si je lâche, la Chevy sera plus stable et tu pourras bouger et sortir par l’arrière…

- Non ! Je t’en pris Dean, ne fais pas ça… »


Sam regarda son aîné implorant, une larme tiède se mêlant au sang sur son visage tétanisé à l’idée de perdre son frère. Si Dean décidait délibérément de lâcher la poignée, il ne pourrait rien faire, il n’aurait pas le temps de bouger pour l’en empêcher.

- « Dean, ne me laisse pas ! »
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MessageSujet: chapitre 6   Mer 19 Mai - 9:55

chapitre 6


Quelques secondes passèrent sans que ni l’un ni l’autre ne puisse ajouter quoi que ce soit. Dean était partagé entre le sentiment d’abandonner son frère en se sacrifiant et celui de lui sauver la vie mais en le laissant seul dans ce monde impitoyable.

Le regard de l’aîné changea soudainement d’expression. Il fronça les sourcils et tourna légèrement la tête comme s’il écoutait quelque chose.

- « Quoi ? » Lança Sam la voix emplit de sanglots.

- « t’entends pas ?

- Non. Qu’est-ce qu’il y a ?

- Y a comme un… ronronnement… »

Sam changea à son tour d’attitude. Son regard se durcit et son attention se focalisa sur les bruits environnants. Il percevait le ronronnement à présent, mais il y avait autre chose, quelque chose qu’il n’arrivait pas à distinguer, l’habitacle de l’Impala l’empêchant de bien entendre.

- « Qu’est ce que c’est ?... Dean ?

- J’en sais rien… on dirait… des bruits de pas… Tu penses à ce que je pense ?

- Ecoute, si tu dois t’écraser en bas pour que je puisse me faire bouffer par la chose qui nous a foutu dans ce pétrin, désolé, mais je suis pas du tout preneur…je préfère encore me balancer dans le vide avec toi.

- C’est bon Sammy … on va essayer ta méthode… enfin de compte. Et si j’arrive par miracle à atteindre le bord, je me ferais une joie d’exploser cette saloperie… »


Il était hors de question pour Dean qu’il laisse son frère se faire tuer par cette bestiole qu’il ne pouvait même pas définir alors que lui-même se serait sacrifié pour qu’il vive.
Quant à Sam, il respira longuement de soulagement. Il avait comme un poids en moins sur la poitrine. Mais un autre était venu le remplacer, un problème s’ajoutant à leur situation déjà assez désespérante.

- « N’empêche… j’suis désolé Dean…

- Ah, commence pas !

- Bien sûr que si ! C’est ma faute si on est dans cette galère et …

- Arrête ! T’as pas à être désolé Sammy, tu avais raison, ce truc qui nous a fait quitter la route et qui nous a mis dans ce merdier c’est pas un ours et c’est loin d’être un loup non plus… en fait je sais pas du tout ce que c’est… en tous cas ça n’a rien de naturel ! Et résultat : c’était donc bien une affaire pour nous !!! …Enfin une chose est sûre, c’est que si on arrive à s’en tirer vivant, je vais lui faire sortir ses tripes par les yeux… ça tu peux me croire… » Marmonna Dean tout en essayant d’attraper la poignée extérieure du véhicule.

- Mouais, t’as peut-être raison mais si …

- Pas de si ! Et j’ai raison, d’ailleurs j’ai toujours raison ! Après tout c’est moi l’aîné… »

Cette réflexion eût l’effet escompté puisque qu’elle arracha un sourire léger mais bien réel au cadet, malgré son air toujours aussi triste.

Un autre bruit singulier raisonna sans pour autant définir de quoi il s’agissait réellement. Rien de reconnaissable pour les frères Winchester puisqu’ils n’arrivaient pas à distinguer le moindre son de par le souffle du vent qui s’était mis à siffler depuis peu.

- « Dépêche toi Dean, ça se rapproche on dirait…

- Je fais ce que je peux ! Tu vois quelque chose de là où t’es ?

- Non, rien… j’ai peur de faire chavirer la voiture si je me relève trop… »

C’est à ce moment précis que la Chevrolet se mit à tanguer dangereusement menaçant de glisser une nouvelle fois dans le ravin. Sam se pencha alors le plus possible en arrière, contre pesant un maximum pour que Dean ait le temps de passer de l’autre coté de la portière.

- « Bordel de m… » Se retînt l’aîné en serrant les dents jusqu’à ce que son Impala se fige totalement.

Il était enfin arrivé de l’autre côté mais l’effort qu’il avait fourni avait bien failli renverser la voiture ainsi que eux deux dans la foulée. Cependant, il avait réussi cette première étape, à son plus grand soulagement et se dit qu’après tout ils avaient peut-être une chance de s’en sortir finalement, enfin s’il passait la deuxième étape.

- « C’est bon Dean, tu peux y aller, la Chevy est stable maintenant…

- Elle m’a pourtant pas l’air si stable que ça…

- Arrête de grogner et essaye d’atteindre le bord !

- Plus facile à dire qu’à faire… » Bougonna l’aîné en tentant d’approcher la falaise à l’aide de sa main droite, l’autre étant solidement accrochée à la poignée.

Seulement la poignée, elle, n’était pas solidement accrochée à la porte, et à chaque tentative pour atteindre le bord, écartait un peu plus l’objet de la carrosserie.

Tout s’enchaîna alors très rapidement.

Sentant grinçait sous ses doigts, Dean tourna les yeux vers la Chevrolet et s’aperçut que son maintient n’allait pas tenir. Il se jeta dans une dernière tentative vers le bord en lâchant la portière. La poignée se dessouda complètement au même moment et commença sa longue descente dans le ravin alors que l’aîné, lui, avait réussi à atteindre la paroi de la falaise mais quelques mètres plus bas, lui valant probablement un doigt de cassé, une épaule démise et un ongle totalement retourné.


Sam avait assisté à la scène impuissant, pensant que son frère était finalement tombé dans le gouffre, il se releva derechef et cria le nom de son aîné aussi fort qu’il le pu. Seulement le fait de bouger aussi précipitamment déséquilibra totalement la carlingue. La voiture entama alors l’incursion vers le précipice sans aucune chance, cette fois, de s’arrêter. Les yeux du cadet s’écarquillèrent en voyant le trou béant s’élargir devant lui. S’en était fini.


Dean entendit son nom de manière déchirante de la voix de son cadet et releva la tête. Trop tard. La voiture, juste au dessus de lui amorçait déjà la pente ardue de la falaise, son petit frère à son bord.
Il protégea sa tête avec son bras blessé comme si ce simple geste instinctif allait empêcher son Impala de l’écraser en tombant définitivement.
Puis un bruit de ferraille suivit d’un grand choc… et plus rien.

L’aîné retira doucement son bras de devant ses yeux et releva la tête, une grimace explicite sur son visage paralysé de peur. Il pouvait largement apprécier la devanture de sa Chevrolet puisque sa tête se trouvait à moins de 50 centimètres du pare-chocs de cette dernière.
Elle s’était arrêtée en pleine chute. Les quatre pneus dans le vide, totalement verticale par rapport au sol mais le tout en haut de la falaise. Son expression de peur se transforma en incompréhension. Comment était-il possible qu’une voiture soit suspendue de la sorte sans tomber littéralement pour s’écraser plusieurs centaines de mètres plus bas. Isaac Newton devrait revoir probablement sa théorie de la gravitation universelle, pensa t’il totalement ahuri.

Après quelques secondes de questions intérieures, Dean se ressaisit et commença à se décaler sur la droite pour pouvoir contourner la voiture et remonter en escaladant la falaise. Il voulait s’assurer que son frère allait bien et cherchait des yeux des prises pour remonter, le tout en appelant son cadet, sans pour autant avoir de réponses.

Lorsqu’il arriva au dessous de la porte, quelque chose lui tomba dessus. D’abord surprit, il s’écarta de la falaise et ses doigts dérapèrent de la roche, ce qui lui décrocha un cri de douleur et de colère. Mais quand il se rendit compte de l’objet en question, l’espoir l’envahit, et les réponses à ses questions s’entrechoquèrent.
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MessageSujet: chapitre 7   Mer 19 Mai - 9:56

chapitre 7


Une corde se balançait prétentieusement juste aux cotés de Dean qui ne mit pas plus d’une demie douzaine de secondes pour l’empoigner.
D’où venait-elle ? Bonne question. Une chose était sûre, ce n’était certainement pas cette chose à poils qui leur avait balancé pour leur venir en aide.

Sa première réaction fût de regarder en l’air pour voir si le sauveur en était réellement un et si par chance il montrait son minois.
Yatsee.
Une forme à l’allure de tête humaine accompagnée d’un vieux bonnet se tenait sur le bord de la falaise. Il n’arrivait pas bien à distinguer ses traits ni aucune expression d’ailleurs, la visibilité étant tout aussi enneigée que lui, mais il savait que c’était un homme de bon gabarit. Soulagé, il s’assura que la corde était bien solide et bien attaché pour entreprendre l’escalade.

D’abord reconnaissant envers cet individu qu’il ne connaissait pas, Dean sentit la colère montait en lui à chaque prise dans la roche. Mais pourquoi diable ne les avait il pas prévenu de son arrivée. Ils auraient attendu bien sagement sans gestes brusques et surtout, lui, n’aurait pas sauté de sa portière manquant de se tuer ainsi que son frère par la même occasion. Sa colère se transforma en fureur puisqu’en plus de son animosité, il n’arrivait pas à monter de plus de 20 cm malgré la corde, ses membres s’engourdissants de plus en plus par le froid et ses blessures le faisant horriblement souffrir.

Il releva une seconde fois la tête et s’aperçut que l’homme au bonnet faisait des signes circulaires avec ses bras. Il comprit alors qu’il devait s’enrouler la corde autour de son torse pour que son sauveur anonyme puisse le remonter plus facilement. Il entreprit donc de se ceinturer et fît un geste de sa main valide vers le haut pour avertir l’homme qu’il était prêt.

La remonter était évidement bien plus aise et beaucoup plus rapide. Voir même un peu trop. Car, lorsqu’il passa devant la porte conducteur toujours ouverte, il contempla avec horreur que son frère, de nouveau inconscient, se trouvait ventre contre le pare-brise avant et le précipice juste en dessous de lui, séparé par une simple vitre qui commençait, en plus de cela, à fissurer.
Dean s’accrocha alors à la carlingue pour essayer de sortir son cadet de ce mauvais pas mais il se sentit tiré vers le haut, la corde étant toujours solidement accrochée autour de son ventre.

- « Oh !! Mais attends !! Et toi là haut ! Fais moi redescendre ! Mon frère est toujours coincé dans la bagnole ! Si mon pare brise pète, il va s’écraser en bas… » Hurla l’aîné en essayant désespérément de s’accrocher pour ne pas remonter, en vain.

Il sentait son corps se faire entraîner loin de la voiture et malgré toute sa volonté, ses forces l’abandonnaient et il ne pouvait conjurer l’inévitable : la distance entre son frère et lui ne faisait qu’accroître, tout comme sa fureur. Il essaya de plonger sa main vers le bas de son pantalon pour atteindre son couteau et ainsi couper le lien qui le condamnait à remonter sans pouvoir rejoindre son cadet, puisque son nœud était trop serré, mais son épaule droite totalement déboîtée et ses blessures à la main gauche l’empêchaient d’atteindre son but. Il pouvait se débattra férocement que sa remontée était inéluctable.

Il releva la tête une fois de plus, les dents serrés, les yeux assassins. Dans quelques secondes il allait décrocher la mâchoire du type qui l’empêchait de sauver son petit frère. En espérant que ce dernier ne soit pas déjà passé par la vitre avant.

Il était donc arrivé en haut lorsqu’une main blanche recouverte d’un gant craquelé se tendit devant son visage. Dean, les yeux fulminants, attrapa cette aide malgré sa colère pour enfin poser un genou puis l’autre sur la terre ferme, enfin… sur la neige.
Il s’allongea alors trois secondes sur le dos, desserra le lien qu’il avait autour de son ventre et souffla bruyamment en détendant ses muscles courbaturés par ses péripéties.

Le repos fût de courte durée puisqu’il devait trouver une solution rapide pour remonter son frère avant que le pare brise ne cède renvoyant inexorablement son cadet dans le néant mortel.

Il se releva derechef à l’aide de son bras valide et regarda tout autour de lui. Il ferma ses yeux, dépité, les réponses à ses questions venaient toutes d’être élucidées.
Le ronronnement si particulier qui les avait mis en porte-à-faux n’était en fait que le moteur discret d’un 4x4 pick-up noir de Ranger en marche quelques mètres en amont de la colline. Un câble d’acier sortait de sa carrosserie pour atteindre le pare choc arrière de l’Impala empêchant donc cette dernière de s’écraser en bas de la falaise. Les frottements qu’il n’arrivait à définir quelques minutes plus tôt était probablement dus au déroulement métallique de ce fameux câble ; et les bruits de pas venaient de cette homme à barbe qui portait des raquettes aux pieds.

Dean leva les yeux au ciel, fit un geste négatif de la tête en signe de lamentation. Ils s’étaient précipités, son frère et lui, pour se sortir de ce pétrin pensant que la bête qui les avait fait sortir brusquement de la route venait prendre son butin alors qu’il ne s’agissait que d’un homme qui leur venait en aide après leur accident. Pitoyable.

Il se retourna furibond vers cet inconnu, le point serré, les yeux exaspérés.

- « hé mec ! … Ranger Baker… » Fit Dean en regardant la minuscule plaque en laiton sur la veste défraîchie de l’homme, le tout en le pointant du doigt « t’aurais pas pu nous prévenir de ton arrivée ? Ca nous aurait évité de risquer nos vies à mon frère et à moi. D’ailleurs Sammy n’est toujours pas sortir d’affaire à cause de tes conneries … »

Aucune réponse de la part de l’homme, juste des gestes avec les bras.

- « Alors quoi, t’as perdu ta langue ? T’as entendu ce que je viens de te dire ?

Le Ranger fit donc un signe négatif de la tête accompagné de gestes avec ses mains. Il retira son bonnet et ouvrit sa bouche.
Dean resta coi en découvrant des blessures impressionnantes et se rendit vite compte qu’il avait commis la boulette du siècle. Car en effet cet individu avait perdu une partie de sa langue, d’où son incapacité à parler, et l’une de ses oreilles manquait à l’appel, réduisant probablement considérablement son audition.
L’aîné des Winchester afficha une grimace de désolation, une façon de présenter plus ou moins des excuses simplifiées. L’homme lui tendit alors une photo, qu’il retira de la poche intérieure de sa veste, sur laquelle un ours énorme avait été abattu.

- « C’est cet ours qui t’a fait ça ? » Demanda Dean en grimaçant.

Le Ranger fit un geste positif de sa tête avant de replacer son bonnet et de remettre sa photo dans sa poche.

- « Ok mec, désolé pour toi, vraiment, mais mon frère est dans le pétrin là tu vois, alors faut trouver le moyen de le remonter illico presto ! » Lança Dean en articulant le plus possible.

L’homme sortit alors une télécommande de sa ceinture, la montra à Dean avant d’appuyer sur le bouton rouge. Un bruit métallique résonna et le câble d’acier commença à s’enrouler doucement à l’intérieur du 4x4 faisant remonter la Chevrolet qui grinçait affreusement.

Dean se précipita alors au bord du ravin pour voir en contrebas sa voiture s’élever lentement, toujours à la verticale, Sam à son bord. Il écarquilla les yeux lorsqu’il se rendit compte qu’à chaque vibration de l’Impala contre la roche faisait s’agrandir la fissure sur le pare-brise avant.

- « Stop, Stop, arrête tout !! La glace va se briser !! » Cria t-il à l’intention du Ranger.

Ce dernier lâcha le bouton rouge sur le champ lorsqu’il vit les mouvements de bras rapides et amples de Dean le faisant comprendre de stopper la remonté de la voiture.

L’aîné des Winchester attrapa alors précipitamment la corde qui l’avait fait remonter, l’accrocha solidement autour de l’arbre le plus proche dans l’intention d’aller chercher son frère lui même, quelque en soient les risques. Mais il savait qu’il ne pourrait pas aider son cadet si son bras restait déboîté de la sorte, il n’arriverait jamais à descendre en rappel sur le versant de la falaise. Il se rapprocha donc du pin, respira un grand coup avant de prendre son élan et de frapper de toutes ses forces le tronc avec son épaule droite. Un craquement interne résonna sur la colline suivit du cri déchirant de douleur de Dean.

Le Ranger se rapprocha de lui, totalement ahuri mais l’aîné ne faisait plus de cas de son comparse. Son épaule étant remise en place, il était déterminé à aller sauver son cadet. Il enroula donc la corde autour de son poigné gauche, s’avança au bord du précipice, et commença son incursion vers la Chevrolet en dépit des gestes de dissuasion du Ranger.
Dean espérait seulement arriver à temps avant que la vitre ne se brise, le séparant définitivement de son petit frère.
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hecate
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MessageSujet: chapitre 8   Dim 23 Mai - 0:51

chapitre 8


La descente était bien plus longue que Dean ne l’aurait voulu, car chaque seconde supplémentaire risquait la perte de son cadet. Il atteignit pourtant le coffre de la Chevrolet en moins de 5 minutes, ce qui pour lui, paraissaient une éternité.
Il ne posa, cependant, pas tout de suite ses pieds sur le pare-choc arrière de sa voiture de peur de briser la vitre avant par le simple choc de son propre poids. Il entreprit donc de contourner la carlingue noire par la roche afin de pouvoir s’immiscer à l’intérieur de l’habitacle par la porte avant coté conducteur, toujours ouverte, et atteindre son frère plus facilement, assurant ainsi sa survie.

Cependant il n’avait pas prévu que son cadet se réveillerait avant qu’il n’ait pu lui ceinturer le torse avec la corde, et c’est lorsqu’il arriva au niveau de la portière arrière gauche que son cœur s’accéléra d’un coup en entendant la voix faible de son frère.

- « Oh, oh non, putain c’est pas vrai…. » Bougonna Sam en se rendant compte dans quel pétrin il se trouvait.

Dean se pencha alors pour apercevoir son cadet essayant de se relever pour se mettre à genoux mais chaque mouvement, aussi infime soit il, formait des étoiles de fissures sous chacun de ses doigts.

- « Sammy mais qu’est-ce que tu fous, n’essaie surtout pas de te relever…

- Dean ? »

Sam s’était aussitôt retourné en entendant la voix de son frère ce qui valut quelques craquements de plus sur le pare-brise déjà bien endommagé.

- « Mais arrête de bouger bordel ! » S’écria l’aîné en accélérant sa descente vers l’ouverture.

- « T’es vivant ? Merci mon Dieu ! Je t’ai vu tomber dans le ravin, j’ai vraiment cru que t’étais …

- Et ben non, comme tu peux le voir je suis pas mort mais je vais peut être le regretter si c’est toi qui tombe à travers la vitre parce ce que c’est ce qui va se passer si t’arrêtes pas de te dandiner…

- Mais comment … la voiture… qu’est-ce que… ?

- Plus un mot Sammy d’accord, tu te fixes, tu arrêtes de parler, tu arrêtes même de respirer jusqu’à ce que je réussisse à passer cette corde autour de ton ventre. Je t’expliquerais tout ce que tu veux savoir quand je t’aurais sortis de là ! » Souffla Dean enfin arrivé à l’avant de la Chevrolet.

Sam s’exécuta tout en regardant son frère juste devant lui, à l’encadrement de la porte, qui évoluait avec précaution à l’intérieur de l’habitacle. Il était à moins de 70 cm de sa première main mais le temps que lui même ne pouvait pas atteindre la corde, le pire pouvait se produire.

Malgré le froid glacial extérieur les frères Winchester transpiraient abondamment, des gouttes de sueur tombaient de leurs tempes et leur rythme cardiaque avait fortement augmenté, leur stress ayant atteint une intensité suffocante.

Sam restait à genoux, immobile, les yeux rivaient sur son frère qui essayait désespérément de prendre appuis quelque part pour s’approcher de lui, seulement chaque infime tremblement agrandissait les lignes de fissure sur la glace. Au moindre choc, cette dernière se briserait le renvoyant dans le gouffre sous les yeux de son aîné.

Dean progressait, la corde à la main, vers son frère. Il pouvait pratiquement lui toucher le bout des doigts, mais au moment ou il crût enfin l’atteindre, un coup de feu résonna, suivit d’un deuxième, qui le bloqua dans son élan.

- « Mais qu’est-ce qui passe encore ? » Chuchota Dean comme si le fait de parler à voix haute disloquerait le pare brise.

Sam releva les yeux, les plongeant dans ceux de son aîné, il pressentait ce qui allait se passer. Il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’un bruit de ferraille se fît entendre. Le câble du 4x4 s’était remis en marche. A la première secousse de la Chevrolet, la vitre se brisa.


Dean s’était déjà jeté en avant pour attraper le bras de son frère au moment fatidique, le poids de son cadet l’entraînant dans sa chute. Sa main brûlante glissait le long de la corde jusqu’à ce qu’enfin elle se stoppe.
A son bras gauche se balançait fébrilement son frère, qui tenait désespérément son poignet, et de l’autre coté sa main droite agrippait la corde aussi solidement que possible, mais ses doigts glissaient douloureusement. Il se retrouvait de nouveau sous le pare-choc avant de son Impala malgré lui. La douleur et la tension à son comble.

- « Sammy ça va ?

- Tu veux dire à part le fait que je sois suspendu dans le vide ?

- Tu verras on s’habitue à la longue…

- Désolé, mais je pense qu’on aura pas le temps de s’habituer Dean… regarde la corde ! »

Dean releva alors les yeux au dessus de lui et se tourna dans la direction du regard de Sam. Leur situation était déjà bien assez précaire sans ajouter que la corde frottait sur les bouts de verre de la vitre brisée de la voiture qui continuait de remonter doucement dans un grincement sonore. Leur attache commençait à s’effilochait et il ne faudrait que quelques instants avant qu’elle ne cède totalement.

- « Bon cette satanée corde ne va pas tenir longtemps et de toute façon moi non plus…t’es loin de la falaise ?

- Non ! … ça vaut le coup d’essayer… »

D’un simple regard, Sam avait compris l’idée que miroitait son frère et se mit en position.

- « T’es prêt ? A trois ! Un … deux… trois ! »

Et Dean balança son bras gauche, lui arrachant un cri de douleur et renvoyant Sam le plus près possible de la roche.
Le cadet n’atteignit son but qu’au bout du troisième balancement. Ses doigts lâchèrent le poignet de Dean et s’agrippèrent à la falaise libérant son aîné de son poids. Ce dernier rabattit sa deuxième main sur la corde pour se soulager un peu.

- « Dean, magne toi ! La corde va lâcher !! » Hurla Sam en retournant sa tête pour observer son frère toujours en suspension.

L’aîné releva une dernière fois les yeux vers sa voiture qui remontait toujours très doucement, fît une grimace désappointée et commença à se dandiner afin de se balancer à son tour. Sam tendit alors sa main pour aider son frère à le rejoindre ce que ce dernier parvînt à faire juste au moment où la corde se sectionna.

L’arrivée de Dean sur le versant de la falaise fût brutale ce qui lui rappela affreusement toutes les blessures qu’il devait déjà supporter.

- « Bon, on est plus dans la voiture, c’est déjà ça… » Souffla Sam fatigué.

- Ouais, mais je suis de retour sur cette putain de falaise…et franchement… je la hais ! »

Sam sourit aux lamentations de son frère malgré leur situation déplorable ainsi que ses propres blessures, mais au moins ils étaient tous les deux toujours en vie, ce qui n’était pas gagné d’avance.
Dean se sentit recouvrer son courage rien qu’en voyant le sourire majestueux sur le visage de son cadet.

- « Maintenant faut remonter !

- Tu vas y arriver ?

- La première fois j’avais une corde…

- Ben là t’auras… moi !

- T’es dans un état plus pitoyable que le mien Sammy !

- On a à peine une dizaine de mètres à escalader …

- Ouais et peut être que le Ranger Baker va nous renvoyer une autre corde, qui sait !

- Qui ça ?

- Le gars qu’on a pris pour le vilain monstre qui nous a foutu dans ce bordel…

- Tu veux dire que les bruits qu’on entendait avant que tu sautes de la portière tout à l’heure, c’était un homme ?

- Ouais c’est bien ça ! Mais là va falloir qu’il me donne une explication ! C’était quoi ces coups de feu et pourquoi il a remis le câble en route, je lui avais pourtant dit de ne surtout pas le faire . » Grogna Dean presque à lui-même en fronçant les sourcils.

- Je comprends pas, pourquoi il nous a pas prévenu de son arrivée ?

- Tu comprendras quand tu le verras… !

- Ouais ben quand je le verrais ça voudra dire qu’on sera en haut et franchement j’ai hâte ! » Finit par déclarer Sam en commençant à escalader.

- « En tous cas mon bébé sera rendu avant nous… et sans forcer… » Marmonna Dean en regardant en l’air, dépité.

Sam leva alors sa tête à son tour pour voir l’Impala se rapprocher du haut de la falaise. Et c’est à ce moment précis que quelque chose leur tomba dessus.
Dean esquiva de justesse l’objet qui le frôla, quand à son cadet il ouvrit grand ses yeux, d’horreur.

- « C’était quoi ça ?

- Ben ça c’était Baker, enfin sa tête plus particulièrement …» Répondit Dean encore sous le choc.

- Mais…mais…

- Je crois que finalement on a quand même la visite de notre ami à quatre pattes…. »
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hecate
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MessageSujet: chapitre 9   Sam 5 Juin - 23:58

chapitre 9


Il grognait, ou peut être était il juste en train de ronronner de plaisir. Cette douce odeur de chair fraîche, si tendre sous ses crocs affûtés, ce délectable goût de sang encore chaud à l’intérieur de sa bouche coulant sur sa langue rappeuse, dégoulinant de ses babines noires terreuses, cette savoureuse sensation d’être rassasié de la plus enivrante des friandises : l’homme, quelle affriolante nourriture, quelle exquise saveur…



- « J’ai faim ! » Ronchonna Dean en prenant appui sur sa jambe gauche afin de remonter difficilement de quelques centimètres sur le versant de la falaise.

- « Ben peut être que la bestiole qui vient de décapiter ton Ranger t’aura laissé quelques morceaux ! » Répondit Sam ironiquement en prenant la main de son frère juste au dessus de lui pour s’aider à remonter également.

- « Sammy t’es gore ! Tu le sais ça ?! … Déjà que ce malheureux Baker était bien amoché…

- Ouais ben il va plus trop s’en soucier maintenant. …Tout ça c’est de ma faute…

- Sam !

- Si je t’avais écouté on n’en serait pas là maintenant et ce pauvre type ne serait pas mort…

- Qu’est ce que tu en sais ? Il était dans le coin de toute façon, probablement en train de patrouiller, et la bête aussi. Il l’aurait croisé tôt ou tard et aurait probablement fini de la même façon…

- Mais…

- Pas de mais Sammy ! C’était effectivement une chasse pour nous et d’ailleurs s’en est toujours une, et maintenant qu’on est ici on va s’assurer que cette saloperie ne fasse plus de victime… et surtout pas nous ! » Rajouta l’aîné en chuchotant à moins d’un mètre, maintenant, de l’arrivée.

- Tu m’expliques comment on va réexpédier cette chose en enfer, hein ? On sait même pas ce que c’est, en plus on n’a pas d’armes avec nous puisqu’elles sont toutes restées dans l’Impala… et je te ferais remarquer également qu’on n’est pas réellement au meilleur de notre forme…

- … Ton optimiste me transcende Sammy ; non, sérieux, je me sens beaucoup mieux maintenant que tu viens de me remonter le moral ! En plus j’ai quand même mon couteau sur moi…

- Je suis réaliste…

- Non, t’es chiant ! ... Maintenant garde ton réalisme chiantissime pour toi… on arrive ! » Grogna Dean s’apprêtant à poser enfin sa première main sur la neige.


L’aîné des Winchester enfonça ses doigts délicatement dans la poudreuse glacée pour pouvoir soulever son corps en douceur sans faire le moindre bruit susceptible d’alerter la bête de leur présence. Il remonta sa tête légèrement, laissant dépasser uniquement ses yeux de l’horizon démesuré derrière lui. Il pouvait dés à présent observer la scène d’un œil critique.
Le 4x4 du défunt Ranger ronronnait toujours à quelques mètres en amont du précipice, le câble enroulé à fond tenant une carlingue noire : la Chevrolet Impala, plus ou moins cabossée, était arrivée enfin à destination.
Juste derrière elle, les traces de son passage douloureux dans la neige, laissant quelques bouts de verre et de ferraille aux alentours des traînées.

Dean ferma les yeux un instant, ravalant sa salive et se concentrant sur les éventuels dangers plutôt que sur le reste du tableau peint juste devant lui. La neige, si pure, si blanche, quelques instants plus tôt, était devenue écarlate, agressive pour ses yeux fatigués. Le sang se répandait sur plus de 40 mètres carré, sans parler des restes humains, éparpillés ça et là comme de vulgaires bouts de viandes animales d’un abattoir clandestin.

- « Alors ? » Chuchota Sam impatient de savoir de quoi il retournait.

- « Alors : j’ai plus faim !

- La bête est toujours là ? »


Dean regarda précautionneusement à gauche puis à droite, mais pas la moindre trace de cette chose.

- « Non, c’est comme si elle s’était envolée ! » Répondit-il totalement désappointé.

Il ré inspecta le panorama une fois de plus pour être certain d’être en sécurité et engagea sa remontée totale. Une fois les quatre membres sur la terre ferme il se pencha et tendit sa main pour aider son frère à le rejoindre, en lançant un œil derrière lui de temps en temps pour s’assurer d’aucune surprise malvenue.

Sam se tenait à genou dans la neige, écoeuré, grimaçant et retenant les remontées gastriques que son corps cherchait désespérément à rejeter. Un faible filé de sang coulait juste à coté de sa main, pour se perdre dans le précipice. Sang qui ne lui appartenait pas, ce qui pour lui était le plus angoissant.


- « Sammy, faut qu’on bouge, on peut pas rester là ! Si ce truc revient, on pourra même plus nous identifier… » Lança Dean en se rapprochant douloureusement de sa voiture.

Le cadet se releva, non sans mal, et commença à marcher boitillant en direction de son frère, le tout en regardant le sol horrifiant autour de lui. Il grimaçait, d’une part du fait que le sol ressemblait plus à des spaghettis bolognaises périmées qu’au paysage enneigé classique qu’il avait laissé quelques instants plus tôt, et d’autre part parce quelque chose clochait dans ce tableau funeste.

- « Y a un truc qui colle pas…

- Hein ?

- Dean, quelque chose ne va pas !

- Tu veux dire à part le fait qu’un homme se soit fait transformer en steak haché par une bestiole surnaturelle ?

- Ben oui, c’est bien ça le problème !

- Heu j’te suis pas là …

- Regarde le sol…

- Non merci, si je veux retrouver mon appétit un jour je préfère pas…

- Je plaisante pas Dean, regarde le sol !

- Bon alors quoi ? » Grogna Dean ressentant soudain cette envie primaire de régurgiter tout ce qui pouvait se trouver dans son estomac quand ses yeux se reposèrent sur la scène.

- Tu ne trouves pas que l’endroit est un peu trop ….clean !!!

- Tu te fous de moi là !!

- Je veux dire en mettant à part les restes et le sang de Baker !! Regarde tout autour de la scène, y a pas une seule emprunte de patte ou autre chose appartenant de prés ou de loin à cette chose … »


Dean fronça les sourcils, se remit en mode chasseur et s’accroupit dans la neige immaculée. Son petit frère avait raison, les seules traces existantes provenaient de leur propres pieds ou ceux du malheureux Ranger, probablement avant son agression.

- « C’est comme si ce pauvre Baker avait été dévoré… dans les airs… et que ses restes étaient retombés éparpillés sur le sol ! » Pensa l’aîné à voix haute.

- « Théorie intéressante mais j’ai pas vu d’ailes sur la bestiole qui nous a coupée devant la voiture tout à l’heure… ou alors elles étaient bien cachées !!

- En même temps on a pas vraiment pu l’examiner sous toutes les coutures ! Pour ma part j’étais plus concentré à nous garder en vie, j’peux même pas te dire quelle gueule elle avait vraiment !

- … Ca ressemblait plus à un loup mais de très grande taille et super rapide ! J’ai même cru discerner des écailles sur son dos…

- Putain Sammy comment t’as fais pour voir tout ça ?

- Je l’ai vu descendre de la montagne et le temps que je te prévienne, ça nous avait déjà coupé la route !

- Mouais ben ce truc avait peut-être des ailes planquées sous ses écailles alors… ! T’as une idée de ce que ça pourrait bien être ?

- Non ! C’est totalement nouveau pour moi… faut faire des recherches, je vois que ça pour l’instant !

- Ben dans un premier temps, faut surtout déguerpir d’ici et vite fait … » Lança Dean en ce remettant difficilement debout.


- Vous n’en ferez rien messieurs ! Les mains en l’air que je puisse les voir et on ne bouge plus sinon je vous explose la tête ! » Hurla un homme de très grand gabarit juste derrière eux un fusil à la main « Maintenant est-ce que l’un de vous peux m’expliquer ce qui s’est passé ici et … où est mon équipier ? ».
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